Réflexions du compañero Fidel, UNE AUTRE NOUVELLE QUI A ÉBRANLÉ LE MONDE

El Universal, de Mexico, informait ce qui suit le 25 avril 2009 :

« Francis Plummer, scientifique du laboratoire microbiologique de l’État canadien, a affirmé que la grippe qui attaque les Mexicains est un virus nouveau, non seulement pour les êtres humains, mais pour le monde. Voilà exactement une semaine… il a reçu un coup de fil à travers lequel on réclamait son aide pour analyser des échantillons en provenance du Mexique.

« ”Les tests par lesquels nous avons découvert ce nouveau virus ont porté uniquement sur les échantillons envoyées par les autorités mexicaines”, a-t-il insisté au sujet des seize cas ayant donné des résultats positifs sur le total de cinquante échantillons. »

Le journal La Jornada du 27 avril raconte avoir reçu le 5 avril l’information suivante de son correspondant de Veracruz, Andrés Timoteo :

« Le secrétariat à la Santé a établi un cordon sanitaire autour du village de La Gloria, commune de Perote, dont les habitants sont atteints par une étrange poussée d’infections respiratoires sévères… trois enfants de moins de deux ans sont décédés, et 60 p. 100 des trois mille habitants souffrent d’infections des voies respiratoires. »

Et La Jornada d’ajouter :

« Notre correspondant affirme dans sa note que les habitants attribuent l’apparition des infections à la pollution provoquée par les élevages de porcs de la transnationale Granjas Carroll.

« L’agent municipale Bertha Crisóstomo a réclamé l’appui des autorités sanitaires, car des dizaines de familles sont soudain tombées malades des voies respiratoires », continue d’expliquer le correspondant.

« Les symptômes dont souffrent les habitants de l’endroit sont, selon des témoins, des températures élevées, une toux très forte et des mucosités ; ils doivent s’aliter comme s’il s’agissait d’une infection de celles qui apparaissent à la saison froide. »

En fait, le laboratoire canadien du professeur Plummer n’a pas été le premier à faire la découverte : le CDC d’Atlanta l’avait faite le 17 avril. L’AH1N1 était un nouveau virus potentiellement très dangereux.

Qui plus est, le 11 avril, le Groupe d’alerte de l’Organisation panaméricaine de la santé, se basant sur les informations susmentionnées de la presse mexicaine, avait demandé au secrétaire à la Santé de vérifier l’apparition d’un prétendue poussée de grippe dans la communauté La Gloria, à Perote (Veracruz), parce qu’elle pouvait constituer un risque sanitaire d’importance internationale.

Dans n’importe quel pays, une information pareille exigeait aussitôt une enquête sérieuse sur cette question.

J’ai toujours admiré les avancées du Mexique en sécurité sociale, qui était la plus progressiste du continent. Nous y avons trouvé des amis qui nous ont aidés dans les premières années de notre Révolution.

C’est douloureux à dire, mais il était facile de découvrir avec les moyens actuels, en seulement quatre ou cinq jours, le virus qui provoquait ces affections, sans avoir besoin d’envoyer les échantillons au Canada. Comment expliquer que cette analyse n’a pas été réalisée sur place dès l’apparition des faits qui ont déclenché les démarches du Groupe d’alerte de l’Organisation panaméricaine de la santé ?

Ce n’est que le 24 avril que la première information  sur l’épidémie a été offerte à la communauté internationale. Les nouvelles sont inquiétantes. Voyons-en quelques-unes :

2 mai : 397 cas, 16 décès.

5 mai : 866 cas, 26 décès.

9 mai : 1 626 cas, 48 décès.

12 mai : 2 282 cas, 58 décès.

Toujours plus de pays sont touchés et, presque sans exception, par des personnes de retour du Mexique.

On a su voilà trois jours que la Chine, cette nation immense de plus de 1,3 milliard d’habitants, avait annoncé son premier cas positif de virus AH1N1, transmis par un jeune Chinois faisant des études aux États-Unis. Ceux-ci et le Mexique sont devenus les exportateurs mondiaux de l’épidémie. Il aurait peut-être été possible d’éviter cette expansion foudroyante. Ce n’est pas là un bienfait du gouvernement mexicain au monde, comme prétendent certains. Il faudrait maintenant en remercier les trois pays associés au sein de l’Accord de libre-échange d’Amérique du Nord (ALENA) : tous trois étaient à Port-of-Spain les 18 et 19 avril, tandis que la visite dObama au Mexique s’est déroulée les 16 et 17.

Que signifie une des ces épidémies pour Cuba ? Notre pays ne peut acheter des médicaments, des matières premières, des équipements ou des pièces d’appareils diagnostiques produits par les transnationales étasuniens, à cause de l’extraterritorialité que le gouvernement des États-Unis a imposée au monde. Pourquoi nous accuser d’être des ennemis du peuple mexicain parce que nous avons adopté les mesures préétablies pour protéger le nôtre ? Qui donc va dire maintenant au gouvernement chinois comment il doit protéger sa population ? Pourquoi mentir ? Pourquoi annoncer de prétendues représailles, comme l’ajournement d’un voyage déjà ajourné ? Les recettes du tourisme et des lignes aériennes seraient-elles donc plus importantes que la vie d’un compatriote ? Pourquoi nous menacer ? Nous ne sommes pas coupables des mesures draconiennes que l’épidémie nous a contraints d’appliquer face au gouvernement mexicain.

Quand les Etats-Unis ont lancé leurs mercenaires à Playa Giron, escortés par les marines, le général Lázaro Cárdenas, qui s’était couvert de gloire en nationalisant le pétrole mexicain, ne nous a pas menacés : au contraire, il a voulu venir à Cuba pour se battre à nos côtés. Voilà le Mexique à l’exemple duquel nous rendons hommage.

Est-il possible que personne n’ait absolument rien su au Mexique, les 16 et 17 avril, du cadeau que le pays ferait au monde six jours après ? Mêmes les services de renseignements des Etats-Unis, experts en information, ignoraient ce qui était sur le point d’arriver ?

Rien n’a changé au Mexique ces huit dernières années, hormis le virus. La grippe de 1918 a tué plus de gens que la Première Guerre mondiale.

C’est là une autre nouvelle qui a ébranlé le monde ! Faisons confiance à la science !

Fidel Castro Ruz

Le 14 mai 2009

07 h 43

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : CE QU’IL M’EST VENU À L’ESPRIT

On a annoncé aujourd’hui la présence à Cuba du virus de la grippe A(H1N1). Le porteur est un jeune Mexicain qui fait des études de médecine dans notre pays. Tout ce qu’on peut dire pour l’instant, c’est que le vecteur n’a pas été introduit par la CIA : il est venu du Mexique.

De quoi s’est plaint le président mexicain au sujet des mesures que Cuba a adoptées en accord avec les normes établies et sans la moindre intention de blesser le peuple frère mexicain ? Nous étions loin d’imaginer que l’épidémie se déclencherait dans ce pays et aux Etats-Unis.

Si les autorités mexicaines n’ont pas informé le monde de la présence de cette épidémie, c’est parce qu’elles attendaient la visite d’Obama, et maintenant le président Calderón menace de suspendre la sienne dans notre pays, déjà ajournée antérieurement pour d’autres raisons compréhensibles et sans rapport avec l’épidémie. Cuba et des dizaines d’autres pays paient les pots cassés, et on nous accuse par-dessus le marché d’avoir adopté des mesures nuisibles au Mexique !

Le président mexicain a affirmé, selon une importante agence de presse européenne : « J’allais effectivement me rendre à Cuba ces jours-ci ou ces semaines-ci, mais comme Cuba a interdit les vols au Mexique, il se peut que je ne puisse pas. C’est peut-être là une des conséquences imprévues qui n’ont pas assez de fondement technique. »

Une autre agence européenne a repris cette déclaration le lendemain. Les autorités mexicaines n’ont même pas été claires sur ce point. Et nous nous retrouvons maintenant classés comme un pays injuste, sans fondement technique et hostile au peuple mexicain.

