La nationalisation de la Cuban Telephone Company : le naufrage d’un bon négoce

C’est au coin de la rue Águila et de la rue Dragones, à un peu plus de cent mètres du fameux quartier chinois, qu’en 1909, à la fin de la seconde intervention des États-Unis à Cuba, s’était installée la Cuban Telephone Company, A l’époque, le téléphone de longue distance n’existait pas et les téléphones locaux qui avaient été installés dans quelques villes dépendaient de deux compagnies différentes, le Réseau Téléphonique de la Havane et la Havana Telephone Compagny.

C’est cette année là que le président de Cuba accorda pour un temps illimité à la Cuban Telephone Company l’autorisation d’exploiter le service local et celui de longue distance dans tout le pays. Le développement du téléphone fut tellement rapide que six ans plus tard, en 1915, un quotidien cubain informait que, rien qu’à La Havane, il y avait 10 000 lignes installées. Cela représentait une des densités les plus élevées du monde. Dès le début, la compagnie nord-américaine avait transformé le pays en un laboratoire d’essai des nouvelles technologies en conditions d’exploitation quotidienne normale. C’est ce qui a permis à la compagnie nord-américaine ITT de passer ensuite à la généralisation des techniques de pointes qui avaient été testées auparavant à Cuba. Cependant, le développement du système s’était freiné et se concentrait seulement dans les grandes villes. Le reste du pays avait été oublié.

En 1957, c’est grâce à l’appui du dictateur Fulgencio Batista, que le consortium a pu obtenir ce qu’il souhaitait : l’augmentation des tarifs téléphoniques.

Lorsque la Révolution Cubaine a triomphé, les communications de l’île étaient donc entre les mains du voisin du Nord. L’une des premières mesures prises a été l’annulation des augmentations tarifaires et, le 3 Mars 1959, le Ministère des Communications a décidé l’intervention la Cuban Telephone Company. Elle a été nationalisée le 6 Août 1960. Ce tour là, c’est un juteux négoce qui faisait naufrage.
C’est ensuite qu’a été rapidement créée l’infrastructure de liaisons téléphoniques (par onde courte et satellitaire) avec le reste du monde et spécialement avec toute l’Amérique latine et l’Europe. Il s’agissait d’échapper le plus rapidement possible à la dépendance des entreprises nord-américaines, qui monopolisaient le vital service dans le monde entier.

En 1982, on pouvait observer les résultats de la politique suivie : 158 circuits internationaux reliaient le pays avec les autres nations et le nombre de communications avait été multiplié par quatre par rapport à 1958. Les progrès technologiques ont été poursuivis jusqu’à nos jours.

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Des prisonniers ont été maltraités à mort

Stephen C. Webster

L’UNION américaine des libertés civiques (ACLU) a publié des passages d’un rapport gouvernemental aujourd’hui déclassé sur les techniques d’interrogatoire utilisées en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo. Ces pages qui n’avaient pas été divulguées jusque là détaillent le recours réitéré à des procédés abusifs, y compris jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Des prisonniers ont été maltraités à mortLes documents obtenus par l’ACLU sur la base de la Loi sur la liberté de l’information (FOIA) contiennent un rapport du vice-amiral Albert T. Church, qui avait été chargé de mener une enquête exhaustive sur les méthodes d’interrogatoire du département de la Défense. Church qualifie spécifiquement les interrogatoires effectués à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, de « clairement abusifs, de toute évidence non conformes à aucune politique ou instruction approuvée pour les interrogatoires ».

La publication de l’ACLU est sortie le jour même où trois autres importants groupes de défense des droits de l’Homme ont pu télécharger des documents en vertu de la FOIA. Ces documents révèlent que le Pentagone a dirigé des prisons secrètes à Bagram et en Irak, qu’il a coopéré au programme de « détentions fantômes » de la CIA et que du personnel de défense à différé la libération d’un prisonnier pour éviter toute publicité négative.

