A l’école, l’histoire me plaisait, comme elle plaît à quasiment tous les jeunes. Mais aussi les guerres, selon la culture que la société inculquait aux enfants de sexe masculin – tous les jouets qu’on nous offrait étaient des armes…

Quand j’étais enfant, on m’envoya dans une ville où personne ne m’emmena jamais au cinéma. La télévision n’existait pas encore, et au domicile où j’habitais, il n’y avait pas de radio. Je devais recourir à mon imagination.

Au premier collège où je fus mis en internat, je lisais avec étonnement les histoires du déluge universel et de l’arche de Noé. Je finis par penser plus tard que c’était peut-être là un des vestiges que l’Humanité conservait des derniers changements climatiques survenus dans l’histoire de notre espèce : peut-être la fin de la dernière période glaciaire qui eut lieu, présume-t-on, voilà bien des milliers d’années.

Plus tard, on peut le supposer, je lus avec avidité les vies d’Alexandre, de César, d’Annibal, de Bonaparte et, bien entendu, tous les livres qui me tombaient entre les mains sur Maceo, Gomez, Agramonte et les autres grands soldats qui luttèrent pour notre indépendance. Je n’avais pas encore ce qu’il fallait de culture pour bien comprendre ce qui se cachait derrière ces histoires.

Mon intérêt se centra ensuite sur Marti. C’est à lui que je dois en fait mes sentiments patriotiques et cette conviction profonde selon laquelle «la patrie est l’humanité.» L’audace, la beauté, le courage et l’éthique de sa pensée m’aidèrent à devenir ce que je crois être: un révolutionnaire. Sans être martiste, on ne peut être bolivarien; sans être martiste et bolivarien, on ne peut être marxiste; sans être martiste, bolivarien et marxiste, on ne peut être anti-impérialiste; sans être ces trois choses, on ne pouvait concevoir une révolution à Cuba à notre époque.

Voilà presque deux siècles, dans les années 1820, Bolivar voulut dépêcher une expédition aux ordres de Sucre pour libérer Cuba qui en avait bien besoin en tant que colonie sucrière et caféière espagnole où 300 000 esclaves travaillaient pour leurs maîtres blancs.

Une fois que Cuba se vit frustrée de son indépendance en devenant une néo-colonie, elle ne pouvait en aucun cas instaurer la dignité pleine de l’homme sans une révolution qui en finisse avec l’exploitation de l’homme par l’homme.

«… je veux que la première loi de notre République soit le culte des Cubains à la dignité pleine de l’homme. »

Par cette pensée, Marti infusa le courage et les convictions qui poussèrent notre Mouvement à l’assaut de la caserne Moncada, ce qui ne nous serait jamais venu à l’esprit sans les idées d’autres grands penseurs comme Marx et Lénine qui nous firent voir et comprendre les réalités si différentes de la nouvelle époque que nous vivions.

C’est au nom du progrès et du développement que l’on justifia à Cuba des siècles durant l’odieux latifundium et la force de travail servile, précédée par l’extermination des premiers habitants de ces îles.

Marti a dit de Bolivar quelque chose de merveilleux et de digne de sa vie glorieuse:

« … ce qu’il n’a pas fait n’a toujours pas été fait à ce jour: Bolivar a encore beaucoup à faire en Amérique.»

«Que le Venezuela me donne en quoi le servir: il a en moi un fils.»

Au Venezuela, la puissance coloniale – comme d’autres le firent dans les Antilles – sema de la canne à sucre, des caféiers, des cacaoyers, et fit aussi venir en esclavage des hommes et des femmes d’Afrique. Résistant héroïquement en s’appuyant sur la nature du sol vénézuélien et sur l’étendue du territoire, les habitants originaires évitèrent l’anéantissement.

A l’exception d’une partie au Nord du continent, l’immense territoire de Notre Amérique resta aux mains des deux rois de la péninsule ibérique.

On peut affirmer sans crainte que, des siècles durant, nos pays et les fruits du travail de leurs peuples furent mis à sac et qu’ils continuent de l’être par les grandes sociétés transnationales et les oligarchies à leur service.

Rien ne changea pour l’essentiel durant les XIXe et XXe siècles, autrement dit pendant presque 200 ans après l’indépendance formelle de l’Amérique ibérique. Les Etats-Unis, à partir des treize colonies anglaises qui se soulevèrent, s’étendirent vers l’Ouest et vers le Sud. Ils achetèrent la Louisiane et la Floride, arrachèrent au Mexique plus de la moitié de son territoire, intervinrent en Amérique centrale et s’emparèrent de l’espace où serait construit le canal de Panama qui unirait les deux grands océans à l’est et à l’ouest du continent, juste là où Bolivar avait souhaité fonder la capitale de la plus grande des Républiques qui naîtrait de l’indépendance des nations d’Amérique.

A cette époque, le pétrole et l’éthanol ne se vendaient pas dans le monde, l’OMC n’existait pas.  La canne à sucre, le coton et le maïs étaient cultivés par les esclaves. Les machines n’avaient pas encore été inventées. C’est à partir du charbon que l’industrialisation progressait en force.

Si les guerres impulsèrent la civilisation, la civilisation impulsa les guerres. Elles changèrent de caractère et se firent plus terribles, pour se transformer finalement en conflits mondiaux.

Nous étions enfin un monde civilisé. Nous en avons même fait une affaire de principes.

