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	<title>Fidelista &#187; Les Discours de Raul</title>
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	<description>«Le gouvernement doit naître du pays.» [ José Marti ]</description>
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		<title>Discours prononcé par le général d’armée Raul Casto Ruz, Premier secrétaire du Comité central et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la 1ère Conférence nationale du Parti, au Palais des Conventions, le 29 janvier 2012, « Année 54 de la Révolution »</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 17:42:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Camarades : La 1ère Conférence nationale du Parti qui achève aujourd’hui ses travaux avait pour objectif, conformément à la convocation lancée par le 6e Congrès, d’évaluer avec objectivité et sens critique le travail du Parti, et déterminer avec une volonté rénovatrice les transformations nécessaires pour le placer à la hauteur des circonstances actuelles. N’oublions pas que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Camarades :</p>
<p>La 1ère Conférence nationale du Parti qui achève  						aujourd’hui ses travaux avait pour objectif,  						conformément à la convocation lancée par le 6e Congrès,  						d’évaluer avec objectivité et sens critique le travail  						du Parti, et déterminer avec une volonté rénovatrice les  						transformations nécessaires pour le placer à la hauteur  						des circonstances actuelles.</p>
<p>N’oublions pas que seul le Parti, en tant  						qu’organisation regroupant l’avant-garde révolutionnaire  						et garantie sûre de l’unité des Cubains, à toutes  						époques, peut être le digne héritier de la confiance que  						le peuple a déposée dans le seul commandant en chef de  						la Révolution, le camarade Fidel Castro  						(Applaudissements).</p>
<p>Je ne m’arrêterai pas sur les participants au  						processus de discussion du projet de Document de base,  						ni sur les nombreuses modifications qui en ont découlé,  						compte tenu du rapport présenté par le Deuxième  						secrétaire du Comité central, le camarade José Ramon  						Machado Ventura, à l’inauguration de cette réunion qui,  						comme chacun sait, n’a pas commencé hier mais presque  						immédiatement après la clôture du Congrès du Parti.<span id="more-3369"></span></p>
<p>Après la rédaction du premier brouillon du Document,  						et son ultérieure analyse dans de nombreuses réunions du  						Bureau politique et du Secrétariat avant sa discussion  						au sein des organisations de base du Parti et de l’Union  						des jeunesses communistes (UJC) durant les mois  						d’octobre et novembre de l’année dernière, ses résultats  						ont été analysés par le 3e Plénum du Comité central qui  						s’est déroulé le 21 décembre 2011.</p>
<p>Pendant les premières semaines du mois en cours, au  						niveau provincial, les délégués à la Conférence, au  						niveau provincial, et d’autres cadres ont procédé à son  						étude et à sa discussion. Au total, il y a eu neuf  						versions de ce document.</p>
<p>À la différence du projet d’Orientations de la  						politique économique et sociale du Parti et la  						Révolution, dont le débat a été ouvert, d’une manière ou  						d’une autre, à toute la population, le Document de base  						de la Conférence, du fait de sa portée et parce qu’il  						était surtout axé sur le fonctionnement interne du  						Parti, a été analysé par tous les militants, même si  						notre peuple a pu en connaître intégralement le contenu  						à travers les médias.</p>
<p>Par ailleurs, lors des travaux préparatoires de la  						Conférence nous avons débattu sur le travail des  						militants dans le perfectionnement des relations du  						Parti avec l’UJC, la Centrale des travailleurs de Cuba  						et les autres organisations de masse, afin qu’elles  						puissent renforcer, dans les conditions actuelles, leur  						rôle et leur influence dans la société.</p>
<p>Comme il fallait s’y attendre, depuis la publication  						du Document, les critiques et les remarques n’ont pas  						manqué de la part de certains qui, enclins à confondre  						leurs aspirations personnelles avec la réalité,  						pensaient que la Conférence allait marquer le début d’un  						démontage du système politique et social de la  						Révolution construit pendant plus d’un demi-siècle avec  						le soutien de la majorité des Cubains.</p>
<p>À cet égard, ce n’est pas un hasard si l’objectif de  						ce Document stipule : « Le Parti communiste de Cuba, en  						tant que force dirigeante supérieure de la société et de  						l’État, est le résultat légitime de la Révolution et son  						avant-garde organisée, et est chargé, avec le peuple,  						d’assurer sa continuité historique ». Ce concept, auquel  						nous ne renoncerons jamais, s’accorde pleinement avec  						l’article Nº 5 de la Constitution de la République,  						adopté en référendum par 97,7% des électeurs, par vote  						libre, direct et secret.</p>
<p>Nos adversaires, et même certains qui sympathisent  						avec nous, faisant abstraction de la longue histoire  						d’agressions, de blocus économique, d’ingérences, et de  						l’état de siège médiatique qui se traduit par des  						campagnes incessantes orchestrées par une presse  						soi-disant libre, subordonnée pour la plupart aux  						intérêts impériaux prédominants – la Révolution a dû  						faire face à tous ces défis –, exigent de nous, comme  						s’il s’agissait d’un pays vivant dans les conditions  						normales et non d’une place assiégée, de réinstaurer le  						modèle pluripartite qui régnait à l’époque où Cuba était  						sous la domination néocoloniale des États-Unis.</p>
<p>Renoncer au principe du parti unique reviendrait tout  						simplement à légaliser le parti ou les partis de  						l’impérialisme dans notre patrie, et à sacrifier l’arme  						stratégique de l’unité des Cubains qui a transformé en  						réalité les rêves d’indépendance et de justice sociale  						pour lesquels tant de générations de patriotes, depuis  						l’Indien Hatuey, Carlos Manuel de Céspedes, José Marti  						et Fidel, ont combattu.</p>
<p>Dans le but d’organiser la lutte pour l’indépendance  						de Cuba et de Porto Rico, Marti avait conçu la création  						d’un seul parti politique, le Parti révolutionnaire  						cubain, chargé, selon ses propres paroles : « De  						fomenter la révolution pour que puissent y entrer tous  						les Cubains de bonne volonté… Tous aiment Cuba, et la  						respectent ».</p>
<p>Lorsque la victoire sur l’Espagne était imminente,  						après trente ans de guerre, se produisit l’intervention  						nord-américaine, et l’une des premières mesures adoptées  						fut la dissolution de ce parti, ainsi que la glorieuse  						Armée de libération, pour avancer vers ce qui viendrait  						ensuite : le pluripartisme de la république bourgeoise  						et la création d’une nouvelle armée – gardes ruraux  						répressifs inclus –, garante de la domination absolue  						sur toutes les richesses de la nation, dont ils  						s’approprièrent pendant les quatre premières années de  						la première occupation militaire.</p>
<p>Telle fut la triste fin des deux piliers de la  						révolution pour l’indépendance, le Parti et son Armée de  						libération, qui devaient renaître 60 ans plus tard sous  						direction de Fidel, qui s’était inspiré des  						enseignements de Marti. Nous ne permettrons jamais que  						cette histoire se répète.</p>
<p>Il n’est pas dans mon intention dans cette  						intervention de m’arrêter sur l’évolution historique du  						terme Démocratie, depuis sa conceptualisation dans la  						Grèce antique comme le</p>
<p>« pouvoir du peuple », même si la majorité esclave ne  						comptait pour rien. Je ne veux pas non plus philosopher  						sur l’actualité et l’utilité de ladite démocratie  						représentative. Il est de notoriété publique qu’elle a  						débouché invariablement sur une concentration du pouvoir  						politique entre les mains de la classe détentrice de  						l’hégémonie économique et financière de chaque pays, où  						les majorités ne sont pas prises en considération non  						plus, et, lorsqu’elles manifestent, comme elles le font  						aujourd’hui même dans de nombreux endroits, elles sont  						brutalement réprimées et passées sous silence avec la  						complicité de la grande presse à son service, elle aussi  						transnationalisée.</p>
<p>Le meilleur argument nous est fourni par la  						démocratie étasunienne, qui prétend s&#8217;imposer au monde  						comme modèle, où le pouvoir alterne entre le Parti  						républicain et le Parti démocrate, à quelques  						différences près, pour défendre les intérêts du même  						grand capital auquel ils sont subordonnés.</p>
<p>Prenez, pour ne citer que quelques exemples, la Base  						navale de Guantanamo, un territoire que les États-Unis  						occupent contre la volonté du peuple cubain depuis plus  						de 100 ans. Indépendamment du parti au pouvoir dans ce  						pays qui ne cesse de prôner la défense des droits de  						l’Homme – et malgré les promesses de son actuel  						président – une prison est maintenue depuis dix ans, où  						à l’heure actuelle, dans un limbe juridique, plus de 170  						ressortissants étrangers sont soumis à des tortures et à  						des vexations.</p>
<p>Le deuxième exemple est l’invasion de Playa Giron,  						qui avait été conçue et planifiée par un président  						républicain,</p>
<p>Eisenhower, et mise en exécution par John Kennedy, un  						président démocrate, trois mois à peine après sa prise  						de fonction ; et finalement, le blocus économique qui  						dure depuis plus d’un demi-siècle, peu importe s’il y a  						un républicain ou un démocrate à la Maison-Blanche.</p>
<p>Ceci dit, sans le moindre mépris pour les pays ayant  						des systèmes pluripartistes, et dans le strict respect  						du principe de libre autodétermination et de  						non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres  						États, consacré par la Charte des Nations unies, à Cuba,  						partant de ses expériences dans la longue histoire des  						luttes pour l’indépendance et la souveraineté nationale,  						nous défendons le système du parti unique face au jeu de  						la démagogie et du mercantilisme de la politique.</p>
<p>Si nous avons choisi, souverainement et avec la  						participation et le soutien du peuple, de poursuivre  						l’option du parti unique de José Marti, nous devons  						promouvoir la plus grande démocratie dans notre société  						en commençant par donner l&#8217;exemple dans les rangs du  						Parti, pour instaurer un climat de totale confiance et  						créer les conditions nécessaires à tous les niveaux pour  						un vaste et franc échange d’opinions, aussi bien au sein  						de l’organisation qu’en ce qui concerne ses liens avec  						les travailleurs et la population, en faisant en sorte  						que les divergences soient accueillies avec normalité et  						respect, y compris par les médias, dont il est question  						à plusieurs reprises dans les Objectifs de cette  						conférence, et qui devront s’impliquer avec  						responsabilité et faisant preuve de leur devoir de  						stricte véracité devant les faits, et non pas dans le  						style bourgeois plein de sensationnalismes et de  						mensonges, mais en abordant les questions en toute  						objectivité et sans secrétisme inutile.</p>
<p>À cette fin, il nous faut encourager le  						professionnalisme parmi les travailleurs de la presse,  						une tâche dans laquelle nous pouvons compter sur le  						soutien de l’Union des journalistes de Cuba (UPEC), des  						médias et des organismes et institutions qui se doivent  						de leur fournir des informations dignes de foi et  						opportunes pour, entre tous, avec patience et une unité  						de critères, perfectionner et améliorer constamment  						l’efficacité des messages et des instructions à nos  						compatriotes.</p>
<p>Par ailleurs, la construction d’une société plus  						démocratique contribuera également à en finir avec les  						comportements opportunistes et la simulation, nés d’une  						fausse unanimité et du formalisme, au moment d’aborder  						certaines situations de la vie nationale.</p>
<p>Il est nécessaire de nous habituer à nous dire toutes  						les vérités en face, à nous regarder dans les yeux, à  						émettre des avis différents, y compris de contester ce  						que disent les chefs lorsque nous estimons avoir raison,  						comme il se doit, à l’endroit approprié, au moment  						opportun et d’une manière correcte, c’est-à-dire dans  						les réunions et pas dans les couloirs. Nous ne devons  						pas craindre de nous attirer des problèmes lorsque nous  						défendons nos idées, et nous devons combattre  						énergiquement le travail mal fait.</p>
<p>Nous avons souvent dit, et ceci a également été  						consigné dans le Rapport central du 6e Congrès, que la  						seule chose qui pourrait entraîner la chute de la  						Révolution et du Socialisme à Cuba est que nous soyons  						incapables de corriger les erreurs commises pendant les  						plus de 50 ans écoulés depuis le 1er janvier 1959, ainsi  						que les nouvelles erreurs que nous pourrions commettre à  						l’avenir.</p>
<p>Il n’a jamais existé et il n’existera pas de  						révolution sans erreurs, parce qu’elles sont l’œuvre des  						hommes et des peuples, qui ne sont pas parfaits, et qui  						sont confrontés, pour la première fois, à des défis  						nouveaux et énormes. C’est pourquoi je pense qu’il ne  						faut pas avoir honte des erreurs. Le plus grave et  						honteux serait de ne pas avoir le courage de les  						reconnaître et d’en tirer les leçons pour les corriger à  						temps.</p>
<p>À cet égard, en raison de leur permanente actualité,  						il est opportun de rappeler les paroles prononcées par  						le camarade Fidel, le 28 septembre 1986, lors de la  						clôture du 3e Congrès des Comités de défense de la  						Révolution (CDR), lorsqu’il signalait : « La lutte  						contre les tendances négatives et les erreurs commises  						continuera indéfectiblement, car il est de notre devoir  						sacré de perfectionner tout ce que nous faisons, de  						perfectionner la Révolution. Nous avons le devoir sacré  						de ne jamais être satisfaits, même lorsque nous croyons  						bien faire, et de l’être encore moins quand nous savons  						que les choses ne sont pas faites comme elles le  						devraient ».</p>
<p>La génération qui a fait la Révolution a eu le  						privilège historique, rarement vu, de pouvoir conduire  						la rectification des erreurs commises par elle-même, ce  						qui est une preuve éloquente que ces erreurs n’ont pas  						eu de répercussions stratégiques, autrement nous ne  						serions pas ici aujourd’hui. Nous ne pouvons pas, même  						si nous ne sommes plus aussi jeunes, laisser passer  						cette dernière chance.</p>
<p>Je me vois donc dans le devoir d’adresser, une fois  						de plus, une mise en garde afin que nous évitions de  						tomber dans l’illusion de croire que les décisions  						adoptées par cette Conférence nationale, où même les  						accords de portée stratégique adoptés par le 6e Congrès  						constituent, la solution magique à tous nos problèmes.</p>
<p>Pour empêcher que les instructions du Parti et du  						Bureau politique ne tombent dans un sac troué, et comme  						nous l’avons souligné en ce qui concerne l’actualisation  						du modèle économique et l’exécution des plans annuels et  						du budget, les plénums du Comité central devront  						analyser deux fois par an l’application des Objectifs de  						travail du Parti fixés par cette Conférence. Les comités  						provinciaux et municipaux du Parti auront également ce  						genre de réunions, dont la forme et la fréquence seront  						établies par le Comité central.</p>
<p>L’expérience nous a appris que ce qui n&#8217;est pas  						contrôlé</p>
<p>efficacement, ne s&#8217;accomplit pas ou s&#8217;exécute  						superficiellement.</p>
<p>Il s’impose de travailler et de persévérer avec  						ordre, discipline et rigueur pour matérialiser les  						Orientations de la politique économique et sociale, de  						même que les Objectifs fixés par cette Conférence, de  						lâcher derrière nous le lest de la vieille mentalité et  						forger, avec une dynamique transformatrice et beaucoup  						de sensibilité politique, la vision pour le présent et  						l’avenir de la patrie, sans abandonner un seul instant  						le legs de José Marti et la doctrine du  						marxisme-léninisme, qui constituent le principal  						fondement idéologique de notre processus  						révolutionnaire.</p>
<p>Pour réussir dans cette voie, il est indispensable,  						comme le souligne l’objectif Nº 37, de « renforcer  						l’unité nationale autour du Parti et de la Révolution,  						resserrer le lien permanent avec les masses et  						consolider la conviction de préserver la nation cubaine  						et ses conquêtes économiques et sociales, sur la base  						selon laquelle la Patrie, la Révolution et le Socialisme  						sont indissolublement liés ».</p>
<p>Ceci dit, l’important de la question n’est pas  						d’avoir formulé correctement cet objectif ou tout autre,  						mais de savoir déterminer les voies et les manières de  						les mettre en pratique, avec la plus grande fermeté, de  						sorte que nous puissions évaluer intégralement combien  						et comment nous avançons, détecter à temps les tendances  						négatives et être capables de mobiliser les militants et  						le peuple dans la poursuite de notre objectif.</p>
<p>Cette règle est tout aussi applicable aux énoncés  						liés à la Politique des cadres, un domaine qui, comme il  						est précisé dans le Rapport central du 6e Congrès, a  						subi les effets de l’improvisation et du manque de  						prévision et de systématicité, qui a laissé comme  						séquelle le fait que nous ne disposons pas encore d’une  						réserve de remplaçants expérimentés et mûrs,  						suffisamment préparés pour occuper les postes de  						direction complexes au niveau du Parti, de l’État et du  						gouvernement, une tâche qui, pour des raisons évidentes,  						que tout le monde comprendra, revêt une importance  						stratégique pour la Révolution et à laquelle nous  						travaillons sans hâte mais sans pause, dans le cadre de  						la mise en exécution des accords du Congrès.</p>
<p>Je profite de l’occasion pour réitérer que dans la  						mesure où nous avançons dans la définition de tous les  						ajustements qu’il faudra apporter à la Constitution de  						la République et au cadre législatif complémentaire,  						entre autres questions, nous prendrons la décision de  						limiter les principales fonctions politiques et  						publiques à un maximum de deux mandats successifs de  						cinq ans. À cet égard, j’estime qu’une fois les  						politiques définies et adoptées par les instances  						pertinentes, nous pourrons commencer une application  						progressive, sans attendre la réforme constitutionnelle,  						car nous ne pouvons pas utiliser ce recours à tout  						moment ; autrement dit, aller modifier quelque chose  						dans la Constitution, que ce soit à travers le propre  						Parlement, sans qu’il faille en appeler au référendum.  						Les statuts et d’autres documents recteurs du Parti  						seront également sujets à modification.</p>
<p>En abordant ces questions, je ne puis m’empêcher de  						souligner l’importance d’assurer que l’autorité morale  						du Parti, de ses militants et en particulier des  						dirigeants, à tous les niveaux, soit basée sur l’exemple  						personnel à partir de valeurs éthiques, politiques et  						idéologiques prouvées et un contact permanent avec les  						masses.</p>
<p>La Révolution des humbles, par les humbles et pour  						les humbles qui a coûté tant de sang à notre peuple  						courageux cesserait d’exister sans que l’ennemi ait à  						tirer un seul coup de feu si sa direction tombait un  						jour aux mains d’individus corrompus et lâches.</p>
<p>Il faut toujours garder à l’esprit ces concepts, qui  						ne sont pas nouveaux, en raison du mal réel et potentiel  						que représente pour le présent et l’avenir de la nation  						le phénomène de la corruption.</p>
<p>Ces dernières semaines, les députés de l’Assemblée  						nationale et de nombreux cadres et fonctionnaires de  						tout le pays ont reçu une vaste information sur  						certaines des enquêtes menées par les organes pertinents  						du ministère de l’Intérieur, en étroite collaboration  						avec le ministère Public et la Cour des comptes de la  						République.</p>
<p>Une fois que les tribunaux auront rendu leurs  						décisions, toute notre population sera largement  						informée sur ces faits.</p>
<p>Il n’y a pas longtemps, dans mon discours de clôture  						des sessions du Parlement en décembre dernier, j’ai  						exprimé ma conviction que la corruption, à l’étape  						actuelle, est l’un des principaux ennemis de la  						Révolution, qui fait bien plus de dégâts que le  						multimillionnaire programme subversif et d’ingérence du  						gouvernement des États-Unis et de leurs alliés à  						l’intérieur et à l’extérieur du pays. J’ai aussi  						souligné que, dorénavant, nous ne permettrons pas les  						actions que nous livrons contre le délit soient  						éphémères, comme il est arrivé autrefois.</p>
<p>Heureusement, et sans vouloir minimiser l’importance  						de ce mal généralisé sur la planète, j’estime que notre  						pays est à même de gagner la bataille contre la  						corruption, d’abord en la freinant et ensuite en la  						liquidant sans ménagements d’aucune sorte. Nous avons  						déjà averti que dans le cadre de la loi nous serons  						implacables avec le phénomène de la corruption.</p>
<p>Il est souvent arrivé que certaines des personnes  						impliquées dans des cas de corruption soient des  						militants du Parti, ce qui en dit long sur la duplicité  						de ces gens qui ont profité de leur condition pour se  						hisser à des positions dans les structures de direction,  						manquant de manière flagrante à leurs devoirs de  						militant communiste établis dans les Statuts.</p>
<p>C’est pourquoi, sans attendre la révision en cours  						dans le cadre de l’actualisation des documents recteurs  						du Parti, le 3e Plénum du Comité central qui s’est tenu  						en décembre, a précisé que la sanction ne peut être  						autre que l’expulsion des rangs du Parti, indépendamment  						de la responsabilité administrative ou pénale qui  						correspond, car jusqu’à présent cette mesure –  						l’expulsion – était exceptionnelle et était réservée aux  						cas le trahison à la Patrie et aux délits graves.</p>
<p>Nous n’avons aucun doute que l’immense majorité des  						citoyens et cadres de direction sont des gens honnêtes,  						mais nous savons que ce n’est pas suffisant. Il ne  						suffit pas d’être honnête, et de le paraître, il faut se  						battre et faire face, passer de la parole à l’action.</p>
<p>Il est vrai qu’il y a longtemps que le Parti livre un  						combat contre ce fléau ; mais le Parti allait d’un côté  						et le gouvernement de l’autre. Pour assurer le succès,  						il faut que le Parti assume définitivement la direction  						du processus, ce qui ne veut pas dire, loin s’en faut,  						qu’il pourra suppléer aux fonctions qui incombent à  						chaque institution.</p>
<p>En premier lieu, le Parti exigera à tous des  						responsabilités pour l’accomplissement de leurs  						obligations, sans intervenir dans l’administration ;  						mais il pourra attirer l’attention, mettre en garde et  						combattre, au niveau de la cellule, de la municipalité,  						et penser et repenser à la manière de mobiliser  						l’ensemble des forces à cette fin. Chaque fois que nous  						agirons de la sorte, nous pourrons confirmer que la  						corrélation des forces nous favorise à tous égards dans  						nos efforts pour vaincre la corruption. Une grande  						importance doit être accordée à l’organisation et à la  						constance de cette lutte.</p>
<p>Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une fonction  						exclusive des militants, c’est aussi le devoir de chaque  						citoyenne et de chaque citoyen, militant du Parti ou  						non, qui se préoccupe de son pays.</p>
<p>Il serait bon de reprendre, en raison de leur  						actualité, des concepts qui avaient été définis en 1973,  						il y a presque 40 ans, dans le cadre des travaux  						préparatoires du 1er Congrès.</p>
<p>Le Parti doit être capable de diriger l’État et le  						gouvernement, de contrôler leur fonctionnement et  						l’application des orientations fixées, d’encourager,  						d’impulser et de contribuer à un meilleur travail des  						organes de gouvernement, mais en aucun cas les  						remplacer. Il les dirige à travers le contrôle, et ce  						terme doit être entendu comme vérifier, examiner et  						réviser, et jamais comme intervenir ou commander.</p>
<p>Même si cela ne figure pas dans le texte, c’est dans  						la pensée de tous, de toute la masse des militants :  						cette fâcheuse manie de commander doit cesser  						définitivement dans le Parti. Sa force est morale et non  						juridique, c’est pourquoi il faut avoir de l’autorité  						morale pour diriger le Parti et éduquer les masses dans  						cet esprit. C’est la force morale !</p>
<p>Le Parti dirige en veillant à ce que ses directives,  						de même que celles de l’État et du gouvernement, soient  						exécutées correctement et par ceux qui en ont la  						responsabilité.</p>
<p>Le Parti contrôle à travers ses structures et tous  						ses militants, de haut en bas et vice-versa, ce qui ne  						remet pas en cause le contrôle que doit exercer le  						gouvernement sur l’activité administrative qui lui  						incombe.</p>
<p>Le contrôle est simultané mais ne suppose aucune  						interférence. Dans une entreprise de production ou de  						services, le contrôle est exercé par l’administration de  						l’entreprise, par ses échelons supérieurs et par les  						organismes d’État ou gouvernementaux selon le cas, que  						ce soit la Cour des comptes, le Ministère public, les  						banques, les bureaux de l’administration fiscale, etc.</p>
<p>Les organisations de base du Parti exercent leur  						contrôle à travers leurs militants, qu’il s’agisse de  						simples travailleurs ou des dirigeants, en prêchant par  						l’exemple, d’où émane leur autorité. L’administration  						doit se conformer strictement au respect des normes  						juridiques en vigueur, sans cesser de transmettre aux  						organismes politiques supérieurs l’information  						pertinente. Le Parti veille à ce que les plans  						économiques et le budget soient conçus correctement et,  						une fois approuvés par le gouvernement et le Parlement,  						ils soient exécutés rigoureusement.</p>
<p>Il y a longtemps que ces concepts sont bien clairs,  						ils datent du 1er Congrès ; mais depuis nous avons  						oublié ces résolutions, ces accords, ce magnifique  						congrès et ils dorment dans les tiroirs. C’est pourquoi,  						presque un demi-siècle plus tard, il nous faut  						dépoussiérer les papiers que nous avons rédigés il y a  						quarante ans, parce que nous nous sommes consacrés à  						d’autres choses, pour une raison ou l’autre. C’est  						pourquoi nous défendons tellement le rôle de nos  						institutions et le fait que chacun fasse ce qui lui  						revient, sans interférer avec les tâches des autres,  						mais plutôt en nous soutenant mutuellement. Ces concepts  						ont été mis à jour, si bien qu’il s’impose, depuis la  						base, c’est-à-dire au niveau de la cellule même du Parti  						ou du Comité de base des Jeunesses, d’éduquer les  						militants dans ces principes et sur la procédure à  						suivre : chacun dans le cadre où il exerce ses  						activités ; comment appliquer les orientations adoptées  						par les Congrès ou la Conférences, comme dans ce cas,  						autrement dit inculquer ces principes aux militantspour  						qu&#8217;ils les intègrent à leurs actions. Point n’est besoin  						d’être philosophe !</p>
