RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Gloire aux bons !

Notre sélection nationale de base-ball a été accueillie aux premières heures de la nuit avec tous les honneurs qu’elle mérite. Esteban Lazo et Frederich Cepeda ont pris la parole. Raúl, qui lui avait remis le drapeau national au palais de la Révolution, était là aussi.

On a remis aux membres de la délégation mes Réflexions que Granma a publiées ce matin et qui avaient été placées plus tôt sur le site CubaDebate.

J’y ai parlé de la technologie et de la discipline introduites dans le base-ball par le Japon, des efforts que consent une nation qui compte au moins 10,4 fois plus d’habitants que Cuba, tandis que la nôtre doit décompter en plus les « faibles de conscience qui se laissent acheter par nos ennemis ».

De soixante-treize Cubains qui sont allés au Mexique et à San Diego, deux pauvres diables ne sont pas rentrés.

L’un était monteur de vidéos de base-ball à la télévision nationale, Ses jérémiades reproduites par les dépêches font pitié. Son seul regret est que sa maman chérie et sa fiancée adorée n’aient pas fait le voyage avec lui. Il s’est éclipsé à peine la délégation est-elle arrivée à San Diego.

L’autre écrivait dans Juventud Rebelde sur ce même thème. Il était sorti plusieurs fois du pays, mais il a attendu la Classique mondiale pour commettre sa félonie. Il était constamment auprès de l’équipe. Il était collant. Il a disparu deux heures avant le départ pour l’aéroport.

Que l’idéologie capitaliste incube donc d’individus simulateurs et répugnants!

Ces cas servent à mettre en relief le mérite des joueurs de notre digne sélection nationale, prêts à donner leur vie pour la patrie.

Des individus pareils ne peuvent pas semer un grain de conscience, bien entendu. Combien de sottises ont-ils dû publier sur le base-ball, trompant au lieu d’orienter !

Tous ne sont pas des Bobby Salamanca ou des Eddy Martin qui ont donné tant de nobles témoignages de nos grandes victoires sportives.

Gloire à ceux qui ont consacré leur vie à bâtir l’honneur et l’amour de la patrie !

Gloire aux bons !

Fidel Castro Ruz

Le 20 mars 2009

16 h 23

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : L’importance morale de la Classique mondiale de base-ball

Lorsque la Révolution a triomphé, les Jeux olympiques concernaient des amateurs.

Quand les concepts du capitalisme développé parvinrent à s’introduire dans les Jeux olympiques, l’activité sportive se dévoya des objectifs qui avaient été les siens tout au long de l’histoire : la santé et l’éducation.

Le seul pays où elle conserva ce caractère a été Cuba qui a enregistré durant très longtemps les taux de médaille d’or par habitant les plus élevés au monde.

Ce sont nos athlètes les meilleurs et les plus dignes, ceux qui ne se corrompent pas, ni ne se vendent, ni ne trahissent leur peuple et leur patrie, qui nous représentent avec honneur aux compétitions internationales.

Les pays où de nouvelles révolutions ont éclaté, comme au Venezuela, et qui considèrent le sport comme un droit sacré du peuple, ne peuvent utiliser leurs pros dans les compétitions les plus prestigieuses, sauf autorisation des sociétés privées qui ont acquis un droit sur eux. Les sportifs sont achetés et vendus comme de vulgaires marchandises. Beaucoup d’eux sont des gens sérieux qui aiment le pays où ils sont nés, mais qui ne peuvent décider d’eux-mêmes.

Leonel Fernández, le président de la République dominicaine, se plaignait amèrement de cette situation, et l’équipe nationale a déjà été éliminée de la Classique. Chávez parle avec enthousiasme et sympathie de l’équipe vénézuélienne, mais regrette tout autant que les splendides lanceurs et frappeurs vénézuéliens des Ligues Majeures ne reçoivent pas la permission de porter les couleurs de leur pays.

Cuba possède une excellente équipe nationale, formée de joueurs de toute l’île, et chaque province se sent fière de son apport à la sélection. Sur le plan individuel, ses rivaux peuvent être aussi bons, sinon meilleurs que bien des nôtres, étant donné les ressources économiques et techniques des États-Unis, du Canada, du Japon et d’autres pays. Ce qui distingue les athlètes cubains, c’est la puissante motivation des valeurs qu’ils représentent.

Notre sélection de base-ball est sans aucun doute la meilleure qui puisse représenter actuellement notre pays, en fonction de la carrière, des qualités et des mérites de chaque joueur. Les sondages d’opinion ont prouvé que la population, sauf exceptions, était d’accord avec les choix faits.

Il faut toutefois s’en tenir aux faits réels.

La Classique mondiale de base-ball a été organisée par ceux qui gèrent l’exploitation de ce sport aux États-Unis, des gens par ailleurs astucieux, intelligents et même aussi diplomates que de besoin. Ils ne peuvent pourtant pas se passer de notre pays dans ce genre de compétition.

Ils ont donc placé les trois meilleures équipes de la Classique et des Jeux olympiques : le Japon, la Corée et Cuba, dans une même poule pour qu’elles s’éliminent entre elles. À la Première Classique, ils nous avaient placé dans le groupe latino-américain ; à la seconde, dans le groupe asiatique.

Voilà pourquoi, entre aujourd’hui et demain, à San Diego, l’une des trois sera irrémédiablement éliminée sans avoir affronté avant l’équipe des États-Unis, le pays des « Ligues majeures ». Et, à la prochaine étape, deux des trois seront mises hors de combat. Nous sommes contraints de livrer bataille et d’élaborer notre stratégie en fonction de ces aléas.

L’équipe japonaise nous a battue le 15 parce que nous avons commis sans doute des erreurs de direction, et comme San Diego est située à des milliers de kilomètres, il est presque impossible pour Cuba d’influer sur la direction de son équipe.

Même si les avis de notre population sont partagés, la grande majorité estime que la victoire de la Corée sur le Japon nous conviendrait mieux. Elle juge que l’équipe du grand pays asiatique est comme un mécanisme d’horlogerie. Vingt-trois de ses vingt-huit joueurs jouent dans le championnat national. Chacun d’eux sait ce qu’il doit faire, et la direction a analysé une par une les caractéristiques de nos joueurs.

Comme tous les Asiatiques, les joueurs possèdent une grande dose de sang-froid. C’est ainsi que le Japon nous a battus deux fois : en finale, lors de la Classique précédente, et à celle-ci, au premier match contre nous.

De son côté, la Corée a fait de gros investissements en installations et technologie. À la veille des derniers Jeux olympiques, alors que nos joueurs devaient s’adapter à un changement d’horaire total, elle s’est montrée généreuse et nous a offert gratis ses installations, mais elle en a aussi profité pour étudier en détail chacun de nos joueurs et le filmer. Elle connaît les lancers de nos lanceurs et les réponses de chacun de nos frappeurs aux lancers. Elle constitue l’adversaire principal parce que ses joueurs sont eux aussi méthodiques et ont plus de force à la frappe que les Japonais.

Malgré ces circonstances défavorables, aucune des deux équipes n’est imbattable par la nôtre. Plusieurs de nos joueurs sont des débutants. Nous avons travaillé davantage les points faibles de nos vedettes. Il est un principe inviolable : quelque soit l’adversaire de demain mercredi, on ne peut suivre aucun sentier battu.

Nous possédons aussi bien une formation de puissants frappeurs, dont presque tous – ils l’ont prouvé – peuvent frapper un coup de circuit qu’une formation de frappeurs légers, rapides et sûrs, qui, en combinaison avec les premiers, peuvent causer des difficultés considérables à l’adversaire, comme hier devant le Mexique.

Presque tous nos lanceurs sont libres pour mercredi. Il faut partir des caractéristiques de chacun d’eux, de son degré de maîtrise et de contrôle des lancers dans chaque situation concrète qui pourrait se présenter. Il est un principe inviolable : on ne peut absolument pas hésiter à remplacer sur-le-champ un lanceur qui ferait preuve d’un mauvais contrôle face aux Japonais ou aux Coréens.

Les experts chevronnés qui conseillent l’INDER doivent signaler d’avance l’ordre prioritaire dans lequel un droitier ou gaucher devra s’installer au monticule. Il peut y avoir un lanceur partant ou plusieurs qui jouent le rôle d’un excellent lanceur partant, car nous avons la matière première requise.

Il y a quelque chose que chaque joueur doit intérioriser : ne pas se décourager une seconde ; ne pas tenter de frapper désespérément chaque balle, comme cela est arrivé à certains de nos frappeurs devant le Japon.

Une mauvaise habitude s’est malheureusement instaurée dans notre pays parce que nos joueurs ont été formés comme ça : attendre le premier lancer correct dans la zone de prise, et comme les adversaires connaissent cette habitude, ils lancent tout tranquillement la première prise au centre du marbre. Il faut les contraindre à une tâche malaisée dès le début.

Nous avons un modèle à suivre dans notre équipe : la sérénité et la sécurité incroyables de Cepeda à qui je tiens à rendre hommage dans ces Réflexions pour ses exploits. Son efficacité n’a absolument pas varié à chaque présence au marbre depuis le début de la Classique. Hier, alors que nous menions par cinq points contre le Mexique, notre équipe lui en était redevable de quatre. Ce match a prouvé que nous pouvons vaincre l’adversaire.

