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	<title>Fidelista &#187; Les Réflexions de Fidel</title>
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	<description>«Le gouvernement doit naître du pays.» [ José Marti ]</description>
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		<title>LE GÉNIE DE CHÁVEZ</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 13:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Le président Chávez a fait rapport devant le parlement vénézuélien de l’action de son gouvernement en 2011 et de son programme pour l’année en cours. Après avoir rempli rigoureusement toutes les formalités qu’implique cet important exercice, il s’est adressé aux autorités officielles de l’État, aux parlementaires de tous les partis, aux sympathisants et aux adversaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le président Chávez a fait rapport devant le parlement vénézuélien de l’action de son gouvernement en 2011 et de son programme pour l’année en cours. Après avoir rempli rigoureusement toutes les formalités qu’implique cet important exercice, il s’est adressé aux autorités officielles de l’État, aux parlementaires de tous les partis, aux sympathisants et aux adversaires dans le cadre de la cérémonie la plus solennelle du pays.</p>
<p>À son habitude, le leader bolivarien a été aimable et respectueux envers toutes les personnes présentes. Si l’une d’entre elles demandait la parole pour un éclaircissement, il lui en offrait aussitôt la possibilité. Quand une parlementaire, qui l’avait salué aimablement à l’instar d’autres adversaires, a demandé la parole, il a interrompu son rapport et la lui a cédée en un geste d’une grande hauteur politique. Elle a alors interpellé le président en des phrases d’une dureté extrême qui ont mis sa noblesse et son sang-froid à l’épreuve, utilisant même le qualificatif insultant de « voleur » pour juger sa conduite à cause des lois et des mesures qu’il a adoptées. Il s’agissait sans conteste d’une offense, même si ce n’était pas là l’intention de la parlementaire. Néanmoins, il a été capable de répondre avec sérénité. Après s’être enquis du terme exact qu’elle avait employé, il a répliqué élégamment et posément à sa demande d’un débat public par un dicton : « L&#8217;aigle n’attrape pas les mouches », puis il a poursuivi sereinement son exposé.</p>
<p>Ce fut là une preuve insurpassable d’agilité mentale et de contrôle de soi. Une autre femme, d’origine incontestablement modeste,  s’étonna en des phrases émues et profondes de ce qu’elle venait de voir, ce qui déclencha les applaudissements de l’immense majorité de l’auditoire, autrement dit de tous les amis du président et, semble-t-il, de nombre de ses adversaires.</p>
<p>Chávez a rendu compte de la gestion de son gouvernement pendant plus de neuf heures d’affilée, sans que l’intérêt faiblisse une seconde, et son rapport a été suivi, peut-être à cause de cet incident, par un nombre incalculable de personnes. Moi qui ai abordé bien souvent des problèmes difficiles dans de longs discours, en m’efforçant toujours au maximum de bien faire comprendre mes idées, j’ai du mal à m’expliquer comment ce militaire d’origine modeste, mais à l’esprit agile et au talent sans pareil, a été capable d’un tel déploiement d’éloquence sans perdre la voix ni ses forces.<span id="more-3358"></span></p>
<p>La politique est pour moi le combat prolongé et résolu des idées. La publicité est le lot des publicitaires qui connaissent sans doute les techniques requises pour que les auditeurs, les spectateurs et les lecteurs fassent ce qu’on leur dit. Si cette science ou cet art ou comme on veut l’appeler servait au bien de l’humanité, elle mériterait du respect, celui-là même que méritent ceux qui apprennent aux autres l’habitude de penser.</p>
<p>Un grand combat se livre aujourd’hui au Venezuela. Les ennemis intérieurs et extérieurs de la révolution préfèrent le chaos, comme l’affirme Chávez, plutôt que le développement juste, ordonné et pacifique du pays. Quiconque a pris l’habitude d’analyser les faits survenus durant plus d’un demi-siècle et d’observer avec toujours plus de preuves l’histoire hasardeuse de notre époque et le comportement humain finit presque toujours par arriver à prédire le cours des événements.</p>
<p>Promouvoir une révolution profonde n’était pas chose aisée au Venezuela, un pays à l’histoire glorieuse mais immensément riche en ressources qui sont d’une importance vitale pour les puissances impérialistes qui ont tracé et tracent encore les destinées du monde.</p>
<p>Des dirigeants politiques dans le style de Rómulo Betancourt et de Carlos Andrés Pérez étaient dépourvus des moindres qualités personnelles pour ce faire. De plus, le premier était excessivement vaniteux et hypocrite. Il avait largement eu l’occasion de connaître la réalité vénézuélienne. Il avait été membre du Bureau politique du parti communiste costaricien dans sa jeunesse. Il connaissait bien l’histoire de l’Amérique latine et le rôle de l’impérialisme, les taux de pauvreté et le pillage impitoyable des ressources naturelles du continent. Il ne pouvait ignorer que, même si le Venezuela était immensément riche, la grande majorité de sa population vivait dans la pauvreté extrême. Les archives de toutes sortes le prouvent d’une manière irréfutable.</p>
<p>Comme l’a dit Chávez si souvent, le Venezuela a été pendant plus d’un demi-siècle le plus gros exportateur de pétrole au monde ; des bâtiments de guerre européens et yankees intervinrent au début du XX<sup>e</sup> siècle pour appuyer un gouvernement illégal et tyrannique qui avait bradé le pays aux monopoles étrangers. On sait bien que des sommes énormes sortaient du pays pour grossir le patrimoine des monopoles étrangers et de l’oligarchie vénézuélienne.</p>
<p>Quand je me suis rendu pour la première fois au Venezuela après la victoire de la Révolution pour le remercier de sa sympathie et de son appui à notre lutte, le baril de pétrole valait à peine deux dollars. Quand j’y suis allé assister à l’investiture de Chávez – le jour où il a prêté serment sur la « Constitution moribonde » que soutenait Calderas – le baril en valait sept, même si quarante ans s’étaient écoulés depuis et trente ans depuis que le « bienfaiteur » Richard Nixon avait décrété la fin de l’étalon-or face au dollar et que les États-Unis avaient commencé à acheter le monde à coups de papier-monnaie. Pendant un siècle, le Venezuela fournit du pétrole bon marché à l’économie de l’Empire et fut un exportateur net de capitaux vers les pays développés et riches.</p>
<p>Pourquoi ces réalités répugnantes prédominèrent-elles pendant plus d’un siècle ?</p>
<p>Les officiers des forces armées latino-américains disposaient aux États-Unis d’écoles privilégiées où les champions olympiques de la démocratie leur enseignaient dans des cours spéciaux à préserver l’ordre impérialiste et bourgeois. Les coups d’État étaient les bienvenus pourvu qu’ils servent à « défendre les démocraties », à préserver et à garantir cet ordre si sordide, en alliance avec les oligarchies ; peu importait que les électeurs sachent lire et écrire ou non, aient un logement ou non, un emploi, des services médicaux et des écoles à condition que le droit de propriété sacro-saint soit garanti. Chávez explique ces réalités d’une manière magistrale. Nul ne connaît mieux que lui ce qu’il se passait dans nos pays.</p>
<p>Pis encore, la sophistication de l’armement moderne,  la complexité de son exploitation et de son maniement qui exige des années d’apprentissage, la formation de spécialistes hautement qualifiés, ses coûts quasiment inaccessibles pour les économies faibles du sous-continent, tout ceci créait un mécanisme de subordination et de dépendance supplémentaire. La Maison-Blanche, sans même consulter les gouvernements, traçait des normes et déterminait des politiques à l’adresse des militaires à travers différents mécanismes. Les techniques de torture les plus perfectionnées étaient transmises aux organes de sécurité pour qu’ils sachent interroger ceux qui se rebellaient contre ce système de famine et d’exploitation immonde et répugnant.</p>
<p>Néanmoins, maints officiers honnêtes, écœurés de tant d’impudeur, tentèrent vaillamment de mettre fin à cette trahison ignominieuse de l’histoire de  nos lutte d’indépendance.</p>
<p>En Argentine, Juan Domingo Perón, officier de l’armée, fut capable de concevoir une politique indépendante et de racines ouvrières. Renversé par un putsch militaire sanglant, il fut expulsé du pays et dut vivre en exil de 1955 à 1973. Quelques années après, sous l’égide des Yankees, les militaires assaillirent de nouveau le pouvoir, assassinèrent, torturèrent et firent disparaître des milliers d’Argentins, et ne furent même pas capables de  défendre le pays lors de la guerre coloniale que l’Angleterre mena avec l’appui complice des États-Unis et d’un nervi, Augusto Pinochet, et de sa cohorte d’officiers fascistes formés à l’École des Amériques.</p>
<p>Le colonel Francisco Caamaño Deñó à Saint-Domingue, le général Velazco Alvarado au Pérou, le général Omar Torrijos au Panama, et d’autres capitaines et officiers dans d’autres pays qui sacrifièrent leur vies d’une manière anonyme constituèrent l’antithèse de la traîtrise personnifiée par Somoza, Trujillo, Stroessner, et par les dictateurs sanguinaires d’Uruguay, d’El Salvador et d’autres pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Les militaires révolutionnaires ne formulaient pas des vues peaufinées dans tous les détails, et nul n’aurait eu le droit de l’exiger d’eux : ce n’étaient pas des académiciens versés en politique, mais des hommes ayant le sens de l’honneur et aimant leur pays.</p>
<p>Et pourtant, l’on a vu jusqu’où des hommes honnêtes, refusant l’injustice et le crime, sont capables d’aller sur les chemins de la révolution.</p>
<p>Le Venezuela constitue un brillant exemple du rôle théorique et pratique que les militaires révolutionnaires peuvent jouer dans la lutte pour l’indépendance de nos peuples, comme ils le firent voilà deux siècles sous la direction géniale de Simón Bolívar.</p>
<p>Chávez, un militaire d’origine modeste, fait irruption dans la vie politique vénézuélienne en puisant dans les idées du libérateur de l’Amérique. Martí écrivit au sujet de Bolivar, cette source d’inspiration intarissable : « <em>Il gagna des batailles sublimes, avec des soldats nu pieds et en haillons […] jamais on ne se battit tant ni mieux dans le monde pour la liberté&#8230; […] …de Bolívar, on ne peut parler qu’avec une montagne pour tribune […] ou une poignée de peuples libres au poing… […] ce qu’il n’a pas fait lui-même n’est toujours pas fait à ce jour, parce que Bolívar a encore à faire en Amérique.</em> »</p>
<p>Plus d’un demi-siècle plus tard, le grand poète Pablo Neruda écrivit un poème que Chávez répète souvent, et dont la dernière strophe affirme :</p>
<p><em>Je connus Bolívar par une longue matinée,</em></p>
<p><em>À Madrid, à la bouche du 5<sup>e</sup> régiment,</em></p>
<p><em>Père, lui dis-je, es-tu ou n’es-tu pas, et qui es-tu ?</em></p>
<p><em>Et regardant la caserne de </em><em>la  Montagne</em><em>, il dit :</em></p>
<p><em>« Je m’éveille tous les cent ans, quand le peuple s’éveille. »</em></p>
<p>Mais le dirigeant bolivarien ne se borne à des formulations théoriques. Il prend sans attendre des mesures concrètes. Les pays anglophones des Caraïbes, auxquels les navires de croisière modernes et luxueux des États-Unis disputaient le droit d’accueillir des touristes dans leurs hôtels, leurs restaurants et leurs centres de loisirs qui, bien que souvent de propriété étrangère, engendraient du moins des emplois, sauront toujours gré au Venezuela de leur livrer du pétrole assorti de facilités de paiement spéciales alors que le baril dépassait parfois les cent dollars.</p>
<p>Le petit Nicaragua, patrie de Sandino, ce « général d’hommes libres », où l’Agence centrale de renseignement organisa par Luis Posada Carriles interposé, après avoir libéré celui-ci de prison au Venezuela, des échanges d’armes contre des drogues dans le cadre d’une guerre qui coûta des milliers de victimes et d’invalides à ce peuple héroïque, a aussi bénéficié de l’appui solidaire du Venezuela. Ce sont là des exemples sans précédent sur notre continent.</p>
<p>Le Traité de libre-échange, cet accord ruineux que les Yankees prétendent imposer à l’Amérique latine, comme ils l’ont fait pour le Mexique, feraient des pays latino-américains et caribéens non seulement la région du monde où la richesse est la plus mal distribuée, ce qu’elle est déjà, mais encore en un marché gigantesque où jusqu’au maïs et aux autres cultures qui sont des sources traditionnelles de protéines végétales et animales seraient écartés au profit des cultures subventionnées des États-Unis, comme cela se passe d’ores et déjà en territoire mexicain.</p>
<p>Les voitures d’occasion et d’autres biens remplacent ceux de l’industrie mexicaine ; villes et campagnes y perdent leurs capacités de générer des emplois ; les ventes d’armes et de drogues y augmentent ; toujours plus d’adolescents d’à peine quatorze ou quinze ans sont convertis en de redoutables délinquants. On n’avait jamais encore vu à ce jour que des cars ou d’autres véhicules remplis de personnes qui, en quête d’emplois, ont acheté un billet pour être transportées de l’autre côté de la frontière soient détournés et leurs passagers abattus sans pitié. Des chiffres semblables augmentent d’année en année. Plus de dix mille personnes y perdent la vie chaque année.</p>
<p>On ne saurait analyser la Révolution bolivarienne sans tenir compte de ces réalités.</p>
<p>En de telles circonstances sociales, les forces armées sont contraintes de livrer des guerres interminables et dévastatrices.</p>
<p>Le Honduras n’est pas un pays industrialisé, financier ou commercial, même pas un gros producteur de drogues, et pourtant certaines de ses villes battent des records de morts violentes à cause des drogues. En revanche, une importante base des forces stratégiques du Commandement Sur des États-Unis y arbore son étendard. Tel est le panorama dantesque dans plus d’un pays latino-américain. Mais certains commencent à s’en sortir. En premier lieu, le Venezuela, mais non seulement parce qu’il possède d’abondantes ressources naturelles, mais aussi parce qu’il les arrachées à la cupidité insatiable des transnationales étrangères et a libéré des forces politiques et sociales considérables capables de remporter de grandes conquêtes. Le Venezuela d’aujourd’hui est très différent du pays que j’ai connu voilà douze ans à peine, et j’avais déjà été impressionné profondément de le voir renaître, tel le phénix, de ses cendres historiques.</p>
<p>Les États-Unis et la CIA, faisant allusion au mystérieux ordinateur de Raúl Reyes, qui est entre leurs mains après qu’ils eurent organisé et déclenché en plein territoire équatorien une attaque au cours de laquelle le remplaçant de Marulanda et plusieurs jeunes latino-américains désarmés ont été assassinés, ont lancé la version que Chávez appuyait « l’organisation narcoterroriste des FARC ». Or, les vrais terroristes et trafiquants de drogues en Colombie, c’étaient les paramilitaires qui fournissaient aux trafiquants étasuniens les drogues vendues sur le plus gros marché de stupéfiants au monde, les États-Unis.</p>
<p>Je n’ai jamais parlé à Marulanda ; seulement avec des écrivains et des intellectuels qui le connaissaient bien. J’ai analysé ses idées et son histoire. Je n’hésite pas à affirmer que c’était quelqu’un de courageux et de révolutionnaire. J’ai expliqué que je ne partageais pas ses conceptions tactiques. À mon avis, il aurait suffi de deux ou trois mille hommes pour vaincre en Colombie une armée de métier classique. Son erreur était de concevoir une armée révolutionnaire possédant presque autant de soldats que l’adversaire. C’était là extrêmement coûteux  et virtuellement impossible à gérer.</p>