<p>C’est ce que nous devons enseigner, tout simplement,  						et les éduquer petit à petit lors des réunions, des  						stages ou quoi que ce soit, afin qu’ils sachent quelle  						est leur fonction, leur rôle ; mais pour exercer ce rôle  						il faut une force morale dans tous les sens. Je vous  						disais que, selon ma modeste opinion – cette question a  						été largement débattue hier par les commissions –, voilà  						l’aspect essentiel de ce que nous appelons le travail  						idéologique, et non pas les slogans vides et les phrases  						toutes faites.</p>
<p>Avant de conclure, j’estime nécessaire de dénoncer  						une fois de plus les brutales campagnes anticubaines  						incitées par le gouvernement des États-Unis et certains  						autres gouvernements traditionnellement engagés dans la  						subversion contre notre pays, avec la complicité de la  						grande presse occidentale et la collaboration de leurs  						salariés dans l’île, dans le but de discréditer la  						Révolution, de justifier l’hostilité et le blocus exercé  						contre la population cubaine, et de créer une cinquième  						colonne qui travaille à faciliter les plans visant à  						nous priver de notre indépendance et de notre  						souveraineté nationale.</p>
<p>Comme le souligne l’éditorial du quotidien Granma du  						lundi 23, les faits valent plus que mille mots. Les  						campagnes anticubaines n’entameront ni la Révolution  						cubaine, ni son peuple, qui continuera de perfectionner  						son socialisme. L’histoire démontrera une nouvelle fois  						que le mensonge, même répété, ne deviendra jamais une  						vérité, car comme l’a dit notre héros national José  						Marti, « un principe juste du fond d’une grotte est plus  						puissant qu’une armée ».</p>
<p>Camarades :</p>
<p>En moins d’une année nous avons tenu deux événements  						du Parti. Cette 1ère Conférence, et surtout le 6e  						Congrès, avec des accords transcendants pour le présent  						et l’avenir de la Révolution et du Socialisme à Cuba. La  						voie a été tracée. Avançons avec la même décision, le  						même courage, et la sérénité, la même fermeté  						idéologique dont on fait preuve en plus de 13 ans  						d’injuste incarcération nos Cinq Héros, pour la liberté  						desquels nous ne cesserons jamais de lutter, et auxquels  						nous adressons les salutations fraternelles des  						communistes et de tout le peuple cubain.</p>
<p></span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Merci beaucou</span><span style="font-family: Arial;">p (Applaudissements).</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Discours prononcé par le général d&#8217;armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d&#8217;État et du Conseil des ministres, à la 8e Période ordinaire de Sessions de l&#8217;Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 23 décembre 2011, « An 53 de la Révolution »</title>
		<link>http://www.fidelista.net/les-discours/les-discours-de-raul/discours-prononce-par-le-general-darmee-raul-castro-ruz-president-du-conseil-detat-et-du-conseil-des-ministres-a-la-8e-periode-ordinaire-de-sessions-de-lassemblee-nationale-du-pouvoir-populair-3316</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 15:30:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Camarades, La 8e période ordinaire de sessions de l’Assemblée nationale qui prend fin aujourd’hui, a adopté le plan de l’économie et la Loi du budget pour l’année 2012. Par ailleurs, les députés ont reçu de nombreuses informations sur la marche du processus de mise en œuvre des Orientations de la politique économique et sociale du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Camarades,</p>
<p>La 8e période ordinaire de sessions de l’Assemblée  						nationale qui prend fin aujourd’hui, a adopté le plan de  						l’économie et la Loi du budget pour l’année 2012. Par  						ailleurs, les députés ont reçu de nombreuses  						informations sur la marche du processus de mise en œuvre  						des Orientations de la politique économique et sociale  						du Parti et de la Révolution, adoptées par le 6e Congrès.  						Et le président du Tribunal suprême et le Procureur  						général de la République ont présenté leur bilan au  						Parlement.</p>
<p>Cette session a été précédée de la Réunion élargie du  						Conseil des ministres, le 16 décembre, et de la tenue,  						le mercredi 21, du 3e Plénum du Comité central du Parti,  						ainsi que du travail des 12 commissions permanentes du  						Parlement, depuis mardi dernier. C&#8217;est pourquoi, je ne  						m&#8217;étendrai pas sur les sujets analysés et je n&#8217;aborderai  						que certaines questions fondamentales.</p>
<p>Au milieu des va-et-vient de la crise financière  						mondiale, l’économie cubaine a montré un comportement  						acceptable et soutenu, le Produit intérieur brut s’est  						accru de 2,7% – moins du 3,0% escompté –, notamment en  						raison de la non-exécution de certains ouvrages et de  						manquements dans la production de certains produits  						agricoles, dans l’industrie alimentaire et dans celle  						des matériaux de construction.<span id="more-3316"></span></p>
<p>De même, en 2011 s’est amorcée la relance graduelle  						de la production sucrière, nous avons dépassé le chiffre  						record de touristes étrangers, et nous sommes parvenus à  						préserver l’équilibre monétaire interne et la dynamique  						favorable dans le rapport productivité-salaire moyen.  						D’un point de vue structurel, l’économie s’améliore  						grâce à une répartition plus adéquate des  						investissements, avec un accent particulier sur les  						investissements à caractère productif et  						d’infrastructure.</p>
<p>Nous continuons d’avancer en vue de restaurer la  						crédibilité internationale de notre économie, dans le  						respect le plus strict de nos obligations financières  						issues de la renégociation de nos dettes envers les  						principaux créanciers, une politique que nous entendons  						renforcer.</p>
<p>Le 18 décembre de l’année dernière, en prenant la  						parole devant ce même Parlement, j’ai déclaré qu’avant  						de boucler l’année 2011 nous aurions complètement  						éliminé les limitations de transferts depuis des banques  						cubaines vers l’étranger en faveur des fournisseurs  						étrangers.</p>
<p>Nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous avons tenu  						cet engagement, et que nous avons pris des dispositions  						pour éviter de nouvelles rétentions à l’avenir, sauf en  						cas de circonstances exceptionnelles.</p>
<p>Le plan de l’économie pour l’année prochaine a été  						confectionné en conformité avec les Orientations  						adoptées par le 6e Congrès du Parti, et il a un niveau  						qualitativement supérieur en ce qui concerne la  						conciliation des demandes entre producteurs et clients.  						Cependant, les tensions financières persisteront, ce qui  						nous oblige à continuer de diminuer les dépenses de tout  						type, et de préserver l’une de nos premières sources de  						revenus. Le Produit intérieur brut devra augmenter de  						3,4%.</p>
<p>Même si nous espérons augmenter nos productions  						nationales d’aliments, notamment le riz et les graines,  						afin de diminuer les importations de ces produits dont  						les prix ont tendance à augmenter, on peut dire que les  						importations d&#8217;aliments s&#8217;élèveront à un peu plus de 1,7  						milliard de dollars. Une telle réalité démontre avec  						éloquence la nécessité d’avancer solidement dans le but  						de mettre en production toutes les terres encore en  						friche ou mal exploitées.</p>
<p>Le déficit du budget de l’État se maintiendra au même  						niveau qu’en 2011, soit 3,8% du Produit intérieur brut,  						tout en assurant rationnellement les services gratuits à  						la population en matière d’éducation, de culture et de  						sport, ainsi qu’en matière de sécurité sociale, de même  						que les subventions au panier de la ménagère réglementé  						et aux personnes aux revenus insuffisants pour acheter  						des matériaux de construction, entre autres.</p>
<p><strong>JE SUIS CONVAINCU QUE LA CORRUPTION EST  						AUJOURD’HUI L’UN DES PRINCIPAUX ENNEMIS DE LA RÉVOLUTION</strong></p>
<p>Passant à une autre question étroitement liée au  						fonctionnement économique de la nation, et qui a été  						maintes fois évoquée, y compris dans le Rapport central  						au 6e Congrès, des les Orientations – concrètement à  						l’alinéa 10 –, dans plusieurs interventions au Parlement  						et dans de nombreuses réunions du Conseil des ministres,  						nous n’observons pas les progrès escomptés. Il s&#8217;agit du  						rôle essentiel des contrats dans les rapports entre les  						entreprises, les unités subventionnées et les formes non  						étatiques de gestion ; cela se reflète dans la situation  						déficiente des recouvrements et des paiements, ce qui  						entraîne un désordre des finances internes et favorise  						les actes délictueux et la corruption.</p>
<p>Ceci s’est manifesté, pour ne citer qu’un exemple,  						dans l’affaire des fournitures frauduleuses de produits  						agricoles aux marchés de la capitale, des fournitures  						qui n’ont jamais existé, ni n’avaient été cultivées, ce  						qui a entraîné des pertes pour plus de 12 millions de  						pesos à cause des actes délictueux de dirigeants, de  						fonctionnaires et autres travailleurs des entreprises  						étatiques de commercialisation, ainsi que de petits  						agriculteurs qui ont servi d’hommes de paille. Ces  						personnes devront répondre de leurs actes devant la  						justice administrative et pénale, en fonction de la  						gravité des faits.</p>
<p>Je fais mention de ceci pour illustrer la nécessité  						de faire en sorte que nous, les dirigeants aux  						différents échelons, depuis la base jusqu’aux plus hauts  						postes du pays, nous assumions une conduite ferme face à  						l’indiscipline et au manque de contrôle des  						recouvrements et des paiements, qui constituent l’une  						des causes et l’une des principales conditions qui  						encouragent le délit. Je suis convaincu que la  						corruption est aujourd’hui l’un des principaux ennemis  						de la Révolution, et qu’elle est beaucoup plus nuisible  						que l’activité subversive et d’ingérence du gouvernement  						des États-Unis et de ses alliés à l’intérieur et en  						dehors du pays.</p>
<p>La Cour des comptes de la République, le Ministère  						public et les organes spécialisés du ministère de  						l’Intérieur ont pour instruction de combattre ce fléau  						avec toute la sévérité que nos lois autorisent, comme à  						un moment donné ils ont combattu le trafic de drogue  						naissant, à partir de janvier 2003.</p>
<p>Dans cette bataille stratégique, nous avons amélioré  						la coordination, la cohésion et la rigueur dans la lutte  						contre le délit, et nous commençons à en voir les  						résultats, aussi bien en ce qui concerne les délits dits  						« en col blanc » que ceux commis par des dirigeants et  						des fonctionnaires cubains et étrangers liés au commerce  						extérieur et aux investissements étrangers, ainsi que  						dans les forfaits commis par des délinquants communs de  						connivence avec des dirigeants administratifs et des  						employés de dépendances étatiques dans les processus de  						production, le transport et de distribution dans des  						entités de l’industrie alimentaire, le commerce, la  						gastronomie, le système du logement et les ministères de  						l’Industrie de base et de l’Agriculture.</p>
<p>Précisément, dans le secteur agricole, depuis le 1er  						août de cette année, nous avons considérablement  						intensifié la lutte contre le vol et l’abattage du  						bétail, ainsi que contre la commercialisation illicite  						de viande bovine sur le marché noir, un phénomène qui au  						fil des ans s’était développé dans une certaine  						impunité, provoquant de graves dommages aux producteurs  						étatiques et privés, sur les plans économique, moral et  						social.</p>
<p>La Police nationale révolutionnaire et d’autres  						forces du ministère de l’Intérieur, en coopération  						étroite avec les organisations politiques et de masses,  						ont assumé avec professionnalisme et systématicité la  						mission d’éradiquer définitivement le vandalisme dans  						les campagnes cubaines, un délit commis avec la  						complicité de bouchers d’abattoir, de dirigeants et de  						spécialistes d’entreprises d’État, d’unités de base de  						production coopérative, de petits agriculteurs, de  						vétérinaires et de directeurs municipaux et d’autres  						fonctionnaires censés veiller à la croissance du cheptel  						du pays, je parle ici du Centre de contrôle de  						l’élevage, plus connu par ses sigles CENCOP.</p>
<p>Je pense qu’il est bon de rappeler qu’il ne s’agit  						pas d’une campagne de plus, comme cela a pu arriver par  						le passé lorsque les actions visant à rétablir l’ordre,  						au fil du temps, se sont estompées pour céder la place à  						la routine et la superficialité, donnant raison à ceux  						qui disaient que les choses reviendraient au point où  						elles se trouvaient auparavant, et qu’ils pourraient  						s’enrichir au dépend du patrimoine de notre peuple.</p>
<p>Je puis vous assurer que cette fois nous allons en  						finir avec les vandales de nos campagnes, comme nous  						l’avons fait avec les trafiquants de drogue, et ils ne  						referont plus surface car nous sommes décidés à faire  						respecter les instructions émanant du gouvernement et  						des accords du Congrès du Parti. Il en va de même pour  						les bureaucrates corrompus, ceux qui sont arrivés à leur  						poste à coup de simulation et d’opportunisme et qui s’en  						servent encore aujourd’hui pour accumuler des fortunes,  						tout en pariant sur une éventuelle défaite de la  						Révolution.</p>
<p>Mercredi, au Plénum du Comité central, nous avons  						examiné ces facteurs en profondeur et nous avons projeté  						une série de documentaires et d’interrogatoires réalisés  						à des délinquants en col blanc. Le moment viendra où,  						camarades députés, vous pourrez visionner ces  						documentaires qui vous seront projetés dans chaque  						province, y compris à d’autres dirigeants.</p>
<p>Nous avons très présente à l’esprit la mise en garde  						de Fidel, faite le 17 novembre 2005 au Grand  						amphithéâtre de l’Université de La Havane, il y a un peu  						plus de six ans, lorsqu’il affirmait que le pays pouvait  						s’autodétruire « car aujourd&#8217;hui l&#8217;ennemi en est  						incapable. Nous pouvons le détruire et ce serait notre  						faute », concluait alors le chef de la Révolution à  						cette occasion. C’est pourquoi il y a deux jours, au 3e  						Plénum du Comité central, nous avons pris la décision  						dont je vous viens de vous parler, à savoir d’en finir  						avec ce fléau parasitaire.</p>
<p>Au nom du peuple et de la Révolution, nous  						avertissons que, dans le cadre de la loi, nous serons  						implacables !</p>
<p><strong>EN CE QUI CONCERNE LA POLITIQUE MIGRATOIRE, JE  						RÉAFFIRME NOTRE VOLONTÉ INTANGIBLE D’INTRODUIRE  						PROGRESSIVEMENT LES CHANGEMENTS DANS CETTE PROBLÉMATIQUE  						COMPLEXE</strong></p>
<p>C’est avec cette même détermination de restaurer la  						discipline sociale dans notre pays que nous travaillons  						au processus de mise en œuvre des Orientations de la  						politique économique et sociale du Parti et de la  						Révolution, que nous avons débattu à l’actuelle session  						de l’Assemblée nationale, car il ne fait aucun doute que  						devant le tableau que je décris il serait très difficile  						d’actualiser notre Socialisme.</p>
<p>La Commission permanente pour la mise en œuvre et le  						développement des Orientations a fourni une large  						information sur la marche de ses travaux et sur  						l’adoption d’un ensemble de décisions dans le cadre des  						accords du Congrès du Parti. Je n’en ferai pas un  						inventaire, car il ne s’agit que des premiers pas. Les  						questions essentielles sont encore en suspens, ce qui ne  						veut pas dire que nous n’avançons pas au rythme prévu.</p>
<p>Nous continuerons de matérialiser tout ce qui a été  						prévu, sans hâte, mais sans pause, avec l’intégralité et  						la gradualité requises, sans précipitation et sans  						improvisation, en contribuant à dépasser la vieille  						mentalité dogmatique et en corrigeant opportunément les  						erreurs que nous pourrions commettre. Nous ne  						négligerons pas un seul instant l’unité de la majorité  						des Cubains autour du Parti et de la Révolution, cette  						unité qui nous a permis d’arriver jusqu’ici, et de  						continuer d’aller de l’avant dans la construction de  						notre Socialisme.</p>
<p>Comme il fallait s’y attendre, les exhortations –  						bien ou malintentionnées – n’ont pas manqué pour nous  						inviter à presser le pas, et certains veulent même nous  						imposer la séquence et la portée des mesures à adopter  						comme s’il s’agissait que quelque chose d’insignifiant  						et non pas du destin de la Révolution et de la Patrie.</p>
<p>Après l’autorisation concernant l’achat et la vente  						des voitures privées et des logements, beaucoup ont jugé  						urgente l’application d’une nouvelle politique  						migratoire, oubliant les circonstances exceptionnelles  						que traverse Cuba, sous le siège que représente la  						politique d’ingérence et subversive du gouvernement des  						États-Unis, toujours à l’affût de n’importe quel moyen  						lui permettant d’atteindre les objectifs que nous lui  						connaissons.</p>
<p>Le 1er août dernier, j’ai publiquement abordé la  						question devant ce Parlement, et j’ai expliqué que nous  						travaillions à l’actualisation de la politique  						migratoire en vigueur, et que nous progressions dans la  						reformulation et l’élaboration de normes et de  						réglementations, conformément aux conditions du présent  						et de l’avenir prévisible. Je réitère aujourd&#8217;hui toutes  						et chacune des opinions qui ont été avancées à cette  						occasion, ainsi que notre volonté intangible  						d’introduire progressivement les changements requis dans  						cette problématique complexe, sans cesser d’évaluer dans  						leur intégralité les effets favorables et défavorables  						de chaque pas que nous ferons.</p>
<p>Je consacrerai maintenant quelques minutes à la  						politique étrangère.</p>
<p>2011 a été une année convulsée pour le monde. Nous  						remarquons aujourd’hui des tendances de plus en plus  						dangereuses et réactionnaires, alors que les expressions  						de résistance et de protestation populaire contre le  						capitalisme néolibérale ne cessent de croître.</p>
<p>Les mécanismes des Nations unies, créés pour  						préserver la paix et la sécurité, ont été manipulés pour  						imposer à la planète la tyrannie des États-Unis, qui  						assument comme modèle le « changement de régime », la  						violation des principes du Droit international et se  						servent des grands groupes financiers et médiatiques  						pour attiser la haine et la violence.</p>
<p>Entre-temps, dans des dizaines de villes des  						États-Unis et d’Europe, le message des « indignés »  						appelant à mettre fin aux inégalités croissantes dans  						les pays capitalistes bénéficie d’un soutien  						grandissant.</p>
<p>Nous exhortons ces gouvernements qui n’hésitent pas à  						donner des leçons de démocratie, de droits de l’Homme,  						de liberté de presse, etc., à écouter leurs  						revendications légitimes, à consulter leurs peuples sur  						les politiques économiques et les mesures d’ajustement,  						et à prendre en compte l’opinion publique et de renoncer  						aux brutales répressions qui sont fréquemment lancées  						contre les manifestations d’étudiants, de  						professionnels, d’immigrés, d’ouvriers et d’autres  						minorités.</p>
<p>Entre-temps, Notre Amérique avance vers l’intégration  						et la souveraineté régionale, comme l’a prouvé la  						création, à Caracas, le 2 décembre dernier, de la  						Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe  						(CELAC), ce qui constitue l’événement institutionnel le  						plus important de l’hémisphère pendant les deux siècles  						depuis l’indépendance.</p>
<p>Cuba a reçu l’honneur d’être élue à l’unanimité à la  						présidence de la CELAC en 2013, et pour accueillir son  						troisième Sommet prévu à la fin de cette même année.  						C’est une revendication de toute l’Amérique latine et de  						la Caraïbe, dont les peuples ont invariablement  						encouragé la lutte héroïque des Cubains.</p>
<p>Quelques jours plus tard, à Trinité-et-Tobago, notre  						pays exprimait sa reconnaissance pour la solidarité des  						frères caribéens au Sommet Caricom-Cuba.</p>
<p><strong>LE CONSEIL D’ÉTAT, DANS UN GESTE HUMANITAIRE ET  						SOUVERAIN, A DÉCIDÉ D’AMNISTIER PLUS DE 2 900 CONDAMNÉS</strong></p>
<p>Avant la Semaine sainte nous recevrons la visite  						apostolique de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, chef  						d’État de la Ville du Vatican et Souverain Pontife de  						l’Église catholique.</p>
<p>Notre peuple et notre gouvernement auront l’honneur  						d’accueillir Sa Sainteté avec affection et respect.</p>
<p>Les Cubains n’ont pas oublié les sentiments d’amitié  						et de respect que nous a procurés en 1998 la présence  						dans notre pays du Pape Jean-Paul II.</p>
<p>Par ailleurs, dans la mesure où grandit l’œuvre  						internationale et la reconnaissance majoritaire de la  						Révolution cubaine, jamais le discrédit de la politique  						des États-Unis envers notre région n&#8217;a été aussi grand,  						de même que la condamnation dans le monde, au sein de la  						société nord-américaine, et parmi l&#8217;émigration cubaine,  						du blocus économique, politique et médiatique génocide  						exercé contre Cuba.</p>
<p>Nous actualisons notre Socialisme, en changeant tout  						ce qui doit l’être, alors que le gouvernement des  						États-Unis reste accroché au passé.</p>
<p>Barack Obama, le 11e président des États-Unis depuis  						1959, semble ne pas comprendre que Cuba a consenti  						d’énormes et longs sacrifices pour conquérir son  						indépendance au XIXe siècle, pour défendre sa liberté à  						Playa Giron en 1961, pendant la Crise des missiles  						d’octobre 1962, aux débuts de la Période spéciale durant  						la dernière décennie du XXe siècle, et pendant toutes  						ces années du XXIe siècle. On a parfois l’impression  						qu’il n’est même pas informé du fait que, face à cette  						réalité, son gouvernement a dû renoncer aux prétextes  						les plus éculés pour tenter de justifier le blocus, et  						en inventer d’autres chaque fois plus insoutenables.</p>
<p>Sereinement et patiemment, nous nous appliqueront à  						exécuter les accords du Congrès en cette année  						d’élections aux États-Unis. Nous savons que le blocus  						continuera et que les financements destinés à  						transformer une poignée de mercenaires en une force  						déstabilisatrice augmenteront, mais ceci n’ôte pas le  						sommeil à un peuple révolutionnaire comme le nôtre, un  						peuple instruit, armé et libre qui ne renoncera jamais à  						se défendre (Applaudissements).</p>
<p>Même si l’immobilisme du gouvernement des États-Unis  						et son manque de volonté politique pour améliorer les  						relations encouragent les secteurs les plus  						réactionnaires à mener de nouvelles provocations et  						actions agressives, Cuba maintient sa proposition  						d’avancer vers une normalisation de ses liens avec les  						États-Unis et de développer la coopération dans toutes  						les sphères susceptibles de profiter aux deux peuples.</p>
<p>Les liens familiaux et les échanges limités entre nos  						deux pays nous démontrent combien leur expansion serait  						profitable à tous, sans les obstacles et les conditions  						imposés par le gouvernement des États-Unis, qui  						subordonne tout progrès à sa politique d’hostilité et  						d’ingérence pour rétablir sa domination sur Cuba.</p>
<p>Avant de conclure, je tiens à informer cette  						Assemblée que le Conseil d’État, dans un geste  						humanitaire et souverain, a décidé d’amnistier plus de 2  						900 condamnés.</p>
<p>Parmi ceux-ci figurent des femmes, des malades, des  						personnes âgées de plus de 60 ans, ainsi que des jeunes,  						qui ont amélioré leur niveau d’instruction et leurs  						possibilités de réinsertion sociale.</p>
<p>Cette amnistie ne concerne pas, sauf de rares  						exceptions, les personnes condamnées pour des délits  						d’espionnage, terrorisme, assassinat, homicide, trafic  						de drogue, pédérastie avec violence, violation ou  						corruption de mineurs, et vol avec effraction dans un  						lieu habité. Cependant, certaines personnes condamnées  						pour des délits contre la Sécurité de l’État et ayant  						purgé une bonne partie de leur peine et ayant affiché  						une bonne conduite seront libérées.</p>
<p>Systématiquement et dans des proportions annuelles  						supérieure à celles comprises dans cette amnistie, le  						Tribunal suprême populaire, le Ministère public de la  						République et les organes spécialisés du ministère de  						l’Intérieur, en vertu des dispositions juridiques en  						vigueur, évaluent et décident de la remise en liberté  						anticipée de personnes condamnées, en tenant compte de  						leur comportement, des particularités des délits commis  						et des conditions familiales et de santé. À ces aspects  						se sont joints cette année de nombreuses requêtes de  						familles et de diverses institutions religieuses, dont  						le Conseil des Églises de Cuba et la Conférence des  						évêques catholiques de Cuba, par l’intermédiaire de leur  						président.</p>
<p>Il a également été tenu compte de la prochaine visite  						à Cuba du Pape Benoît XVI, et de la commémoration du  						400e anniversaire de la découverte de l’image de la  						Vierge de la Caridad del Cobre.</p>
<p>L’amnistie entrera en vigueur dans les prochains  						jours, comme un nouveau témoignage de la générosité et  						de la force de la Révolution cubaine.</p>
<p>Nous tenons aussi à faire part de notre disposition à  						accorder la remise en liberté anticipée à 86  						ressortissants étrangers, de 25 pays, y compris de 13  						femmes, condamnés par nos tribunaux pour des délits  						commis à Cuba, avec la condition préalable que les  						gouvernements de leurs pays d’origine accepteront leur  						rapatriement.</p>
<p>Nous transmettrons prochainement, par voie  						diplomatique, et à travers les autorités compétentes,  						les informations à ce sujet.</p>
<p>Pour conclure, quelques jours avant la fin de cette  						année de travail intense, je tiens à adresser à notre  						peuple, et en premier lieu à nos courageux Cinq Héros et  						à leurs vaillantes familles, mes chaleureuses  						félicitations pour le Nouvel an et pour un nouvel  						anniversaire du triomphe de la Révolution.</p>
<p>En janvier nous attend la 1ère Conférence nationale  						du Parti, si bien qu’il n’y aura pas beaucoup de temps  						pour se reposer.</p>
<p>C’est tout.</p>
<p>Merci beaucoup.</p>
<p></span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">(Ovation)</span></span><br />
source : granma</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rául Castro souligne que la CELAC doit s’opposer à toute tentative de déstabilisation dans la région</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 21:48:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Président de Cuba, Raúl Castro a relevé que les membres de la CELAC, la Communauté des États Latino-américains et Caribéens, doivent respecter l’engagement de s’opposer à toute tentative de déstabilisation dans la région. Prenant la parole au Sommet constitutif de ce mécanisme,  à Caracas, Raúl Castro a relevé que l’intégration de la région empêchera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Président de Cuba, Raúl Castro a relevé que les membres de la  CELAC, la Communauté des États Latino-américains et Caribéens, doivent  respecter l’engagement de s’opposer à toute tentative de déstabilisation  dans la région.</p>
