Les dix prix Nobel qui réclament justice pour les Cinq antiterroristes

Roberto Pérez Betancourt

Les voix des dix prix Nobel qui réclament justice pour les cinq cubains antiterroristes injustement condamnés depuis plus de dix ans et actuellement emprisonnés aux États-Unis, méritent d’être entendues.

José Ramos Horta; Adolfo Pérez Esquivel, Rigoberta Menchú, José Saramago, Wole Soyinka, Zhores Alferov, Nadine Gordimer, Günter Grass, Darío Fo y Mairead C.

Maguire, ces dix prestigieuses personnalités qui ont eu, chacune d’elles dans son domaine, l’honneur de recevoir un prix Nobel, ont décidé d’agir conjointement afin d’apporter à la Cour suprême de Justice des États-Unis des arguments supplémentaires qui justifient la révision du cas de ces cinq cubains injustement emprisonnés.

C’est le sens du devoir et l’obligation moral de défendre leur patrie qui a conduit Gerardo Hernández, René González, Ramón Labañino, Antonio Guerrero y Fernando González à informer les autorités cubaines sur les activités terroristes dirigées contre Cuba et les propres États-Unis et préparées depuis le sud de la Floride, et c’est en raison de cette activité qu’ils ont été arrêtés en septembre 1998.

L’histoire de ces cinq personnes a parcouru plusieurs fois le tortueux labyrinthe des procès en appel, à la recherche de plus de justice dans les verdicts rendus, mais elle n’a pas cessé de se heurter aux obstacles crées par la volonté politique du gouvernement nord-américain, obstinément décidé à prolonger indéfiniment les mauvais traitements et la torture psychologique auxquels sont soumis les cinq prisonniers et les membres de leur famille.
Le six mars dernier, 12 documents ‘Amicus curiae brief’ (amis de la Cour) ont été présentés. Ils demandent tous la révision du procès et l’application d’une authentique justice, compte tenu du fait que, lors du premier procès qui a été réalisé, le jury était partialisé et que pendant toutes les années suivantes, la légalité a été violentée de façon réitérée.

Il s’agit là de documents qui appuient les thèses qui ont été présentées par les avocats de la défense le 30 janvier à la Cour Suprême, un organe de justice qui statistiquement ne prend en considération que 2% des cas qui luis sont présentés.

Les amis de la cour défendent l’application de la loi. Ils ne se prononcent pas sur la culpabilité on l’innocence des inculpés. Ils soulignent seulement l’importance pour la Cour Suprême de connaître les faits.

Qui sont ces dix personnes, qui toutes ont mérité un prix Nobel et actuellement unissent leurs efforts pour que justice soit faite ?

JOSÉ RAMOS HORTA, prix Nobel de la paix en 1996. Polyglotte, politique et patriote de Timor, professeur de prestigieuses universités et actuel président de Timor Leste. Il a reçu de nombreuses décorations et autres distinctions pour son travail en faveur de la paix dans son pays et dans le monde.

ADOLFO PÉREZ ESQUIVEL, argentin, architecte, diplomate et journaliste. Il a souffert de la prison pendant la période de dictature militaire dans son pays. Il a été membre du Comité exécutif de l’Assemblée Permanente des Nations Unies sur les Droits Humains. Militant reconnu de la défense des droits humains, il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1980.
RIGOBERTA MENCHÚ, guatémaltèque, d’origine paysanne, prix Nobel de la paix en 1992. Activiste sociale pour les droits civils et citoyens, elle a reçu également de nombreuses distinctions internationales.

JOSÉ SARAMAGO, portugais, prix Nobel de littérature en 1998. Auteur d’un grand nombre d’œuvres littéraires très appréciées des lecteurs. Docteur Honoris causa de 10 prestigieuses universités, il a reçu les plus importants prix littéraires concédés mondialement.
WOLE SOYINKA (Akinwande Oluwole Soyinka), le premier africain à avoir reçu un prix Nobel de littérature en 1986. Acteur et directeur de théâtre et auteur de nombreuses œuvres. Il est aussi un grand militant des droits civils.

ZHORES I. ALFEROV, biélorusse, prix Nobel de Physique en 2000, reconnu internationalement, il a reçu de nombreuses distinctions décernées par des universités du monde entier. Auteur de 14 livres, de 400 articles et de 50 inventions patentées de technologie des semi-conducteurs.

NADINE GORDIMER, écrivain sud-africaine, elle a obtenu le prix Nobel de littérature en 1991. Auteur de nombreux romans ou nouvelles d’un profond contenu social, elle est docteur Honoris Causa de 15 universités.

GÜNTER GRASS, allemand, Prix Príncipe de Asturias des lettres et Prix Nobel de littérature en 1999. Auteur prolifique d’importantes œuvres narratives et illustrateur de talent.
DARÍO FO, italien, écrivain et acteur de théâtre. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1997. Critique du capitalisme et auteur apprécié en raison de la grande versatilité de son style.

MAIREAD CORRIGAN MAGUIRE, irlandaise, activiste sociale pour la paix. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 1976 et, en 1992, le Pacem Interris, une nomination en honneur du pape Jean XXIII.

On doit voir comme un fait sans précédent que ces dix personnalités soient intervenues en faveur des Cinq. Leur aval d’intégrité morale et la reconnaissance de leur prestige scientifique et social démontrent que leur demande, qui s’unit à calle de centaines d’autres intellectuels de renom, mérite d’être entendue par des oreilles réceptives même si la grande presse continue à reste muette.