Je salue tous les membres de l’excellente équipe qui nous représente à San Diego.

Patria o Muerte !

Venceremos!

Fidel Castro Ruz

Le 17 mars 2009

19 h 21

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Une filiale de Lactalis sanctionnée pour non respect du blocus contre Cuba.

De Vladimir MARCIAC
L’agence nord-américaine chargée de traquer ceux qui font affaire avec Cuba vient de condamner la compagnie Lactalis USA, une filiale étatsunienne du géant français Lactalis, à payer une amende de 20 950 dollars.

Selon des médias de Miami, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor des Etats-Unis a infligé cette sanction à la compagnie de fromages et produits laitiers parce qu’elle a transgressé les règlements imposés par le blocus contre Cuba. Il lui est reproché d’ « avoir effectué des transferts bancaires électroniques dans une entreprise dans laquelle Cuba ou un citoyen cubain avait des intérêts », entre le mois de février 2004 et le mois de mars 2007.

Le 16 janvier dernier, l’OFAC a publié un communiqué dans lequel il précise certains « aspects juridiques » qui durcissent encore la réglementation sur les voyages à Cuba. Ces nouvelles restrictions pénalisent les compagnies nord-américaines spécialisées dans les vols charters et dans les envois d’argent aux familles cubaines, de même que les agences de voyage.

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers n’est qu’une facette de l’énorme machine agressive mise en place par les différentes administrations nord-américaines contre Cuba. A travers cette agence, le département du Trésor peut espionner ses propres citoyens de même que tout citoyen étranger qui maintiennent des relations avec Cuba. Depuis des décennies, l’OFAC alloue des sommes considérables et une bonne partie de son personnel pour espionner, traquer et faire condamner des individus, des entreprises et des organismes qui font affaire avec Cuba. (D’après JGA pour Granma). (*)

OTAN en emporte le vent du sud.

Aux dernières nouvelles, après avoir envoyé Jack Lang à Cuba (où Raúl Castro l’a reçu, mais pas Fidel), Nicolas Sarkozy fait rentrer la France dans l’OTAN, une organisation belliqueuse commandée par les USA.

Pendant ce temps, des ministres de la Défense sud-américains, réunis le 10 mars à Santiago du Chili pour le premier Conseil de défense sud-américain (CDS), ont convenu que les Etats-Unis doivent lever le blocus économique injuste contre Cuba, imposé depuis près de 50 ans.

Le vice-président et ministre de la Défense du Venezuela, Ramon Carrizalez, a affirmé que l’ensemble de la communauté internationale condamne ce blocus ainsi que les mesures arbitraires des Etats-Unis contre l’île.

De son côté, le ministre de la Défense du Brésil, Nelson Jobim, consulté par des journalistes sur la possibilité de donner aux Etats-Unis un statut d’observateur auprès du mécanisme défensif de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), a déclaré que Washington « ne pourra voir son statut évoluer auprès de la région tant que le blocus contre Cuba sera maintenu ».

Pour le ministre uruguayen, José Bayardi, Cuba ne constitue aucune menace contre la sécurité des Etats-Unis et la politique de Washington envers Cuba est davantage déterminée par le lobby interne cubano-américain que par une analyse à froid.

Pour sa part, Walker San Miguel, ministre bolivien de la Défense, a indiqué qu’il s’agit de mesures qui affectent le peuple cubain, avant de souligner : « Nous condamnons toutes ces mesures hégémoniques. »

Abâtardissement médiatico-politique hexagonal.

Dans l’Hexagone, il n’est pas rare d’entendre les consommateurs de nos médias susurrer finement, quand la situation économique de Cuba est évoquée : « Le blocus n’explique pas tout ». Litote par laquelle ils suggèrent qu’il n’explique rien et qui les dispense de dire ce qu’il explique. On a même vu le directeur d’un hebdomadaire qui se veut sans dieu ni maître, jurer qu’il vomirait s’il serrait la main, non pas de l’assiégeant (dont il ne parle pas), mais d’un dirigeant de l’île, préférant ainsi implicitement les très catholiques dominateurs potentiels aux ex-dominés opposés au retour des missionnaires bottés.

La conclusion est tristounette : la France offre aux pays du tiers monde l’image de sa grandeur morale passée (Révolution, Front populaire, Résistance, mai 68 et même de son « non » au référendum sur l’Europe) et de l’abâtardissement présent de sa classe médiatico-politique.


(*) Note du Grand Soir : les moyens considérables mis en oeuvre pour « traquer » les fonds cubains ont même étonné des membres du Congrés US qui ont « découvert » que l’OFAC consacrait 5 fois plus de moyens en personnel à traquer les fonds cubains que les fonds de (feu) Saddam Hussein et d’Al Qaeda réunis.

EN COMPLEMENT
Sur le blocus/embargo contre Cuba : http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?rubrique6

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Historique de l’affaire des Cinq

http://www.marxisme.biz/cuba/IMG/jpg/5_CubaI_1-2-99192.jpg

Des dates qui témoignent du long combat pour la liberté face à l’acharnement politico-judiciaire des Etats-Unis

16 et 17 juin 1998 : Les responsables de la Sécurité de l’État cubaine remettent au FBI, 230 pages de documents sur les activités terroristes menées contre Cuba. Ces renseignements avaient été rassemblés par les cinq agents cubains, infiltrés dans les groupes terroristes installés en Floride, notamment à Miami, et qui depuis des années organisent, en toute impunité, des attentats, aussi bien à Cuba qu’aux Etats-Unis. Les responsables du FBI reconnaissent être impressionnés par l’abondance de preuves et annoncent qu’ils répondront dans un délai de 15 jours.

L’interminable farce judiciaire commence …

12 septembre 1998 : Les 5 sont arrêtés par le FBI. Ce dernier informe immédiatement Ileana Ros Lehtinen et Lincoln Diaz Balart, représentant de la contre-révolution au Congrès étasunien, que des « espions cubains » ont été arrêtés.

12 septembre 1998 : Les Cubains arrêtés sont emprisonnés dans des cellules disciplinaires. Ils passent 17 jours menottes au dos et sont soumis à des interrogatoires prolongés.

15 septembre 1998 : Le FBI les accuse de conspiration et d’être des agents étrangers. La juge Lenard refuse pour la première fois de déplacer le procès hors de Miami.

29 septembre 1998 : Les Cinq sont emmenés dans des Unités spéciales d’isolement (connues en jargon pénitentiaire comme « le trou »). Ils y resteront jusqu’au 3 février 2000. Les autorités rejettent plusieurs requêtes des avocats sur leurs conditions de détention injustes.

2 octobre 1998 : L’accusation officielle est présentée devant un jury fédéral. Ils sont accusés d’espionnage, sans droit à la liberté sous caution, en attente de jugement.

7 mai 1999 : Après une violente campagne de presse à Miami, le Ministère public présente un second rapport et ajoute, contre Gerardo Hernandez, l’accusation de « conspiration en vue de commettre un assassinat ». Elle est liée à l’affaire des avionnettes de l’organisation terroriste « Hermanos Al Rescate » (Frères à la Rescousse). Ces dernières avaient été détruites en vol le 24 février 1996 par le gouvernement cubain alors qu’elles violaient une fois de plus l’espace aérien cubain, et après avoir été averti par les autorités cubaines du danger encouru en cas de nouvelle violation.

Octobre 2000 : Olga Salanueva, épouse de René Gonzalez est arrêtée sans preuve alors qu’elle est mère d’un bébé né aux Etats-Unis. Elle fait l’objet de pressions très dures, de menaces de voir ses enfants confiés à l’assistance publique, pour l’amener à déclarer contre son mari.

6 décembre 2000 : Le procès commence, il aura 103 séances et il durera 7 mois.

Fin 2000 : Olga Salanueva est expulsée vers Cuba.

Janvier 2001 : La presse anti-cubaine de Miami qualifie le procès de « plus grand procès d’espions de l’histoire de la Floride ».

4 juin 2001 : Le jury commence à se réunir.

8 juin 2001 : Le jury déclare les Cinq coupables, sans formuler aucune question.

17 juin 2001 : Les Cinq adressent au peuple des États-Unis un message expliquant leur lutte contre le terrorisme visant Cuba. En représailles, ils sont de nouveau isolés en cellules disciplinaires.

10 décembre 2001 : Les séances d’annonce du verdict commencent. Le Procureur requiert des peines plus lourdes que celles prévues dans « le guide des peines » des Etats-Unis.

Avril 2002 : Premières visites de proches aux Cinq. Le visa est refusé à l’épouse de René.

25 Juillet 2002 : Malgré le visa qui lui a été accordé, Adriana, épouse de Gerardo est arrêtée à son arrivée à Houston. Accusée d’être entrée illégalement aux États-Unis, elle est expulsée.

12 novembre 2002 : Leonard Weinglass, avocat étasunien, présente une requête pour un nouveau procès hors de Miami en la basant sur des éléments nouveaux. La demande de levée du secret sur les « preuves » présentées au tribunal est réitérée.

Janvier 2003 : La présentation des documents de la défense à la Cour d’appel d’Atlanta est fixée au 7 avril.

Janvier 2003 : Certains proches des Cinq sont autorisés à leur rendre visite. Le visa est de nouveau refusé aux femmes de René et de Gerardo.

10 février 2003 : la Juge Lenard rejette la requête Weinglass et la levée du secret sur les « preuves ».