<p>Prenant la parole au Sommet constitutif de ce mécanisme,  à Caracas,  Raúl Castro a relevé que l’intégration de la région empêchera  l’ingérence de nations étrangères qui mettraient en danger l’ordre  démocratique comme le signale la Lettre Bicentenaire adoptée par les  pays participants.</p>
<p>Il a relevé :</p>
<p>“La Communauté des États Latino-américains et caribéens est notre œuvre  la plus prisée. Elle consolide, symboliquement, le concept d’une région  unie et souveraine, engagée envers un avenir commun.<span id="more-3291"></span></p>
<p>En termes stratégiques, elle nous fournit l’instrument politique requis  pour unir des volontés, respecter la diversité, régler les différends,  coopérer pour le bien de nos peuples et nous solidariser les uns avec  les autres. Son succès dépendra du caractère et de l’intelligence de ses  membres qui sont 33 nations indépendantes situées dans la région qui  s’étend du Fleuve Bravo jusqu’à la Patagonie.</p>
<p>C’est  dans l’unité autour de la souveraineté, du développement et de  l’égalité que résidera notre force et c’est d’elle dont dépendra la  prospérité avec justice des citoyens de cette région vaste et riche.   Nous n’avons pas des idées homogènes, toutes nos positions politiques ne  coïncident pas. Cela fait partie de la réalité et avec elle nous devons  travailler dans un climat de respect et de coopération ».</p>
<p>Dans une autre partie de son discours au Sommet constitutif de la CELAC, le Président cubain Raúl Castro a indiqué :</p>
<p>“La récente évolution économique en Amérique Latine et dans les  Caraïbes montre que, malgré la profonde crise globale, les recettes des  exportations ont augmenté, notamment des matières premières, que le  fardeau de la dette extérieure quoique injuste et accablant, a été moins  lourd et que l’accumulation des réserves en devises a augmenté. Ce  contexte nous donne une opportunité si nous agissons avec responsabilité  et avec un véritable esprit solidaire.</p>
<p>Et c’est avec cet esprit que nous devons faire face à la situation en  Haïti, qui est un défi pour nous tous. L’Amérique Latine et les Caraïbes  ont une responsabilité historique et éthique envers cette république  sœur, la première à s’être émancipée du joug colonial dans notre région,  où s’est produite, dirigée par des esclaves, la première révolution  victorieuse dans l’histoire de l’humanité. Haïti a besoin et il le  mérite, que nous nous efforcions pour contribuer, avec des apports plus  importants, à sa reconstruction et son développement en parfait accord  avec la volonté de son gouvernement et les besoins de son peuple ».</p>
<p>Raúl Castro a également indiqué :</p>
<p>“Ce serait une grave erreur que d’ignorer que l’Amérique Latine et les  Caraïbes ont changé et que l’on ne peut plus nous traiter comme dans le  passé. Nous avons dû déployer de grands efforts pour supporter le lourd  fardeau du colonialisme et du néocolonialisme et l’on doit attendre une  ferme détermination régionale en ce qui concerne la défense de  l’indépendance obtenue au prix de grands sacrifices. La Lettre  Bicentenaire que nous adoptons aujourd’hui doit être assumée comme une  expression de cette réalité ».</p>
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		<title>« Aucune urgence ne peut nous amener à prendre des décisions à la hâte »</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Oct 2011 10:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Raul a présidé une réunion élargie du Conseil des ministres Le processus visant à restructurer le secteur sucrier, qui a fait l’objet d’un rapport à la dernière réunion élargie du Conseil des ministres, a été qualifié de « grand travail de réorganisation » par le général d’armée Raul Castro. Le président a rappelé que même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #008000;"><strong>Raul a présidé une réunion élargie du Conseil des ministres</strong></span><strong> </strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Le processus visant à restructurer le secteur sucrier,  						qui a fait l’objet d’un rapport à la dernière réunion  						élargie du Conseil des ministres, a été qualifié de «  						grand travail de réorganisation » par le général d’armée  						Raul Castro.</span></p>
<p>Le président a rappelé que même s’il s’agit d’un  						travail entamé il y a environ trois ans, le 6e Congrès  						du Parti a adopté des Orientations destinées à renforcer  						le processus de réorganisation de cette sphère et à  						assouplir ses structures pour créer un système  						d’entreprises capables de générer, avec ses exportations,  						de la monnaie librement convertible pour financer ses  						propres dépenses.</p>
<p>Parmi les principaux changements prévus figurent  						l’organisation de la base productive autour des unités  						les plus rentables, et la concentration des sucreries  						dans treize entreprises provinciales. Sur un total de 61  						sucreries qui pourraient aujourd’hui être impliquées  						dans la récolte sucrière, il a été décidé d’en maintenir  						56 en état opérationnel, dont 46 devraient participer à  						la prochaine récolte. Par ailleurs, un ensemble de  						structures de soutien qui fonctionnaient toujours alors  						que les sucreries avaient été désaffectées, et qui  						généraient des dépenses superflues et ne répondaient à  						aucun objectif, seront supprimées.</p>
<p>Le Conseil des ministres a pris connaissance de la  						décision selon laquelle, après analyse de ce secteur, il  						a été décidé de supprimer le ministère du Sucre, qui à  						l’heure actuelle ne remplit aucune fonction étatique, et  						de créer à sa place le Groupe d’entreprises de  						l’industrie sucrière.<span id="more-3235"></span></p>
<p>Il a été souligné que chacune des mesures adoptées a  						fait l’objet d’une analyse conjointe entre les  						organismes plus ou moins concernés par l’activité  						sucrière, et que ces décisions ont pour but d’obtenir  						une meilleure complémentarité et et une meilleure  						efficience.</p>
<p>À cet égard, le président du Conseil d’État et du  						Conseil des ministres a indiqué qu’on ne peut pas  						oublier que le secteur sucrier regroupe l’un des  						mouvements ouvriers les plus révolutionnaires qu’ait eu  						Cuba sous le capitalisme.</p>
<p>Il a rappelé une nouvelle fois que, même si nous  						souhaitons avancer plus rapidement, la complexité de nos  						problèmes actuels nous conduit inévitablement à  						consacrer plus de temps à leur étude avant de prendre  						toute décision, et ainsi éviter que la hâte nous amène à  						commettre des erreurs de jugement.</p>
<p>« Peu importe qu’on nous critique parce qu’on pense  						que le perfectionnement auquel nous nous sommes attelés  						est lent. Nous n’allons pas pécher par précipitation  						dans le seul but de respecter un chronogramme. Mais je  						dois souligner que cette réalité ne saurait justifier le  						non respect des accords adoptés par le 6e Congrès du  						Parti. Il faut tous les respecter ! », a dit Raul, qui  						est également 1er secrétaire du Parti. Et d’ajouter que,  						pour ce faire, « on ne peut commettre d’indisciplines,  						et encore moins permettre que quelqu’un assume des  						fonctions qui ne lui reviennent pas ».</p>
<p>L’avant-projet de loi fiscale a également été au  						centre des débats. Sur ce point, il a été informé que,  						dans le but d’assurer la bonne exécution des  						orientations de la politique économique et sociale du  						Parti et de la Révolution, un projet de Loi fiscale a  						été élaboré, dont les préceptes sont mieux adaptés aux  						circonstances actuelles. L’objectif de cette Loi n’est  						pas seulement de prélever des impôts, mais de contribuer  						à un meilleur fonctionnement de l’économie du pays.</p>
<p>Ce document apporte davantage de clarté sur  						l’ensemble des impôts, sur les personnes qui y sont  						assujetties, sur les bases fiscales, sur les types  						d’impôts et sur les quantités à prélever. En général,  						cet avant-projet de loi donne réponse à 16 Orientations  						adoptées par le 6e Congrès, dont sept sont déjà  						complètement couvertes, et neuf autres font l’objet de  						normes législatives spécifiques.</p>
<p>Cette réunion élargie du Conseil des ministres a  						également examiné les décisions visant à alléger la  						charge fiscale de certains secteurs, comme l’agriculture,  						et à introduire un impôt sur l’état d’inculture ou de  						sous-exploitation des terres agricoles, des mesures  						destinées à encourager la production agricole. Des  						bonifications aux bons contribuables sont également  						prévues.</p>
<p>Après la présentation du rapport, le Conseil des  						ministres a convenu de proposer à l’Assemblée nationale  						de débattre le projet de Loi fiscale à sa session de  						juillet 2012, afin qu’il puisse entrer en vigueur le 1er  						janvier 2013. Le temps écoulé entre sa présentation et  						sa mise en pratique permettra une meilleure préparation  						et une meilleure divulgation de la nouvelle Loi.</p>
<p>Sur ce point, le général d’armée a souligné la  						nécessité d’approfondir nos connaissances en matière  						d’impôts.</p>
<p>« La population s’est progressivement imprégnée de  						cette culture et fait preuve aujourd’hui d’une meilleure  						compréhension, ce qui est important », a-t-il dit.</p>
<p>Plus loin, il a été question du processus de  						réorganisation du transport administratif, et de la  						série de mesures introduites dans la gestion du parc  						automobile des organes de l’Administration centrale de  						l’État et des Conseils d’administration provinciale pour  						surmonter les difficultés détectées. Un objectif qui  						répond aux besoins de rationalité et d’économie des  						moyens.</p>
<p>Les participants ont également fait le bilan de la  						restructuration des transports de marchandises pendant  						la période janvier-juillet de l’année en cours, un  						processus continue qui, même s’il présente quelques  						progrès, montre encore des insuffisances, notamment en  						ce qui concerne la planification, attribuées  						principalement aux imprécisions dans les commandes.</p>
<p>Autre aspect débattu : le déchargement des  						marchandises et la restitution des conteneurs, des  						activités qui en raison du manque de coordination entre  						les organismes et les entités concernées, ont entraîné  						des pertes considérables du fait de la durée excessive  						du séjour des navires dans les ports.</p>
<p>À ce sujet, le président du Conseil d’État et du  						Conseil des ministres a insisté sur l’importance  						stratégique du ministère du Transport en tant que  						recteur de cette activité dans le pays, et il a rappelé  						qu’il faut aller au fond des problèmes en utilisant tous  						les éléments juridiques à notre portée.</p>
<p>Plus loin, les participants ont entendu un rapport  						sur le premier audit réalisé au ministère de  						l’Agriculture, qui a révélé, entre autres, des  						insuffisances dans les contrats ; un manque de souplesse  						et de précision dans la distribution et l’exploitation  						des terres en usufruit ; des problèmes dans le processus  						d’investissements et le non respect des chronogrammes  						d’exécution dans les programmes de production de riz, de  						cultures variées et de viande bovine.</p>
<p>Finalement, la réunion a approuvé l’instruction du  						président du Conseil d’État et du Conseil des ministres  						visant à fixer les politiques générales sur  						l’élaboration des objectifs et des plans de travail des  						organes, des organismes de l’Administration centrale de  						l’État, et d’autres entités nationales, ainsi que des  						administrations locales du Pouvoir populaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Raul a insisté sur l’importance de la planification  						pour améliorer le travail de tous les organismes et  						secteurs de la société. « Au début, rares étaient ceux  						qui comprenaient son importance, mais peu à peu les gens  						ont saisi l’utilité de cet outil de travail. Les chefs  						sont les premiers tenus à exécuter strictement les plans  						de travail », a-t-il conclu.</span></p>
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		<item>
		<title>Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la 7e Période ordinaire de sessions de la 7e Législature de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 1er août 2011, « Année 53 de la Révolution »</title>
		<link>http://www.fidelista.net/les-discours/les-discours-de-raul/discours-prononce-par-le-general-d%e2%80%99armee-raul-castro-ruz-president-du-conseil-d%e2%80%99etat-et-du-conseil-des-ministres-a-la-7e-periode-ordinaire-de-sessions-de-la-7e-legislature-de-l-3174</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Aug 2011 16:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Camarades : Étant donné le nombre de réunions que nous avons tenu ces derniers jours, dont un Conseil des ministres élargi, la cérémonie nationale pour le 58e anniversaire du 26 Juillet, et le 2e Plénum du Comité central du Parti samedi dernier, en présence de beaucoup d’invités, je serai bref dans mon discours devant cette Assemblée, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia;"><strong>Camarades :</strong></p>
<p>Étant                          donné le nombre de réunions que nous avons tenu ces                          derniers jours, dont un Conseil des ministres élargi, la                          cérémonie nationale pour le 58e anniversaire du 26                          Juillet, et le 2e Plénum du Comité central du Parti                          samedi dernier, en présence de beaucoup d’invités, je                          serai bref dans mon discours devant cette Assemblée, car                          je ne vais pas répéter tout ce qui a été dit à ces                          rencontres.</p>
<p>D’une part, au sein de leurs différentes commissions                          et à l’assemblée plénière, les députés ont analysé                          l’information détaillée sur l’évolution de l’économie                          pendant le premier semestre et les estimations pour le                          reste de l’année, et ils ont approuvé le rapport sur la                          liquidation du budget 2010.</p>
<p>Ils ont également été informés sur la constitution et                          le fonctionnement de la Commission permanente                          d’exécution et de développement, créée à partir des                          accords du 6e Congrès du Parti pour mener le processus                          d’actualisation du modèle économique cubain de façon                          harmonieuse et intégrale.</p>
<p>D’autre part, le Parlement a décidé aujourd’hui de                          soutenir et d’approuver, dans son esprit et dans sa                          lettre, les Orientations de la politique économique et                          sociale du Parti et de la Révolution, ce qui se traduira                          par un travail législatif accru afin de jeter les bases                          juridiques et institutionnelles en faveur des                          modifications fonctionnelles, structurelles et                          économiques du pays.</p>
<p>À cette même fin, l’Assemblée nationale a autorisé la                          réalisation de l’expérience dans les provinces                          d’Artemisa et Mayabeque dans l’intérêt de la séparation                          des fonctions entre les assemblées du Pouvoir populaire                          et les conseils d’administration, dans le but d’étudier                          cette expérience en vue de sa généralisation ultérieure,                          ce qui demandera préalablement d’introduire les                          modifications pertinentes dans la Constitution de la                          République.<span id="more-3174"></span></p>
<p>Ce qui m’évite d’entrer dans les détails et me permet                          de me concentrer sur des aspects plus spécifiques.</p>
<p>Pendant le 1er semestre, l’économie s’est accrue de                          1,9% par rapport à la même période de l’année dernière,                          et nous espérons boucler l’année avec une croissance de                          2,9% du Produit intérieur brut, autrement connu comme                          PIB.</p>
<p>Même si les résultats peuvent être considérés comme                          positifs en général, les insuffisances persistent dans                          l’agriculture, les industries alimentaires, légères et                          de matériaux de construction à cause d’erreurs dans la                          planification et du manque d’intégralité dans la                          direction de ces branches de l’économie.</p>
<p>En dépit des insuffisances qui persistent, on peut                          affirmer que l’efficience énergétique nationale s’est                          améliorée. La production de pétrole brut a augmenté, et                          même si la production de gaz associé a légèrement baissé,                          le programme établi pour l’année devrait être respecté.</p>
<p>On est également parvenu à enrayer la détérioration                          de la production de sucre ; nous avons enregistré une                          croissance significative du nombre de touristes, et                          obtenu de meilleurs résultats dans plusieurs secteurs.                          Le pays a réussi à préserver un équilibre monétaire                          adéquat, et il existe un rapport favorable entre la                          productivité et le salaire moyen.</p>
<p>Le volume des exportations a augmenté, et celui des                          importations a baissé. Mais la situation des finances                          extérieures reste tendue, même si elle a été                          partiellement soulagée par les processus de                          restructuration de dettes avec nos principaux créanciers,                          ce qui a contribué à continuer de diminuer les retenues                          de transfert à l’étranger, et nous permet de confirmer                          que ces retenues seront définitivement supprimées avant                          la fin de l’année, comme l’a annoncé le ministre de                          l’Économie et de la Planification.</p>
<p>Nous persisterons dans la voie qui est la nôtre :                          rétablir la crédibilité internationale de l’économie                          cubaine.</p>
<p>Le Conseil des ministres, dans sa session du mois de                          juin dernier, a approuvé les lignes générales pour                          l’élaboration du plan de l’année prochaine, et qui                          devraient permettre de surmonter les incohérences et                          l’insuffisante conciliation, encore présentes.</p>
<p>En 2012, l’économie nationale continuera de subir les                          effets de la crise et de la hausse des prix des aliments                          annoncée par l’Organisation des Nations unies pour                          l’alimentation et l’agriculture (FAO) ; les prix des                          combustibles et d’autres matières premières resteront                          élevés, et les restrictions pour obtenir de nouveaux                          financements subsisteront, de même que les effets du                          blocus des États-Unis.</p>
<p>Ces réalités nous obligent à accélérer le                          perfectionnement du travail de direction des organismes                          et d’autres institutions, à élever le niveau de                          formation des dirigeants pour transformer en réalité les                          Orientations de la politique économique et sociale du                          PCC et de la Révolution, en particulier pour renforcer                          le rôle de la comptabilité et du contrôle interne en                          tant qu’instruments irremplaçables de la gestion des                          entreprises et des contrats, un facteur décisif des                          différents acteurs de la vie économique de la nation.</p>
<p>Il faut absolument rétablir la discipline financière                          dans l’économie et en finir avec la superficialité et la                          négligence qui caractérisent la gestion consistant à                          payer et à se faire payer.</p>
<p>En ce qui concerne les investissements, bien que des                          progrès ont été réalisés, il reste beaucoup à faire pour                          bannir l’improvisation et les grosses dépenses                          irrationnelles.</p>
<p>Je passe à un autre sujet. C’est en vertu des accords                          du 6e Congrès qu’a été créée la Commission permanente                          pour l’application et le développement des Orientations,                          appelée à mener à bien le processus d’actualisation du                          modèle économique, y compris le perfectionnement                          fonctionnel et structurel du gouvernement à toutes les                          instances. Cette Commission est chargée de proposer                          l’introduction, à brève échéance, de changements                          structurels dans diverses sphères de la vie économique                          du pays, et de procéder à la conceptualisation théorique                          intégrale de l’économie socialiste cubaine, une tâche                          qui, comme vous le savez, demandera beaucoup de temps et                          d’efforts.</p>
<p>Le Conseil des ministres a aussi approuvé la                          structure fonctionnelle de base initiale et la                          composition de cette Commission, et défini ses principes                          de travail, parmi lesquels il faut relever le fait que                          cette commission ne remplace pas la responsabilité                          institutionnelle des organes et des entités, que toutes                          les opinions sur un sujet ou une étude doivent être                          analysées et qu’en cas de non consensus, elles seront                          soumises aux instances supérieures.</p>
<p>Connaissant les Cubains et en raison de leur                          importance, je répète : toutes les opinions doivent être                          analysées, et en cas de non consensus, les divergences                          seront soumises aux instances supérieures, habilitées à                          décider, et nul ne peut l’interdire.</p>
<p>En marge des définitions organisationnelles associées                          au travail de la Commission, le gouvernement a                          progressivement adopté plusieurs décisions découlant du                          Projet d’orientation, dont un nouvel assouplissement du                          travail indépendant et de son régime d’impôts,                          l’adoption d’une politique visant à simplifier le                          transfert de propriété des logements et des véhicules                          entre les citoyens, la politique bancaire et de crédits                          aux personnes naturelles, y compris aux travailleurs                          indépendants, la définition des bases pour l’élaboration                          de la nouvelle Loi sur l’impôt, et pour la réduction du                          prix du matériel destiné aux producteurs agricoles, et                          la commercialisation de matériel divers dont la vente                          n’était pas autorisée, ainsi que les ventes en gros de                          produits agricoles pour répondre à la demande de formes                          non étatiques de gestion.</p>
<p>Nous continuerons d’étudier une autre série de                          mesures afin qu’elles soient appliquées dans les                          prochains mois, et sur lesquelles je ne vais pas                          m’étendre ici vu l’information fournie à cette session                          de l’Assemblée.</p>
<p>UN TRISTE INCIDENT PROVOQUÉ PAR DES ERREURS DANS                          L’APPLICATION DE LA POLITIQUE DES CADRES, ET DANS LES                          RAPPORTS AVEC LA RELIGION</p>
<p>Je vais parler maintenant d’un triste incident                          provoqué par des erreurs dans l’application de la                          politique des cadres et dans les rapports avec la                          religion, qui a amené au limogeage d’une camarade qui                          affichait de bons résultats dans son travail. Si                          j’aborde publiquement cette question, c’est pour que                          l’injustice soit réparée, et pour vous présenter un                          exemple éloquent du tort que peuvent causer aux                          personnes et à la Révolution des concepts obsolètes et                          de surcroît contraires à la légalité, des concepts                          ancrés dans la mentalité de nombreux dirigeants à tous                          les niveaux.</p>
<p>Cette camarade, dont je ne citerai pas le nom, ni                          celui de son centre de travail ou de sa province, non                          pas dans un souci de secrétisme inutile, mais par                          respect pour sa vie privée, est d’origines humbles,                          mariée, mère de deux enfants qui, comme elle, sont                          militants du Parti, tout comme son mari à la retraite.                          Cette camarade au parcours professionnel remarquable a                          été victime de la mentalité régnante, à différents                          niveaux du Parti et de l’État, parce qu’elle professe                          des croyances religieuses et se rendait le dimanche à la                          messe à l’église de sa commune.</p>
<p>Il a été jugé malhonnête qu’en sa qualité de                          militante du Parti et de cadre de l’administration, elle                          n’ait pas informé de ses croyances religieuses, ce que,                          soit dit en passant, elle n’était pas tenue de faire et                          qui constitue une violation flagrante des droits des                          citoyens consacrés dans la Constitution de la République,                          dont l’article 43 sur cette question stipule:</p>
<p>« L’Etat consacre le droit conquis par la Révolution,                          selon lequel les citoyens, sans distinction de race, de                          couleur de peau, de sexe, de croyances religieuses,                          d’origine nationale et n’importe quelle autre chose                          préjudiciable à la dignité humaine :</p>
<p>– ont accès, selon leurs mérites et leurs</p>
<p>capacités, à toutes les charges et tous les</p>
<p>emplois de l’État, de l’Administration publique, de                          la production et de la prestation de services… » (Fin de                          la citation).</p>