« Dans les deux cas, par exemple, (les prisonniers) ont été menottés à des objets fixés au dessus de leur tête afin de les tenir en éveil », indique le document. « Dans les deux faits, la violence physique a été utilisée : coups de pieds, passage à tabac, tactiques dites « de soumission » qui impliquent que des coups sont portés aux jambes (des prisonniers) par les genoux (des interrogateurs). Dans les deux cas, la blessure aux jambes est en rapport avec le décès. Dans un cas, la blessure provoquée par un objet contondant a provoqué une embolie pulmonaire et dans l’autre, une maladie de l’artère coronaire a été compliquée par une lésion du même type. »

Dans un communiqué de presse, l’ACLU résume les documents qui font partie de : « (Une) enquête menée sur deux décès à Bagram. Il a pu être établi que les deux détenus étaient morts d’une embolie pulmonaire causée par le fait qu’ils avaient été enchaînés debout, privés de sommeil et soumis à des dizaines de passages à tabac infligés par des gardiens et peut-être même des interrogateurs. (Fait aussi état du recours à la torture dans la base illégale de Guantanamo et dans des prisons US/afghanes de Kaboul.)

« (Une) enquête sur un homicide ou un homicide involontaire perpétré sur le détenu Dilar Dababa par des forces des Etats-Unis en 2003, en Irak.

« (Une) enquête ouverte après des affirmations selon lesquelles un prisonnier irakien aurait été soumis à la torture à The Disco (situé dans les installations de la Force des opérations spéciales à l’aéroport de Mossoul, en Irak). Le supplice consistait à remplir son survêtement de glace, puis à asperger d’eau le prisonnier au tuyau d’arrosage et à le maintenir debout pendant des périodes prolongées, parfois devant un climatiseur ; l’obliger à se coucher et à boire de l’eau jusqu’à s’étrangler, vomir ou étouffer ; lui frapper la tête contre une plaque métallique chauffée alors qu’il portait une capuche et qu’on l’interrogeait ; l’obliger à lever plusieurs fois de suite les jambes, auxquelles on avait accroché des blocs de glace, et lui donner des coups de pied quand il ne pouvait plus.

« (Une) enquête sur des déclarations de cas de torture et exactions perpétrés en 2003 à Abu Ghraïb.

« (Et une) enquête ayant établi une cause probable pour croire que des forces des Etats-Unis ont commis un homicide, en 2003, sur la personne d’Abed Mowhoush, attaché dans un sac de couchage pendant un interrogatoire et décédé par asphyxie. »

« Une grande partie des tortures, mutilations et assassinats de détenus ont obéi à des ordres donnés selon des règles secrètes d’affrontement en usage au Pentagone », écrit Scott Horton, éditeur et collaborateur de Harper’s Magazine. « Cela se passait sous les ordres du sous-secrétaire à la Défense pour les renseignements, Stephen Cambone, un personnage qui a réussi jusque là à se soustraire à l’attention portée au scandale de la torture et qui est maintenant vice-président pour la stratégie de QinetiQ North America, une filiale de l’entreprise QinetiQ basée au Royaume uni, qui recrute sous contrat pour la défense. L’analyse du comité des services armés du Sénat ne parvient pas à atteindre le Dr Cambone, ses règles d’affrontement destinées aux unités d’opérations spéciales sous son contrôle, la mort, la défiguration et la torture infligées à des prisonniers qui leur avaient été confiés. Ceci est une raison parmi d’autres pour lesquelles il s’impose de mener de toute urgence une enquête exhaustive avec ordres de comparution. Mais la diffusion complète des enquêtes internes déjà menées par le département de la Défense est une étape prochaine et essentielle. ». (Tiré de Rebelion)

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Félix Varela: Synthèse de foi chrétienne et de culture cubaine

C’est il y a 156 ans, le 25 février 1853, qu’a cessé de battre le cœur du grand cubain Félix Varela mais, de nos jours, sa pensée, son action et son austérité exemplaire conservent toute leur valeur et leur actualité.

Il était né le 20 novembre 1787 à La Havane. A quatorze ans, il a confessé à son grand père sa vocation sacerdotale et son désir de pouvoir sauver des âmes. C’est aux Séminaires de San Carlos et San Ambrosio qu’il a commencé à se forger sa propre pensée, irrévérente pour les intérêts de l’époque.

A 23 ans, maigre et asthmatique, il était professeur et prêtre catholique, et célébrait des offices dans la cathédrale de La Havane. Son sacerdoce ne l’a pas empêché de rompre avec la scholastique et de plaider pour l’émancipation de Cuba du joug colonial, ainsi que pour l’abolition de l’esclavage. Il a mis son verbe lucide et culte au service de ces causes et s’est fermement opposé aux annexionnistes qui désiraient que Cuba, le jour où elle parviendrait à se libérer de la tutelle espagnole, se convertisse en une colonie nord-américaine.

