Discours prononcé par le camarade José Ramon Machado Ventura, au meeting qui a marqué le 57ème anniversaire de l’attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, à Villa Clara, le 26 Juillet 2010, Année 52 de la Révolution

Nous poursuivrons le processus d’étude, d’analyse et de prise de décisions qui nous conduira à surmonter nos déficiences dans tous les domaines

Camarade général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres,

Camarades Rafael Ramirez et Ricardo Menendez, vice-présidents de la République bolivarienne du Venezuela, camarades ministres et membres de la délégation de cette nation sœur dont la présence à ce meeting nous honore,

Camarades de la direction du Parti, de l’Etat et du gouvernement, de l’Union des jeunesses communistes et des organisations de masses, de l’Association des combattants de la Révolution cubaine, des glorieuses Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur,

Attaquants des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, familles des martyrs de ces actions et familles de nos Cinq Héros, injustement condamnés et emprisonnés dans les geôles de l’empire yankee,

Membres de la Caravane des Pasteurs pour la paix qui, sous la conduite du Révérend Lucius Walker, avez affronté et surmonté pendant 21 ans les obstacles associés au blocus de notre patrie et qui, en participant à ce meeting, donnez une preuve de plus de votre amour pour la Révolution cubaine,

Compatriotes,

Comme cela a été annoncé, la direction de notre Parti a décidé de dédier ce 26 Juillet au Libertador Simon Bolivar, pour le 227ème anniversaire de sa naissance et le bicentenaire des luttes pour l’indépendance des peuples de notre Amérique.

Le camarade Hugo Chavez avait prévu d’être ici, aux côtés du peuple de Cuba, et de parler à ce meeting. Il n’a pas pu le faire, car nous savons qu’il dirige l’héroïque peuple vénézuélien qui s’apprête à riposter, comme il l’a annoncé hier après-midi, aux menaces brandies par l’empire contre la sécurité nationale et la souveraineté du Venezuela, et contre sa vie.

Nous réaffirmons, une fois de plus, notre indéfectible solidarité avec le Venezuela et nous condamnons le déploiement des bases militaires étasuniennes en Colombie, qui met en danger la paix dans la région.

Face aux menaces et aux provocations, le Venezuela a pleinement le droit de se défendre et bénéficiera toujours du ferme soutien de tous les Cubains.

Est présente à cette tribune, où elle représente le président Chavez et le peuple vénézuélien, la délégation de ce pays frère au premier Sommet Cuba-Venezuela. Elle est formée par les deux vice-présidents cités plus haut, et par six ministres et d’autres camarades.

Ce Sommet a pour principal objectif de porter nos relations à un niveau supérieur, de consolider l’union économique entre Cuba et le Venezuela, de contrôler l’exécution des projets convenus et d’en concevoir d’autres, au service du bien-être de nos deux peuples.

Nous puisons notre inspiration dans les idées, qui n’ont pas encore pris corps dans le réel, d’une grande nation de Républiques, de Bolivar et de Notre Amérique, de José Marti.

Notre Héros national, inspirateur de la génération qui, il y a exactement 57 ans, attaquait les casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, éprouvait une profonde admiration pour Simon Bolivar. Nous connaissons tous le célèbre article contenu dans L’Age d’Or où José Marti raconte avec une émotion singulière que, sans même s’être débarrassé de la poussière du chemin parcouru, il alla rendre hommage au Libertador devant sa statue équestre de Caracas.

Il dédia à Bolivar des écrits fondamentaux et des discours passionnés, avec le verbe éloquent qu’on lui connaît. Dans un de ces discours, Marti s’exclamait : «…Parce que ce qu’il n’a pas terminé de faire n’est toujours pas fait aujourd’hui, parce que Bolivar a encore beaucoup à faire en Amérique !

Jamais ces paroles prophétiques de Marti n’ont eu autant d’actualité qu’aujourd’hui. Elles nous indiquent le chemin de l’unité, dans lequel nous avançons d’un pas sûr au sein de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique.

Lorsque toute l’Amérique latine commémore le bicentenaire du début des luttes pour l’indépendance, les peuples se lèvent avec de plus en plus d’énergie pour porter à son terme l’œuvre inachevée, pour réaliser les aspirations à la liberté et à la justice pour lesquelles ont lutté Bolivar et tant d’autres héros éternels.

Ce samedi, le commandant en chef est allé au mausolée d’Artemisa rendre hommage aux martyrs du 26 Juillet et à la lutte sans trêve de notre peuple pour son indépendance. Il a rappelé dans son message aux combattants révolutionnaires d’Artemisa et de Cuba toute entière que sa pensée révolutionnaire est partie de l’idée martiste selon laquelle « la patrie est l’humanité »et que notre lutte constitue une preuve de ce que peut un tout petit pays face au pouvoir gigantesque de l’empire.

Fidel, dont le rétablissement visible fait la joie des révolutionnaires cubains, comme des hommes et des femmes progressistes au-delà de nos frontières, est présent et combat en cette journée qui a une telle signification pour lui et pour nous tous.

Fidel a exprimé plus d’une fois son admiration infinie pour Bolivar. Dans le livre intitulé Un grain de maïs, le leader de la Révolution cubaine précise : « J’ai beaucoup lu sur Bolivar et je ne me lasse pas de lire sur Bolivar, sur chacun des instants qu’il a vécus, sur chacune de ses tragédies, sur chacune de ses victoires. J’ai pour Bolivar une sympathie extraordinaire, plus que pour tout autre grand personnage de l’histoire… »

Ceci fut dit précisément en 1992, l’année où Chavez dirigea le peuple vénézuélien dans le soulèvement du 4 février, une action courageuse et patriotique qui avait pour but de ressusciter, de reprendre et de réaliser les rêves du Libertador.

Tout comme l’attaque de la caserne Moncada ouvrit la voie à l’étape définitive de la Révolution cubaine, le soulèvement des militaires patriotes dirigé par Chavez fut le signe avant-coureur de l’invincible Révolution bolivarienne.

Ces mêmes rêves ont inspiré le Che et ses compagnons héroïques dans la geste internationaliste de la Bolivie. Leurs dépouilles sont jalousement gardées par les enfants de cette terre aguerrie de Villa Clara qui vit combattre le Guérillero héroïque. Elles accompagneront toujours notre peuple, tel un glorieux détachement de renfort, dans les combats d’aujourd’hui et de demain. Le Che serait fier de ce meeting de réaffirmation patriotique et latino-américaniste, car il fut un paladin de cette cause.

Chers compatriotes,

Dans l’émulation interprovinciale pour obtenir le siège de la cérémonie centrale pour la Journée de la Rébellion nationale, les provinces gagnantes méritent nos félicitations : Ciego de Avila, Granma et La Havane-Ville, dont les efforts ont été reconnus, et Villa Clara, qui a finalement accueilli la commémoration. Il ne s’agit pas d’une émulation triomphaliste, avec fanfare, trompettes et tout le tra-la-la. On a voulu récompenser l’effort, les résultats, et le modeste accomplissement du devoir.

