Barack Obama et les sanctions économiques contre Cuba

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de LAMRANI Salim

Depuis son intronisation à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, occupé par de multiples dossiers, n’a toujours pas effectué de geste en direction de Cuba, malgré ses promesses de campagne de mettre un terme aux sanctions économiques imposées par son prédécesseur George W. Bush en mai 2004. Celles-ci limitent drastiquement les visites des émigrés cubains vers leur pays d’origine à 14 jours tous les trois ans et réduisent l’aide financière familiale à 100 dollars par mois, dans le meilleur des cas (1).

Un rapport bipartite du Congrès étasunien, rendu public le 23 février 2009, intitulé « Changer la politique à l’égard de Cuba en faveur de l’intérêt national des Etats-Unis », recommande au président d’entreprendre « un premier pas unilatéral » à l’égard de La Havane, avant le prochain Sommet des Amériques du 17 avril 2009. Selon le congressiste de l’Indiana Richard Lugar, promoteur du rapport de 25 pages, ce geste consisterait, dans un premier temps, à éliminer les sanctions de 2004, un simple ordre exécutif étant nécessaire à cela (2).

« Un tel geste pourrait signaler un important changement et favoriserait un climat de bonne volonté à l’égard des Etats-Unis de la part des pays latino-américains, tout comme la coopération régionale que le gouvernement étasunien recherche dans plusieurs domaines », souligne le document (3).

En effet, les sanctions économiques imposées de manière unilatérale par Washington depuis juillet 1960 sont unanimement rejetées par la communauté internationale. Le 29 octobre 2008, pour la 17ème année consécutive, 185 pays sur les 192 que compte l’Assemblée générale des Nations unies se sont prononcés pour la levée de cet état de siège qui affecte toutes les catégories de la population cubaine. En effet, les sanctions étasuniennes sont le principal obstacle au développement économique de Cuba. Elles ont coûté 93 milliards de dollars à l’économie cubaine depuis leur entrée en vigueur et 3,7 milliards rien que pour l’année 2007. L’opinion publique étasunienne et le monde des affaires sont également opposés à l’actuelle politique de la Maison-Blanche en raison de son caractère obsolète, cruel et inefficace (4).

Par ailleurs, lors de la réunion historique du 16 décembre 2008 qui a intégré Cuba au Groupe de Río au Brésil, les 33 nations latino-américaines et caribéennes ont réitéré avec vigueur leur condamnation des sanctions contre Cuba (5). Les visites à Cuba de Cristina Kirchner, Michelle Bachelet, Rafael Correa, Alvaro Colom, Hugo Chávez, José Manuel Zelaya Rosales et Leonel Fernández Reina respectivement présidents de l’Argentine, du Chili, de l’Equateur, du Guatemala, du Venezuela, du Honduras et de République dominicaine depuis le début de l’année 2009 illustrent la solidarité continentale à l’égard de La Havane, réalité que la Maison-blanche ne peut se permettre d’ignorer (6).

Même le discipliné et fidèle secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) José Miguel Insulza, allié de Washington, a fait part de son souhait de voir le gouvernement Obama mettre un terme aux sanctions économiques contre Cuba. « J’aimerais que l’embargo contre Cuba soit rapidement éliminé », a-t-il déclaré (7).

De la même manière, en février 2009, le colonel Glenn Alex Crowther, éminente personnalité militaire et professeur d’affaires de sécurité nationale à l’Institut d’études stratégiques (SSI), entité appartenant au célèbre Collège de Guerre des Etats-Unis, s’est également prononcé contre les sanctions économiques dans le bulletin officiel du SSI. Il a exhorté le gouvernement Obama à changer de polítique dans une réflexion intitulée « Dites au revoir à l’embargo ». Selon lui, « lever l’embargo pourrait envoyer un signal fort à la communauté internationale démontrant que les Etats-Unis sont magnanimes et inclusifs ; le maintenir nous fait paraître mesquins et vindicatifs ». Par ailleurs, « nous ne pouvons convaincre personne que Cuba est une menace pour les Etats-Unis ni démontrer au niveau international que le maintien de la même politique aura un impact positif (8) ».

Récemment, plusieurs centres politiques, économiques et intellectuels influents tels que la Brookings Institution, le Council on Foreign Relations, l’Inter-American Dialogue et la New America Foundation, entre autres, ont également exprimé leur rejet de l’actuelle politique étasunienne à l’égard de Cuba (9).

Le rapport bipartite propose également que le Congrès se charge de lever l’interdiction de voyager qui pèse sur les citoyens étasuniens et mette ainsi terme à une situation absurde et illégale qui leur permet de se rendre en Corée du Nord, en Chine et au Vietnam, mais pas à Cuba (10). Des estimations prévoient la visite d’un million de touristes étasuniens dès la première année, qui génèreraient des revenus à hauteur d’un milliard de dollars. Ces ressources permettraient aux autorités de résoudre une grande partie des problèmes actuels, notamment dans le domaine du transport et du logement (11).

Au début du mois de février 2009, un autre groupe bipartite mené par le représentant démocrate William Delahunt du Massachussetts a également présenté un projet de loi en ce sens, demandant l’annulation de l’interdiction de voyage pour les ressortissants étasuniens (12).

Richard Lugar est le républicain de plus haut rang du Comité des Affaires étrangères du Sénat et il est réputé pour être un farouche critique du gouvernement cubain. Mais, lucide, il a appelé à un changement radical de stratégie à l’égard de La Havane, conscient de l’échec subi par les Etats-Unis, à tous les niveaux, dans sa politique à l’égard de l’île des Caraïbes. « Nous devons reconnaître l’inefficacité de notre politique actuelle et traiter avec le régime cubain d’une façon qui renforce les intérêts américains », a-t-il admis (13).

Lugar propose également d’éliminer les restrictions de mouvement imposées aux diplomates cubains sur le territoire étasunien et de reprendre les conversations bilatérales sur les thèmes migratoires et la lutte contre le narcotrafic, interrompues unilatéralement par l’administration Bush. Le rapport souligne également la nécessité de supprimer les conditions draconiennes imposées à La Havane pour l’achat de produits alimentaires (paiement effectif et à l’avance) qui réduit singulièrement les possibilités d’acquisition, et de permettre le financement privé pour les transactions commerciales. Le congressiste républicain suggère également d’élargir la liste des produits que les Cubains peuvent acquérir aux Etats-Unis en incluant les médicaments, les équipements médicaux, le matériel agricole et le matériel de construction. Le document évoque également la possibilité d’achter des produits biotechnologiques à Cuba, un des leaders mondiaux dans ce domaine (14).

Le projet de Lugar est intéressant car il s’agit sans nul doute de l’une des approches les plus réalistes et constructives présentées au Congrès. L’administration Obama ferait preuve de sagacité en suivant les pistes élaborées par le document, illustrant ainsi auprès de la communauté internationale sa volonté de résoudre le différend historique entre les deux nations.

Le 25 février 2009, devançant Barack Obama, la Chambre des représentants a approuvé, à 245 voix pour et 178 contre, un projet de loi budgétaire qui permettra aux Cubains des Etats-Unis de se rendre dans leur pays d’origine une fois par an, annulant ainsi les restrictions de Bush. Cette législation doit encore être avalisée par le Sénat et ratifiée par le président. Cependant, si elle était adoptée, cette mesure ne serait valable que jusqu’au mois d’octobre 2009, date à laquelle entrera le nouveau budget pour 2010. C’est la raison pour laquelle un décret présidentiel est nécessaire car il lui donnerait un caractère plus permanent (15).

Du côté de La Havane, le gouvernement a toujours été disposé à résoudre le conflit avec les Etats-Unis à partir d’une base de respect mutuel, de réciprocité et de non-ingérence dans les affaires internes. Fidel Castro avait, en tant que dirigeant du pays, tendu à maintes reprises un rameau d’olivier à la Maison-Blanche, se heurtant à chaque fois à un refus obstiné. Le gouvernement de Raúl Castro en a fait de même et a tendu une main fraternelle à Washington lors de multiples occasions, aussi bien à l’administration Bush qu’à celle d’Obama, sans obtenir de réponse (16).