Mais nous ne savons que faire de cette civilisation-là. D’une part, l’être humain s’est doté d’armes nucléaires d’une précision inconcevable et d’une puissance annihilatrice, de l’autre, il a opéré un recul honteux en matière de morale et de politique. Politiquement et socialement parlant, nous sommes plus sous-développés que jamais. Les automates se substituent aux soldats, les médias aux éducateurs, tandis que les gouvernements commencent à être dépassés par les événements sans savoir quoi faire. A en juger par le désespoir de nombreux dirigeants politiques internationaux,  on constate leur impuissance devant les problèmes qui s’accumulent sur leurs bureaux de travail et dans les réunions internationales de plus en plus fréquentes.

C’est dans ces circonstances qu’une catastrophe sans précédent est survenue en Haïti, tandis qu’à l’autre bout de la planète, au milieu de la crise économique et de conflits croissants, continuent de se dérouler trois guerres et une course aux armements qui engloutit plus de 2,5 % du PIB mondial, ce qui suffirait au développement, en peu de temps, de tous les pays du Tiers-monde et éviterait peut-être les changements climatiques, si on y consacrait les ressources économiques et scientifiques indispensables à ces fins.

La crédibilité de la communauté mondiale vient de recevoir un coup très dur à Copenhague, et notre espèce ne fait pas la preuve de sa capacité à survivre.

La tragédie d’Haïti me donne l’occasion d’exposer ce point de vue à partir que ce que le Venezuela a fait avec les pays caribéens. Alors que les grandes institutions financières hésitent à Montréal sur ce qu’il faut faire en Haïti, le Venezuela n’hésite pas une minute à annuler la dette économique de ce pays qui se monte 167 millions de dollars.

Pendant presque un siècle, les plus importantes transnationales ont exploité et vendu le pétrole vénézuélien à des prix dérisoires. Le Venezuela devint pendant des décennies le plus gros exportateur de pétrole au monde.

L’on sait que, lorsque les USA dépensèrent des centaines de milliards de dollars dans leur guerre génocidaire contre le Vietnam, tuant et mutilant des millions de fils de ce peuple héroïque, ils rompirent aussi, de manière unilatérale, l’accord de Bretton Woods qui stipulait la conversion du dollar par rapport à l’or, et ils firent payer à l’économie mondiale le coût de cette sale guerre. La monnaie étasunienne se dévalua, si bien que les recettes en devises des pays caribéens ne leur permettaient plus de payer le pétrole. Leurs économies reposent sur le tourisme et sur les exportations de sucre, de café, de cacao et d’autres produits agricoles. Les économies des Etats caribéens étaient menacées de dévastation, exception faite de deux d’entre eux qui sont exportateurs d’énergie.

D’autres pays développés éliminèrent les préférences tarifaires dont bénéficiaient les exportations agricoles des Caraïbes, telle la banane. Le Venezuela eut alors un geste sans précédent: garantir à la plupart de ces pays des livraisons de pétrole sûres et des facilités de paiement spéciales.

Aucun autre pays ne s’était inquiété du sort de ces peuples. N’était la République bolivarienne du Venezuela, une terrible crise aurait frappé les Etats indépendants des Caraïbes, hormis Trinité-et-Tobago et la Barbade.

En ce qui concerne Cuba, après l’effondrement de l’URSS, le gouvernement bolivarien donna une impulsion extraordinaire au commerce entre nos deux pays, dont des échanges de biens et services, ce qui nous permit de faire face à l’une des périodes les plus dures de notre glorieuse histoire révolutionnaire.

Curieusement, l’un des meilleurs alliés des USA, mais aussi le plus bas et le plus vil ennemi du peuple, avait été, dès le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, le président du Venezuela, Romulo Betancourt, un charlatan et un simulateur, qui fut le principal complice des attaques pirates, des actes terroristes, des agressions et du blocus économique contre notre patrie.

C’est justement quand Notre Amérique en avait le plus besoin que la Révolution bolivarienne éclata finalement au Venezuela.

Les membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA), réunis à Caracas à l’invitation d’Hugo Chavez, se sont engagés à prêter le maximum d’appui, au moment le plus triste de son histoire, au peuple haïtien, qui a réalisé la première Révolution sociale victorieuse dans l’histoire du monde, quand des centaines de milliers d’Africains se soulevèrent et créèrent une République à des milliers de kilomètres de leurs terres natales, ce qui constitue l’une des actions révolutionnaires les plus glorieuses de ce continent-ci. En Haïti, il y a du sang noir, aborigène et blanc; la République y est née des concepts d’équité, de justice et de liberté pour tous les êtres humains.

Voilà maintenant dix ans, alors que le cyclone Mitch avait fait des dizaines de milliers de victimes dans les Caraïbes et en Amérique centrale, Cuba créa l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) pour former les médecins latino-américains et caribéens qui sauveraient un jour des millions de vies, mais qui serviraient avant tout d’exemples dans le noble exercice de la profession médicale.

Voilà pourquoi des dizaines de jeunes du Venezuela et d’autres pays latino-américains diplômés de l’ELAM se retrouveront en Haïti aux côtés des Cubains, car beaucoup nous ont fait savoir de tous les recoins du continent leur désir de collaborer à la noble tâche de sauver des vies d’enfants, de femmes et d’hommes, de jeunes et de personnes âgées.

Il y aura des dizaines d’hôpitaux de campagne, des centres de physiothérapie et des hôpitaux où prêteront service plus de mille médecins et étudiants des dernières années de médecine, provenant d’Haïti, du Venezuela, de Saint-Domingue, de la Bolivie, du Nicaragua, de l’Equateur, du Brésil, du Chili et des autres pays frères. Nous avons même l’honneur de pouvoir compter sur des médecins étasuniens eux aussi diplômés de l’ELAM. Nous sommes prêts à coopérer avec les pays et les institutions qui souhaiteraient participer à ces efforts visant à prêter des services médicaux en Haïti.