Villa Clara s’est caractérisée par une grande stabilité au cours des douze dernières années, avec des progrès dans la plupart des secteurs socio-économiques du territoire, dont l’industrie, la production agro-pastorale et le développement d’un important pôle touristique, auxquels s’ajoutent ses acquis dans la sphère sociale, dans l’éducation, la culture et la santé.

Ces raisons sont suffisantes pour féliciter tout particulièrement le peuple de Villa Clara, protagoniste indiscutable de ces résultats, ainsi que la direction du Parti et du gouvernement de la province qui travaille dans la cohésion et a fourni des cadres de haut niveau pour d’autres territoires et d’autres fronts de la Révolution.

Camarades,

Suite aux graves dégâts occasionnés par les trois ouragans dévastateurs d’il y a près de deux ans, notre peuple a dû travailler dur, dans un environnement international particulièrement adverse résultant de l’actuelle crise économique mondiale. Nous n’avons pas la moindre responsabilité dans son éclatement, mais, avec d’autres peuples, nous en souffrons les conséquences. A ceci s’ajoute le blocus anachronique que l’administration étasunienne s’entête à maintenir depuis cinquante ans, et les effets de plus en plus visibles du changement climatique.

Dans ces circonstances complexes, comme l’a bien dit Raul à la clôture du Congrès de l’Union des jeunesses communistes, « la bataille économique constitue, aujourd’hui plus que jamais, la tâche principale et le noyau du travail idéologique des cadres, parce que d’elle dépend la durabilité et la préservation de notre système social » (fin de citation).

Il n’est pas vain d’insister sur le fait que la production d’aliments reste un front essentiel de la bataille économique. Nous devons continuer de lui accorder la plus haute priorité. Au Congrès de l’Association nationale des petits agriculteurs, qui s’est tenu il y a à peine deux mois, les débats ont porté sur tout ce qui concerne ce secteur stratégique, où il s’impose de consolider le processus de remise de terres en usufruit et d’avancer à un rythme soutenu dans le programme d’agriculture suburbaine.

L’économie, la réduction des dépenses et l’usage aussi rationnel que possible de la main d’œuvre et des ressources constituent une impérieuse nécessité dans tous les secteurs. Dans l’éducation, il a été prouvé que de profondes transformations pouvaient être introduites pour élever la qualité de l’enseignement tout en en diminuant les coûts. On peut en dire autant des systèmes de santé, où il reste beaucoup à faire pour éliminer les gaspillages et les dépenses superflues.

Un autre secteur où il ne s’agit pas de baisser la garde un seul instant est l’économie d’énergie. Le contrôle systématique, l’exigence et la discipline sont indispensables pour atteindre les objectifs définis.

Il est opportun de signaler ici que nous poursuivrons le processus d’étude, d’analyse et de prise de décisions qui nous conduira à surmonter nos déficiences dans tous les domaines et que nous rejetterons les solutions populistes, démagogiques et trompeuses.

Nous ne nous laisserons pas guider par des campagnes de la presse étrangère. Nous continuerons d’aller de l’avant, en toute responsabilité, au rythme que nous choisirons, sans improvisation ni précipitation, pour ne pas commettre d’erreurs et éliminer définitivement les mesures qui ne correspondent pas aux conditions actuelles.

Notre peuple a donné maintes preuves de sa confiance dans la direction de notre Parti et de notre gouvernement et sait que nous sommes animés par la volonté irrévocable de régler les problèmes.

Nous ne craignons pas les défis difficiles que nous avons devant nous, nous savons que nous pouvons compter sur la force invincible de notre peuple, comme l’a dit Fidel lors du 20ème anniversaire du 26 Juillet : « Si ce jour-là, nous n’étions qu’une poignée d’hommes, nous sommes aujourd’hui un peuple tout entier décidé à conquérir l’avenir. »

Les martyrs héroïques de cette épopée ne sont pas tombés en vain. Leur sacrifice a rendu possible la victoire du Premier Janvier 1959. Ils nous ont accompagnés dans les moments les plus durs de notre combat : à Playa Giron, pendant la Crise d’Octobre, dans les glorieuses missions internationalistes, lors de la disparition du camp socialiste, lorsque l’Union soviétique s’est désintégrée et que l’empire et ses laquais se frottaient les mains en proclamant la fin de l’histoire et en augurant celle de la Révolution cubaine.

Nous confirmons aujourd’hui notre engagement envers eux. Nous serons fidèles aux idéaux pour lesquels ils ont donné leur vie, en changeant ce qui doit être changé dans ces circonstances historiques, sans jamais accepter de pressions extérieures ni de violation de notre souveraineté, sans renoncer à un seul de nos rêves de justice, pour Cuba et pour le monde.

De cette fidélité et de cette fermeté, notre peuple a donné de multiples preuves pendant plus de cinquante ans, et cet engagement patriotique est aujourd’hui plus profond que jamais face aux défis, aux menaces et aux tentatives de chantage.

Que vivent à jamais les héros et les martyrs du 26 Juillet !

Vive l’indestructible fraternité entre Cuba et le Venezuela !

Vive Fidel et Raul !

Jusqu’à la victoire, toujours !

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DECLARATION FINALE DE LA 2e REUNION DE HAUT NIVEAU DE L’UNION ECONOMIQUE CUBA-VENEZUELA

La 2e Réunion de haut niveau de l’Union économique Cuba-Venezuela, établie en vertu de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), signée par les présidents de la République Bolivarienne du Venezuela et de la République de Cuba le 14 décembre 2004 à La Havane, Cuba, a eu lieu à Caracas, Venezuela, du 15 au 19 juillet 2010.

La délégation vénézuelienne était présidée par le vice-président Rafael Ramirez Carreño, ministre du Pouvoir Populaire pour l’Energie et le Pétrole, et la délégation de Cuba, par Ricardo Cabrisas Ruiz, vice-président du Conseil des Ministres de la République de Cuba.

Faisaient partie de la délégation vénézuélienne: Ricardo Menendez, ministre du Pouvoir Populaire pour la Science, la Technologie et les Industries Intermédiaires; José Khan, ministre du Pouvoir Populaire pour les Industries de Base et les Mines, et Nicolas Maduro, Ministro du Pouvoir Populaire pour les Affaires étrangères. Pour la délégation cubaine: Rodrigo Malmierca Diaz, ministre pour l’Investissement étranger et le Commerce extérieur; Yadira Garcia Vera, ministre de l’Industrie de base; et César Arocha Masid, ministre des Transports. Quelque 150 délégués des deux pays ont participé à la réunion.