Ainsi, en janvier 2009, Raúl Castro a tenu des propos élogieux à l’égard du premier président noir des Etats-Unis, soulignant ses traits « d’homme bon » et lui souhaitant « bonne chance » dans ses nouvelles fonctions. Il a réitéré sa disposition au dialogue « sans intermédiaires » et avec des « conditions égales (17) ». De son côté, le président de l’Assemblée nationale cubaine Ricardo Alarcón a salué les idées « intéressantes » et les qualités oratoires d’Obama (18).

L’administration Obama a l’obligation politique, stratégique et morale de mettre un terme au châtiment économique imposé à la population cubaine. Si elle veut incarner aux yeux du monde une rupture avec la politique désastreuse de son prédécesseur, si elle souhaite faire preuve de moins de dédain et d’arrogance à l’égard de l’Amérique latine, il est impératif de mettre un terme définitif au harcèlement contre le peuple cubain. Celui-ci, sans oublier le passé, lui tendra alors une main amicale et réconciliatrice.

Notes

1 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). http://www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004).

2 Richard Lugar, http://lugar.senate.gov/sfrc/pdf/Cuba.pdf ; Anne Flaherty, « EEUU debe replantear su embargo a Cuba dice senador republicano », The Associated Press, 23 février 2009 ; Wilfredo Cancio Isla, « Informe del Senado pide levantar prohibición de viajes a Cuba antes de abril », El Nuevo Herald, 23 février 2009.

3 Ibid.

4 Edith M. Lederer, « UN Again Urges US to Lift Embargo Against Cuba », The Associated Press, 29 octobre 2008.

5 The Associated Press, « Latam Summit : New Independence, End Embargo », 17 décembre 2008.

6 El Nuevo Herald, « Colom ofrece disculpas a Cuba por invasión de Bahía de Cochinos », 18 février 2009.

7 EFE, « Insulza espera que Obama levante el embargo a Cuba », 20 janvier 2009.

8 Glenn Alex Crowther, « Kiss the Embargo Good Bye », Strategic Studies Institute, février 2009. http://www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB906.pdf (site consulté le 26 février 2009).

9 Wilfredo Cancio Isla, « Recomiendan a EEUU buscar ‘acuerdo constructivo’ con Cuba », El Nuevo Herald, 26 février 2009 ; David Brooks, « El embargo a Cuba, un fracaso, afirma el senador republicano Lugar », La Jornada, 24 février 2009.

10 Richard Lugar, op. cit.

11 Wilfredo Cancio Isla, « Informe del Senado pide levantar prohibición de viajes a Cuba antes de abril », op. cit.

12 Ibid.

13 Richard Lugar, op. cit.

14 Ibid.

15 El Nuevo Herald, « Cámara aprueba proyecto de ley que flexibilizaría viajes a Cuba », 25 février 2009.

16 Edith M. Lederer, « Cuba Expects New US President to Lift Embargo », The Associated Press, 30 octobre 2008.

17 Agence France Presse, « Raúl Castro desea ‘suerte’ a Obama y dice que le ‘parece un buen hombre’ », 21 janvier 2009.

18 Agence France Presse, « Alarcón dice que el discurso de Obama es ‘interesante’, pero deja dudas », 20 janvier 2009.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Contact : lamranisalim@yahoo.fr

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Un vaccin thérapeutique mis au point à Cuba

Sous le nom de CIMAVAX EGF, le vaccin a déjà prouvé son efficacité. Il accroît la survie et la qualité de vie des patients atteints de cette maladie, a déclaré le docteur en sciences biologiques Gisela Gonzalez, directrice du projet. La spécialiste a expliqué à la presse que celui-ci avait été mené au centre d’immunologie moléculaire (CIM), une des plus célèbres institutions du Pôle scientifique de la capitale du Cuba.

Le premier test clinique de ce vaccin a débuté à Cuba en 1995 et il a concerné plus de 400 sujets atteints de cancer avancé du poumon et qui avaient subi, antérieurement, la chimiothérapie ou les radiations conventionnelles, a-t-elle souligné. Elle a aussi indiqué que le médicament offrait les avantages suivants : diminution ou disparition de la dyspnée, augmentation du poids des malades, amélioration de leur appétit, contrôle de la douleur, et par conséquent, une meilleure intégration à la vie sociale.

Elle a précisé que le vaccin, qui immunise et qui ne provoque pas d’effets secondaires sévères, est composé de deux protéines, une pour le facteur de croissance épidermique, et deux autres obtenues par voie recombinante au centre génétique et de biotechnologie.

Mme Gonzalez a indiqué que cinq tests phases 1 avaient été effectués, puis deux tests phase 2, dont l’un à Cuba et l’autre au Canada et en Angleterre. Les résultats cliniques de la phase 2 ont montré une amélioration clinique chez ces patients, par rapport à ceux qui n’ont pas reçu de vaccin, d’où la demande d’enregistrement auprès de l’entreprise régulatrice cubaine. La même source a annoncé que le troisième test clinique sera réalisé dans onze hôpitaux du pays chez 579 patients. Il est prévu en août de cette année, de commencer les études sur la phase 2 au Pérou puis en Chine.

La docteur Tania Crombet, directrice des recherches cliniques du CIM, a souligné que des scientifiques cubains faisaient des recherches sur la CIMAVAX EGF sur d’autres tumeurs d’origine épidémoïde (solides) et ont déjà démontré son utilité dans les néoplasies du poumon, de la tête et du cou, du cerveau, du cancer de l’estomac, du sein, du rectum, de la prostate, du col de l’utérus, de la verge, des ovaires et du pancréas. Le Cuba a commencé des études sur ce vaccin dès 1992, avec des tests pré cliniques sur d’animaux de laboratoires ; le premier test clinique a eu lieu en 1995.

source : sudonline

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : MA RENCONTRE AVEC LE PRÉSIDENT ZELAYA

Certains ont demandé si j’avais finalement rencontré le président hondurien Zelaya dont j’ai parlé dans mes Réflexions d’hier, mercredi 4 mars.

Je l’ai vu. Je ne pouvais pas faire autrement et j’ai fini par trouver le temps.

Je suis contraint d’en dire le plus possible en très peu de mots ou de ne rien dire, et je n’y parvins pas toujours.

Je viens de parler, en un résumé très serré, de Juan Bosch, de l’expédition contre Trujillo, des épisodes dramatiques vécus par les révolutionnaires dominicains, et je me suis plaint que l’histoire réelle n’ait pas encore été écrite.

J’ai reçu tôt ce matin une autre lettre de Daily Sánchez Lemus, une journaliste du système d’information de la télévision cubaine qui veut écrire l’histoire réelle de José Ramón Mejía del Castillo, Pichirilo. Elle me demande des renseignements que le grand maître du journalisme cubain, Guillermo Cabrera Álvarez, a appris par mon intermédiaire au sujet de celui qui, parmi les révolutionnaires, fut l’un des Dominicains les plus audacieux dans la lutte contre les envahisseurs yankees.

J’écrirais à Daily pour lui raconter ce que je sais de lui.

Pour ne pas trop allonger ces Réflexions, je répondrai en style télégraphique à ce qu’on veut savoir sur ma rencontre avec le président hondurien.

Il est très jeune. « Je ne peux être président du Honduras que quatre ans de ma vie. J’appartiens au Parti libéral. Mon pays est très conservateur, à commencer par le parti où je milite. » Je reprends ses mots presque textuellement, tels que je les ai perçus. Si je me trompe, c’est de ma faute.

Cela n’offre vraiment pas beaucoup de temps au dirigeant d’un pays qui cherche à instaurer l’État efficace dont toute société a besoin aujourd’hui plus que jamais, ai-je affirmé catégoriquement.