Le  Venezuela a déjà fourni des tentes, des équipements médicaux, des médicaments et des aliments. Le gouvernement haïtien offre toute sa coopération et tout son soutien à cet effort qui vise à apporter des services de santé gratuits au plus grand nombre possible d’Haïtiens, pour lesquels ce sera une consolation au milieu de la pire tragédie survenue sur notre continent.

Fidel Castro Ruz

Le 7 février 2010

20 h 46

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Le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, s’est rendu mardi après-midi à l’ambassade d’Haïti pour exprimer, au nom de notre peuple, ses profondes condoléances et sa solidarité pour les victimes du séisme qui a frappé cette nation sœur le 12 janvier dernier.

«Face à l’immense tragédie vécue par le peuple haïtien, leurs frères cubains seront toujours à leurs côtés tout le temps nécessaire. Nous partageons leur immense douleur et nous continuerons ensemble d’aller de l’avant», a écrit Raul sur le livre de condoléances ouvert au siège diplomatique.

Le président cubain a été reçu par M. Jean-Victor Geneus, ambassadeur de la République d’Haïti, qui a renouvelé les remerciements de son peuple et de son gouvernement pour la collaboration reçue pendant toutes ces années. Celle-ci a permis d’apporter une aide médicale immédiate aux victimes du séisme et de l’accroître de manière considérable dans les jours qui ont suivi.

Lors d’un entretien émouvant avec l’ambassadeur et autres fonctionnaires du siège diplomatique, Raul a rappelé qu’il avait été témoin de la sueur versée par des milliers de manœuvres haïtiens sur le sol cubain durant la première moitié du siècle dernier, et qu’il avait partagé son enfance et sa jeunesse avec nombre d’entre eux. Il a rappelé que la solidarité de notre peuple durera des années s’il le faut, «c’est-à-dire, pour toujours», et surtout dans la perspective du développement futur de ce pays caribéen.

Raul était accompagné d’autres personnalités qui ont également signé le livre de condoléances, comme le premier vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, José R. Machado Ventura ; les membres du Bureau politique Esteban Lazo Hernandez, les généraux de corps d’armée Abelardo Colomé Ibarra et Leopoldo Cintra Frias, Ulises Rosales del Toro et Jorge L. Sierra Cruz; étaient aussi présents Gladys M. Bejerano Portela, vice-présidente du Conseil d’Etat; Marino Murillo Jorge et José R. Fernandez Alvarez, vice-présidents du Conseil des ministres, et le ministre des Relations extérieures Bruno Rodriguez Parrilla.

source : granma

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Posté le 2 février 10

Le général d’armée Raul Castro Ruz, président du conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a reçu, dimanche, Mme Mona Gamal Abdel Nasser, fille de l’illustre leader égyptien et président d’Egypte de 1954 jusqu’à son décès en 1970.

Au cours d’un entretien chaleureux, ils ont évoqué la sympathie et la solidarité du président Nasser à l’égard de la Révolution cubaine, ses rencontres avec Fidel Castro, le Che et Raul, ainsi que sa contribution décisive à l’établissement de liens d’amitié entre les peuples cubain et égyptien.

Raul s’est entretenu avec Mme Mona Gamal Abdel Nasser sur le déroulement de son séjour dans notre pays, et aussi sur l’histoire de la Révolution cubaine et de la solidarité de notre pays à l’égard d’autres pays du monde.

Pour sa part, Mme Gamal Abdel Nasser a exprimé sa reconnaissance pour pouvoir connaître de près la réalité cubaine. Elle s’est dite impressionnée par les lieux visités et les personnes rencontrées, et elle s’est souvenue de l’hommage du président cubain sur la tombe de son père, à l’occasion de son voyage en Egypte au mois de juillet, lors du XVe Sommet du Mouvement des pays non-alignés.

Eusebio Leal Spengler, Historien de la ville, et Laïla Abdel Hamid Gamal Abdel Nasser, petite fille du dirigeant égyptien, étaient présents à la rencontre.

source : granma

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PORT-AU-PRINCE.- «La réponse de la communauté internationale face à la catastrophe qui a frappé Haïti a été très importante, et en particulier celle de Cuba, qui a été le premier pays à nous venir en aide car les coopérants cubains travaillaient déjà chez nous avant le séisme, et ils ont contribué à sauver de nombreuses vies», a déclaré Jean-Rénald Clérismé, conseiller du cabinet privé du président René Préval, lors d’un entretien avec la presse cubaine.

Il a signalé par ailleurs que son pays a également reçu le soutien immédiat de la République dominicaine, dont le président, Leonel Fernandez, s’est rendu à Port-au-Prince au lendemain du séisme, et il s’est félicité de l’aide de la République bolivarienne du Venezuela. «On peut dire que le monde hispanique de la région est très présent en Haïti», a-t-il dit.

M. Jean-Rénald Clérismé a tenu à remercier tout particulièrement Fidel, qui a lancé le programme de coopération avec René Préval, le président cubain Raul Castro, «et cet autre grand ami, le vice-président Esteban Lazo, qui a accompagné Haïti pendant de longues années».

Interrogé sur le nombre de victimes du séisme qui a dévasté Port-au-Prince, il a signalé qu’on parle de 150 000, mais que le bilan pourrait être de 200 000 morts, car beaucoup de gens sont encore ensevelis les décombres. «Cette catastrophe est pire qu’une guerre», s’est-il exclamé.

«Jusqu’à présent, notre pays reçoit le soutien du monde entier, mais nous souhaiterions une meilleure coordination de l’aide à la population haïtienne, et surtout qu’il n’y ait pas de politisation de la catastrophe et que chaque pays puisse contribuer à la santé et à la dignité du peuple haïtien», a-t-il indiqué.