<p>La technologie a changé aujourd’hui bien des aspects de la guerre ; les formes de lutte changent aussi. De fait, un affrontement de forces conventionnelles entre des puissances nucléaires est devenu impossible. Il n’est pas besoin des connaissances d’Albert Einstein, de Stephen Hawking et de milliers d’autres scientifiques pour le comprendre. C’est un danger latent, dont on connaît l’issue, ou du moins qu’on devait connaître. Il pourrait s’écouler des millions d’années avant que d’autres êtres pensants repeuplent la planète.</p>
<p>Je soutiens malgré tout que lutter est un devoir  inné en l’homme, qu’il doit chercher des solutions qui lui permettent de vivre plus rationnellement et plus dignement.</p>
<p>Dès que j’ai fait la connaissance de Chávez, je l’ai toujours vu s’intéresser à la paix en Colombie. Une fois à la présidence, dans les dernières années du gouvernement Pastrana, il a facilité des réunions entre celui-ci et les révolutionnaires colombiens à Cuba, mais, qu’on le comprenne bien, en vue d’un accord de paix véritable, non d’une reddition.</p>
<p>Je ne me rappelle pas avoir écouté Chávez promouvoir en Colombie autre chose que la paix, ni même mentionner Raúl Reyes. Nous avons toujours abordé d’autres questions. Il apprécie grandement les Colombiens dont des millions vivent au Venezuela et bénéficient tous des mesures sociales adoptées par la Révolution, et le peuple colombien l’apprécie presque autant que le peuple vénézuélien.</p>
<p>Je tiens à exprime ma solidarité et mon estime envers le général Henry Rangel Silva, chef du commandement stratégique opérationnel des forces armées, qui vient d’être nommé ministre de la Défense de la République bolivarienne. J’ai eu l’honneur de le connaître quand voilà maintenant plusieurs mois, il a rendu visite à Chávez dans notre pays. J’ai vu en lui quelqu’un d’intelligent et de décent, à la fois capable et modeste. J’ai écouté son discours serein, courageux et clair, qui inspire confiance.</p>
<p>Il a dirigé l’organisation du défilé le plus parfait que j’ai vu de la part de forces armées latino-américaines, et j’espère qu’il servira d’encouragement et d’exemple aux autres armées sœurs.</p>
<p>Les Yankees, qui n’ont rien eu à voir avec ce défilé, seraient incapables de faire mieux.</p>
<p>Il est extrêmement injuste de critiquer Chávez pour avoir investi des ressources dans les armes excellentes qui y ont été montrées. Je suis sûr qu’elles ne seront jamais utilisées pour agresser un pays frère. Les armes, les ressources et les connaissances devront marcher à l’unisson sur les voies de l’unité pour former en Amérique, comme le rêvait le <em>libertador</em>, « la plus grande nation du monde, moins par son étendue et sa richesse, que par sa liberté et sa gloire ».</p>
<p>Tout nous unit plus que l’Europe ou les États-Unis, sauf le manque d’indépendance qu’on nous a  imposé pendant deux cents ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 25 janvier 2012</p>
<p>20 h 32</p>
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		<title>LE FRUIT QUI N’EST PAS TOMBÉ</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 09:13:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Cuba a été contrainte de se battre pour son existence face à une puissance expansionniste, située à quelques milles de ses côtes et qui ne cachait pas ses visées d’annexion dans la mesure où sa seule destinée était censément de tomber dans son giron tel un fruit mûr. Nous étions voués à l’inexistence comme nation. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cuba a été contrainte de se battre pour son existence face à une puissance expansionniste, située à quelques milles de ses côtes et qui ne cachait pas ses visées d’annexion dans la mesure où sa seule destinée était censément de tomber dans son giron tel un fruit mûr. Nous étions voués à l’inexistence comme nation.</p>
<p>Dans la glorieuse multitude de patriotes qui se battit durant la seconde moitié du XIXe siècle contre l’abominable colonialisme imposée par l’Espagne pendant trois cents ans, José Martí fut celui qui perçut avec le plus de clarté cette destinée si dramatique. Et il le fit savoir dans les dernières lignes qu’il écrivit quand, à la veille d’un rude combat prévu contre une colonne espagnole aguerrie et bien équipée, il affirma que l’objectif clef de sa lutte était « d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »</p>
<p>Quiconque ne comprend pas cette profonde vérité aujourd’hui ne peut être ni patriote ni révolutionnaire.</p>
<p>Les médias, le monopole de nombreuses ressources techniques et les fonds considérables destinés à tromper et à abrutir les masses constituent sans aucun doute des obstacles importants, mais non invincibles.</p>
<p>La nation cubaine a prouvé, malgré sa condition de factorerie coloniale yankee où sévissaient l’analphabétisme et la pauvreté généralisée, qu’il était possible de faire face au pays qui menaçait de l’absorber définitivement. On ne saurait affirmer qu’il existait une bourgeoisie nationale opposée à l’Empire ; au contraire, elle en était si proche qu’un peu après le triomphe de la Révolution, elle est allée jusqu’à envoyer quatorze mille enfants aux États-Unis sans la moindre protection, car on avait fait courir le mensonge perfide selon lequel l’autorité parentale serait supprimée, l’Histoire devant enregistrer cette « Opération Peter Pan » comme la plus grande manipulation d’enfants à des fins politiques en Amérique.<span id="more-3355"></span></p>
<p>À peine deux ans après le triomphe révolutionnaire, le territoire national fut envahi par des forces mercenaires constituées d’anciens militaires de Batista et de fils de gros propriétaires terriens et de bourgeois, armées par les États-Unis et escortées par des bâtiments de leur flotte navale, dont des porte-avions prêts à entrer en action, qui les accompagnèrent jusqu’à nos côtes. La défaite et la capture de la quasi-totalité des mercenaires en moins de soixante-douze heures et la destruction de leurs avions qui opéraient depuis des bases au Nicaragua et de leurs moyens de transport naval constituèrent une défaite humiliante pour l’Empire et ses alliés latino-américains qui avaient sous-estimé la capacité de lutte du peuple cubain.</p>
<p>Les USA ayant interrompu leurs livraisons de pétrole puis supprimé totalement les contingents d’exportation de sucre dont Cuba avait toujours bénéficié sur leur marché et interdit le commerce établi entre les deux pays durant plus de cent ans, l’URSS répondit à chacune de ces mesures en nous livrant du pétrole, en achetant notre sucre, en faisant du commerce avec notre pays et finalement en nous fournissant les armes que Cuba ne pouvait acheter sur d’autres marchés.</p>
<p>Une campagne systématique d’attaques pirates organisées par la CIA, les actions militaires de bandes contre-révolutionnaires créées et équipées par les USA avant et après l’attaque mercenaire, tout ceci devant aboutir à une invasion militaire directe, donnèrent naissance aux événements qui mirent le monde au bord d’une guerre nucléaire totale à laquelle aucune des parties ni l’humanité elle-même n’auraient pu survivre.</p>
<p>Ces événements entraînèrent sans aucun doute la destitution de Nikita Khrouchtchev qui sous-estima l’adversaire, refusa d’écouter les avis qu’on lui donnait et ne consulta pas ceux qui, comme nous, étaient en première ligne avant de prendre sa décision finale. Ce qui aurait pu être une importante victoire morale se transforma ainsi en un revers politique coûteux pour l’URSS. De fait, durant bien des années, les USA continuèrent de commettre les pires méfaits contre Cuba et continuent, comme c’est le cas de leur blocus criminel, de les commettre.</p>
<p>Khrouchtchev eut des gestes extraordinaires envers notre pays. J’ai critiqué sans hésiter, à l’époque, le fait qu’il ait passé un accord avec les États-Unis sans nous avoir consultés, mais il serait ingrat et injuste de notre part de ne pas reconnaître sa solidarité extraordinaire à des moments difficiles et décisifs pour notre peuple dans sa bataille historique pour son indépendance et sa Révolution face au puissant Empire étasunien. Je comprends que la situation était extrêmement tendue et qu’il ne voulait pas perdre une minute quand il prit la décision de retirer les projectiles et que les Yankees s’engagèrent, très en secret, à renoncer à leur invasion.</p>
<p>Des décennies se sont depuis écoulées pour atteindre un demi-siècle, et le fruit cubain n’est toujours pas tombé dans les mains des Yankees.</p>
<p>Les nouvelles qui nous parviennent aujourd’hui d’Espagne, de France, d’Iraq, d’Afghanistan, du Pakistan, d’Iran, de Syrie, d’Angleterre, des îles Malvinas et de bien d’autres point de la planète sont sérieuses et augurent toutes une catastrophe politique et économique à cause de la démence des États-Unis et de leurs alliés.</p>
<p>Je me bornerai à quelques points. Je tiens d’abord à signaler – comme tout le monde peut le constater – que la sélection d’un candidat républicain à la présidence de cet Empire globalisé et touche-à-tout, constitue – et je le dis sérieusement – le pire concours d’idiotie et d’ignorance qu’on ait jamais vu. Comme j’ai d’autres chats à fouetter, je ne peux pas perdre mon temps à ça. Je savais pertinemment qu’il en serait ainsi.</p>
<p>Des dépêches de presse que je tiens à analyser sont bien plus éloquentes, parce qu’elles étalent en plein jour le cynisme incroyable que génère l’Occident dans sa décadence. L’une d’elles parle tout bonnement d’un prisonnier politique cubain qui, dit-on, est décédé au terme d’une grève de la faim de cinquante jours. Un journaliste de <em>Granma</em>, de <em>Juventud Rebelde</em>, d’un journal parlé ou télévisé ou de tout autre organe de presse révolutionnaire peut bien se tromper dans ses appréciations d’un tel ou tel thème, mais il ne fabrique jamais une nouvelle de toutes pièces ni n’invente un mensonge.</p>
<p>Selon la note publiée par <em>Granma</em>, cette grève de la faim n’a jamais eu lieu : il s’agissait d’un prisonnier de droit commun, condamné à quatre ans de privation de liberté pour avoir battu sa femme et lui avoir causé des blessures au visage ; c’est la belle-mère en personne qui a demandé l’intervention des autorités ; les proches ont été au courant de tous les gestes médicaux faits pour le sauver et savent gré aux spécialistes cubains des efforts qu’ils ont déployés. Il a été soigné, signale la note, dans le meilleur hôpital de l’Est du pays, comme n’importe quel autre citoyen. Il est décédé des suites d’une défaillance multi-organique secondaire associée à un processus respiratoire septique sévère.</p>
<p>Le patient a reçu tous les soins habituels dans un pays qui possède un des meilleurs services médicaux au monde, des soins gratuits malgré le blocus que l’impérialisme impose à notre patrie. Il s’agit tout simplement d’un devoir normal dans une Révolution qui peut se vanter d’avoir toujours respecté, durant plus de cinquante ans, les principes qui lui donnent sa force invincible.</p>
<p>Mieux vaudrait, assurément, que le gouvernement espagnol, compte tenu de ses excellentes relations avec Washington, se rende aux États-Unis et s’informe de ce qu’il se passe dans les prisons yankees, de la conduite impitoyable suivie envers les millions de détenus dans ce pays, de la politique de la chaise électrique qui y est appliquée et des horreurs commises envers les détenus dans les prisons et ceux qui protestent dans les rues.</p>
<p>Hier, lundi 23 janvier, un dur éditorial de <em>Granma</em> intitulé « Les vérités de Cuba » a expliqué en détail sur toute une page la campagne mensongère insolite et impudente orchestrée contre notre Révolution par « certains gouvernements traditionnellement impliqués dans la subversion  contre Cuba ».</p>
<p>Notre peuple connaît bien les normes qui ont régi la conduite immaculée de notre Révolution dès le premier combat et jamais souillée durant plus d’un demi-siècle. Il sait aussi que les ennemis ne pourront jamais exercer de pressions sur lui ni le faire chanter. Nos lois et nos normes seront appliquées indéfectiblement.</p>
<p>Il est bon de le signaler clairement et en toute franchise. Le gouvernement espagnol et l’Union européenne qui part en capilotade, plongée dans une profonde crise économique, doivent savoir à quoi s’en tenir. Leurs déclarations reproduites par les agences de presse et recourant à des mensonges éhontés pour attaquer Cuba font pitié. Occupez-vous d’abord de sauver l’euro, si vous le pouvez, réglez le chômage chronique dont souffrent toujours plus de jeunes, répondez aux indignés que vos polices ne cessent d’attaquer et de frapper.</p>
<p>Nous n’ignorons pas que le gouvernement espagnol est maintenant passé aux mains d’admirateurs de Franco, lequel dépêcha près de cinquante mille membres de la Division Bleue auprès des SS et des SA nazis pour participer à la sauvage agression  contre les Soviétiques, prenant part à l’opération la plus cruelle et la plus douloureuse de cette guerre, le siège de Leningrad, où un million de citoyens russes périt dans cette tentative d’étrangler la ville héroïque. Le peuple russe ne pardonnera jamais ce crime horrible.</p>
<p>La droite fasciste d’Aznar, de Rajoy  et d’autres serviteurs de l’Empire doit avoir sa petite idée sur les seize mille morts que souffrirent leurs prédécesseurs de la Division bleue et sur les Croix de fer par lesquelles Hitler récompensa ses officiers et ses soldats. Ce que fait aujourd’hui la police-gestapo aux hommes et aux femmes qui réclament leur droit au travail et au pain dans le pays où sévit le chômage le plus élevé d’Europe n’a donc rien d’étonnant</p>
<p>Pourquoi les médias de l’Empire mentent-ils si impudemment ?</p>
<p>Ceux qui manipulent ces médias s’escriment à tromper et à abrutir le monde par leurs mensonges éhontés, pensant peut-être que c’est là le recours principal pour maintenir le système de domination et de pillage imposé au monde et, tout particulièrement, aux victimes proches du siège des métropoles, autrement dit les presque six cents millions de Latino-Américains et de Caribéens vivant sur ce continent-ci.</p>
<p>La république sœur du Venezuela est devenue l’objectif clef de cette politique. La raison en saute aux yeux. Sans le Venezuela, l’Empire aurait imposé le Traité de libre-échange à tous les peuples du continent qui vivent au sud des États-Unis, où se trouvent les plus grandes réserves de terre, d’eau potable et de minerai de la planète, ainsi que de grande ressources énergétiques qui, gérées dans un esprit de solidarité avec les autres peuples du monde, ne peuvent ni ne doivent tomber aux mains des transnationales qui imposent un système suicidaire et infâme.</p>
<p>Il suffit, par exemple, de regarder une carte pour comprendre l’extorsion criminelle dont l’Argentine a été victime quand on lui a enlevé un pan de son territoire à l’extrême sud du continent où les Britanniques ont utilisé leur appareil militaire décadent pour assassiner des recrues argentines vêtus d’uniformes d’été en plein hiver austral. Les États-Unis et leur allié Augusto Pinochet y offrirent à l’Angleterre un appui ignominieux. De nos jours, à la veille des Jeux olympiques de Londres, le Premier ministre David Cameron proclame à son tour, comme l’avait déjà fait Margaret Thatcher, son droit de recourir aux sous-marins atomiques pour tuer des Argentins. Le gouvernement de ce pays ignore que le monde est en train de changer et que notre continent et la plupart des peuples méprisent toujours plus les agresseurs.</p>