C’est sans aucun doute un homme bon, ayant de fortes traditions et une intelligence étonnante. À la tribune, sa voix tonne, mais elle est discrète et familière quand il converse.

Sa classe sociale remonte aux premiers Espagnols qui peuplèrent ce qui était alors le cœur de l’antique civilisation Maya. Comme il est advenu dans tous les territoires qu’ils conquirent, forts de leurs chevaux et de leurs épées d’acier, ils s’emparèrent des terres.

Les familles s’en transmirent la propriété au fil des siècles. Quand l’heure de l’indépendance sonna en Amérique espagnole, elles constituèrent les oligarchies qui furent les maîtres des nouveaux pays indépendants.

Le cours de l’histoire en Amérique centrale fut déterminé par le jeune impérialisme yankee qui tenta de s’emparer directement de ses territoires.

Des figures historiques extraordinaires naquirent de la lutte pour la défense de la souveraineté.

Francisco Morazán, une personnalité centraméricaine légendaire d’origine hondurienne, fut président des États de la région. Il gouverna dix ans. Zelaya le définit comme un homme du peuple, qui ne put faire d’études à l’université, mais qui était doté d’une intelligence exceptionnelle : il symbolise la lutte des peuples centraméricains.

Le Costa Rica faisait partie de ces pays. Et c’est là qu’il fut trahi par la droite la plus faisandée qui peaufina un coup d’État et l’assassina. Le président Zelaya a promis de m’envoyer des ouvrages qui abordent l’histoire de ce héros centraméricain singulier.

Zelaya, à l’instar de tous ceux de sa clase sociale, a fait des études dans des écoles religieuses. Moi, dans des conditions très différentes, j’ai eu droit aux frères des Écoles chrétiennes et aux jésuites ; lui, aux salésiens.

Comme il est issu d’une famille de vieille lignée, il a été éduqué dans la religion catholique qui constitue le soubassement de ses sentiments actuels. Tout comme Chávez, il a découvert dans les idées du Christ une source d’inspiration qui nourrit sa conception de la justice. Nul ne peut l’accuser d’être marxiste ou communiste.

Il me raconte pourtant : « Quand je me suis rendu à Cuba la première fois, au tout début de mon mandat, on m’a traité comme le pire ennemi. On ne me pardonnait pas d’avoir demandé à Cuba d’accepter nos excuses pour avoir été un des pays où les envahisseurs se sont entraînés. L’administration étasunienne a jugé que cette conduite méritait la destruction. »

Pour Zelaya, « le système capitaliste est la conception de la justice la plus répugnante que puisse nourrir l’être humain ».

Je lui ai demandé combien mesurait le Honduras. « Autour de 112 000 km2 », m’a-t-il répondu. Presque pareil que Cuba, ai-je commenté.

Et combien font les pinèdes? ai-je demandé. Il a fait des calculs : « 50 000 », m’a-t-il répondu. Combien de pins par hectare ? « Mille. » Combien de mètres cubes par pin? « Un et demi, en calculant au plus bas. » Vous produisez donc environ 1500 mètres cubes à l’hectare. Combien ça rapporte ? « En gros, deux cents dollars. » Ça veut dire que vous toucheriez à peine 300 millions de dollars par an. Ça ne permet même pas d’amortir les coûts. Pourquoi exportez-vous le bois en brut ? « Au début du siècle dernier, on exportait les maisons en pièces, à des prix élevés. Mon père en a acheté une où vivait la famille. »

Zelaya souffre profondément des abus de l’Empire.

« Nous sommes des producteurs de café. La cueillette augmente d’année en année. » Et combien en industrialisez-vous ? « Pas même 10 p. 100 », m’a-t-il répondu. « C’est vraiment de l’abus ! » ai-je dit : « le café torréfié coûte après des dizaines de fois plus cher. »

À un moment de la conversation, il m’a raconté que les États-Unis subventionnaient leur agriculture et vendaient ensuite les céréales moins cher, ce qui réduisait d’autant les revenus des agriculteurs honduriens dont les marchés disparaissaient. Il a pris l’exemple du maïs qui constituait la principale source d’alimentation des Mayas. De nos jours, les paysans ne peuvent même plus vivre de cette culture.

On peut constater à travers ses idées qu’il ressent une profonde aversion pour le système économique des États-Unis.

Soudain, il évoque avec orgueil la culture du peuple Maya dont le calendrier, me dit-il, était plus exact que celui du christianisme occidental. « Le monde actuel utilise le système décimal, et les Mayas possédaient, eux, un système vicésimal, deux fois plus exact. » C’était la première fois de ma vie que j’écoutais ce détail, ce système permettant d’user 2 + 0 au lieu de 1 + 0. Je me suis promis de mieux m’informer à ce sujet.

Zelaya m’a alors rappelé avec enthousiasme que le Honduras abritait un endroit comme Copán où se conservent avec le plus de pureté les restes de la culture Maya et ses symboles de pierre sculptés avec un art hors de pair. À ce moment-là, c’est la mentalité de l’homme d’État, habitué à penser en termes économiques, qui prévalait en lui : « Un demi-million de touristes viennent déjà chaque année au Honduras. De nombreux Étatsuniens viennent, intéressés par cette culture et par l’authenticité de ces reliques historiques. »

Soudain, baissant le ton, il m’avoue avec tristesse : « Le hic, c’est que les Mayas ne connaissaient pas le métal, qu’ils vivaient à l’âge de pierre, et voilà pourquoi on nous a conquis. »

J’ignorais que quand je me suis adressé, le 19 juillet 1980, à une foule de Nicaraguayens et de Centraméricains sur la place Sandino de Managua, un jeune Hondurien de dix-sept ans et futur président de son pays en faisait partie.

Voilà l’homme que j’ai rencontré.

Fidel Castro Ruz

Le 5 mars 2009

14 h 03

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL MA RENCONTRE AVEC LEONEL FERNÁNDEZ, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Elle a eu lieu le lundi 2 mars, à 16 h 58.

J’ai connu Leonel Fernández en République dominicaine lorsqu’il a été élu président pour la première fois. Il avait été plein d’égards envers moi. Il m’avait parlé de ses efforts pour augmenter les capacités de production d’électricité en consommant moins de fioul dont les cours s’élevaient rapidement.

Personne ne lui a fait cadeau de son poste auquel il a accédé par une sorte de sélection naturelle qui l’a fait grimper les échelons politiques au fur et à mesure des événements historiques.

Née d’une Dominicaine qui, comme tant d’autres compatriotes, avait émigré aux Etats-Unis, il a été élevé à New York où il a appris à lire et à écrire.

Par chance, sa mère, qui suivait de près les problèmes de sa patrie, lui a transmis des vues et des critères révolutionnaires qui l’ont préparé aux nouveaux temps que vivait le peuple dominicain.

Il est arrivé, par des voies différentes aux miennes, à ses propres vues qui ont déterminé son attitude devant des situations qui, bien que similaires, étaient toutefois très différentes de celles que j’avais vécues, vingt-trois ans avant à Santiago de Cuba, avant même mon sixième anniversaire, auprès d’une jeune institutrice cubaine issue sans doute de la petite bourgeoisie de la ville, qui vivait dans des conditions d’assez grande pauvreté en compagnie de deux sœurs, après avoir fait des études, la première de médecine, la deuxième l’école normale, la troisième de piano, dans une université d’Haïti, le pays le plus proche de Cuba, sur l’île qui est aussi la patrie de Leonel Fernández.

C’est là que j’appris durement ce qu’était la faim sans même le savoir, parce que je la confondais avec un appétit féroce et inhabituel. C’était l’époque de Machado. L’institutrice de Birán, qui ne touchait aucun salaire mais percevait une bonne pension de la part de ma famille, avait persuadé mes parents de m’envoyer à Santiago de Cuba, la première ville que j’ai connue.

Et c’est à Birán que j’appris les opérations mathématiques, avant même de savoir lire et écrire, sur l’envers d’un cahier d’écolier rouge. Mais je perdis deux ans que je rattrapai ensuite en faisant des efforts.