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Réflexions du compañero Fidel : La Chine dans les dépêches internationales

De mes Réflexions d’hier intitulées : « La Chine, la future grande puissance économique » et publiées dans notre presse d’aujourd’hui, la plupart des dépêches internationales ne retiennent que mes critiques aux déclarations faites par Biden à Viña del Mar. Seule EFE consacre quelques lignes en fin de dépêche au point principal de mon article. Reconnaître le rôle croissant de la Chine dans l’économie mondiale est dur à avaler pour l’Occident !

Et pourtant la grande presse ne peut que continuer de parler de la montée en puissance de la Chine sur le plan économique. Hier, 29 mars, l’agence de presse DPA signalait : « La Chine a pris les États-Unis au dépourvu en proposant audacieusement de substituer au dollar comme principale devise internationale une nouvelle « supermonnaie ». » Selon l’agence, la Chine se bat contre le pouvoir dominant des États-Unis au sein du système financier international ; sa Banque centrale juge la crise et ses conséquences dans le monde entier comme le reflet de la fragilité interne et des risques propres du système monétaire international que la Chine veut changer grâce à cette nouvelle monnaie de réserve, avançant en faveur de sa thèse que le fameux économique britannique John Maynard Keynes avait déjà proposé une monnaie mondiale dans les années 40.

Cette même dépêche informe que « la Chine aspire à un poste de directeur au FMI, un organisme dominé jusqu’ici par les États-Unis et devant, selon les prévisions du G-20, assumer les systèmes financiers nationaux. »

« Le plus grand des pays émergents, la Chine exige plus d’influence pour les pays pauvres, particulièrement frappés par la crise. »

La dépêche rappelle quelque chose de bien connu : la Chine, avec ses 740 milliards de dollars en bons du Trésor étasunien, est le plus gros créancier des USA.

N’oublions pas que l’Allemagne, siège du bureau central de la DPA, s’inquiète de l’influence ruineuse que la politique économique des États-Unis exerce sur l’Europe. Elle est de nos jours le pays industrialisé qui exporte le pourcentage le plus élevé de son Produit intérieur brut. La crise économique la frappe plus qu’aucun autre pays.

L’opinion publique internationale a le devoir et le droit d’en savoir plus sur les problèmes économiques d’une crise qui s’abat aujourd’hui sur tous les peuples du monde.

Fidel Castro Ruz

Le 30 mars 2009

13 h 20

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Chine, la future grande puissance économique

De nombreuses dépêches parlent ces jours-ci du potentiel économique de la Chine.

Hier, 28 mars, la principale agence de presse étasunienne reconnaissait :

« La Chine est la seule économie importante au monde qui continue de croître avec force.

« Critiquant pour la deuxième fois dans la semaine le leadership étasunien – poursuit la dépêche, très peu aimable à la fin du paragraphe – le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a assuré que la rapide réponse de son pays à la phase de contraction économique internationale, dont un paquet de stimulant se montant à l’équivalent de 586 milliards de dollars, prouvait la supériorité de son système politique autoritaire à parti unique. »

L’agence AP reproduit la déclaration de Zhou qu’elle dit avoir tirée du site internet de la Banque populaire de Chine :

« Les faits sont évidents et prouvent que, par comparaison à d’autres économies importantes, le gouvernement chinois a pris des mesures politiques ponctuelles solides et efficaces, ce qui démontre l’avantage de son système. »

La dépêche ajoute :

« Deux semaines avant le Sommet du Groupe des vingt pays aux économies les plus importantes (G-20), qui se tiendra le 2 avril à Londres, Zhou a pressé les autres gouvernements participants à octroyer à leurs ministres des Finances et aux banques centrales toute l’autorité requise pour pouvoir « agir avec audace et efficacité, sans avoir à passer à travers un processus d’approbation long, voire douloureux ». »

« La Chine a manifesté clairement ses aspirations : elle veut un dollar des États-Unis stable, et elle a même défendu la création d’une autre monnaie mondiale parallèle. Beijing s’oppose au protectionnisme et exige qu’on l’écoute davantage sur la façon dont on régule les systèmes financiers et dont on les sauve, tout en s’abstenant de faire la moindre promesse au sujet de nouveaux plans de sauvetage ou de stimulation chez elle. »

La dépêche signale à la fin :

« Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a invité Washington à faire en sorte que l’Union étasunienne reste « une nation crédible ».

« Autrement dit, Beijing veut que Washington évite d’encourager l’inflation par des dépenses publiques excessives sous forme de paquets de sauvetage et de stimulation. »

Comme on peut le constater, la République populaire de Chine aura une influence économique énorme au Sommet de Londres face à la crise mondiale, quelque chose de sans précédent à ce jour où les États-Unis exerçaient un pouvoir sans partage.

Sur notre continent, par ailleurs, il est amusant de voir comme l’Empire se débat du dedans, plein de problèmes et de contradictions avec les peuples latino-américains qu’il prétend continuer de dominer à jamais.

Quiconque a lu les déclarations faites à Viña del Mar par le pieux catholique Joe Biden, qui écarte toute possibilité de levée du blocus économique et soupire après une transition interne à Cuba qui ne pourrait être que carrément contre-révolutionnaire, s’étonnera : ses jérémiades font pitié, d’autant qu’il ne reste plus un seul gouvernement latino-américain et caribéen à ne pas voir dans cette mesures antédiluvienne des séquelles du passé. Que reste-t-il d’éthique dans la politique étasunienne ? Que reste-t-il de chrétien dans la pensée politique du vice-président Biden ?

Fidel Castro Ruz

Le 29 mars 2009

15 h 43

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