Les deux délégations ont estimé que l’Union Economique Cuba-Venezuela contribue de manière importante à l’essor du programme d’intégration et de consolidation des relations entre le Venezuela et Cuba, qui reposent sur les principes de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA); ainsi qu’à la mise en place de nouveaux mécanismes, par exemple le SUCRE, monnaie utilisée pour les échanges, et les Grannationales.

Les deux parties sont convenues d’accorder la priorité aux projets qui soutiendront le développement économique et social des deux pays; qui diminueront les importations; qui contribueront à la préparation intégrale des travailleurs de la République Bolivarienne du Venezuela; qui s’appuieront sur la complémentarité des productions des deux pays, dans la mesure où la chaîne de production assure la hausse des niveaux de la valeur ajoutée dans chacun des deux pays et permettent peu à peu de diminuer les importations selon les résultats figurant sur la Carte des marchandises.

Les Présidents des deux délégations, accompagnés de leurs équipes de techniciens, ont réalisé une révision et une évaluation des 370 projets (73 pour la République Bolivarienne du Venezuela et 297 présentés par la République de Cuba). Les projets voués à une éventuelle mise en oeuvre au cours de cette première étape sont au nombre de 139, inclus dans cinq (5) schémas d’association: une (1) entreprise grannationale, trente et une (31) entreprises mixtes, trente neuf (39) entreprises vénézuéliennes, cinquante et une (51) de complémentarité et dix-sept (17) d’échange commercial.

Les projets qui n’ont pas été retenus pour cette première étape et d’autres qui pourraient voir le jour feront l’objet d’une évaluation permanente en vue de leur éventuelle adoption.

Ces projets s’inscrivent dans le programme de planification de chaque pays et dans la relation géopolitique et d’union entre les deux nations. A ce titre, les projets sélectionnés élaborent des modèles d’action à différents niveaux; ils doivent être organisés pour être abordés au sein d’un programme de travail stratégique.

Pour faciliter les travaux qui ont conduit à ces résultats, cinq Tables de travail se sont tenues préalablement. Les résultats de chacune d’entre elles sont exposés ci-dessous:

1. Table N° 1: industrie légère et commerce.

Cette Table s’est chargée d’analyser les sujets portant sur les secteurs suivants: science, technologie et industries Intermédiaires; commerce extérieur; transport et communications; santé; tourisme; éducation; sport; logement et construction. Les travaux ont été présidés par Camilo Rivero, directeur des études industrielles du ministère du Pouvoir populaire pour la Science, laTechnologie et les industries intermédiaires, pour la délégation vénézuélienne, et Angel Garate Dominguez, premier vice-ministre du ministère de l’Industrie légère, pour la délégation cubaine. Suite à la révision des projets présentés à cette table, quarante-cinq (45) projets ont été retenus et classés comme suit : un de complémentarité et quatorze (14) portant sur l’échange commercial.

2. Table N° 2: industrie de base.

Les thèmes traités à cette Table portaient sur les secteurs suivants: sidérurgie et industrie de base. La table était présidée par Jésus Paredes, vice-ministre du ministère du Pouvoir populaire pour les Industries de base et les Mines, pour la délégation vénézuelienne, et Adriana Barcelo, vice-ministre du ministère de l’Industrie sidérurgique et mécanique, pour la délégation cubaine. Suite à la révision des projets présentés à cette table, vingt (20) projets ont été retenus et classés comme suit : une (1) entreprise grannationale, quatre (4) entreprises mixtes, huit (8) entreprises vénézuéliennes et sept (7) de complémentarité.

3. Table Nº 3: énergie, pétrole et pétrochimie.

Les thèmes analysés à cette Table ont porté sur les secteurs de l’énergie, du pétrole et de la pétrochimie. Cette table était présidée par Ivan Orellana, vice-ministre des hydrocarbures du ministère du Pouvoir populaire pour l’Energie et le Pétrole, pour la délégation vénézuelienne, et Vivian Hitchman Miranda, directrice de l’économie et la planification du ministère de l’Industrie de base, pour la délégation cubaine. Suite à la révision des projets présentés à cette table, vingt-sept (27) projets ont été retenus et classés comme suit : neuf (9) entreprises mixtes, dix-sept (17) de complémentarité et un (1) concernant l’échange commercial.

4. Table N° 4: agriculture.

Cette Table a abordé les thèmes associés aux secteurs alimentaire, sucrier et agro-pastoral. Elle était présidée par Ivan Gil, vice-ministre des Circuits agroproductifs du ministère du Pouvoir populaire pour l’Agriculture et les Terres, pour la délégation vénézuélienne, et Alfredo Hondal Delgado, conseiller au ministère du Sucre, pour la délégation cubaine. Suite à la révision des projets présentés à cette table, quarante et un (41) projets ont été retenus et classés comme suit : sept (7) pour entreprises mixtes, vingt et un (21) pour entreprises vénézuéliennes, onze (11) de complémentarité et deux (2) associées aux échanges commerciaux.

5. Table N° 5: mines.

Cette Table a concentré son attention sur les projets miniers des deux pays. Elle était présidée par Isabel Delgado, vice-ministre pour la promotion des investissements du ministère du Pouvoir populaire pour les Industries de base et les Mines, pour la délégation vénézuélienne, et Eloy Leon Gomez, directeur des affaires et des relations internationales au ministère de l’Industrie de base, pour la délégation cubaine. Suite à la révision des projets présentés à cette table, six (6) projets ont été retenus et classés comme suit : deux (2) pour entreprises mixtes et quatre (4) pour entreprises vénézuéliennes.

En annexe figurent les listes des projets proposés aux Tables de travail et un tableau portant le résumé des résultats.

Les deux délégations ont confirmé que les projets seront exécutés compte tenu de la législation en vigueur dans les deux pays. Tous les processus d’approbation établis seront respectés et exécutés avec l’agilité nécessaire.

Il a été convenu d’élaborer les chronogrammes d’exécution en tenant compte de la maturité réelle de chaque projet et des études correspondantes de pré-faisabilité et de faisabilité devant être présentés dans un délai ne dépassant pas les 90 jours. L’exécution de ces chronogrammes sera contrôlée périodiquement par les présidents des deux pays

Il a été jugé nécessaire de garantir que les projets retenus soient en mesure de garantir leur équilibre financier, à partir des revenus obtenus des exportations ou de la réduction réelle des importations. Dans le cas des entreprises mixtes, les deux parties sont convenues de la nécessité d’élargir leur rayon d’action aux autres pays de l’ALBA pour qu’elles puissent se constituer en entreprises grannationales.

L’exécution de ces projets a été confiée à 11 ministères vénézuéliens et à 13 ministères cubains.

Les deux délégations sont convenues de porter les résultats de cette 2e réunion de haut niveau de l’Union économique Cuba-Venezuela à la considération des présidents Hugo Chavez Frias et Raul Castro Ruz, pour qu’ils prennent les décisions finales sur les projets qui entreront dans le programme de complémentarité.