Les étudiants mexicains ne sont en rien fautifs ; ce sont de belles personnes, tout comme les professeurs et les travailleurs cubains de l’Université latino-américaine de médecine qui appliquent rigoureusement les mesures de contrôle pertinente qu’imposent les circonstances.

Le plus juste, c’est que le peuple mexicain soit informé de la Déclaration de solidarité avec le Mexique adoptée par la Réunion des ministres des Affaires étrangères du Mouvement des pays non alignés dont les trois paragraphes affirment, entre autres :

« Les ministres des Affaires étrangères du Mouvement des pays non alignés… expriment leur vive inquiétude devant la grave situation provoquée par la poussée de grippe porcine au Mexique et leur profonde solidarité avec le gouvernement et le peuple de ce pays.

« Les ministres demandent à l’Organisation mondiale de la santé et aux organisations financières internationales d’apporter leur plein appui logistique et financier au gouvernement et au peuple mexicains afin de contribuer aux efforts qu’ils consentent pour combattre cette épidémie sans retard et efficacement…

« A cet égard, les ministres appellent l’Organisation mondiale de la santé, en coordination avec les autorités mexicaines, à assurer un suivi complet et systématique de cette épidémie afin d’endiguer toute nouvelle poussée. »

J’exprime simplement les idées qui me sont venues à l’esprit à mesures que les nouvelles arrivaient.

Fidel Castro Ruz

Le 11 mai 2009

21 h 38

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : La lutte vient juste de débuter

Les gouvernements peuvent bien changer, les instruments par lesquels ils ont fait de nous une colonie restent.

Pour un président étasunien ayant le sens de la morale, nous avons eu droit durant les vingt-huit années suivantes à trois qui ont commis des génocides et à un quatrième qui a internationalisé le blocus.

L’Organisation des États américains (OEA) a été l’instrument de ces crimes. Seul son coûteux appareil bureaucratique prend au sérieux les accords de sa Commission interaméricains des droits de l’homme (CIDH).

Notre nation a été la dernière colonie espagnole au terme de quatre siècles d’occupation et la première à se libérer de la domination des États-Unis au terme de plus de six décennies.

« La liberté coûte très cher, et il faut soit se résigner à vivre sans elle, soit se décider à la payer à son prix », nous a pris l’Apôtre de notre indépendance.

Cuba respecte les vues des gouvernements des pays frères d’Amérique latine et des Caraïbes qui pensent autrement, mais elle ne souhaite pas faire partie de cette organisation.

Daniel Ortega, qui a prononcé un discours courageux et historique à Port-of-Spain, a expliqué au peuple cubain que les pays indépendants d’Afrique n’avaient pas invité les anciennes puissances coloniales européennes à faire partie de l’Unité africaine. C’est là une position digne dont il faut tenir compte.

L’OEA n’a pas pu empêcher Reagan de déclencher sa sale guerre contre le peuple nicaraguayen, de miner les ports, de recourir au trafic de drogues pour acheter des armes et financer la mort, l’invalidité ou les lésions graves de dizaines de milliers de jeunes dans un si petit pays.

Qu’a fait l’OEA pour le protéger ? Qu’a-t-elle fait pour empêcher l’invasion de Saint-Domingue ; les assassinats ou les disparitions de centaines de milliers de personnes au Guatemala ; les attaques de l’aviation, les assassinats de figures ecclésiastiques éminentes, les répressions massives contre le peuple ; les invasions de la Grenade et du Panama ; le coup d’État au Chili, les tortures et les disparitions dans ce pays, mais aussi en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et ailleurs ? A-t-elle accusé une seule fois les États-Unis ? Comment évalue-t-elle ces faits sur le plan historique ?

Granma a publié hier mes Réflexions sur l’accord de la CDHI contre Cuba. J’ai eu ensuite la curiosité de connaître celui qu’elle a adopté contre le Venezuela. A peu près la même ordure.

La Révolution bolivarienne n’a pas accédé au pouvoir comme à Cuba. Dans notre pays, le processus politique avait été brusquement interrompu par un putsch militaire, promu par le gouvernement étasunien, le 10 mars 1952, à quelques semaines des élections générales prévues le 1er juin. Une fois de plus, le peuple cubain n’avait d’autre choix que la résignation. Mais les Cubains luttèrent de nouveau et cette fois-là le dénouement fut différent. Presque sept ans plus tard, la Révolution était victorieuse pour la première fois dans l’histoire du pays.

Les combattants révolutionnaires, équipés d’un minimum de ressources militaires dont ils arrachèrent plus de 90 p. 100 à l’ennemi pendant vingt-cinq mois de guerre, soutenus par le peuple et, lors de l’offensive finale, par une grève générale révolutionnaire, liquidèrent la tyrannie et contrôlèrent toutes ses forces et tous ses centres de pouvoir. La Révolution victorieuse devint source de droit, comme à n’importe quelle autre époque de l’Histoire.

Au Venezuela, ça a été différent. Chávez, un militaire révolutionnaire comme il en est d’autres sur notre continent, s’est installé à la présidence selon les normes de la Constitution bourgeoise en place, en tant que leader du Mouvement Ve République allié à d’autres forces de gauche. La Révolution et ses instruments restaient à créer. Si le soulèvement militaire qu’il dirigeait avait triomphé, la Révolution aurait peut-être suivi un autre cours au Venezuela. Chávez a été toutefois fidèle aux normes légales en place qui étaient désormais à sa portée comme voie de lutte principale. Il a développé l’habitude des consultations populaires chaque fois que de besoin.

Il a soumis la nouvelle Constitution à un référendum populaire. Il n’a pas tardé à faire l’expérience des méthodes de l’impérialisme et de ses alliés de l’oligarchie pour récupérer et conserver le pouvoir.

Le putsch du 11 avril 2002 a été la riposte de la contre-révolution.

Le peuple a réagi et l’a de nouveau porté au pouvoir alors que, isolé et coupé de tout, il était sur le point d’être liquidé par la droite qui le poussait à signer sa démission.

Chávez n’a pas plié, il a résisté jusqu’à ce que les marins vénézuéliens eux-mêmes le libèrent et que des pilotes d’hélicoptères des forces de l’air le ramènent au palais de Miraflores, alors occupé par le peuple et les soldats du fort Tiuna qui s’étaient soulevés contre les hauts gradés putschistes.

J’ai pensé ces jours-là que Chávez radicaliserait sa politique. Or, soucieux de l’unité et de la paix, il se montra généreux alors qu’il avait le plus de force et d’appui et engagea des conversations avec ses adversaires, en quête de coopération.

La réplique de l’impérialisme et de ses complices à cette attitude a été le putsch pétrolier. L’une des batailles les plus brillantes qu’il a menée durant cette période a sans doute été pour fournir des carburants au peuple vénézuélien.

Nous avions conversé bien des fois depuis sa première visite à Cuba en 1994 et sa conférence à l’Université de La Havane.

C’est quelqu’un de vraiment révolutionnaire, mais à mesure qu’il a pris conscience de l’injustice qui régnait dans la société vénézuélienne, sa pensée s’est approfondie jusqu’au moment où il s’est convaincu qu’il n’y avait pas d’autre choix au Venezuela qu’un changement radical et total.

Chávez connaît dans ses moindres détails les idées de Simón Bolívar qu’il admire profondément.

