L’ONU rend hommage à Fidel Castro et Julius Nyerere

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LE Nicaraguayen Miguel D’Escoto, président de l’Assemblée générale de l’ONU, a rendu hommage au premier président de la Tanzanie, Julius Nyerere, aujourd’hui disparu, et au leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro.

A l’occasion de la Journée mondiale de la Justice sociale, D’Escoto a relevé le rôle du grand héros de la justice sociale qu’était Julius Nyerere, qui avait, selon lui, aidé toute l’Afrique à se libérer du joug colonial et à instaurer un système social et économique centré sur l’être humain.

Le prêtre nicaraguayen a déclaré à propos de Fidel Castro qu’il était plus qu’un héros, qu’il ressemblait davantage à un saint dans le monde bouleversé qui est le nôtre, selon une dépêche de l’agence Prensa Latina.

Il a souligné au cours de la cérémonie organisée par la Commission de développement social du Conseil économique et social de l’ONU, qu’il avait une dette envers lui, mais que l’humanité elle-même avait une dette envers Fidel Castro, qui a consacré sa vie à pratiquer et à promouvoir inlassablement la solidarité avec les peuples opprimés du monde entier.

L’ex ministre des Affaires étrangères du Nicaragua pendant le premier mandat des sandinistes a aussi souligné l’irruption de nouveaux leaders, comme le président bolivien Evo Morales.

«Surmontant toutes sortes de difficultés, a-t-il affirmé, Evo Morales conduit nos peuples indigènes en Bolivie et dans le monde entier à la place qui leur revient de droit dans nos sociétés», a-t-il souligné.

D’Escoto a affirmé qu’il est impossible d’atteindre le développement, l’intégration et la justice sociale sans la paix, la sécurité, et le respect de tous les droits humains.

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Un pays écologique

Valle de Viñales, Pinar del Río, Cuba.

Depuis la campagne d’alphabétisation lancée par Fidel Castro, Cuba est devenu un territoire libre de l’analphabétisme. On peut ajouter aujourd’hui, au vu du programme écologique de l’Ile, que Cuba est également un territoire libre de la pollution.

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DISCOURS PRONNOCÉ À RIO DE JANEIRO, À LA CONFÉRÉNCE DE NATIONS UNIES SUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT, LE 12 JUIN 1992