Il a contribué à la naissance d’un sentiment national cubain et n’a pas hésité à considérer que le chemin de la révolution était le seul qui puisse permettre le développement de son pays. Ce sont ses thèses qui ont guidé les premiers pas de la guerre d’indépendance de Cuba contre l’Espagne, en 1868.

Valera a été député des ‘Cortes’ espagnoles en 1822 et 1823 et il y a pu expliquer noblement ses arguments, mais c’est pour cette raison qu’il a été ensuite condamné à mort par le monarque absolutiste Fernand VII et s’est vu obligé à s’exiler aux États-Unis.

Il a vécu les trente dernières années de sa vie dans ce pays, ou, comme le dirait plus tard Marti, au sein du monstre. Il a su y conjuguer la pratique du sacerdoce avec les activités révolutionnaires. Il y a, entre autres, fondé en 1824 le Journal « El Habanero » dédié à défendre la cause de l’indépendance de Cuba et qui a circulé clandestinement dans l’île.

Dans ses écrits, il a délimité les champs de la religion, de la politique et de la morale. Il a alerté clairement sur le fait que l’indépendance de sa Patrie devait échapper au danger d’annexions compromettantes et a souligné que sans liberté économique, il ne pouvait pas exister de liberté politique.

José de la Luz y Caballero – disciple et important continuateur de la pensée de son maître – a synthétisé sa pensé quand il a affirmé que Félix Valera a été le premier qui a appris à penser aux cubains.

C’est dans une petite pièce pauvrement meublée que Valera, en rendant l’âme le 25 février 1853, s’est élevé au dessus de son temps. Il est entré dans l’immortalité de la mémoire des hommes par son exemple et sa vertu.

Lors de sa visite à Cuba, en 1998, le pape Juan Pablo II a déclaré, devant ses restes conservés dans l’Aula Magna de l’Université de La Havane, qu’ « il est, par sa personne, la meilleur synthèse que l’on puisse trouver entre la foi chrétienne et la culture cubaine ».

source : cubainfo

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Fidel, un maître de l’histoire

L’Union nationale des historiens a attribué son Prix spécial au commandant en chef Fidel Castro, pour ses mérites exceptionnels comme principal acteur et analyste profond des événements survenus au cours de ce premier demi-siècle de la Révolution au pouvoir.

Un portrait de José Marti, réalisé par l’artiste Joel Jovera (Camagüey) a été remis à Abel Prieto, membre du Bureau politique et ministre de la Culture, au nom des historiens au leader de la Révolution.

A la Foire du livre, les chercheurs Jorge Ibarra, Rolando Rodriguez, Francisca Lopez Civera et Pedro Alvarez Tabio ont été récompensés du Prix national d’histoire. Cette nouvelle édition de la Foire rend hommage à Jorge Ibarra, dont les ouvrages composant sa solide production historiographique lui ont valu à plusieurs reprises le Prix de la Critique. Rolando Rodriguez, membre fondateur de l’Institut cubain du livre, a apporté une contribution importante à l’étude de nos guerres de libération. Professeure de l’Université, Francisca Lopez a un long parcours dans l’enseignement et la recherche. Quant à Alvarez Tabio, il a consacré se vie à la préservation de la pensée de Fidel et des événements historiques de la plus récente période révolutionnaire.

source : granma.cu

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FIDEL DECORE DE LA PLUS HAUTE DISTINCTION DU GUATEMALA

Le président du Guatemala, Alvaro Colom Caballero a décerné le Grand Collier de l’Ordre du Quetzal au leader de la Révolution cubaine Fidel Castro Ruz.

La plus haute distinction de ce pays de l’Amérique centrale a été remise au général d’Armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres lors d’une cérémonie solennelle au palais de la Révolution.

Le deux présidents ont pris la parole au cours de la cérémonie, à laquelle assistaient les membres distingués de la délégation invitée, ainsi que des ministres, des vice-ministres et d’autres dirigeants cubains. (Cubadebate)

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Oui à Chavez et à la continuité de la Révolution

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CARACAS, 15 février.- Avec une écrasante victoire du OUI, une large majorité des Vénézuéliens s’est prononcée pour l’amendement de la Constitution qui permet aux élus, y compris au président, de se représenter indéfiniment et d’assurer ainsi la continuité de la Révolution bolivarienne.