Peut-être comprendra-t-on mieux ainsi mon intérêt de bavarder avec Leonel à la lumière de notre époque.

C’est en 1946, alors que je n’avais pas encore vingt ans, que je fis la connaissance de Juan Bosch, historien et personnalité dominicaine marquante. J’étais en deuxième année de droit, dirigeant des étudiants de la faculté, mais aussi président d’une organisation de solidarité avec la démocratie dominicaine et avec la lutte de ce peuple courageux contre la tyrannie de Trujillo mise en place par les troupes étasuniennes qui étaient intervenues dans l’île en 1928.

[Dans l’expédition armée en préparation à Cuba,] Bosch et moi appartenions au bataillon Sandino, du nom d’un héros nicaraguayen qui avait lutté contre les envahisseurs yankees et qui avait été assassiné pour cette raison à la suite d’une autre intervention impérialiste dans ce pays centraméricain.

Ce n’était pas ce prestigieux intellectuel qui dirigeait l’expédition, mais des politiciens dominicains qui agissaient presque tous de bonne foi, mais qui étaient motivés par des idées et des intérêts de classe en tant qu’oligarques et bourgeois.

Le pire était qu’elle était dirigée, pour la partie cubaine, par les plus corrompus du Parti révolutionnaire cubain (Authentiques), un nom volé au parti que José Martí avait créé en vue de lutter pour l’indépendance de Cuba et de Porto Rico, les deux dernières enclaves coloniales espagnoles d’Amérique latine à la fin du XIXe siècle.

Personne ne comprenait rien au galimatias de Grau San Martín, ce professeur universitaire de physiologie propulsé à la tête du gouvernement révolutionnaire né en 1933 de la chute de la tyrannie de Machado et au sein duquel Antonio Guiteras Holmes, le ministre de l’Intérieur, avait joué un rôle clef.

La faim innocente dont j’ai parlé complétait le tableau.

Au triomphe de la Révolution cubaine, le 1er janvier 1959, Leonel avait six ans.

[Pendant notre lutte insurrectionnelle] Jiménez Moya, accompagné d’autres révolutionnaires dominicains, avait atterri à proximité de la Sierra Maestra à bord d’un avion civil : il apportait cent cinquante fusils semi-automatiques Garand qui tiraient neuf balles 30.06 par chargeur et un fusil FAL que m’avait envoyé personnellement l’amiral Larrazábal, qui présidait le Gouvernement vénézuélien provisoire formé à la chute du dictateur Pérez Jiménez. Il rejoignit alors nos forces en compagnie d’autres compatriotes alors que nous livrions les derniers combats dans l’Est de Cuba.

Jiménez Moya fut grièvement blessé lors d’un encerclement d’un bataillon de troupes spéciales ennemies bien entraînées. Soigné par nos médecins de campagne, il se rétablit au point d’être prêt pour l’opération lancée contre Trujillo le 14 juin 1959.

Ce jour-là, cinquante-six combattants dominicains atterrirent à 18 h 20 sur l’aéroport militaire de Costanza, contraints de le faire à cause de l’heure à cet endroit, et non au site choisi au préalable. Presque tous moururent après une lutte héroïque.

Cent soixante-neuf autres arrivèrent par mer quelques jours plus tard et subirent le même sort. Il fut impossible de mettre en pratique l’idée coordonnée et élaborée par les combattants eux-mêmes. C’est là une histoire encore à écrire.

Le sang versé en commun dans nos guerres d’Indépendance et dans les années 50 et 60 a uni à jamais nos deux peuples.

Une fois la Révolution victorieuse, notre pays fut soumis sous l’administration Eisenhower et la suivante à un blocus économique rigoureux et à une campagne terroriste féroce, puis envahi à Playa Girón par des troupes mercenaires cubaines.

En République dominicaine, en 1965, le colonel Francisco Caamaño Deñó se souleva contre les chefs militaires d’obédience trujilliste et exigea le retour de Juan Bosch, qui avait été élu président en décembre 1961 ; il fut secondé par un groupe de révolutionnaires entraînés à Cuba.

Puis élu président par le Congrès dominicain.

Effrayé par le cours des événements, le gouvernement impérialiste des États-Unis dépêcha la 82e division aéroportée et plus de 40 00 marines qui occupèrent l’île.

Caamaño tint en échec les puissantes forces de l’envahisseur et ne cessa de les harceler, les contraignant à des négociations : il avait juré de ne jamais se rendre. Quand ceux qui avaient signé un accord ne donnèrent jamais les garanties requises, le colonel Caamaño abandonna le territoire national, nommé attaché militaire à Londres.

Mais ce n’était pas un homme à se résigner à cette tâche. Il voulait rentrer à Saint-Domingue pour lutter contre ceux qui opprimaient son peuple. Et il s’adressa à nous pour obtenir notre coopération.

Nous ne souhaitions pas qu’il risque sa vie à n’importe quel moment, nous aurions voulu attendre des circonstances plus favorables, mais notre parole était sacrée.

Il vécut un temps parmi nous, confiant dans la promesse que nous lui avions faite de faciliter son retour, les armes à la main, dès qu’il le déciderait.

Nous considérerons toujours comme un grand honneur qu’il ait déposé sa confiance en notre peuple.

C’est là encore une autre histoire qu’il faudrait écrire avec toute la rigueur nécessaire.

Je savais que Leonel admirait entre autres choses la culture de notre peuple. Je me suis donc permis de lui présenter une page de vingt-six lignes contenant une très brève biographie du poète noir Gabriel de la Concepción Valdés, connu comme Plácido, arrêté le 1er mars 1844, en même temps que d’autres de sa race, sous l’accusation de conspirer contre les Blancs et fusillé, après quatre mois de prison, le 29 juin.

Telle était la conception de la justice que l’Empire espagnol appliqua des siècles durant à Saint-Domingue et à Cuba.

J’ai appris en dernière année de primaire chez les jésuites du collège Doloroes la fameuse « Prière à Dieu » de ce poète génial et je ne l’ai jamais oubliée.

Leonel l’a lue. Il était accompagné du compañero Estebán Lazo, membre du Bureau politique, que le parti vient de charger d’organiser le deux centième anniversaire du poète qui aura lieu dans quinze jours.

Je me réjouis de savoir que notre peuple pourra mieux connaître la vie, la pensée et les vers insurpassables de Plácido.

Là où la conversation avec Leonel prend sa plus grande dimension, c’est quand on entre dans la question du coût de la crise actuelle : dès lors, son cerveau ne cesse une seconde de tisser des raisonnements, de décrire en chiffres exacts chacun des principaux chapitres de cette crise.

Il commence par éclaircir la confusion presque universelle entre le billion anglais et le billón espagnol : le billion anglais équivaut à un millier de milliards ; le billón espagnol  équivaut à un million de millions.

Ceci engendre une énorme confusion dans les dépêches de presse et les articles.

Aussi Leonel préfère-t-il utiliser le mot trillón, pour désigner le billion des Etats-Unis.

Ainsi, pour parler du PIB des USA, qui se monte à presque 15 millions de millions, il dit qu’il avoisine les 15 trillones de dollars.

Ceci précisé, il se lance aussitôt dans une explication du montant de ce que Bush a dépensé dans la guerre en Iraq, ajouté au déficit budgétaire annuel de ce pays, ce qu’il calcule un par un, jusqu’au 19 mars prochain ; à quoi il ajoute le plan de sauvetage de Bush, à quoi il ajoute le plan de sauvetage d’Obama, et ainsi de suite.

Mais il ne se borne pas à ce que la crise coûte aux États-Unis : il calcule aussi ce qu’elle coûte aux pays d’Europe, d’abord à ceux de la zone euro qui sont appuyés par la Banque centrale européenne, puis à ceux de tous les pays de l’Est européen, et enfin à la Grande-Bretagne et à la Suède.

Leonel passe aussitôt en revue les coûts pour tous les autres pays du monde.