Ses ennemis intérieurs et extérieurs comprennent qu’il n’est pas aisé de vaincre un combattant tenace qui ne prend pas une minute de repos. Ils peuvent décider de le priver de la vie, mais ils savent ce que cela signifierait pour leurs intérêts. Il peut exister des fous et des fanatiques irresponsables, certes, mais les leaders, les peuples et même l’humanité en soi ne sont pas à l’abri de ces dangers.

Quand on y pense la tête froide, on constate que Chávez est aujourd’hui un formidable adversaire du système de production capitaliste et de l’impérialisme. Il est devenu un véritable expert au sujet de bien des nombreux problèmes fondamentaux de la société humaine. Je l’ai suivi ces jours-ci tandis qu’il inaugurait des dizaines de services de santé. Il est impressionnant. Il critique durement ce qu’il se passait dans des services vitaux comme l’hémodialyse qui étaient en des mains privées mais payées par l’État. Les pauvres étaient condamnés à mort s’ils n’avaient pas d’argent. C’était pareil dans de nombreux autres services dont disposent aujourd’hui les nouvelles installations dans des centres hospitaliers dotés des équipements les plus modernes.

Chávez maîtrise avec brio jusqu’aux moindres détails de la production nationale et des services sociaux. Il domine la théorie et la pratique du socialisme dont son pays a besoin et il s’efforce de matérialiser ses plus profondes convictions. Il définit le capitalisme tel qu’il est ; il ne peint pas des caricatures, il montre des radiographies et des images du système.

Il analyse un ensemble particulier et odieux de formes d’exploitation du travail humain, injuste, inégal, arbitraire. Il ne parle pas seulement des travailleurs : il les montre à la télévision en train de produire de leurs mains, de déployer leur énergie, leurs connaissances, leur intelligence, de créer des biens ou des services indispensables aux êtres humains ; il leur pose des questions sur leurs enfants, leur famille, leurs femmes ou leurs maris, leurs proches ; il veut savoir où ils vivent, ce qu’ils étudient, ce qu’ils font pour élever leurs connaissances ; il veut connaître leur âge, leurs salaires, leur prochaine retraite ; il dément les mensonges grotesque que les impérialistes et les capitalistes répandent au sujet de la propriété. Il montre des hôpitaux, des écoles, des usines, des garçons et des filles ; il fournit des données sur les usines en chantier au Venezuela, sur les machines, sur la croissance de l’emploi, sur les ressources naturelles ; il montre des graphiques et des cartes ; il donne des nouvelles sur la dernière découverte de gaz. La toute récente loi adoptée par le Congrès a porté nationalisation des soixante principales entreprises prestataires de services à PDVSA, la société publique de pétrole, pour plus de huit milliards de dollars annuels ; elles n’étaient pas de propriété privée, elles avaient été créées par les gouvernements néolibéraux avec les ressources de PDVSA.

Je n’avais jamais vu une idée transformée si clairement en images et transmise par la télévision. Chávez n’a pas seulement un talent spécial pour saisir et transmettre l’essence des processus ; doté d’une mémoire privilégiée, il oublie difficilement une phrase, un mot, un vers, une intonation musicale ; il combine des mots qui expriment des concepts nouveaux. Il parle d’un socialisme qui cherche la justice et l’égalité ; « tant que le colonialisme culturel persistera dans les esprits, le vieux n’en finira pas de mourir et le neuf n’en finira pas de naître ». Il combine des vers et des phrases éloquentes dans des articles et des lettres. Il a surtout fait la preuve qu’il était le leader politique vénézuélien capable de créer un parti, de transmettre sans cesse des idées révolutionnaires à ses militants et de les éduquer politiquement.

J’ai surtout observé les visages des capitaines et des membres d’équipage des bateaux des entreprises nationalisées : quand ils ont pris la parole, ils ont exprimé leur orgueil intérieur, leur gratitude pour être reconnus à leur juste valeur, leur sécurité en l’avenir ; les étudiants d’économie en fin d’études, pleins de joie, ont nommé Chávez parrain de leur promotion quand celui-ci leur a dit qu’on avait besoin de plus de quatre cents d’entre eux pour travailler en Argentine, une fois le cours fini, dans les plus de deux cents usines qui verront le jour dans le cadre du programme souscrit avec ce pays et où ils familiariseront avec les procès de production.

Ramonet était aux côtés de Chávez, étonné de son travail. Quand, voilà à peu près huit ans, Cuba a débuté sa coopération révolutionnaire avec le Venezuela, Ramonet me posait des tas de questions au palais de la Révolution. Bien informé, il se triture les méninges pour tenter de deviner ce qui se substituera au système de production capitaliste. L’expérience vénézuélienne l’étonne assurément. J’ai été témoin d’un effort singulier dans ce sens.

C’est un bataille d’idées que l’adversaire a perdue d’avance parce qu’il n’a rien à offrir à l’humanité.

Ce n’est pas pour rien que l’OEA s’efforce hypocritement de présenter Chávez en ennemi de la liberté d’expression et de la démocratie. Presque un demi-siècle s’est écoulé depuis que ces armes émoussées et retorses se sont brisées contre la fermeté du peuple cubain. Aujourd’hui, le Venezuela n’est pas seul, et il peut aussi faire fond sur l’expérience de deux cents ans d’une histoire patriotique exceptionnelle.

C’est une lutte qui vient de juste de débuter sur notre continent.

Fidel Castro Ruz

Le 10 mai 2009

13 h 36

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : DE NOUVEAU LA PUTRIDE OEA

L’agence de presse allemande DPA a fait savoir hier que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) de l’Organisation des États américains (OEA) avait adopté un rapport dans laquelle elle signalait que Cuba « a continué de transgresser » les droits fondamentaux en maintenant ses « restrictions » aux droits politiques et civils de la population, et qu’elle restait le « seul » pays de la région où il n’existait aucune liberté d’expression.

Existe-t-il donc une CIDH dans cette putride institution ? Oui, elle existe. Et quelle est sa mission? Juger de la situation des droits de l’homme dans les pays membres de l’OEA. Les États-Unis sont-ils membres de cette organisation ? Oui, ils en sont même l’un des membres les plus honorables. La CIDH a-t-elle condamné une seule fois le gouvernement étasunien ? Non, jamais. Même pas les crimes génocidaires perpétrés par Bush qui ont coûté la vie à des millions de personnes ? Non, jamais, comment pourrait-elle commettre une telle injustice ! Même pas les tortures sur la base de Guantánamo ? Que je sache, pas un mot.

J’ai obtenu sur Internet le texte de l’accord contre Cuba. De l’ordure pure et simple ! Du commérage contre-révolutionnaire. Un long document, dans le style de ceux que concocte le département d’État, modèle politique et chef de l’OEA. Qu’il avait raison Raúl Roa, notre ancien ministre des Relations extérieures, de la taxer de ministère yankee des Colonies !

Je demande à cette institution indélicate : puisque vous nous avez expulsés pour avoir proclamé nos convictions et que nous ne sommes donc plus membres, de quel droit nous jugez-vous ? Feriez-vous pareil avec la République populaire de Chine, le Vietnam et d’autres pays qui ont affirmé comme nous leur adhésion aux principes marxistes-léninistes ?

Vous devriez savoir qu’il y a belle lurette que nous ne faisons plus partie de votre Église et que nous ne communions plus avec votre catéchisme. Nous partons de positions différentes. Au sujet de la liberté d’expression, je tiens à vous rappeler que notre pays ne reconnaît pas la propriété privée des moyens de communication. Ce sont toujours les patrons de ces médias qui décidaient de ce qui s’écrivait et par qui, de ce qui se transmettait ou ne se transmettait pas, de ce qui se projetait ou ne se projetait pas. Les analphabètes et les semi-analphabètes ne peuvent pas le faire. Pendant des centaines d’années, tout le temps que régna le colonialisme et que se développa le système capitaliste depuis l’invention de l’imprimerie, les quatre cinquièmes de la population ne savaient ni lire ni écrire, et l’éducation publique et gratuite n’existait pas.