28 février – 2 avril 2003 : Les Cinq sont de nouveau mis en cellules disciplinaires. Gerardo dans un réduit appelé « la cage ». Tout contact leur est interdit, même avec leurs avocats.

7 avril 2003 : Les avocats de Gerardo, Fernando, Ramon et René présentent leurs dossiers d’appel devant la Cour d’Atlanta.

7 mai 2003 : L’avocat de Gerardo, auquel un mois de délai avait été accordé, présente le dossier d’appel à la Cour d’Atlanta.

mai 2003 : Le tribunal rejette le document des « Amis de la Cour » portant sur l’histoire du terrorisme contre Cuba.

novembre 2003 : Nouveau refus de visas à Adriana, épouse de Gerardo et Olga, épouse de René.

24 février 2004 : Les 3 juges chargés de l’appel sont désignés par la Cour d’Atlanta. Ce sont Stanley Birch, Phyllis Kravitch et James Oakes.

10 mars 2004 : L’audience d’appel se déroule à Miami.

20 juillet 2005 : Le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires se prononce à Genève contre l’emprisonnement des Cinq.

9 août 2005 : La Cour d’Appel d’Atlanta annule le verdict prononcé par le tribunal de Miami et accorde un nouveau procès aux Cinq. Peu de temps après, Alberto Gonzáles, Procureur général des Etats-Unis, interjette appel de la décision des juges et renvoie le procès devant la Cour d’appel d’Atlanta, mais cette fois en plénière, c’est-à-dire devant les 12 juges.

9 août 2006 : La cour plénière d’Atlanta rejette le jugement d’août 2005, et par 10 voix contre 2, ratifie le jugement de Miami : la requête de nouveau jugement est rejetée. Elle renvoie de nouveau les Cinq devant la Cour d’appel – les 3 premiers juges du 11ème Circuit d’Atlanta. – pour juger les points qui n’avaient pas été jugés lors du premier appel.

20 août 2007 : Pour la 3ème fois, l’affaire des Cinq est présentée devant les juges.

5 juin 2008 : Le panel des 3 juges du 11ème Circuit d’Atlanta confirme les condamnations des Cinq, mais ordonne la révision des condamnations de 3 d’entre eux.

- Les peines de Ramon Labañino, de Fernando Gonzalez, d’Antonio Guerrero, sont annulées et ils sont renvoyés devant la Cour de Miami pour être rejugés par la même juge qui les a condamnés en 2001.

- Les peines de Gerardo Hernandez et de René Gonzalez sont confirmées.

30 janvier 2009 : Les avocats présentent l’affaire des Cinq devant la Cour suprême des Etats-Unis. Celle-ci devra décider si elle accepte ou non d’entendre l’affaire. La Cour suprême n’est pas obligée d’entendre une affaire. En fait, elle accepte moins de 2 % des cas qui lui sont présentés.

Gerardo Hernández Nordelo 2 peines à perpétuité plus 15 ans
Ramón Labañino Salazar 1 peine à perpétuité plus 18 ans
Antonio Guerrero Rodríguez 1 peine à perpétuité plus 10 ans
Fernando González Llort 19 ans
René González Sehwerert 15 ans

Acharnement contre les familles

- Olga Salanueva, épouse de René Gonzalez, l’a vu pour la dernière fois la veille de son procès en 2000. Sa fille, âgée aujourd’hui de 10 ans, l’a vu pour la première fois à l’âge de 8 ans.

- Adriana Perez, épouse de Gerardo Hernandez, Adriana Perez n’a pas été autorisée à voir son mari, Gerardo Hernández, depuis son arrestation en 1998.

Elles seraient un danger pour la sécurité du pays…

Les autres membres des familles doivent attendre des mois avant d’obtenir un visa, si bien qu’en 10 ans, les Cinq ont reçu moins d’une visite par an.

A plusieurs reprises, Amnesty International a dénoncé le refus des États-Unis d’accorder des visas aux épouses de René González et Gerardo Hernández afin qu’elles puissent rendre visite à leurs maris emprisonnés.

Appel du 17 janvier 2007 : Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités américaines à revoir leur décision de ne pas accorder de visa temporaire aux épouses de deux des cinq Cubains purgeant de longues peines de prison aux États-Unis et, en l’absence de preuve raisonnable et irréfutable justifiant ce refus, d’accorder aux deux femmes un visa temporaire pour leur permettre de rendre visite à leurs époux incarcérés aux États-Unis. […]Depuis 2002, le gouvernement américain refuse d’accorder aux deux épouses des visas temporaires, évoquant différentes raisons liées au terrorisme, à l’espionnage et aux questions de sécurité nationale. Pourtant, aucune des deux femmes n’a été inculpée pour quelque affaire de ce genre et leurs maris n’ont pas non plus été inculpés ni reconnus coupables de terrorisme.[…]… l’organisation a évoqué la question avec les autorités américaines à plusieurs reprises depuis 2002, considérant que priver les deux hommes des visites de leur épouse (et pour l’un deux de son enfant) constitue une mesure punitive excessive, contraire aux normes relatives au traitement humain des prisonniers et contraire aux obligations des États de protéger la vie de famille. L’organisation considère que cette privation est particulièrement sévère compte tenu de la durée de la peine infligée aux deux hommes (René González a été condamné à quinze années d’emprisonnement et Gerardo Hernández à la prison à perpétuité) et du fait des interrogations qui subsistent quant à l’équité de leurs condamnations.

La solidarité… plus déterminée que jamais

6 mars 2009 : Douze documents d’Amis de la Cour (amici curiae brief) en faveur de la requête déposée le 30 janvier par la défense des Cinq, en vue d’obtenir une révision de l’affaire ont été présentés devant la Cour suprême des Etats-Unis.

Fait sans précédent : il s’agit-là du plus grand nombre de mémoires d’amici curiae présenté devant la Cour suprême des Etats-Unis sollicitant le réexamen d’une décision pénale.

Plus de 350 comités de soutien dans le monde entier, des milliers de personnes, du simple citoyen, défenseur de la justice et des droits de l’Homme aux intellectuels, aux hommes politiques, et aux prix Nobel, exigent la libération des Cinq…et seront au rendez-vous lors de leur retour auprès de leurs familles à Cuba.


Gloria Gonzalez Justo
Pour le Comité Libérez les Cinq
liberezlescinq@gmail.com

Pour en savoir plus
http://www.freeforfive.org/fr/home.html

Contre l’oubli, pour la libération des 5, chaque mois, Rassemblement de Solidarité avec les 5

1er Rendez-vous : Vendredi 20 Mars 2009 de 18H à 20H,

Place de la Fontaine des Innocents, à Paris

Métro Chatelet – RER Chatelet Les Halles

premiers signataires : Alba France ; Cercle Bolivarien de Paris, Club Valmy, Cuba Si France, Droit et solidarité, France Cuba, MRAP, Racines Cubaines..

plus de détails ici

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D’autres nouvelles sur les angoisses du capitalisme : Réflexions du compañero Fidel

J’ai lu aujourd’hui les dépêches du 11 mars. Les informations sur la crise économique internationale continuent de pleuvoir.

Cette fois-ci, c’est le Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, un économiste de renom très cité par la presse et les milieux universitaires, qui s’est prononcé hier à Sao Paulo (Brésil). Il a affirmé selon l’Agence France Presse :

« Le paquet » de sauvetage économique du président Barack Obama, plus de 700 milliards de dollars, est « bien mieux que la réponse de Bush en 2008″, mais « il n’est pas suffisant et la crise empirera ».

« « Nous devons voir les choses en perspective. Bush était paralysé et les choses empiraient de jour en jour, mais il ne faisait rien. »

« Stiglitz a rappelé que « de nombreux pays émergents sont devenus des victimes innocentes de la crise. L’ironie, c’est que tandis que l’administration étasunienne donnait des leçons sur les règles et les institutions dans les pays émergents, ses politiques étaient un échec total ».

« « Voilà pourquoi la crise est aujourd’hui sévère dans tout le monde et que des pays comme le Brésil vont souffrir pour de bon », a affirmé Stiglitz au journal qui l’a consulté sur la chute – divulguée mardi – de 3,6 p. 100 de l’économie brésilienne au quatrième trimestre de l’an dernier, la plus forte depuis 1996.

« Il a aussi alerté que malgré « l’existence d’un accord global pour ne pas recourir au protectionnisme », de nombreux paquets de secours « sont sous-tendus par des mesures protectionnistes et ceux qui souffriront le plus seront les pays en développement ». »

Selon l’agence Reuters,

« Severstal, la plus grande compagnie sidérurgique russe, a annoncé mercredi qu’elle envisageait de supprimer de 9 000 à 9 500 emplois dans les aciéries du pays, en réponse à la faible demande mondiale, et qu’elle procéderait aussi à des licenciements dans ses mines de charbon et de minerai de fer.

« Les usines sidérurgiques russes ont imité leurs rivaux d’autres pays, réduisant leur production au quatrième trimestre, bien qu’elles aient évité à ce jour de recourir à des licenciements massifs compte tenu la nature politiquement sensible de cette mesure.

« « Elles envisagent aussi des réductions d’emplois supplémentaires dans leurs gisements de charbon et de minerai de fer en Russie », a dit Mordashov.