Il a reconnu qu’il existe des problèmes de coordination dans la distribution des vivres. «Au niveau gouvernemental, nous avons créé des équipes de travail, mais l’ampleur de la catastrophe rend la coordination très difficile, nous ne sommes pas en outre habitués à ce genre de situation. C’est compliqué, mais jour après jour nous travaillons à améliorer l’organisation et à mieux coordonner l’aide», a-t-il dit.

Concernant la polémique autour de l’adoption des enfants haïtiens ayant perdu leurs parents dans le séisme, il a précisé qu’il existe en Haïti un ministère des Affaires sociales chargé de ces démarches. «Le gouvernement n’a rien contre l’adoption, mais tout doit être fait dans le respect des lois du pays».

Pour conclure, il a annoncé un programme pour la construction de campements en dehors de la ville et la création d’espaces pour reloger 600 000 sans abris.

source : granma

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Dans mes Réflexions du 14 janvier, rédigées deux jours après la catastrophe qui a détruit Haïti, pays voisin frère, j’écrivais :

« Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés. »

[…]

« La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. »

Les personnels de santé cubains ont entrepris de travailler sans trêve heure après heure, de jour et de nuit, dans les rares installations restées debout, sous des tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la population redoutait de nouveaux tremblements.

La situation était encore plus grave qu’on ne l’avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de blessés réclamaient de l’aide dans les rues de Port-au-Prince, tandis qu’une quantité incalculable de personnes gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de pisé et de torchis qui abritaient l’immense majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus solides s’étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher, au milieu des quartiers détruits, les médecins haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup avaient été touchés directement ou indirectement par la tragédie.

Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés attrapés dans plusieurs de leurs édifices, et des dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une force de l’ONU, et on ignorait le sort des centaines d’autres membres de ce personnel.

Le Palais présidentiel s’était effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs hôpitaux, avaient été converties en ruines.

La catastrophe a bouleversé le monde qui en a été témoin grâce aux images des principales chaînes de télévision internationales. Les gouvernements ont annoncé de partout l’envoi de secouristes, d’aliments, de médicaments, d’équipements et d’autres ressources.

Conformément avec la position annoncée publiquement par Cuba, des personnels médicaux d’autres nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens, ont œuvré ardûment auprès de nos médecins dans les installations que nous avions improvisées. Des organisations comme l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et d’autres ont fourni des médicaments et des moyens variés. Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve d’une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé absolument de se mettre en vedette.

En des circonstances similaires, quand le cyclone Katrina fit d’énormes ravages à la Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade médicale complète pour coopérer avec le peuple des États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d’immenses ressources, mais manque de médecins formés et équipés pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à partir, dotés des médicaments et des équipements pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville proche de Cuba par sa position géographique. Nous n’avions jamais supposé  un instant que le président de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort nombre d’Étasuniens qu’on aurait pu sauver. L’erreur de cette administration-là a été peut-être son incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas un ennemi dans le peuple étasunien ni ne l’accuse des agressions dont a souffert notre patrie.

Cette administration-là n’a pas été non plus capable de comprendre que notre pays  ne mendie pas les faveurs ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un demi-siècle durant, de le mettre à genou.

Dans le cas d’Haïti, notre pays a accepté aussitôt, à la demande des autorités étasuniennes, de permettre le survol de notre région orientale et d’offrir d’autres facilités nécessaires pour pouvoir prêter au plus vite de l’aide aux Étasuniens et aux Haïtiens touchés par le séisme.

Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son équanimité et sa fermeté, n’a cessé de sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont été nos adversaires dans l’arène internationale le savent pertinemment.

Cuba est résolument d’avis que la tragédie qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus puissants de la communauté internationale.

Haïti  est un pur produit du système colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde. C’est de l’étranger que l’esclavage y a été introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé. Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de Copenhague où les droits les plus élémentaires des cent quatre-vingt-douze États membres de l’Organisation des Nations Unies ont été bafoués.

La tragédie a déclenché en Haïti une course à l’adoption hâtive et illégale de garçons et de filles, au point que l’Unicef a dû prendre des mesures préventives pour empêcher le déracinement d’enfants qui seraient séparés de parents proches.

On compte déjà plus de cent mille morts. Nombre d’habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert des fractures,  de sorte qu’ils doivent suivre un traitement que leur permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.

Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une économie assez développée pour satisfaire les besoins de la population dans la mesure de ses capacités productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs capacités productives et du niveau technique de leur population, de relever l’Europe ou le Japon,  en comparaison des efforts à consentir en Haïti.  Là, à l’instar d’une grande partie de l’Afrique et d’autres régions du Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d’un développement durable. Dans seulement quarante ans, l’humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit faire face aux changements climatiques que les scientifiques acceptent comme une réalité inévitable.

Or, au beau  milieu de la tragédie, sans que nul ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l’infanterie de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et d’autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis encore, ni l’Organisation des Nations Unies ni l’administration étasunienne n’a offert à l’opinion publique mondiale une explication au sujet de ce déploiement de forces.

Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions qu’ils ont envoyés en Haïti n’ont pas pu y atterrir pour débarquer des ressources humaines et techniques.

Divers pays annoncent de leur côté qu’ils enverront d’autres soldats et équipements militaires. Ce qui, à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos et à compliquer la coopération internationale, déjà complexe en soi. Il faut en discuter sérieusement et assigner à l’ONU le rôle dirigeant qui lui incombe dans cette question délicate.

Notre pays remplit une mission strictement humanitaire. Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa portée. La volonté de notre peuple, fier de ses médecins et coopérants dans des activités vitales, est grande et sera à la hauteur des circonstances.

Notre pays ne refusera aucune coopération importante qu’on lui offrirait, à condition toutefois qu’elle soit en accord avec l’importance et la valeur de l’aide qu’on exigerait des ressources humaines de notre patrie.