Les médias modernes ont changé la donne. Aujourd’hui, seuls d’énormes investissements permettent de disposer des centres qui diffusent les nouvelles à travers toute la planète et seuls ceux qui les manipulent décident de ce qui se divulgue et comment, de ce qui se publie et comment.

Les efforts que déploie le Pentagone pour monopoliser l’information et les réseaux d’Internet sautent aux yeux. On bloque l’accès de notre pays à ces sources. Il vaudrait mieux que la CIDH, au lieu que sa bureaucratie perde son temps et son argent à de telles sottises, analyse ces réalités et informe les pays latino-américains de dangers gravissimes qui menacent la liberté d’expression de tous les peuples de la planète.

Pour contester le rôle de Cuba sur ce terrain, vous devriez commencer par reconnaître sans ambages que notre nation a été celle qui a fait le plus pour l’éducation, la science et la culture au profit de tous les peuples de la planète et que son exemple est suivi aujourd’hui par d’autres gouvernements révolutionnaires et progressistes. Si vous en doutez, renseignez-vous donc auprès des Nations Unies.

Sur ce continent-ci, les pauvres n’ont jamais eu la moindre liberté d’expression, parce qu’ils n’ont jamais reçu une éducation de bonne qualité et que les connaissances étaient réservées aux élites privilégiées et bourgeoises. N’accusez pas maintenant le Venezuela, qui a tant fait pour l’éducation à partir de la Révolution bolivarienne, ni la République d’Haïti, abattue par la pauvreté, les maladies et les catastrophes naturelles, comme si c’étaient là les conditions idéales pour la jouissance de la liberté d’expression que vous proclamez. Faites donc ce que fait Cuba : aidez d’abord à former massivement des personnels de santé de qualité, dépêchez des médecins révolutionnaires dans les endroits les plus reculés du pays de façon à ce qu’ils contribuent avant tout à préserver la vie ; transmettez-leur des programmes et des expériences en éducation ; exigez que les institutions financières du monde développé et riche allouent des ressources pour bâtir des écoles, former des enseignants, produire des médicaments, développer l’agriculture et l’industrie, et après vous pourrez parler des droits de l’homme !

Fidel Castro Ruz

Le 8 mai 2009

12 h 14

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LE SEUL ANCIEN PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS QUE J’AI CONNU

Carter est le seul ancien président des États-Unis dont j’ai eu l’honneur de faire la connaissance, exception faite de Nixon qui ne l’était pas encore à l’époque.

J’étais allé à Washington pour participer à une conférence de presse qui représentait pour moi un gros défi à relever, compte tenu des questions que des journalistes experts devaient me poser. Le président Eisenhower avait recommandé à Nixon de m’inviter à une rencontre dans son bureau. Nixon fut trompeur et hypocrite. C’est lui qui eut l’idée de prôner la destruction de la Révolution cubaine.

C’est sur ses conseils qu’Eisenhower fit préparer les premiers plans pour me liquider, pour lancer une campagne de terreur contre Cuba et l’invasion mercenaire de Playa Girón.

C’est en 1959 que débuta l’histoire perfide que le président Carter tenta de rectifier dix-huit ans plus tard.

Je vis – ou plutôt je découvris en lui – un homme de morale religieuse après avoir lu une longue interview où on lui avait posé des questions difficiles auxquelles il avait répondu sincèrement et modestement. Il existait alors de fortes tensions entre le Panama et les États-Unis. Omar Torrijos, le leader panaméen, était un militaire honnête, nationaliste et patriote. Cuba put le persuader de ne pas adopter de positions extrémistes dans sa lutte pour la rétrocession du canal qui, tel un couteau affilé, coupait sa patrie en deux. C’est peut-être grâce à ça que la petite nation, qu’on présenterait ensuite au peuple étasunien et au monde comme un agresseur, put éviter un bain de sang.

Plus tard, et sans avoir parlé à qui que ce soit aux États-Unis, je pus pronostiquer devant Torrijos que Carter serait peut-être le seul pays de ce pays avec lequel il pourrait aboutir à un accord honorable, sans effusion de sang.

Peu de temps après, Washington souscrivait l’accord avec le Panama en présence des autres chefs d’État, hormis Cuba, bien entendu.

J’en parle parce qu’Omar en personne, lors d’une visite dans notre pays, a raconté les efforts que Cuba avait consentis dans ce sens.

En tant président des États-Unis, Carter décida avec Cuba de l’ouverture de sections des intérêts réciproques à La Havane et à Washington. Nous épargnions ainsi beaucoup de démarches et de paperasses affolantes à l’austère et méticuleuse diplomatie suisse. Maintenir l’énorme édifice de l’ancienne ambassade étasunienne à La Havane était déjà pour elle un exploit en soi.

Qui plus est, Carter discuta avec Cuba de question aussi importantes que les limites des eaux territoriales et les droits de chacun, l’utilisation des ressources énergétiques comprises dans les eaux juridictionnelles du Mexique, de Cuba et des États-Unis, ainsi que des ressources halieutiques, et d’autres points incontournables. Les accords ne favorisaient pas tous Cuba. Notre flotte de pêche, que nous avions créée de toutes pièces, opérait alors en eaux internationales et, comme stipulé, à douze milles des côtes canadiennes, étasuniennes et mexicaines. Mais, par solidarité, Cuba avait défendu le droit du Chili, du Pérou et des autres pays latino-américains d’exploiter les ressources halieutiques de leurs plates-formes respectives, si bien qu’en fin de compte, nos navires modernes et coûteux durent cesser de pêcher dans ces eaux, une fois cette bataille gagnée : en effet, les autorités étasuniennes avaient posé de telles conditions à la pêche sur leurs riches plates-formes et le nouveau droit international en la matière fixait à son tour tant de limitations que les prises pour nous cessèrent d’être rentables.

Quand Carter devint président, son pays menait depuis bien des années une politique d’agressions, de terrorisme et de blocus contre le peuple cubain. Notre solidarité avec les peuples d’Afrique et de bien d’autres nations pauvres et sous-développées du monde ne pouvait en aucun cas faire l’objet de négociations avec le gouvernement étasunien. Pas question que nous nous retirions d’Angola ni que nous interrompions l’aide à laquelle nous nous étions engagés envers les pays africains. Carter ne le demanda jamais, mais il est évident que beaucoup aux USA pensaient différemment.

La défense de notre souveraineté provoqua de profondes contradictions non seulement avec les États-Unis, mais aussi avec l’URSS, notre alliée, quand, en pleine crise des Missiles, sans consulter notre pays, elle négocia avec eux un accord mutuellement avantageux aux termes duquel le blocus, les actions terroristes et la base de Guantánamo se maintinrent sans changement en échange de concessions réciproques des deux superpuissances. Nous ne cherchons jamais des avantages unilatéraux. Les révolutionnaires qui agissent de la sorte ne survivent jamais à leurs erreurs.

Le respect du droit international n’a jamais constitué un obstacle pour la Révolution cubaine et, comme nous l’avons dit très souvent, la paix est aussi un objectif inévitable pour elle. Il existe bien de formes de coopération entre des peuples aux conceptions politiques différentes.

La preuve en est la lutte contre le trafic de drogues, la criminalité transnationale organisée et la traite des êtres humains, cette coopération pouvant s’étendre aux batailles contre les épidémies, les catastrophes naturelles et d’autres problèmes.

La Révolution n’a jamais recouru au terrorisme contre les États-Unis.