« Severstal a réduit sa production dans plusieurs usines de Russie, d’Italie et des Etats-Unis ces derniers mois à cause de la diminution de la demande d’acier. Elle a signalé en février que sa production d’acier brut du quatrième trimestre avait diminué de 48 p. 100 par rapport à la période antérieure.

Cette même agence informe dans une dépêche en provenance de Dar es- Salaam :

« « La Chine peut sortir le monde de la crise économique grâce à ses réserves internationales en bonne santé, son grand excédent commercial et ses investissements massifs par le monde », a affirmé un conseiller du Secrétaire général des Nations Unies.

« À ce jour, la Chine a mieux supporté les turbulences économiques que l’Europe ou les États-Unis, bien que la chute de ces deux dernières économies ait beaucoup nui à son secteur exportateur, provoquant des fermetures d’usines et des pertes d’emplois.

« « J’espère que la Chine pourra faire sortir le monde de cette crise », a dit Jeffrey Sachs, conseiller du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans une interview à Reuters mardi après-midi.

« La Chine n’avait pas une bulle aussi grande que les États-Unis ou l’Europe. La Chine a de grandes quantités de réserves en devises, un grand excédent commercial, beaucoup d’investissements. La Chine a les moyens de lancer d’abord la récupération. Si cela réussit cette année-ci, cela s’étendrait à d’autres économies.

« La Chine, la troisième économie mondiale, gère normalement un excédent de compte courant, grâce à de vaste exportations et à des importations relativement limitées.

« L’information économique connue le mercredi a montré que les exportations chinoises ont accusé le coup en février parce que le pays n’a pas été épargné par l’impact de la crise financière mondiale, mais que la dépense de capital s’est accélérée avec l’aide du paquet de stimulation massif du gouvernement.

« Le pays détient près de deux billions de dollars de réserves. Son excédent de compte courant était de 440 milliards de dollars fin 2008, soit 20 p. 100 de plus que l’an dernier, selon des statistiques officielles.

« L’ONU a affirmé qu’il faudrait 72 milliards de dollars pour aider l’Afrique, une fraction à peine de ce que les gouvernements européens et étasunien ont dégagé pour ressusciter leurs économies.

Aucun espoir pour les pays du Tiers-monde ne provient de New York ou de Washington.

Fidel Castro Ruz

Le 12 mars 2009

10 h 14

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Barack Obama et les sanctions économiques contre Cuba

Salim Lamrani

Depuis son intronisation à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, occupé par de multiples dossiers, n’a toujours pas effectué de geste en direction de Cuba, malgré ses promesses de campagne de mettre un terme aux sanctions économiques imposées par son prédécesseur George W. Bush en mai 2004. Celles-ci limitent drastiquement les visites des émigrés cubains vers leur pays d’origine à 14 jours tous les trois ans et réduisent l’aide financière familiale à 100 dollars par mois, dans le meilleur des cas1.

Un rapport bipartite du Congrès étasunien, rendu public le 23 février 2009, intitulé « Changer la politique à l’égard de Cuba en faveur de l’intérêt national des Etats-Unis », recommande au président d’entreprendre « un premier pas unilatéral » à l’égard de La Havane, avant le prochain Sommet des Amériques du 17 avril 2009. Selon le congressiste de l’Indiana Richard Lugar, promoteur du rapport de 25 pages, ce geste consisterait, dans un premier temps, à éliminer les sanctions de 2004, un simple ordre exécutif étant nécessaire à cela2.

« Un tel geste pourrait signaler un important changement et favoriserait un climat de bonne volonté à l’égard des Etats-Unis de la part des pays latino-américains, tout comme la coopération régionale que le gouvernement étasunien recherche dans plusieurs domaines », souligne le document3.

En effet, les sanctions économiques imposées de manière unilatérale par Washington depuis juillet 1960 sont unanimement rejetées par la communauté internationale. Le 29 octobre 2008, pour la 17ème année consécutive, 185 pays sur les 192 que compte l’Assemblée générale des Nations unies se sont prononcés pour la levée de cet état de siège qui affecte toutes les catégories de la population cubaine. En effet, les sanctions étasuniennes sont le principal obstacle au développement économique de Cuba. Elles ont coûté 93 milliards de dollars à l’économie cubaine depuis leur entrée en vigueur et 3,7 milliards rien que pour l’année 2007. L’opinion publique étasunienne et le monde des affaires sont également opposés à l’actuelle politique de la Maison-Blanche en raison de son caractère obsolète, cruel et inefficace4.

Par ailleurs, lors de la réunion historique du 16 décembre 2008 qui a intégré Cuba au Groupe de Río au Brésil, les 33 nations latino-américaines et caribéennes ont réitéré avec vigueur leur condamnation des sanctions contre Cuba5. Les visites à Cuba de Cristina Kirchner, Michelle Bachelet, Rafael Correa, Alvaro Colom, Hugo Chávez, José Manuel Zelaya Rosales et Leonel Fernández Reina respectivement présidents de l’Argentine, du Chili, de l’Equateur, du Guatemala, du Venezuela, du Honduras et de République dominicaine depuis le début de l’année 2009 illustrent la solidarité continentale à l’égard de La Havane, réalité que la Maison-blanche ne peut se permettre d’ignorer6.

Même le discipliné et fidèle secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) José Miguel Insulza, allié de Washington, a fait part de son souhait de voir le gouvernement Obama mettre un terme aux sanctions économiques contre Cuba. « J’aimerais que l’embargo contre Cuba soit rapidement éliminé », a-t-il déclaré7.

De la même manière, en février 2009, le colonel Glenn Alex Crowther, éminente personnalité militaire et professeur d’affaires de sécurité nationale à l’Institut d’études stratégiques (SSI), entité appartenant au célèbre Collège de Guerre des Etats-Unis, s’est également prononcé contre les sanctions économiques dans le bulletin officiel du SSI. Il a exhorté le gouvernement Obama à changer de polítique dans une réflexion intitulée « Dites au revoir à l’embargo ». Selon lui, « lever l’embargo pourrait envoyer un signal fort à la communauté internationale démontrant que les Etats-Unis sont magnanimes et inclusifs ; le maintenir nous fait paraître mesquins et vindicatifs ». Par ailleurs, « nous ne pouvons convaincre personne que Cuba est une menace pour les Etats-Unis ni démontrer au niveau international que le maintien de la même politique aura un impact positif8 ».

Récemment, plusieurs centres politiques, économiques et intellectuels influents tels que la Brookings Institution, le Council on Foreign Relations, l’Inter-American Dialogue et la New America Foundation, entre autres, ont également exprimé leur rejet de l’actuelle politique étasunienne à l’égard de Cuba9.

Le rapport bipartite propose également que le Congrès se charge de lever l’interdiction de voyager qui pèse sur les citoyens étasuniens et mette ainsi terme à une situation absurde et illégale qui leur permet de se rendre en Corée du Nord, en Chine et au Vietnam, mais pas à Cuba10. Des estimations prévoient la visite d’un million de touristes étasuniens dès la première année, qui génèreraient des revenus à hauteur d’un milliard de dollars. Ces ressources permettraient aux autorités de résoudre une grande partie des problèmes actuels, notamment dans le domaine du transport et du logement11.

Au début du mois de février 2009, un autre groupe bipartite mené par le représentant démocrate William Delahunt du Massachussetts a également présenté un projet de loi en ce sens, demandant l’annulation de l’interdiction de voyage pour les ressortissants étasuniens12.

Richard Lugar est le républicain de plus haut rang du Comité des Affaires étrangères du Sénat et il est réputé pour être un farouche critique du gouvernement cubain. Mais, lucide, il a appelé à un changement radical de stratégie à l’égard de La Havane, conscient de l’échec subi par les Etats-Unis, à tous les niveaux, dans sa politique à l’égard de l’île des Caraïbes. « Nous devons reconnaître l’inefficacité de notre politique actuelle et traiter avec le régime cubain d’une façon qui renforce les intérêts américains », a-t-il admis13.

Lugar propose également d’éliminer les restrictions de mouvement imposées aux diplomates cubains sur le territoire étasunien et de reprendre les conversations bilatérales sur les thèmes migratoires et la lutte contre le narcotrafic, interrompues unilatéralement par l’administration Bush. Le rapport souligne également la nécessité de supprimer les conditions draconiennes imposées à La Havane pour l’achat de produits alimentaires (paiement effectif et à l’avance) qui réduit singulièrement les possibilités d’acquisition, et de permettre le financement privé pour les transactions commerciales. Le congressiste républicain suggère également d’élargir la liste des produits que les Cubains peuvent acquérir aux Etats-Unis en incluant les médicaments, les équipements médicaux, le matériel agricole et le matériel de construction. Le document évoque également la possibilité d’achter des produits biotechnologiques à Cuba, un des leaders mondiaux dans ce domaine14.

Le projet de Lugar est intéressant car il s’agit sans nul doute de l’une des approches les plus réalistes et constructives présentées au Congrès. L’administration Obama ferait preuve de sagacité en suivant les pistes élaborées par le document, illustrant ainsi auprès de la communauté internationale sa volonté de résoudre le différend historique entre les deux nations.