Il compare le PIB des États-Unis et des autres nations. Il les ajoute tous. Il calcule les déficits prévus dans chacune. Il calcule aussi les prêts que font les banques pour soutenir la production de chaque entreprise productive, toutes les fois qu’elles prêtent l’argent déposé dans leurs coffres, les sommes du total des prêts générateurs de dérivés toxiques, tout ceci équivalant à des centaines de trillones de dollars.

La spéculation financière règne partout, affirme Leonel.

« La spéculation est le fait de gens qui ne travaillent pas. »

« L’un vend du pétrole qu’il ne produit pas et l’autre achète un pétrole qu’il ne pense pas consommer. »

« C’est pareil avec les aliments. »

« C’est pareil pour tout. »

L’hypothèque se convertit en un titre qui se vend sur le marché – poursuit-il – sans que le maître du logement le sache. Il peut le perdre par suite d’une opération qui se réalise dans un pays lointain.

« Le néolibéralisme s’effondre sous son propre poids. »

« En revenir aux principes du keynésianisme ne résout pas la crise actuel. »

« Il faut chercher des idées nouvelles. »

Leonel sait que les chiffres sont pharamineux ; et il s’inquiète du fait qu’ils risquent de ne pas être compris tant ils semblent incongrus, et il promet de continuer de fournir des données.

Je définirais la thèse de Leonel comme suit : le capitalisme suinte des toxines vénéneuses par tous les pores.

Compte tenu de la passion qui vibre dans la voix de Leonel, je déduis que les Yankees maudiront l’arithmétique qu’ils lui ont apprise à New York en même temps que la lecture et l’écriture.

Pour sa part, le puissant organe des finances internationales, The Wall Street Journal, a publié le 2 mars un article de Tunku Varadarajan, où celui-ci affirme que Nouriel Roubini, le gourou de l’économie, soutient fermement qu’une intervention temporaire est la meilleure solution à la crise financière :

« Nouriel Roubini s’habille toujours en blanc et noir, je le connais depuis presque deux ans, je l’ai vu en différentes circonstances : se rendant à ses cours à l’Ecole de commerce Stern, de l’Université de New York, où il est professeur ; prenant un verre de vin chez lui, dans le quartier de Tribeca à Manhattan ; lors d’une conférence savante, assis sagement à la présidence ; dans une fête bohème au Greenwich Village, à trois heures du matin.

« Il porte toujours un costume noir sur une chemise de lin blanche. »

Roubini est le propriétaire d’une société-conseil, Roubini Global Economics, en plein centre de New York. Il est de nos jours la personne dont les principaux organes de presse étasuniens réclament les vues avec le plus d’insistance.

« L’idée que le gouvernement débourse des billions de dollars pour sauver des institutions financières et continue de dépenser de l’argent dans des actifs irrécouvrables n’est pas attrayante, parce que le coût fiscale est bien plus élevé ; au lieu d’être jugée comme quelque chose de bolchevique, la nationalisation est vue comme pragmatique. Paradoxalement, la proposition est plus orientée vers le marché que l’alternative des banques zombies.

« Dès lors, les hauts dirigeants de l’administration étasunienne seront-ils réceptifs à l’idée de nationaliser les banques ? « Je crois que oui », affirme Roubini sans hésiter. « Des gens comme Lindsey Graham [le sénateur républicain conservateur] et Alan Greenspan [l’ancien président de la Federal Reserve] lui ont donné explicitement leur bénédiction, ce qui protège Obama en quelque sorte ». »

« Quelle est exactement la philosophie économique de Nouriel Roubini? « Je crois à l’économie de marché – insiste-t-il. Je crois que le gens réagissent aux stimulants, que les stimulants sont importants, et que les prix reflètent la façon dont les choses devraient être distribuées. Mais je crois aussi que les économies de marché ont parfois des ratés et quand ça arrive, il y a place pour une régulation prudente (sans excès) du système financier. » »

Il y a deux choses sur lesquelles Greenspan s’est complètement trompé : croire d’abord que le marché se régule soi-même ; ensuite, que le marché fonctionne sans ratés.

Bref, pour le journaliste du Wall Street Journal, Tunku Varadarajan, et l’éminent expert Nouriel Roubini, le système capitaliste ne peut fonctionner sans le marché, mais le marché ne se laisse pas réguler, si bien que l’Etat doit garantir les deux choses.

Je comprends l’angoisse de Leonel quand il réfléchit sérieusement au coût de la crise. La société qui a poussé le système capitaliste développé à son maximum ne sait pas comment faire face au problème, et ses théoriciens les plus connus lancent des idées comme celles que je viens de reproduire.

Leonel revient avec la plus grande sérénité du monde aux problèmes plus concrets de Saint-Domingue, signalant chacune des mesures qu’il se propose de prendre dans les prochaines années. Sur ce point, son cheval de bataille, ce sont les fonds sociaux. Il avance avec force l’idée que, en ce qui concerne les fonds sociaux des pays latino-américains, les retenues des salaires réels des travailleurs constituent une source de capitaux qui, gérés par l’État, accumule des ressources dont la valeur ne diminue pas mais s’élève au contraire d’année en année.

Si l’on retient une part réelle du travail vif qui s’investit chaque année dans ces fonds, ceux-ci, placés dans des logements et d’autres services clefs de la population, verraient leur valeur croître constamment.

En suivant les Rencontres internationales d’économistes sur la mondialisation et le développement qui se tiennent à La Havane, j’ai constaté durant les deux premières journées que des économistes de prestige international mettaient fortement l’accent sur la recherche d’une source d’accumulation du capital qui serait au service de la société, dans l’espoir de la délivrer des crises qu’elle souffre.

Devant ce cumul de théories et de solutions salvatrices, d’autres réalités me viennent soudain à l’esprit, et je me demande :

La science pourra-t-elle donner la réponse urgente requise à la fonte des banquises des cercles polaires arctique et antarctique qui s’opère sous nos yeux, alors que les niveaux de chaleur de l’atmosphère sont les plus élevés des sept cent mille dernières années, ce que savent les Nations Unies et d’autres institutions prestigieuses ?

Je comprends que de tels chiffres puissent décourager certains, mais ne serait-il pas pire de les ignorer ?

Ma conversation avec Leonel n’a pourtant pas conclu là-dessus. Il m’a dit qu’il se rendrait à Santiago de Cuba pour déposer une gerbe devant l’urne où sont conservés les restes de notre Héros national, cet homme qui avait déclaré à Montecristi que la bataille finale contre le pouvoir colonial espagnol visait à libérer Cuba et Porto Rico, et qui avait été accompagné par Máximo Gómez, ce Dominicain qui nous a appris et a perfectionné dans les campagnes cubaines la charge à la machette.

Martí avait lancé à Dos Ríos le mot d’ordre qui a présidé aux luttes ultérieures de notre peuple contre la mainmise impérialiste sur les pays latino-américains.

Avant de partir, Leonel m’a dit : « Sais-tu? Je ne veux pas partir de Cuba sans visiter la caserne Moncada. » Je ne me souvenais même plus de cette forteresse au milieu de tant d’autres choses. Je n’ai pas fait de longs commentaires et je l’ai remercié de ses égards. Il a voulu prendre une photo avec un appareil numérique. On en a cherché un. Quand il m’a dit que c’était parce qu’il ne voulait pas s’exposer à un démenti, je lui ai répondu en blaguant que personne ne courrait ce risque, parce qu’on sait que je serais capable de prendre un avion et d’atterrir dans un pays voisin.

Le temps s’était écoulé d’une manière très agréable. Tout en écrivant ces lignes ce mercredi 4, j’écoute la harangue enflammée de Manuel Zelaya, le président hondurien, aux Rencontres sur la mondialisation et le développement. Encore plus enflammée a été sa dénonciation du blocus imposé à Cuba. Un orateur impressionnant. Dommage qu’il reparte aujourd’hui sans que je puisse le saluer. C’est sa seconde visite à Cuba. Mais que faire, où trouver le temps ?