Après le dépouillement de 94,2% des bulletins, le OUI en faveur de la réforme constitutionnel a recueilli 54,36% des suffrages, soit une avance de 8,2% sur le NON (45,63%), selon un rapport de Tibisay Lucena, présidente du Conseil national électoral sur le résultat du référendum constitutionnel qui s’est déroulé dimanche.

Vive la Révolution vénézuélienne! Vive le socialisme!, s’est exclamé le président Chavez devant l’immense foule qui s’était rassemblée devant le balcon du Palais de Miraflores dans l’attente des résultats officiels.

«Cette victoire est aussi ta victoire, Fidel, celle du peuple cubain et de tous les peuples d’Amérique latine», a-t-il ajouté après avoir donné lecture du message du leader de la Révolution cubaine félicitant Chavez et son peuple «pour une victoire qu’il est impossible de mesurer vu sa portée».

Avec ces résultats, le peuple vénézuélien a voté le regard rivé sur 2012, année des prochaines échéances présidentielles, auxquelles les citoyens et les citoyennes exerçant un mandat électif, y compris le chef d’Etat, n’auraient pu se présenter sans la victoire électorale à l’amendement de la Constitution.

Message de Fidel à Chavez

Cher Hugo Chavez:

Toutes mes félicitations à toi et à ton peuple pour une victoire dont on ne saurait mesurer la portée.

Fidel Castro Ruz
15 février 2009•

source : granma.cu

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : L’article de Chávez

http://www.france24.com/france24Public/fr/dossiers/20071129-chavez-venezuela-referendum-reforme-revolution-socialiste-president/f24ReportHeaderParagraph/imageBig/chavez%20speech%20main_m.jpg

Mi-septembre 2006. J’étais vraiment dans un état très grave, mais aussi tout à fait conscient de ce qu’il se passait. Le Quatorzième Sommet du Mouvement des pays non alignés, au cours duquel Cuba avait été présidente, avait pris fin ces jours-là. J’avais beaucoup de difficulté à me lever et à m’asseoir à une table. C’est ainsi que j’ai reçu d’importants chefs d’État ou de gouvernement. Entre eux, le Premier ministre de l’Inde. Le visiteur au rang le plus élevé que j’avais reçu dans cette chambre d’urgence du Palais présidentiel avait été le Ghanéen Kofi Anan, Secrétaire général des Nations Unies, dont le mandat devait conclure quelques semaines après.

Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, l’une des personnalités que j’avais rencontrées, m’avait dit en me regardant droit dans les yeux : « Fidel, si tu as besoin de mon sang, tu l’auras. »

Je l’appréciais beaucoup. Il avait été ministre des Affaires étrangères de notre ami Houari Boumediene.

Bouteflika venait de son côté de souffrir une grave crise de santé qui l’avait mis au bord de la mort. On peut dire que son rétablissement a été étonnant.

Son exclamation constitua un soutien noble et désintéressé à notre cause, même si je ne m’y attendais pas parce que nous avons toujours pratiqué notre solidarité sans rien attendre en échange.

C’était là un noble geste. Quelques années avant, à Monterrey (Mexique), un méprisable traître à l’histoire de son peuple désintéressé et combatif m’avait expulsé d’un Sommet qui se déroulait dans cette ville après que je me fus adressé à mes collègues, exception faite de Bush, tout simplement parce que le chef de l’Empire l’avait averti qu’il ne foulerait pas le sol mexicain tant que j’y serais.

Juste avant mon départ, Hugo Chávez m’avait rendu visite en hâte et, indigné devant la fourberie du chef d’Etat du pays hôte, s’était écrié : « Fidel, dis-moi de combien de pétrole a besoin Cuba pour surmonter le blocus yankee ! »

Le dialogue semblait irréel. J’ai du mal à me rappeler à travers la brume de l’émotion ce que j’ai répondu exactement. Sans doute ai-je refusé son offre.

De toute façon, le destin de Cuba avait suivi son cours. Le sort de notre peuple était lié au souvenir légendaire du Che et à la pensée de Martí et de Bolívar.

Notre avenir est inséparable de ce qu’il se passera dimanche prochain quand débutera le vote pour l’adoption de l’amendement constitutionnel. Il n’existe pas d’autre solution que la victoire.

La destinée des peuples de « Notre Amérique » dépendra beaucoup de cette victoire, laquelle exercera une influence sur le reste de la planète.