Le 25 février 2009, devançant Barack Obama, la Chambre des représentants a approuvé, à 245 voix pour et 178 contre, un projet de loi budgétaire qui permettra aux Cubains des Etats-Unis de se rendre dans leur pays d’origine une fois par an, annulant ainsi les restrictions de Bush. Cette législation doit encore être avalisée par le Sénat et ratifiée par le président. Cependant, si elle était adoptée, cette mesure ne serait valable que jusqu’au mois d’octobre 2009, date à laquelle entrera le nouveau budget pour 2010. C’est la raison pour laquelle un décret présidentiel est nécessaire car il lui donnerait un caractère plus permanent15.

Du côté de La Havane, le gouvernement a toujours été disposé à résoudre le conflit avec les Etats-Unis à partir d’une base de respect mutuel, de réciprocité et de non-ingérence dans les affaires internes. Fidel Castro avait, en tant que dirigeant du pays, tendu à maintes reprises un rameau d’olivier à la Maison-Blanche, se heurtant à chaque fois à un refus obstiné. Le gouvernement de Raúl Castro en a fait de même et a tendu une main fraternelle à Washington lors de multiples occasions, aussi bien à l’administration Bush qu’à celle d’Obama, sans obtenir de réponse16.

Ainsi, en janvier 2009, Raúl Castro a tenu des propos élogieux à l’égard du premier président noir des Etats-Unis, soulignant ses traits « d’homme bon » et lui souhaitant « bonne chance » dans ses nouvelles fonctions. Il a réitéré sa disposition au dialogue « sans intermédiaires » et avec des « conditions égales17 ». De son côté, le président de l’Assemblée nationale cubaine Ricardo Alarcón a salué les idées « intéressantes » et les qualités oratoires d’Obama18.

L’administration Obama a l’obligation politique, stratégique et morale de mettre un terme au châtiment économique imposé à la population cubaine. Si elle veut incarner aux yeux du monde une rupture avec la politique désastreuse de son prédécesseur, si elle souhaite faire preuve de moins de dédain et d’arrogance à l’égard de l’Amérique latine, il est impératif de mettre un terme définitif au harcèlement contre le peuple cubain. Celui-ci, sans oublier le passé, lui tendra alors une main amicale et réconciliatrice.

Notes

1 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004).

2 Richard Lugar, http://lugar.senate.gov/sfrc/pdf/Cuba.pdf ; Anne Flaherty, « EEUU debe replantear su embargo a Cuba dice senador republicano », The Associated Press, 23 février 2009 ; Wilfredo Cancio Isla, « Informe del Senado pide levantar prohibición de viajes a Cuba antes de abril », El Nuevo Herald, 23 février 2009.

3 Ibid.

4 Edith M. Lederer, « UN Again Urges US to Lift Embargo Against Cuba », The Associated Press, 29 octobre 2008.

5 The Associated Press, « Latam Summit: New Independence, End Embargo », 17 décembre 2008.

6 El Nuevo Herald, « Colom ofrece disculpas a Cuba por invasión de Bahía de Cochinos », 18 février 2009.

7 EFE, « Insulza espera que Obama levante el embargo a Cuba », 20 janvier 2009.

8 Glenn Alex Crowther, « Kiss the Embargo Good Bye », Strategic Studies Institute, février 2009. www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB906.pdf (site consulté le 26 février 2009).

9 Wilfredo Cancio Isla, « Recomiendan a EEUU buscar ‘acuerdo constructivo’ con Cuba », El Nuevo Herald, 26 février 2009 ; David Brooks, « El embargo a Cuba, un fracaso, afirma el senador republicano Lugar », La Jornada, 24 février 2009.

10 Richard Lugar, op. cit.

11 Wilfredo Cancio Isla, « Informe del Senado pide levantar prohibición de viajes a Cuba antes de abril », op. cit.

12 Ibid.

13 Richard Lugar, op. cit.

14 Ibid.

15 El Nuevo Herald, « Cámara aprueba proyecto de ley que flexibilizaría viajes a Cuba », 25 février 2009.

16 Edith M. Lederer, « Cuba Expects New US President to Lift Embargo », The Associated Press, 30 octobre 2008.

17 Agence France Presse, « Raúl Castro desea ‘suerte’ a Obama y dice que le ‘parece un buen hombre’ », 21 janvier 2009.

18 Agence France Presse, « Alarcón dice que el discurso de Obama es ‘interesante’, pero deja dudas », 20 janvier 2009.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Les angoisses du capitalisme développé

Lundi dernier, 9 mars, a été comme tous les autres : une merveilleuse journée où le capitalisme développé  qui se débat dans une crise incurable a étalé toutes ses contradictions

L’agence de presse britannique Reuters, en rien suspecte d’anticapitalisme, publie ce jour-là :

« La croissance de l’Amérique latine sera sensiblement inférieure cette année, à cause d’une forte décélération, voire de la récession dans quelques-unes de ses  principales économies, après des années de prospérité provenant de la hausse des cours des matières premières.

« Bien que la Banque interaméricaine de développement (BID) ne fasse pas de prévisions, Lora, un de ses économistes, a signalé : « Plus personne ne dit que la région enregistrera une croissance de plus de 1 p. 100 (cette année). Au contraire, les dernières prévisions font état de chutes dans pratiquement toutes les grandes économies latino-américaines. Et quand on voit ces prévisions, on comprend pourquoi toutes les grandes économies chutent ».

« Fortement touchée par la crise financière mondiale qui a réduit la demande de ses exportations, la région ne connaîtra pas une récupération rapide, a signalé Lora.

«  »La crise ne va pas durer un ou deux ans ; pour certains pays latino-américains, elle peut durer bien plus », a affirmé Lora qui cite une enquête menée par le BID auprès de leaders d’opinion et selon laquelle une forte majorité prévoit une stagnation ou une chute du revenu régional par habitant dans les quatre prochaines années. »

Ce même jour, l’agence espagnole EFE informe :

« La production de cocaïne qui s’est étendue à plusieurs pays latino-américains a déclenché une vague de violence et de déplacement de populations telle que certains réclament une approche militaire pour faire face au trafic de drogues, affirme aujourd’hui le journal britannique The Guardian.

« Cette industrie qui engendre des profits se montant à des milliards de dollars a contraint de nombreux agriculteurs à abandonner leurs terres, a déclenché des guerres entre gangs et a corrompu les institutions de l’État, affirme le journal.

« Rien qu’au Mexique, 6 000 personnes sont mortes l’an dernier à cause de ce genre d’activités, et la violence se déplace vers le Nord, autrement dit vers les États-Unis eux-mêmes.

« Parallèlement, la nouvelle route du narcotrafic entre l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest s’est développée si vite que le couloir, à 10º de latitude, qui unit les deux continent a été baptisé l’ « autoroute 10″.

« Presque tous les gens interviewés par le journal sont d’accord que la demande insatiable de cocaïne en Europe et en Amérique du Nord a fait échouer les efforts, conduits par les USA, pour juguler l’offre et a causé de gros préjudices à l’Amérique latine.

«  »Nous croyons que la guerre contre les drogues a été un échec parce qu’elle n’a atteint aucun de ses objectifs », a déclaré au journal l’ancien président colombien César Gaviria, aujourd’hui coprésident de la Commission latino-américaine pour les drogues et la démocratie.

« Selon Gaviria, « les politiques de prohibition basées sur l’élimination, l’interdiction et la criminalisation n’ont pas donné les fruits escomptés. Nous sommes plus loin que jamais de l’objectif d’éliminer les drogues ».

« La stratégie des États-Unis en Colombie et au Pérou, consistant à lutter contre la matière première, n’a pas marché, reconnaît de son côté le colonel René Sanabria, chef de la police antidrogues bolivienne.

« La Brookings Institution, des USA, dans un rapport, et  Jeffrey Miron, économiste de Harvard, dans une étude indépendante appuyée par cinq cents collègues, ont rejoint le chœur de ceux qui réclament une modification de l’approche. »

L’AFP affirme pour sa part :

« Le président mexicain, Felipe Calderón, a demandé lundi aux États-Unis d’assumer « dans les faits » leur part de responsabilité dans la lutte contre le trafic de drogues qui se concentre surtout à la frontière commune.

«  »Au nom des centaines de policiers mexicains abattus, il est essentiel que les États-Unis assument dans les faits la part de responsabilités qui leur correspond dans cette lutte contre le trafic de drogues », a affirmé Calderón au cours d’une conférence de presse avec le président français, Nicolas Sarkozy, qui réalise une visite officielle au Mexique.

« Calderón a aussi demandé à Washington de partager les informations sur les agissements des narcotrafiquants aux États-Unis, le pays qui constitue le plus gros marché de consommation de cocaïne au monde et qui est alimenté par les cartels de son voisin du Sud.

«  »Si les services de renseignement ou les organismes policiers ou militaires spécialisés des USA ont des informations sur des criminels mexicains chez eux, nous les voulons », a dit Calderón aux journalistes après une réunion avec Sarkozy au Palais national.

« Le gouvernement mexicain a déployé trente-six mille soldats à la frontière pour combattre les cartels de la drogue engagés dans une guerre pour le transport de drogues aux USA qui a causé 5 300 morts en 2008. »

Ce même jour, la présidente de la Chambre des représentants étasunienne, Nancy Pelosi, s’est déclaré résolument favorable à ce que la quantité d’éthanol dans l’essence soit élevée jusqu’à 15 p. 100, afin de réduire la dépendance du pays envers les importations de pétrole.

L’éthanol, on le sait, est produit aux USA à partir de la céréale qui occupe une place très importante dans le développement humain.