La revue allemande GEO, spécialisée en questions de géographie et de nature, vient de gratifier Cuba du label de «pays écologique exemplaire». Malgré l’embargo des Etats-Unis (par ailleurs premier pays pollueur de la planète) visant à étouffer ce petit territoire, Cuba est un pays leader dans la protection de l’environnement.
L’importance accordée par Cuba à l’environnement apparaît dans sa Constitution : «L’État protège l’environnement et les ressources naturelles du pays, reconnaissant leurs liens avec le développement social et économique pour la survie, le bien-être et la sécurité des générations actuelles et futures… Les citoyens ont le devoir de contribuer à la protection de notre eau, et de notre atmosphère, pour conserver les sols, la flore, la faune et toutes les utilisations potentielles de la nature.» Cuba a de la nature à protéger : récifs de corail, mangroves, terres humides et marais, forêts tropicales montagneuses et savanes semi-arides. «La moitié, environ, des espèces de faune et de flore sont indigènes, et nombreuses sont celles qu’on ne trouve nulle part ailleurs», peut-on lire dans une revue du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE). En 2001, la Havane, la dynamique capitale de Cuba, a été choisie par le PNUE pour la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin.
En février 2002, la prestigieuse revue américaine, National Geographic, a publié un article sur la biodiversité marine de Cuba. L’auteur de l’article, qui a plongé dans les eaux cubaines pour son reportage, parle d’ «un royaume sous marin qui n’existe plus, ailleurs dans les Caraïbes, depuis 50 ans» et fait ressortir le contraste avec les mers avoisinantes «honteusement dévastées».  En 1959, le taux de boisement était de 14 %, avec une forte érosion du sol, une dégradation des eaux, du relief, de la végétation et une perte importante de biodiversité. A fin 2001, la surface boisée s’était, déjà, élevée à 22%, grâce à un ambitieux plan de reboisement. Elle est, aujourd’hui, de 24 % et les responsables cubains ambitionnent de la porter à 26 %, d’ici à 2010, sans compromettre le développement économique. Inutile de qualifier de «grande» la campagne de sensibilisation qui a permis d’atteindre ces progrès dans le reboisement. Les Cubains agissent, aussi, dans le cadre des efforts planétaires : le gouvernement et la société civile, qui participent à la campagne «Plantons pour la planète», du PNUE, se sont engagés à hauteur de 135 millions de plants.
Cuba sait, très bien, de quel côté se trouve le développement durable. Les preuves en sont données par une source du PNUE : «La promotion de l’agriculture biologique et urbaine, l’amélioration des méthodes de production et de l’efficacité énergétique, et l’adoption de processus industriels, plus propres, avec l’aide des organisations internationales – autant de réalisations qui ont permis au pays d’emprunter la route de la durabilité économique et environnementale, tout en conservant un taux de croissance exceptionnel de 12 % par an». Ce n’est pas tout : «Cuba entreprend, actuellement, une «révolution énergétique» qui vise à réduire l’utilisation de l’électricité, et des combustibles traditionnels non renouvelables, tout en augmentant l’efficacité énergétique. L’île remplace, progressivement, les équipements énergivores des centrales électriques, ce qui améliore l’efficacité et la capacité de celles-ci. On installe des groupes électrogènes dans les hôpitaux et dans les centres de production d’importance nationale, et des panneaux solaires dans les régions isolées. Et de nombreuses études sur l’introduction de sources d’énergie alternatives, comme l’éolienne et la biomasse, sont en cours». Le programme énergétique cubain, qui a démarré en 2005, malgré les difficultés qui découlent du blocus des Etats Unis repose, également, sur la réparation du réseau de distribution et sur le remplacement des équipements électroménagers par d’autres, à faible consommation d’électricité. En moins de trois ans, Cuba a atteint une capacité de production d’électricité bien au dessus de sa demande maxima.  En 2005, Fidel Castro a fait changer toutes les ampoules, afin de diminuer la consommation d’électricité.
Peuple instruit et organisé, notamment à travers de nombreuses associations de jeunes, les Cubains ont compris qu’ «il faut veiller sur le présent, si l’on veut avoir un avenir meilleur». Une de ces associations, ProNaturaleza, a lancé un projet universitaire pour l’étude et la conservation des tortues de mer, auquel 1 369 jeunes ont participé en dix ans. Une autre organisation, le Réseau de jeunes pour l’environnement de Cuba, a été créée en 2007 et participe, activement, à promouvoir les expériences des jeunes, à faire connaître leurs idées et coordonne les efforts dans les campagnes du PNUE, comme : Nettoyons la Terre et Plantons pour la planète. Enfin, des milliers de jardins urbains coopératifs ont été créés, sur 35 000 hectares, pour faire face au risque de crise alimentaire et au problème de l’augmentation des prix de l’alimentation, tout en développant un mouvement de réduction des importations alimentaires, et en faveur du «manger local».
Dans la lutte contre les risques naturels, Cuba est un exemple. On se rappelle que l’ouragan Gustav, qui a frappé les Caraïbes à la fin du mois d’août 2008, a provoqué la mort de plus d’une centaine de personnes, dont 11 en Jamaïque, 66 en Haïti, 8 en République dominicaine et 26 aux Etats-Unis. Cuba, qui a été terriblement touchée, a subi des dégâts matériels considérables, mais aucune perte humaine, grâce à son système de prévention articulée en phase d’information et phase d’alerte, parfaitement exécutées, en appui sur les médias, sur la discipline de la population et l’efficacité des services administratifs et techniques. La performance ressort mieux quand on souligne que l’ouragan était de catégorie 4, sur Cuba, avant de redescendre en catégorie 2 lors de son arrivée sur les côtes des Etats-Unis. Comparons : Katrina a causé la mort de 1 800 personnes en 2005, à la Nouvelle-Orléans, aux Etats Unis. Et cherchons : dans quel pays se trouve l’incurie des organismes de prévention et de secours ?