<p>Le cas des îles Malvinas n’est pas le seul. Quelqu’un sait-il comment se terminera le conflit en Afghanistan ? Voilà quelques jours à peine, on apprenait que des soldats étasuniens avaient outragé les cadavres de combattants afghans assassinés par les drones de l’OTAN.</p>
<p>Voilà trois jours, une agence de presse européenne faisait savoir que « le président Hamid Karzai avait avalisé des négociations de paix avec les talibans, en soulignant que c’était là une question que devaient régler les citoyens de ce pays », et qu’il avait ajouté : « … le processus de paix et de réconciliation incombe à la nation afghane, et aucun pays ni aucune organisation étrangère ne peut ôter ce droit aux Afghans. »</p>
<p>Par ailleurs, une dépêche en provenance de Paris publiée par notre presse informait : « La France a suspendu aujourd’hui toutes ses opérations d’entraînement et d’aide au combat en Afghanistan et a menacé de retirer ses troupes avant la date prévue, après qu’un soldat afghan a eu abattu quatre militaires français dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa […] Sarkozy a donné des instructions à son ministre de la Défense, Gérard Longuet, de se rendre sans délai à Kaboul et a envisagé la possibilité de retirer le contingent français par anticipation. »</p>
<p>À la disparition de l’URSS et du camp socialiste, le gouvernement étasunien a jugé que Cuba ne pourrait pas se maintenir. George W. Bush avait même préparé un gouvernement contre-révolutionnaire pour diriger notre pays. Le jour même où Bush a lancé sa guerre criminelle contre l’Iraq, j’ai demandé aux autorités de notre pays de cesser d’être tolérantes envers les chefaillons contre-révolutionnaires qui demandaient hystériquement, ces jours-là, une invasion de Cuba, car leur attitude constituait de fait une trahison à la patrie.</p>
<p>Bush et ses crétineries ont sévi durant huit ans ; la Révolution dure déjà depuis plus d’un demi-siècle. Le fruit mûr n’est pas tombé aux mains de l’Empire. Cuba ne sera pas une force de plus par laquelle l’Empire s’étendra sur les peuples d’Amérique. Le sang de Martí n’aura pas coulé en vain.</p>
<p>Je publierai demain d’autres Réflexions qui compléteront celles-ci</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 24 janvier 2012</p>
<p>19 h 12</p>
]]></content:encoded>
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		<title>LA PAIX MONDIALE TIENT À UN FIL</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 15:14:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La Havane participer à la Quatorzième Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés qui avait élu Cuba pour la seconde fois à la présidence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La  Havane participer à la Quatorzième  Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés qui avait élu Cuba pour la seconde fois à la présidence de cette organisation pour la durée prévue de trois ans. J’étais tombé gravement malade le 26 juillet 2006, un mois et demi avant, et je pouvais à peine me maintenir assis sur le lit. Plusieurs des dirigeants les plus distingués qui assistaient au Sommet eurent l’amabilité de me rendre visite. Chávez et Evo le firent plusieurs fois. Quatre dont je me souviens encore vinrent en début d’après-midi : Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU ; un vieil ami, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien ; Mahmoud Ahmadineyad, le président iranien ; et Yang Jiechi, alors vice-ministre et aujourd’hui ministre des Relations extérieures de la  République populaire de Chine, en représentation de Ju Jintao, chef du Parti communiste et président du pays. Ce fut vraiment un moment important pour moi qui rééduquais aux prix de gros efforts mon bras droit sérieusement blessé lors de ma chute à Santa Clara.</p>
<p>J’avais commenté avec ces quatre dirigeants des aspects des problèmes complexes que le monde connaissait alors et qui sont le devenus assurément de plus en plus.</p>
<p>À notre rencontre d’hier, j’ai constaté que le président iranien était on ne peut plus tranquille, absolument indifférent aux menaces yankees, confiant en la capacité de son peuple de repousser n’importe quelle agression et dans l’efficacité des armes dont il produisent une grande partie eux-mêmes pour faire payer aux agresseurs un prix insupportable.</p>
<p>En fait, c’est à peine s’il a parlé de la guerre. Il est plutôt revenu sur les idées qu’il avait exposées à sa conférence dans le grand amphi de l’Université de La Havane, axées sur l’être humain : « S’acheminer vers la paix, le respect de la dignité humaine en tant que souhait de tous les êtres humains tout au long de l’Histoire. »<span id="more-3343"></span></p>
<p>Je suis convaincu qu’on ne doit pas s’attendre de la part de l’Iran à des actions irréfléchies qui contribueraient au déclanchement d’une guerre. Si celle-ci éclate, ce sera uniquement la faute de l’aventurisme et de l’irresponsabilité congénitale de l’Empire yankee.</p>
<p>Je pense de mon côté que la situation politique créée autour de l’Iran et les risques d’une guerre atomique qui en émanerait et toucherait tous les pays, qu’ils possèdent des armes de ce genre ou non, sont extrêmement délicats parce qu’ils menacent l’existence même de notre espèce. Le Moyen-Orient, qui produit des ressources économiques vitales pour l’économie de la planète, est devenu aujourd’hui la région la plus conflictuelle au monde.</p>
<p>La capacité de destruction de certaines armes employées durant la  Deuxième Guerre mondiale et les souffrances massives qu’elles infligèrent incitèrent fortement à en prohiber quelques-unes, dont les gaz asphyxiants. Néanmoins, les conflits d’intérêts et les énormes profits des fabricants les conduisirent à élaborer des armes encore plus cruelles et plus destructrices, jusqu’au jour où la technologie moderne a fourni les matériaux et les moyens nécessaires à la mise au point d’armements dont l’emploi dans une guerre mondiale conduirait à notre extermination.</p>
<p>Je suis d’avis – qui est sans aucun doute celui de toutes les personnes dotées d’un sens élémentaire de leurs responsabilités – qu’aucun pays, grand ou petit, n’a le droit de posséder des armes atomiques.</p>
<p>On n’aurait jamais dû s’en servir pour attaquer deux villes sans intérêt militaire comme Hiroshima et Nagasaki, pour assassiner et irradier avec d’horribles effets durables des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants d’un pays déjà vaincu sur le plan militaire.</p>
<p>À supposer que le nazi-fascisme eût obligé les puissances liées contre lui à rivaliser avec cet ennemi de l’humanité dans la fabrication de cette arme, le premier devoir de l’Organisation des Nations Unies, créée à la fin de la guerre, aurait dû être de l’interdire sans la moindre exception.</p>
<p>Mais les États-Unis, la nation la plus puissante et la plus riche, imposèrent au reste du monde la ligne à suivre. Ils possèdent aujourd’hui des centaines de satellites qui épient et surveillent de l’espace tous les habitants de la planète ; ils ont équipé leurs forces navales, terrestres et aériennes de milliers d’armes atomiques ; ils manipulent à leur guise, par Fonds monétaire international interposé, les finances et les investissements du monde.</p>
<p>Quand on analyse l’histoire de l’Amérique latine, depuis le Mexique jusqu’à la Patagonie en passant par Saint-Domingue et Haïti, on constate que toutes les nations, sans exception, du début du XIX<sup>e</sup> siècle  à nos jours, soit deux cents ans, ont été victimes et continuent de l’être toujours plus des pires crimes que le pouvoir et la force puissent commettre contre le droit des peuples. De brillants écrivains ne cessent de les dénoncer. L’un d’eux, Eduardo Galeano, auteur de <em>Les Veines ouvertes de l’Amérique latine</em>, vient d’être invité à inaugurer le prix prestigieux de la Casa de las Américas, en reconnaissance à son œuvre marquante.</p>
<p>Les événements se succèdent à une vitesse incroyable, mais la technologie permet d’en informer le public encore plus vite. Des nouvelles importants tombent, aujourd’hui comme  hier. Une dépêche de presse du 11 nous apprend :</p>
<blockquote><p>« <em>La présidence danoise de l’Union européenne a informé mercredi qu’un nouveau train de sanctions encore plus sévères serait décidé le 23 contre l’Iran à cause de son programme nucléaire, visant non seulement son secteur pétrolier, mais aussi sa Banque centrale… Nous irons encore plus loin dans nos sanctions contre son pétrole et ses structures financières</em> », a affirmé le chef de la diplomatie danoise, Villy Soevndal, à la presse étrangère.</p></blockquote>
<p>On peut constate clairement que sous prétexte d’éviter la prolifération nucléaire, Israël a le droit d’accumuler des centaines d’ogives atomiques, tandis que l’Iran, lui, n’a même pas celui de produire de l’uranium enrichi à 20 p. 100.</p>
<p>Une agence de presse britannique bien connue fournit une autre nouvelle sur ce thème :</p>
<blockquote><p>« <em>La Chine</em><em> n’a pas donné le moindre signe, mercredi, qu’elle céderait aux pressions des États-Unis pour qu’elle réduise ses achats de pétrole iranien et elle a considéré comme excessives les sanctions de Washington contre Téhéran</em>. »</p></blockquote>
<p>On reste abasourdi de voir avec quelle tranquillité les États-Unis et l’Europe censément civilisée orchestrent une campagne assortie de méthodes systématiquement terroristes. Pour s’en convaincre, il suffit de la nouvelle fournie par une autre agence de presse européenne :</p>
<p>« <em>L’assassinat, ce mercredi, d’un responsable de la centrale nucléaire de Natanz, au centre de l’Iran, a été précédé de trois autres depuis janvier 2010</em>. »</p>
<p>Le 12 janvier de cette année-là, « <em>un physicien nucléaire de renommée internationale, </em><em>Massoud Ali-Mohammad, </em><em>professeur à l’Université de Téhéran, qui travaillait pour les Gardiens de la révolution, est mort dans l’explosion d’une moto piégée devant son domicile de la capitale.</em> »</p>
<blockquote><p>« <em>29 novembre 2010 : Majid Shahriari, fondateur de </em><em>la Société</em><em> nucléaire iranienne, &laquo;&nbsp;chargé d’un des grands projets de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique&nbsp;&raquo; […] a été tué à Téhéran par l’explosion d’une bombe magnétique fixée à sa voiture.</em></p>
<p>«<em> Ce même jour, un autre physicien nucléaire, </em><em>Feyerdoun</em> <em>Abbasi Davani, </em><em> a fait l’objet d’un attentat dans des conditions identiques quand il garait sa voiture devant l’Université Shahid Beheshti de Téhéran, où tous deux étaient professeurs.</em> » Il n’a été que blessé.</p>
<p>« <em>23 juillet 2011: le scientifique Dariush Rezainejad, qui travaillait à des projets du ministère de </em><em>la  Défense</em><em>, a été abattu à coups de feu par des inconnus qui roulaient en moto à Téhéran.</em></p>
<p><em>« 11 janvier 2012 </em>– soit le jour même où Ahmadineyad voyageait entre le Nicaragua et Cuba pour donner sa conférence à l’Université de La Havane – <em>le scientifique Moustapha Ahmadi Roshan, qui travaillait à la centrale de Natanz où il était le vice-directeur pour les affaires commerciales, est mort dans l’explosion d’une bombe magnétique posée sur sa voiture, près de l’Université Allameh Tabatabai, à l’est de Téhéran… L’Iran en a accusé de nouveau les États-Unis et Israël »</em>, comme pour les cas précédents.</p></blockquote>
<p>Il s’agit là de l’assassinat sélectif, mais systématique, de brillants scientifiques iraniens. J’ai lu des articles de sympathisants notoires d’Israël qui considèrent ces crimes perpétrés par ses services secrets en collaboration avec ceux des États-Unis et de l’OTAN comme quelque chose de tout à fait normal.<em> </em></p>
<p>Des agences informent depuis Moscou :</p>
<blockquote><p>« <em>La Russie</em><em> a alerté aujourd’hui qu’un scénario similaire à celui de </em><em>la  Libye</em><em> était en train de mûrir en Syrie, mais que l’attaque partirait cette fois-ci de la voisine Turquie.</em></p>
<p><em>« </em><em>Nikolaï Patrouchev, </em><em>secrétaire du Conseil de sécurité russe, a affirmé que l’Occident voulait &laquo;&nbsp;punir Damas non pas tant à cause de la répression contre l’opposition, mais de son refus de rompre son alliance avec Téhéran&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>« …à son avis, un scénario libyen est en train de mûrir, mais les attaques ne viendront pas en l’occurrence de France, de Grande-Bretagne et d’Italie, mais de Turquie.</em></p>
<p><em>« Il s’est même risqué à affirmer : &laquo;&nbsp;Il se peut que Washington et Ankara soient déjà en train de définir différentes options de zones d’exclusion aérienne, où des armées de rebelles syriens pourraient être entraînées et concentrées&nbsp;&raquo;</em>. »</p></blockquote>
<p>Les nouvelles proviennent non seulement d’Iran et du Moyen-Orient, mais aussi d’autres points d’Asie centrale proche de cette région. Ce qui nous permet d’apprécier la complexité des problèmes découlant de cette zone dangereuse.</p>
<p>Les États-Unis ont été entraînés par leur politique impériale contradictoire et absurde dans de sérieux problèmes dans des pays comme le Pakistan, dont les frontières avec celles d’un autre État important, l’Afghanistan, ont été délimitées par les colonialistes sans tenir compte des cultures ni des ethnies.</p>
<p>Dans ce dernier pays qui a défendu des siècles durant son indépendance face au colonialisme anglais, la production de drogues s’est multipliée depuis l’invasion yankee, tandis que les soldats européens appuyés par des drones et l’armement perfectionné des États-Unis commettent des massacres ignominieux qui augmentent la haine de la population et éloignent les possibilités de paix. C’est bien ça, et d’autres horreurs, que reflètent les dépêches des agences de presse occidentales :</p>
<blockquote><p><em>« WASHINGTON, 12 janvier 2012. Le secrétaire d’État à </em><em>la  Défense</em><em>, Leon Panetta, a taxé ce jeudi d’ &laquo;&nbsp;absolument déplorable&nbsp;&raquo; le comportement de quatre hommes présentés come des </em>marines<em> étasuniens en train de pisser sur des cadavres, selon une vidéo circulant sur Internet.</em></p>
<p><em>« &nbsp;&raquo;J’ai vu les images et je trouve ce comportement absolument déplorable&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>« &nbsp;&raquo;Ce comportement est absolument inapproprié de la part de membres de l’armée étasunienne et ne traduit en aucun cas les critères et les valeurs que nos forces armées jurent de respecter&nbsp;&raquo;.</em></p></blockquote>
<p>En fait, le secrétaire à la Défense ne confirme ni n’infirme ces faits. Chacun donc peut en douter, et lui le premier peut-être.</p>
<p>En tout cas, il est extrêmement inhumain que des hommes, des femmes et des enfants, ou un combattant afghan qui se bat contre l’occupation étrangère, soient assassinés sous les bombes d’avions sans pilote. Pis encore : des dizaines de soldats et officiers pakistanais qui surveillent les frontières du pays ont été déchiquetées par ces bombes.</p>
<p>Le président afghan lui-même, Karzai, a affirmé qu’outrager des cadavres était « <em>&laquo;&nbsp;tout simplement inhumain&nbsp;&raquo; </em> et il a demandé à l’administration étasunienne d’ <em>&laquo;&nbsp;infliger la peine la plus sévère à quiconque serait condamné pour ce crime&nbsp;&raquo;.</em> »</p>
<p>Des porte-parole des Talibans ont déclaré : « <em>Des centaines d’actes semblables ont été commis ces dix dernières années sans qu’on les révèle.</em> »</p>