Ces nouvelles toutes fraîches – elles datent de lundi dernier – prouvent la justesse des conclusions d’Atilio Borón, publiées en version résumée dans Granma ce même jour.

Fidel Castro Ruz

Le 11 mars 2009

13 h 42

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : La critique juste et constructive

J’essaie de suivre le déroulement de la Classique mondiale de base-ball grâce à notre télévision nationale.

Le match entre le Japon et la Corée du Sud, les deux plus forts rivaux de Cuba, joué ce lundi matin, était à 1-0 en faveur de celle-ci quand il ne restait plus au Japon que deux présences à la batte.

Le fameux et dangereux Ichiro, qui avait déjà raté trois fois, frappe un coup sûr.

L’instructeur japonais ordonne au second batteur – un bon batteur, sans aucun doute – de frapper un coup amorti, facilitant ainsi le second retrait contre son équipe.

Je suis sûr que nos mordus auront jugé cette décision comme une erreur à partir d’une analyse élémentaire.

L’équipe japonaise est excellente. J’aimerais que nous remportions la victoire dans la Classique aux dépens de cette équipe d’une grande maîtrise technique.

Mais ça risque de ne pas arriver si nous faisons des gaffes comme celles que j’ai constatées, hier dimanche, dans le match entre Cuba et l’Afrique du Sud.

Olivera et Paret se sont laissé surprendre à la première base, et Michel Enríquez a fait cadeau d’un retrait en se lançant irrationnellement vers la seconde base après avoir frappé un coup sûr, peut-être un peu trop incité à courir entre les bases par la direction de son équipe.

Comme on a l’a constaté, Cuba, qui a frappé six coups de circuit, dont deux de Cepeda, un record pour la Classique, aurait pu gagner ce match par knockout en sept manches. Ceci aurait élevé le prestige bien gagné du sport cubain.

Je me permets de faire cette critique parce qu’il s’agit de trois joueurs extraordinaires, pleins de fierté et de confiance en soi.

Ils savent qu’ils représentent le sport sain dans cette compétition mondiale. Je me dois de le dire en toute honnêteté et avec admiration.

Fidel Castro Ruz

Le 9 mars 2009

11 h 14

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Une réunion qui valait la peine

Une fois conclues les Rencontres de La Havane sur la mondialisation et le développement auxquelles ont assisté plus de mille cinq cents économistes, personnalités scientifiques de renom et représentants d’organisations internationales, j’ai reçu une lettre et un document d’Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED), en plus d’autres responsabilités scientifiques et politiques importantes.

Atilio, un ami solide et loyal, avait participé le jeudi 6 à la Table ronde télévisée aux côtés d’autres sommités internationales qui assistaient aux Rencontres.

J’ai appris qu’il partirait le dimanche et je l’ai invité à une rencontre le samedi 7 mars, à 17 h.

J’avais décidé d’écrire des Réflexions sur les idées contenues dans son document que je vais synthétiser dans ses propres mots.

« …Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme, la première à atteindre une ampleur comparable à celle qui a éclaté en 1929 et à ce qu’on a appelé la « Longue Dépression » de 1873-1896. Une crise intégrale, de civilisation, multidimensionnelle, dont la durée, la profondeur et la portée géographique seront sûrement supérieures à celles des précédentes.

« Il s’agit d’une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l’économie réelle dans tous ses volets. Elle frappe l’économie mondiale et s’étend bien au-delà des frontières étasuniennes.

« Quelles sont ses causes structurelles : il s’agit d’une crise de surproduction doublée d’une crise de sous-consommation. Ce n’est pas par hasard qu’elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l’épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l’État s’est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s’endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse.

« Mais, à ces causes structurelles, il faut en ajouter d’autres : la financiarisation accélérée de l’économie et la tendance irrésistible à l’incursion dans des opérations spéculatives toujours plus risquées. Une fois découverte la « fontaine de jouvence » grâce à laquelle l’argent rapporte toujours plus d’argent en se passant de la valorisation que lui apporte l’exploitation de la force de travail et compte tenu du fait que l’on peut obtenir des masses énormes de capital fictif en quelques jours ou quelques semaines au plus, le capital, tel un narcodépendant, en arrive à renoncer à tout calcul, et même à n’avoir plus aucun scrupule.

« D’autres circonstances ont favorisé l’éclatement de la crise. Les politiques néolibérales de dérégulation et de libéralisation ont permis aux acteurs les plus puissants qui pullulent sur les marchés d’imposer la loi de la jungle.

« On a assisté à une énorme destruction de capitaux à l’échelle mondiale, une sorte de « destruction créatrice » qui, à Wall Street, a abouti à une dévalorisation des sociétés cotées en bourse de presque 50 p. 100 : une société qui détenait un capital de 100 millions n’en a plus aujourd’hui que 50 ! On constate une chute de la production, des cours, des salaires, du pouvoir d’achat. L’ensemble du système financier est sur le point d’éclater. Les pertes bancaires se chiffrent à plus de 500 milliards, et on s’attend sous peu à un billion de plus. Plus d’une douzaine de banques ont fait faillite, et des centaines d’autres courront le même sort. À l’heure qu’il est, la Réserve fédérale a transféré plus d’un billion de dollars au cartel bancaire, mais il en faudra 1,5 billion de plus pour maintenir la liquidité des banques dans les prochaines années. Nous vivons la phase initiale d’une longue dépression, et le mot récession, si à la mode récemment, ne traduit pas dans tout son dramatisme ce que l’avenir réserve au capitalisme.

« L’action ordinaire de Citicorp a perdu 90 p. 100 de sa valeur en 2008. Dans la dernière semaine de février, elle était cotée à Wall Street à 1,95 dollar !

« Ce processus n’est pas neutre, car il favorisera les oligopoles les plus importants et les mieux organisés qui déplaceront leurs rivaux des marchés. La « sélection darwinienne des plus aptes » fraiera la voie à de nouvelle fusions et alliances entre entreprises, lançant les plus faibles à la banqueroute.

« On constate un essor accéléré du chômage. Le nombre de chômeurs dans le monde (environ 190 millions en 2008) pourrait augmenter de 51 millions en 2009. Les travailleurs pauvres (ceux qui gagnent juste deux euros par jour) se monteront à 1,4 milliard, soit 45 p. 100 de la population active de la planète. Aux USA, la récession a déjà détruit 3 600 000 postes de travail. En Union européenne, les chômeurs sont 17 500 000, soit 1 600 000 de plus que voilà un an. On prévoit la perte de 3 500 000 emplois en 2009. Plusieurs États centraméricains, ainsi que le Mexique et le Pérou, seront durement touchés par la crise à cause de leurs liens étroits avec l’économie étasunienne.

« C’est une crise qui frappe tous les secteurs de l’économie : la banque, l’industrie, les assurances, le bâtiment, etc., et fait métastase à l’ensemble du système capitaliste international.

« Des décisions prises dans les centres mondiaux et touchant les filiales de la périphérie engendrent des licenciements massifs, des ruptures de paiements, des chutes de la demande d’intrants, etc. Les USA ont décidé d’appuyer les Big Three (Chrysler, Ford, General Motors) de Detroit, mais uniquement pour qu’elles sauvent les usines du pays. La France et la Suède ont annoncé qu’elles conditionneront les aides à leurs industries automobiles : ne pourront en bénéficier que les usines situées dans le pays même. La ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, a déclaré que le protectionnisme pouvait être « un mal nécessaire en temps de crise ». Le ministre espagnol de l’Industrie, Miguel Sebastián, pousse à « consommer des produits espagnols ». » J’ajoute pour ma part que Barack Obama promotionne le « Buy American ! ».

« On peut citer d’autres sources de propagation de la crise vers la périphérie : la chute des cours des produits de base qu’exportent les pays latino-américains et caribéens, avec ses séquelles récessives et la montée du chômage.

“Les envois d’argent des émigrés latino-américains et caribéens dans les pays développés à leurs familles diminuent brutalement. (Dans certains cas, les envois de fonds familiaux constituent la plus importante source de revenus des pays, au point de dépasser les recettes d’exportations.)

« Le retour des émigrés dépriment encore plus le marché du travail.

«  Tout ceci se conjugue à une profonde crise énergétique qui exige le remplacement du modèle actuel basé sur une utilisation irrationnelle et prédatrice des combustibles fossiles.

« Cette crise coïncide avec la prise de conscience croissante de la portée catastrophique des changements climatiques.

« Ajoutez-y la crise alimentaire, aggravée par la prétention du capitalisme de maintenir son modèle de consommation irrationnel et de reconvertir des terres aptes à la production d’aliments en terres destinées à la production d’agrocarburants.

« Obama a reconnu que nous n’avions pas encore touché le fond, et Michael Klare a écrit voilà quelques jours : « Si la catastrophe économique actuelle se transforme en ce que le président Obama a qualifié de « décennie perdue », le résultat pourrait en être un panorama mondial gros de convulsions provoquées par l’économie ».

« En 1929, le chômage avait atteint 25 p. 100 aux USA, tandis que les cours des produits agricoles et des matières premières dégringolaient. Dix ans après, malgré les politiques radicales mises en œuvre par Franklin D. Roosevelt (le New Deal), le chômage restait très élevé (17 p. 100) et l’économie ne parvenait pas à sortir de la dépression. Seule la Deuxième Guerre mondiale avait mis fin à cette étape. Pourquoi devrait-elle être plus brève aujourd’hui ? La dépression de 1873-1896 n’a-t-elle pas duré vingt-trois ans !