Fidel Castro Ruz

Le 4 mars 2009

15 h 35

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Réflexions du compañero Fidel : DES CHANGEMENTS SALUBRES AU CONSEIL DES MINISTRES

Des agences de presse s’offusquent devant les changements intervenus au sein du pouvoir exécutif.

Plusieurs d’entre elles parlent ou se font l’écho de rumeurs « populaires » au sujet de la substitution des « hommes de Raúl » aux « hommes de Fidel ».

Je n’ai jamais proposé la plupart de ceux qui ont été remplacés. Ils ont toujours été nommés à leurs postes par d’autres compagnons de la direction du parti ou de l’État. Je ne me suis jamais livré à ce genre de besogne.

Je n’ai jamais sous-estimé l’intelligence humaine ni la vanité des hommes.

On m’a consulté à propos des nouveaux ministres qui viennent d’être nommés, bien qu’aucune norme n’ait obligé les compagnons à le faire, car j’ai renoncé aux prérogatives du pouvoir depuis longtemps. Ils ont tout simplement agi en révolutionnaires authentiques qui portent en eux la loyauté aux principes.

On n’a commis aucune injustice envers certains cadres.

Aucun des deux que les dépêches signalaient comme les plus lésés n’a dit un mot pour exprimer son désaccord. Ce n’est absolument pas faute de courage personnel, mais pour une tout autre raison : le miel du pouvoir – qui ne leur a coûté aucun sacrifice – a éveillé en eux des ambitions qui les ont poussés à jouer un rôle indigne. L’ennemi extérieur s’est fait des illusions à leur sujet.

Je n’accepte pas qu’on mêle maintenant les commérages avec la Classique du base-ball sur le point de commencer. J’ai dit très clairement que nos joueurs étaient des jeunes de première ligne et des hommes de « la Patrie ou la Mort ».

Comme je l’ai dit d’autres fois, nous reviendrons avec le bouclier ou sur lui.

Nous vaincrons parce que nous savons et pouvons combiner quelque chose qui est seulement à la portée d’hommes libres et sans maîtres, non de joueurs professionnels.

Leonel Fernández m’a raconté hier après-midi que les excellents professionnels dominicains ne souhaitaient pas participer à ces compétitions, qu’ils seraient donc absents, au grand dam du peuple qui les a vus naître.

Chávez ignore encore pourquoi nos joueurs vaincront ses magnifiques lanceurs et batteurs.

L’équipe cubaine qui se mesurera cette année aux meilleurs pros des États-Unis et du Japon dans le cadre des Ligues majeures est bien plus forte et mieux entraînée que celle d’il y a trois ans.

Beaucoup d’eux sont déjà chevronnés malgré leur jeunesse. Aucun des joueurs sélectionnés n’est resté à la maison, sauf pour des motifs de santé.

J’assume toute la responsabilité pour le succès et la défaite. Les victoires nous appartiendront à tous, mais la défaite ne sera jamais orpheline.

Patria o Muerte ! Venceremos !

Fidel Castro Ruz

Le 3 mars 2009

11 h 32

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Allocution de María Esther Reus, Ministre de la Justice de la République de Cuba au Segment de haut niveau de la 10ème Session du Conseil des droits de l’homme

Genève, le 3 mars 2009

Monsieur le Président,

Voilà maintenant trois ans que ce Conseil des droits de l’homme a initié ses travaux.

Il est né de la nécessité inéluctable de sortir du profond discrédit dans lequel avait sombré la Commission des droits de l’homme, bloquée par le deux poids deux mesures, la confrontation et la manipulation politique que les États-Unis et leurs alliés avaient imposés à ses travaux. Il est né de débats et de négociations intenses et participatives. Sa représentativité est désormais garantie par la distribution géographique adéquate de ses membres. Et il est subordonné, comme de juste, à l’Assemblée générale des Nations Unies, sans risques, donc, de vetos ou de diktats qui freinent ses travaux.

Le Conseil s’est doté de solides fondements démocratiques dans ses méthodes de travail et dans la mise au point de son ordre du jour. Ce qui explique pourquoi les néoconservateurs, ayant échoué à le convertir en outil à l’appui de leurs visées de domination mondiale et de légitimation de leurs prétextes à des guerres de pillage et de conquête, l’ont disqualifié et attaqué avec fureur. L’administration Bush, tout en recourant à l’enlèvement, à la disparition forcée et à la torture contre des centaines de personnes à travers le monde au nom d’une prétendue lutte contre le terrorisme, tout en violant le droit international et en restreignant le droit des peuples à l’autodétermination sous couvert d’un attachement captieux à la liberté et à la démocratie, n’a pas eu d’autre choix que se tenir à l’écart des travaux de ce Conseil. Ce dont, à vrai dire, nul ne s’est plaint et où personne ne les regrette.

Néanmoins, les défis et les menaces à un vrai climat de coopération et de dialogue au sein du Conseil sont encore significatifs. Le Mouvement des pays non alignés a dénoncé le fait qu’il a été impossible à ce jour de mettre fin à tous les mandats de pays établis sur les bases discriminatoires et sélectives qui avaient caractérisé le traitement du point 9 à la Commission des droits de l’homme.

Ce qui est toutefois hors de doute, quand on analyse les choses d’une manière rationnelle et objective, c’est le bilan positif que l’on peut dresser de ces trois années de travail.

Sa mise en place institutionnelle définitive a consacré la volonté de la majorité sur ceux qui ont tenté jusqu’au dernier moment de la bloquer et de la faire jouer au service de leurs intérêts. Elle a été en particulier une victoire du Mouvement des pays non alignés qui y a contribué activement et qui a pris l’initiative ayant permis, avec l’appui de bien d’autres pays, d’entériner à l’Assemblée générale l’accord adopté ici.

En sa courte existence, le Conseil est parvenu à consolider des pratiques efficaces d’examen vraiment universel de la situation des droits de l’homme dans le monde, et un climat de respect et de confiance indispensable à son bon fonctionnement.

Le mécanisme le plus novateur et le plus typique du Conseil, l’Examen périodique universel, maintenant pleinement opérationnel, a permis, au cours de quatre cycles, d’analyser soixante-quatre pays, soit le tiers des membres des Nations Unies. Consolider son fonctionnement et améliorer la démarche de coopération et de dialogue respectueux qui a présidé à ses débats constitue un devoir collectif et une priorité pour tous.

Le Conseil a aussi fait preuve de sa capacité à aborder des situations imprévues qui exigent l’attention de la communauté internationale.

Il a analysé à plusieurs reprises les graves violations des droits humains commises par Israël contre le peuple palestinien. L’examen le plus récent a concerné l’agression militaire brutale et massive lancée par Israël contre la population palestinienne de la Bande de Gaza et ayant abouti au massacre de milliers de civils, la plupart des femmes et des enfants. Au nom du Mouvement des pays non alignés, Cuba a été au départ de la session extraordinaire qui a débattu cette situation dramatique.

Les deux sessions extraordinaires consacrées à des questions thématiques ont constitué un jalon dans les travaux du Conseil. La première, réclamée par Cuba au nom du Mouvement des pays non alignés, a permis de discuter de la crise alimentaire mondiale et de suggérer des réponses à ses graves retombées sur la réalisation du droit humain à l’alimentation. La seconde, conclue récemment, a permis au Conseil de participer au débat mondial en cours sur la crise économique et financière et de signaler en particulier que toute solution à celle-ci doit tenir compte de la perspective des droits de l’homme. Des initiatives de ce genre prouvent la capacité de réaction du Conseil à des situations imprévues qui ne sont pas limitées par des frontières nationales ni ne découlent de conflits internes ou de différends internationaux.