Le nouvelle république

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Rahm Emanuel

Quel nom curieux ! On le dirait espagnol, facile à prononcer, et pourtant il ne l’est pas. Je n’ai lu ni connu dans ma vie aucun élève ou compatriote qui porte ce nom parmi des dizaines de milliers.

D’où vient-il ?, pensais-je. Je ne cessais d’évoquer le plus brillant penseur allemand, Emmanuel Kant, qui a fait partie, aux côtés de Platon et d’Aristote, du trio de philosophes ayant le plus influé sur la pensée humaine. Je n’étais pas sans doute si éloigné, selon ce que j’ai su plus tard, de la philosophie de l’homme le plus proche du président des Etats-Unis, Barack Obama.

Une autre possibilité récente me conduisait à réfléchir sur ce curieux nom. Le livre récent de Germán Sánchez, notre ambassadeur au Venezuela bolivarien, s’intitule : Opération Emmanuel.

Emmanuel est le prénom de l’enfant engendré et né dans la forêt vierge colombienne où sa très digne mère, Clara Rojas González, candidate à la vice-présidence de Colombie, était tombée prisonnière de la guérilla le 23 février 2002 aux côtés d’Ingrid Betancourt qui aspirait à la présidence de ce pays frère aux élections de cette année-là.

J’avais lu avec beaucoup d’intérêt ce libre de Germán Sánchez qui a eu le privilège de participer en 2008 à la libération par les FARC, armée révolutionnaire de Colombie, de Clara Rojas et de Consuelo González, ancienne député à l’Assemblée nationale, qui était restée aux mains de la guérilla par solidarité avec Ingrid et qui l’avait accompagnée pendant six années de dure captivité.

Emmanuel, donc. Presque le nom du philosophe allemand. Cela ne m’a pas étonné : sa mère étant une avocate brillante et très cultivé, peut-être avait-elle prénommé son enfant pour cette raison. Et je me suis mis à évoquer mes année de prison en cellule solitaire où m’avait conduit ma tentative presque réussie d’occuper la seconde caserne militaire du pays, le 26 juillet 1953, et de m’emparer de milliers d’armes avec le concours d’un groupe trié sur le volet de cent vingt combattants disposés à lutter contre la tyrannie de Batista imposée par les Etats-Unis à Cuba.

Ce n’était pas là, bien entendu, le seul objectif ni la seule source d’inspiration de cette action. En tout cas, au triomphe de la Révolution dans notre pays, le 1er janvier 1959, je me souvenais encore de quelques aphorismes du philosophe allemand : « Le sage peut changer d’avis. Le sot, jamais. » Ou « Ne traite pas autrui comme un moyen d’atteindre tes fins. » Ou « Ce n’est que par l’éducation que l’homme peut devenir un homme. »

Cette grande idée a été l’un des principes proclamés dès les premiers jours de la Révolution. Obama et son conseiller n’étaient pas encore nés et n’avaient même pas été conçus.

Rahm Emanuel a vu le jour à Chicago le 29 novembre 1959. Son père était un immigrant d’origine russe. Sa mère, Martha Smulevitz, une défenseure des droits de l’homme, a été envoyée en prison à trois reprises pour ses activités.

Rahm Emanuel s’est engagé en 1991 dans l’armée israélienne comme volontaire civil durant la première guerre du Golfe déclenchée par Bush père qui utilisa des projectiles contenant de l’uranium appauvri. Ceux-ci causèrent de graves maladies aux soldats étasuniens qui participèrent à l’offensive contre la Garde républicaine iraquienne battant en retraite et à une quantité incalculable de civils.

Depuis cette guerre, il se consomme au Proche-Orient et au Moyen-Orient des quantités fabuleuses d’armements que le complexe militaro-industriel des Etats-Unis lance sur le marché.

Il semble peu probable – bien que ce soit théoriquement possible – que les racistes d’extrême droite parviennent à étancher leur soif de supériorité ethnique et assassinent Obama, comme ils l’ont fait de Martin Luther King, ce grand leader des droits de l’homme, compte tenu de la protection dont bénéficie le président depuis son élection, jour et nuit sans interruption.