<p>C’est ainsi que cette décision de la limoger de son                          poste a été masquée par l’application de la mesure « libération                          pour cause de rénovation », en avançant le prétexte que                          malgré ses excellents résultats on ne lui voyait aucune                          possibilité de promotion, et qu’elle devrait céder son                          poste à un autre camarade. Pour compliquer encore plus                          la situation, ils ont donné l’instruction de ne pas                          faire allusion à la question religieuse dans son centre                          de travail ni au sein de la cellule du Parti au moment                          de parler de son remplacement.</p>
<p>Ceci s’est produit en février de cette année. Elle a                          commencé à travailler ailleurs, en perdant 40% de son                          salaire, elle a continué à militer au Parti et s’est                          résignée en silence à la douleur de l’injustice dont                          elle avait été victime, jusqu’à ce qu’après avoir lu le                          rapport central du 6e Congrès du Parti, le deuxième jour                          de cette réunion, elle a décidé, le 17 avril, de porter                          sa plainte auprès du président du Conseil d’État et du                          Conseil des ministres, ce qui a donné lieu à une enquête                          qui a confirmé ses dires.</p>
<p>Bien entendu, si elle le souhaite, cette camarade,                          doit être réintégrée à son poste, comme l’a proposé à                          l’instance des autorités gouvernementales concernées le                          2e Plénum du Comité central le 30 juillet dernier, et en                          marge de sa décision, strictement personnelle, que ces                          paroles puissent servir d’acte de revendication morale.</p>
<p>Ceci dit, quelle leçon pouvons-nous tirer de cette                          expérience amère et du tort causé à une famille cubaine                          par des attitudes basées sur une mentalité archaïque,                          alimentée par la simulation et l’opportunisme ? J’ai                          rappelé plus d’une fois que notre pire ennemi n’était                          pas l’impérialisme, et encore moins les gens qui                          travaillent à sa solde sur notre territoire. Ce sont nos                          propres erreurs, et que si ces erreurs sont analysées en                          profondeur et avec honnêteté, elles nous serviront de                          leçon pour ne pas les répéter. En conséquence, il nous                          faut revoir toute cette vision étroite et excluante,                          définitivement, et l’adapter à la réalité émanant des                          accords du 4e Congrès de 1991 qui ont modifié                          l’interprétation des statuts qui limitaient l’entrée au                          parti des révolutionnaires croyants, et des accords du                          6e Congrès du Parti que nous venons de tenir. Il y a                          longtemps que notre Révolution a surmonté le théâtre de                          confrontation avec certaines des institutions                          religieuses, une étape pendant laquelle les deux parties                          ont commis des excès plus ou moins importants. Nous                          n’ignorons pas non plus les aspirations de l’ennemi                          d’attiser l’affrontement et la méfiance entre les                          croyants et le processus révolutionnaire. Des calculs                          qui se sont avérés faux car dès les premiers moments                          l’immense majorité des Cubains humbles et croyants ont                          appuyé la Révolution.</p>
<p>Ceux qui ont encore des doutes à ce sujet peuvent                          jeter un coup d’œil au Plan Bush (fils) pour la                          transition à Cuba qui, que nous sachions, n’a toujours                          pas été dérogé, et au rôle que l’on cherche à donner à                          toutes les organisations religieuses dans sa stratégie                          subversive contre notre pays. Malgré les revers essuyés,                          nous savons qu’ils n’ont pas renoncé à leurs intentions.</p>
<p>Fidel s’est maintes fois référé à cette question                          depuis des dizaines d’années, et plus récemment dans le                          Rapport central au Congrès du Parti, où il a lancé un                          appel – je cite – :</p>
<p>« Continuer d’éliminer n’importe quel préjugé                          empêchant d’unir dans la vertu et dans la défense de                          notre Révolution toutes et tous les Cubains, croyants ou                          non… » (Fin de la citation).</p>
<p>C’est pourquoi je ne crois pas nécessaire d’abonder                          dans ce sens. J’aimerais seulement attirer l’attention                          sur le fait que des attitudes comme celles que j’ai                          critiquées ici attentent contre notre principale arme                          pour consolider l’indépendance et la souveraineté                          nationale, autrement dit l’Unité de la Nation.</p>
<p>Ce genre d’incident confirme, une fois de plus, que                          le plus grand obstacle auquel nous nous heurtons dans                          l’exécution des accords du 6e Congrès est la barrière                          psychologique générée par l’inertie, l’immobilisme, la                          simulation ou la duplicité, l’indifférence et                          l’insensibilité, que nous nous devons de dépasser avec                          constance et fermeté. Et ce travail revient en premier                          lieu aux dirigeants du Parti, de l’État et du                          gouvernement aux différentes instances nationales,                          provinciales et municipales.</p>
<p>Nous serons patients et persévérants face aux                          résistances aux changements, qu’elles soient conscientes                          ou non. Je préviens que toute résistance bureaucratique                          à la stricte exécution des accords du Congrès, qui ont                          été appuyés massivement par le peuple, sera inutile.</p>
<p>Je n’ai jamais été partisan ni de la précipitation,                          ni des changements brusques. Je préfère mille fois                          raisonner, convaincre, éduquer et additionner que                          sanctionner. Mais face aux violations de la Constitution                          et de la légalité établie, il n’y a pas d’autre                          alternative que de recourir au Ministère public et aux                          tribunaux, comme nous avons commencé à le faire, afin                          d’exiger des comptes aux infracteurs, quels qu’ils                          soient, car tous les Cubains sans exception sont égaux                          devant la loi.</p>
<p>Si nous ne changeons pas les mentalités, nous serons                          incapables de mener à bien les changements nécessaires                          pour assurer la durabilité où, ce qui revient au même,                          l’irrévocabilité du caractère socialiste et du système                          politique et social consacrés dans la Constitution de la                          République.</p>
<p>Nettoyons nos têtes de toutes sortes de bêtises.                          N’oubliez pas que la première décennie du XXIe siècle                          est passée, et c’est le moment.</p>
<p>Dans mon discours de clôture d’avant-hier devant les                          membres du Comité central et les invités, en abordant le                          sujet et en leur suggérant de soulever ces questions ici,                          comme je l’ai fait, je signalais que cette camarade                          était née – d’après mes informations – en janvier 1953.                          J’ai rappelé ensuite que c’était l’année de l’attaque de                          la caserne Moncada, et j’ai dit aux membres du Comité                          central : « Je ne suis pas allé à la Moncada pour cela !                          (Applaudissements).</p>
<p>J’ai aussi rappelé que le 30 juillet, le jour de la                          réunion dont je parle, c’était le 54e anniversaire de                          l’assassinat de Frank Pais et de son fidèle compagnon                          Raul Pujol. J’avais connu Frank au Mexique, je l’avais                          revu dans la Sierra Maestra, et je ne me souviens pas                          d’avoir connu une âme aussi pure. C’était un jeune                          extrêmement courageux, révolutionnaire, noble et modeste.                          En m’adressant à l’un des responsables de cette                          injustice qui avait été commise, je lui ai dit : « Frank                          croyait en Dieu et pratiquait sa religion, et que je                          sache, jamais il ne cessa de le faire. Comment auriez-vous                          procédé avec Frank Pais ? »</p>
<p>JE PROFITE DE L’OCCASION POUR INFORMER LES DÉPUTÉS ET                          LES CITOYENS QUE NOUS SOMMES ATTELÉS À L’ACTUALISATION                          DE LA POLITIQUE MIGRATOIRE</p>
<p>J’aborderai maintenant une autre question de notre                          actualité. Dans le cadre des mesures à l’examen, visant                          à réduire le nombre de prohibitions et de                          réglementations adoptées à d’autres moments du processus                          révolutionnaire – des mesures de légitime défense face                          aux agressions auxquelles nous avons été soumis pendant                          plus de 50 ans – et aussi pour modifier plusieurs                          décisions qui, dans des circonstances données, ont joué                          leur rôle et sont restées ensuite en vigueur sans qu’elles                          soient nécessaires. Je profite de l’occasion pour                          informer les députés et les citoyens que nous sommes                          attelés à l’actualisation de la politique migratoire en                          vigueur, et que nous avons progressé dans la                          reformulation et l’élaboration d’un ensemble de normes                          de réglementation dans cette sphère, en les adaptant aux                          conditions du présent et de l’avenir prévisible.</p>
<p>Nous faisons ce pas comme une contribution à                          l’élargissement des liens de la nation avec la                          communauté d’émigrés, dont la composition a radicalement                          changé par rapport aux premières décennies de la                          Révolution lorsque le gouvernement des États-Unis offrit                          un abri aux criminels de la dictature de Batista, à des                          terroristes et à des traîtres en tout genre, et                          encouragea la fuite de cerveaux pour saigner le pays.                          Rappelons, pour ne citer qu’un exemple, que sur les 6                          000 médecins qu’il y avait à Cuba au triomphe de la                          Révolution en 1959, la moitié – 3 000 – partirent à                          l’étranger.</p>
<p>Aujourd’hui, les émigrés cubains, dans leur écrasante                          majorité, le sont pour des raisons économiques, même si                          un petit nombre d’entre eux se prétendent encore                          victimes de persécutions politiques, ceci pour s’attirer                          des adeptes et les sympathies de leurs sponsors à                          l’étranger, ou justifier l’abandon d’une mission ou d’un                          contrat. Mais le fait est qu’ils préservent presque tous                          leur amour pour la famille et la patrie qui les a vus                          naître, et manifestent de différentes manières leur                          solidarité envers leurs compatriotes.</p>
<p>L’espoir d’améliorer le niveau de vie constitue le                          principal objectif des mouvements migratoires, pas                          seulement à Cuba, mais à l’échelle mondiale, encouragés                          en plus par le vol éhonté de cerveaux auquel se livrent                          les pays puissants au détriment du développement du                          tiers monde.</p>
<p>Dans notre cas, nous ne pouvons pas oublier que nous                          sommes le seul pays de la planète dont les habitants se                          voient accorder le permis de séjour et de travail en                          territoire étasunien, sans besoin de visa, en vertu de                          la Loi criminelle d’Ajustement cubain en vigueur depuis                          1966, il y a 45 ans, et de ladite « politique des pieds                          secs et des pieds mouillés » qui encourage le trafic de                          personnes et a provoqué de nombreuses morts innocentes.</p>
<p>Pendant longtemps, ce sujet sensible a fait l’objet                          d’une manipulation politique et médiatique qui a pour                          but de dénigrer la Révolution et de la brouiller avec                          les Cubains qui vivent à l’étranger.</p>
<p>Personne dans la grande presse internationale ne                          parle de la Loi d’Ajustement. C’est comme si elle                          n’existait pas. Les ressortissants cubains seraient,                          d’après les mensonges mille fois répétés, des « exilés                          politiques » qui fuient le communisme. Autrement dit,                          selon eux, les Cubains « s’échappent » de Cuba, alors qu’ailleurs                          les gens émigrent.</p>
<p>Qu’adviendrait-il si une loi d’ajustement latino-américaine,                          asiatique ou africaine était appliquée aux États-Unis ou                          dans l’Union européenne ? La réponse est évidente. Voyez                          le mur gigantesque érigé au Mexique, et les milliers de                          morts qui ont lieu chaque année dans des déserts et des                          mers proches des centres du pouvoir mondial.</p>
<p>Logiquement, l’assouplissement de la politique                          migratoire prendra en compte le droit de l’État cubain                          de se défendre des plans d’ingérence et de subversion du                          gouvernement étasunien et de ses alliés, et il y aura                          des contre-mesures raisonnables pour préserver le                          capital humain créé par la Révolution face au vol de                          talents auquel se livrent les puissants.</p>
<p>Jusqu’ici le sujet de l’émigration.</p>
<p>Par ailleurs, l’occasion est propice pour, au nom des                          députés de l’Assemblée nationale et de tout le peuple                          cubain, transmettre au président de la République                          bolivarienne du Venezuela, le camarade Hugo Chavez Frias,                          nos félicitations pour son anniversaire (Applaudissements),                          et lui faire part de notre admiration pour son                          exemplaire esprit de lutte contre l’adversité, comme le                          font les vrais révolutionnaires, et lui dire que nous                          avons pleinement confiance qu’il vaincra cette nouvelle                          épreuve que lui a imposée la vie.</p>
<p>Finalement, cette session de l’Assemblée nationale a                          commencé par l’adoption, par acclamation des députés,                          d’un accord demandant au gouvernement des États-Unis de                          mettre immédiatement fin au traitement injuste et                          illégal réservé à Gerrardo Hernandez Nordelo, et                          exhortant à augmenter la solidarité des parlementaires                          et des gens honnêtes de toute la planète jusqu’à obtenir                          la libération de nos Cinq héros et leur retour                          inconditionnel dans la patrie. C’est précisément avec ce                          sujet que j’aimerais conclure mon discours, en leur                          envoyant une grande accolade et en leur faisant part de                          la décision inébranlable de notre peuple de ne jamais                          céder dans la lutte pour votre liberté.</p>
<p>C’est tout.</p>
<p></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Merci beaucoup (Applaudissements) </span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>CONCLUSIONS DU VIème CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE DE CUBA</title>
		<link>http://www.fidelista.net/les-discours/les-discours-de-raul/conclusions-du-vieme-congres-du-parti-communiste-de-cuba-3074</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Apr 2011 11:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Fidel, Compañeras et compañeros, Nous approchons de la fin du Congrès, après des journées intenses au cours desquelles, nous, les communistes cubains, avons discuté et adopté les Directives de la Politique Économique et Sociale du Parti et la Révolution, le Rapport Central et différentes résolutions sur les principaux sujets analysés. Je considère que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cher Fidel,</strong></p>
<p><strong>Compañeras et compañeros,</strong></p>
<p>Nous approchons de la fin du Congrès, après des journées intenses au cours desquelles, nous, les communistes cubains, avons discuté et adopté les Directives de la Politique Économique et Sociale du Parti et la Révolution, le Rapport Central et différentes résolutions sur les principaux sujets analysés.</p>
<p>Je considère que la manière la plus digne et à la fois la plus productive de commémorer le 50<sup>ème</sup> anniversaire de la Victoire sur l’invasion mercenaire à Playa Girón, un jour comme aujourd’hui, le 19 avril 1961, est précisément avoir tenu un Congrès du Parti magnifique, une réunion qui prend fin un peu plus de cinq mois après le commencement des discussions sur les Directives, processus profond, à caractère démocratique et transparent, dont le rôle principal indiscutable a été assumé par le peuple sous la direction du Parti.</p>
<p>Au nom des près de 800 mille militants communistes, des mille délégués au Congrès, de la nouvelle direction de notre organisation et en particulier, du compañero Fidel Castro Ruz, je tiens à féliciter toutes les Cubaines et tous les Cubains pour leur participation décisive au débat et à l’indubitable démonstration d’appui à la Révolution, ce qui constitue pour nous un motif de satisfaction et, ce qui est plus importante, une responsabilité et un engagement supérieurs pour aboutir, grâce au concours de tous, à l’actualisation du modèle économique visant à assurer le caractère irréversible du Socialisme à Cuba.</p>
<p>Nous avons déjà exprimé dans le Rapport Central que nous ne nous faisions pas d’illusions sur le fait que les Directives et les mesures afférentes étaient à elles seules la solution à tous les problèmes existants.  Pour atteindre le succès dans cette question stratégique et dans les autres, il est nécessaire de nous concentrer  immédiatement à faire accomplir les accords de ce Congrès, sous un dénominateur commun dans notre conduite : <strong>l’ORDRE, </strong><strong>la DISCIPLINE</strong><strong> et l’EXIGENCE</strong>.<span id="more-3074"></span></p>
<p>La mise à jour du modèle économique n’est pas un miracle qui pourrait être réalisé du jour au lendemain comme certains le pensent ; nous parviendrons à son total déploiement graduellement au cours du quinquennat, car le travail de détail est considérable, la planification et la coordination, tant sur le plan juridique que dans la préparation minutieuse de tous ceux devant intervenir dans sa mise en œuvre pratique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il sera nécessaire aussi de développer un travail de divulgation intense à la population à propos de chaque mesure que nous adopterons et en même temps, de maintenir les pieds et les oreilles très attentifs et collés à la terre afin de surmonter les obstacles que nous rencontrerons et de rectifier rapidement les erreurs que nous commettrons dans leur application.</p>
<p>Nous sommes convaincus que l’ennemie principal auquel nous sommes confrontés et auquel nous ferons face seront nos propres déficiences, par conséquent, c’est une tâche immense pour le futur de la nation qui ne saurait admettre d’improvisations ni précipitations.  Nous ne renoncerons pas à faire les changements qu’il faudra, tel que Fidel nous l’a indiqué dans sa Réflexion d’hier, nous allons les faire au rythme que demandent les circonstances objectives et toujours avec le soutien et la compréhension des citoyens, sans jamais mettre en péril notre arme la plus puissante : l’unité de la nation autour de la Révolution et ses programmes.</p>
<p>Sans la moindre intention de chauvinisme, je considère que Cuba se trouve parmi le nombre réduit de pays du monde ayant les conditions pour transformer son modèle économique et sortir de la crise sans traumatismes sociaux car, en premier lieu nous avons un peuple patriotique, qui se sait puissant vu la force que représente son unité monolithique, la pertinence de sa cause et sa préparation militaire, avec une instruction élevée, et fier de son histoire et de ses racines révolutionnaires.</p>
<p>Nous allons avancer malgré le blocus états-unien et les adverses conditions dominantes sur le marche international qui s’expriment, entre autres, dans les restrictions à l’accès de Cuba aux sources de financement et la spirale des prix du pétrole qui entraîne le reste des matières premières et les aliments ; en peu de mots, tout ce que nous acquerrons à l’étranger se renchérit.</p>
<p>Peu de mois après le début de 2011 et selon des informations très récentes, le coût additionnel des importations de l’année se chiffrent à plus de 800 millions de dollars, rien que pour l’augmentation des prix,  pour acquérir les mêmes quantités planifiées, ce qui nous obligera dès la fin du Congrès à réaliser des ajustements au plan approuvé en décembre dernier.</p>
<p>En ces moments l’épargne de ressources de tout type reste l’une des principales sources de recettes du pays car il existe encore des dépenses irrationnelles et d’immenses réserves d’efficience que nous devons exploiter avec un grand sens commun et une vaste sensibilité politique.</p>
<p>Malgré l’acceptable comportement obtenu jusqu’à cette date dans la livraison de terres oisives en usufruit, en conformité avec le Décret-loi 259 de 2008, il persiste encore des milliers et des milliers d’hectares de surface cultivable attendant les bras disposés à en extraire les fruits tant demandés par la population et l’économie nationale et que nous pouvons récolter dans nos champs en vue de remplacer les importations de plus en plus coûteuses de bien des produits qui aujourd’hui bénéficient les fournisseurs étrangers et non nos paysans.</p>
<p>La première chose que nous devons faire est accomplir ce que nous venons d’approuver dans cet  événement,  donc ce n’est pas une décision fortuite que le Comité Central analyse dans ses plénums, au moins deux fois par an, comment s’accomplissent les accords du Congrès en particulier, la marche de l’actualisation du modèle économique et la mise en œuvre du plan de l’économie.</p>
<p>À cet égard, je dois souligner l’importance de la tâche assignée à la Commission  Permanente du Gouvernement pour la mise en œuvre et le développement, qui conduira harmonieusement les efforts et les actions des organismes et des entités nationales impliqués dans la mise à jour du modèle économique, avec le soutien en particulier du Ministère de l’Économie et la Planification, qui constitue l’État Majeur du Gouvernement pour cette activité du travail national.</p>
<p>Par ailleurs, nos députés ont un travail plus grand devant eux puisque les Directives approuvées par le Congrès seront soumises à l’analyse de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, en vue de leur ratification législative dans les successives sessions, au fur et à mesure que nous compléterons l’élaboration des normatives légales correspondantes.</p>
<p>Comme vous avez entendu, le Congrès a accordé la convocation pour le 28 janvier de l’année prochaine, date dans laquelle nous arriverons au 159<sup>ème</sup> anniversaire de la naissance de José Martí, à la Conférence Nationale qui, dans la pratique sera une continuation du VI<sup>ème</sup> Congrès, consacrée à évaluer avec réalisme et esprit critique le travail du Parti, ainsi qu’à préciser les transformations requises pour exercer le rôle de force dirigeante supérieure de la société et de l’État qui lui correspond en vertu de l’Article cinq de la Constitution de la République.  De même, nous accordons l’octroi à cette Conférence des facultés en vue de la mise à jour des méthodes et du style de travail, des structures et de la politique de cadres y compris l’élargissement et la rénovation du Comité Central.</p>
<p>Comme il est exprimé dans sa convocation, la Conférence Nationale sera présidée par la détermination de <em>« changer tout ce qui doit être changé »</em> contenue dans la brillante définition du concept Révolution du compañero Fidel.</p>
<p>Pour atteindre le succès, nous sommes obligés tout d’abord à modifier dans la vie du Parti la mentalité qui, comme barrière psychologique ayant été attachée de longues années durant aux mêmes dogmes et critères obsolètes, à mon avis, est ce qui nous coûtera plus d’effort surmonter.  Il sera indispensable également de rectifier des erreurs et de conformer, sur la base de la rationalité et la fermeté de principes, une vision intégrale du futur en vue de la préservation et le développement du Socialisme dans les circonstances actuelles.</p>
<p>En matière de politique de cadres, avec l’élection du nouveau Comité Central, son Secrétariat et le Bureau Politique, présentés ce matin, nous avons donné un premier pas pour accomplir ce que nous avons accordé au Congrès, très particulièrement quant au commencement d’un processus graduel de rénovation et de rajeunissement de la chaîne de charges politiques et étatiques, en même temps que la composition raciale et de genre s’est substantiellement améliorée.</p>
<p>Le Comité Central est intégré par 115 membres dont 48 femmes, c’est-à-dire 41,7 %, ce qui dépasse le triple de la proportion atteinte au congrès précédent, qui a été de 13,3 %.  Les Noirs et les Métis sont 36 %, leur représentation s’accroissant de 10 %, se chiffrant maintenant à 31,3 %.</p>
<p>Ce résultat, je répète, est un premier pas, ce n’est pas le fruit de l’improvisation.  Le Parti, depuis plusieurs mois, travaillait avec profondeur dans cette direction dans le but de conformer une candidature qui tienne compte de la nécessité d’avoir des proportions justes de genre et de race dans les membres du Comité Central.</p>
<p>Ont été sélectionnés de la gigantesque carrière de diplômés universitaires et spécialistes qualifiés que la Révolution n’a pas perdu de temps à former.  Ce sont des enfants de la classe ouvrière, surgis des entrailles les plus humbles du peuple, avec une vie politique active dans les organisations étudiantes, l’UJC  et le Parti, des jeunes qui pour la plupart ont plus de 10, 15 ou 20 ans d’expérience à la base, sans cesser de travailler dans les professions qu’ils ont étudiées, et presque tous ont été proposés par les cellules où ils militent, comme partie du procès de préparation du Congrès.</p>
<p>Nous devons désormais leur donner un suivi et continuer leur formation afin de les préparer dans l’intérêt qu’ils puissent, progressivement, occuper des responsabilités supérieures.</p>
<p>Dans l’intégration des organes supérieurs du Parti, malgré le départ du Comité Central de 59 compañeros, la moitié de ses membres effectifs, la plupart d’eux ayant des états de service à la Révolution positifs; nous avons gardé plusieurs vétérans de la génération historique et c’est logique qu’il en soit ainsi, comme l’une des conséquences des déficiences commises dans ce domaine, critiquées dans le Rapport Central, qui nous ont empêché d’avoir aujourd’hui la réserve de remplaçants murs et suffisamment expérimentés pour assumer le relais dans les principales charges du pays.</p>
