C’est au coin de la rue Águila et de la rue Dragones, à un peu plus de cent mètres du fameux quartier chinois, qu’en 1909, à la fin de la seconde intervention des États-Unis à Cuba, s’était installée la Cuban Telephone Company, A l’époque, le téléphone de longue distance n’existait pas et les téléphones locaux qui avaient été installés dans quelques villes dépendaient de deux compagnies différentes, le Réseau Téléphonique de la Havane et la Havana Telephone Compagny.
C’est cette année là que le président de Cuba accorda pour un temps illimité à la Cuban Telephone Company l’autorisation d’exploiter le service local et celui de longue distance dans tout le pays. Le développement du téléphone fut tellement rapide que six ans plus tard, en 1915, un quotidien cubain informait que, rien qu’à La Havane, il y avait 10 000 lignes installées. Cela représentait une des densités les plus élevées du monde. Dès le début, la compagnie nord-américaine avait transformé le pays en un laboratoire d’essai des nouvelles technologies en conditions d’exploitation quotidienne normale. C’est ce qui a permis à la compagnie nord-américaine ITT de passer ensuite à la généralisation des techniques de pointes qui avaient été testées auparavant à Cuba. Cependant, le développement du système s’était freiné et se concentrait seulement dans les grandes villes. Le reste du pays avait été oublié.
En 1957, c’est grâce à l’appui du dictateur Fulgencio Batista, que le consortium a pu obtenir ce qu’il souhaitait : l’augmentation des tarifs téléphoniques.
Lorsque la Révolution Cubaine a triomphé, les communications de l’île étaient donc entre les mains du voisin du Nord. L’une des premières mesures prises a été l’annulation des augmentations tarifaires et, le 3 Mars 1959, le Ministère des Communications a décidé l’intervention la Cuban Telephone Company. Elle a été nationalisée le 6 Août 1960. Ce tour là, c’est un juteux négoce qui faisait naufrage.
C’est ensuite qu’a été rapidement créée l’infrastructure de liaisons téléphoniques (par onde courte et satellitaire) avec le reste du monde et spécialement avec toute l’Amérique latine et l’Europe. Il s’agissait d’échapper le plus rapidement possible à la dépendance des entreprises nord-américaines, qui monopolisaient le vital service dans le monde entier.
En 1982, on pouvait observer les résultats de la politique suivie : 158 circuits internationaux reliaient le pays avec les autres nations et le nombre de communications avait été multiplié par quatre par rapport à 1958. Les progrès technologiques ont été poursuivis jusqu’à nos jours.




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