<p>On en arrive presque à prendre en pitié ces soldats, séparés de leurs familles et de leurs amis, envoyés à des milliers de kilomètres de leur patrie pour lutter dans des pays dont ils n’ont peut-être jamais entendu parler à l’école et où on leur confie la mission de tuer ou de mourir afin d’enrichir des sociétés transnationales, des fabricants d’armes et des politicards sans scrupules qui dilapident chaque année les fonds dont on aurait besoin pour alimenter et éduquer les innombrables millions d’affamés et d’analphabètes dans le monde.</p>
<p>Nombre de ces soldats, victimes de leurs traumatismes, finissent par s’ôter la vie.</p>
<p>Est-ce que j’exagère quand je dis que la paix mondiale tient à un fil ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fidel Castro Ruz</strong></p>
<p><strong>Le 12 janvier 2012</strong></p>
<p><strong>21 h 14</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>LE MEILLEUR PRÉSIDENT POUR LES ÉTATS-UNIS</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 09:13:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Une agence de presse européenne bien connue a informé avant-hier depuis Sydney : « Un groupe de chercheurs australiens de l’Université de la Nouvelle-Galles du Sud a annoncé la création d’un câble électrique dix mille fois plus fin qu’un cheveu et capable de conduire autant d’électricité que son similaire de cuivre traditionnel. […] « Bent Weber, chef du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une agence de presse européenne bien connue a informé avant-hier depuis Sydney :</p>
<blockquote><p><em>« Un groupe de chercheurs australiens de l’Université de </em><em>la  Nouvelle-Galles</em><em> du Sud a annoncé la création d’un câble électrique dix mille fois plus fin qu’un cheveu et capable de conduire autant d’électricité que son similaire de cuivre traditionnel.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>« Bent Weber, chef du projet réalisé dans cette université australienne, a expliqué dans un article que publie la revue </em>Science <em>qu’ &laquo;&nbsp;il sera essentiel de pouvoir effectuer des connexions à cette échelle microscopique pour développer les circuits électroniques du futur&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>« Le câble a été mis au point par des physiciens australiens et étasuniens à partir de chaînes d’atomes de phosphore dans un cristal de silice : le nanocâble compte à peine quatre atomes de large sur un de haut.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>« La découverte est essentielle dans la course internationale à la mise au point du premier &laquo;&nbsp;ordinateur quantique&nbsp;&raquo;, une machine super-rapide qui sera capable de traiter d’énormes quantités de données en quelques secondes, autrement dit de faire une série de calculs que les ordinateurs actuels mettraient des années, voire des décennies à réaliser.</em></p>
<p><em>« Dans un câble de cuivre traditionnel, l’électricité est engendrée quand les électrons de cuivre passent tout au long du conducteur ; mais plus celui-ci est petit et plus augmente la résistance au courant électrique.</em></p>
<p><em>« Pour solutionner ce problème, Weber et son équipe ont utilisé des microscopes conçus spécialement avec une précision atomique qui leur ont permis de placer les atomes de phosphore dans les cristaux de silice.</em></p>
<p><em>« Ceci a permis au nanocâble d’agir comme le cuivre, les électrons passant facilement et sans problèmes de résistance. &laquo;&nbsp;Nous montrons par cette technique qu’il est possible de minimiser des composants à l’échelle de quelques atomes&nbsp;&raquo;, a signalé Weber.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>« &nbsp;&raquo;Si nous allons utiliser les atomes à la place des bits, nous avons besoin de câbles à la même échelle qu’eux&nbsp;&raquo;, a remarqué Michelle Simmons, superviseur du projet.</em></p></blockquote>
<p>Face à ces avancées technologiques irrésistibles qui devraient servir au bien-être de l’humanité, je me suis souvenu de ce que j’ai écrit voilà quatre jours sur le réchauffement de la Terre et sur l’exploitation accélérée du dangereux gaz de schiste dans un monde en train de consommer en deux cents ans l’énergie fossile accumulée pendant quatre milliards d’années.</p>
<p>J’ai imaginé Obama, ce bon articuleur de mots en quête désespérée de réélection, pour qui les rêves de Martin Luther King orbitent à autant d’années-lumière de distance que la Terre de la planète habitable la plus proche.</p>
<p>Pis encore : n’importe quel parlementaire républicain présidentiable, ou n’importe quel chef ou cheffesse du <em>Tea Party</em>, trimballe plus d’armes atomiques sur son dos que d’idées de paix dans sa tête.</p>
<p>Que les lecteurs imaginent une minute cette puissante calculatrice quantique capable de multiplier à l’infini les données que stockent les ordinateurs modernes.</p>
<p>N’est-il pas évident que le pire de tout est l’absence à la Maison-Blanche d’un robot en mesure de gouverner les États-Unis et d’empêcher une guerre qui mettrait fin à la vie de notre espèce ?</p>
<p>Je suis sûr que 90 p. 100 des électeurs étasuniens, en particulier les Latinos, les Noirs et la classe moyenne toujours plus nombreuse, tous en voie de paupérisation, voteraient pour le robot.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 8 janvier 2012</p>
<p>18 h 18</p>
]]></content:encoded>
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		<title>LA MARCHE À L’ABÎME</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 12:34:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce n’est pas une question d’optimisme ou de pessimisme, de connaissance ou d’ignorance de choses élémentaires, de responsabilité ou d’irresponsabilité face aux événements. Il faudrait jeter à la poubelle de l’Histoire ceux qui se targuent d’être des hommes politiques alors qu’en règle générale, ils ignorent tout  ou presque tout de ce qui a trait à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas une question d’optimisme ou de pessimisme, de connaissance ou d’ignorance de choses élémentaires, de responsabilité ou d’irresponsabilité face aux événements. Il faudrait jeter à la poubelle de l’Histoire ceux qui se targuent d’être des hommes politiques alors qu’en règle générale, ils ignorent tout  ou presque tout de ce qui a trait à cette activité.</p>
<p>Je ne parle pas bien entendu de ceux qui, au long de plusieurs millénaires, ont converti la chose publique en instrument de pouvoir et de richesse au profit des classes privilégiées, établissant en l’occurrence de véritables records de cruauté durant les huit ou dix mille dernières années, celles durant lesquelles nous possédons des vestiges certains de la conduite sociale de notre espèce d’êtres pensants dont l’existence, selon les scientifiques, ne dépasse guère les cent quatre vingt mille ans.</p>
<p>Je n’ai pas l’intention de me lancer dans des thèmes pareils qui ennuieraient assurément la quasi-totalité des gens continuellement bombardées de nouvelles fournies par les médias, qui vont depuis la parole écrite jusqu’aux images tridimensionnelles que les cinémas coûteux commencent à projeter, au point qu’elles finiront sous peu par prédominer sur les écrans de télévision aux images déjà fabuleuses en soi. Il n’est pas fortuit que l’industrie dite des loisirs soit installée au cœur même de l’Empire qui nous tyrannise tous.<span id="more-3323"></span></p>
<p>Je prétends juste me situer au point de départ actuel de notre espèce pour parler de la marche à l’abîme. Si je parlais d’une marche « inexorable », je serais d’ailleurs bien plus près de la vérité. L’idée d’un jugement dernier apparaît implicitement dans les doctrines religieuses les plus pratiquées parmi les habitants de notre planète, que nul ne qualifie pour autant de pessimistes. J’estime au contraire que le devoir élémentaire de toutes les personnes sensées et sérieuses, qui sont des millions, est de se battre pour reculer, voire, qui sait, pour empêcher cet événement dramatique et proche dans le monde actuel.</p>
<p>De nombreux périls nous menacent, mais deux d’entre eux, la guerre nucléaire et les changements climatiques, sont décisifs et leur solution ne cesse de s’éloigner toujours plus.</p>
<p>Le verbiage démagogique, les déclarations et les discours au sujet de ces deux points auxquels recourent les États-Unis et leurs alliés puissants et inconditionnels qui imposent leur tyrannie au monde ne font aucun doute.</p>
<p>Le 1<sup>er</sup> janvier 2012 – qui marque le nouvel an en Occident et dans la chrétienté et qui coïncide avec l’anniversaire de la victoire de la  Révolution cubaine et avec le cinquantième de la crise des Fusées de 1962 où le monde se vit au bord de la guerre atomique – m’oblige à écrire ces lignes.</p>
<p>Mes mots n’auraient aucun sens s’ils visaient à imputer la moindre faute au peuple étasunien et à celui de n’importe quel pays allié des États-Unis dans cette aventure insolite : ils seraient inévitablement, tout comme les autres peuples du monde, les victimes de la tragédie. On a vu récemment en Europe et ailleurs l’indignation de ceux que le chômage, les pénuries, les réductions de revenus, les dettes, la discrimination, les mensonges et la politicaillerie poussent à protester massivement, même s’ils sont brutalement réprimés par les gardiens de l’ordre en place.</p>
<p>On parle de plus en plus fréquemment de technologies militaires pouvant toucher la totalité de notre planète, le seul satellite habitable connu à des centaines d’années-lumière à la ronde, à moins qu’un autre ne nous soit accessible si nous nous déplaçons à la vitesse de la lumière, soit trois cent mille kilomètres par seconde.</p>
<p>On ne saurait ignorer que si notre merveilleuse espèce pensante disparaissait, bien des millions d’années s’écouleraient avant que n’en surgisse un autre capable à son tour de penser, en vertu des principes naturels qui régissent l’évolution des espèces découverte en 1859 par Darwin et admise aujourd’hui par tous les scientifiques sérieux, qu’ils soient croyants ou non.</p>
<p>À aucune autre époque de son histoire, l’humanité n’a connu les périls actuels. Ceux qui comme moi ont plus de quatre-vingt-cinq ans ont passé leur bac à dix-huit ans alors que la première bombe atomique n’avait pas encore été fabriquée.</p>
<p>De nos jours, les engins de cette nature prêts à l’emploi – incomparablement plus puissants que ceux qui produisirent une chaleur solaire sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki – se comptent par milliers.</p>
<p>On dénombre aujourd’hui plus de vingt mille ogives nucléaires, entre celles qui sont entreposées dans les dépôts et celles qui sont déjà déployées en vertu d’accords.</p>
<p>Il en suffirait d’une centaine pour provoquer un hiver nucléaire qui infligerait en peu de temps une mort épouvantable à tous les êtres humains, comme l’a expliqué brillamment, à partir de données informatiques, Alan Robock, scientifique et professeur à l’Université de Rugers, dans le New Jersey.</p>
<p>Ceux qui lisent normalement les nouvelles et les analyses internationales sérieuses savent que le danger d’une guerre à armes atomiques s’aggrave à mesure que la tension grandit au Proche-Orient où le gouvernement israélien en dispose de centaines parfaitement opérationnelles, même si nul n’infirme ni ne confirme le statut d’Israël de forte puissance nucléaire. Les tensions s’accroissent aussi autour de la Russie, qui possède incontestablement une capacité de riposte et qui est menacée par un bouclier nucléaire censément européen.</p>
<p>L’affirmation des États-Unis selon laquelle le bouclier nucléaire européen vise à protéger aussi la Russie de l’Iran et de la Corée du Nord est risible. Leur position sur ce point délicat est si débile que leur allié, Israël, ne se donne même pas la peine de leur garantir qu’il les consultera au préalable au sujet de mesures qui risqueraient de déclencher une guerre.</p>
<p>L’humanité, en revanche, ne jouit, elle, d’aucune garantie. L’espace sidéral est saturé, à proximité de notre planète, de satellites étasuniens qui épient ce qu’il se passe jusque sur les balcons des logements de n’importe quelle nation du monde. La vie et les habitudes de chaque famille ou de chaque personne sont maintenant l’objet d’espionnage ; les conversations sur téléphone mobile  de centaines de millions de  personnes partout dans le monde ont cessé d’être privées pour devenir un matériau d’information pour les services secrets étasuniens.</p>
<p>Tel est le droit qu’il reste aux citoyens de notre monde en vertu des actes d’un État dont la Constitution, adoptée par le Congrès de Philadelphie en 1776, stipule que tous les hommes naissent libres et égaux et que le Créateur leur concède des droits déterminés dont il ne reste même plus, ni à ceux des USA ni à ceux du reste du monde, celui de communiquer au téléphone à des parents et amis leurs sentiments les plus intimes.</p>
<p>La guerre reste donc une tragédie qui peut advenir et qui, très probablement, surviendra. Mais, à supposer que l’humanité soit capable de l’ajourner pour une période indéfinie, un autre fait tout aussi dramatique s’impose désormais à un rythme croissant : les changements climatiques. Je me bornerai à signaler ce que des scientifiques et des communicateurs éminents de stature mondiale ont expliqué dans des documents et des films que nul ne conteste.</p>
<p>L’on sait que le gouvernement étasunien s’est opposé aux accords de Kyoto sur l’environnement, sans même concilier cette ligne de conduite avec ses plus proches alliés dont les territoires souffriraient énormément et dont certains, telle la Hollande, disparaîtraient presque totalement.</p>
<p>La planète ne dispose plus aujourd’hui de politique sur ce grave problème, tandis que le niveau de la mer s’élève, que les énormes couches de glace qui couvrent l’Antarctique et le Groenland – où s’accumule plus de 90 p. 100 de l’eau potable du monde – fondent à un rythme croissant et que l’humanité compte officiellement, depuis le 30 novembre dernier, une population de sept milliards d’habitants dont la croissance dans les régions les plus pauvres du monde est soutenue et inévitable.</p>
<p>Ceux qui se sont consacrés, ces cinquante dernières années, à bombarder des pays et à tuer des millions de personnes pourraient-ils d’ailleurs s’inquiéter du sort des autres peuples ? Les États-Unis sont aujourd’hui non seulement les fauteurs de ces guerres, mais encore les plus gros fabricants et les plus gros exportateurs d’armes au monde.</p>
<p>Ce puissant pays, on le sait, vient de souscrire avec le royaume d’Arabie saoudite – d’où ses transnationales et celles de ses alliés tirent tous les jours dix millions de barils de pétrole léger, soit un milliard de dollars – un accord portant sur la livraison d’armements pour soixante milliards de dollars. Qu’adviendra-t-il de ce pays et de la région quand ces réserves d’énergie seront épuisées ? Notre monde globalisé ne saurait admettre sans ciller ce gaspillage colossal de ressources énergétiques que la Nature a mis des centaines de millions d’années à créer et dont la dilapidation renchérit les coûts essentiels. Ce serait tout à fait indigne de l’intelligence qu’on attribue censément à notre espèce.</p>
<p>Cette situation s’est aggravée d’une manière considérable ces douze derniers mois compte tenu de nouvelles avancées technologiques qui, loin d’alléger la tragédie qu’entraîne la déprédation des combustibles fossiles, l’empire toujours plus.</p>
<p>Des hommes de science et des chercheurs de prestige mondial ne cessent de signaler les conséquences dramatiques des changements climatiques.</p>