Il est juste de signaler que nos modestes moyens aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises à la disposition du peuple haïtien n’ont eu aucun mal à arriver à destination.

Dépêchons des médecins, non des soldats !

Fidel Castro Ruz

Le 23 janvier 2010

17 h 30

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Posté le 24 janvier 10

Beaucoup de gens dans le monde ont dû rester pantois après l’annonce par le Conseil d’État de la République de Cuba du déroulement d’élections le dimanche 25 avril prochain. Pourtant ce sera naturellement le jour des élections des délégués aux 169 Assemblées Municipales du Pouvoir Populaire.

Cela peut facilement se comprendre, puisqu’une des tâches principales de la guerre médiatique contre la Révolution cubaine a été d’ignorer, d’escamoter ou de taire la réalisation d’élections démocratiques : les partielles, tous les deux ans et demi, pour élire des délégués (conseillers), et les générales, tous les cinq ans, pour élire les députés nationaux et les membres des Assemblées de Provinces.

Cuba en est à son treizième processus électoral depuis 1976 avec la participation intéressée et responsable de tous les citoyens âgés de 16 ans et plus. Ces élections d’avril prochain seront des élections partielles.

C’est en usant de l’équivoque, la désinformation et en occultant les élections à Cuba de leur agenda informatif, que chacun des patrons des grands médias ont tenté d’instituer leur sinistre message :  » les dirigeants de Cuba, à tous les niveaux, ne sont pas élus par le peuple ». Heureusement qu’au cours de ces dernières années, grâce surtout à l’émergence du Web, les censures médiatiques ont rapidement pris de l’eau, et la vérité sur la réalité de Cuba, au sujet des élections ainsi que sur d’autres événements et d’autres questions, s’est fait connaitre au fur et à mesure.

Le fait de ne pas donner d’information du déroulement d’élections à Cuba, de même que son travail sur la santé, l’éducation, la sécurité sociale et d’autres sujets, démontre la crainte des maîtres du capital du monde si l’existence de cet exemple cubain venait à se propager, car en même temps, leur fiction de démocratie et de liberté qu’ils ont vendue au monde serait totalement mise à nue.

Cependant, nous nous apercevons que l’implacable temps qui court est l’ennemi de ceux qui érigent des murs de silence. Même s’il y a encore quelques commentateurs soudoyés ou des politiciens défenseurs des intérêts contraires ou opposés des peuples, qui continuent d’affirmer « qu’à Cuba, sous la dictature des Castro, il n’y a pas de démocratie ni de liberté ni d’élections ». Il s’agit d’une consigne qui est constamment rabâchée pour honorer la pensée d’un idéologue du nazisme qui disait qu’un mensonge répété mille fois peut se transformer en vérité.

À la lumière des élections prévues pour le 25 avril prochain, et en étant le plus bref possible je voudrais seulement vous faire remarquer à cette occasion, quatre particularités du processus électoral à Cuba, qui sont susceptibles d’être encore perfectionnées et qui marquent des différences substantielles avec les mécanismes existants pour l’organisation dans ce que l’on nomme « démocraties participatives ». Ces aspects sont :

1) Le Registre Électoral

2) Les Assemblées de Nomination de Candidats jusqu’aux Délégués

3) La Propagande Électorale

4) Le vote et le scrutin.

Le Registre Électoral est automatique, universel, gratuit et public. Dès sa naissance un(e) Cubain(e), a non seulement le droit de recevoir l’éducation et la santé gratuitement, mais également dès l’âge de 16 ans il/elle est inscrit(e) automatiquement sur le Registre Électoral. Personne n’est exclu, ni pour des raisons de sexe, de religion, de race ou de philosophie politique. Même s’il fait partie des unités de défense et de sécurité du pays. Personne ne paye un seul cent pour être inscrit, et personne n’est soumis à d’embarrassantes démarches bureaucratiques comme par exemple l’exigence de photos, de timbres ou d’empreintes digitales. Le Registre est public, il est exposé dans chaque circonscription et dans des lieux massivement fréquentés par la population.

Dès le début de la campagne électorale, l’organisation publique du procédé donne la possibilité à chaque citoyen(ne) en âge légal de pouvoir exercer son droit de vote ou de se présenter aux élections. Ce procédé élimine toute possibilité de fraude, qui est une pratique très commune dans les pays que se disent démocratiques. Partout où il y a fraude, c’est d’abord parce que la majorité des électeurs ne savent pas qui à le droit de voter. Cela n’est connu et ne peut être maîtrisé que par quelques machineries politiques. Ainsi, il peut y avoir des morts qui votent plusieurs fois, ou bien comme aux USA, nombreux sont les citoyens ayant été rayés des registres à cause d’une condamnation pénale ne sont pas réinscrits malgré qu’ils aient purgé leur peine.

Ce qui distingue ou qui différencie le plus le système électoral à Cuba en comparaison avec d’autres, ce sont les assemblées pour la nomination des candidats. Dans d’autres pays, les candidats émergent des partis politiques, cela vient de l’essence même du système démocratique, chaque parti élit son candidat. À Cuba, c’est différent. Les candidats ne viennent d’aucune institution politique. Le Parti Communiste de Cuba, qui est une force participative de la société et de l’État, n’est pas une organisation qui propose des candidats. Il ne postule pas, il n’élit pas, de même qu’il ne peut révoquer qui que ce soit des milliers d’hommes et de femmes qui ont les charges représentatives de l’État cubain. Ses buts n’ont jamais été et ne seront jamais de gagner des sièges à l’Assemblée Nationale ou dans les Assemblées de Provinces ou Municipales du Pouvoir Populaire. Certes, dans chaque élection, de nombreux militants du Parti se sont proposés et se proposent toujours et certains ont été élus, mais seulement parce que leurs concitoyens les ont reconnus comme méritants et capables, et non pas parce qu’ils sont militants du Parti Communiste.