<p>Par conséquent, nous continuerons à adopter des mesures similaires dans cette décisive direction pendant la prochaine Conférence Nationale du Parti et dans la vie quotidienne de notre travail de Parti, gouvernemental et d’État.</p>
<p>Le compañero Fidel Castro Ruz, fondateur et Commandant en Chef de la Révolution Cubaine, nous a donné le premier exemple d’attitude conséquente dans cette matière, en demandant expressément de ne pas être inclus dans la candidature du Comité Central.</p>
<p>Fidel est Fidel et il n’a pas besoin de quelque charge que ce soit pour occuper, pour toujours, une place au sommet de l’histoire, au présent et au futur de la nation cubaine.  Tant qu’il aura de la force pour le faire, et heureusement il se trouve dans la plénitude de sa pensée politique, et depuis sa modeste qualité de militant du Parti et de soldat des idées, il continuera à apporter à la lutte révolutionnaire et aux propos les plus nobles de l’Humanité.</p>
<p>En ce qui me concerne, j’assume ma dernière tâche, avec la ferme conviction et l’engagement d’honneur que le Premier Secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de Cuba a pour mission principale et sens de sa vie : défendre, préserver et poursuivre le perfectionnement du Socialisme et ne permettre jamais le retour au régime capitaliste.</p>
<p>Au Bureau Politique, il peut être observé, se reflète une proportion adéquate de chefs principaux des Forces Armées Révolutionnaires.  C’est naturel qu’il en soit ainsi, ce que je fonde sur les propos du compañero Fidel dans le Rapport Central au Premier Congrès du Parti, et je cite :</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>« L’Armée Rebelle a été l’âme de </em><em>la Révolution.  Des</em><em> ses âmes victorieuses a émergé libre, belle, puissante et invincible </em><em>la Patrie</em><em> nouvelle…  Lorsque le Parti à été fondé…  notre armée, héritière à son tour de l’héroïsme et la pureté patriotique de l’Armée Libératrice et continuatrice victorieuse de ses luttes, a déposé dans ses mains les drapeaux de </em><em>la Révolution</em><em> et  à partir de cet instant-là et pour toujours il est son continuateur le plus fidèle, discipliné, humble et immuable ». </em><strong>Fin de citation.</strong></p>
<p>J’ai suffisamment de raisons pour proclamer que les Forces Armées Révolutionnaires dont je suis fier d’avoir été ministre presque 49 ans, ne renonceront jamais à accomplir ce rôle au service de la défense du peuple, du Parti, de la Révolution et le Socialisme.</p>
<p>La qualité de membre du Comité Central, si elle a en partie jusqu’aujourd’hui une reconnaissance dans le parcours de lutte des élus, ce qui a été juste, à partir de maintenant le concept qui devra prédominer est en essence, que cette qualité représente une responsabilité énorme vis-à-vis du Parti et du peuple, car entre un congrès et un autre congrès, le Comité Central est l’organisme supérieur de direction du Parti et il lui reviennent, d’après les statuts, de larges facultés dans le contrôle de l’application de la politique tracée et les programmes de développement économique et social du pays, ainsi que dans la politique de cadres et le travail idéologique, entre autres.</p>
<p>En conformité avec ça, il est nécessaire d’élever la préparation et le perfectionnement constant de ses membres, étant donné que nous nous proposons d’utiliser activement le Comité Central dans la matérialisation des accords du Congrès, comme forum pour analyser de manière collégiale, sans le moindre trait de formalisme, les principaux thèmes de la vie du Parti et la nation.</p>
<p>Nous ferons autant dans le Bureau Politique, comme il lui appartient, étant l’organisme supérieur de direction entre les plénums du Comité Central.</p>
<p>Le Bureau Politique,  composé de 15 membres, s’est réduit par rapport à l’antérieur de 24 membres, quantité qui dans la pratique s’est avérée excessive ; trois nouveaux compañeros y sont entrés : Mercedes López Acea, première secrétaire du Comité Central du Parti à La Havane ; Marino Murillo Jorge, vice-président du Conseil de Ministres et Chef de la Commission Permanente du Gouvernement pour la Mise en Œuvre et le Développement, et Adel Yzquierdo Rodríguez, qui fut récemment nommé ministre de l’Économie et la Planification.</p>
<p>Ces promotions ne sont pas fortuites, dans le premier cas, cela obéit à la priorité que le Parti concède à son travail dans la capitale, de plus de deux millions d’habitants et, dans les cas des autres compañeros, ça répond à la signification stratégique et la mise à jour du modèle économique et le développement de l’économie nationale.</p>
<p>Nous maintiendrons la pratique utile de réunir hebdomadairement  la Commission du Bureau Politique avec le Comité Exécutif du Conseil de Ministres afin d’évaluer les questions fondamentales de la vie nationale, parallèlement nous continuerons à favoriser la participation aux sessions mensuelles du Conseil de Ministres, selon les thèmes à débattre et en qualité d’invités, les membres du Bureau Politique et du Secrétariat du Comité Central, le Conseil d’État et la présidence de l’Assemblée Nationale ; les cadres dirigeants de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC), d’autres organisations de masses et l’UJC, ainsi que les premiers secrétaires des comités provinciaux du Parti et les présidents des conseils de l’administration provinciale.</p>
<p>Cette méthode a prouvé son efficacité pour transmettre, sans intermédiaires, aux principaux dirigeants de tout le pays, des informations indispensables et de orientations pour l’accomplissement de leurs responsabilités.</p>
<p>Finalement, aucun de nous n’ignore l’importance historique qu’a signifiée pour le destin de la Révolution l’écrasante défaite de l’invasion mercenaire de Playa Girón, comme résultat de l’action ferme, incessante et décidée de nos combattants qui, sous le commandement direct du Commandant en Chef Fidel Castro, qui s’est maintenu tout le temps dans le théâtre d’opérations où se livraient les actions combattives, ont détruit, en moins de 72 heures, la tentative du gouvernement des États-Unis d’installer une tête de pont dans un coin éloigné de la Patrie auquel il prétendaient transférer ensuite depuis une base militaire en Floride, un gouvernement fantoche qui solliciterait à l’Organisation des États Américains la tristement célèbre OEA, l’intervention militaire de forces états-uniennes, situées dans des eaux très proches, accompagnant le contingent mercenaire depuis son départ des côtes centraméricaines, tel qu’ils l’avaient déjà fait au Guatemala, en 1954, sept ans auparavant, quand ils ont renversé le gouvernement progressiste de Jacobo Arbenz.</p>
<p>Que cette occasion serve pour répéter les mots de Fidel lors du 15<sup>ème</sup> anniversaire de la Victoire, le 19 avril 1976, lorsqu’il a dit : <em>« À partir de Giron, tous les peuples d’Amérique ont été un peu plus libres »</em>, <strong>fin de citation.</strong></p>
<p>À Girón, pour la première fois, a été employé dans la défense du socialisme à Cuba l’armement fourni par l’Union Soviétique quelques mois auparavant, sans avoir pu a peine l’assimiler complètement.  C’est juste, un jour comme aujourd’hui, de reconnaître que sans l’aide des peuples qui composaient cet immense pays, notamment le peuple russe, la Révolution n’aurait pu survivre dans les premières années, face aux croissantes et continuelles agressions de l’impérialisme, c’est pourquoi nous en serons éternellement reconnaissants.</p>
<p>Notre gratitude, un jour comme aujourd’hui, aux actuels pays socialistes pour leur invariable coopération et soutien pendant toutes ces années de dures batailles et sacrifices.</p>
<p>Les peuples frères du Tiers monde, en particulier ceux d’Amérique latine et des Caraïbes qui s’efforcent pour transformer l’héritage de siècles de domination coloniale et savent qu’ils auront notre solidarité et notre soutien.</p>
<p>Une chaleureuse salutation fraternelle aux partis communistes et autres forces progressistes de toute la planète qui luttent sans cesse, en partant de la ferme conviction qu’un monde meilleur est possible.</p>
<p>Je tiens à exprimer aussi la reconnaissance du peuple cubain à tous les gouvernements qui, année après année, ont réclamé avec leur suffrage et leurs voix, aux Nations Unies, la cessation du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.</p>
<p>Finalement, que notre reconnaissance parvienne à toutes et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont participé à l’organisation réussie et à la bonne gestion de ce Congrès.</p>
<p>Je crois qu’il n’existe pas un meilleur moyen de célébrer le 50<sup>ème</sup> anniversaire de la Journée de la Victoire à Playa Girón, que de clore cet historique Congrès du Parti avec la présence de Fidel et le symbolisme qu’implique l’Élégie des Chaussures Blanches », de Indio Naborí, déclamée par l’acteur Jorge Ryan et les émouvantes paroles de Nemesia, la fille charbonnière qui a vu mourir sans défense sa mère et les blessures faites à sa grand-mère et ses deux frères par l’action assassine d’avions peints avec les insignes cubaines et dont les chaussures blanches, perforées par la mitraille ennemie, sont exhibées au musée de Playa Girón, comme preuve matérielle que la Révolution se maintient victorieuse 50 ans après, en rendant hommage à tous ses morts.</p>
<p><strong>Je vous remercie. </strong></p>
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		<title>ALLOCUTION PRONONCÉE À LA SIXIÈME SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU POUVOIR POPULAIRE (SEPTIÈME LÉGISLATURE).</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Dec 2010 10:26:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[ALLOCUTION PRONONCÉE PAR RAÚL CASTRO RUZ, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT ET DU CONSEIL DES MINISTRES, À LA SIXIÈME SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU POUVOIR POPULAIRE (SEPTIÈME LÉGISLATURE), AU PALAIS DES CONGRÈS (LA HAVANE), LE 18 DÉCEMBRE 2010. Cette fois-ci,  mon allocution est légèrement plus longue que les précédentes, mais c’est que cette session de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">ALLOCUTION PRONONCÉE PAR RAÚL CASTRO RUZ, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT ET DU CONSEIL DES MINISTRES, À LA SIXIÈME SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU POUVOIR POPULAIRE (SEPTIÈME LÉGISLATURE), AU PALAIS DES CONGRÈS (LA HAVANE), LE 18 DÉCEMBRE 2010.</p>
<p>Cette fois-ci,  mon allocution est légèrement plus longue que les précédentes, mais c’est que cette session de l’Assemblée a été vraiment exceptionnelle par les points qu’elle a discutés, les opinions que vous avez formulées et les documents que nous avons adoptés.</p>
<p>En venant à cette Assemblée, je me suis rendu compte en lisant le journal que nous étions le 18 décembre. Et j’ai aussitôt évoqué un détail historique d’il y a exactement cinquante-quatre ans.  Nous ne pensions pas vivre si longtemps alors, compte tenu des circonstances que nous traversins, l’Armée rebelle naissante, les forces armées révolutionnaires actuelles et la Révolution en soi… C’était après le désastre et le grand revers que nous avions essuyés à un lieudit Alegría de Pío, trois jours après le débarquement du <em>Granma</em>, le 5 décembre 1956, et après que nous ayons erré pendant treize jours par petits groupes, nous efforçons de franchir les deux cordons immédiats que l’armée avait tendus. Finalement, grâce à l’aide des paysans, j’ai pu rejoindre avec d’autres le petit groupe de Fidel. La rencontre a eu lieu le soir, à Cinco Palmas. Après une forte étreinte, Fidel m’a conduit à l’écart et m’a demandé combien de fusils nous avions. Je lui ai répondu : « Cinq. » « Alors, avec les deux miens – s’est-il exclamé – nous avons gagné la guerre ! » <em>(Applaudissements.)</em> Et apparemment, il avait raison.<span id="more-2611"></span></p>
<p>C’est une heureuse coïncidence, et j’ai tenu à ouvrir mon allocution finale par un souvenir aussi agréable.</p>
<p><em>Compañeras</em> et <em>compañeros</em></p>
<p>Voilà maintenant plusieurs jours que nous débattons de questions capitales pour l’avenir de la nation. Cette fois-ci, en plus du travail habituel en commissions, vous vous êtes réunis en séance plénière afin d’analyser par le menu notre situation économique et les projets de budget et de plan économique pour 2011.</p>
<p>Vous avez aussi consacré de longues heures à évaluer en profondeur et à éclaircir vos doutes et vos inquiétudes au sujet du Projet d’Orientations de la politique économique et sociale du parti et de la Révolution.</p>
<p>Nos médias ont longuement rendu compte du déroulement de ces débats afin que la population soit bien informée.</p>
<p>Malgré les retombées de la crise mondiale sur notre économie, l’irrégularité des pluies ces dix-neuf derniers mois – de novembre 2008 à juin 2010 – et indépendamment de nos propres erreurs, je peux affirmer que le plan  2010 s’est réalisé d’une manière acceptable par les temps qui courent. Nous atteindrons la croissance prévue de 2,1 p. 100 du Produit intérieur brut (PIB) ; nous avons élevé les exportations de biens et services ; la quantité de touristes étrangers prévue, mais non, une fois de plus, les revenus, a été atteinte avant même la fin de l’année ; l’équilibre financier interne s’est consolidé et, pour la première fois en plusieurs années, on constate une dynamique favorable, bien qu’encore limitée, dans la productivité du travail par rapport au salaire moyen.</p>
<p>Les retenues de transferts à l’étranger continuent de se réduire, autrement dit les limitations que nous avons été contraints d’imposer fin 2008 aux paiements entre banques cubaines et fournisseurs étrangers, qui seront totalement supprimées l’an prochain, et nous avons enregistré des avancées significatives dans la renégociation de la dette avec nos principaux créanciers.</p>
<p>Je tiens à remercier de nouveau nos partenaires commerciaux et financiers étrangers de leur confiance et de leur compréhension, et je ratifie que nous sommes résolus à honorer ponctuellement nos engagements. Le gouvernement a donné des instructions précises de ne pas assumer de nouvelles dettes sans assurance de paiement dans les délais concertés.</p>
<p>Comme l’a expliqué Marino Murillo Jorge, vice-président du gouvernement et ministre de l’Économie et de la Planification, le plan de l’an prochain prévoit une croissance du PIB de 3,1 p. 100, à atteindre dans un environnement non moins complexe et tendu que cette année-ci.</p>
<p>L’année 2011 est la première des cinq incluses dans les prévisions économiques à moyen terme, une période durant laquelle nous introduirons d’une manière graduelle et progressive des changements structurels et conceptuels dans le modèle économique cubain.</p>
<p>Nous continuerons l’an prochain à réduire résolument les dépenses superflues, en stimulant les économies de toutes sortes de ressources, ce qui, nous l’avons dit à plusieurs reprises, constitue la source de rentrées la plus sûre et la plus rapide dont nous disposons.</p>
<p>Ce qui ne veut pas dire pour  autant que nous négligerons les programmes sociaux de santé, d’éducation, de culture et de sport. Au contraire, nous en élèverons la qualité, car nous y avons repéré d’énormes réserves d’efficacité si nous utilisons plus rationnellement les infrastructures en place. Nous élèverons aussi les exportations de biens et services, tout en continuant de concentrer les investissements dans les activités où l’amortissement est le plus rapide.</p>
<p>En ce qui concerne le plan et le budget, nous avons insisté pour qu’il soit mis fin une fois pour toutes aux inaccomplissements et aux virements à découvert. Le plan et le budget sont sacrés. Je le répète : désormais, le plan et le budget sont sacrés. On les met au point pour qu’ils soient exécutés, non pour entendre ensuite des justifications de toute sorte accompagnées parfois, sciemment ou non, d’imprécisions et de mensonge quand les objectifs ne sont pas atteints.</p>
<p>Certains <em>compañeros</em> nous fournissent parfois, sans intention frauduleuse, des informations inexactes qui proviennent de leurs subordonnés, mais qu’ils n’ont pas pris la peine de vérifier. Ce sont là des mensonges inconscients, mais qui peuvent entraîner des prises de décision erronées ayant des répercussions plus ou moins graves sur la nation. Quiconque agit de la sorte ment et doit être, quel qu’il soit, cassé de son poste, non à titre temporaire, mais définitif, puis, le cas échéant, écarté du parti après analyse des organismes correspondants.</p>
<p>Le mensonge et ses effets nocifs accompagnent l’homme depuis qu’il a appris à parler en des temps immémoriaux, engendrant le rejet de la société. Le huitième commandement du décalogue n’avertit-il pas : « Tu ne mentiras pas » ? De son côté, la civilisation incaïque s’est fondée sur trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas paresser.</p>
<p>Je vais répéter ces principes que respectent encore de nos jours les descendants des Incas : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas paresser ou fainéanter. Ce sont des bons principes, n’est-ce pas ? Alors, ayons-les à l’esprit.</p>
<p>Il faut tout faire pour éliminer définitivement le mensonge et la tromperie de la conduite des cadres à tous les niveaux. Ce n’est pas pour rien que le <em>compañero</em> Fidel a posé, entre autres critères, dans sa brillante définition du concept de Révolution : « Ne jamais mentir et ne jamais violer de principes moraux. » Ces concepts apparaissent à la première page de la brochure contenant les Orientations que nous avons discutées.</p>
<p>Une fois publié, le 9 novembre, le Projet d’Orientations de la politique économique et sociale, le train du Sixième Congrès du Parti s’est ébranlé. Le vrai Congrès sera en effet la discussion ouverte et franche de ses énoncés – comme c’est en train de se faire – par les militants et par le peuple tout entier, ce qui permettra, grâce à cette véritable exercice de démocratie, de l’enrichir et, sans exclure les opinions divergentes, d’aboutir à un consensus national sur la nécessité urgente d’introduire des changements stratégiques dans le fonctionnement de l’économie afin de rendre le socialisme à Cuba viable et irréversible.</p>
<p>Il n’y a pas de raisons de craindre les divergences de critères. Cette vision des choses, qui n’est pas nouvelle, ne doit pas se circonscrire au débat sur les Orientations : les divergences d’opinions, exprimées de préférence à l’endroit adéquat, au moment opportun et de manière correcte, seront toujours préférables à la fausse unanimité fondée sur la simulation et l’opportunisme. C’est par ailleurs un droit dont nul ne doit être privé.</p>
<p>Plus nous serons capables de générer dans l’analyse d’un problème le plus grand nombre d’idées possibles, et plus nous serons proches de la solution appropriée.</p>
<p>La commission de Politique économique du parti, distribuée en onze sous-commissions, a œuvré de longs mois pour mettre au point ces Orientations qui, comme cela a été expliqué, constitueront le thème central du Congrès, car nous sommes convaincus que la situation économique est la principale tâche du parti et du gouvernement et la matière de base sur laquelle les cadres doivent plancher à tous les niveaux.</p>
<p>Nous avons insisté, ces dernières années, que nous ne pouvons pas nous laisser aller à des improvisations et agir à la légère dans ce domaine, compte tenu de l’ampleur, de la complexité et de l’interdépendance des décisions à adopter. Voilà pourquoi je pense que nous avons bien fait d’ajourner le Congrès du parti, même si nous avons dû de ce fait supporter patiemment les réclamations, honnêtes ou malveillantes, de ceux qui, à Cuba et à l’étranger, nous pressaient d’adopter différentes mesures. Nos adversaires de l’étranger, comme de bien entendu, ont critiqué tous les pas que nous avons faits, les disqualifiant d’abord comme du ravalement de façade, comme insuffisants, puis s’efforçant de berner l’opinion publique en en présageant l’échec fatal ; maintenant, ils concentrent leur campagne sur le fait que notre peuple serait censément désenchanté et sceptique face à ce projet</p>
<p>On a parfois l’impression qu’ils prennent leurs désirs pour des réalités. En fait, ils révèlent leurs vraies visées quand ils exigent sans ambages que nous démontions le régime économique et social que nous avons conquis, comme si cette Révolution était prête à se soumettre à la reddition la plus humiliante ou, ce qui revient au même, à régir ses destinées selon des diktats dégradants.</p>
<p>D’Hatuey à Fidel, tout au long de cinq cents ans, notre peuple a versé bien trop de sang pour accepter maintenant de démanteler ce qu’il a conquis au prix de tant de sacrifices <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>Il vaut donc la peine de rappeler, une fois de plus, à ceux qui se bercent d’illusions mes affirmations du 1<sup>er</sup> août 2009, face à cette même Assemblée nationale : « Je n’ai pas été élu président pour restaurer le capitalisme à Cuba ni pour saborder la Révolution. J’ai été élu pour défendre, maintenir et continuer de perfectionner le socialisme, non pour le détruire. » <em>(Applaudissements.)</em></p>
<p>J’ajoute aujourd’hui que les mesures que nous appliquons et toutes les modifications qu’il s’avérerait nécessaires d’introduire dans l’actualisation de notre modèle économique visent à préserver le socialisme, à le fortifier et à le rendre vraiment irrévocable, selon la formule que nous avons introduite en 2002 dans la Constitution de la République à la demande de l’immense majorité de notre population.</p>
<p>Il faut étaler sur la table toutes les informations et tous les arguments qui justifient chaque décision et, soit dit en passant, supprimer la manie du secret à laquelle nous nous sommes accoutumés en plus de cinquante ans de harcèlement ennemi. Un État devra toujours maintenir en secret – c’est logique et nul ne le discute &#8211; certaines questions, mais pas celles qui définissent le cours politique et économique de la nation. Il est vital d’expliquer et de fonder en raison la justesse, la nécessité et l’urgence de chaque mesure, si dure qu’elle paraisse, et d’en convaincre le peuple.</p>
<p>Le parti, l’Union des jeunes communistes, aux côtés de la Centrale des travailleurs de Cuba et de ses syndicats, ainsi que les autres organisations de masse et organisations sociales, sont capables de mobiliser l’appui et de gagner la confiance de la population par un débat exempt de dogmes et de schémas inviables qui constituent un obstacle psychologique énorme et qu’il est indispensable de démonter peu à peu. Nous y parviendrons entre tous <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>C’est justement là le contenu essentiel de la Conférence nationale du parti qui se tiendra en 2011, après le Congrès, à une date que nous fixerons plus tard : nous y analyserons, entre autres points, les modifications à apporter aux méthodes et au style de travail de notre parti, lequel, justement à cause des déficiences présentées par les organes administratifs du gouvernement, a dû s’impliquer au fil des années dans des fonctions qui ne lui incombent pas, ce qui a limité et compromis sa condition d’avant-garde organisée de la nation cubaine et de force dirigeante supérieure de la société et de l’État, selon la formule de l’article 5 de notre Constitution.</p>
<p>Le parti doit diriger et contrôler les activités du gouvernement, non s’y ingérer, à quelque niveau que ce soit, car c’est à ce dernier qu’il incombe de gouverner, et chacun doit le faire selon ses normes et ses procédés conformément à sa propre mission dans la société.</p>
<p>Il faut changer la mentalité des cadres et de tous nos compatriotes face à ce nouveau scénario qui commence à se dessiner. Il s’agit tout simplement de transformer des concepts erronés et insoutenables au sujet du socialisme, très ancrés des années durant dans de vastes secteurs de la société à la suite de l’approche excessivement paternaliste, idéaliste et égalitariste que la Révolution a instituée au nom de la justice sociale.</p>
<p>Nous sommes beaucoup à confondre le socialisme avec les gratuités et les subventions, l’égalité avec l’égalitarisme, et à identifier le carnet d’approvisionnement avec un acquis social intangible.</p>
<p>Je suis convaincu à cet égard que plusieurs des problèmes auxquels nous nous heurtons aujourd’hui trouvent leur origine dans cette méthode de distribution qui, bien qu’inspirée au départ par la volonté salubre d’assurer au peuple un approvisionnement stable d’aliments et d’autres marchandises, face à l’accaparement sans scrupules auxquels certains recouraient à des fins de profit, constitue une expression manifeste d’égalitarisme qui bénéficie aussi bien à ceux qui travaillent et à ceux qui ne travaillent pas, ou à ceux qui n’ont pas besoin, ce qui favorise des pratiques de troc et de revente sur le marché noir, etc.</p>
<p>Régler cette question complexe et sensible n’est pas simple, car elle est étroitement en rapport avec le renforcement du rôle du salaire dans la société, ce qui ne sera possible que si, tout en réduisant les gratuités et les subventions, nous élevons la productivité du travail et l’offre de produits.</p>
<p>Sur ce point, tout comme sur la réduction des excédents de personnels, l’État socialiste ne laissera aucun citoyen dans l’abandon et, par le système d’assistance sociale, assurera aux personnes ne pouvant travailler la protection minimale requise. Les subventions continueront d’exister à l’avenir, mais elles concerneront non les produits, sinon les Cubaines et les Cubains qui en ont vraiment besoin pour une raison ou une autre.</p>
<p>Nous avons éliminé depuis septembre la distribution normalisée de cigarettes, un article qui ne concerne qu’une partie de la population et qui ne constitue pas, tant s’en faut, compte tenu de ses effets nocifs sur la santé, un produit de première nécessité.</p>
<p>Nous ne pourrons pas nous payer le luxe, l’an prochain, &#8211; on en a parlé ici au cours des débats – de dépenser presque cinquante millions de dollars – quarante-sept exactement – en importations de café pour maintenir les quantités distribuées jusqu’à présent aux consommateurs, dont les nouveau-nés. Nous prévoyons, parce que c’est là une mesure inéluctable, comme nous le faisions jusqu’en 2005, de le mêler aux petits pois, bien meilleur marché que le café, soit 390 dollars la tonne contre presque 3 000 dollars.</p>
<p>Si nous voulons continuer de prendre du café pur et sans rationnement, alors la seule solution est que nous le produisions à Cuba, où toutes les conditions culturales sont réunies pour obtenir la qualité la plus élevée, en quantités suffisantes pour satisfaire la demande, voire pour l’exporter.</p>
<p>À la fin de la guerre d’agression étasunienne, le peuple vietnamien héroïque et invaincu nous a demandé de lui apprendre à cultiver du café, et nous y sommes allés, nous lui avons appris, nous lui avons transmis notre expérience. Le Vietnam est aujourd’hui le second exportateur de café au monde. Et un fonctionnaire vietnamien a demandé à son collègue cubain : « Comment se fait-il que vous, qui nous avez appris à cultiver le café, vous nous en achetiez maintenant ? » Je ne sais ce que le Cubain lui a répondu. Il lui a sûrement dit : « Le blocus. »</p>
<p>Ces décisions-ci, et d’autres qu’il faudra appliquer, même si elles ne sont pas populaires, et nous le savons, sont absolument obligatoires si nous voulons maintenir, voire améliorer, les services gratuits de santé publique et d’éducation et la sécurité sociale à tous les citoyens.</p>
<p>Le leader de la Révolution cubaine, le <em>compañero</em> Fidel, a affirmé dans son mémorable discours du 17 novembre 2005 : « Il y a une conclusion que j’ai tirée au bout de bien des années : parmi les nombreuses erreurs que nous avons tous commises, la plus importante a été de croire que quelqu’un s’y connaissait en socialisme, ou que quelqu’un savait comment on bâtissait le socialisme. » Voilà à peine un mois, exactement cinq ans après, Fidel a ratifié ces concepts absolument d’actualité dans son message pour la Journée internationale de l’étudiant.</p>