En outre, les deux délégations ont révisé l’état des projets de collaboration et d’association économique, prenant les mesures nécessaires pour en impulser le développement.

La délégation de la République bolivarienne du Venezuela a exprimé ses remerciements pour l’accueil qui lui a été fait durant son séjour en République de Cuba. Les conversations se sont déroulées dans un climat de compréhension et d’entente, qui correspond aux relations historiques et fraternelles unissant les peuples et les gouvernements de Cuba et du Venezuela.

Fait à Cayo Santamaria, province de Villa Clara, Cuba, le vingt-six(26) du mois de juillet de l’année 2010.

Pour le gouvernement Pour le gouvernement

de la République bolivarienne de la République de Cuba

du Venezuela

Vice-président Vice-président

Rafael Ramirez Carreño Ricardo Cabrisas Ruiz

Président de la commission Président de la commission

Intergouvernementalel Intergouvernementale

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Communiqué de presse

Comme il a été informé récemment, le terroriste d’origine salvadorienne Francisco Antonio Chavez Abarca, qui voyageait sous une fausse identité avec pour mission de perpétrer des actions terroristes, a été arrêté le 1er juillet à l’aéroport de Caracas.

Une fois sa véritable identité révélée, et conformément aux procédures légales internationales, dans l’après midi d’aujourd’hui le terroriste a été transféré par voie aérienne par les autorités vénézuéliennes en territoire cubain, en exécution du mandat d’arrêt adressé par Cuba à Interpol.

Ce mercenaire est recherché par la justice cubaine comme l’un des auteurs de la chaîne d’attentats commis dans des hôtels de la capitale et de Varadero en 1997, agissant sous les ordres du terroriste notoire Luis Posada Carriles. Chavez Abarca fera l’objet d’une procédure d’enquête et d’instruction pour les délits qui lui sont imputés.

Ministère de l’Intérieur

Le 7 juillet 2010

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Déclarations de la Directrice pour l’Amérique du Nord du Ministère des Relations Extérieures, Josefina Vidal

Cuba rejette catégoriquement comme fausses et irrespectueuses les allégations contenues dans le rapport du Département d’État sur le trafic humain et l’incroyable inclusion de Cuba dans la pire de ses catégories.

Ces honteuses calomnies offensent profondément le peuple cubain. Á Cuba, la traite de mineurs n’existe pas. Au contraire, Cuba présente une situation exemplaire dans le domaine de la protection de l’enfance, de la jeunesse et des femmes. Cuba ne peut se considérer ni comme pays d’origine, ni comme pays de transit, ni comme pays récepteur de ce fléau. La législation et les mesures adoptées dans ce domaine placent Cuba parmi les pays de la région qui possèdent les normes et les mécanismes les plus avancés de prévention et de lutte contre le trafic humain.
Cette inclusion peut seulement s’expliquer par le besoin désespéré des États-Unis de justifier par n’importe quel prétexte la persistance de sa cruelle politique de blocus, rejetée par l’immense majorité de la communauté internationale.

Source : cubainfo

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TOUT DONNER POUR LA RÉVOLUTION : Interview à Liudmila Álamo Dueñas, Première Secrétaire de l’UJC

Réalisée par Sébastien Madau

Sébastien Madau : – Quels ont été les défis de ce IXème Congrès de l’UJC ?

Liudmila Álamo Dueñas : Le premier défi du Congrès de l’UJC* a d’abord été celui du contexte historique dans lequel il s’est déroulé, marqué par une crise générée par le système capitaliste qui met en danger l’existence même de l’espèce humaine, avec ses conséquences inévitables pour notre pays soumis au blocus assassin des USA qui dure depuis plus d’un demi-siècle, et au passage dévastateur de trois ouragans qui ont causé quelques 10 milliards de dollars de dégâts.

Aussitôt qu’on se place dans ce contexte on comprend facilement les défis complexes et fondamentaux auxquels est affrontée notre génération et qui se sont manifestés au Congrès, car nous n’avons jamais perdu de vue l’essentiel ; la ligne conductrice accompagnant tout le processus, avant et durant le Congrès lui-même : perfectionner notre socialisme, c’est-à-dire être plus efficaces et plus productifs ; les débats ont porté, en majorité, sur les moyens de renforcer le fonctionnement interne de notre organisation, de la rendre plus dynamique, créative, authentique afin qu’elle ne représente pas seulement ses militants mais aussi toute la jeunesse cubaine, que nous soyons en capacité d’analyser nos problèmes et de proposer des solutions, certes pas toujours faciles, mais il s’agira de nos solutions, bien éloignées de recettes, qui nous ramèneraient ouvertement ou sournoisement vers le capitalisme avec son cortège d’inégalités et d’égoïsmes que nous connaissons bien, surtout pour les plus jeunes.

SM : – La jeunesse cubaine d’aujourd’hui, est-elle consciente qu’elle a un rôle à jouer dans la continuité du processus révolutionnaire ?

LÁD : Nous pouvons dire qu’elle en est totalement consciente et c’est pour cela que le IXème Congrès a été guidé par la devise «  tout donner pour la Révolution » et nous préparer à faire avancer peu à peu et sans discontinuité ce processus, comme c’est le cas pour tout processus révolutionnaire ,car si vous analysez notre histoire, vous vous apercevrez que cette transition générationnelle est en route depuis longtemps. Décennie après décennie, les nouvelles vagues de jeunes ont assumé des rôles importants dans la société et aujourd’hui cela continue.

Il s’agit d’un processus linéaire et sans rupture ; dans nos idées il y a celles de Fidel, de Raúl, de notre Parti, qui à leur tour synthétisent celles de Martí et d’autres personnages illustres qui ont nourri l’histoire de cette nation ; cependant, nos ennemis s’entêtent à chercher une rupture qui n’existe pas, et tentent de nous séparer de la génération historique qui a donné naissance à cette œuvre, chose totalement absurde, car il est impossible d’imaginer que tout ce qui est acquis aujourd’hui puisse être l’œuvre d’une poignée d’hommes et doive s’arrêter à la mort de ceux-ci. Ces hommes, de même que beaucoup d’autres qui ne sont plus parmi nous physiquement, nous laisseront leurs idées, les méthodes et l’expérience qui sont des armes très puissantes entre les mains des révolutionnaires.

Depuis toujours, partout où elle s’est investie, la jeunesse construit au quotidien l’œuvre collective avec un grand sens de l’humanisme, de l’anti-impérialisme et de la solidarité, qui a fait la grandeur de ce pays depuis plus d’un demi-siècle.

SM : - La jeunesse cubaine d’aujourd’hui a-t-elle des doutes ou des soucis sur l’avenir ? Si oui, lesquels?