Je ne saurais toutefois manquer de reconnaître l’apport d’Hugo Chávez à la littérature espagnole : l’article qu’il a publié hier, 12 février, dans sa colonne intitulée : « Las líneas de Chávez » est un document inspiré d’une qualité exceptionnelle que seuls les grands écrivains peuvent rédiger. C’est Chávez reflété corps et âme en caractères d’imprimerie, et bien peu y parviennent.

La manifestation débordante et enthousiaste d’hier est un spectacle que seule la télévision est capable de retransmettre à un nombre de personnes incalculable à travers le monde.

L’autoprovocation orchestrée contre la synagogue juive, mais finalement démasquée, est l’antithèse de l’attitude des troupes soviétiques qui prirent d’assaut en 1945 le camp de concentration d’Auschwitz et qui permirent de faire connaître au monde le sort bouleversant qu’avaient connu des millions de juifs et d’habitants des pays occupés, dont des enfants, des personnes âgées et des femmes, réduits en captivité par les nazis. Ce ne sont pas les soldats d’Eisenhower qui se battirent et versent leur sang pour les libérer.

Les injustices monstrueuses que l’impérialisme a semées sur la planète marquent la fin inexorable d’un système et d’une ère auxquels il ne peut rester beaucoup de temps. Celui-ci aussi presse. Remercions notre compatriote vénézuélien de son avertissement claironnant.

Fidel Castro Ruz

13 février 2009

23 h 30

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Le chant du cygne des riches

http://socio13.files.wordpress.com/2008/07/allende-castro.jpg

Les oligarques chiliens ont crié comme un putois à cause de la visite de la présidente Michelle Bachelet à Cuba.

Le sous-secrétaire chilien aux Relations extérieures, Alberto Van Klaveren, a affirmé que j’avais avancé dans mes Réflexions d’hier des idées strictement personnelles. Exact : elles ne prétendaient rien d’autre.

J’ai reçu la chef d’État chilienne avec le plus grand respect. Je n’ai pas utilisé un seul mot qui aurait pu blesser l’illustre visiteuse. Simple preuve de bon sens. J’estimais que c’était un devoir élémentaire de la recevoir, même si cela impliquait pour moi un effort supplémentaire compte tenu des heures passées à converser puis à écrire au sujet de notre rencontre.

J’ai choisi plusieurs photos prises par un collaborateur de l’époque où j’étais chef d’État et je les lui ai remises pour qu’elle décide de leur usage. Pour ma part, je ne les ai pas utilisées.

Pourquoi un tel esclandre oligarchique au sujet de cette rencontre ?

Pourquoi affirme-t-on, selon l’agence ANSA, que mes paroles constituent « une interprétation historique de thèmes tout à fait révolus » ?

Je n’ai d’autre engagement qu’envers la vérité historique, et l’Histoire atteste qu’en proclamant l’indépendance de la Bolivie, le Libertador de l’Amérique, Simón Bolívar, lui assigna une large bande de la côte sud-américaine donnant sur l’océan Pacifique, entre les 22e et 23e parallèles. L’Histoire atteste aussi que le désert de l’Atacama fut inclus dans le territoire de la jeune Bolivie lors de la victoire sur l’Empire espagnol.

Le guano, le nitrate, le cuivre et d’autres précieux minerais découverts plus tard faisaient partie de ce territoire. J’ai été bien modéré en affirmant qu’on ignorait si ces minerais étaient chiliens ou boliviens, une manière diplomatique de dire les choses, parce que je pense qu’en fin de compte, Bolívar avait rêvé d’une Amérique latine unie, plus grande par sa conception que par ses richesses.

De toute façon, nul ne peut ôter son éclat et sa transcendance au moment historique que signifiera après-demain l’approbation ou le rejet de l’amendement à la Constitution vénézuélienne.

Pour ma part, je serai toujours fidèle au peuple héroïque qui a sacrifié tant de vies à compter du 11 septembre 1973 pour défendre les idées immortelles du président Salvador Allende et je condamnerai jusqu’à mon dernier souffle la politique retorse d’Augusto Pinochet. L’oligarchie chilienne et les bureaucrates qui souhaitent la laver de toute responsabilité peuvent-ils en dire autant ?

Fidel Castro Ruz

13 février 2009

18 h 17

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Le ridicule à son comble

Qu’ils m’ont fait peur ! J’ai failli mourir d’effroi en lisant les déclarations de l’Union démocrate indépendante (UDI) !