Les Cubains et les Cubaines ont le privilège de choisir leurs candidats sur la base de leurs mérites et de leurs aptitudes, grâce aux assemblées citoyennes de quartiers, circonscriptions ou par zone dans les villes ou dans les zones rurales. Dans ces assemblées, les votes sont réalisés à main levée, et naturellement, celui qui obtient le plus de voix est élu. Dans chaque circonscription électorale il y a plusieurs zones de nomination, et la Loi Électorale garantit qu’entre 2 et 8 candidats peuvent être désignés pour se présenter aux élections des délégués du 25 avril prochain.

L’absence de propagande coûteuse et tapageuse est une autre particularité du processus électoral à Cuba, dans d’autres pays il existe toute une marchandisation dans laquelle une course effrénée pour obtenir des fonds est engagée ou pour privilégier telle ou telle entreprise de relations publiques. À Cuba, aucun candidat postulant à une élection n’est autorisé à faire sa propagande et, évidemment, aucun n’a besoin d’être fortuné ou disposer de fonds ou d’aide financière pour se faire connaître. Aucune action n’a lieu, sur les places et dans la rue, en faveur d’un quelconque candidat, aucune manifestation, ni caravane publicitaire, ni des panneaux avec leur portrait, ni promesses électorales ; rien également à la radio et à la télévision de même que dans la presse écrite. Ce sont les autorités électorales qui s’occupent de l’unique publicité. Celle-ci consiste à exposer dans les lieux publics, dans la zone-même de résidence des électeurs, la biographie et la photo de chacun des candidats. Aucun candidat n’est plus privilégié qu’un autre. Les mérites de chacun obtenus dans la vie sociale sont inscrits sur leur biographie, de telle sorte que les électeurs peuvent avoir des éléments sur les conditions personnelles, la valeur et l’aptitude de chaque candidat à servir le peuple et ainsi choisir librement celui qu’il pense être le plus apte.

La dernière particularité que je voudrais souligner, c’est le vote et le scrutin public. À Cuba, le vote n’est pas obligatoire. Comme il est inscrit dans l’Article 3 de la Loi Électorale, le vote est libre, égalitaire et secret, chaque électeur n’a le droit qu’à une seule voix. Personne n’a, bien sur, rien à craindre s’il ne va pas voter ou s’il décide de voter blanc ou nul. Le vote n’est pas obligatoire, non pas comme dans beaucoup d’autres pays dans lesquels les gens se déplacent pour certifier de leur présence afin d’éviter une amende, ou qu’ils ne soient trainés en justice ou même pour ne pas perdre leur emploi. Au contraire dans d’autres pays, y compris les USA, l’essence-même est basée pour dégouter la majorité des électeurs, qui de fait, ne vont pas voter, à Cuba chacun fait ce qu’il veut. Depuis 1976 jusqu’aujourd’hui, dans les élections réalisées à Cuba ont a pu enregistrer un taux moyen de participation de 97%. Au cours des trois dernières, plus de 8 millions d’électeurs inscrits ont voté.

Aux élections cubaines le dépouillement et le décompte des voix sont réalisés en public, et donc, dans chaque collège, tout citoyen qui le désire peut y assister, y compris la presse nationale ou étrangère. De plus, seuls sont élus ceux qui dépassent les 50% des bulletins favorables sortis des urnes. Ce sont ces élus qui devront rendre des comptes à leurs électeurs et ils peuvent être révoqués par ces derniers à n’importe quel moment de leur mandat.

Je souhaite seulement que par ces particularités énoncées, un lecteur qui n’a pas d’information sur la réalité cubaine puisse répondre à quelques questions élémentaires :

- Dans quel endroit existe-t-il une plus grande transparence électorale, une plus grande liberté et autant de démocratie ?

- Quel sont les pays où de tels pourcentages de participation sont atteints : dans des pays avec une multitude de partis politiques, une multitude de candidats et une gigantesque propagande ou bien dans une Cuba ignorée ou déformée par les grands médias, monopolisés par une poignée d’entreprises et de magnats de l’information chaque fois plus réduits ?

Et je souhaite également, que le mur de silence élevé dans la grande presse autour des élections cubaines puisse un jour tomber, de même que celui autour d’autres sujets comme la réussite sur la santé publique et sur l’éducation, afin que cela puisse devenir une source de connaissance pour d’autres peuples qui méritent un plus grand respect et un avenir avec plus de libertés et de démocratie.

source : cubadebate.cu et tlaxcala.es

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Les nouvelles qui parviennent d’Haïti confirment le grand chaos qu’on était en droit d’attendre dans la situation exceptionnelle engendrée par la catastrophe.

Surprise, étonnement, commotion dans les premiers instants, désir dans les recoins les plus éloignés de la planète de prêter de l’aide sans retard… Qu’envoyer et comment le faire vers une petite île des Caraïbes depuis la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres endroits situés à des dizaines de milliers de kilomètres de distance ? L’ampleur du séisme et la pauvreté du pays génèrent dans les premiers instants des idées de besoins imaginaires qui donnent lieu à toutes sortes de promesses possibles qu’on s’efforce ensuite de concrétiser par tous les moyens.

Pour nous, Cubains, nous avons compris que le plus important était de sauver des vies, ce pour quoi nous sommes entraînés face non seulement à des catastrophes de ce genre, mais aussi à d’autres désastres naturels de nature sanitaire.