Obama, Emanuel et tous les brillants politiciens et économistes qu’ils ont réunis ne suffiront pas à régler les problèmes croissants de la société capitaliste étasunienne.

Même si Kant, Platon et Aristote ressuscitaient ensemble en même temps que le brillant économiste que fut John Kenneth Galbraith, ils ne seraient pas non plus capables de résorber les contradictions antagoniques toujours plus fréquentes et plus profondes du système. Ils auraient été heureux aux temps d’Abraham Lincoln, quelqu’un que le nouveau président admire à juste titre, mais cette époque est bel et bien révolue.

Tous les autres peuples devront payer les frais du gaspillage colossal des USA et garantir avant tout, sur une planète toujours plus polluée, les postes de travail dans ce pays et les profits de ses grosses transnationales.

Fidel Castro Ruz

8 février 2009

17 h 16

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : La réponse par retour du courrier

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La réponse ne s’est pas fait attendre : à peine quelques heures. De la bouche de Rahm Emmanuel, le chef de cabinet de la Maison-Blanche. Peu importe qu’il se soit gardé de mentionner mes modestes Réflexions, l’important est la réponse.

Il a dit aux journalistes que ce qui intéressait le président Obama, c’était la communauté cubano-étasunienne. C’est la première fois que ce point était évoqué depuis son entrée en fonction. Parmi les Cubains ayant le droit de vote du fait de leurs racines, trois contre un dans l’Etat de la Floride l’ont fait en faveur du candidat démocrate. Les presque douze millions de Cubains habitant l’île ne l’intéressent pas.

Quand on lui a demandé quel était son candidat à Cuba, la personne la plus proche du président s’est dérobée : « Je crois que moins on parle de Cuba, et mieux c’est. »

« Il autorisera les voyages à Cuba des Cubano-étasuniens et les envois de fonds familiaux. »

Du droit des Étasuniens de voyager à Cuba, pas un mot.

De la Loi d’ajustement cubain et du blocus, pas un traître mot.

Ainsi, plus tôt qu’on ne pensait, la politique d’Obama perd sa virginité.

Fidel Castro Ruz

5 février 2009

19 h 02

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Le cas des Cinq: la justice de nouveau à l’épreuve

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(Roberto Pérez Betancourt)

La Cour Suprême des États Unis a maintenant entre ses mains la demande d’examen du cas des cinq cubains antiterroristes injustement jugés et condamnés dans ce pays. C’est le 30 Janvier dernier que les avocats de la défense on présenté la pétition. A la tête de ce groupe se
trouvait l’expert  Thomas C. Goldstein. Il était accompagné des prestigieux juristes Richard Klugh y Michael Krinsky, qui tous participent depuis longtemps à leur défense.

C’est pour défendre leur Patrie que Gerardo Hernández, René  González, Ramón Labañino, Antonio Guerrero y Fernando González,  réalisaient la mission d’informer les autorités cubaines des plans d’activités terroristes conçus au sud de la Floride contre Cuba et même contre les États-Unis, et c’est pour cela qu’ils ont été arrêtés et emprisonnés en Septembre  1998.


Le procès a été instruit et s’est déroulé à Miami malgré les preuves apportées par leurs avocats de l’impossibilité d’obtenir l’impartialité dans une ville où régnait un climat évident de chantage politique et économique maintenu par la Maffia d’origine cubaine installée et protégée par le propre gouvernement des États-Unis.

Après une instruction marquée par de nombreuses incorrections, en janvier 2001, le Juge Joan Lenard a émis la sentence la plus draconienne possible, malgré le manque de preuves pour l’appuyer, comme l’ont souligné de nombreux juristes internationaux de renom. Cette opinion était également celle de plusieurs des juges des instances de la cour d’appel et, en 2005, le critère du groupe de travail sur Détentions Arbitraires des Nations Unies.

René a été condamné à 15 ans de prison, Gérardo à deux condamnations à perpétuité plus 18 ans, Fernando à 19 ans de réclusion et Antonio à perpétuité plus 10 ans.