<p>Je me rappelle pour ma part les opinions d’un fameux scientifique soviétique qui pensait, voilà une cinquantaine d’années – à l’époque du premier homme dans l’espace, qui a été Gagarine – que même si on avait prouvé théoriquement que l’homme pouvait voler dans l’espace, cela n’en restait pas moins un voyage vers l’inexploré, vers l’inconnu.</p>
<p>Même si nous avons pu compter sur le legs théorique marxiste-léniniste qui prouve scientifiquement que le socialisme est faisable et sur l’expérience pratique d’autres pays qui se sont efforcés de le construire, l’édification de la nouvelle société sur le plan économique est, à mon humble avis, un voyage vers l’inconnu, vers l’inexploré, raison pour laquelle chaque pas doit être mûrement pensé et être planifié avant de faire le prochain, afin de corriger les erreurs d’une manière opportune et rapide, sans attendre que le temps le fasse, car il ne fera que les aggraver et nous présentera à la fin une facture encore plus salée.</p>
<p>Nous sommes tout à fait conscients des erreurs que nous avons commises. Les Orientations indiquent justement le point de départ de la rectification et de l’actualisation nécessaire de notre modèle économique socialiste.</p>
<p>Que nul ne s’y méprenne : les Orientations marquent le cap sur l’avenir socialiste ajusté aux conditions de Cuba, non un retour au passé capitaliste et néocolonial liquidé par la Révolution. C’est la planification, et non le libre-échange, qui sera le trait distinctif de l’économique et, comme le signale la troisième Orientation générale, la concentration de la propriété est interdite. C’est clair comme de l’eau de roche, même s’il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.</p>
<p>Le socialisme doit se bâtir selon les particularités de chaque pays. C’est là une leçon historique que nous avons très bien apprise. Nous n’avons plus l’intention de copier qui que ce soit, car ça nous a attiré bien des déboires, d’autant que nous copiions mal, comme je le disais hier. Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous ignorions les expériences des autres et que nous n’apprenions pas d’elles, y compris des expériences positives des capitalistes.</p>
<p>Pour revenir au changement de mentalité nécessaire, je vais donner un exemple. Puisque nous sommes arrivés à la conclusion que le travail à son compte constitue une possibilité d’emploi de plus pour les citoyens d’âge actif, en permettant d’élever l’offre de biens et services et de libérer l’État de ces activités de sorte qu’il se concentre sur ce qui est vraiment décisif, la fonction du parti et du gouvernement est donc de le faciliter, et non de le stigmatiser à partir de préjugés, encore moins de le sataniser. Pour ce faire, il est essentiel que bon nombre d’entre nous modifient l’évaluation négative qu’ils ont du travail privé. Les classiques du marxisme-léninisme, projetant les traits qui devaient caractériser la construction de la nouvelle société, ont défini entre autres que l’État, représentant tout le peuple, doit maintenir la propriété des moyens de production fondamentaux.</p>
<p>Nous avons fait de ce principe un absolu et nous avons transformé en propriété publique presque toute l’activité économique du pays. Les mesures que nous avons prises et que nous continuerons de prendre pour amplifier et assouplir le travail à son compte sont issues de profondes réflexions et analyses, et je peux assurer que, cette fois-ci, nous ne reculerons pas.</p>
<p>De son côté, la Centrale des travailleurs de Cuba et ses syndicats nationaux étudient les formes et les méthodes requises pour organiser la prise en charge de cette force de travail, promouvoir le respect rigoureux de la loi et des impôts, et motiver chez ces travailleurs le rejet de l’illégalité. Nous devons défendre leurs intérêts, – je le répète : nous devons défendre les intérêts des travailleurs à leur compte – comme nous le faisons pour n’importe quel autre citoyen, pourvu qu’ils respectent les normes juridiques approuvées.</p>
<p>À cet égard, il est très important d’introduire aux différents niveaux d’enseignement les concepts clefs du système fiscal afin de familiariser d’une manière constante et concrète les nouvelles générations au fait que les impôts sont la forme la plus universelle de redistribution de la richesse nationale pour garantir les dépenses sociales, dont l’aide aux plus nécessiteux.</p>
<p>À l’échelle de toute la société, nous devons promouvoir les valeurs civiques de respect par tous les citoyens de leurs obligations fiscales, créer chez les gens cette culture et cette discipline, récompenser ceux qui paient leurs impôts et punir ceux qui ne le font pas.</p>
<p>Il existe un autre point sur lequel, malgré les progrès enregistrés, il reste encore beaucoup à faire : promouvoir les différentes  formes de production agricole, afin de supprimer les obstacles qui empêchent d’optimiser les forces productives, de sorte que, tout en nous permettant de moins importer d’aliments, les agriculteurs puissent obtenir des revenus justes et raisonnables en fonction de leur dur labeur, ce qui ne justifie pas pour autant qu’ils imposent des prix abusifs à la population.</p>
<p>Voilà maintenant deux ans que nous avons commencé à distribuer en usufruit des terres en friche. Je pense que nous sommes maintenant en mesure d’analyser l’assignation de terres supplémentaires, au-delà des limites fixées dans le décret-loi 259 de juillet 2008, aux producteurs et aux éleveurs qui ont obtenu des résultats marquants en utilisant intensivement les sols sous leur responsabilité.</p>
<p>J’estime opportun de préciser que les terres confiées en usufruit constituent la propriété de tout le peuple, de sorte que si l’État en avait besoin un jour pour d’autres usages, il compenserait les usufruitiers de leur investissement et leur paierait la valeur de leurs apports.</p>
<p>Une fois conclue l’étude des expériences accumulées, nous présenterons au Conseil d’État, au moment opportun, les propositions de modifications correspondantes à ce décret-loi. Les paysans sont représentés au Conseil d’État en la personne du <em>compañero</em> Lugo Fonte, président de l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP).</p>
<p>L’un des obstacles les plus difficiles à surmonter dans la formation de cette nouvelle vision des choses – et nous devons le reconnaître publiquement – c’est l’absence de culture économique dans la population, voire chez nombre de cadres qui, étalant une ignorance crasse en la matière, adoptent ou proposent face aux problèmes quotidiens des décisions qui ne tiennent absolument pas compte de leurs effets et des dépenses qu’elles engendrent, ou ne se demandent jamais s’il existe pour cela des ressources suffisantes au plan et au budget.</p>
<p>Je ne révèle rien en disant que l’improvisation en général et en économie en particulier conduit forcément à l’échec, indépendamment des bonnes intentions.</p>
<p>L’organe officiel de notre parti a reproduit, le 2 décembre, pour le cinquante-quatrième anniversaire du débarquement du <em>Granma</em>, un extrait du discours prononcé à cette même date de 1976 par Fidel, vingt ans à peine après cet événement. Je juge opportun de le redire ici, du fait son actualité : « La force du peuple et d’une révolution repose justement dans leur capacité à comprendre les difficultés et à leur faire face. Nous avancerons malgré tout dans de nombreux domaines et nous lutterons d’arrache-pied pour élever l’efficacité de l’économie, économiser des ressources, réduire les dépenses non vitales, accroître les exportations et créer dans chaque citoyen une conscience économique. Je viens de dire que nous sommes tous des politiques ; j’ajoute maintenant que nous devons tous être aussi des économistes. Des connaisseurs de l’économie, je dis bien, pas de l’économisme, car autre chose est une mentalité d’épargne et d’efficience, et autre chose une mentalité de consommation. »</p>
<p>Oui, des économistes. Ce qui ne veut pas dire que nous allions maintenant tous chercher à décrocher un diplôme d’économiste, car nous en avons assez. Non, ça veut dire maîtriser les principes de l’économie, non passer un doctorat.</p>
<p>Le cœur même de ces Orientations que vous avez discutées et du développement économique était déjà là : produire ce qu’on peut exporter, réduire les importations, investir dans des domaines à amortissement rapide, élever l’efficience de l’économie. Économiser des ressources, réduire les dépenses non essentielles – nous en avons parlé tous ces jours-ci – augmenter les exportations, créer chez chaque citoyen une conscience économique. Je répète : « Des connaisseurs de l’économie, je dis bien, pas de l’économisme, car autre chose est une mentalité d’épargne et d’efficience, et autre chose une mentalité de consommation. » Dit un 2 décembre, voilà trente-quatre ans !</p>
<p>Dix ans après, le 1<sup>er</sup> décembre 1986, durant la session ajournée du Troisième Congrès du Parti, Fidel a affirmé : « Bien des gens ne comprennent pas que l’État socialiste, qu’aucun État, qu’aucun système ne peut donner ce qu’il n’a pas, et à plus forte raison, qu’il ne peut pas avoir s’il ne produit pas, si l’argent se distribue sans contrepartie productive. Je suis sûr que les effectifs gonflés, l’excès d’argent remis aux gens, les stocks immobilisés, les gaspillages ont beaucoup à voir avec le grand nombre d’entreprises non rentables dans notre pays. »</p>
<p>Trente-quatre ans et vingt-quatre ans respectivement après ces affirmations du chef de la Révolution, ces problèmes et bien d’autres existent toujours.</p>
<p>Oui, eh bien, que faisions-nous ? Pourquoi n’avons-nous pas appliqué les instructions ou plutôt les orientations du chef de la Révolution ? Nous applaudissions les discours, nous lancions de vivats à la Révolution, et après tout restait pareil !</p>
<p>Fidel a fait ce qu’il lui incombait, et j’essaie de trouver une explication : Fidel ouvrait des brèches avec génie et signalait la voie, mais nous, les autres, nous n’avons pas su garantir et consolider la marche vers ces objectifs.</p>
<p>Nous avons manqué en fait de cohésion – malgré l’unité de ce peuple autour de son parti, de ses dirigeants, de son gouvernement, notre arme stratégique fondamentale pour pouvoir survivre plus de cinq décennies, telle une forteresse assiégée, face au plus puissant Empire de l’Histoire. Oui, nous avons manqué de cohésion, d’organisation et de coordination entre le parti et le gouvernement. Au milieu des menaces et des urgences quotidiennes, nous avons négligé la planification à moyen et long termes, nous n’avons pas été assez exigeants face aux violations et aux erreurs économiques commises par certains dirigeants et nous avons trop tardé à rectifier des décisions qui n’ont pas eu l’effet escompté.</p>
<p>J’ai dit plus d’une fois – et ici même à notre Assemblée nationale – que presque tout a été dit dans cette Révolution et que nous devons analyser quelles sont les orientations de son chef que nous avons appliquées et lesquelles nous n’avons pas appliquées, depuis son vibrante plaidoirie, « L’Histoire m’acquittera », jusqu’à aujourd’hui. Nous récupérerons les idées de Fidel qui sont toujours d’actualité et nous ne permettrons pas qu’il nous arrive la même chose.</p>
<p>Ce qui explique ces Orientations, et la ligne qu’ont suivie le parti et le gouvernement au sujet des erreurs, des violations, etc., etc. Si nous voulons sauver la Révolution, il faut appliquer ce que nous avons décidé, ne pas permettre, comme ça s’est passé jusqu’ici dans bien des cas éloquents, que les documents aillent dormir du sommeil du juste dans les tiroirs, comme on l’a expliqué durant ces journées-ci de discussions, fructueuses, démocratiques et vraiment profondes. C’est de cette manière que nous voulons que le peuple continue de discuter ces Orientations, durant les presque cent jours qu’il reste encore. Soit nous rectifions soit nous n’aurons plus le temps de continuer de frôler le précipice et nous y tomberons, et nous saborderons, comme je l’ai dit avant, l’effort de générations entières, depuis l’Indien Hatuey, venu de ce qui est aujourd’hui la République dominicaine et Haïti – le premier internationaliste de notre pays – jusqu’à Fidel, qui nous a conduits avec génie à travers ces situations si compliquées depuis le triomphe de la Révolution <em>(applaudissements).</em></p>
<p>N’oublions jamais, les moins jeunes, ou ceux qui sont plus âgés, mais qui continuons d’être jeunes et restons sur la brèche <em>(applaudissements)</em>, et les nouvelles générations aussi – dont certains représentants se sont exprimés ici hier d’une manière éloquente – ce qu’a dit Fidel, une fois arrivé dans la capitale, depuis la principale caserne de Batista, l’ancienne Columbia, aujourd’hui Cité Liberté : « La Révolution a triomphé, la joie est immense, mais il y a encore beaucoup à faire. N’allons pas croire que désormais tout sera facile. Tout sera peut-être plus difficile. » Et cette orientation visionnaire et précise de Fidel a bel et bien été une réalité durant ces cinquante ans et quelque.</p>
<p>Tout n’allait pas être couleur de rose. Nous savions les problèmes qui se poseraient. Nous n’avions que le peuple et les armes, celles que nous avions enlevées à Batista, et après nous avons continué de nous armer autant que nous avons pu jusqu’à aujourd’hui. Et nous avions la grande unité de notre peuple que Fidel a su forger et à laquelle nous devons veiller comme à la prunelle de nos yeux, comme à la vie même. Mais cette unité ne se fait pas par décret. Nous serons d’autant plus unis que nous appliquerons des méthodes absolument démocratiques dans tout le cours politique de la nation, depuis une cellule du parti jusqu’à l’organe supérieur du pouvoir de l’Etat, qui est cette Assemblée nationale-ci, et en faisant preuve de patience.</p>
<p>Nous avons un pays qui possède un niveau d’instruction élevé, et nous avons des tas de choses positives, nous avons fait des progrès gigantesques qu’il n’y a pas le lieu d’énumérer ici. Des acquis de la Révolution, notre presse s’en charge bien, et nous abondons aussi là-dessus dans les discours. Mais il nous faut aller à la racine des problèmes, comme ça s’est fait à cette session de notre Assemblée nationale.</p>
<p>Bref, les questions que nous avons analysées et les erreurs que nous avons critiquées ne peuvent pas se répéter. La vie de la Révolution est en jeu.</p>
<p>Les erreurs, analysées avec honnêteté, peuvent se convertir en expériences et en leçons pour les surmonter et ne pas les refaire. Telle est la grande utilité de l’analyse profonde des erreurs, ce qui doit finir par devenir une norme de conduite permanente de tous les dirigeants.</p>
<p>Vous connaissez l’adage selon lequel l’homme est le seul animal qui butte deux fois sur la même pierre. Eh bien, j’en connais certains ici qui ont butté cinq fois, six fois, dix fois, et si vous ne les arrêtez pas, ils continueront de butter. Ce n’est pas seulement la douleur à la cheville ou au bout du pied, c’est que ces erreurs coûtent des millions ! Vous avez écouté la liste qu’a dressée le vice-président, notre ministre de l’Économie et de la Planification, Murillo, ou le président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, le <em>compañero</em> Osvaldo Martínez, qui vient d’en parler : par exemple, le manque à gagner de tant de millions en rapport avec les cours du sucre, qui ont été déprimés toutes ces années-ci et qui sont repartis à la hausse, parce que nous n’avons pas atteint la production de sucre prévue pour une raison ou pour une autre ; tel autre manque à gagner de tant de millions de dollars dans un autre domaine, par inaccomplissement des plans, et dans tel autre…</p>
<p>Je le commentais avec Machado Ventura en entendant ça : si tu fais le calcul des millions de manque à gagner par inaccomplissement des plans, vois un peu combien de problèmes nous aurions réglés. Et c’est comme ça dans tous les domaines.</p>
<p>Voilà pourquoi je suis partisan à outrance d’en finir avec notre manie du secret, même si nous devons en maintenir certains. Hier, par exemple, nous avons parlé de points que je ne pense pas publier. Presque rien n’a été publié dans notre presse de mes interventions, et c’est parce que j’ai demandé qu’on ne le fasse pas, justement pour pouvoir parler librement, en séance non publique, pour que nous puissions discuter, comme on dit, à visage découvert. Nous n’avons pas eu à beaucoup tomber le masque, c’est vrai, mais nous avons discuté de ce qu’il fallait discuter. Parfait, donc.</p>
<p>Oui, je suis partisan de lutter contre la manie du secret, parce que, sous ce tapis tout orné, il se cache les failles que nous avons et que les responsables ont tout intérêt à ce que continue pareil. Je me rappelle certaines critiques que j’avais personnellement demandé à la presse de publier, voilà maintenant bien des années, des critiques non contre un organisme, mais contre un produit. Et aussitôt la grosse bureaucratie s’est mobilisée : « Ça n’aide pas, ça démoralise les travailleurs ! »  Quels travailleurs vous allez donc démoraliser ainsi ?  Une autre occasion, ça a été la grande entreprise laitière du Triángulo. Ça faisait des semaines qu’un des camions de cette laiterie – qui est immense, et qui le reste, et qui est maintenant un centre de reproduction génétique<em> (on lui dit qu’il s’agit de Triunvirato)</em>. Oui, oui, Triunvirato, c’est exact. Le Triángulo, c’est en Camagüey. Donc, un des camions de ramassage du lait était en panne, et alors le lait d’une partie de cette entreprise, pas de l’entreprise complète, on en alimentait les cochons !</p>
<p>Et j’ai demandé alors à un secrétaire du Comité central qui chapeautait l’agriculture à ce moment de raconter tout ça dans <em>Granma</em>, de faire une critique. Quel coup de pied dans la fourmilière j’avais donné ! Mais on ne savait pas que c’était moi qui avais demandé de le faire, et certains sont venus me voir pour me dire : « Ces trucs-là n’aident pas, ça démoralise les travailleurs ! » Tout près du chef-lieu de province, en train de jeter le lait, d’en nourrir les cochons !</p>
<p>Alors, pas question de manie du secret. Si vous voulez garder le secret sur vos déficiences, eh bien, battez-vous et efforcez-vous de ne pas les commettre !</p>
<p>Bref, je le répète, les erreurs, analysées avec honnêteté, peuvent se convertir en expériences et en leçons pour les surmonter et ne pas les refaire.</p>
<p>Si nous ne le faisons pas, nous continuerons de commettre les mêmes erreurs. Je le disais : à Cuba, vous avez des animaux qui buttent,  non pas deux fois, mais des tas de fois, sur la même pierre.</p>
<p>Je pourrais aussi évoquer un autre Dominicain, un grand internationaliste, le chef de notre armée de libération, le généralissime Máximo Gómez, qui nous connaissait bien, mariée à une Cubaine, Manana dont les enfants sont nés sur le champ de bataille, dont beaucoup sont morts dans le besoin, cette Manana qui ne l’abandonnait jamais… Et Gómez disait : « Les Cubains ? Ou ils n’en font pas assez ou ils en font de trop ! » Ce n’est pas vrai ? <em>(On lui répond que oui.)</em> Alors, tâchons d’en faire de trop, mais en remplissant strictement notre devoir…</p>
<p>Je le redis : Telle est la grande utilité de l’analyse profonde des erreurs, ce qui doit finir par devenir une norme de conduite permanente de tous les dirigeants, à toutes les instances, à tous les niveaux. Celui qui ne le fait pas viole son principal devoir de dirigeant.</p>
<p>La réalité des chiffres dépasse toutes nos aspirations et tous nos désirs. L’arithmétique la plus élémentaire nous apprend que deux et deux font quatre, pas cinq ni six, comme je l’ai dit une fois ici. Il n’y a pas besoin d’être économiste pour le comprendre. Et cette fois-là, j’ai ajouté : « mais parfois, à cause de nos déficiences, deux et deux font trois. » Ainsi donc, si à un moment donné nous voulons faire en matière économique et sociale quelque chose qui dépasse les ressources disponibles, sachons d’avance les conséquences et soyons conscients que les faits s’imposeront irrémédiablement à la fin dans toute leur brutalité, malgré toutes nos bonnes intentions.</p>
<p>Cuba compte des dizaines de milliers de diplômés en économie, comptabilité et finances, pour ne citer que ces professions, et nous n’avons pas su les utiliser dûment pour développer notre nation dans l’ordre.</p>
<p>Nous possédons le plus valable – le <em>compañero</em> Fidel en a parlé bien des fois &#8211; le capital humain, que nous devons utiliser avec le concours de l’Association nationale des économistes et comptables (ANEC) afin d’éduquer dans ce domaine, d’une manière constante et systématique, notre peuple instruit et ses dirigeants à tous les niveaux. Une forte représentation du Comité national de l’ANEC a participé – avec nous autres et plusieurs des dirigeants présentes, et la totalité ou presque du Conseil des ministres -  aux premiers séminaires sur les Orientations que nous avons organisés, et nombre de ses membres sont fortement impliqués dans les discussions en cours. La direction nationale au complet a assisté à ces séminaires, et ensuite les autres se sont incorporés à cette activité dans les provinces et les communes, directement, avec les militants du parti et la population.</p>
<p>Il faut souligner dans ce sens la contribution décisive apportée par des milliers de comptables afin que la comptabilité retrouve la place qu’il lui correspond – vous savez de quoi je parle, vous savez comment va la comptabilité dans notre pays, dans presque toutes les entreprises – dans la direction de l’activité économique qui, comme nous le savons, est une condition indispensable au succès ordonné de tout ce que nous nous proposons.</p>
<p>Dans ces circonstances, nul ne peut oublier l’importance qu’il y a à maintenir une approche différenciée de la jeunesse – j’aborde un autre point, celui des diplômés universitaires et des techniciens du secondaire, comme cela apparaît dans la première résolution du ministère du Travail &#8211; et, par conséquent, à exclure du processus de mise en disponibilité les jeunes diplômés durant leur époque de service social. Sinon, ils seront les premiers sacrifiés.</p>
<p>Il ne s’agit pas de les situer à des postes sans rapport avec leurs études, comme cela est arrivé par le passé – au point que certains se retrouvaient portiers, indépendamment de leurs titres ou de leurs connaissances théoriques – parce que cette période du service social est conçue justement pour les former directement sur les lieux de production et de services, pour compléter dans la pratique la formation reçue sur les bancs de l’école et cultiver en eux l’amour du travail. Si nous ne faisons pas comme ça, nous sacrifions l’avenir immédiat, car ce sont nos successeurs.</p>
<p>Non moins importante est la tâche des cadres et spécialistes impliqués dans la mise au point et la révision des documents légaux en rapport avec les modifications introduites peu à peu. Ainsi, rien que pour assurer la couverture légale – car on ne peut faire un seul pas sans en donner d’abord le fondement juridique – de deux Orientations (158 et 159), concernant l’exercice du travail à son compte, de son régime fiscal et du processus de mise en disponibilité, il a fallu émettre presque trente dispositions entre décrets-lois – nous avons adopté ici aujourd’hui ceux qui ont été promulgués durant cette période &#8211; accords du gouvernement et résolutions de ministères et d’instituts nationaux.</p>
<p>Voilà juste quelques jours – voyez cet exemple &#8211; une résolution du ministère des Finances modifiant le prix d’achat au producteur d’une série de produits agricoles a entraîné l’invalidation de trente-six autres résolutions antérieures de cet organisme, et toujours en vigueur. Qui peut donc maîtriser une activité de ce genre, la fixation des prix des produits agricoles non vendus selon la loi de l’offre et de la demande, s’il doit recourir à trente-six documents ! Vous avez beau avoir des ordinateurs, c’est impossible. Et ainsi, vous avez de nombreuses décisions qui viennent remplacer les précédentes, comme ça, à la queue-leu-leu… Une seule décision en a remplacé trente-six toujours en vigueur !</p>
<p>Ceci vous donne une idée du travail qui nous attend encore en matière de restructuration juridique afin de renforcer l’institutionnalisation du pays – non parce que nous adorons les papiers, mais parce que toute activité doit être régulee par un document adopté officiellement &#8211; et d’éliminer tant de prohibitions irrationnelles que nous avons maintenues pendant des années sans tenir compte des circonstances, ce qui a créé le bouillon de culture idéal à de nombreux agissements en marge de la loi et provoqué fréquemment la corruption à différents niveaux. La vie nous conduit à cette conclusion : les prohibitions irrationnelles favorisent les violations, ce qui conduit à la corruption et à l’impunité. La population a donc tout à fait raison d’exprimer ses préoccupations – et elle l’a fait dès l’analyse de mon discours de 2007, qui n’était pas un discours qu’il valait la peine de discuter avec la population, mais de toute façon, on a dit aux gens : « Bon, d’accord, discutez-en », et j’ai moi-même rendu compte ici des résultats de cette enquête ; ça a servi en plus à tirer des leçons et des expériences pour tout ce que nous sommes en train de faire maintenant, et nombre des prises de position de ce moment-là apparaissent dans les Orientations dont nous discutons aujourd’hui, c’est donc un processus de plusieurs années &#8211; devant les démarches tracassières relatives au logement et à la vente-achat de véhicules entre personnes, pour ne citer que deux exemples de situations dont la solution ordonnée fait l’objet d’étude.</p>
<p>Car, et Marino le rappelait hier, l’État réglemente ses relations avec l’individu, mais il n’a pas à se mêler des relations entre deux individus et à vouloir les réglementer. Si j’ai une voiture et qu’elle est à moi, j’ai le droit de le vendre à qui je veux, pourvu que je respecte les normes relatives au registre de la propriété.</p>
<p>Il faut par ailleurs simplifier et regrouper la législation en général trop dispersée. Les documents clefs sont émis pour être appliqués par les responsables correspondants, mais pour végéter dans un tiroir. Il faut donc éduquer tous les cadres et exiger qu’ils travaillent à partir des dispositions légales qui régissent leurs fonctions et faire en sorte que leur respect soit une condition requise pour occuper un poste donné. Hier ou avant-hier, on a cité un exemple d’un fait concret qui était un dénominateur commun dans toutes les provinces. Il était devenu normal de mettre les documents dans un tiroir, tandis que la vie suit son cours.</p>
<p>Il vaut la peine de rappeler une fois de plus que nul n’est censé ignorer la loi et que, selon la Constitution, tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Quiconque commet un délit, indépendamment de son poste, devra donc en payer les conséquences et sentir le poids de la justice.</p>
<p>Je passe à un autre point, qui apparaît aussi dans les Orientations : comme on l’a informé ici – on a retiré du plan de l’année prochaine soixante-huit investissements importants pour le pays parce qu’ils ne remplissent pas les conditions requises, entre autres la détermination du financement, la préparation technique et des projets, la définition des forces de constructeurs capables de s’en acquitter dans les délais fixés et l’évaluation des études de faisabilité. Nous ne permettrons pas que les ressources assignées aux investissements soient gaspillées par spontanéisme, improvisation et superficialité, tous facteurs qui ont caractérisé bien souvent les investissements. Tout ceci a été discuté au Conseil des ministres, et beaucoup de vous le savent : quiconque viole cette norme doit en subir les conséquences, quelles qu’elles soient.</p>
<p>Sur ce point, je tiens à souligner le rôle déterminant que doivent jouer les cadres du parti, de l’État, du gouvernement, des organisations de masse et de jeunes dans la conduite coordonnée et harmonieuse de l’actualisation du modèle économique cubain.</p>
<p>Nous avons maintenant un champ de bataille spécial et bien délimité pour prouver que tout ceci peut se faire et se faire bien, sans en faire pas assez ou trop, comme disait le Généralissime.</p>