Des centaines de médecins cubains étaient déjà sur place, ainsi qu’un bon nombre de jeunes Haïtiens aux origines modestes, convertis en de bons professionnels de la santé, car c’est à cela que nous avons consacré notre coopération avec ce pays frère et voisin depuis de longues années. Une partie de nos compatriotes était toutefois en vacances, tandis que des Haïtiens se formaient ou étudiaient à Cuba.

Le tremblement de terre a dépassé tous les calculs : les modestes demeures de pisé et de torchis – dans une ville de presque deux millions d’habitants – ne pouvaient pas résister. De solides bâtiments publics se sont effondrés, des îlots entiers se sont écroulés sur leurs habitants qui se trouvaient chez eux alors que la nuit tombait et qui furent ensevelis sous les ruines, vivants ou morts. Les personnes blessées qui remplissaient les rues réclamaient des secours. La force des Nations Unies (MINUSTAH), le gouvernement et la police se sont retrouvés sans direction ni commandement. Ces institutions employant des milliers de personnes se sont attelées dans les premiers moments à la tâche de savoir quelles sont celles qui étaient en vie et où.

La première chose qu’on faite nos médecins dévoués en Haïti et les jeunes spécialistes de la santé formés à Cuba, c’est de communiquer entre eux afin de connaître leur sort et de savoir sur quoi ils pouvaient compter pour aider le peuple haïtien dans cette tragédie.

Ceux qui étaient en congés à Cuba et les médecins haïtiens qui suivaient une spécialisation dans notre pays se sont aussitôt préparés à partir. D’autres experts cubains en chirurgie qui avaient rempli des missions difficiles se sont offerts à les accompagner. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, nos médecins avaient déjà soigné des centaines de patients. Aujourd’hui, 16 janvier, à peine trois jours et demi après la tragédie, ils avaient traité plusieurs milliers de victimes.

Ce samedi midi, la direction de notre brigade a informé entre autres :

« Ce que font les compagnons est vraiment digne d’éloge. Ils sont tous d’avis que ce qui s’est passé au Pakistan pâlit en comparaison [il y a eu là-bas un grave séisme où certains ont travaillé]. Là-bas, ils avaient dû soigner bien des personnes ayant souffert de fractures, parfois mal consolidées, ou l’écrasement de membres, mais ici ça dépasse tout ce qu’ont peut imaginer : de nombreuses amputations ; il faut pratiquement amputer en plein air : c’est l’image de ce qu’ils avaient supposé se passer pendant une guerre.

« … l’hôpital Delmas 33 fonctionne déjà ; il compte trois blocs opératoires dotés de groupes électrogènes, des secteurs de consultation, etc., mais il est absolument bondé.

« …douze médecins chiliens nous ont rejoints, dont un anesthésiste, ainsi que huit médecins vénézuéliens, et neuf religieuses espagnoles ; on attend d’un moment à l’autre dix-huit Espagnols auxquels l’ONU et le ministère haïtien de la Santé publique avaient confié l’hôpital, mais qui n’avaient pas les ressources d’urgence qui n’avaient pas pu arriver, si bien qu’ils ont décidé de se joindre à nous et de commencer à travailler sans retard.

« …trente-deux médecins haïtiens résidents ont été envoyés ici, dont six allaient partir directement à Carrefour, un endroit totalement dévasté. Les trois équipes de chirurgiens cubains qui sont arrivées hier ont aussi fait le voyage.

« …nous opérons dans les installations médicales suivantes à Port-au-Prince : l’hôpital La Renaissance, l’hôpital de la Sécurité sociale et l’hôpital de la Paix.

« …quatre centres de diagnostic intégral fonctionnent aussi. »

Cette information donne une petite idée de ce que font en Haïti les personnels médicaux de Cuba et ceux d’autres pays qui travaillent avec eux, parmi les premiers à être arrivés dans ce pays. Notre personnel est disposé à coopérer et à joindre ses forces avec tous les spécialistes de la santé envoyés de partout pour sauver des vies dans ce peuple frère. Haïti pourrait se convertir en un exemple de ce que l’humanité peut faire pour soi. La possibilité et les moyens existent ; c’est la volonté, toutefois, qui fait défaut.

Plus l’on mettra de temps à enterrer ou à incinérer les morts, à distribuer des aliments et d’autres produits vitaux, et plus les risques d’épidémies et de violences sociales s’aggraveront.

Haïti permettra de prouver combien de temps l’esprit de coopération durera avant que ne l’emportent l’égoïsme, le chauvinisme, les intérêts mesquins et le mépris d’autres nations.

Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Le séisme de Port-au-Prince nous rappelle à tous, à peine trois semaines après, à quel point nous avons été égoïstes et suffisants à Copenhague !

Les pays observent de près tout ce qu’il se passe en Haïti. L’opinion publique mondiale et les peuples seront de plus sévères et implacables dans leurs critiques.

Fidel Castro Ruz

Le 16 janvier 2010

19 h 46

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http://www.fidelista.net/images/fidel/haiti/terremoto-haiti-earthquake-17.jpg

source photo : cubadebate.cu

Voilà deux jours, à partir de six heures de l’après-midi à Cuba, mais déjà de nuit en Haïti du fait de sa position géographique, les chaînes de télévision ont commencé à informer qu’un violent séisme de catégorie 7,3 à l’échelle Richter, avait frappé sévèrement Port-au-Prince, l’épicentre ayant été repéré dans une faille tectonique située en mer à seulement quinze kilomètres de la capitale haïtienne où 80 p. 100 de la population vit dans des maisons de pisé et de torchis.

Les nouvelles ont continué d’arriver presque sans interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on disait que de nombreux bâtiments publics, des hôpitaux, des écoles et des installations plus solides s’étaient effondrés. J’ai lu qu’un séisme force 7,3 équivalait à l’énergie libérée par une explosion de quatre cent mille tonnes de TNT.