<p>Le réalisateur français Yann Arthus-Bertrand a, dans un documentaire datant de mi-2009 et élaboré en collaboration avec des personnalités internationales prestigieuses et bien informées, alerté le monde de ce qu’il advenait à partir de données irréfutables. Se fondant sur des arguments solides, il a exposé les conséquences néfastes qu’impliquait le fait de consommer en moins de deux siècles les ressources énergétiques créées par la nature durant des centaines de millions d’années, le pire étant non seulement cette dilapidation colossale, mais les conséquences suicidaires qu’elle aurait sur l’espèce humaine. Parlant de l’existence même de la vie, il reproche à celle-ci : « Tu bénéficies de l’héritage fabuleux de quatre milliards d’années que t’a légué la  Terre. Et toi, en seulement deux cent mille, tu as changé la face du monde. »</p>
<p>Il n’accusait personne – ce n’était pas son propos – il dénotait simplement une réalité objective. Mais aujourd’hui, nous devons nous accuser tous de le savoir et de ne rien faire pour tenter d’y remédier.</p>
<p>Les réalisateurs de ce film y incluent des images et des concepts, des mémoires, des données et des idées que nous avons le devoir de connaître et de prendre en considération.</p>
<p>Plus récemment, deux autres réalisateurs français ont présenté un documentaire tout aussi fabuleux, <em>Océans</em>, jugé par la critique cubaine comme le meilleur film de l’année : de mon point de vue, peut-être même le meilleur de cette époque.</p>
<p>Il éblouit par la précision et la beauté d’images qu’aucune caméra n’avait jamais filmées auparavant. Les réalisateurs y ont investi huit années et cinquante millions d’euro. L’humanité devrait leur savoir gré d’exprimer ainsi les principes de la Nature adultérés par l’homme. Les acteurs n’en sont pas les êtres humains, mais les habitants des mers du monde qui méritent un Oscar !</p>
<p>Les motifs pour lesquels je me fais un devoir d’écrire ces lignes-ci ne sont pourtant pas les faits que j’ai signalés plus haut et que j’ai déjà commentés auparavant d’une façon ou d’une autre, mais d’autres qui, manipulés au gré des intérêts des transnationales, ont vu le jour ces derniers mois au compte-gouttes et qui prouvent définitivement, à mes yeux, la confusion et le chaos politique régnant dans notre monde.</p>
<p>C’est voilà à peine quelques mois que j’ai lu pour la première fois des informations sur le gaz de schiste, selon lesquelles les États-Unis disposaient de réserves suffisantes pour satisfaire leurs besoins de ce combustible pendant cent ans. Comme j’ai maintenant du temps pour approfondir sur des thèmes politiques, économiques et scientifiques qui peuvent vraiment être utiles à nos peuples, je suis entré discrètement en contact avec plusieurs personnes vivant à Cuba ou à l’étranger. Curieusement, aucune d’elles n’en avait jamais entendu parler. Ce n’était pas la première fois, bien entendu, que ça arrivait : on s’étonne d’ailleurs de constater à quel point des faits importants en soi sont occultés sous une véritable marée d’informations mêlées à des centaines ou à des milliers de nouvelles circulant à travers la planète.</p>
<p>J’ai continué toutefois à m’intéresser à cette question. Quelques mois à peine se sont écoulés et le gaz de schiste a disparu des médias. On disposait toutefois à la veille du nouvel an d’assez de renseignements pour voir clairement que le monde marche à l’abîme, menacé par des périls dont la gravité est aussi extrême que la guerre nucléaire et les changements climatiques. J’ai déjà parlé des deux premiers ; du troisième, je me bornerai pour aller vite à exposer des faits déjà connus et d’autres à connaître qu’aucun cadre politique ni nulle personne sensée ne saurait ignorer.</p>
<p>J’observe ces deux faits – je l’affirme sans hésitation – avec la sérénité des années que j’ai vécues en cette phase spectaculaire de l’histoire humaine qui ont contribué à l’éducation de notre peuple vaillant et héroïque.</p>
<p>Le gaz se mesure en TCF, qui peut signifier des pieds ou des mètres cubes[1] – on ne précise pas toujours s’il s’agit de l’un ou de l’autre – en fonction du système de mesures appliqué dans un pays donné. Par ailleurs, quand on parle de billion, il s’agit d’un million de million, à ne pas confondre avec le billion étasunien qui équivaut au milliard (le billion français équivalant, lui, au <em>trillion</em> étasunien). Ce sont là des différences dont il faut tenir compte quand on parle de volumes qui sont généralement, pour ce qui est du gaz, très importants. Je le signalerai le cas échéant.</p>
<p>Daniel Yergin, auteur étasunien d’un gros classique sur l’histoire du pétrole, a affirmé, selon l’agence de presse IPS, que le tiers du gaz produit aux USA provenait d’ores et déjà du schiste : « …l’exploitation d’une plateforme dotée de six puits peut consommer 170 000 mètres cubes d’eau, voire provoquer des effets nuisibles, par exemple influer sur les mouvements sismiques, polluer les eaux souterraines et superficielles, et endommager le paysage. »</p>
<p>Le groupe britannique BP informe de son côté :</p>
<blockquote><p>« Les réserves prouvées de gaz conventionnel ou traditionnel de la planète se chiffrent à 6 608 billions – million de millions – de pieds cubes, soit 187 billions de mètres cubes […] les dépôts les plus importants se trouvant en Russie (1 580 TCF), en Iran (1 045), au Qatar (894), et en Arabie saoudite et au Turkménistan, avec 283 TCF chacun. » Il s’agit du gaz déjà produit et commercialisé.</p>
<p>« Une étude de l’EPA – une agence énergétique du gouvernement étasunien – publiée en avril 2011 mentionne pratiquement les mêmes volumes (6 620 TCF ou 187,4 billions de mètre cubes) de <em>shale gas</em> récupérables dans à peine trente-deux pays, les géants étant la Chine (1 275 TCF), les États-Unis (862), l’Argentine (774), le Mexique (681), l’Afrique du Sud (485) et l’Australie (396 TCF). »</p></blockquote>
<p>Le <em>shale gas </em>est le gaz de schiste, également appelé « gaz de roche-mère » ou « gaz de shale ». Remarquez que l’Argentine et le Mexique comptent des réserves presque égales à celles des USA. La  Chine, qui possède les plus gros gisements, disposent de réserves quasiment le double des premières et 40 p. 100 de plus que les USA.<em></em></p>
<blockquote><p>« …des pays qui ont toujours dépendu de fournisseurs étrangers disposeraient d’une forte base de ressources pour leur consommation. C’est le cas de la France et de la Pologne qui importent 98 et 64 p. 100 respectivement du gaz qu’elles consomment et qui posséderaient dans leurs roches schisteuses (ou lutites ou pélites) des réserves supérieures à 180 TCF chacune. »</p></blockquote>
<p>L’IPS explique :</p>
<blockquote><p>« Pour l’extraire des schistes, on recourt à une méthode dite de fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de grandes quantités d’eau à haute pression mêlée à du sable et à des additifs chimiques. L’empreinte carbone (proportion de dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère) est bien supérieure à celle qu’engendre la production de gaz conventionnel. »</p>
<p>« Quand on bombarde des couches de l’écorce terrestre par de l’eau et d’autres substances, on aggrave le risque d’endommager le sous-sol, les sols, les nappes phréatiques profondes et superficielles, le paysage et les voies de communication si les installations de forage et les moyens de transport de la nouvelle richesse sont défectueux ou mal manipulés. »</p></blockquote>
<p>Qu’il suffise de signaler que, parmi les nombreuses substances chimiques qu’on mêle à l’eau afin d’extraire le gaz, on trouve le benzène et le toluène qui sont des substances terriblement cancérigènes.</p>
<p>Lourdes Melgar, experte de l’Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey, estime :</p>
<blockquote><p>« &nbsp;&raquo;C’est un technique qui suscite de nombreux débats et ce sont des ressources situées dans des zones où l’eau n’existe pas.&nbsp;&raquo;</p>
<p>« Les schistes gaziers – affirme l’IPS – sont des réservoirs d’hydrocarbures non conventionnels retenus dans les roches qui les enferment, si bien qu’on recourt à la fracturation hydraulique pour les libérer à grande échelle.</p>
<p>« La production de gaz de schiste implique de gros volumes d’eau ; le forage et la fracturation engendrent de grandes quantités de résidus liquides qui peuvent contenir des substances chimiques dissoutes et d’autres polluants qu’il faut traiter avant de les rejeter.</p>
<p>« La production de gaz de schiste est passée de 11,037 milliards de m<sup>3 </sup>en 2000 à 135,84 milliards en 2010. À ce rythme de croissance, elle permettra en 2035 de satisfaire 45 p. 100 de la demande de gaz général, selon l’EPA.</p>
<p>« Des études scientifiques récentes ont alerté au sujet de l’impact négatif du gaz de schiste sur l’environnement.</p>
<p>« Les professeurs de l’Université de Cornell (USA), Robert Howarth, Renée Santoro et Anthony Ingraffea, ont conclu dans leur étude « Methane and the Greenhouse-Gas Footprint of Natural Gas from Shale Formations », publiée en avril dernier dans la revue <em>Climatic Change</em>, que cet hydrocarbure était plus polluant que le pétrole et le gaz.</p>
<p>« &nbsp;&raquo;L’empreinte carbone est supérieure à celle du gaz conventionnel ou du pétrole, analysée à tout horizon temporel, mais surtout sur un délai de vingt ans. Comparée au charbon, elle est au moins supérieure de 20 p. 100, voire de plus du double, sur vingt ans&nbsp;&raquo;, souligne cette étude.</p>
<p>« Le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus polluants de tous ceux qui sont responsables de l’élévation de la température sur la planète.</p>
<p>« &nbsp;&raquo;Dans les zones d’extraction active (un ou deux puits au kilomètre), les concentrations moyennes et maximales de méthane dans des puits d’eau potable ont augmenté à proximité du puits gazier le plus proche et ont constitué un danger d’explosion potentielle&nbsp;&raquo;, écrivent Stephen Osborn, Avner Vengosh, Nathaniel Warner et Robert Jackson, de l’Université publique de Duke.</p>
<p>« Ces indicateurs remettent en cause l’argument de l’industrie selon laquelle le schiste peut se substituer au charbon dans la production d’électricité et qu’il peut donc être un ressource permettant de réduire les changements climatiques.</p>
<p>« &nbsp;&raquo;C’est une aventure trop prématurée et trop risquée&nbsp;&raquo;.</p>
<p>« En avril 2010, le département d’État étasunien a lancé l’Initiative mondiale du gaz de schiste pour aider les pays qui cherchent à exploiter cette ressource à l’identifier et à la développer, au profit économique éventuel des transnationale des USA. »</p></blockquote>
<p>J’ai dû forcément m’étendre. Je rédige ces lignes pour le site web CubaDebate et pour la chaîne Telesur, l’un des chaînes d’information les plus sérieuses et les plus honnêtes de notre monde si mal en point.</p>
<p>Pour aborder cette question, j’ai laissé passer les fêtes du Nouvel An et de l’ancien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fidel Castro Ruz<br />
Le 4 janvier 2012<br />
21 h 15</strong></p>
<hr size="1" />
<p>[1] 1 TCF vaut 28,3 milliards de mètres cubes (N.d.T)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>CYNISME GÉNOCIDAIRE (Suite et fin)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 09:44:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelques chiffres suffisent à donner une idée des efforts que consentit l’URSS pour maintenir la parité nucléaire avec les États-Unis : à sa désintégration en 1991, le Belarus disposait de 81 ogives nucléaires ; le Kazakhstan de 1 400 et l’Ukraine d’environ 5 000 qui passèrent à la Fédération de Russie, le seul État capable d’assumer les frais immenses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques chiffres suffisent à donner une idée des efforts que consentit l’URSS pour maintenir la parité nucléaire avec les États-Unis : à sa désintégration en 1991, le Belarus disposait de 81 ogives nucléaires ; le Kazakhstan de 1 400 et l’Ukraine d’environ 5 000 qui passèrent à la Fédération de Russie, le seul État capable d’assumer les frais immenses qu’elles impliquaient, pour maintenir l’indépendance.</p>
<p>Les traités START et SORT sur la réduction des armes stratégiques souscrits entre les deux grandes puissances nucléaires permirent d’éliminer plusieurs milliers d’ogives.</p>
<p>Elles signèrent un nouveau traité de ce genre en 2010.</p>
<p>Dès lors, les deux grandes puissances consacrèrent leurs plus gros efforts au perfectionnement des vecteurs, de la portée et de la précision des armes et des moyens de déjouer la défense de l’adversaire. Le domaine militaire engloutit des sommes immenses.</p>
<p>Rares sont les personnes dans le monde, hormis quelques penseurs et scientifiques, qui se rendent compte d’un simple fait et lancent un cri d’alerte : il suffirait de l’éclatement de cent ogives nucléaires stratégiques pour mettre fin à l’existence humaine sur notre planète. L’immense majorité de la population connaîtrait un sort aussi inexorable qu’horrible par suite de l’hiver nucléaire qui surviendrait.</p>
<p>Huit pays, dont cinq sont membres permanents du Conseil de sécurité, possèdent aujourd’hui des armes nucléaires : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine. L’Inde et le Pakistan ont accédé au club nucléaire en 1974 et en 1998 respectivement. Ces sept pays se reconnaissent États nucléaires.<span id="more-3279"></span></p>
<p>Israël, en revanche, ne l’a jamais reconnu, bien qu’on calcule qu’il possède de 200 à 500 ogives atomiques, et il ne se sent absolument pas concerné quand le monde s’inquiète des très graves problèmes qu’entraînerait l’éclatement d’une guerre dans la région où se produit une grande partie de l’énergie qui fait marcher l’industrie et l’agriculture de la planète.</p>
<p>C’est parce qu’il possède des armes de destruction massive qu’Israël peut jouer son rôle de pion de l’impérialisme et du colonialisme au Moyen-Orient.</p>
<p>Il ne s’agit pas du droit légitime du peuple israélien de vivre et de travailler dans la paix et la liberté : il s’agit précisément du droit des autres peuples de la région à la liberté et à la paix.</p>
<p>Toute en mettant au point à rythme accéléré son arsenal atomique, Israël attaqua et détruisit en 1981 le réacteur nucléaire iraquien d’Osirak. Il refit exactement pareil en 2007 avec le réacteur syrien de Dayr az-Zawr, ce dont, curieusement, l’opinion mondiale ne fut pas informée, alors que les Nations Unies et l’AIEA étaient parfaitement au courant. Ces deux attaques bénéficièrent du soutien des États-Unis et de l’Alliance atlantique.</p>
<p>Il n’est donc pas étonnant que les plus hautes autorités israéliennes proclament aujourd’hui leur intention de faire pareil en Iran.</p>
<p>Ce pays, immensément riche en pétrole et en gaz, fut jadis victime des conspirations de la Grande-Bretagne et des États-Unis dont les sociétés pétrolières pillaient les ressources. Plus tard, une fois le shah Reza Pahlavi au pouvoir, les États-Unis équipèrent ses forces armées des moyens les plus modernes de leur industrie militaire.</p>
<p>Le shah aspirait lui aussi à se doter d’armes nucléaires, mais personne n’attaqua ses centres de recherche. La guerre d’Israël visait les musulmans arabes, pas les musulmans d’Iran, un pays qui était devenu un bastion de l’OTAN braqué contre le cœur même de l’URSS.</p>
<p>En 1979, les masses de cette nation profondément religieuses, conduites par l’ayatollah Khomeyni, détrônèrent le shah et désarmèrent une des armées les mieux équipées du monde sans tirer un seul coup de feu.</p>
<p>Compte tenu de la capacité de lutte, du nombre d’habitants et de l’étendue de l’Iran, une agression contre lui serait sans commune mesure avec les équipées israéliennes en Iraq et en Syrie. Une terrible guerre, que nul n’en doute, en découlerait inévitablement.</p>