Ce sont eux qui ont inventé le détournement d’avions pour frapper Cuba, et cette tactique, dans une société traversée de tant de conflits sociaux, devint une épidémie. Comment aurait-on pu y mettre fin sans notre coopération ? Nous avions adopté des lois sévères pour punir les pirates de l’air, mais ce fut en vain. Nous prîmes finalement la décision de les renvoyer dans les appareils détournés, après en avoir averti au préalable.

C’est ainsi que le premier avion que nous renvoyâmes fut le dernier piraté aux USA, justement sous la présidence de Carter. J’ai déjà longuement abordé ce point. Je ne dis rien de neuf.

Succédant à Carter, Reagan déclencha sa sale guerre contre le Nicaragua, utilisa les drogues pour obtenir les fonds que son Congrès lui refusait et armer la contre-révolution. Il mina aussi les ports. Sa politique coûta des milliers de vie sandinistes, sans parler des mutilés et des blessés.

Bush père commit l’horrible massacre d’El Chorrillo pour punir le Panama et faire disparaître les traces du geste de Carter.

Quand celui-ci visita Cuba du 12 au 17 mai 2002, il savait qu’il serait bien accueilli. J’ai assisté à sa conférence à l’Université de La Havane. Je l’ai invité à voir un important match de base-ball – notre sport national – entre des sélections des provinces Est et Ouest au Stade latino-américain : j’étais à ses côtés quand il a lancé la première balle, sans la moindre escorte, devant plus de 50 000 personnes, deux cibles parfaites pour n’importe quel tireur engagé par la CIA. Bush fils était déjà président aux États-Unis. Je tenais juste à montrer à Carter quel genre de relations existait entre les dirigeants du pays et le peuple. Il accepta dignement l’invitation que je lui fis, une fois arrivés au stade, de persuader le chef de sa sécurité de le laisser seul, et il le fit.

Ce que je sais de sylviculture aux États-Unis, je le dois aux explications que Carter m’a données durant le dîner que je lui ai offert le dernier jour : comment on plante, quelles espèces, combien d’années elles mettent à pousser, la production à l’hectare, etc.

J’ai pu constater sa foi dans le système capitaliste où il a grandi et où il s’est formé, ce que je respecte.

Au moment de sa présidence, les temps étaient difficiles. Il dut faire face aux retombées d’une crise économique, mais il fut austère, il n’endetta pas les futures générations. Son successeur, Ronald Reagan, gaspilla à pleines mains les économies que Carter avait faites : c’était un acteur de cinéma qui maniait bien le téléprompteur, mais il ne se demanda jamais d’où sortait l’argent.

L’ancien président Jimmy Carter a déclaré hier au journal brésilien Folha de São Paulo:

« « J’aimerais qu’il [l’embargo] prenne fin aujourd’hui même. Il n’y a pas de raisons que le peuple cubain continue de souffrir », a affirmé l’ex-président qui dirige une organisation des droits de l’homme et qui a visité le Brésil cette semaine pour s’entretenir avec le président Luiz Inácio Lula da Silva.

« Selon Carter, les initiatives prises à ce jour par Obama pour assouplir les restrictions imposées à l’île ont été moins audacieuses qu’il aurait été souhaitable.

«  »Je crois que les initiatives d’Obama n’ont pas été aussi bonnes que celles des deux chambres du Congrès étasunien qui devance pour l’instant le président d’un pas en ce qui concerne Cuba. »

«  »Le prochain pas devrait être la levée immédiate de toutes les restrictions aux voyages dans l’île, et pas seulement pour les citoyens cubano-américains. C’est ce que j’avais fait voilà trente ans quand j’étais président. La fin de l’embargo viendra aussitôt », a dit l’ancien président. »

Carter a affirmé finalement que les résultats dépendaient aussi des dirigeants cubains. Exact : de nous et de tous les Cubains qui ont lutté et sont disposés à le faire.

Fidel Castro Ruz

Le 7 mai 2009

19 h 15

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : UNE QUESTION SANS RÉPONSE

Ce ne sont pas seulement les crises économiques cycliques toujours plus graves et plus fréquentes qui menacent notre monde. Le chômage, la ruine et les pertes fabuleuses de biens et de richesses sont des compagnons inséparables des lois aveugles du marché qui régissent aujourd’hui l’économie mondiale. Le néolibéralisme proscrit toute ingérence de l’État parce que celui-ci trouble le libre-jeu de l’économie, comme si l’ordre intérieur, l’armée, la santé, l’éducation, la culture, la science, les tribunaux, les juges et bien d’autres activités pouvaient exister sans l’État et ses lois.

Celui-ci, compte tenu de sa rigueur et de sa force coercitive, irritait bien entendu ceux qui, comme Marx, Lénine et d’autres théoriciens, y voyaient un instrument par lequel les exploiteurs imposaient l’odieux système capitaliste et qui conçurent l’idée d’en faire un outil de la Révolution à l’étape de transition vers une société carrément nouvelle.

Les colonialistes, les capitalistes et les impérialistes ont créé leurs codes de conduite et imposé leurs valeurs. Ils parlent de liberté, de démocratie, de droits de l’homme, etc. Une fois fondés les États-Unis, des millions d’êtres humains continuèrent de travailler comme esclaves auxquels le Créateur n’avait, contrairement à ce que stipulait la Constitution, concédé aucun droit : pendant cent ans, ils furent des marchandises qui s’achetaient et se vendaient sur le marché, et pendant cent autres années après la guerre civile, ils souffrirent la pire des discriminations et des marginalisations. Ils constituent encore de nos jours, aux côtés des Indiens et des Latino-Américains, les citoyens les plus pauvres, ceux qui peuplent les prisons étasuniennes et font les travaux les plus durs et les plus mal payés.

Faut-il rappeler que des milliards de personnes dans le monde souffrent de l’ignorance, du chômage, du sous-développement, de maladies qui raccourcissent la durée de leur vie aux deux tiers ou à la moitié, voire moins, par rapport à celle des pays riches.

De nouveaux problèmes, comme le trafic de drogues, la criminalité transnationale organisée, le vol des cerveaux et l’immigration illégale, s’ajoutent aux vieux problèmes. On tente même de soumettre l’esprit des êtres humains à travers les médias et les techniques les plus modernes de ce qu’on appelle l’industrie des loisirs.

Sur quelle base repose donc cet ordre? Sur la richesse et sur la force. Les États-Unis disposent pour ce faire de tout l’argent du monde et des moyens militaires les plus perfectionnés. Ils sont aussi les plus gros producteurs et exportateurs d’armes n’impliquant pas de menace à leur hégémonie mondiale, mais ils attisent les guerres locales, alimentent les profits de leurs multinationales et renforcent la dépendance de leurs alliés.

Ils impriment les devises dont a besoin le commerce international dans des quantités illimitées, ce qui leur permet d’acheter des biens pour leurs transnationales, des ressources naturelles et les fruits du travail des peuples, pour soutenir les sociétés de consommation et le gaspillage qu’ils ont engendrés.

Ils contrôlent en plus de manière monopolistique les organismes internationaux de crédits et d’investissements.

Quand ces inquiétudes rôdent dans les esprits de bien de millions de personnes qui ne laissent pas berner dans le monde par les mensonges proclamés, des nouvelles ne cessent de tomber au sujet d’autres réalités.

Par exemple, les transnationales étasuniennes ont fait en 2004, la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles, des profits à l’étranger pour un total de 700 milliards de dollars, mais elles n’ont versé au fisc étasunien que 16 milliards à titre de décomptes, de sorte qu’elles bénéficient d’avantages spéciaux par rapport à celles qui investissent aux USA mêmes, y créant des emplois, et qui sont donc lésées. La simple idée de l’actuelle administration de réduire ce privilège a déclenché les protestations d’importantes organisations patronales étasuniennes dont nul ne conteste le pouvoir économique et politique.