Monsieur le Président,

La communauté internationale attend de nous que nous répondions d’une manière collective et efficace à la grande attente qu’a éveillée l’arrivée d’une nouvelle administration aux États-Unis et que nous solutionnions d’une façon juste et réelle la crise colossale qui frappe l’humanité. Nous suggérons à ceux qui critiquent et attaquent le Conseil parce qu’ils ont perdu leurs douteux privilèges, à ceux qui, arguant d’une rhétorique du changement, prétendent restaurer de vieilles démarches de confrontation et de sélectivité, de dûment réfléchir, et nous les invitons à s’unir, avec sérénité et modestie, à nos efforts pour instaurer un monde où chacun aura droit à la paix, à la justice et au développement.

Alors que le monde connaît de très graves problèmes – aux retombées incommensurables – fruits de la profonde crise économique, financière, énergétique, environnementale, alimentaire et sociale en cours, le droit à la solidarité internationale devient une revendication incontournable dont le Conseil doit assurer la mise en œuvre.

Le Conseil devra continuer de réclamer la concrétisation du droit au développement. On ne saurait sacrifier l’Aide publique au développement sur l’autel de la crise économique internationale. Car, s’il est quelque chose de clair, c’est que les pays développés ont les ressources requises. Il suffit de voir avec quel zèle ils mobilisent des sommes astronomiques pour sauver des banquiers et des sociétés qui ont spéculé et joué sur les marchés financiers comme s’il s’agissait de casinos de Las Vegas ! Corrélativement, la quantité d’affamés et de pauvres augmente à toute allure, si bien que les modestes Objectifs du Millénaire pour le développement ne pourront pas être atteints.

Tant qu’un ordre économique et politique international injuste et discriminatoire persistera, le Conseil devra continuer d’en réclamer un qui soit démocratique et équitable.

Tant que l’on imposera des mesures coercitives unilatérales et que l’on maintiendra de rigides blocus, tel celui dont Cuba est victime depuis cinquante ans, le Conseil devra rejeter ces pratiques et en exiger la cessation.

Tant que l’injustice et les inégalités persisteront dans le monde, que la famine frappera presque un milliard d’êtres humains, que plus de huit cent millions de personnes vivront sans savoir lire ni écrire et que plus de onze millions d’enfants mourront avant leur cinquième anniversaire, le Conseil devra œuvrer en faveur des droits économiques, sociaux et culturels avec autant de force et de conviction qu’il le fait quand il s’agit des droits civils et politiques.

Tant que le patrimoine culturel des peuples, le respect de la diversité et l’accès à la culture de centaines de millions de personne seront menacés, le Conseil ne pourra pas renoncer à des mécanismes thématiques qui contribueront à la concrétisation des droits culturels.

Monsieur le Président,

Cuba a livré, vingt longues années durant, une bataille exemplaire contre la manœuvre injuste et sélective que les États-Unis avaient imposée à la Commission des droits de l’homme en vue de fabriquer un prétexte à la poursuite de leur politique d’hostilité, de blocus et d’agressions contre notre patrie.

Le Conseil des droits de l’homme a finalement mis un terme à cette manipulation, faisant là acte de justice et respect à la ferme résistance de notre peuple. Ce jour-là, le Conseil s’est débarrassé d’un pesant boulet.

Cuba vient de présenter son rapport au mécanisme d’Examen périodique universel, dont les résultats positifs constituent une reconnaissance vaste et incontestable à l’œuvre de la Révolution cubaine en faveur des droits de l’homme, ainsi qu’un clair encouragement pour elle à ne cesser de les promouvoir et de les protéger.

Il a été prouvé une fois de plus qu’aucune analyse universelle et objective ne peut mettre les acquis de Cuba sous le boisseau. Nous assumons les expressions de solidarité et d’estime que nous avons reçues comme un engagement à continuer de perfectionner notre œuvre.

Nous réitérons notre volonté de coopérer avec ce Conseil et avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies et de leurs institutions à condition qu’ils soient universels et non discriminatoires. Nous confirmons notre volonté de dialogue avec tous les États à condition que les fondements en soient le respect mutuel, l’acceptation de l’égalité souveraine et la reconnaissance du droit de chaque peuple à choisir son système politique et ses institutions.

C’est la dernière fois que Cuba interviendra à ce Segment de haut niveau à titre de présidente du Mouvement des pays non alignés. Nous nous félicitons de constater que celui-ci est aujourd’hui un acteur respecté et actif du Conseil. Les pays non alignés continueront d’œuvrer à partir de juillet, sous la présidence de l’Égypte, avec autant de maturité, d’engagement et de détermination.

Je tiens, pour conclure, à formuler un vœu devant ce Conseil des droits de l’homme : pouvoir un jour vous informer – et remercier tous ceux qui nous ont soutenu dans ce sens – que les prisonniers politiques cubains René González, Fernando González, Antonio Guerrero, Gerardo Hernández y Ramón Labañino sont enfin rentrés dans leur patrie au terme d’années interminables d’incarcération injuste et cruelle aux États-Unis, que le blocus à Cuba a été levé et que notre peuple a enfin le droit de bâtir dans la paix son avenir de justice, d’égalité et de dignité pour tous ses enfants.

Je vous remercie.

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NOTE OFFICIELLE DU CONSEIL D’ETAT, Mouvement de cadres et restructuration d’organismes à Cuba

Le président cubain, Raoul Castro, a annoncé une réorganisation sans précédent dans le gouvernement puisqu’il implique le changement de 11 ministres et la fusion de quatre ministères en deux autres nouveaux ministères, ainsi que la sortie du gouvernement de l’un des douze vice présidents du conseil des ministres. parmi les changements on note le remplacement du ministre des affaires extérieures Felipe Pérez Roque et du vice président  Carlos Lage,deux des dirigeants les plus connus du pays, sortie qui annonce une restructuration en profondeur du gouvernement et au-delà probablement une ré-orientation tant au plan international que des réformes intérieures. Lage, qui a été l’initiateur des réformes de 1990, celles dites de la “période spéciale” conserve sa charge du vice président du Conseil d’Etat (Executif) sera remplacé par le général  José Amado Ricardo Guerra; tandis que la charge de Pérez Roque a été confiée au vice chancellier Bruno Rodríguez, selon un communiqué lu à la télévision.
Ces changement importants en matière d’orientation gouvernementale ont été annoncé dans le cadre d’une douzaine de mouvements, de remplacements et de fusions de ministères qui confirment une ample restructuration du gouvernemen qu’annonçait depuis un an Raoul Castro alors qu’il assumait la présidence, en remplacement de son frère Fidel en convalescence. Pedro Roque avait été durant une décade le secrétaire personnel de Fidel Castro. Ces changements qui correspondent à une volonté d’efficacité doivent être mis en regard des réformes qui sont en préparation, comme d’ailleurs du trés proche congrès du parti communiste cubain(le premier depuis plus de quatorze années).

Conformément aux déclarations formulées par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, lors de la séance de constitution de la 7e législature de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 24 février 2008, dans lesquelles il soulignait la nécessité aujourd’hui d’une « structure plus compacte et fonctionnelle, avec moins d’organismes de l’administration centrale de l’Etat et une meilleure distribution des fonctions qu’ils accomplissent » , le Conseil d’Etat, sur proposition de son président et après consultation du Bureau politique du Comité central du Parti, a décidé lors de sa réunion de ce jour de procéder au mouvement de cadres et à la restructuration de certains organismes de l’Administration centrale de l’Etat, comme suit :

Libérer le camarade José Luis Rodriguez Garcia de ses responsabilités de vice-président du Conseil des ministres et de ministre de l’Economie et de la Planification.

Désigner le camarade Marino Murillo Jorge aux postes de vice-président du Conseil des ministres et de ministre de l’Economie et de la Planification, et le libérer de sa responsabilité de ministre du Commerce intérieur.

Libérer le camarade Otto Rivero Torres de ses responsabilités de vice-président du Conseil des ministres, compte tenu du fait que les programmes qu’il supervisait ont été transférés aux organismes compétents, chargés des investissements correspondants. Le vice-président du gouvernement Ramiro Valdés Menendez sera chargé de leur coordination et de leur contrôle.