<p>Compte de la décentralisation graduelle en cours, nous avons adopté des mesures pour élever l’autorité des dirigeants administratifs et d’entreprises auxquels nous continuerons de déléguer des facultés. Nous avons, parallèlement, perfectionné les procédés de contrôle et renforcé l’exigence face à la négligence, à l’indolence et à d’autres conduites incompatibles avec l’exercice de fonctions publiques.</p>
<p>La vice-présidente du Conseil d’Etat, Gladys Bejerano, qui, vous le savez, dirige avec efficacité la Cour des comptes, est assise là, au premier rang.</p>
<p>Gladys Berejano dirigeait avant le ministère de l’Audit et du Contrôle, le MAC, qui ne pouvait pas faire grand-chose parce que les gens trouvaient toujours des justifications et qu’apparaissait toujours un parrain, etc., et la <em>compañera</em> n’était pas bien vue par certains. Quand elle contrôlait, aussitôt les lamentations tombaient : « Non, ça n’aide pas », ou « Ça démoralise » &#8211; pensez un peu ! – ou « Elle dit des choses très dures, elle est très dure ». Justement, c’est bien ça que nous voulons, et c’est ce que j’exige d’elle constamment, maintenant qu’elle dirige la Cour des comptes, qui dépend du Conseil d’État et dont je suis personnellement le fonctionnement jour après jour, ainsi que le procureur général de la République, auxquels je confie des tâches.</p>
<p>À un moment donné – je n’avais pas encore cette responsabilité – j’ai dit : « Je crois que nous devrions dissoudre ce ministère. » J’ai vu des visages s’épanouir, sauf celui de Gladys, qui faisait triste mine parce qu’elle pensait qu’on méprisait son travail si important. J’ai laissé s’écouler une minute, et j’ai ajouté : « Nous allons dissoudre ce ministère, qui a la même hiérarchie que les autres, et nous allons créer la Cour des comptes subordonnée au Conseil d’État, et elle, nous allons la nommer vice-présidente. »  J’ai vu les visages s’assombrir à nouveau, et le sien s’épanouir <em>(rires)</em>. Ce n’est pas de la blague ce que je vous raconte, ce n’est pas de la blague <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>Autrement dit, les dirigeants administratifs, les ministres, les administrations provinciales et municipales vont recevoir des facultés accrues, nous allons les appuyer, nous allons décentraliser des facultés d’en-haut.</p>
<p>Nous avons dit que l’administration municipale doit avoir des facultés et des ressources, et nous avons parlé de la façon de les obtenir, et nous allons continuer de déléguer des facultés. Je répète : Nous avons, parallèlement, perfectionné les procédés de contrôle et renforcé l’exigence face à la négligence, à l’indolence et à d’autres conduites incompatibles avec l’exercice de fonctions publiques.</p>
<p>Nous sommes aussi tout à fait conscients du dommage que le phénomène de la « pyramide inversée » a causé durant des années à la politique des cadres, autrement dit le fait que les salaires ne correspondent pas à l’importance et à la hiérarchie des postes de direction, et qu’il n’existe pas de différenciations adéquates entre les uns et les autres, ce qui freine la promotion des plus capables aux responsabilités supérieures dans les entreprises et les ministères. C’est là une question fondamentale qu’il faut régler en fonction des Orientations 156 et 161 concernant la politique salariale.</p>
<p>Le Sixième Congrès du parti sera forcément, par loi vitale, – ne l’oubliez jamais ­– le dernier pour la plupart de ceux qui constituent, comme nous, la « génération historique ». Il nous reste peu de temps,  la tâche est gigantesque, et je pense, sans vouloir faire preuve d’immodestie ou de vanité personnelle, ou de sentimentalisme, que nous avons l’obligation de profiter de l’autorité morale que nous avons devant le peuple pour tracer la route à suivre et laisser quelques autres questions importantes résolues <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>Nous ne nous croyons pas plus intelligents ni plus capables que d’autres, tant s’en faut, mais nous sommes convaincus en tout cas que notre devoir élémentaire est de corriger les erreurs que nous avons commises durant ces cinquante ans de construction du socialisme à Cuba. Nous emploierons dans ce but toute les énergies qu’il nous reste et qui, heureusement, sont encore robustes <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>Nous redoublerons de constance et d’intransigeance face à ce qui est mal fait. Les ministres et les autres dirigeants politiques et administratifs savent qu’ils peuvent compter sur tout notre appui quand, dans l’exercice de leurs fonctions, ils éduqueront leurs subordonnés et seront exigeants envers eux, et qu’ils n’auront pas peur de se mouiller. En règle générale, personne ne veut s’attirer des ennuis. Eh bien, n’ayez pas peur de vous en attirer en faisant face à la gabegie. Se mouiller pour contrer ce qui est mal fait, c’est en ce moment une de nos tâches principales pour surmonter toutes ces déficiences dont nous avons parlé.</p>
<p>Qu’il soit aussi clair pour tout le monde que nous ne sommes plus au début de la Révolution, en 1959, dans les premiers mois, quand certains de ceux qui occupaient des postes au gouvernement – en particulier au premier gouvernement qu’avait nommé Urrutia, exception faite de la Défense et de l’Agriculture… En effet, on lui avait dit : « Laissez ça tranquille », parce qu’on pensait à la réforme agraire et aux armements qu’il fallait acquérir. Je vous parle du 2 janvier 1959. Après avoir parlé à la population sur la place Céspedes, Fidel s’était rendu au quartier général de l’ennemi pour inviter les soldats à se joindre à nous, parce qu’il y avait eu un coup d’État dans la capitale, et que nous ne savions pas conduire les chars, manier l’artillerie et les autres moyens sur place. Et on avait laissé Urrutia et d’autres compagnons dirigeants du 26-Juillet à l’Université de Santiago de Cuba, pour qu’ils nomment le gouvernement.</p>
<p>J’ai fait transmettre ce message à Urrutia, le 2 janvier au petit matin, car le meeting sur la place avait fini après minuit : « On vous recommande de ne pas toucher aux ministères de l’Agriculture et de la Défense. » C’est tout ce qu’on lui a dit. Et quand je lui ai fait savoir de la part de Fidel qu’il devait nommer le colonel Rego Rubido, qui venait juste de se rendre à Fidel aux hauts d’Escandel, le 1<sup>er</sup> janvier, eh bien, mon Urrutia est venu me trouver dans le garage de la villa de Vista Alegre, tandis qu’une foule entourait l’endroit pour venir saluer. Urrutia se promenait de long en large dans le garage, et la discussion a duré un bon moment. Il me disait : « Je ne peux pas nommer un <em>casquito</em> chef de l’Armée rebelle ! » Je lui disais : « Écoutez, président, Fidel sait ce qu’il fait. Il y a eu un coup d’État à La Havane, il est parti à Bayamo parler aux soldats de Batista… »  Justement les soldats qui l’ont rejoint ensuite en route et l’ont accompagné jusqu&#8217;à La Havane. Le trajet a duré une semaine, et les poils de la barbe avaient même commencé à pousser quand ils sont arrivés à Columbia.  Guillermo était avec Fidel, et d’autres qui sont ici présents : Colomé, Ramiro, lui, est venu avec le Che, Polito avec Fidel. Álvaro, je ne sais pas ce qu’il a fait, il avait quinze ans. Tu es resté là-bas ou tu es venu aussi ? <em>(Il dit être resté à Santiago.)</em> Tu es resté à Santiago, tu as bien fait, tu es de là-bas.</p>
<p>Il y avait cinq mille soldats ennemis dans la ville, et je n’avais que deux ou trois escortes avec moi. Nous avons créé quelques colonnes, parce que nous avons préparé à Fidel une bonne force. Lussón, qui était le chef d’une colonne plus puissante, dont faisait partie Colomé ; Belarmino était dans l’autre colonne ; Efigenio, on l’a monté à bord de quelques vieux avions saisis à Batista, pour qu’il aille à La Havane se charger de la police. Efigenio Ameijeiras était le chef de la VI<sup>e</sup> colonne, devant Guantánamo, et je l’avais nommé chef des trois colonnes qui encerclaient la ville et que nous pensions occuper le 2 janvier, après la trahison du général Cantillo.</p>
<p>Pour ma part, je suis entré dans le bureau même de Chaviano, justement le bureau où on m’avait interrogé lors de l’attaque de la Moncada. Je suis entré par cette même porte.</p>
<p>Je suis tombé prisonnier, heureusement, bien des jours après que la répression et le massacre de nos compagnons de la Moncada avaient cessé, et on ne m’a pas tapé dessus, je n’ai pas connu cette expérience. Mais j’avais décidé de me porter dignement, sans insolence, et on m’a fait passer au milieu d’une rangée de soldats qui m’insultaient, et le capitaine et les officiers le lui demandaient : « Laissez-le-moi, mon capitaine, pour faire justice. »</p>
<p>Cinq ans, cinq mois et cinq jours après, le 1<sup>er</sup> janvier 1959, nous sommes entrés dans Santiago de Cuba. Je me suis rendu à la caserne Moncada pour parler à toute la garnison, et j’y suis entré cette fois-ci au milieu des vivats, et je n’avais qu’un soldat avec moi comme escorte, et je leur ai parlé.  Ma mission était de réunir tous les officiers et de les conduire à l’Escandel, du côté du Caney, pour rencontrer Fidel. Je n’ai pas pu ressortir de la Moncada, une foule de soldats et de sergents m’a conduit en poids à leur quartier, à côté de la caserne, et on m’a donné du café, je ne pouvais plus repartir… <em>(Quelqu’un lui dit quelque chose.)</em> Comment ? Ah oui, le « <em>gerolan </em>» ! Bon, je suis en train de m’adresser aux soldats, et eux de scander: « <em>Gerolan </em>! <em>Gerolan </em>! » Alors, je demande aux officiers de Batista: « C’est quoi, le <em>gerolan</em> ? » Personne ne me répondait, et les autres de scander : « <em>Gerolan, gerolan </em>! » J’étais en train de m’égosiller à leur parler depuis un balcon, et pas moyen, il n’y en avait que pour ce <em>gerolan</em>… Le soldat rebelle qui m’accompagnait ne savait pas non plus, jusqu’à ce qu’un officier, un lieutenant ou un sous-lieutenant, un comptable, je crois, de la logistique, s’approche de moi et me dit : « <em>Comandante</em>, le <em>gerolan</em>, c’est la paie supplémentaire qu’on leur verse quand ils sont en campagne. » Je lui demande : « On ne la leur a pas versée ? » Il me dit : « Non, parce qu’ici les chefs n’informaient même pas des morts pour pouvoir empocher l’argent. » Je dis alors : « Demain, après avoir occupé la forteresse, du <em>gerolan</em> pour tout le monde ! »  Vous auriez dû voir ça ! Du délire ! Je me suis dit : « Une sacrée troupe que j’ai en face!  » <em>(Rires.)</em> On a demandé un crédit à une banque et on leur a payé le <em>gerolan</em>… Ces pauvres soldats n’avaient pas… Voilà ce que Guillermo voulait rappeler.</p>
<p>Ah oui, qu’est-ce que c’était que ce <em>gerolan </em>? C’était une espèce de potion qui avait censément des propriétés spéciales, un truc de charlatan <em>(rires)</em>.</p>
<p>Je disais donc que nous ne sommes plus dans les premières années de la Révolution…</p>
<p>Ah oui, je n’ai pas terminé l’histoire d’Urrutia… Melba Hernández – qui n’est pas avec nous aujourd’hui – en est témoin. Je ne l’avais plus revue depuis l’époque du Mexique, et après elle a pu rejoindre le III<sup>e</sup> front d’Almeida. Comme ces villas de Vista Alegre possèdent un garage qui donne directement sur la cuisine par un escalier, elle était dans la cuisine et attendait que notre dispute se termine. Je lui avais fait signe d’attendre. Donc, mon Urrutia se promenait de long en large, les mains dans le dos. Le temps passait. Alors, mes origines de Galicien ont apparemment pris le dessus et je lui ai lancé une bordée de gros mots que je ne peux pas répéter ici. Et je lui dis : « Écoutez, ça fait sept ans que je me bats contre Batista, j’ai été de tous les combats, la prison, l’exil, etc., et vous croyez que ça ne me fait pas mal au cœur de voir un <em>casquito</em> commander l’armée ? Mais ce type-là, en fait, il ne commande rien, il doit me consulter sur tout, et je le tiens dans le bureau du chef du régiment. »  Et le premier ordre que j’ai donné, c’est pour faire partir tous les soldats qui étaient là. Comme les ponts avaient été dynamités et que je ne voulais qu’ils rencontrent Fidel en chemin, même s’ils étaient désarmés, j’ai réquisitionné les trois frégates de la marine de guerre de Batista et je les ai utilisées pour les renvoyer, par groupe de cinq cents, dans le centre et l’Ouest du pays où ils vivaient.</p>
<p>Je lui ai lâché un certain nombre de choses à Urrutia. Je lui ai parlé dur : « Fidel sait ce qu’il fait, et moi, j’obéis à Fidel ! » Et lui continuait de déambuler : « Bon, <em>comandante</em>, on va trouver une solution, je crois que c’est raisonnable, n’est-ce pas ? » Je lui dis : « Oui, je crois que ça l’est. » « Alors, d’accord. » Après ça, j’ai embrassé Melba et je suis parti faire mon devoir.</p>
<p>À Santiago, Fidel m’avait laissé à la tête des provinces de l’Est. Je ne suis pas allé à la prise de possession, je suis allé à l’Université de Santiago…</p>
<p>Vous avez vu comment se tiennent nos réunions, n’est-ce pas ?</p>
<p>Juste quand je pars,  le vieil Urrutia m’appelle et me dit : « <em>Comandante</em>, il faut que vous ne nommiez un aide-de-camp, un commandant. » Je lui dis : « Je vous l’envoie, président. » Je me dis : « Diable, qui donc puis-je nommer là ? » Je devinais déjà les problèmes que ce type-là allait nous causer. On était début janvier. À peine cinq mois plus tard… bon, vous connaissez l’histoire. Sur ce, je croise Machado Ventura<em> (rires)</em>. Il avait déjà une Thompson à la main, il était <em>comandante</em>, et je lui dis : « Dis donc, Machado… – je ne veux pas lui raconter cet incident, que j’ai raconté uniquement à Fidel quand je suis allé à La Havane en février – dis donc, Machado, le président m’a demandé ceci et cela, et il me semble que tu es la personne indiquée… » « Non, non, non ! Pas question, je vais chercher un travail comme médecin… » Je lui dis : « Laisse tomber ce travail, c’est maintenant que tout commence. » Et il a fini par accepter.</p>
<p>Urrutia va donc à la Havane, et moi, je reste à Santiago. Quand je vais a La Havane, en février, le mois où commencent pour de bon les problèmes avec Urrutia, des choses dont on n’a pas beaucoup parlé, les mesures qu’il prend, les trucs absolument irrationnels qu’il décide, et même son attitude comme personne… La première chose qu’il a faite, c’est conserver pour lui le salaire de Batista et avec tous les frais de représentation. Bien entendu, il s’est acheté une « petite chaumière » tout comme Grau San Martín, qui doit toujours être là…  Alors, je me dis : « Parfait, je vais appeler mon ami Machado pour voir de quoi il retourne. » Je téléphone au Palais présidentiel, et on me dit : « Non, Machado est parti d’ici depuis quelque temps. » Je me dis : « Où s’est-il fourré ? » Et je le retrouve finalement en train d’exercer comme médecin à La Havane. C’est bien ça, n’est-ce pas ? <em>(Machado répond affirmativement.)</em> Autant dire que je l’ai taxé de premier déserteur des modernes Forces armées révolutionnaires ! <em>(Rires.)</em> Heureusement qu’après, par son travail, il a lavé cette tache!</p>
<p>Après cette petite diversion aux dépens de mon ami Machado, je poursuis. Ou plutôt, je reprends.</p>
<p>Qu’il soit aussi clair pour tout le monde que nous ne sommes plus au début de la Révolution, en 1959, quand certains de ceux qui occupaient des postes au gouvernement – d’où mon anecdote sur ce gouvernement d’alors – y renoncèrent pour protester contre les premières mesures radicales prises par la Révolution, surtout la réforme agraire, la première, le 17 mai 1959, et que l’on avait qualifiés à juste titre de contre-révolutionnaires. Autrement dit, ils démissionnaient pour prouver leur opposition aux mesures radicales, on les taxait de contre-révolutionnaires et on acceptait leur démission. Aujourd’hui, être vraiment révolutionnaire et honnête pour un cadre, c’est à l’envers : quand un cadre se sent fatigué ou incapable d’occuper vraiment son poste, ou d’appliquer les nouvelles orientations que nous prenons<em>, </em>il est correct<em> </em>qu’il présente sa démission, dignement et sans crainte, ce qui sera toujours préférable à la destitution.</p>
<p>À ce sujet, je dois évoquer trois compagnons qui ont occupé d’importantes responsabilités à la direction du parti et du gouvernement et auxquels, compte tenu des fautes commises, le Bureau politique a demandé de renoncer à leur condition de membres de cet organisme de direction, du Comité central et de député de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire.</p>
<p>Il s’agit de Jorge Luis Sierra Cruz, de Yadira García Vera et de Pedro Sáez Montejo. Les deux premiers ont été par ailleurs destitués comme ministre du Transport  et de vice-président du gouvernement, et ministre de l’Industrie lourde, respectivement. Sierra, pour s’être attribué des facultés qui n’étaient pas de son ressort et qui l’ont conduit à commettre de graves erreurs que nous payons encore. Yadira García pour son très mauvais travail à la tête d’un ministère aussi important, qui couvre le pétrole, les mines, etc., notamment par le faible contrôle qu’elle a exercé sur les ressource destinées aux investissements, ce qui a favorisé leur gaspillage, comme on a pu le constater dans le projet d’agrandissement de l’entreprise de nickel Pedro Sotto Alba, à Moa, province d’Holguín. Ces deux compagnons ont été vertement critiqués au cours de deux réunions conjointes de la commission du Bureau politique et du Comité exécutif du Conseil des ministres.</p>
<p>De son côté, Pedro Saez Montejo, faisant preuve d’une superficialité incompatible avec son poste de premier secrétaire du parti à La Havane, a violé dans son travail des normes du parti, ce dont une commission du Bureau politique que j’ai présidée et dont faisaient partie Machado Ventura et Esteban Lazo a discuté avec lui.</p>
<p>Il est juste de signaler que tous trois ont reconnu leurs erreurs et ont réagi correctement, si bien que la commission du Bureau politique a décidé de leur laisser la condition de militant du parti et a jugé bon de les situer dans des travaux en rapport avec leurs spécialités respectives, certains à la base, d’autres, comme Sierra, qui est ingénieur mécanicien, dans un petit atelier d’une base de réparations générales de chars, un atelier de onze ou quatorze compagnons qui fabrique des pièces et qu’il dirige donc.</p>
<p>Sur le plan personnel, tous trois resteront mes amis, mais je n’ai d’engagement que vis-à-vis du peuple et, en particulier, de ceux qui sont tombés durant ces cinquante-huit ans de lutte ininterrompue depuis le coup d’État de 1952. Nous avons agi ainsi envers ces trois hauts dirigeants du parti et du gouvernement, mais sachez que c’est là la ligne que le parti et le gouvernement suivront envers tous les cadres.  Nous serons toujours plus exigeants, et nous mettrons en garde et adopterons des mesures disciplinaires en cas de transgressions des normes établies.</p>
<p>Selon la loi modifiant la division administrative, deux nouvelles provinces seront constituées, Artemisa et Mayabeque, dont les organes de direction fonctionneront à partir de nouvelles conceptions organisationnelles et structurelles bien plus rationnelles que celles qui existaient dans la province actuelle de La Havane-Grande Banlieue.</p>
<p>On a défini leurs fonctions, leurs structures et leurs personnels. On travaille à définir leurs attributions, ainsi que leurs relations avec les organismes de l’administration centrale de l’État, les entreprises nationales et les organisations politiques et les organisations de masse. Nous suivrons de très près cette expérience afin de la généraliser peu à peu aux autres organes d’administration locale, autrement à tout le pays, dans les cinq prochaines années. Nous sommes partisans de renforcer graduellement l’autorité des administrations provinciales et municipales et de les doter de plus de facultés dans la gestion des budgets locaux auxquels sera destinée une partie des impôts générés par l’activité économique afin de contribuer à leur développement.</p>
<p>Les relations avec les peuples et les gouvernements de presque toutes les nations progressent au milieu d’une situation internationale agitée.</p>
<p>Le monde a lu avec étonnement les révélations scandaleuses contenues dans des centaines de milliers de documents secrets du gouvernement étasunien, dont une partie très récente sur les guerres en Iraq et en Afghanistan, ainsi que sur les questions les plus variées de ses relations avec des dizaines d’États.</p>
<p>Bien que tout le monde se demande ce qu’il se passe vraiment en son sein et comment on peut relier tout ça avec les coulisses de la politique étasunienne, ce que l’on sait pour l’instant prouve que les USA, tout en se dissimulant sous une rhétorique aimable, poursuivent leurs politiques de toujours et agissent comme un gendarme mondial.</p>
<p>On ne constate pas la moindre volonté de leur part de rectifier leur politique envers Cuba, même pas pour en éliminer les aspects les plus irrationnels. Il est évident que, dans ce domaine, une puissante minorité réactionnaire qui sert d’appui à la mafia anticubaine continue de prédominer.</p>
<p>L’administration étasunienne, non contente de mépriser la volonté absolument majoritaire de l’ONU, où cent quatre-vingt-sept États membres réclament la levée du blocus économique, commercial et financier appliqué à notre pays, l’a durci en 2010 et a continué d’inclure Cuba sur ses listes illégitimes par lesquelles elle s’arroge le droit de qualifier et de diffamer des États souverains pour  justifier des actions punitives, voire des actes d’agression.</p>
<p>La politique étasunienne contre Cuba n’étant absolument pas crédible, il ne lui reste plus qu’à recourir aux mensonges et à ressasser des accusations dont le comble, par sa fausseté scandaleuse, est qu’on puisse nous qualifier de pays qui favorise le terrorisme international, qui est tolérant avec la traite intérieure d’enfants et de femmes à des fins d’exploitation sexuelle, qui viole d’une manière flagrante les droits humains et qui restreint significativement les libertés religieuses.</p>
<p>L’administration étasunienne prétend camoufler ses propres fautes et éluder sa responsabilité devant l’impunité dont jouissent dans ce pays des terroristes internationaux avérés que réclame la justice de plusieurs pays, tout en continuant d’imposer une prison injuste à nos cinq frères qui se battaient contre le terrorisme.</p>
<p>Dans leurs campagnes calomnieuses contre  Cuba au sujet des droits humains, les USA ont agi de connivence avec des pays européens qui ont été complices des vols secrets de la CIA et de la création de centres de détention et de torture, et qui n’hésitent pas à faire retomber les effets de la crise économique sur les travailleurs les plus mal payés, à réprimer violemment les manifestants et à instaurer des politiques discriminatoire envers les émigrés et les minorités.</p>
<p>Nous continuerons de lutter aux côtés des nations sœurs d’Amérique latine pour une intégration libératrice, et, dans le cadre de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique, nous travaillerons à consolider la solidarité et l’unité qui nous renforcera tous toujours plus.</p>
<p>Nous continuerons d’aider la nation sœur d’Haïti, où nos personnels de santé, de pair avec des médecins latino-américains et haïtiens formés à Cuba, combattent avec abnégation, et d’une manière désintéressée et humanitaire, l’épidémie de choléra, les dommages causés par le séisme et les séquelles de siècles d’exploitation et de pillage de ce  noble peuple qui a besoin que la communauté internationale lui fournisse des ressources pour la reconstruction et en particulier pour le développement durable.</p>
<p>L’occasion est aussi propice pour adresser depuis cette Assemblée nationale, au nom de tous les Cubains, un message d’encouragement et de solidarité au peuple vénézuélien frère, victime de pluies torrentielles qui ont causé de lourdes pertes en vies humaines et en biens matériels. Les dizaines de milliers de coopérants cubains dans ce pays ont reçu très tôt des instructions de se mettre au service des Vénézuéliens et du président Chávez pour tout ce qu’il faudrait.</p>
<p>Avril prochain marquera le cinquantième anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de notre Révolution. C’est sur les sables de Playa Girón que nos forces se sont battues pour la première fois en faveur du socialisme, au point de liquider en moins de soixante-douze heures, sous la conduite personnelle du commandant-en-chef, l’invasion mercenaire parrainée par le gouvernement étasunien.</p>
<p>Pour fêter un événement si important, nous organiserons le 16 avril un défilé militaire de troupes et de moyens de combat, auquel assisteront les délégués au Sixième Congrès du parti qui, l’après-midi même, ouvriront leurs travaux dont la conclusion est prévue le 19, jour de la victoire de Playa Girón. Nous commençons donc par fêter la proclamation du caractère socialiste de notre révolution, annoncée par Fidel  à l’enterrement des victimes des bombardements qui ont précédé le jour de l’attaque de Playa Girón, et nous conclurons la journée de la victoire. Le défilé sera clos par plusieurs dizaines de milliers de jeunes en représentation des nouvelles générations qui constituent le garant de la continuité de la Révolution.</p>
<p>Cette commémoration sera consacrée à notre jeunesse qui n’a jamais failli à la Révolution :</p>
<p>Ce sont des jeunes qui sont tombés dans l’attaque de la caserne Moncada et de celle de Bayamo.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui se sont soulevés à Santiago de Cuba sous la direction de Frank País.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui étaient les expéditionnaires du <em>Granma</em>, qui, après la débâcle d’Alegría de Pío, ont formé l’Armée rebelle, renforcée par des vagues de jeunes en provenance des campagnes et des villes, et tout d’abord par le renfort organisé et envoyé personnellement de Santiago par Frank País.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui constituaient le puissant mouvement clandestin.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui, le 13 mars 1957, ont attaqué vaillamment le Palais présidentiel et la station Radio Reloj sous la conduite de José Antonio Echeverría.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui ont combattu héroïquement à Playa Girón.</p>
<p>Ce sont des jeunes et des adolescents qui ont rejoint, voilà cinquante ans, la Campagne d’alphabétisation.</p>
<p>Ce sont des jeunes  qui se sont battus en majorité contre les bandes mercenaires organisées par la CIA, et ce jusqu’en 1965.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui ont écrit de belles pages de courage et de stoïcisme au cours de missions internationalistes dans plusieurs nations,  notamment pour aider les mouvements de libération en Afrique.</p>
<p>Ce sont des jeunes, nos Cinq Héros qui ont risqué leur vie pour lutter contre le terrorisme et qui sont cruellement incarcérés depuis plus de douze ans <em>(applaudissements)</em>.</p>
<p>Ce sont des jeunes pour la plupart les milliers et milliers de coopérants qui défendent la vie humaine, soignant des maladies déjà éradiquées à Cuba, qui soutiennent des programmes d’alphabétisation, qui divulguent la culture et la pratique des sports auprès de jeunes et d’adultes dans le monde entier.</p>
<p>Cette Révolution-ci est l’œuvre du sacrifice et des luttes de la jeunesse cubaine – ouvriers, paysans, étudiants, intellectuels, militaires – de tous les jeunes de toutes les époques.</p>
<p>Cette Révolution-ci sera poursuivie par des jeunes pleins d’optimisme et ayant une confiance inébranlable dans la victoire.</p>
<p>Grands ont été les défis et aussi les dangers depuis le triomphe de la Révolution, surtout depuis Playa Girón, mais aucune difficulté ne nous a fait plier. Nous sommes ici et nous y resterons grâce à la dignité, à l’intégrité, au courage, à la fermeté idéologique et à l’esprit de sacrifice révolutionnaire du peuple cubain qui a intégré depuis longtemps l’idée que le socialisme est la seule garantie pour lui de rester libre et indépendant.</p>
<p>Je vous remercie. <em>(Ovation.)</em></p>