Quelle chance que le Chili ne vive plus sous la férule d’Augusto Pinochet ! Lisant le chapitre douze du livre de Max Marambio, Las armas de ayer, j’ai revécu ces journées sinistres où le tyran avait ordonné de bombarder la résidence du président à Tomás Moro.

Si j’en avais les moyens, je financerai une édition massive de cet ouvrage.

Peut-être est-il sur Internet. Sinon, quel dommage.

Comme je m’amuse à observer la fureur du secteur le plus faisandé de l’oligarchie chilienne ! Certains de ses dirigeants, visitant Cuba voilà quelques années, n’avaient pas hésité à demander à me rencontrer pour me prouver à quel point ils étaient capables et sages. Étant ce qu’ils sont, je ne les avais même pas traités par le dédain.

Le dernier jour d’Allende fut extrêmement triste.

En partant pour la Monnaie autour de sept heures du matin, il n’avait pas réveillé Tencha, sa femme, qui dormait au deuxième étage avec ses filles Isabel et Beatriz, la Tati. Il pensait que la résidence de Tomás Moro était l’endroit le plus sûr pour elles. Il ne pouvait pas imaginer que les putschistes la bombarderaient.

Max Marembio, le chef des jeunes révolutionnaires triés sur le volet et bien entraînés du Groupe d’appui au président (GAP), raconte :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’institution et du pays, des avions de combat chiliens entrèrent en action pour attaquer le président qu’avait élu le peuple… et les Hawker Hunter le firent avec la dextérité qu’on acquiert à l’entraînement quand on sait qu’on ne court aucun risque de réplique de la part de l’objectif ciblé. C’est alors que les photos de la Monnaie, détruite et fumante, ont fait le tour du monde.

« …Beatriz, la Tati, portait dans son ventre dilaté le petit-fils qu’Allende ne connaîtrait jamais…

« « On bombarde à onze heure tapantes ! On va voir ce qu’on va voir ! Une fois bombardée, on l’attaque avec le Buin et l’Ecole d’infanterie. » Il avait décidé alors que les chars commenceraient l’attaque. Ils tirèrent plus de cinquante coups de canon contre la façade de l’édifice.

« Pinochet…maintenait son offre de faire sortir Allende du pays. Mettant son âme à nu, il avait toutefois ajouté un commentaire cynique : « Ensuite, mon vieux, l’avion tombe« . Son interlocuteur, l’amiral Carvajal, riait aux commentaires de Pinochet. »

Je passerai la journée du 15 à suivre les nouvelles concernant le référendum populaire qui doit accepter ou refuser le droit d’Hugo Chávez d’être réélu à la présidence de notre sœur, la République bolivarienne du Venezuela.

Je ne doute absolument pas de sa victoire.

Fidel Castro Ruz

14 février 2009

17 h 11

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Ma rencontre avec la présidente chilienne Michelle Bachelet

http://www.google.com/hostednews/afp/media/ALeqM5gp70egy7LT_lRAhfwKOU2CxcBMuQ?size=m

Peu importe ce que je puisse dire de ma rencontre amicale : des agences et des publications, reprenant cette information, parleront du vieillard, du convalescent d’une grave maladie ou utiliseront tel ou tel qualificatif visant à réduire la modeste valeur de ce que j’ai dit à ma prestigieuse interlocutrice.

Michelle a eu le mérite d’être élue président du Chili par le vote majoritaire octroyé au Parti socialiste qui l’avait présentée. C’était la première fois en Amérique latine, ces dernières années, qu’une organisation de gauche remportait la victoire sans l’appui de l’argent, des armes et de l’appareil de publicité yankees.

Qui plus est, cette distinction est revenue au Parti socialiste de Salvador Allende, cet homme qui mourut durant le bombardement aérien direct du palais de la Monnaie où il exerçait comme président constitutionnel, sans avoir demandé ni concédé une trêve : il était prêt, comme il l’avait promis, à mourir à son poste.

La trahison du sinistre chef de l’armée chilienne, qui simula tout le temps et berna tout le monde jusqu’au dernier moment, n’a pas de précédents.

Même la maison de la famille d’Allende, à Tomás Moro, fut attaquée et détruite.