Ce pourrait même être un divertissement utile que de réunir l’énorme quantité de nouvelles étasuniennes et étrangères qui reflètent les privilèges que les USA ont imposés au monde en faveur de leurs citoyens. Certains hommes politiques, aux USA et ailleurs, se fâchent si quelqu’un ose taxe ce pays d’Empire, comme s’il existait un autre mot pour mieux le définir.

Le revers de la médaille est encore pire. On parle parfois des sept flottes par lesquelles les États-Unis imposent au monde leur puissance militaire, s’appuyant sur plus de huit cents bases militaires disséminées à travers la planète. L’une d’elles est Guantánamo, dont les prisons et les tortures ont bouleversé l’opinion publique.

Reprendre quelques chiffres publiés récemment par la presse spécialisée peut sans doute donner une idée du pouvoir militaire par lequel la superpuissance défend le système économique et social imposé au monde.

Le pouvoir militaire des USA repose sur leur arsenal nucléaire.

Ils possèdent 534 missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) Minuteman III et Peacekeeper ; 432 missiles Trident C-4 et D-5 (SLBM) installés à bord de 17 sous-marins de type Ohio, et environ 200 bombardiers atomiques à long rayon d’action qui peuvent être réalimentés en vol, dont 16 B-2 furtifs. Ils détiennent entre 5 000 et 10 000 ogives nucléaires. Leurs forces armées comptent plus de 2 millions d’effectifs. À quoi il faut ajouter des centaines de satellites à usage militaire et de communication, qui forment le bouclier spatial et les moyens de la guerre électromagnétique.

La Russie, l’autre grande puissance nucléaire, a été cernée par des armes atomiques offensives.

Il n’y aurait rien à ajouter, sinon rappeler peut-être que, forts de leur monopole de la monnaie et des ressources naturelles, les Etats-Unis ont annoncé hier, des lèvres du chef de la guerre cybernétique au Pentagone, qu’ils « étaient disposés à diriger l’effort mondial dans l’utilisation de la technologie informatique pour dissuader ou vaincre les ennemis, tout en protégeant les droits constitutionnels de la population ». La nouvelle a été transmise par la principale agence de presse étasunienne, l’AP.

Quelle sécurité pourrons-nous avoir dans le monde actuel ? C’est là une question sans réponse !

Fidel Castro Ruz

Le 6 mai de 2009

15 h 32

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : TOUT DONNER

Le 1er Mai, encore sous l’impression du défilé, des couleurs de notre drapeau qui est aujourd’hui un symbole de solidarité aux yeux du monde, et des visages intelligents et enthousiastes de nos étudiants qui fermaient cette manifestation débordante, je me rappelais les mots du poète si souvent répétés ce jour-là : « Pour cette liberté, il faut tout donner ! »

J’ai eu envie d’en savoir plus sur la vie de Fayad Jamís. Deux heures après la publication de mes Réflexions sur la Journée internationale des travailleurs, je me suis mis à lire quelques textes. Le premier, absolument par hasard, était un message de notre chère amie Stella Calloni, grâce à qui nous connaissons en détail les conspirations, les crimes horribles commis par des administrations étasuniennes comme promotrices et alliées des pires tyrannies qu’aient jamais souffertes les peuples de notre continent. Mais Stella écrivait cette fois-ci pour nous parler de Fayad Jamís, l’auteur du poème, et nous transmettre ses impressions sur des réalités parfois amères, bien que rien ne puisse réduire son enthousiasme.

Je retranscris donc le message que j’ai eu l’honneur de recevoir le 1er Mai au soir:

« Cher comandante

« J’ai été très émue de constater que vous avez cité Fayad dont j’ai fait la connaissance au Mexique et à qui m’a unie une belle amitié. Il était l’ami de tous les exilés. Un grand poète, un peintre, un artiste amoureux de sa terre. Il était alors attaché culturel. Merveilleux dans tout ce qu’il faisait. Je lui ai même dédié un petit poème. Mais ce qui m’a paru beau, c’est que vous ayez tiré de l’oubli ce  » tout donner « , parce qu’il faut tant le répéter alors que nous sommes envahis par ce que j’appelle l’ « attraction fatale » de l’inculture néolibérale qui a tant prospéré. Le postmodernisme du sous-développement est pathétique ; il nous a fait tant de mal et il a aidé à justifier tant d’individualismes.

« Le moi, moi, moi, avant le nous, le chercher constamment à battre l’autre est bien éloigné de ce « tout donner ». Il a progressé comme une pandémie qui balaie tout sur son passage, les vieilles amitiés et loyautés, les chemins parcourus ensemble. Pour mieux faire, on recourt aussi au cynisme de la moquerie envers ceux qui maintiennent leurs principes, leur foi en l’humanité, en l’homme, en la justice, en la dignité.

« Cuba a été un exemple de ce  » tout donner « , même à ceux qui n’ont pas pu le voir comme l’attitude la plus révolutionnaire de la Révolution – tant pis pour la redite – qui est la solidarité permanente, comme un manteau qui abrite autrui.

« Il me semble que les temps sont venus de récupérer la magie et la poésie, parce que les révolutions se font de tout ça. Sinon, dites-moi comme vous seriez tous montés à bord du Granma, par exemple. Comment aurait fait Cuba pour résister et se défendre, tout en engendrant la culture, l’éducation, le ballet, tout ce qui est né dans les replis d’une véritable Révolution. Aujourd’hui encore, quand on voit ces vieux documentaires des garçons et des filles partant alphabétiser dans les montagnes et les sierras, c’était et c’est encore ce « tout donner », parce que c’est dans cet esprit qu’ils partaient et dans cet esprit qu’ils partent.

« Je l’ai vu durant l’alphabétisation au Nicaragua ou en Bolivie, voilà tout récemment, quand, émue jusqu’aux larmes, j’ai assisté à cette journée où ce pays se déclarait libre d’analphabétisme (et en l’occurrence dans les langues originaires aussi). Qui fait ça s’il n’a pas cet esprit de « tout donner » ?

« Et il y a tant d’exemples, mais, comme on ne les voit pas dans leur ensemble, parfois on ne les voit pas. Ce sont des nouvelles froide et isolées. J’ai vu dans un quartier vénézuélien les médecins cubains, et une femme qui venait pour faire vacciner ses enfants et qui m’a dit : « C’est qu’ici ils donnent tout ». Et que dire des Cinq ? Ils ont tout donné pour veiller sur leur patrie. Le reste est petit, passager, sans racines.

« Je vous ai dit que nous devions aussi écrire à nous tous l’histoire de la solidarité, parce que nous allons nous rendre compte ce jour-là que l’ennemi qui nous paraît si grand, si immense, n’est qu’une coquille vide. Ceux qui savent « tout donner » sont invincibles, parce qu’ils donnent et continuent de donner au fil des temps, jetant de la lumière, comme le Che que nous aimons.

« Une immense étreinte, et merci à vous tous qui continuez de tout donner.

« Stella. »

De belles lignes de Stella à l’adresse de ceux qui veulent connaître l’histoire véritable de notre époque qu’on ne pourra jamais biffer d’un trait de plume !

Fidel Castro Ruz

Le 4 mai 2009

15 h 17

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : CUBA, UN PAYS TERRORISTE ?

Le jeudi 30 avril a été un jour infortuné pour les États-Unis qui ont eu l’idée d’inscrire une nouvelle fois Cuba sur la liste des pays terroristes. Ils sont si enferrés dans leurs propres crimes et leurs propre mensonges qu’Obama en personne ne pouvait peut-être pas s’en dépêtrer. Lui dont nul ne nie le talent doit sûrement avoir honte devant ce culte de l’Empire au mensonge. Cinquante ans de terrorisme contre notre patrie sortent à la lumière en un instant.