Depuis, plusieurs procédures d’appel ont donné aux défenseurs la possibilité de démontrer que les imputations étaient fausses et n’étaient guidées que par l’intention préméditée de sanctionner, mais sans le souci de se plier à la loi. Ces procédures avaient été présentées dans les formes et les délais légaux mais elles ont conduit à des conclusions contradictoires.

C’est maintenant un autre chapitre qui s’ouvre devant la plus haute instance du système judiciaire nord-américain avec la pétition de cerciorati par laquelle est demandé que soit réexaminé le cas sur la base d’une Loi Juridique du Congrès des États-Unis datée de 1891 qui concède à la Cour Suprême l’autorité et la faculté d’accepter ou de refuser de réviser certains procès.

Si cette pétition est acceptée, la Cour Suprême instruira une Cour inférieure afin qu’elle certifie et qu’elle élève le dossier qui sera alors examiné par la plus haute instance judiciaire du pays. A l’heure actuelle se font entendre les protestations de
centaines de Comités de Solidarité avec Cuba dans plus de 100 pays et l’appel réitéré d’écrivains, d’artistes, d’étudiants, de parlementaires et de congressistes du monde entier et celui de plusieurs chefs de gouvernement. La mobilisation mondiale en faveur de la libération des Cinq est  aujourd’hui plus importante que jamais.

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Réflexiones du compañero Fidel : LES CONTRADICTIONS ENTRE LA POLITIQUE D’OBAMA ET L’ÉTHIQUE

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J’ai signalé voilà quelques jours certaines idées d’Obama qui révèlent son rôle dans le cadre d’un système qui est le déni même de tout principe juste.

Certains poussent des cris d’orfraie si vous exprimez la moindre opinion critique au sujet de cet important personnage, même si vous le faites d’une manière décente et respectueuse, le tout accompagné toujours de piques, subtiles ou non, de la part de ceux qui possèdent les moyens de les divulguer et qui les convertissent en ingrédients de la terreur médiatique qu’ils imposent aux peuples pour soutenir l’insoutenable.

Ils qualifient la moindre critique de ma part, sans exception, d’attaque, d’accusation et d’autres épithètes similaires qui traduisent un manque d’égards et de politesse envers la personne à laquelle ils s’adressent.

Il me faut donc en l’occurrence poser quelques questions, parmi bien d’autres, auxquelles le nouveau président des Etats-Unis devrait répondre.

Par exemple :

Va-t-il renoncer à la prérogative qui est la sienne comme président des États-Unis et dont tous ceux qui ont occupé ce poste avant lui ont, à de rares exceptions près, fait usage comme un droit en soi : la faculté d’ordonner l’assassinat d’un adversaire politique étranger qui est toujours, d’ordinaire, d’un pays sous-développé ?

L’un ou l’autre de ses nombreux collaborateurs l’a-t-il informé un jour des actions sinistres que ses prédécesseurs, à partir d’Eisenhower, ont engagées en 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966 et 1967 contre Cuba, dont l’invasion mercenaire de Playa Girón, les campagnes de terreur, l’introduction d’armes et d’explosifs en abondance sur notre territoire et d’autres actions similaires ?

Je ne prétends pas accuser le président actuel des États-Unis, Barack Obama, des actions que ses prédécesseurs ont réalisées quand il n’était pas encore né ou quand il n’était qu’un enfant de six ans, né en Hawaii, d’un père kenyan, musulman et noir, et d’une mère étasunienne, blanche et chrétienne, ce qui constitue au contraire dans la société des USA un mérite exceptionnel que je suis le premier à reconnaître.

Le président Obama sait-il que notre pays a été, des décennies durant, victime de l’introduction de virus et de bactéries vecteurs de maladies et d’épidémies qui ont frappé des personnes, des animaux et des plantes, et que certains, comme celui de la dengue hémorragique, se sont transformés ensuite en fléaux qui ont coûté la vie à des milliers d’enfants en Amérique latine et en épidémies qui portent toujours préjudice à l’économie des peuples des Caraïbes et du reste du continent en tant que dommages collatéraux qu’on n’a pas encore pu éliminer ?

Sait-il que plusieurs pays latino-américains politiquement subordonnés ont participé à ces actions de terreur et de dégât économique, même s’ils sont maintenant honteux du mal qu’ils ont fait ?