Aux pires moments de cette étape-là, alors que des milliers de personnes avaient été torturées, assassinées et portées disparues, une jeune femme, Gladys Marín, dirigeait le Parti communiste chilien, forgé au fil de dizaines d’années d’efforts et de sacrifices de la classe ouvrière qui lui confia cette responsabilité.

Gladys Marín et son parti ne se trompèrent pas et soutinrent Michelle Bachelet à fond, déterminant ainsi la fin de l’influence d’Augusto Pinochet. On ne pouvait admettre que le tyran fabriqué et hissé au pouvoir par l’Empire régisse une fois de plus les destinées du Chili.

L’opinion mondiale exécrait le comportement de cet individu.

Il ne fut pourtant pas facile – et il ne l’est toujours pas – de dévider la trame légale par laquelle l’oligarchie fasciste et revancharde continue encore d’enserrer, avec l’aide yankee, la nation chilienne qui est digne d’un meilleur sort.

C’est cette même oligarchie qui, voilà plus de cent ans, durant la guerre déclenchée en 1879, arracha à la Bolivie la côte maritime qui lui donnait un large accès à l’océan Pacifique.

La Bolivie souffrit une extraordinaire humiliation historique durant cette guerre. Ce pays authentiquement américain, habité surtout d’Aymaras et de Quechuas, non seulement perdit sa côte maritime et son débouché à la mer, mais il fut aussi privé de vastes territoires très riches en cuivre où se trouvaient alors les plus grandes réserves au monde et qui, bien qu’exploités depuis cent trente ans, produisent encore aujourd’hui 5 364 000 tonnes par an et apportent à l’économie chilienne environ 18 452 000 0000 de dollars par an. On ne saurait concevoir la société moderne sans le cuivre métallique dont les cours tendent à la hausse.

Des minerais et produits naturels extrêmement utiles, certains déjà épuisés et d’autres nouveaux à des cours très élevés, sont apparus sur ces territoires. On ne sait lesquels sont chiliens et lesquels boliviens.

Evo Morales, le président bolivien, n’en garde aucune rancœur pour autant ; au contraire, il a offert son territoire pour y construire une route large et moderne par laquelle l’efficiente industrie chilienne, en plein essor grâce à ses travailleurs actifs et productifs, pourra envoyer ses produits vers de nombreux marchés du monde.

Le Chili est aussi particulièrement efficace, grâce à son climat privilégié, dans la production d’aliments nutritifs et de bois de grande qualité sur ses terres agricoles et dans ses montagnes.

Aucun pays ne le dépasse en efficacité en ce qui concerne les cultures maritimes et des produits aussi demandés que le saumon et d’autres espèces – cultivées ou naturelles – de ses riches eaux maritimes et terrestres.

Nous sommes très proche du 15 février, date du référendum sur l’amendement à la Constitution en République bolivarienne du Venezuela.

José Martí est le plus profond penseur révolutionnaire de Cuba et notre Héros national. Michelle Bachelet a, au nom de son peuple, déposé une gerbe devant sa statue de granit, et nous lui en savons gré.

Il avait écrit, voilà cent quinze ans, de Bolívar : « Ce qu’il n’a pas fait, lui, n’est toujours pas fait aujourd’hui ; Bolívar a encore à faire en Amérique. »

« Bolívar s’éveille tous les cent ans », a affirmé de son côté le grand poète chilien Pablo Neruda.

Alors qu’on fêtera bientôt le deux centième anniversaire de sa rébellion contre la métropole espagnole, Bolívar s’est éveillé dans l’action révolutionnaire de Chávez. Si le nouveau leader qui conduit un peuple combattif n’atteignait pas son objectif, tout autre que lui aurait du mal à l’atteindre. Il serait difficile de surmonter les ressources médiatiques de l’oligarchie et de l’Empire.

Que faire alors pour que cette planète cesse de ressembler à l’Enfer de Dante sur la porte d’entrée duquel un écriteau recommandait d’abandonner tout espoir ?

Je suis toutefois convaincu que la Révolution remportera la victoire au Venezuela et que l’idéal du socialisme pour lequel Salvador Allende a lutté et donné sa vie vaincra définitivement au Chili.

C’est de toutes ces questions dont j’ai causé avec Michelle Bachelet qui m’a fait l’honneur de m’écouter avec intérêt, de converser avec chaleur et de m’exprimer largement ses idées.

Je lui saurai toujours gré de sa visite amicale.

Fidel Castro Ruz

12 février 2009

17 h 12

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