LÁD : En tant que révolutionnaires nous sommes obligés de nous inquiéter pour l’avenir, nous ne pouvons pas rester indifférents, mais nous ne sommes pas inquiets sur le plan catastrophe et négatif comme veulent le semer chez-nous les oiseaux de mauvais augure de l’impérialisme, nos préoccupations ont un objectif différent, notamment celui pour la recherche de solutions aux situations complexes du monde dans lequel nous vivons et dans celui où nos enfants devront vivre, un monde menacé par les dangers qui mettent en péril la vie sur la planète, qui n’appartient pas qu’aux riches, même s’ils pensent le contraire

Nous nous faisons du souci pour l’environnement, pour l’impact des changements climatiques sur des pays comme le nôtre ; nous sommes préoccupés par le blocus US contre notre île, qui a de lourdes conséquences sur  notre qualité de vie et notre développement économique, et du sort de nos cinq frères anti-terroristes, que la haine envers nous a fait emprisonner dans les geôles US ; nous sommes soucieux des moyens permettant de faire grandir la conscience du travail et de l’efficacité dans notre société.

Comme on peut l’observer, beaucoup de choses nous préoccupent, mais nous nous en occupons et nous le faisons en sachant bien quelle est la direction à prendre et elle n’est rien d’autre que celle du socialisme. Nous ne sommes pas exempts d’erreurs de jugement, mais nous luttons pour y remédier.

Nous sommes également soucieux du destin de l’espèce humaine; nous serions égoïstes de ne penser qu’à notre bout de pain. José Martí, le héros national de Cuba disait : “La Patrie c’est l’Humanité”, nous, nous sommes très engagés pour la survie de l’être humain, et contre l’abîme au fond duquel le capitalisme mondial l’a jeté. Les crises économiques et environnementales, la xénophobie et le racisme, l’exploitation de l’homme par l’homme, les sociétés de consommation irrationnelles peuvent nous mener au chaos et à l’autodestruction.

SM : - Quelquefois certains jeunes Cubains, professionnellement de haut niveau, comme les médecins et les professeurs, se sentent frustrés à cause de leur bas salaire qu’ils reçoivent pour leur travail. Ceux qui travaillent dans le tourisme et qui souvent n’ont pas un niveau culturel aussi élevé ont une meilleure situation. Est-ce que ces situations où le niveau de vie est en désaccord avec  un niveau culturel et professionnel élevé ont été discutées au cours des débats au Congrès ?

LÁD : Comprendre les contradictions actuelles de l’économie cubaine c’est d’abord prendre en compte les limites que nous impose le blocus nord-américain, qui constitue le principal obstacle à notre développement ; son impact sur notre économie et notre commerce, l’effondrement du camp socialiste, la situation actuelle de crise économique et financière et ses effets sur Cuba, nous ont obligés à développer une économie de résistance, ce qui explique ces particularités, incompréhensibles si l’on n’analyse pas tous ces facteurs et si l’on ne connaît pas Cuba sous tous ses aspects.

Pour tout cela notre Congrès a placé l’économie au centre de sa problématique ; dans tous les secteurs productifs à Cuba on peut voir des visages jeunes et c’est dans ces endroits où l’on travaille pour trouver la solution à ces contradictions, qui n’auront pas de recettes magiques, donc nous sommes conscients de la nécessité d’augmenter la production, la productivité, l’efficacité, réduire les coûts, économiser les ressources dont nous disposons et travailler dur, pour augmenter nos recettes de façon à contribuer à une économie plus équilibrée et nécessairement socialiste.

Il faut savoir que même en luttant contre ce type d’anomalies économiques et financières, ici, nous n’avons jamais fermé une seule école ni un seul hôpital, nous n’avons jamais diminué les pensions de retraite et personne ne s’est retrouvé au chômage, c’est un mérite qui nous revient, car il aurait été très facile d’assainir l’économie à la manière néolibérale, mais dans notre société [cubaine] nous ne concevons pas de le faire au détriment du social.

SM : – Quel est le sentiment de la jeunesse cubaine sur la thématique de la migration ?

LÁD : Nous l’appréhendons comme un phénomène mondial et donc, logiquement, Cuba n’y échappe pas, toutefois dans notre cas il est profondément politisé, à tel point qu’en 1966 le gouvernement US a voté la Loi d’Ajustement Cubain, garantissant un traitement spécial aux Cubains qui émigrent afin de stimuler une hémorragie alimentée par des sorties essentiellement illégales. Cette loi garantit de scandaleux privilèges à tout citoyen de cette île qui parvient à fouler le sol de leur pays, peu importent les méthodes ou les voies empruntées, et sans chercher à savoir s’il s’agit d’un délinquant ou d’un terroriste. Nous serions curieux de voir ce qui se passerait si cette loi était étendue à toute l’Amérique Latine et à tous ses autres jeunes. Pour eux, c’est juste le contraire, des murs sont érigés à la frontière avec le Mexique et des lois racistes sont votées en Arizona.

Toutes les transnationales de la presse et les médias en général, amplifient ce phénomène. Elles ont travaillé avec enthousiasme à créer l’image d’une Cuba antidémocratique, que ses enfants fuient (les Cubain(e)s fuient, les autres émigrent) et elles jettent le trouble en montant en épingle tout Cubain qui arrive en « terre promise » ; elles utilisent la même stratégie pour discréditer la Révolution cubaine et exercer ainsi une pression pour nous détruire. Notre jeunesse n’ignore pas les nuances lamentables de la migration, le flux migratoire universel du Sud vers le Nord, pour des raisons  économiques, ne nous est pas épargné, ce facteur économique est bien plus important que le facteur politique et nous sommes parmi les premières victimes de la fuite des cerveaux et des talents sportifs et culturels. C’est une sorte de pillage effectué par le capitalisme développé qui cause d’énormes dégâts au Tiers monde.

SM : - Quelles sont les aspirations de la jeunesse cubaine en ce qui concerne les  voyages et la découverte du monde ?

LÁD : Je crois qu’il s’agit des mêmes aspirations que celles de n’importe quel jeune dans tous les coins du monde, c’est quelque chose qui est propre à l’être humain, ce désir de connaitre d’autres lieux, mais c’est triste que des millions d’êtres humains passent toute leur vie sans sortir de leur coin, en parvenant juste à survivre, alors qu’une minorité voyage pour le plaisir, et que même certains paient des fortunes pour aller dans l’espace.

De nombreux Cubain(e)s se rendent à l’étranger pour rendre visite à un ami, à leur famille, ou pour se perfectionner ou pour un événement professionnel, et des dizaines de milliers d’autres offrent une aide solidaire à d’autres nations, comme les médecins volontaires ou d’autres professionnels.