<p>Israël  compte un grand nombre d’armes nucléaires et dispose de la capacité de les lancer n’importe où en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie. Je me demande : l’AIEA a-t-elle le droit moral de punir et d’asphyxier un pays qui tenterait de faire pour sa propre défense ce qu’Israël a fait au cœur du Moyen-Orient ?</p>
<p>Je pense en fait qu’aucun pays au monde ne doit avoir d’armes atomiques et que ce genre d’énergie doit servir à l’espèce humaine. Sans cet esprit de coopération, l’humanité marche inexorablement à sa perte. Nombre d’Israéliens, issus d’un peuple assurément travailleur et intelligent, ne seront pas d’accord avec une politique insensée et absurde qui les conduit eux aussi à la ruine totale.</p>
<p>De quoi parle-t-on aujourd’hui au sujet de la situation économique ?</p>
<p>Selon les agences de presse internationales, « le président étasunien, Barack Obama, et son homologue chinois, Hu Jintao, ont présenté des ordres du jour commerciaux divergents […] ce qui met en lumière les tensions croissantes entre les deux plus grandes économies du monde ».</p>
<p>Selon Reuters, « Obama a profité de son intervention pour menacer la Chine de sanctions économiques au cas où elle ne commencerait pas à &laquo;&nbsp;jouer selon les règles&nbsp;&raquo;. »</p>
<p>Les règles du jeu sont, bien entendu, celles qui répondant aux intérêts des USA.</p>
<p>Toujours selon cette agence, « Obama s’est lancé dans la bataille de sa réélection l’an prochain et ses opposants républicains l’accusent de ne pas être assez dur avec le Chine ».</p>
<p>Les nouvelles de jeudi et vendredi reflétaient encore mieux les réalités que nous vivons.</p>
<p>Selon AP, l’agence étasunienne la mieux informée, « le leader suprême iranien a averti les États-Unis et Israël que son pays riposterait énergiquement si ses archi-ennemis lançaient une attaque militaire contre lui… »</p>
<p>D’après l’agence de presse allemande, la Chine a fait savoir qu’à son habitude, elle croyait que le dialogue et la coopération étaient la seule façon d’envisager activement le problème à des fins de solution.</p>
<p>La Russie s’est aussi opposée à des mesures punitives contre l’Iran.</p>
<p>L’Allemagne refuse l’option militaire, mais se dit favorable à de fortes sanctions contre l’Iran.</p>
<p>Le Royaume-Uni et la  France prônent des sanctions sévères et énergiques.</p>
<p>La Fédération de Russie a garanti qu’elle ferait tout son possible pour éviter une opération militaire contre l’Iran et elle a critiqué le rapport de l’AIEA :</p>
<p>« Une opération militaire contre l’Iran peut entraîner de très graves conséquences, et la Russie devra tout faire pour calmer les esprits », a affirmé Konstantin Kosatchov, président de la commission des relations extérieures de la Douma, qui, selon EFE, a critiqué « les affirmations des États-Unis, de la France et d’Israël au sujet d’un recours éventuel à la force et de la proximité toujours plus grande d’une opération militaire contre l’Iran ».</p>
<p>Edward Spannaus, rédacteur en chef de la revue étasunienne <em>EIR</em>, a déclaré qu’une attaque contre l’Iran déclencherait la troisième guerre mondiale.</p>
<p>Le secrétaire étasunien à la Défense, de retour d’un voyage en Israël, a reconnu voilà quelques jours qu’il n’avait pu obtenir de Tel-Aviv l’assurance qu’il consulterait Washington au préalable au sujet de toute opération contre l’Iran. Voilà à quel point nous en sommes.</p>
<p>Samedi dernier, Andrew Shapiro, <em>Assistant Secretary of Bureau of Political-Military Affairs</em>, a révélé crûment les sombres visées de l’Empire :</p>
<p><em>Israël et les États-Unis organiseront les manœuvres militaires conjointes « les plus importantes » et « les plus capitales » de leur histoire comme alliés.</em></p>
<p><em>Intervenant à Washington devant l’Institut de politique du Proche-Orient, Shapiro a annoncé que plus de cinq mille membres des forces armées étasuniennes et israéliennes participeraient à ces manœuvres centrées autour de la défense des missiles balistiques israéliens.</em></p>
<p><em>« La technologie israélienne s’avère essentielle pour améliorer notre sécurité nationale et protéger nos troupes », a-t-il ajouté…</em></p>
<p><em>Shapiro a mis en exergue l’appui de l’administration Obama à Israël, bien qu’un haut fonctionnaire étasunien ait exprimé vendredi son inquiétude qu’Israël n’avertisse pas Washington au préalable d’une éventuelle action militaire contre les installations nucléaires d’Iran.</em></p>
<p><em>« Notre engagement envers la sécurité d’Israël est plus vaste, plus profond et plus intense que jamais. »</em></p>
<p><em>« Nous soutenons Israël parce qu’il en va de notre intérêt national… C’est uniquement la force militaire d’Israël qui dissuade les agresseurs éventuels et qui contribue à promouvoir la paix et la stabilité. »</em></p>
<p>Aujourd’hui, 13 novembre, la représentante des USA à l’ONU, Susan Rice, a confirmé à la BBC britannique qu’une éventuelle intervention militaire en Iran non seulement n’était pas hors jeu, mais qu’elle constituait une option de plus en plus réelle à cause de l’attitude de Téhéran.</p>
<p>Selon elle, l’administration étasunienne est en train d’aboutir à la conclusion qu’il faudra liquider le régime iranien actuel pour éviter qu’il ne se dote d’un arsenal nucléaire : « Je suis convaincue – a-t-elle reconnu – que le changement de régime va être notre seule solution. »</p>
<p>À bon entendeur, salut.</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 13 novembre 2011</p>
<p>20 h 17</p>
]]></content:encoded>
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		<title>CYNISME GÉNOCIDAIRE  (PREMIERE PARTIE)</title>
		<link>http://www.fidelista.net/reflexions/cynisme-genocidaire-premiere-partie-3277</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 09:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Aucune personne sensée, surtout parmi celles qui ont eu accès aux connaissances élémentaires qu’on acquiert à l’école primaire, ne peut accepter que notre espèce, en particulier les enfants, les adolescents et les jeunes, soit privée aujourd’hui, demain et pour toujours, du droit à la vie. Les humains n’ont jamais vécu, tout au long de leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aucune personne sensée, surtout parmi celles qui ont eu accès aux connaissances élémentaires qu’on acquiert à l’école primaire, ne peut accepter que notre espèce, en particulier les enfants, les adolescents et les jeunes, soit privée aujourd’hui, demain et pour toujours, du droit à la vie. Les humains n’ont jamais vécu, tout au long de leur existence hasardeuse comme êtres intelligents, une telle expérience.</p>
<p>Je me sens le devoir de transmettre à ceux qui prendront la peine de lire ces Réflexions l’idée suivante : nous avons tous l’obligation, sans exception, de faire prendre conscience à l’humanité des risques de catastrophe définitive et totale qu’elle court à cause des décisions irresponsables de politiciens aux mains desquels le hasard, plus que les talents ou les mérites, a fait tomber son sort.</p>
<p>Qu’il soit croyant ou sceptique, aucun citoyen sensé d’aucun pays ne peut accepter que ses enfants ou ses proches périssent d’une façon instantanée  ou victimes de souffrances et de tortures atroces.</p>
<p>Après avoir assisté aux crimes répugnants que l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord commet de plus en plus fréquemment sous l’égide des États-Unis et des pays les plus riches d’Europe, le monde a centré son attention sur le Sommet du G-20, réuni pour débattre de la profonde crise économique qui frappe maintenant toutes les nations et dont les graves retombées sociales, voire climatiques, menacent tous les habitants de la planète. Il était aussi en jeu à ce Sommet la possibilité que l’euro continue d’être la monnaie commune de la plupart des pays européens, voire que certains pays se maintiennent dans cette union. L’opinion internationale, en particulier européenne, attendait des réponses.<span id="more-3277"></span></p>
<p>Ce  Sommet n’a pourtant apporté ni réponse ni solution aux problèmes les plus sérieux de l’économie mondiale, malgré  les efforts réalisés par la Chine, la Russie, l’Indonésie, l’Afrique du Sud,  le Brésil, l’Argentine et d’autres pays à économie émergente pour coopérer  avec le reste du monde à la recherche de solutions.</p>
<p>Par ailleurs, après que l’OTAN a eu considéré comme conclue son opération en Libye – à la suite d’une attaque aérienne qui a blessé le chef constitutionnel de ce pays, a détruit son véhicule et l’a livré à la merci des mercenaires de l’Empire qui l’ont assassiné et qui ont exhibé son corps comme un trophée de guerre, outrageant par là les us et coutumes musulmanes – il est tout à fait insolite que l’AIEA, une institution spécialisée des Nations Unis censée être au service de la paix mondiale, ait divulgué au sujet de l’Iran un rapport politique tarifé et sectaire qui met le monde au bord de la guerre nucléaire que l’Empire yankee prépare minutieusement contre ce pays en alliance avec la Grande-Bretagne et Israël.</p>
<p>Après qu’un haut personnage a eu paraphrasé le fameux « Veni, vidi, vici » prononcé par un empereur romain voilà plus de deux mille ans en un « Je suis venu, j’ai vu et il est mort », transmis à l’opinion publique par une grande chaîne de télévision comme réaction à l’annonce de la mort de Kadhafi, on ne sait trop quel qualificatif accoler à la politique des États-Unis.</p>
<p>L’important, de nos jours, c’est de faire prendre clairement conscience aux peuples de l’abyme où l’on est en train de pousser l’humanité. Notre Révolution a connu à deux reprises des risques dramatiques : en octobre 1962, le plus critique, quand l’humanité a frôlé l’hécatombe nucléaire ; à la mi-1987, quand nos forces affrontaient les troupes racistes sud-africaines équipées d’armes atomiques que les Israéliens les avaient aidé à mettre au point.</p>
<p>Le shah d’Iran avait aussi collaboré aux côtés d’Israël avec le régime raciste et fasciste d’Afrique du Sud.</p>
<p>Ce  sont les États-Unis qui impulsèrent la création des Nations Unies dès avant la fin de la Seconde Guerre  mondiale. Très à l’écart des théâtres de guerre, ils s’étaient  énormément enrichis au point de monopoliser 80 p. 100 de l’or mondial, et avaient entrepris, sous la direction de Roosevelt, un antifasciste sincère, de  mettre au point une arme atomique que son successeur, Truman, un oligarque  médiocre, n’hésita pas à utiliser contre les villes civiles d’Hiroshima et de  Nagasaki en 1945.</p>
<p>Leur  monopole de l’or mondial et le prestige de Roosevelt avaient permis aux États-Unis de convoquer la Conférence de  Bretton Woods qui, entre autres mesures, leur assigna le rôle de  frapper le dollar comme la seule devise du commerce mondial à partir de  l’étalon-or.</p>
<p>Ils  étaient aussi, à la fin de la guerre, les seuls à posséder l’arme atomique, un privilège qu’ils n’hésitèrent pas à transmettre à leurs alliés et membres du Conseil de sécurité de l’ONU :  la Grande-Bretagne et la France, les deux plus importantes puissances  coloniales de l’époque.</p>
<p>Truman  n’informa absolument pas l’URSS de l’existence de la bombe atomique ni de son intention de l’utiliser.   Quant à la Chine, gouvernée par Chiang Kai-shek, un général  nationaliste, oligarque et à la botte des USA, elle ne pouvait être exclue du Conseil de sécurité.</p>
<p>L’URSS, durement touchée par la guerre, les destructions et la mort de plus de vingt millions de personnes durant l’invasion nazie, consacra de grosses ressources économiques, scientifiques et humaines à atteindre la parité atomique avec les USA : quatre ans après, en 1949, elle testa sa première arme atomique ; en 1953, celle à hydrogène, et elle atteignit sa première mégatonne en 1955. La France, elle, disposa de sa première bombe atomique en 1960.</p>
<p>Il n’existait que trois pays nucléaire en 1957 quand l’ONU, sous égide yankee, créa l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Quelqu’un croit-il que cet instrument des États-Unis fit quoi que ce soit pour avertir le monde des terribles dangers auxquels il était exposé dès lors qu’Israël, allié inconditionnel des USA et de l’OTAN, enclavé au cœur même des plus importantes réserves mondiales de pétrole et de gaz, allait se constituer à son tour en une puissance atomique aventurière et agressive ?</p>
<p>Israël,  en coopération avec les troupes coloniales anglaises et françaises, attaqua Port-Saïd, quand Abdel  Nasser nationalisa le Canal de Suez, propriété de la France, ce qui obligea le  Premier ministre soviétique à exiger la fin de cette agression et à  lancer un ultimatum auxquels les alliés européens des USA furent contraints de se plier.</p>
<p>À suivre demain.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 12 novembre 2011</p>
<p>20 h 15</p>
]]></content:encoded>
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		<title>LA VICTOIRE ÉCRASANTE DE DANIEL ET DU FSLN</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 21:28:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Des élections générales se sont déroulées au Nicaragua voilà soixante-douze heures, le dimanche 6 novembre, et Daniel et le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) y ont remporté une victoire écrasante. Le hasard a voulu que le quatre-vingt-quatorzième anniversaire de la glorieuse Révolution socialiste soviétique soit tombé le lendemain. Des ouvriers, des paysans et des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des élections générales se sont déroulées au Nicaragua voilà soixante-douze heures, le dimanche 6 novembre, et Daniel et le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) y ont remporté une victoire écrasante.</p>
<p>Le hasard a voulu que le quatre-vingt-quatorzième anniversaire de la glorieuse Révolution socialiste soviétique soit tombé le lendemain. Des ouvriers, des paysans et des soldats russes écrivirent des pages indélébiles de l’Histoire, et le nom de Lénine brillera à jamais parmi les hommes et les femmes qui rêvent d’une meilleure destinée pour l’humanité.</p>
<p>Ces questions sont toujours plus complexes, et l’on ne fera jamais assez d’efforts pour éduquer les nouvelles générations. Voilà pourquoi j’ouvre ici un espace pour commenter ce fait, parmi tant d’autres qui surviennent chaque jour sur la planète et dont nous prenons connaissance par des voies toujours plus nombreuses et que nul n’aurait imaginées voilà quelques décennies à peine.</p>
<p>Je dois dire que les élections nicaraguayennes se sont déroulées à la manière bourgeoise traditionnelle qui n’a rien de juste ou d’équitable, puisque les secteurs oligarchiques de nature antinationale et alignées sur l’impérialisme monopolisent en règle générale les ressources économiques et publicitaires qui sont en règle générale, surtout sur notre sous-continent, au service des intérêts politiques et militaires de l’Empire, tout ceci ne faisant que mettre en lumière l’ampleur de la victoire sandiniste.<span id="more-3274"></span></p>
<p>C’est là une vérité que l’on connaît parfaitement dans notre patrie depuis que José Martí tomba à Dos Ríos, le 19 mai 1895, pour « empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique ». Je ne me lasserai jamais de le répéter, d’autant que notre peuple a été capable de supporter pendant un demi-siècle le blocus économique rigoureux et les agressions les plus brutales de cet Empire.</p>
<p>Ce n’est pourtant pas la haine qui inspire notre peuple, mais les idées. C’est d’elles qu’est née notre solidarité avec le peuple de Sandino, le <em>Général des hommes libres</em>, dont je lisais les hauts faits avec admiration voilà plus de soixante ans quand j’étais étudiant, sans disposer bien entendu des merveilleuses perspectives culturelles dont bénéficieront dans quelques jours les étudiants d’aujourd’hui qui, aux côtés des lycéens, participeront à ce qui est d’ores et déjà une belle tradition : le Festival universitaire du livre et de la lecture.</p>