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		<title>&#171;&#160;Le cinquantième anniversaire de la Proclamation du Socialisme sera dédié aux jeunes&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Dec 2010 10:05:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse sur Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[La Havane, 18 décembre  (AIN)  -  Le président cubain Raul Castro a affirmé que la célébration, en avril prochain, du cinquantième anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution  et de la victoire de Playa Giron, sera dédié aux jeunes. Dans son discours de clôture de la sixième période ordinaire de session de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Havane, 18 décembre  (AIN)  -  Le président cubain Raul Castro a affirmé que la célébration, en avril prochain, du cinquantième anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution  et de la victoire de Playa Giron, sera dédié aux jeunes.</p>
<p>Dans son discours de clôture de la sixième période ordinaire de session de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, prononcé au Palais des Conventions de La Havane, Raul a expliqué que s’il en était ainsi, c’est parce que cette Révolution est le fruit du sacrifice de la jeunesse cubaine, et que ce sont les jeunes qui la conduiront de l’avant avec optimisme et foi totale en la réussite.</p>
<p>Il a annoncé que, le 15 avril prochain, sera organisé un défilé militaire avec la participation d’engins et de troupes de combat, qu’y assisteront les délégués du sixième Congrès du Parti Communiste de Cuba, et que celui-ci se poursuivra jusqu’au 19 avril, jour de la commémoration de l’historique victoire de Playa Giron.</p>
<p>Il a ajouté que le dernier groupe du défilé sera formé de dizaines de milliers de jeunes car ils sont la garantie de continuité de la Révolution et qu’ils ont toujours répondu à son appel. Il a alors énuméré quelques-unes des batailles auxquelles la jeunesse a participé, depuis les premiers moments de la lutte insurrectionnelle mais également après le triomphe du Premier Janvier 1959.</p>
<p>Il a rappelé que ce sont des jeunes qui ont combattu à Giron, qui ont participé à la campagne d’alphabétisation, aux combats contre les bandes mercenaires et à toutes les missions internationalistes, spécialement en Afrique, et que « ce sont nos Cinq Héros qui ont  risqué leur vie en luttant contre le terrorisme et qui subissent depuis déjà 12 ans de cruelles peines de prison ».</p>
<p>Il a également affirmé qu’il y a un bon nombre de jeunes parmi ceux qui, par milliers, sauvent tous les jours des vies humaines, travaillent aux programmes d’alphabétisation ou diffusent la culture et la pratique des sports dans d’autres pays.</p>
<p>Les défis étaient importants, les dangers aussi, même après le triomphe de la Révolution, et spécialement à partir de la bataille de Giron, mais aucune difficulté n’a pu nous faire baisser la tête.</p>
<p>« Nous sommes ici, et nous nous y maintiendrons grâce à la dignité, à l’intégrité, au courage, à la fermeté idéologique, à l’esprit de sacrifice et aux sentiments révolutionnaires du peuple cubain qui a fait sienne depuis longtemps la conviction que le socialisme est son unique garantie de pouvoir préserver sa liberté et son indépendance », a-t-il affirmé.</p>
<p>Au cours de son magistral discours dans lequel il a abordé une série de thèmes de l’actualité cubaine et internationale, Raul a affirmé que la loi de la vie impose que le sixième Congrès du Parti soit le dernier auquel participeront la majorité de ceux qui font partie de la Génération  Historique.</p>
<p>« Il nous reste peu de temps, a-t-il dit sans la moindre trace de vanité personnelle, et je pense que c’est notre devoir d’utiliser le poids de l’autorité morale que nous possédons aux yeux du peuple cubain pour laisser tracée la direction à suivre », et il a ajouté : « Nous avons le devoir élémentaire de corriger les erreurs que nous avons commises au cours de ces cinquante ans de construction du Socialisme à Cuba, et pour le faire, nous utiliseront toutes nos énergies qui, heureusement, sont bien présentes ».</p>
<p>« Nous multiplierons la constance et l’intransigeance contre tout ce qui ne va pas. Les ministres du gouvernement et les autres dirigeants politiques et administratifs savent parfaitement qu’ils auront tout notre appui lorsque, dans l’exercice de leurs fonctions,  ils travailleront à l’éducation de leurs subordonnés tout en manifestant à leur égard l’exigence nécessaire, et qu’ils ne se déroberont pas devant les problèmes » , a-t-il affirmé.</p>
<p>Raul a expliqué que s’attaquer aux problèmes pour faire la guerre à tout ce qui ne va pas, est, actuellement, l’une des tâches principales,  et que la seule chose que puisse faire un cadre vraiment honnête et révolutionnaire qui, un jour,  se sente fatigué ou incapable d’exercer correctement ses fonctions, est de demander dignement et sans crainte que soit acceptée sa démission, ce qui vaut mieux que d’être destitué.</p>
<p>Sur ce sujet, il a fait allusion à trois cadres du Parti et du Gouvernement dont le Bureau Politique a demandé la démission de membres de cet organe de direction, du Comité Central et de la responsabilité de députés de l’Assemblée Nationale, en raison des erreurs qu’ils ont commises.</p>
<p>Il s’agit de Jorge Luis Sierra Cruz, de Yadira García Vera  et de Pedro Sáez Montejo. Les deux premiers ont, de plus, été séparés de leurs responsabilités de ministre, l’un du Transport et l’autre de l’Industrie Lourde. Le troisième a été séparé de ses fonctions de Premier Secrétaire du Parti de la ville de La  Havane.</p>
<p>« Si nous avons procédé de cette manière avec trois hauts dirigeants, sachez bien que ce sera la ligne à suivre pour le Parti et pour le Gouvernement  avec tous les cadres : maintenir une plus grande exigence, faire les avertissements nécessaires et adopter les mesures disciplinaires indispensables si sont détectées des transgressions de ce qui est établi », a-t-il affirmé.</p>
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		<title>Discours prononcé lors de la cérémonie qui a marqué le 10e anniversaire de l’Accord intégral de coopération Cuba-Venezuela</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Nov 2010 07:48:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro, deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, lors de la cérémonie qui a marqué le 10e anniversaire de l’Accord intégral de coopération Cuba-Venezuela, au Palais des Congrès, le 8 novembre 2010, « Année 52 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro, deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, lors de la cérémonie qui a marqué le 10e anniversaire de l’Accord intégral de coopération Cuba-Venezuela, au Palais des Congrès, le 8 novembre 2010, « Année 52 de la Révolution »</p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Cher camarade Hugo Chavez Frias, président de la  							République bolivarienne du Venezuela, </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Camarades ministres et membres de la délégation  							vénézuélienne, </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Camarades, </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Dix années se sont écoulées depuis la signature,  							à Caracas, le 30 octobre 2000, par le commandant  							Hugo Chavez Frias et le commandant en chef Fidel  							Castro Ruz, de l’Accord intégral de coopération  							entre Cuba et le Venezuela. Tout ce que nous avons  							réalisé depuis s’avère aujourd’hui de la plus haute  							importance.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<div><span style="font-family: Georgia;"></p>
<table style="border-collapse: collapse; height: 18px;" border="1" width="1" align="right">
<tbody>
<tr>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p></span></div>
<p><span style="font-family: Georgia;">Cet accord a constitué jusqu’ici la base  							fondamentale de la consolidation de nos liens. Son  							exécution nous a permis de mettre en œuvre des  							actions dont les deux peuples ont bénéficié, au plan  							économique et social.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Parmi les principaux secteurs de ces programmes  							figurent la santé, l’éducation, la culture, les  							sports, l’agriculture, les économies d’énergie, les  							mines, l’informatique, les télécommunications et la  							formation intégrale de cadres, entre autres de  							moindre envergure.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Les Missions sociales que nous avons conduites  							ensemble au Venezuela – Vie de quartier (Barrio  							Adentro) I et II, les Missions éducatives, Vie de  							quartier sportive, Mission Miracle, Mission Vie  							rurale et le Programme de formation de médecins –  							ont considérablement amélioré les conditions de vie  							de la population vénézuélienne, essentiellement les  							couches les plus démunies. Elles ont dépassé les  							limites de l’échange bilatéral et s’étendent aux  							pays de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de  							notre Amérique, en vertu de nos principes  							internationalistes.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Nous œuvrons à l’Union économique entre Cuba et  							le Venezuela dans le cadre de relations d’un nouveau  							type qui favorisent l’organisation, la rationalité  							et l’efficience des projets conjoints et qui  							constituent, en même temps, un pas en avant vers la  							complémentarité économique véritable, basée sur  							l’utilisation optimale des infrastructures, des  							connaissances et des ressources existantes dans les  							deux pays et, plus encore, sur la volonté politique  							de nos gouvernements.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Ces relations se sont renforcées au fil des dix  							dernières années et continueront de le faire, en  							vertu de la planification stratégique des deux pays  							contenue dans le Plan quinquennal de Cuba et le Plan  							triennal du Venezuela, comme cela se trouve spécifié  							dans les documents approuvés au premier Sommet  							présidentiel Cuba-Venezuela qui s’est tenu le 26  							Juillet dernier, à Villa Clara, toujours sur la base  							des principes suivants, que je cite :</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La solidarité, comprise comme l’engagement à se  							soutenir mutuellement et à réaliser des efforts  							communs en vue de parvenir au développement durable  							et de couvrir les besoins les plus urgents, dans la  							mesure des possibilités et des responsabilités  							partagées.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La coopération, en tant que volonté de consolider  							les relations orientées vers la mise en œuvre de  							projets conjoints et d’alliances stratégiques  							bénéficiant aux deux parties.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La complémentarité, comprise comme l’engagement à  							identifier et à mettre en œuvre des projets communs  							permettant l’intégration et les synergies des  							capacités, selon le potentiel et les intérêts  							communs.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La réciprocité, ou obligation de baser nos  							relations sur des échanges justes de prestations,  							compte tenu des différences et des principes  							d’équité et de bonne foi.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La durabilité, conçue comme l’engagement à  							identifier et à mettre en œuvre des projets de  							coopération s’inscrivant dans une perspective de  							développement durable, du point de vue économique,  							social et environnemental.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La souveraineté technologique, qui est le droit  							de chaque Etat à décider de son propre développement  							technologique à partir de l’utilisation optimale de  							son potentiel, en vue de modifier les patrons  							actuels de dépendance et de consumérisme et de  							satisfaire les besoins des marchés nationaux de  							l’ALBA et des pays de la région.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">L’union économique, comprise comme la  							construction d’un espace constitué dans le contexte  							politique des pays de l’ALBA, qui doit se présenter  							comme un bloc face à des entités d’autres pays ou  							espaces de même nature. Fin de citation.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Les efforts consentis jusqu’à maintenant nous  							obligent à continuer de travailler ensemble pour  							avancer le plus possible dans les projets con joints.  							Nous devons le planifier à moyen et à long terme,  							avec une vision stratégique commune à nos deux pays  							et en vue d’étendre cette coopération à nos frères  							de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre  							Amérique et du reste de la région.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">C’est dans cette optique que nous avons décidé de  							reconduire notre Accord intégral de coopération  							Cuba-Venezuela pour les dix prochaines années.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Le cheminement de nos relations n’a pas été  							dépourvu d’obstacles. Ensemble, nous avons imposé  							notre volonté à l’adversité, résultant le plus  							souvent de facteurs extérieurs qui s’opposent à  							l’avancée de nos projets révolutionnaires et  							émancipateurs. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span> <span style="font-family: Georgia;">Rien n’a pu paralyser le développement de ces  							relations, pas même les difficultés financières,  							parce que nos actions reposent sur la collaboration  							et la solidarité, dans l’intérêt des deux parties.  							Il nous faut maintenant assurer le suivi rigoureux  							et l’évaluation objective de la mise en œuvre de nos  							accords, pour garantir le développement des deux  							économies et la satisfaction des besoins propres au  							développement social.</span></p>
<p>Voilà ce que réclament nos peuples et qui  							constitue le pilier du renforcement des relations  							fraternelles entre les deux nations.</p>
<p>En Amérique latine, l’affrontement s’intensifie  							entre les secteurs réactionnaires et conservateurs,  							qui défendent un modèle politique et économique  							dépendant et exploiteur, tandis qu’au pôle opposé  							avancent les forces révolutionnaires et  							progressistes engagées envers la justice, l’équité  							et l’indépendance des peuples de la région.</p>
<p>Dans ce contexte, les relations entre Cuba et le  							Venezuela constituent le meilleur exemple de ce que  							doivent être les relations entre les peuples,  							d’autant plus qu’elles s’instaurent dans la  							conjoncture internationale difficile que nous  							connaissons, qui se caractérise par l’instabilité  							politique et économique et où se joignent à la crise  							économique mondiale, énergétique, alimentaire et  							environnementale, de graves menaces pesant sur la  							paix mondiale.</p>
<p>Camarade Chavez,</p>
<p>Camarades,</p>
<p>Nous nous sommes réunis cet après-midi non  							seulement pour célébrer le 10<sup>e</sup> anniversaire de l’Accord intégral de coopération  							entre Cuba et le Venezuela ainsi que sa reconduite  							pour les dix prochaines années, mais aussi pour  							inviter le Parti et tout notre peuple à participer  							aux préparatifs du 6<sup>e</sup> Congrès des  							communistes cubains.</p>
<p>Le Bureau politique a décidé de convoquer le 6<sup>e</sup> Congrès pour la deuxième quinzaine du mois d’avril,  							à l’occasion du 50<sup>e</sup> anniversaire de la  							victoire de Playa Giron et de la proclamation du  							caractère socialiste de la Révolution cubaine.</p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Le 1<sup>er</sup> août dernier, dans le cadre de  							la 5<sup>e</sup> session de l’Assemblée nationale du  							Pouvoir populaire, j’ai expliqué que nous avancions  							dans les travaux confiés à la commission de  							politique économique du Congrès et que les groupes  							de travail constitués se réunissaient sans  							interruption pour élaborer les propositions qui  							seront analysées avec les militants et la population  							dans son ensemble.</span></span></p>
<p>Pour toutes ces raisons, le 6<sup>e</sup> Congrès  							concentrera son attention sur la solution des  							problèmes économiques et sur les décisions  							fondamentales à prendre pour moderniser le modèle  							économique cubain. Il adoptera les Grandes Lignes de  							la politique économique et sociale du Parti et de la  							Révolution.</p>
<p>Le Congrès, ce n’est pas seulement la réunion de  							ceux qui seront élus délégués, mais aussi le  							processus préalable de discussion, par les militants  							et toute la population, des lignes de travail et des  							décisions qui y seront adoptées.</p>
<p>Dans ce même discours à l’Assemblée nationale,  							j’indiquais aussi que « l’unité entre les  							révolutionnaires, la direction de la Révolution et  							la majorité du peuple est notre arme stratégique la  							plus importante, celle qui nous a permis d’arriver  							jusqu’ici et de continuer, à l’avenir, à  							perfectionner le socialisme » et que « l’unité est  							fomentée et récoltée dans la plus large démocratie  							socialiste et dans la discussion ouverte, avec le  							peuple, de tous les problèmes, si sensibles soient-ils ».</p>
<p><span style="font-family: Georgia;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Pour cette raison, le 6<sup>e</sup> Congrès sera  							celui de tous les militants et de tout le peuple,  							qui participeront activement à l’adoption des  							décisions fondamentales de la Révolution.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Le projet intitulé « Grandes Lignes de la  							politique économique et sociale » sera publié demain.  							Un séminaire national réunissant les dirigeants et  							les spécialistes qui guideront ensuite tout le  							processus de discussion massive du document  							commencera immédiatement. Ultérieurement, du 15 au  							30 novembre, les séminaires se tiendront dans toutes  							les communes pour préparer les cadres qui  							participeront aux réunions avec les cellules du  							Parti, les travailleurs et toutes les communautés.  							Ce processus qui implique la participation des  							masses se déroulera sur trois mois, du 1<sup>er</sup> décembre au 28 février. A partir de cette date, nous  							disposerons d’une réserve de temps, jusqu’au 11 mars.  							Simultanément, les opinions et les suggestions  							seront recueillies et analysées, car il en sera tenu  							compte dans le document qu’adoptera le Congrès.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Cette séance plénière réunit le Conseil d’Etat et  							le Conseil des ministres, la présidence de  							l’Assemblée nationale, le Bureau politique, ainsi  							que des centaines de cadres et d’économistes de  							toutes les provinces du pays qui s’apprêtent à  							contribuer à l’explication, auprès des militants et  							du peuple, du contenu des décisions proposées, mais  							aussi à entendre et à transmettre leurs opinions.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Comme je l’ai dit le 4 avril dernier au Congrès  							de l’Union des jeunesses communistes, « la bataille  							économique constitue aujourd’hui, plus que jamais,  							la tâche principale et le centre du travail  							idéologique des cadres, parce que d’elle dépendent  							la durabilité et la préservation de notre système  							social ». Pour cette raison, ceci constitue le seul  							et unique thème du Congrès. Plus tard, mais dans le  							courant de la même année, aura lieu la Première  							Conférence nationale du Parti, qui aura pour mission  							de traiter des problèmes internes de l’organisation  							qui n’auront pas été analysés pendant le Congrès et  							qui requièrent des mesures de perfectionnement, que  							nous définirons à la lumière de ces cinquante  							années.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Je précise que nous avions prévu de commencer par  							la Conférence et de tenir le Congrès plus tard, mais  							compte tenu du fait que la préparation des documents  							est très avancée, nous avons décidé d’inverser cet  							ordre et de commencer par le Congrès qui abordera le  							thème fondamental, celui de l’économie.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Cher Chavez, </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Camarades de la délégation vénézuélienne, </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Camarades, </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Une des Grandes Lignes du projet indique  							précisément ce qui suit : « Donner la priorité à la  							participation à l’Alliance bolivarienne pour les  							peuples de notre Amérique (ALBA) et travailler  							rapidement et intensément à la coordination, à la  							coopération et à la complémentarité économique à  							court, moyen et long terme, affin d’atteindre et de  							pousser plus avant les objectifs économiques,  							sociaux et politiques qui sont les siens. »</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Cette idée est étroitement liée aux thèmes  							abordés pendant la journée d’aujourd’hui par les  							ministres des deux gouvernements.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Nous avons déjà remis le premier exemplaire du  							projet Grandes Lignes au commandant en chef de la  							Révolution cubaine, le camarade Fidel Castro Ruz.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">C’est à toi, camarade Hugo Chavez Frias,  							commandant de la Révolution bolivarienne et  							président de cette République sœur, que je remets le  							deuxième exemplaire.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Vive notre Amérique !</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;"> </span></span><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Georgia;">Vive le socialisme !</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;La Révolution confie en son mouvement syndical&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Nov 2010 16:33:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse sur Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[Les Discours de Raul]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Général Raul Castro Ruz, Président des Conseil d’État et des Ministres, a participé dimanche dernier à la session de clôture de la quatre-vingt-huitième Réunion Plénière Ouverte du Conseil National de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC). Il y a réaffirmé que la Révolution a toute confiance en son mouvement ouvrier, qui est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Général Raul Castro Ruz, Président des Conseil d’État et des Ministres, a participé dimanche dernier à la session de clôture de la quatre-vingt-huitième Réunion Plénière Ouverte du Conseil National de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC). Il y a réaffirmé que la Révolution a toute confiance en son mouvement ouvrier, qui est le protagoniste de l’actualisation du modèle économique cubain</p>
<p>Il n’y a qu’une façon de rompre les dogmes, les mauvaises habitudes et les tabous, et c’est de donner la participation aux masses populaires avec la classe ouvrière à leur tête, car, aux côtés des paysans et du peuple, ils constituent la classe la plus révolutionnaire, a affirmé Raul.</p>
<p>Il a également insisté sur le besoin, pour les dirigeants syndicaux, de connaître les principes qui régissent l’économie, car c’est une question déterminante pour le fonctionnement de toute révolution.</p>
<p>C’est vous, des membres du secrétariat de la CTC au plus modeste des dirigeants syndicaux, qui devez jouer ce rôle qu’à un autre moment avait joué, avec toute sa sagesse et son expérience, Lázaro Peña, au cours de l’historique treizième Congrès de la CTC, de 1973, lorsqu’il avait demandé aux travailleurs de renoncer à certaines conquêtes arrachées à la bourgeoisie, parce que la situation avait changé et que les moyens de production leur appartenaient.</p>
<p>Il avait, par exemple, demandé la dérogation d’une loi empreinte de bonne volonté, mais incorrecte et impossible à appliquer, selon laquelle tous ceux qui auraient eu une conduite exemplaire au cours de toute leur vie comme salarié pourraient toucher une retraite équivalente à 100% de leur salaire, a rappelé Raul.</p>
<p>Pour défendre les mesures qui ont été prises et savoir les expliquer, la classe ouvrière doit être bien informée et convaincue de leur importance, fondamentale pour l’existence même de la Révolution, car sinon, nous irons tout droit vers le précipice, a-t-il ajouté.</p>
<p>Raul a insisté, une fois de plus, sur le besoin d’être exigeants avec les cadres et d’éliminer la pernicieuse maladie de certains de masquer les problèmes, ainsi que sur l’urgence de tirer les leçons des erreurs commises, car « les erreurs devraient au moins nous donner l’avantage de l’expérience acquise pour ne pas les répéter », a-t-il conclu.</p>
<p>Sur le sujet de l’actualisation du modèle économique cubain, le Général Raul Castro a commenté que Cuba ne copie aucun pays, que c’est un projet autochtone, ajusté aux caractéristiques du pays, sans aucun renoncement à la construction du socialisme.</p>
<p>Marino Murillo Jorge, vice-président du Conseil des Ministres, a donné aux 202 participants à la réunion plénière une information détaillée de la situation actuelle de l’économie cubaine et des mesures qui ont été adoptées. Il a, en particulier, précisé certains détails du processus d’investissements, dont l’actuelle inefficience a provoqué l’immobilisation d’importantes ressources. Il a informé de la décision de n’incorporer au plan que les investissements correctement préparés.</p>
<p>Il a également mentionné la relation disproportionnée existante entre le salaire moyen et la productivité du travail qui a conduit à ce que « la société répartisse les biens plus rapidement qu’elle ne les produit », et le fait qu’actuellement, il y a plus de personnes employées dans le secteur des services que dans celui de la production, « une structure d’emploi qui ne permet le bon fonctionnement d’aucune économie ».</p>
<p>C’est la raison pour laquelle, a-t-il déclaré, les nouvelles mesures ont pour but d’éliminer les gratuités non justifiées et les subsides excessifs, de décharger l’État de la responsabilité d’activités qui ne lui incombent pas, d’éliminer les excédents de personnel et d’augmenter la productivité du travail. Toutes ces mesures permettront alors de réaliser les transformations nécessaires de salaires et de pensions.</p>
<p>Marino Murillo Jorge, qui est également ministre de l’Économie, a expliqué comment devait se réaliser l’élimination des excédents de personnel sur la base d’une étude préalable des nécessités réelles, comment se réaliseront les processus de mise en disponibilité, en appliquant le principe de la démonstration de la meilleure adéquation du travailleur au poste occupé, et quel sera la traitement salarial appliqué aux travailleurs déclarés en disponibilité, en éliminant tout traitement paternaliste. Il a également donné des explications détaillées sur les thèmes du travail indépendant et de la restructuration du régime des impôts.</p>
<p>Pour conclure la session de la réunion plénière, le secrétaire général de la CTC, Salvador Valdés Mesa, a ratifié la décision des travailleurs de donner leur soutient à ces mesures de réorganisation du travail qui permettront de renforcer la discipline, d’améliorer la productivité et de créer une mentalité de producteurs.</p>
<p>Il a précisé que pour y parvenir, il faudra améliorer le fonctionnement des organismes syndicaux de base et obtenir des cadres un meilleur travail, une consécration plus grande au travail syndical, une plus grande systématicité et une correcte planification du travail qui leur correspond afin que la classe ouvrière puisse participer avec plus d’efficience au développement économique du pays.</p>
<p>Le mouvement syndical joue un rôle fondamental dans la conjoncture économique actuelle, et déterminera les perspectives futures, a-t-il affirmé, et il a conclu : « En 50 ans de Révolution, la classe ouvrière a toujours été fidèle à la Révolution, car c’est être fidèle à elle-même ».</p>
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