Nous avons aussi abordé ce sujet dans les commissions de travail du Congrès. La presse capitaliste, ennemie de Cuba, diffuse constamment que les jeunes Cubain(e)s ne peuvent pas voyager, accréditant ainsi l’idée qu’ici le gouvernement « garde prisonniers les citoyens ». S’il s’agit de la connaissance du monde, hé bien, paradoxalement, nous, les jeunes Cubain(e)s, sommes des privilégie(e)s, j’ai déjà dit pourquoi, mais n’oublions pas que nous sommes un pays sous-développé, lourdement frappé par le blocus économique et politique, et qu’aujourd’hui nos priorités sont notre travail au jour le jour pour aller de l’avant, et que les ressources individuelles et collectives sont utilisées pour des besoins ponctuels.

Interview réalisé par Sébastien Madau.
Le 15 avril 2010

*UJC : Union de la Jeunesse Communiste

source : http://moncada26.canalblog.com/

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Déclaration de la Commission des relations internationales de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire de la République de Cuba

Le 23 avril dernier, Jan Brewer, gouverneur de l’Etat d’Arizona, promulguait la loi SB1070.

Cette loi, de contenu profondément raciste et xénophobe, autorise la police à arrêter toute personne sur la base de son faciès s’il existe un «soupçon raisonnable» d’illégalité, ce qui revient à criminaliser toute affaire d’immigrant sans papiers et à créer un climat propice à la persécution des immigrés en général puisqu’ils seront désormais soumis à des détentions arbitraires, à des fouilles et à d’autres humiliations, y compris la déportation dans leur pays d’origine. Ceci s’est produit dans un Etat où le tiers de la population est constitué par des immigrants hispaniques et où plus de 300 000 travailleurs sans papiers, notamment des Mexicains, réalisent les travaux les plus durs au cours d’interminables journées dans les récoltes, contre des salaires de misère.

Dès la gestation de cette loi, de vastes secteurs de la population des Etats-Unis en ont dénoncé le caractère sélectif et discriminatoire.

Le 1er mai dernier, plus de 70 villes des Etats-Unis ont été le théâtre de manifestations massives de groupes d’immigrants, travailleurs, étudiants et défenseurs des droits de l’Homme, qui, sous le slogan «Nous sommes tous Arizona», ont réclamé une réforme migratoire générale et l’annulation de cette aberration imposée à l’Arizona.

Compte tenu des implications de cette loi pour des millions d’être humains qui, dans notre région, sont obligés de partir aux Etats-Unis en quête de meilleures conditions de vie pour eux-mêmes et leur famille, et sachant qu’il est possible que des lois de cet acabit se répandent comme traînée de poudre dans tout le territoire de ce pays, la Commission des relations internationales de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire de la République de Cuba proclame sa solidarité avec tous ceux qui affrontent cette brutale violation de leurs droits humains.

Nous ne pouvons taire le fait que, alors même qu’on construit des murs et qu’on approuve des lois de cette espèce dans le but de fermer les portes aux candidats à l’émigration dans des territoires qui ont été volés par la force au noble peuple mexicain, la fameuse Loi d’ajustement cubain demeure en vigueur et stimule à titre permanent et par tous les moyens l’émigration illégale et la désertion, ce qui a coûté la vie à des centaines de Cubains tout au long des dernières décennies.

La Havane, le 19 mai 2010

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Allocution de Salvador Valdés Mesa, secrétaire général de la Centrale des travailleurs de Cuba et membre du Bureau politique du Parti communiste de Cuba

Général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres,

Camarades du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Cuba,

Camarades membres du Conseil d’Etat,

Camarades invités,

Compatriotes,

Il y a exactement dix ans, sur cette même place, Fidel nous invitait à porter à des plans infinis la conception même de notre plus grande conquête : la Révolution. Tel est le sens du moment historique que nous vivons, disait-il alors.

Dans quelques minutes, cette place historique et toutes les places des principales villes du pays vibreront au pas de millions de travailleurs accompagnés de leur famille qui réaffirmeront ainsi avec force leur décision inébranlable de défendre la Révolution et de construire le socialisme : une réponse ferme et énergique à ceux qui, depuis les centres de pouvoir des Etats-Unis et de l’Union européenne, secondés par des groupuscules internes de mercenaires, tentent de nous discréditer à coup de mensonges et calomnies qui sont le fruit de leur haine ancestrale.

Il y a quelques jours à peine, plus de huit millions deux cents mille Cubains ont concouru massivement aux urnes pour élire, par leur vote conscient, les délégués au Pouvoir populaire : c’est ainsi que nous avons été les protagonistes d’une leçon exemplaire d’authentique démocratie participative. C’était le prélude de cette brillante célébration où les travailleurs et le peuple unis en un faisceau indestructible autour du Parti, de Fidel et de Raul montrent ce dot ils sont capables.

Travailleuses et travailleurs,

Nous vivons une époque complexe, pleine de dangers et de risques qui menacent la planète et l’humanité. La scène du monde se caractérise par des calamités climatiques de plus en plus fréquentes et dévastatrices et par la crise mondiale et intégrale du capitalisme. Ce sont des phénomènes dont les impacts ne nous sont pas épargnés et s’ajoutent au blocus génocide imposé par les Etats-Unis, aux conséquences de la période spéciale et à nos propres insuffisances.

Un tel panorama nous oblige à faire face à des réalités de la plus haute complexité, comme l’a dit le camarade Raul au Congrès des Jeunesses communistes. Et si, il y a dix ans, le commandant en chef nous rassemblait autour de l’idée que faire la Révolution, c’est changer tout ce qui doit être changé et nous émanciper nous-mêmes, par notre effort, notre devoir est de nous rassembler autour de ce qu’a dit notre Président. Je cite :

« Nous sommes convaincus qu’il faut détruire des dogmes et nous assumons avec confiance et fermeté l’actualisation, déjà en marche, de notre modèle économique, dans le but de jeter les bases du développement et de l’irréversibilité du socialisme cubain, dont nous savons qu’il est la garantie de l’indépendance et de la souveraineté nationale. »

Les travailleurs que nous sommes le savent tous : la bataille économique est une tâche plus vitale que jamais pour préserver notre système social. La livrer avec succès, cela suppose que chacun s’apprête à fournir la part d’effort qui lui incombe et soit bien conscient que la réorganisation en cours des institutions et du travail nous concerne tous.

Si nous voulons avancer, élever le niveau de vie de la population, maintenir et même améliorer rationnellement nos acquis dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la sécurité et de l’assistance sociale, nous devrons partager les pénuries et les efforts.

Nous devons analyser à fond le discours prononcé par Raul au Congrès des Jeunesses communistes, non pas pour insister sur les problèmes que nous confrontons mais pour mieux comprendre ces réalités, identifier les tâches qui nous incombent et proposer des solutions au sein de notre collectif de travail.

Depuis cette tribune historique, nous invitons les travailleurs et le peuple à accompagner l’actualisation de notre modèle économique, qui requerra des efforts et des sacrifices extraordinaires, conscients que nous ne garantirons la croissance économique et sociale du pays qu’en faisant du travail la source par excellence des richesses matérielles et spirituelles et de la formation des consciences.