Sait-il qu’on impose à notre peuple – cas unique au monde – une « Loi d’ajustement cubain » qui provoque, par ses visées désorganisatrices, la traite des êtres humains et engendre des épisodes qui ont coûté la vie à des personnes, surtout des femmes et des enfants ?

Estime-t-il juste qu’on applique à notre peuple un blocus économique qui dure depuis presque cinquante ans ?

Juge-t-il correct qu’on exige au monde – ce qui est arbitraire – d’accepter l’extraterritorialité de ce blocus économique qui ne peut que provoquer de la faim et des pénuries dans n’importe quel peuple ?

Les États-Unis ne peuvent satisfaire leurs besoins vitaux sans soutirer d’énormes ressources minérales dans un grand nombre de pays qui doivent se borner à les exporter dans bien des cas sans opérations de raffinage intermédiaire, une activité qui, si elle convient aux intérêts de l’Empire, est réalisée en règle générale par de grandes transnationales aux capitaux yankees.

Son pays renoncera-t-il à de tels privilèges ?

Cette mesure est-elle par hasard compatible avec le système capitaliste développé ?

Quand M. Obama promet d’investir des sommes considérables pour s’auto-approvisionner en pétrole, bien que son pays constitue aujourd’hui le plus gros marché au monde, que feront ceux dont les recettes fondamentales proviennent de l’exportation de cette énergie et dont beaucoup n’ont pas d’autres sources de revenus importantes?

Quand la concurrence et la lutte pour les marchés et les sources d’emplois se déchaîneront après chaque crise entre ceux qui monopolisent le mieux et le plus efficacement les technologies par des moyens de production sophistiqués, quelles possibilités restera-t-il aux pays non développés qui rêvent de s’industrialiser ?

Aussi économes que soient les nouvelles voitures que fabriquera l’industrie automobile, sont-ce là par hasard les solutions que réclament les écologistes pour protéger l’humanité de la dégradation croissante du climat ?

La philosophie aveugle du marché pourra-t-elle se substituer à ce que seule la rationalité pourrait promouvoir ?

Obama promet de battre monnaie en quantités énormes à la recherche de technologies qui multiplieraient la production énergétique sans laquelle les sociétés modernes se paralyseraient.

Parmi les sources d’énergie qu’il promet de développer d’une manière accélérée, il inclut les centrales nucléaires qui comptent déjà un grand nombre d’adversaires à cause des risques élevés d’accidents qu’elles impliquent avec leurs effets désastreux sur la vie, l’atmosphère et l’alimentation, d’autant qu’il est absolument impossible de garantir qu’ils ne surviendront pas.

Sans même penser à la possibilité de ces catastrophes accidentelles, l’industrie moderne a déjà pollué par ses émanations toxiques toutes les mers de la planète.

Est-il correct de promettre de concilier des intérêts si contradictoires et si antagonistes sans transgresser l’éthique ?

Pour complaire aux syndicats qui l’ont soutenu dans sa campagne, la Chambre des représentants, dominée par les démocrates, a lancé un slogan : « Achetez américain », extrêmement opportuniste, qui bafoue un principe fondamental de l’Organisation mondiale du commerce, puisque toutes les nations du monde, grandes ou petites, fondent leurs rêves de développement sur les échanges de biens et de services, même si, en règle générale, ce sont uniquement les plus importantes et les naturellement riches qui ont le privilège de survivre.

Les républicains étasuniens, frappés par le discrédit dans lequel les a fait sombrer l’administration extravagante de Bush, se sont hâtés sans crier gare de faire obstacle à l’attitude complaisante d’Obama envers ses alliés des syndicats. Voilà comment le nouveau président des Etats-Unis gaspille le capital de confiance que les électeurs lui ont octroyé.

Vieux politique et militant, je ne commets aucun péché en exposant modestement ces idées.

Je pourrais poser tous les jours des questions malaisées à répondre en me fondant sur les centaines de nouvelles de nature politique, scientifique et technologique qui arrivent dans n’importe quel pays

Fidel Castro Ruz

4 février 2009

17 h 14

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