<p>La mort héroïque du héros nicaraguayen qui lutta contre les occupants yankees fut toujours une source d’inspiration pour les révolutionnaires cubains. Notre solidarité avec le peuple nicaraguayen, qui s’est exprimée dès les premiers jours de la Révolution du 1<sup>er</sup> janvier 1959, n’a donc rien d’étonnant.</p>
<p>Le journal <em>Granma </em>nous rappelait hier, 8 novembre, la mort héroïque, en 1976, deux ans et demi avant la victoire, du fondateur du FSLN, Carlos Fonseca Amador, « <em>tayacán </em>vainqueur de la mort », selon les paroles d’une belle chanson écrite à sa mémoire : « Ô fiancé de la patrie rouge et noire, Tout Nicaragua te crie &laquo;&nbsp;Présent !&nbsp;&raquo; »</p>
<p>Je connais bien Daniel. Il n’a jamais adopté de positions extrémistes et il est resté invariablement fidèle à des principes de base. Chargé de la présidence à partir d’une direction politique collégiale, il s’est caractérisé par son respect des vues des compagnons des autres tendances surgies au sein du sandinisme à un moment donné de la lutte révolutionnaire, devenant ainsi un facteur d’unité entre eux. Il était constamment en contact avec le peuple, ce qui explique la grande ascendance qu’il a prise dans les secteurs les plus modestes du Nicaragua.</p>
<p>La profondeur de la Révolution sandiniste lui gagna la haine de l’oligarchie nationale et de l’impérialisme yankee.</p>
<p>La sale guerre que Reagan et Bush imposèrent au pays et au peuple depuis la Maison-Blanche et l’Agence centrale de renseignement se caractérisa par les crimes les plus atroces.</p>
<p>Ils organisèrent, entraînèrent et équipèrent de nombreuses bandes contre-révolutionnaires ; ils firent du trafic de drogues un instrument permettant de financer la contre-révolution ; ils introduisirent des dizaines de milliers d’armes qui causèrent la mort ou la mutilation de milliers de Nicaraguayens.</p>
<p>Les sandinistes maintinrent les élections au milieu de la bataille injuste qu’ils livraient dans une position désavantageuse. C’était l’époque de l’effondrement du camp socialiste, de la désintégration imminente de l’URSS et du début de la Période spéciale dans notre patrie. Et il leur fut impossible de gagner les élections dans des circonstances si difficiles, bien qu’ils bénéficiassent, selon tous les sondages d’opinion, de l’appui de la majorité du peuple nicaraguayen.</p>
<p>Et celui-ci fut contraint de supporter à nouveau, pendant presque dix-sept ans, des gouvernements corrompus et vendus à l’impérialisme. Les taux de santé, d’alphabétisation et de justice sociale obtenus par les sandinistes commencèrent à chuter douloureusement. Mais les révolutionnaires, sous la conduite de Daniel, continuèrent de lutter durant ces années amères, et le peuple put retourner au pouvoir, bien que dans des conditions extrêmement difficiles qui exigeaient le maximum d’expérience et de sagesse politique.</p>
<p>Cuba était toujours en butte au brutal blocus yankee, à quoi s’ajoutaient les dures conséquences de la Période spéciale et l’hostilité d’un des pires assassins qui aient gouverné les États-Unis, George W. Bush, le fils de celui qui avait déclenché la sale guerre contre le Nicaragua, fait libérer le terroriste Posada Carriles pour le placer à la tête de la distribution d’armes aux contre-révolutionnaires nicaraguayens et gracié Orlando Bosch, l’autre auteur du crime de La Barbade.</p>
<p>Une nouvelle étape démarrait néanmoins dans Notre Amérique grâce à la Révolution bolivarienne au Venezuela et à  la montée au pouvoir en Équateur, en Bolivie, au Brésil, en Uruguay, en Argentine et au Paraguay de gouvernements attachés à l’indépendance et à l’intégration des peuples latino-américains.</p>
<p>Je peux dire aussi avec satisfaction que la solidarité politique et sociale de Cuba avec la patrie de Sandino n’a jamais cessé. Et je dois affirmer en toute justice que le Nicaragua a été l’un des pays qui a utilisé le mieux la coopération de Cuba en santé et en éducation.</p>
<p>Les milliers de médecins qui ont prêté service dans ce pays frère héroïque se sentent vraiment stimulés par l’excellente utilisation que les sandinistes ont faite de leurs efforts. On peut en dire autant des milliers de professeurs qui furent envoyés, dans la première phase de cette révolution, dans les montagnes les plus reculées pour apprendre à lire et à écrire aux paysans. De nos jours, les expériences éducationnelles en général et, en particulier, les pratiques de l’expérience médicale découlant de l’École latino-américaine de médecine où se forment des milliers d’excellents médecins, ont été transférées au Nicaragua. Ces réalités constituent un grand stimulant pour notre peuple.</p>
<p>Ces détails que je mentionne ne constituent qu’un exemple des efforts féconds que les révolutionnaires sandinistes consentent pour développer leur patrie.</p>
<p>Le rôle fondamental de Daniel, qui  ne s’est jamais écarté du peuple et qui a lutté inlassablement pour son bien-être, explique à mon avis sa victoire écrasante.</p>
<p>C’est aujourd’hui un leader vraiment expérimenté qui a été capable de gérer des situations complexes et difficiles à partir des années où son pays s’est retrouvé à nouveau sous la férule du capitalisme rapace. Il sait gérer intelligemment des problèmes compliqués, sait ce qu’on peut faire ou non, ce qu’on doit faire ou non pour garantir la paix et le développement économique et social soutenu de son pays. Il sait très bien qu’il doit sa victoire écrasante à son peuple héroïque et courageux, qui a largement participé aux élections et dont les deux tiers ont voté pour lui. Il a été capable de se lier étroitement aux ouvriers, aux paysans, aux étudiants, aux jeunes, aux femmes, aux techniciens, aux professions libérales, aux artistes et à l’ensemble des secteurs et des forces progressistes qui soutiennent le pays et le font avancer. Son appel à toutes les forces politiques démocratiques qui sont prêtes à œuvrer pour l’indépendance et pour le développement économique et social du pays est, à mon avis, absolument correct.</p>
<p>Dans notre monde, les problèmes sont extrêmement complexes et difficiles. Mais, tant qu’il durera, nous, les petits pays, nous pouvons et nous devons exercer nos droits à l’indépendance, à la coopération, au développement et à la paix.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 9 novembre 2011</p>
<p>20 h 12</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>LA RÉUNION DU G-20</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 12:44:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est demain que débute la réunion du G-20, des pays les plus développés et les plus riches de la planète : les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et l’Union européenne comme organisation à part qui a le droit d’y participer, autrement dit les bastions fondamentaux de l’OTAN, plus leur alliés : le Japon, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est demain que débute la réunion du G-20, des pays les plus développés et les plus riches de la planète : les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et l’Union européenne comme organisation à part qui a le droit d’y participer, autrement dit les bastions fondamentaux de l’OTAN, plus leur alliés : le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Turquie, à  son double titre de pays en développement et de membre de l’OTAN, et l’Arabie saoudite – un gigantesque dépôts de pétrole léger aux mains des transnationales d’Occident qui en tirent 9,4 millions de baril par jour, dont la valeur aux cours actuels est d’un milliard de dollars – d’un côté de la table, et de l’autre côté un groupe de pays au poids économique et politique croissant qui sont en train de devenir, de fait, compte tenu du nombre de leurs habitants et de leurs ressources naturelles, une expression des intérêts de la majorité de notre monde victime et pillé : la République populaire de Chine, la Fédération de Russie, l’Inde, l’Indonésie, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Argentine et le Mexique. L’Espagne, elle aussi alliée de l’OTAN, n’est que « pays invité ».</p>
<p>Il s’agit d’une réunion entre les gros producteurs de machines et d’articles industriels et les gros fournisseurs de matières premières qui, durant un demi-millénaire après la Conquête, furent des colonies européennes et qui, au siècle dernier, leur livraient des produits agricoles, des minerais et des ressources énergétiques, victimes  d’un échange inégal impitoyable. Cette sombre période de l’Histoire démarra à partir du jour où les descendants des tribus barbares qui peuplèrent l’Europe « découvrirent » et « conquirent » ce continent-ci, armés d’épées, d’arbalètes et d’arquebuses. Les « découvreurs », que le monde dit occidental couvre si largement d’éloges, comme si une partie de l’humanité ne vivait pas déjà sur ce continent depuis quarante mille ans, cherchaient une route plus courte pour commercer avec la Chine.<span id="more-3272"></span></p>
<p>Ils auraient découverts dans ce dernier pays, dont ils possédaient des échos à travers les commerçants de soie et d’autres produits précieux que convoitaient l’aristocratie et la bourgeoise européenne naissante, une civilisation fabuleuse dotée du langage écrit, d’un art raffiné, d’agriculture, de métaux, de poudre, ainsi que de principes fort avancés en matière d’organisation politique et militaire, dont des armées fortes parfois de dizaines, voire de centaines de milliers de cavaliers.</p>
<p>Ils étaient sur le point de naufrager quand ils touchèrent terre à proximité de Cuba, notre île dont Colomb prit possession peu après au nom du roi d’Espagne. Aurait-il pu le faire s’il était vraiment arrivé en Chine, selon son intention ? Son erreur a coûté à ce continent-ci des dizaines de millions de vie perdues dans le partage de l’Amérique, en vertu d’une bulle papale, entre deux règnes de la péninsule ibérique au milieu des conflits constants de la noblesse médiévale.</p>
<p>Comme le signalait le génial peintre indien Oswaldo Guayasamín, la conquête en soi et la recherche d’or et d’argent coûtèrent à ceux qui peuplaient ce continent, berceau d’importantes civilisations, soixante-dix millions de vies.</p>
<p>L’Afrique noire peut aussi dire à son tour ce qu’a signifié cette conquête pour des millions de ses enfants, arrachés de là et vendus comme esclaves sur ce continent-ci.</p>
<p>L’oligarchie multimillionnaire qui, représentée par des chefs d’État ou de gouvernement, se réunira à Canne avec les représentants de presque six milliards d’habitants qui aspirent à ce que leurs peuples puissent mener une existence digne, devrait réfléchir à ces réalités.</p>
<p>Ces pays prétendent monopoliser les technologies et les marchés par les brevets, les banques, les moyens de transport les plus modernes et les plus coûteux, la maîtrise cybernétique de complexes procès de production, le contrôle des communications et des médias afin de duper le monde.</p>
<p>Maintenant que les habitants de notre planète se montent à sept milliards, les États qui n’en représentent qu’un sur sept et dont les populations, à en juger par les protestations massives qui se déroulent en Europe et aux États-Unis, ne semblent guère satisfaits, mettent en danger la survie de notre espèce.</p>
<p>Quelqu’un pourrait-il oublier que les États-Unis ont saboté l’Accord de Kyoto à un moment où l’on disposait d’un peu plus de temps pour empêcher une catastrophe, compte tenu des changements climatiques qui se produisent à vue d’œil ?</p>
<p>Une autre réunion des chefs d’État et de gouvernement vient de se tenir les 28 et 29 octobre : ceux des pays ibéro-américains. Au nombre des calamités que les peuples hispanophones et lusophones ont dû supporter, il y a qu’ils vivent dans la région du monde où la distribution des richesses est la plus inégale. Bruno Rodríguez Parrilla, notre ministre des Relations extérieures, après être intervenu à New York à la session de l’ONU sur le blocus appliqué à Cuba, s’est rendu à Asunción, la capitale du Paraguay, où il s’est dit des choses extrêmement intéressantes sur la crise qui secoue l’Union européenne.</p>
<p>Le nouveau Premier ministre portugais s’est plaint amèrement que l’Union européenne se retrouve épuisée et sans fonds après avoir sauvé la Grèce à des coûts records, qu’elle pourrait faire face à une crise au Portugal, mais qu’elle se plongerait alors en pleine banqueroute, incapable de secourir l’Italie, la septième économie mondiale, ce qui entraînerait la France dont les banques accumulent le gros de la dette italienne.</p>
<p>Les dirigeants ibériques doutent que l’engagement contracté envers la Grèce puisse se concrétiser et augurent, dans ce cas, une crise plus prolongée que celle de 1929.</p>
<p>Les dépêches informaient ce matin des dures conséquences qu’ont entraînées les pluies sans précédent qui se sont abattues sur la Thaïlande, le plus gros exportateur de riz au monde, dont les ventes chuteront de 25 à 19 millions de tonnes.</p>
<p>En revanche, l’information que la Chine augmentait sa production de cuivre métallique de presque cinq millions de tonnes  a eu des effets considérables. Il n’empêche : alors que les États-Unis conservent intact leur pouvoir de veto au Fonds monétaire international, celui-ci refuse à la Chine le simple droit d’adopter le yuan comme monnaie convertible ! Jusqu’à quand cette tyrannie durera-t-elle ?</p>
<p>C’est à travers ce prisme qu’il faut analyser chaque mot prononcé au Sommet du G-20.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 2 novembre 2011</p>
<p>20 h 54</p>
]]></content:encoded>
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		<title>LE RÔLE DE TUEUR DE L’OTAN  (Cinquième partie)</title>
		<link>http://www.fidelista.net/reflexions/le-role-de-tueur-de-l%e2%80%99otan-cinquieme-partie-3269</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 11:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fidelista</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Réflexions de Fidel]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 9 mars, j’ai publié de nouvelles Réflexions intitulées : « L’OTAN, la guerre, le mensonge et les affaires » sur le rôle de cette organisation belliciste. J’en sélectionne les paragraphes fondamentaux : Comme certains le savent, le colonel Mouammar el-Kadhafi, un Bédouin au caractère particulier, s’inspirant des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser, prépara au sein des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 9 mars, j’ai publié de nouvelles Réflexions intitulées : « L’OTAN, la guerre, le mensonge et les affaires » sur le rôle de cette organisation belliciste.</p>
<p>J’en sélectionne les paragraphes fondamentaux :</p>
<p><em>Comme certains le savent, le colonel Mouammar el-Kadhafi, un Bédouin au caractère particulier, s’inspirant des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser, prépara au sein des forces armées un mouvement qui renversa en septembre 1969 Idris I<sup>er</sup>, roi de Libye, un pays désertique en sa quasi-totalité et faiblement peuplé, situé au nord de l’Afrique, entre </em><em>la Tunisie</em><em> et l’Égypte.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Né dans une famille de bédouins, dans la région de Tripoli, Kadhafi était foncièrement anticolonialiste. […]</em></p>