Fusionner le ministère du Commerce extérieur et celui pour l’Investissement étranger et la Coopération économique, et désigner le camarade Rodrigo Malmierca Diaz au poste de ministre du Commerce extérieur et de l’Investissement étranger, qui régira toutes les activités de coopération économique du pays.

Libérer le camarade Raul de la Nuez Ramirez de ses responsabilités de ministre du Commerce extérieur.

Fusionner les ministères de l’Industrie alimentaire et de l’Industrie de la pêche et désigner la camarade Maria del Carmen Concepcion Gonzalez, préalablement libérée de ses obligations de membre du secrétariat du Comité central du Parti, au poste de ministre de l’Industrie alimentaire, qui régira toutes les activités de l’industrie de la pêche.

Libérer les camarades Alejandro Roca Iglesias et Alfredo Lopez Valdés de leurs responsabilités de ministres de l’Industrie alimentaire et de l’Industrie de la pêche, respectivement.

Libérer le camarade Felipe Pérez Roque de ses responsabilités de ministre des Relations extérieures et promouvoir à cette charge l’actuel premier vice-ministre Bruno Rodriguez Parrilla.

Libérer la camarade Georgina Barreiro Fajardo du poste de ministre des Finances et des Prix et désigner à sa place la camarade Lina Pedraza Rodriguez, elle aussi libérée de ses responsabilités de membre du Secrétariat du Comité central du PCC, à partir desquelles elle s’occupait des organes nationaux d’économie.

Libérer le camarade Fernando Acosta Santana de ses fonctions de ministre de l’Industrie sidéro-mécanique et désigner à sa place le général de brigade Salvador Pardo Cruz, jusque-là directeur général de l’Union de l’industrie militaire.

Promouvoir le camarade Jacinto Angulo Pardo, premier vice-ministre du Commerce intérieur, au poste de ministre de cet organisme.

Libérer le camarade Alfredo Morales Cartaya du poste de ministre du Travail et de la Sécurité sociale et promouvoir à ce poste la camarade de Margarita Marlene Gonzalez Fernandez, actuellement première vice-ministre de cet organisme.

Désigner au poste de ministre de la Science, de la Technologie et de l’Environnement, un organisme qui se verra confier la responsabilité du Pôle scientifique, le camarade José M. Miyar Barrueco, libéré à ce titre de ses responsabilités de secrétaire du Conseil d’Etat.

Désigner à titre provisoire, pour ratification ultérieure par l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire lors de la prochaine session ordinaire, le député Homero Acosta Alvarez au poste de secrétaire du Conseil d’Etat, avec pour mission d’assister et de seconder le président, le premier vice-président, les vice-présidents et les autres membres du Conseil d’Etat dans l’exercice des attributions de cet organe, telles que définies aux articles 89, 90 et 93 de la Constitution de la République.

Le poste de secrétaire du Conseil d’Etat ne constitue pas en soi une instance ayant des facultés de décision au niveau étatique ou jouant un rôle de premier ordre dans la direction de l’Etat.

Libérer le camarade Carlos Lage Davila de son poste de secrétaire du Conseil des ministres et désigner à ce poste le chef actuel du secrétariat du ministre des Forces armées révolutionnaires, le général de brigade José Amado Ricardo Guerra, avec pour mission d’assister et de seconder le président du Conseil des ministres, le premier vice-président et les autres membres du Conseil exécutif dans leurs activités, conformément à l’article 97 de la Constitution de la République et à la législation en vigueur. Ce poste ne constitue pas légalement une instance ayant des facultés de décision en matière gouvernementale et ne joue pas un rôle de premier ordre dans la direction du gouvernement.

Dans le cadre de ces décisions, le Bureau politique et le Conseil d’Etat ont ratifié l’actualité des déclarations du camarade Raul Castro lorsqu’il affirmait, le 24 février 2008 : « (…) Les institutions constituent un des piliers de l’invulnérabilité de la Révolution sur le terrain politique, ce qui nous oblige à travailler à son perfectionnement constant. Ne jamais croire que ce que nous avons fait est parfait. »

Conformément à ce qui précède, le Conseil d’Etat est convenu qu’il est nécessaire de continuer à étudier la nouvelle structure du gouvernement dans le but d’en réduire progressivement l’envergure, tout en augmentant son efficacité.

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Le plus grave attentat terroriste dirigé contre Cuba

Le plus grave attentat terroriste dirigé contre Cuba, et celui qui a causé le plus de victimes, a été le sabotage du cargo français ‘La Coubre’. Il a été réalisé le 4 mars 1960, dans la baie du port de la Havane, au moment où se déchargeaient plus de 70 tonnes de grenades et de munitions achetées en Belgique.

C’est à trois heures de l’après-midi qu’une explosion a provoqué la mort de plusieurs dockers et causé un grand chaos dans la zone du port. La population accourut immédiatement pour porter secours aux blessés mais une seconde explosion a élevé le nombre de victimes mortelles à 101. Il y a eu également 209 blessés dont certains furent gravement mutilés.

Une analyse minutieuse des faits a démontré que les explosions ont été le résultat d’un acte terroriste et non pas d’un accident dû à une manipulation incorrecte de la charge.
Lors de l’enterrement des victimes, le Commandant Fidel Castro a mis à nu les intentions évidentes du gouvernement des États-Unis d’empêcher les Forces Armées Révolutionnaires d’augmenter leur capacité combative.

L’un des tests réalisés a été de lancer une caisse de grenades au sol depuis un petit avion en vol. La caisse n’a pas explosé, ce qui démontrait que sa manipulation était sans danger.
Le leader révolutionnaire a également fait allusion aux pressions auxquelles avait été soumis le gouvernement de Grande Bretagne afin qu’elle se refuse à vendre des armes à Cuba. Plus tard, l’ambassade des États-Unis en Belgique, par l’intermédiaire de son consul et de son Attaché Militaire, avait également fait pression sur l’usine belge pour empêcher la vente d’armes à Cuba.

Malgré tout, la transaction commerciale a été réalisée et le bateau a été chargé à la mi-février dans le port d’Anvers. La charge avait été menée au lieu de l’embarquement sous la garde la plus stricte de la police des douanes et de la gendarmerie du gouvernement belge. Le convoi était parti de Bruxelles et avait fait deux arrêtes successifs à Hambourg puis à Brèmes avant d’arriver à Anvers.

Avant de parvenir à un port cubain, le bateau était resté plusieurs jours au quai N˚ 8 de Newport News, Norfolk, dans l’État de Virginie, afin de réparer la soute réfrigérée N˚ 6. C’est précisément dans cette partie de la cale qu’a été déposée, un mois après, la charge d’explosifs pour la livrer à La Havane.

Peu à peu, on a connu de nouvelles preuves. Le docteur José Luis Méndez, spécialiste du Centre de recherches historiques de la Sécurité de l’État de Cuba, a prouvé que quelques semaines avant l’attentat, le colonel de la CIA J.C. King avait pris contact, à Miami, avec Rolando Masferrer, le chef d’un groupe paramilitaire de la tyrannie de Batista. Il avait également rencontré Richard E. Brooks qui l’avait informé de la date d’arrivée du cargo et du port vers lequel il se dirigeait.

A quarante neuf ans du jour de ce sabotage, aucun document n’a été déclassifié, ni par la CIA, ni par le Département d’État, sur le thème, pas même le mémorandum le plus insignifiant.

Les paroles prononcées par Fidel Castro durant la cérémonie de l’enterrement font maintenant partie de l’Histoire de Cuba :

‘Non seulement nous saurons résister à n’importe quelle agression, non seulement nous sortirons vainqueurs de n’importe quelle agression. Si de nouveau nous n’avions pas d’autre alternative que celle qui a présidé le début de notre combat révolutionnaire, celle de la Liberté ou la Mort, maintenant que la Liberté signifie une chose de plus, la Liberté signifie Patrie, notre alternative sera alors : La Patrie ou la Mort ! ».

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