Que pourrait-on expliquer à ceux qui connaissent l’atroce explosion en plein vol d’un avion cubain, ayant entraîné la mort de tous les passagers et de tout l’équipage, au sujet de la participation des États-Unis à ces faits, du recrutement d’Orlando Bosch et de Posada Carriles, et des livraisons d’explosifs, de fonds, de la complicité des services de renseignements et des autorités de ce pays ? Comment expliquer la campagne de terreur qui a précédé et a suivi l’invasion mercenaire de Playa Girón, les attaques d’objectifs et de localités sur nos côtes, de cargos et de bateaux de pêche, les actions terroristes aux États-Unis et ailleurs ? Comment expliquer les centaines de plans d’attentats contre la vie de dirigeants cubains que nous avons déjoués ? Que dire de l’introduction de virus comme ceux de la dengue hémorragique et la peste porcine qui n’existaient même pas génétiquement parlant sur notre continent ? Et je ne mentionne qu’à peine quelques actes de terreur dans lesquels les États-Unis ont été impliqués et dont les documents déclassifiés font état ! De tels faits ne font-ils donc pas honte à l’administration actuelle ?

La liste des activités répugnantes de ce genre que je pourrais énumérer serait interminable.

J’ai demandé à Bruno Rodríguez, notre ministre des Relations extérieures, de m’adresser la question que lui a posée un journaliste de l’Agence France Presse le 30 avril et la réponse catégorique qu’il lui a faite :

« Rigoberto Díaz (AFP) : Alors que cette Réunion ministérielle vient de conclure, le gouvernement des États-Unis, abordant un point sur lequel celle-ci s’est exprimée, a inscrit de nouveau Cuba sur la liste des pays qui parrainent le terrorisme, aux côtés du Soudan, de l’Iran et de la Syrie. J’aimerais avoir votre avis à ce sujet.

« Bruno Rodríguez : Nous ne reconnaissons absolument aucune autorité politique ni morale au gouvernement des États-Unis pour dresser des listes sur aucun point ni pour « certifier » des bonnes ou des mauvaises conduites.

« L’administration Bush a bel et bien été « certifiée », elle, par l’opinion publique internationale comme un gouvernement qui violait le droit international, un gouvernement agressif, belliciste, un gouvernement qui torturait, un gouvernement responsable d’exécutions extrajudiciaires.

« Bush a été le seul président au monde à s’être vanté en public, au Congrès même, d’avoir commis des exécutions extrajudiciaires ; son administration a kidnappé des gens et les a transférés illégalement ailleurs, a créé des prisons secrètes dont nul ne sait si elles existent encore, a créé un camp de concentration où l’on torture sur une partie de territoire usurpée à la République de Cuba.

« En matière de terrorisme d’État, le gouvernement étasunien a accumulé un épais dossier tout au long de l’Histoire, et pas seulement contre Cuba.

« Orlando Bosch et Posada Carriles, responsables de nombreux actes terroristes, dont le sabotage en plein vol d’un avion civil cubain, se baladent librement aux États-Unis qui refusent d’extrader le second au Venezuela, malgré la demande en bonne et due forme présentée par le gouvernement de ce pays : ils l’accusent de délits mineurs, mais pas comme un terroriste international avéré.

« Le gouvernement des États-Unis a monté un procès frauduleux contre cinq antiterroristes cubains, qui sont encore des prisonniers politiques dans ce pays.

« Le gouvernement des Etats-Unis soutien des actes de terrorisme d’État d’Israël contre le peuple palestinien et les peuples arabes. Il a gardé silence devant les crimes commis dans la Bande de Gaza.

« Nous ne reconnaissons donc pas la moindre autorité morale aux États-Unis. D’ailleurs, à parler franc, je crois que personne ne lit ces documents-là ni n’en fait cas, entre autres raisons parce que leur auteur est un délinquant international sur bien des points qu’il ose critiquer.

« Cuba s’oppose catégoriquement à toute manifestation et forme de terrorisme, où que ce soit, quelque soit l’État ciblé, quel qu’en soit la forme, quel qu’en soit l’objectif déclaré, et elle agit en accord avec ce principe.

« Cuba a été victime du terrorisme depuis de longues années. Elle ne l’a jamais pratiqué. Absolument jamais. Jamais notre territoire n’a servi à organiser, à financer ou à exécuter un seul acte de terrorisme contre les États-Unis. Le département d’État, qui émet ces rapports, ne peut pas en dire autant. »

Cette déclaration, formulée lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du Mouvement des pays non alignés, n’est pas encore très connue de notre population qui a reçu ces jours-ci de nombreuses nouvelles de toutes sortes. Si le département d’État veut discuter avec Bruno, il existe assez de preuves pour l’ensevelir sous ses propres mensonges.

Fidel Castro Ruz

Le 2 mai 2009

19 h 12

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : IL FAUT TOUT DONNER

Hier, j’ai longuement conversé avec Miguel D´Escoto, le président de l’Assemblée générale des Nations Unies. Je l’avais déjà entendu prendre la parole à la réunion de l’ALBA, à Cumaná, le 17 avril.

J’avais admiré son importante déclaration. J’ai fait sa connaissance au triomphe de la Révolution au Nicaragua, quand Daniel Ortega l’a nommé ministre des Affaires étrangères, un poste qu’il a occupé jusqu’au jour où la sale guerre de Reagan, les milliers de jeunes sandinistes qui y moururent et les dommages économiques qu’elle avait provoqué aboutirent à la victoire de la contre-révolution au Nicaragua.

Le recul que cette dernière a causé en dix-sept ans et la catastrophe économique et sociale de la « démocratie » imposée par les États-Unis au noble peuple nicaraguayen portèrent de nouveau les sandinistes à la tête du pays, cette fois-ci dans le cadre de limitations constitutionnelles et sous une grande dépendance de Washington. Daniel l’a dénoncé le 17 avril au Sommet des Amériques de Port-of-Spain où il a aussi condamné avec tant de dignité le blocus appliqué à Cuba. Miguel D’Escoto, pour sa part, du fait du prestige qu’il avait acquis comme responsable des relations internationales, de son talent et de ses idées, a été élu président de l’Assemblée générale de l’ONU pour deux ans en 2007.

C’est à ce titre qu’il a participé à la Réunion des ministres des Affaires étrangères du Mouvement des pays non alignés qui s’est tenue à La Havane du 27 au 30 avril. Aujourd’hui, il était à la tribune de la place de la Révolution aux côtés de Raúl, observant le défilé impressionnant de la Fête des travailleurs que notre télévision a transmis, tandis que d’autres défilés enthousiastes, expressions irréfutables de la force de notre Révolution, se déroulaient à Santiago de Cuba, qui en est le berceau, et dans les autres provinces du pays.

Les mots des orateurs vibraient depuis la tribune où se trouvaient D’Escoto, de nombreux ministres des Affaires étrangères et représentants des pays non alignés, et deux milliers de visiteurs provenant de pays de tous les continents, qui ont partagé la liesse de cette fête des travailleurs.

On a écouté à plusieurs reprises les vers que Fayad Jamís a dédiés à Manuel Navarro Luna, un poète révolutionnaire et communiste qui vécut, dès l’âge de six mois, dans la province de Granma où débuta notre dernière guerre de libération.

Navarro Luna dut, tout jeune, abandonner l’école de Manzanillo et faire plusieurs métiers. Il fut balayeur, cireur de chaussure, scaphandrier, vigile et procureur public. Il faisait des études en autodidacte.

Il publia ses premiers vers en 1915. Son premier livre en 1919. Il entra en parti communiste en 1930.

Il travailla à la première mairie communiste de Cuba en 1933, à la chute de Machado. Après la victoire révolutionnaire de 1959, il rejoignit les Milices nationales et participa au « nettoyage de l’Escambray » et à la victoire de Playa Girón, faisant fi du temps.