Cubaines et Cubains,

Profitons de cette occasion pour adresser un message de félicitations et de reconnaissance à tous nos compatriotes qui, aux confins les plus divers de la planète, accomplissent des missions internationalistes qui multiplient le prestige de la Révolution.

Nous appelons les organisations syndicales et sociales et tous les honnêtes gens du monde à participer plus activement que jamais au mouvement international en faveur de la levée de l’injuste et inhumain blocus économique, commercial et financier que les Etats-Unis imposent depuis près de cinquante ans au peuple de Cuba et à exiger avec nous la libération de nos Cinq Héros arbitrairement détenus dans des prisons étasuniennes.

Nous exprimons notre solidarité aux travailleurs du monde, et toute notre gratitude pour les marques de solidarité que nous recevons, en particulier de plus de mille dirigeants syndicaux et sociaux qui ont choisi d’accompagner note peuple dans cette fête prolétarienne.

VIVE LE PREMIER MAI !

VIVE LA REVOLUTION !

VIVE FIDEL ET RAUL !

VIVE CUBA LIBRE !

Que commence le défilé combattant et combatif du peuple !

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DÉCLARATION DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, DANS LA CONFÉRENCE DES BAILLEURS DE FONDS EN FAVEUR D’HAÏTI TENUE À NEW YORK LE 31 MARS 2010

Monsieur le Président,

La communauté internationale a une énorme dette envers Haïti, pays dans lequel après trois siècles de colonialisme a eu lieu la première révolution sociale du continent américain, audace que les puissances coloniales lui ont fait payer avec environ 200 ans de tyrannies militaires et de pillage. Sa population noble et travailleuse est aujourd’hui, la plus pauvre de l’hémisphère occidental.

Nous avons tous l’obligation morale d’apporter à Haïti des ressources financières supplémentaires ainsi qu’une coopération plus importante, non seulement pour sa reconstruction mais surtout pour son développement.

Pour avoir une idée de l’ampleur de la tragédie humaine connue par Haïti, il suffirait de souligner que la mort de 230 mille personnes dans ce petit pays densément peuplé équivaut à la mort de plus de 30 millions de personnes dans un pays comme la Chine, dont la population s’élève à 1 milliard 300 millions habitants, une tragédie inimaginable.

Après ce tremblement de terre dévastateur qui a secoué la conscience de l’humanité, nous espérons que les nombreuses promesses faites deviendront des faits ; que l’indépendance et la souveraineté d’Haïti seront respectées et exaltées ; que l’exercice de toutes ses facultés sera rendu plus facile au gouvernement du Président René Préval et du Premier Ministre Jean Max Bellerive et que les bénéfices seront non pas pour les banques et les compagnies étrangères mais pour le peuple haïtien, notamment pour les plus pauvres.

La générosité et la volonté politique sont nécessaires. Il est essentiel l’unité de ce pays et non pas des projets d’une charité douteuse ou sa division en parts de marché.

Le Programme de redressement et renforcement du système national de santé en Haïti conçu par le gouvernement haïtien avec celui de Cuba, comptant sur la coopération de la République bolivarienne du Venezuela ainsi que celle d’autres pays et organismes humanitaires assurera une large couverture en matière de santé à la population, en particulier au secteur à faibles revenus.

Ce programme repose sur  des centres de santé de soins primaires qui sont en création dans lesquels suivant des calculs 2 millions 800 mille patients seraient soignés annuellement, 1 million 300 mille urgences médicales seraient accueillies, 168 mille accouchements seraient assistés et  3 millions de vaccins seraient administrés.

A ces centres de santé sont ajoutés les services de 30 hôpitaux communautaires de référence distribués dans le pays et équipés de technologie de pointe pour les soins secondaires. Ils permettront d’accueillir 2 millions 154 mille patients chaque année, de gérer 1 million d’urgences, de réaliser 54 mille chirurgies, 276 mille électrocardiogrammes, 144 mille ultrasons de diagnostique, 43 mille endoscopies, 181 mille radiographies, 107 mille consultations de stomatologie et 487 mille examens de laboratoire.

Tenant compte du nombre extraordinaire de polytraumatisés, 30 salles de rééducation sont également mises en place. Dans celles-ci seront soignés, en douze mois, 520 mille patients et 2 millions 396 mille autres bénéficieront de thérapies.

Il y aura également 3 centres d’électro-médecine, un laboratoire de prothèses orthopédiques et un programme intégré d’hygiène et épidémiologie.

De la même manière il a été prévu en Haïti la création d’un hôpital national de spécialités de niveau tertiaire pour lequel nous espérons compter sur la coopération d’autres pays. 80 spécialistes cubains de haut niveau travailleront dans ces installations. Ils prendront en charge les services, les départements médicaux, la recherche, ainsi que l’enseignement des professionnels haïtiens qui y seront formés, lesquels remplaceront progressivement les professeurs cubains.

Le prix des services décrits ci-dessus s’élève, en quatre ans, à 690 millions 540 mille 739 dollars états-uniens. Ceci comprend la valeur des services médicaux offerts, calculés à la moitié des prix internationaux, la durabilité de ces services, le personnel qui les offrira et l’apport pour la formation d’autres 312 médecins haïtiens à Cuba.

Il peut donc en être déduit que le coût approximatif est de 170 millions de dollars par an pour un pays d’environ 9 millions 332 mille habitants.

Il est possible d’y arriver, ainsi le démontre notre expérience pratique. En fait, ce programme est déjà en cours. Depuis le séisme sont en fonctionnement 23 de ces centres de santé de soins primaires, 15 hôpitaux communautaires de référence et 21 salles de rééducation.

Quelques instants à peine après la catastrophe, les spécialistes cubains se sont mis à soigner la population sinistrée. Jusqu’à présent environ 260 mille consultations ont été réalisées, plus de 7000 chirurgies, environ 1400 accouchements ont été assistés et presque 100 mille vaccins ont été administrés. Plus de 50 mille patients ont été accueillis en rééducation et plus de 75 mille enfants dans des consultations de thérapie psychologique et sociale avec la participation de quelques-uns des professionnels cubains les plus reconnus.

Dans le programme travaillent déjà 783 médecins cubains, 481 haïtiens et 278 de 28 autres pays, tous diplômés à Cuba.

Samedi dernier, faisant partie du programme décrit auparavant, a été signé à Port-au-Prince une Déclaration d’Intention pour le renforcement du système et des services publiques de santé et de surveillance épidémiologique, cela grâce à la volonté du gouvernement haïtien et à l’importante contribution du Président Lula et du Brésil, qui sera décisive pour le programme conçu.

Pendant les onze ans de travail préalable, la brigade médicale cubaine, présente sur 127 des 137 communes haïtiennes, a sauvé 233 mille 442 vies humaines, a réalisé 14 millions de consultations, 225 mille chirurgies et 109 mille accouchements. Elle a rendu ou amélioré la vision de 46 mille haïtiens dans le cadre du programme de « l’Opération miracle ». Dans cette période, 165 mille haïtiens ont été alphabétisé en créole.