« Compte tenu de ces antécédents, pourquoi sortirions-nous de la crise actuelle en quelques mois, comme le pronostiquent des publicitaires et « gourous » de Wall Street ?

« On ne sortira pas de cette crise par une ou deux réunions de G-20 ou du G-7. Si l’on veut une preuve de l’incapacité radicale du système à régler la crise, il suffit de voir la réponse des principales bourses de valeurs du monde à chaque annonce ou à chaque sanction d’une loi portant approbation d’un nouveau sauvetage : la réponse des « marchés » est immanquablement négative.

« Selon George Soros, « l’économie réelle subira les effets secondaires qui prennent maintenant toujours plus de poids. Puisque, dans de telles circonstances, le consommateur étasunien ne peut plus servir de locomotive de l’économie mondiale, l’administration étasunienne doit stimuler la demande. Et comme nous faisons face aux problèmes menaçants du réchauffement de la planète et de notre dépendance énergétique, la prochaine administration devrait lancer un plan visant à encourager les économies d’énergie, à développer des sources d’énergies alternatives et à mettre en place des infrastructures écologiques. »

« Une longue période de tiraillements et de négociations s’ouvre pour définir de quelle façon on sortira de la crise, quels en seront les bénéficiaires et quels seront ceux qui en feront les frais.

« Les accords de Bretton Woods, conçus dans le cadre de l’étape keynésienne du capitalisme, ont coïncidé avec la stabilisation d’un nouveau modèle d’hégémonie bourgeoise dont la toile de fond nouvelle et inattendue, conséquence de la guerre et de la lutte antifasciste, a été le renforcement du poids des syndicats ouvriers, des partis de gauche et des capacités de régulation et d’intervention des États.

« L’URSS n’existe plus, dont la simple présence, doublée de la peur de l’Occident de voir son exemple y irradier, faisait pencher la balance en cas de négociations en faveur de la gauche, des secteurs populaires, des syndicats, etc.

« La Chine joue de nos jours un rôle incomparablement plus important dans l’économie mondiale, mais sans atteindre un poids similaire dans l’arène politique mondiale. Malgré sa faiblesse économique, l’URSS était en revanche une formidable puissance militaire et politique. La Chine est une puissance économique, mais sa présence militaire et politique dans les affaires mondiales est faible, bien qu’elle soit en train d’entreprendre une réaffirmation très précautionneuse et graduelle dans la politique mondiale.

« La Chine peut finir par jouer un rôle positif pour la stratégie de recomposition des pays de la périphérie. Beijing est en train de réorienter graduellement ses énormes énergies nationales vers le marché intérieur. Pour de multiples raisons qu’il serait impossible de discuter ici, son économie doit obligatoirement croître de 8 p. 100 par an, en réponse soit aux stimulants des marchés mondiaux soit à ceux qui découlent de son marché interne immense mais encore partiellement exploité. Si ce virage se confirme, on peut prédire que la Chine continuera d’avoir besoin de nombreux produits originaires des pays du Tiers-monde, comme le pétrole, le nickel, le cuivre, l’aluminium, l’acier, le soja et d’autres matières premières et denrées alimentaires.

« Lors de la Grande Dépression des années 30, l’URSS était en revanche très faiblement insérée dans les marchés mondiaux. La Chine est dans une situation différente : elle pourra continuer de jouer un rôle très important et, tout comme la Russie et l’Inde (bien que dans un moindre mesure), acheter à l’extérieur les matières premières et les aliments dont elle a besoin, contrairement à l’URSS durant la Grande Dépression.

« Dans les années 30, la « solution » à la crise avait été le protectionnisme et la guerre mondiale. De nos jours, le protectionnisme se heurtera à de nombreux obstacles du fait de l’interpénétration des grands oligopoles nationaux dans les différents espaces du capitalisme mondial. Compte tenu de l’existence d’une bourgeoisie mondiale, ancrée dans de gigantesques compagnies qui, malgré leur base nationale, opèrent dans une foule de pays, l’option protectionniste dans le monde développé sera peu efficace en ce qui concerne le commerce Nord/Nord, et les politiques tendront – du moins pour l’instant et non sans des tensions – à respecter les paramètres établis par l’OMC. L’atout du protectionnisme apparaît largement plus probable quand on le jouera, comme cela se fera sûrement, contre le Sud dans son ensemble. Il est pratiquement impossible que des « bourgeoisies nationales » du monde développé prêtes à lutter entre elles pour la domination des marchés déclenchent une guerre mondiale, parce que ce genre de bourgeoisie a été écarté par l’ascension et la consolidation d’une bourgeoise impériale qui se réunit périodiquement à Davos et pour laquelle le choix d’un affrontement militaire constituerait une idiotie monumentale. Ce qui ne veut pas dire que cette bourgeoisie mondiale n’appuierait pas, comme elle l’a fait jusqu’alors pour les équipées militaires des États-Unis en Iraq et en Afghanistan, de nombreuses opérations militaires à la périphérie du système, nécessaires à la préservation de la rentabilité du complexe militaro-industriel étasunien et, indirectement, à celle des grands oligopoles des autres pays.

« La situation actuelle n’est pas celle des années 30. Lénine disait que « le capitalisme ne chute que si une force sociale le fait chuter ». Cette force sociale n’existe pas de nos jours dans les sociétés du capitalisme de la métropole, dont les États-Unis.

« Auparavant, les USA, le Royaume-Uni, la France et le Japon vidaient leur querelle pour l’hégémonie impériale sur le terrain militaire.

« De nos jours, l’hégémonie et la domination sont clairement aux mains des USA, le seul garant du système capitalisme à l’échelle mondiale. Si les USA chutaient, il en résulterait un effet domino qui entrainerait l’effondrement de presque tous les capitalismes métropolitains, sans parler des conséquences pour la périphérie du système. Au cas où Washington serait menacé par une insurrection populaire, tous courraient à son secours parce que les USA sont le soutien ultime du système et le seul qui peut, le cas échéant, secourir les autres.

« Les USA sont un acteur irremplaçable et le centre incontesté du système impérialiste mondial : ils disposent à eux seuls dans environ cent vingt pays de plus de sept cents missions et bases militaires qui constituent la réserve finale du système. Si les autres options échouaient, la force apparaîtrait dans toute sa splendeur. Seuls les USA sont en mesure de déployer leurs troupes et leur panoplie de guerre pour maintenir l’ordre à l’échelle planétaire. Ils sont, comme le disait Samuel Huntington, « le sheriff solitaire ».

« Cet « étayage » du centre impérialiste bénéficie de la collaboration hors de pair des autres alliés impériaux ou des concurrents sur le terrain économique, voire de la plupart des pays du Tiers-monde qui accumulent leurs réserves en dollars des Etats-Unis. Ni la Chine, ni le Japon, ni la Corée ni la Russie, pour ne parler que des principaux détenteurs de dollars sur la planète, ne peuvent liquider leurs stocks dans cette monnaie parce que ce serait un mouvement suicidaire. Bien entendu, c’est là encore quelque chose à considérer avec beaucoup de prudence.

« Le comportement des marchés et des épargnants du monde entier renforce la position des USA : la crise s’aggrave, les sauvetages s’avèrent insuffisants, le Dow Hones de Wall Street chute en dessous du plancher psychologique des 7 000 points – soit moins que la cotisation de 1997 ! – et les gens cherchent pourtant refuge dans le dollar, tandis que les parités de l’euro et de l’or chutent !

« Zbigniev Brzezinski a déclaré: « Je suis inquiet parce que nous allons avoir des millions et des millions de chômeurs, et que des tas de gens sont vraiment dans une très mauvaise situation. Et cette situation se maintiendra pour un temps avant que les choses ne s’améliorent éventuellement. »

« Nous sommes en présence d’une crise qui est bien plus qu’une crise économique ou financière.

« Il s’agit d’une crise intégrale d’un modèle de civilisation insoutenable des points de vue économique et politique sans recourir une fois de plus à la violence contre les peuples ; tout aussi insoutenable du point de vue écologique, parce qu’il détruit, parfois d’une manière irréversible, l’environnement ; et tout aussi insoutenable sur le terrain social parce qu’il dégrade la condition humaine jusqu’à des limites inimaginables et détruit la trame même de la vie sociale.

« La réponse à cette crise ne peut donc être seulement économique ou financière. Les classes dominantes feront exactement ça : utiliser un vaste arsenal de ressources publiques pour socialiser les pertes et renflouer les gros oligopoles. Accrochées à la défense de leurs intérêts les plus immédiats, elles ne sont même pas capables d’envisager une stratégie plus intégrale. »

« La crise n’a pas touché le fond », dit Atilio. « Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme »… aucune n’a été pire. Celle qui a duré de 1873 à 1896, soit vingt-trois ans, a été nommée la Grande Dépression. L’autre crise très grave a été celle de 1929, qui a duré, elle aussi, au moins vingt ans. La crise actuelle est « intégrale, de civilisation, multidimensionnelle ».