Les descriptions étaient tragiques. Les blessés en pleine rue réclamaient en criant des secours médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des familles étaient ensevelies. Personne n’a pu toutefois, durant bien des heures, transmettre la moindre image.

La nouvelle a surpris tout le monde. Nous étions nombreux à écouter de fréquentes informations sur des cyclones et de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que notre voisin courait des risques de fort tremblement de terre. C’est alors qu’on a appris que le dernier grand séisme survenu dans cette ville remontait à deux cents ans en arrière, quand elle ne comptait sans doute que quelques milliers d’habitants.

À minuit, le chiffre de victime était encore approximatif. De hauts fonctionnaires des Nations Unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces événements bouleversants et annonçaient l’envoi de secouristes. Comme des troupes des Nations Unies de divers pays étaient déployées en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, des ministres de la défense évoquaient des pertes éventuelles parmi leurs personnels.

C’est réellement hier matin, mercredi, que des nouvelles attristantes ont commencé à arriver au sujet d’énormes pertes humaines dans la population, et des organisations comme les Nations Unies signalaient que certains de leurs bâtiments s’étaient effondrés, une expression qui ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier beaucoup.

Des nouvelles toujours plus bouleversantes au sujet de la situation dans ce pays frère ont continué d’arriver pendant des heures. Les chiffres de victimes mortelles variaient selon les sources de trente à cent mille. Les images sont désolantes. Cette catastrophe a reçu une large divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements sincèrement émus s’efforcent de coopérer dans la mesure de leurs moyens.

Toute tragédie bouleverse de bonne foi un grand nombre de personnes, surtout quand il s’agit de désastre naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se demandent : pourquoi Haïti est-elle un pays si pauvre ? Pourquoi sa population dépend-elle à presque 50 p.100 des envois de fonds familiaux en provenance de l’étranger ? Pourquoi n’analysent-elles pas aussi les réalités qui ont conduit à la situation actuelle en Haïti et à ses énormes souffrances ?

Le plus curieux de cette histoire, c’est que personne ne rappelle à aucun moment qu’Haïti a été le premier pays où quatre cent milles Africains victimes de la traite et de l’esclavage des Européens se soulevèrent contre trente mille Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la plus première grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d’une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le général de Napoléon le plus éminent.

Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu’Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l’immense majorité des habitants de la planète continue d’être exploitée et mise à sac.

Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être dans des proportions aussi élevées qu’en Haïti.

De situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l’ordre économique et politique international injuste qu’on a imposé au monde. La population mondiale n’est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d’Haïti, qui est un pâle reflet de ce que les changements climatiques peuvent provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d’Haïti : nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d’y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu’on a suivie vis-à-vis d’Haïti.

Je ne peux m’empêcher de le dire : il est temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère !

Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés.

De nombreux autres jeunes Haïtiens font actuellement des études de médecine à Cuba.

Nous coopérons aussi avec le peuple haïtien dans d’autres domaines à notre portée. Aucune autre forme de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce nom que celle de la bataille dans le monde des idées et dans l’action politique pour qu’on mette fin à la tragédie sans borne que souffrent de nombreuses nations comme Haïti.

La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. » Tel était le message laconique qu’elle a pu envoyer quelques heures après son arrivée, hier, à Port-au-Prince à la tête de renforts médicaux.

Elle a fait savoir tard dans la nuit que les médecins cubains et les Haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane étaient en train de se déployer dans le pays. Ils avaient déjà soigné à Port-au-Prince plus de mille blessés, après avoir refait fonctionner d’urgence un hôpital qui ne s’était pas effondré et en recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se préparaient à installer sans retard d’autres centres de soins d’urgence.

Nous somme fiers à juste titre de la coopération que les médecins cubains et les jeunes médecins haïtiens formés à Cuba prêtent à leurs frères d’Haïti en ces moments tragiques !

Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010

A lire aussi :

Réflexions du compañero Fidel : ON NE PEUT RIEN IMPROVISER EN HAÏTI

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Posté le 14 janvier 10

La Havane, le 12 janvier 2010

V.E. M. René Garcia Préval
Président de la République d’Haïti

Cher ami:

C’est avec une profonde douleur et consternation que nous avons appris la nouvelle du tremblement de terre qui a secoué la République sœur d’Haïti ces dernières heures.

Je tiens à vous adresser, au nom du gouvernement et du peuple cubains, nos plus sincères condoléances, et je vous rappelle que vous pouvez compter sur l’aide solidaire de notre pays en ces moments difficiles.

Veuillez accepter le témoignage de ma plus haute considération et de ma plus profonde estime.

Raul Castro Ruz
Président du Conseil d’Etat et du Conseil
des ministres de la République de Cuba

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http://www.fidelista.net/images/fidel/cuba_entrada-de-fidel-a-la-habana_efe.jpg

source photo : cubadebate.cu

Des centaines de Cubains ont célébré aujourd’hui le 51ème anniversaire de l’entrée de Fidel Castro à La Havane le 8 Janvier 1959, accompagnée par la guérilla qui a dirigé l’armée rebelle de la Sierra Maestra, pour commémorer le triomphe de la révolution.

Les participants à l’événement, enfants et jeunes en uniformes scolaires, ont attendu à El Cotorro banlieue de La Havane, le passage de la caravane qui a réédité le tour des huit jours de Fidel à l’est de l’île.

Haydee Moya, 75, a déclaré à Efe que la mise en scène lui a causé « nostalgie » de cette journée qui a eu lieu en 1959 « pour voir l’arrivée triomphale de Fidel et les jeunes hommes avec des barbes et des perles« .

source : cubadebate.cu

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