Si nous estimons les services médicaux offerts pendant ces années et la formation du personnel médical à Cuba, cela représente environ 400 millions de dollars dans cette période.

Le programme médical que nous proposons, dans son ensemble, bénéficiera 75% de la population la plus défavorisée du pays et celle qui en a le plus besoin avec un minimum de dépenses.

Nous invitons tous les Gouvernements, sans exception, à contribuer à ce noble effort. Nous accordons une importante particulière à cette conférence, que nous espérons sera couronnée de succès.

Je vous remercie.

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Lettre ouverte de l’UNEAC et de l’AHS aux intellectuels et artistes du monde

Au moment même où la Foire du livre sillonnait notre pays d’un bout à l’autre, et où des centaines de médecins cubains sauvaient des vies en Haïti, une nouvelle campagne se préparait contre Cuba. Un délinquant de droit commun au parcours violent et subitement métamorphosé en «prisonnier politique», déclarait une grève de la faim pour exiger qu’on lui installe dans sa cellule le téléphone, une cuisinière et un poste de télévision. Encouragé par des gens dénués de tout scrupule, et malgré tous les efforts consentis pour le maintenir en vie, Orlando Zapata Tamayo est décédé et est devenu un symbole lamentable de la machine anticubaine. Le 11 mars, le Parlement européen a adopté une résolution qui «condamne énergiquement la mort évitable et cruelle du dissident prisonnier politique Orlando Zapata Tamayo», et, dans ce qui constitue une ingérence outrageante dans nos affaires intérieures, il «invite instamment les institutions de l’Union européenne à soutenir de manière inconditionnelle et à encourager sans réserve le lancement d’un processus pacifique de transition politique vers une démocratie pluripartite à Cuba».

Une pétition ayant pour titre «Orlando Zapata Tamayo: j’accuse le gouvernement cubain» vient d’être lancée pour recueillir des signatures contre Cuba. Ce document affirme que le prisonnier a été «injustement incarcéré et brutalement torturé», et qu’il est mort «en dénonçant ces crimes et l’absence de droits et de démocratie dans son pays». Ce document n’hésite pas à mentir sans aucune vergogne sur une soi-disant pratique de notre gouvernement consistant à «éliminer physiquement ses critiques et ses opposants pacifiques». Le 15 mars, un journal espagnol publiait à sa une photo du visage de Zapata Tamayo, déjà décédé, dans son cercueil, tout en annonçant l’adhésion à la pétition de plusieurs intellectuels ayant joint leur signature à d’anciens et de nouveaux professionnels de la contre-révolution interne et externe.

Nous, les écrivains et les artistes cubains, sommes pleinement conscients de la manière dont les corporations médiatiques et les intérêts hégémoniques et de la réaction internationale peuvent s’articuler pour nuire à notre image. Nous les reconnaissons à l’acharnement et à la haine qu’ils mettent à déformer notre réalité et à déverser leurs mensonges sur Cuba. Nous savons aussi le prix que doivent payer ceux qui ont tenté d’exprimer leurs propres nuances depuis la culture.

Dans l’histoire de la Révolution, jamais un prisonnier n’a été torturé. Il n’y a pas eu un seul disparu. Il n’y a pas eu une seule exécution extrajudiciaire. Nous avons fondé une démocratie propre, imparfaite certes, mais beaucoup plus participative et légitime que celle que d’autres prétendent nous imposer. Les concepteurs de cette campagne n’ont aucune autorité morale pour nous donner des leçons en matière de droits de l’Homme.

Il est indispensable de mettre fin à cette nouvelle agression contre un pays assiégé et victime d’un harcèlement impitoyable. Nous en appelons à la conscience de tous les intellectuels et artistes dépourvus d’intérêts retors quant à l’avenir d’une Révolution qui a été, est et sera toujours un modèle d’humanisme et de solidarité.

Secrétariat de l’Union nationale des écrivains et artistes cubains

Direction nationale de l’Association «Hermanos Saiz»

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Déclaration de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba

http://www.granma.cubaweb.cu/2008/12/24/nacional/asamnacc.jpg

Au terme d’une campagne orchestrée par de puissantes entreprises médiatiques, fondamentalement européennes, qui ont attaqué Cuba avec férocité, le Parlement européen vient de voter, après un débat malhonnête, une résolution de condamnation de notre pays qui manipule des sentiments, dénature les faits, profère des mensonges et occulte des réalités.

Le prétexte avancé a été le décès d’un détenu, condamné d’abord pour des délits communs, puis manipulé par des intérêts étasuniens et par la contre-révolution interne, pour avoir refusé, de sa propre volonté, toute alimentation malgré les avertissements et l’intervention des médecins spécialistes cubains.

On ne saurait utiliser ce fait regrettable pour condamner Cuba au motif qu’elle aurait pu éviter ce décès. S’il est un domaine où notre pays n’a pas à se défendre verbalement, car la réalité est irréfutable, c’est bien dans celui de la lutte pour la vie des êtres humains, qu’ils soient nés à Cuba ou à l’étranger. Un seul exemple suffit : la présence de médecins cubains en Haïti onze avant le séisme de janvier dernier, ce dont la presse hégémonique se garde bien de parler.

Cette condamnation masque un profond cynisme. Combien d’enfants sont morts dans les nations pauvres parce que les pays riches représentés au Parlement européen ne tiennent pas leurs engagements d’Aide publique au développement ? Tous savent que c’est prononcer là une sentence de mort massive, mais ils ont choisi de préserver leurs niveaux de gaspillage et de surconsommation somptuaire, suicidaires à long terme.

C’est aussi offenser les Cubains que de vouloir leur donner des leçons alors que les gouvernements européens répriment en ce moment même les immigrants et les chômeurs, tandis qu’ici, le peuple propose librement et sans intermédiaires, dans des réunions de quartiers, ses candidats aux élections municipales.

Ceux qui ont participé à la contrebande aérienne de détenus, à l’établissement de prisons illégales et à la pratique de la torture, ou qui les ont permis, n’ont aucun droit moral de juger un peuple agressé et en butte à un blocus brutal.

Une condamnation si discriminatoire et sélective ne peut s’expliquer que par l’échec d’une politique qui a été incapable de faire plier un peuple héroïque. Ni la loi Helms-Burton, ni la Position commune européenne, apparues la même année, dans les mêmes circonstances et dans les mêmes buts, toutes deux au mépris de notre souveraineté et de notre dignité nationales, n’ont pas le moindre avenir, car les Cubains rejettent les diktats, l’intolérance et les pressions comme normes des relations internationales.

Assemblée nationale du Pouvoir populaire de la République de Cuba

11 mars 2010

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