Et d’ajouter : « Il s’agit d’une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l’économie réelle dans tous ses volets. »

Quiconque glisse ce résumé dans sa poche, le lit de temps à autre ou l’apprend par cœur comme une petite bible sera mieux informé de ce qu’il se passe dans le monde que 99 p. 100 de la population dans un monde matraqué par des centaines de publicités et saturé de milliers d’heures d’infos, de romans et de films de fiction vrais ou faux.

Fidel Castro Ruz

8 mars 2009

11 h 16


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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : Ce que j’ai raconté au sujet de Pichirilo

J’ai promis de répondre sans retard à la journaliste Daily qui m’a écrit la lettre que j’ai mentionnée hier :

Comandante

Je m’appelle Daily Sánchez Lemus ; j’ai conclu mes études de journalisme en 2006 et je travaille depuis au système d’information de la télévision cubaine.

J’ai conclu mes études par une thèse sur le journalisme de Raúl Gómez García. Je me rappelle vous avoir écrit à trois reprises fin 2005 et début 2006 pour vous demander des éclaircissements sur la presse clandestine, à savoir Son los mismos et El Acusador, ou des détails dont vous vous souviendrez ou des commentaires spéciaux que vous voudriez faire sur Gómez García.

Ce ne fut pas possible alors. En réponse à mes lettres, on me demandait de m’adresser à l’Office des questions historiques du Conseil d’État. Connaissant vos responsabilités et votre poids de travail, j’ai compris que ma thèse devrait voir le jour sans votre témoignage. Et elle a vu le jour, sachez-le, sous le titre : « Raúl Gómez García, le journaliste de la Moncada », pour prouver que ce jeune homme n’était pas seulement un poète, mais un journaliste.

Une fois ma thèse conclue, un ami que j’ai beaucoup aimé – et que j’aime toujours – un maître de journalistes, Guillermo Cabrera Álvarez, m’a dit : « J’ai tant de choses à écrire, mais je sais que je n’aurais pas le temps de tout faire. Je vais donc te faire cadeau d’une histoire. » C’est alors que, poussé par je ne sais quelle inspiration, il a ouvert un tiroir de son bureau et m’a remis une enveloppe jaune contenant l’embryon d’un roman d’amour. C’est ainsi que j’ai faits la connaissance de Pichirilo, le Dominicain qui est venu sur le Granma, cet homme que vous connaissiez depuis l’époque de la caye Confites.

Écrire cette histoire est pour moi, non seulement quelque chose de terriblement spécial, mais aussi une manière de rendre hommage à l’histoire de mon pays, à celle de la République dominicaine et à Guillermo. C’est comme si je naviguais sur le Granma et que j’arrivais avec vous tous jusque dans ces eaux et que je luttais aux côtés de Caamaño. Maintenant, la République dominicaine va m’être bien plus proche. Il me reste encore beaucoup de choses sur lesquelles faire des recherches et lire, mais je tente de combiner cette recherche et mon travail.

Ramón Emilio Mejías del Castillo, Pichirilo, est arrivé jusqu’au Granma parce que vous saviez qu’il s’y connaissait en navigation, qu’il était courageux et qu’il avait envie de se battre contre des dictateurs comme Trujillo et Batista. Collado, quand je l’ai interviewé fin 2006, a défini Pichirilo d’une manière romantique et révélatrice : « Pichirilo en remontrait à la mer elle-même. » Mais vous êtes sans aucun doute celui qui le connaissait le mieux, qui connaissait son caractère et ses caractéristiques… qui sont nécessaires pour écrire et pour que d’autres le connaissent.

Ce que je sais de Pichirilo est très intéressant du point de vue humain, mais c’est, hélas, extrêmement peu, ce qui exige de celui qui écrira sur lui un effort spécial pour réunir les renseignements pertinents sur la personnalité de celui que j’ai connu durant une très brève période de sa vie.

Je n’avais jamais supposé que je devrais un jour rendre compte de notre modeste existence.

Je ne sais d’où venait Pichirilo. C’était un Dominicain qui s’est enrôlé dans l’expédition organisée en 1947 en vue de renverser Trujillo.

Quand je suis parti de la côte située au nord-ouest d’Antilla pour la lointaine caye Confites, qui se trouve au nord-ouest de Nuevitas et très proche de la caye Lobo appartenant aux Bahamas anglaises, à quelques milles de distance, je l’ai fait dans une espèce de petit patrouilleur commandé par un homme de mer, petit, le visage hâlé par le soleil. C’était Pichirilo. Nous sommes arrivés à la caye après de longues heures de navigation.

Je l’ai revu ensuite quand je suis allé quelques jours à Nuevitas, en juillet, pour entrer en contact avec ma famille et lui donner de mes nouvelles.

Puis je suis rentré sur la caye. C’est durant ces traversées que je me suis lié d’amitié avec Pichirilo. Il avait plusieurs années de plus que moi. Moi, je n’avais pas encore vingt et un ans et j’étais une simple recrue dans cette expédition qui réunissait plus d’un millier d’hommes.

Pichirilo continuait de faire la navette entre la caye et Nuevitas, livrant des vivres à l’expédition.

J’ai pas mal bavardé avec lui quand nous avons attaqué la goélette Angélica, de Trujillo, qui se rendait de Miami à Saint-Domingue et passait aux abords de la caye Confites. Je me rappelle que c’est Pichirilo qui l’a identifié à bonne distance et qui a informé les chefs des forces cantonnées sur la caye.

Les chasseurs T-33 au service de l’expédition contre Trujillo volaient en rase-motte sur l’îlot en guise de démonstration et d’encouragement et apparaissaient de temps à autre. Je ne savais rien de plus.

Nous étions là depuis des mois quand les événements d’Orfila ont bouleversé l’expédition, bien plus désireuse de partir vers sa destination que de rester sur cette caye inhospitalière.

Le premier mouvement décidé par le commandant si particulier, confié à des chefs cubains pseudo-révolutionnaires et corrompus, a été direction Est, dans une manœuvre de menace à la direction de l’armée nationale.

Des désertions massives se sont produites sur la caye Santa María, au nord de Caibarién. Le bataillon Sandino et d’autres membres de l’expédition voyageaient à la proue d’un navire de débarquement, l’Aurora, un fusil-mitrailleur en guise de DCA. J’étais lieutenant et chef en second de la compagnie d’avant-garde.

Ceci ne mérite une mention que pour la raison suivante : mon ami Pichirilo était le capitaine en second de l’Aurora, où se trouvaient aussi Rodríguez, ancien sénateur dominicain et chef de l’expédition ; Maderme, un Cubain, chef de régiment, qui avait acquis un prestige historique en tant que chef de l’expédition organisée contre Machado depuis Gibara (au nord de Cuba), et d’autres chefs importants.

La trahison de Masferrer à la tête du navire de débarquement le Fantasma, qui était dans de bien meilleures conditions techniques, me poussa à me soulever, parce que je ne me résignais pas à livrer le bâtiment. Tel était pourtant l’ordre de la marine.

Genovevo Pérez Dámera, le chef de l’armée cubaine, s’était vendu à Trujillo pour quelques millions de dollars.

La grande estime que j’ai pour Pichirilo part du fait qu’il a pris le commandement du navire pour m’appuyer et, en coordination avec moi, a fait des efforts audacieux pour berner la corvette de la marine cubaine qui, ses canons de proue prêts au tir, nous sommait, alors que nous étions à l’extrémité est de Cuba, de regagner Antilla, le port de la baie de Nipe, où le reste de l’expédition était déjà prisonnier. Mon objectif était de sauver le gros des armes qu’emportait l’Aurora.

Tout a tourné autour de ça.

Je ne répèterai pas ce qui s’est passé le reste de l’après-midi et ce que j’ai vécu ce jour-là.

Dix ans après, quand le Granma a appareillé du Mexique, Pichirilo nous avait rejoints et était, avec toute son audace et son courage, le second chef à bord. Si seulement il avait été le premier, parce que cette tâche était revenue à un commandant de la marine cubaine qui était censément un bon connaisseur des côtes et des ports de notre pays !

J’ignorais vraiment comment Pichirilo a pu réchapper après le débarquement du Granma quand notre détachement a été pratiquement exterminé.

J’ai appris ces jours-ci que Pichirilo a été l’un des dix-neuf expéditionnaires du Granma qui étaient parvenus à s’échapper sans avoir été torturés, assassinés ou expédiés en prison.

La tâche d’en savoir plus incombe à ceux qui feront des recherches sur la vie du combattant dominicain. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’est battu, avec les galons de commandant, aux ordres de Caamaño contre les soldats de la 82e division aéroportée qui avait débarqué en République dominicaine aux côtés de plus de quarante mille marines. Sous la présidence de Joaquín Balaguer, il a été mitraillé, le 12 août 1966, par des membres des services de renseignement dominicains qui étaient alors aux ordres du gouvernement étasunien. Il est décédé quelques heures plus tard, le 13 août, le jour même de mon quarantième anniversaire. Sa mort a provoqué une vague de protestations à Saint-Domingue et son enterrement s’est transformé en une manifestation massive de rejet du gouvernement faible de Balaguer.

Personne ne se réjouirait plus que moi de voir écrire une biographie de Ramón Emilio Mejías del Castillo, aussi modeste qu’elle soit. Il vaut la peine que les Dominicains et les Cubains connaissent des gens comme lui, comme Jiménez Moya et comme d’autres combattants héroïques.

Fidel Castro Ruz

Le 6 mars 2009

13 h 56

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