<p><em>Jusqu’aux adversaires de Kadhafi assurent qu’il se fit remarquer par son intelligence durant ses études. Expulsé du lycée pour ses activités antimonarchiques, il s’inscrivit dans un autre, puis conclut des études de droit à l’université de Benghazi à vingt et un ans. Il entra ensuite à l’école militaire de cette ville où il créa en secret le </em><em>Mouvement des </em><em>officiers</em><em> unionistes </em><em>libres, </em><em>et il conclut ses études dans une école militaire britannique.<span id="more-3269"></span></em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Il s’engagea dans la vie politique par des actions incontestablement révolutionnaires.</em></p>
<p><em>En mars 1970, il obtint que les soldats britanniques évacuent le pays au terme de manifestations nationalistes massives et, en juin, que les États-Unis se retirent d’une grande base aérienne proche de Tripoli, qui fut remise à des instructeurs militaires égyptiens dont le pays était l’allié de </em><em>la Libye.</em><em></em></p>
<p><em>En 1970, </em><em>la Révolution</em><em> toucha à plusieurs sociétés pétrolières occidentales et à des banques à participation étrangère. Fin 1971, la fameuse British Petroleum subit le même sort. Dans le domaine agricole, tous les biens italiens furent saisis, et les colons et leurs descendants expulsés de Libye.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Le dirigeant libyen élabora des théories extrémistes, s’opposant à la fois au communisme et au capitalisme. Ça n’aurait pas de sens d’inclure cette étape de théorisations de sa part dans mon analyse, quoique je doive signaler que l’article premier de </em><em>la Proclamation</em><em> constitutionnelle de 1969 stipulait la nature « socialiste » de </em><em>la Jamahiriya</em><em> arabe libyenne populaire.</em></p>
<p><em>Je tiens en revanche à insister sur le fait que les droits humains n’ont jamais intéressé les États-Unis ni leurs alliés de l’OTAN.</em></p>
<p><em>La réunion du Conseil de sécurité, la réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève et l’Assemblée générale des Nations Unies à New York n’ont été que du théâtre, un panier de crabes.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>L’Empire prétend maintenant … intervenir militairement en Libye et bloquer la vague révolutionnaire qui déferle dans le monde arabe. […]</em></p>
<p><em>Que la rébellion libyenne ait été attisée par les services secrets yankees ou par les erreurs de Kadhafi lui-même, il est important que les peuples ne se laissent pas duper, car l’opinion mondiale aurait très bientôt suffisamment de preuves pour savoir à quoi s’en tenir.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>À l’instar de nombreux pays du Tiers-monde, </em><em>la Libye</em><em> est membre du Mouvement des pays non alignés, du Groupe des 77 et d’autres organisations internationales à travers lesquelles se nouent des relations, indépendamment de leur système économique et social.</em></p>
<p><em>À grands traits : la révolution, inspirée de principes marxistes-léninistes et martiniens, triompha en 1959 à Cuba, à cent cinquante kilomètres des États-Unis qui nous avaient imposé l’amendement Platt et qui étaient propriétaires de l’économie de  notre pays. </em></p>
<p><em>L’Empire déclencha presque aussitôt contre notre peuple sa sale guerre, organisa des bandes contre-révolutionnaires, décréta un blocus économique criminel et peaufina l’invasion mercenaire de Playa Girón, durant laquelle un de ses porte-avions patrouillait non loin et ses marines étaient prêts à débarquer au cas où ses forces mercenaires auraient atteints les objectifs prévus. </em></p>
<p><em>[…] Tous les pays latino-américains, hormis le Mexique, participèrent au blocus criminel qui est toujours en place. </em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>En janvier 1986, sous prétexte que </em><em>la Libye</em><em> était derrière le terrorisme dit révolutionnaire, Reagan rompit les relations économiques et commerciales avec ce pays.</em></p>
<p><em>En mars de cette même année, une force embarquée à bord de porte-avions situés dans le golfe de Syrte, dans les eaux que </em><em>la Libye</em><em> considère comme nationales, déclencha des attaques qui détruisirent plusieurs navires équipés de lance-missiles et des systèmes de radars côtiers que ce pays avait achetés à l’URSS.</em></p>
<p><em>Le 5 avril, une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des soldats étasuniens fut plastiquée : trois personnes moururent, dont deux militaires étasuniens, et beaucoup furent blessées.</em></p>
<p><em>Reagan en accusa Kadhafi et ordonna à ses forces de l’air de riposter. Trois escadrilles décollèrent des porte-avions de </em><em>la VI<sup>e</sup></em><em> flotte et de bases du Royaume-Uni et lancèrent des bombes et des missiles sur sept objectifs militaires à Tripoli et à Benghazi. Un quarantaine de personnes moururent, dont quinze civils. […] …quand un missile la frappa (sa résidence) de plein fouet : sa fille Hanna mourut, et deux autres enfants furent blessés. Cette attaque fut largement condamnée ; l’Assemblée générale des Nations Unies vota une résolution la condamnant pour violation de </em><em>la Charte</em><em> des Nations Unies et du droit international. Le Mouvement des pays non alignés, </em><em>la Ligue</em><em> arabe et l’OUA adoptèrent des positions tout aussi énergiques.</em></p>
<p><em>Le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de Pan Am se désintégra en plein vol entre Londres et New York sous l’effet d’une bombe […]</em></p>
<p><em>[…] Selon les Yankees, les recherches impliquaient deux agents secrets libyens. […]</em></p>
<p><em>On commença à tisser une légende ténébreuse contre lui, avec la participation de Reagan et de Bush père.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Le Conseil de sécurité avait imposé à </em><em>la Libye</em><em> des sanctions qui commencèrent à être levées quand Kadhafi accepta de faire juger, dans des conditions données, les deux accusés pour le sabotage de l’avion en Écosse.</em></p>
<p><em>Dès lors, on commença à inviter des délégations libyennes à des réunions européennes. En juillet 1999, Londres entreprit de renouer totalement ses relations diplomatiques avec </em><em>la Libye</em><em>, après que celle-ci eut fait encore plus de concessions.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Le 2 décembre, Massimo D’Alema, Premier ministre italien, fut le premier chef de gouvernement européen à se rendre en Libye.</em></p>
<p><em>L’URSS et le camp socialiste européen avaient disparu, et Kadhafi avait décidé d’accepter les réclamations des USA et de l’OTAN.</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Début 2002, le département d’État faisait savoir que des conversations diplomatiques étaient en cours entre les USA et </em><em>la Libye.</em><em></em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Début 2003, après que </em><em>la Libye</em><em> eut accepté de signer un accord économique d’indemnisations avec les pays demandeurs, le Royaume-Uni et </em><em>la France</em><em>, le Conseil de sécurité de l’ONU leva les sanctions qu’il lui avait infligées en 1992.</em></p>
<p><em>Avant la fin de 2003, Bush et Antony Blair informèrent d’un accord avec </em><em>la Libye</em><em>, qui avait remis à des experts en renseignements britanniques et étasuniens de la documentation sur ses programmes d’armements non classiques et sur ses missiles balistiques d’une portée supérieure à trois cents kilomètres. […] Cet accord, comme le révéla Bush, couronnait des mois de conversations entre Tripoli et Washington.</em></p>
<p><em>Kadhafi tint ses promesses de désarmement. En quelques mois, </em><em>la Libye</em><em> se débarrassa de ses cinq batteries de missiles Scud-C d’une portée de huit cents kilomètres et ses centaines de Scud-B d’une portée supérieures à trois cents kilomètres parmi ses engins défensifs de courte portée.</em></p>
<p><em>Un marathon de visites à Tripoli démarra en octobre 2002 : Berlusconi, en octobre 2002 ; José María Aznar, en septembre 2003 ; de nouveau Berlusconi en  février, août et octobre 2004 ; Blair, en mars 2004 ; le chancelier</em> <em>allemand Schroeder, en octobre 2004 ; Jacques Chirac, en novembre 2004. […]</em></p>
<p><em>Kadhafi parcourait l’Europe en triomphe. Il fut reçu à Bruxelles en avril 2004 par  Romano Prodi, le président de </em><em>la Commission</em><em> européenne ; en août, il fut invité par Bush ; Exxon Mobil, Chevron Texaco et Conoco Philips mettaient la dernière main à la reprise de l’extraction de pétrole par des </em>joint ventures<em>.</em><em></em></p>
<p><em>En mai 2006, les USA faisaient savoir qu’ils retiraient </em><em>la Libye</em><em> de la liste des pays terroristes et qu’ils renouaient pleinement les relations diplomatiques.</em></p>
<p><em>En 2006 et 2007, </em><em>la France</em><em> et les États-Unis souscrivirent des accords de coopération nucléaire à de fins pacifiques. En mai 2007, Blair visite de nouveau Kadhafi à Syrte. </em><em>La British Petroleum</em><em> signa un contrat de prospection de gisements de gaz « extraordinairement important », selon les informations de l’époque.</em></p>
<p><em>En décembre 2007, Kadhafi se rendit deux fois en France et signa des contrats d’équipements militaires et civils pour dix milliards d’euros, et en Espagne, où il eut des entretiens avec le chef de gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero. Il signa de  très gros contrats avec d’importants pays de l’OTAN.</em></p>
<p><em>Pourquoi donc les États-Unis et les autres membres de l’OTAN ont-ils évacué maintenant leurs ambassades en Libye ?</em></p>
<p><em>Tout ceci est extrêmement curieux.</em></p>
<p><em>George W. Bush, le père de cette stupide guerre antiterroriste, avait déclaré le 20 septembre 2001 devant les élèves de l’école militaire de West Point : « Notre sécurité exigera… le recours aux forces militaires que vous commanderez et qui doivent prêtes à attaquer sur-le-champ n’importe quel sombre recoin du monde, et notre sécurité exigera que nous soyons prêts, le cas échéant, à déclencher des attaques préventives pour défendre notre liberté […] Nous devons découvrir des cellules terroristes dans une soixantaine de pays… Aux côtés de nos amis et alliés, nous devons nous opposer à la prolifération et faire face aux régimes qui promeuvent le terrorisme en fonction de chaque cas. »</em></p>
<p>J’ajoute aujourd’hui que l’Afghanistan, un pays rebelle par tradition, fut envahi ; que les tribus nationalistes, autrefois alliées des États-Unis dans leur lutte contre l’URSS, ont été bombardées et massacrées. La sale guerre a gagné le monde entier. L’Iraq a été envahi sous des prétextes qui se sont avérés faux ; ses abondantes ressources pétrolières sont passées aux mains de sociétés yankees ; des millions de personnes ont perdu leur emploi et ont été contraintes de se déplacer dans le pays ou à l’étranger ; ses musées ont été pillés et d’innombrables citoyens ont perdu la vie ou ont été massacrés par les envahisseurs.</p>
<p>J’en reviens à mes Réflexions :</p>
<p><em>Une dépêche de l’AFP, daté de Kaboul aujourd’hui même, révèle :</em></p>
<p><em>« L’année passée a été la plus meurtrière pour les civils après neuf années de guerre entre les Talibans et les forces internationales en Afghanistan : presque 2 800 morts, soit 15 p. 100 de plus qu’en </em><em>2009, a</em><em> affirmé ce mercredi un rapport de l’ONU qui insiste sur les coûts humains de ce conflit pour la population.</em></p>
<p><em>[...]</em></p>
<p><em>« Avec exactement 2 777 civils morts en 2010, la quantité de victimes a augmenté de 15 p. 100 par rapport à 2009, indique le rapport annuel conjoint de </em><em>la Mission</em><em> d’aide des Nations Unies en Afghanistan&#8230;</em></p>
<p><em>« Le président Barack Obama a exprimé, le 3 mars, son &laquo;&nbsp;profond regret&nbsp;&raquo; au peuple afghan pour les neuf enfants tués, tout comme l’ont fait le général étasunien David Petraeus, commandant en chef de l’ISAF, et le secrétaire à </em><em>la Défense</em><em>, Robert Gates.</em></p>
<p><em>« …le rapport de l’UNAMA souligne que le chiffre de civils morts en 2010 est quatre fois supérieur à celui des soldats des forces internationales tombés en combat cette même année.</em></p>
<p>Parlant de la Libye, j’avais écrit :</p>
<p><em>Pendant dix jours, on a entendu aux Nations Unies – entre Genève et New York – plus de cent cinquante discours sur les violations des droits humains, qui ont été repris des millions de fois à la télévision, à la radio, dans la presse écrite et sur Internet.</em></p>
<p><em>Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, est intervenu devant ses pairs réunis à Genève dans le cadre de Conseil des droits de l’homme, le 1<sup>er </sup>mars dernier. Il y a dit notamment :</em></p>
<p><em>« La conscience humaine s’élève contre la mort d’innocents en toute circonstance et en tout lieu. Cuba fait tout à fait sienne l’inquiétude du monde devant les morts de civils en Libye et souhaite que son peuple règle d’une manière pacifique et souveraine la guerre civile qui s’y déroule, sans aucune ingérence étrangère et d’une façon qui garantisse l’intégrité de cette nation. »</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>« S’il est vrai que le droit humain essentiel est le droit à la vie, alors le Conseil est-il prêt à en expulser les États qui déclenchent une guerre ?</em></p>
<p><em>« Expulsera-t-il donc les États qui offrent un financement et une aide militaire à un autre État qui les utilise à des violations massives, flagrantes et systématiques des droits humains et à des attaques contre la population civile, comme cela se passe en Palestine ?</em></p>
<p><em>« Appliquera-t-il donc cette mesure à des pays puissants qui réalisent des exécutions extrajudiciaires sur le territoire d’autres États en recourant à une technologie de pointe, telle que les munitions intelligents et les drones ?</em></p>
<p><em>« Qu’arrivera-t-il donc aux États qui acceptent d’héberger sur leur territoire des prisons secrètes illégales, qui facilitent le transit secret d’avions emportant des personnes séquestrées ou qui participent à la torture ? »</em></p>
<p><em>[…]</em></p>
<p><em>Nous sommes contre la guerre intestine en Libye, en faveur de la paix immédiate et du plein respect de la vie et des droits de tous les citoyens, sans intervention étrangère, car celle-ci ne servirait qu’à prolonger le conflit et à favoriser les visées de l’OTAN.</em></p>
<p>Il s’est produit hier, 31 octobre, un fait qui, comme tant d’autres, atteste de l’immoralité absolue de la politique yankee.</p>
<p>L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) venait d’adopter une résolution courageuse : octroyer à l’héroïque peuple palestinien le droit de participer comme membre à part entière, par 107 voix contre 14, avec 52 abstentions. Nous savons tous pertinemment pourquoi.</p>
<p>La représentante des États-Unis, suivant des instructions du Prix Nobel de la paix, a aussitôt déclaré que son pays, dès cet instant, suspendait toute contribution économique à cette organisation qui se consacre à l’éducation, à la science et à la culture.</p>
<p>Le ton dramatique qu’a pris cette dame pour annoncer la décision était vraiment de trop : bien que cynique, tout le monde s’y attendait.</p>
<p>Mais, comme si ce n’était pas déjà assez, une dépêche de l’AFP datée de Washington aujourd’hui à 16 h 05 nous apprend :</p>
<p><em>« Après le Sommet du G20… le président (Obama) et le président Sarkozy participeront à une cérémonie à Cannes pour commémorer l’alliance entre les États-Unis et </em><em>la France</em><em> », a indiqué la présidence étasunienne, qui a tenu à préciser que les deux dirigeants rencontreront aussi des « soldats étasuniens et français qui ont participé ensemble à l’opération » en Libye.</em></p>
<p>À suivre prochainement.</p>
<p>Fidel Castro Ruz</p>
<p>Le 1<sup>er</sup> novembre 2011</p>
<p>16 h 32</p>
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