Pour cette liberté de chanson sous la pluie

il faudra tout donner.

Pour cette liberté d’être étroitement liés

à la ferme et douce semence de peuple,

il faudra tout donner.

Pour cette liberté de tournesol ouvert à l’aurore d’usines

rougeoyantes et d’écoles éclairées

et de terre qui crisse et d’enfant qui s’éveille,

il faudra tout donner.

….pour cette liberté qui est la terreur

de ceux qui l’ont toujours violée

au nom de fastueuses misères.

Pour cette liberté qui est la nuit des oppresseurs

et l’aube définitive de tout peuple désormais invincible.

Pour cette liberté qui éclaire les pupilles creuses,

les pieds nus

les toitures trouées

et les yeux des enfants qui déambulent

dans la poussière

…Pour cette liberté qui est l’empire de la jeunesse.

Pour cette liberté

belle comme la vie

il faudra tout donner…

Les couleurs rouge, bleu, blanc de notre drapeau que faisaient ondoyer les mains laborieuses de milliers de jeunes de l’Université des sciences informatiques qui fermaient le défilé ; précédés par les jeunes des Fédérations universitaires et du ´secondaire de la capitale, les jeunes élèves disciplinés et actifs d’humble origine qui se forment comme travailleurs sociaux, les enfants de La Colmenita et d’autres expressions de l’œuvre de notre Révolution, savent qu’elles sont porteuses d’un feu que nul ne pourra jamais éteindre.

Je me suis beaucoup réjoui de savoir que Miguel D’Escoto assistait à tout cela. Trois jours avant, intervenant devant les ministres des Affaires étrangères et les représentants du Mouvement des pays non alignés, il avait affirmé :

« L’ordre mondial est fondé sur la culture capitaliste qui assimile « être plus » et « avoir plus », stimule l’égoïsme, la convoitise, l’usure et l’irresponsabilité sociale. Ces antivaleurs de la culture capitaliste ont plongé le monde dans une foule de crises convergentes qui, si on ne les traite pas efficacement sans retard, mettent en péril l’existence même de notre espèce humaine et la capacité de la Terre à maintenir la vie.

« Au fond de toutes les différentes crises que nous subissons, gît une énorme crise morale, une grande crise de valeurs et de principes moraux. Nous avons tous trahi les valeurs qui émanent de nos traditions religieuses ou éthico-philosophiques respectives. Nous nous sommes trahis nous-mêmes en tombant dans la tentation capitaliste et en assumant ses valeurs contraires à la vie de haine et d’égoïsme, nous sommes devenus les pires prédateurs, les pires ennemis de notre Terre nourricière, nous nous sommes déshumanisés.

« …Cuba a toujours été un lieu de ressourcement spirituel. Nous pouvons tous constater qu’ici l’amour est plus fort que l’égoïsme et peut plus que lui. Ici mieux que nulle part ailleurs, nous pouvons apprendre ce que solidarité veut dire, l’antidote le plus important, si nous voulons que l’humanité puisse survivre à l’égoïsme démentiel où elle semble vouée à disparaître.

« …En ce XIXe siècle, siècle de la réconciliation et de la paix par la primauté du droit, la justice sociale et l’inclusion démocratique, nous respectons toutes les minorités et nous voulons les écouter toutes. C’est le G-192, autrement dit l’Assemblée générale, qui devra décider du cap à prendre pour échapper au traquenard de l’égoïsme démentiel et suicidaire auquel le capitalisme a conduit le monde. Sans le moindre esprit de revanche, mais dans l’intention de bâtir un monde meilleur pour tous et pour toutes, sans exceptions ni exclusions… »

D’Escoto ne briguait pas le poste de président de l’Assemblée générale des Nations Unies qu’il occupe aujourd’hui. C’est la mission nicaraguayenne devant les Nations Unies qui le lui a appris. Le tour revenait à l’Amérique latine, et Daniel Ortega, qui connaissait ses qualités, l’avait proposé sans hésiter. D’Escoto n’a même pas eu le temps de lui expliquer que ses problèmes de santé l’empêchaient d’assumer une responsabilité si exigeante. Les pays latino-américains, africains, et le reste du Tiers-monde le soutinrent aussitôt. Miguel ne recula pas devant les difficultés et occupa son poste.

Il m’a remis un document qu’il a souscrit comme président de l’Assemblée générale des Nations Unies, par lequel il désigne Cuba comme paradigme de solidarité internationale, et il m’a montré la médaille d’or qu’il a conçue lui-même et qui accompagne son décret.

Il a dit bien d’autres choses intéressantes dans son intervention, mais je ne les reprends pas pour ne pas trop m’étendre.

Ce qu’il a fait et dit au sujet de notre Révolution est un très grand honneur.

…il faudra tout donner

s’il le fallait

jusqu’à l’ombre

et ce ne sera jamais assez.

affirme finalement le poète Fayad Jamís.

Fidel Castro Ruz

1er mai 2009

19 h 23

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LA JOURNÉE DES PAUVRES DU MONDE

Nous fêtons demain la Journée internationale des travailleurs.

Karl Marx s’était écrié : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », même si beaucoup de pauvres n’étaient pas des prolétaires. Lénine, élargissant les vues, avait aussi appelé les paysans et les peuples colonisés à lutter unis sous la direction du prolétariat.

La date a été choisie en hommage aux martyrs de Chicago, quand, le 1er mai 1886, les ouvriers se mirent en grève dans un pays capitaliste où la masse travailleuse souffrait du chômage et d’autres calamités associées aux crises économiques qui sont inséparables du système. Ses droits n’étaient pas reconnus, et les syndicats étaient considérés par la bourgeoisie comme des organisations terroristes ennemies du peuple étasunien.

Les capitalistes recoururent ensuite à leurs meilleures armes : la division et l’économisme pour miner la lutte révolutionnaire. Le mouvement ouvrier se divisa, et ce furent les revendications syndicales qui devinrent pour beaucoup l’objectif principal, au milieu de la pauvreté régnante, plutôt que le changement de la société.

Les États-Unis devinrent le pays impérialiste aux pires écarts de revenus entre les riches et les pauvres. À l’ombre de leur hégémonie, l’Amérique latine devint à son tour la zone du Tiers-monde où les inégalités entre les riches et les pauvres étaient les plus profondes. Les riches jouissaient de niveaux de vie comparables à ceux des bourgeoisies des pays développés d’Europe. La notion de patrie avait disparu dans les couches les plus riches de la population.

Le choc entre la grande puissance du Nord et la Révolution cubaine était inévitable. L’Empire sous-estima la résistance héroïque du peuple de notre petit pays.

Il est maintenant disposé à nous pardonner si nous nous résignons à rentrer au bercail, tels des esclaves qui, après avoir connu la liberté, accepteraient de nouveau le fouet et le carcan.

La planète se débat aujourd’hui au milieu de crises économiques, de pandémies, de changements climatiques, de dangers de guerres et d’autres problèmes connexes. La tâche politique se fait plus complexe, et certains continuent encore de se faire l’illusion que les peuples peuvent être manipulés à la manière de marionnettes.

On ne saurait dire encore le dernier mot au sujet l’évolution de l’administration étasunienne en place. Il existe des facteurs nouveaux, tant objectifs que subjectifs. Nous étudions et observons soigneusement chacun de ses pas. Nous ne sommes pas des incendiaires, contrairement à ce que pensent certains, mais non plus des sots qui se laissent berner aisément par ceux qui croient que la seule chose importante au monde sont les lois du marché et le système de production capitaliste. Nous avons le devoir de lutter pour la paix, car il n’y a pas d’alternative, mais que l’adversaire ne se fasse jamais l’illusion que Cuba se rendra.

Nous espérons que, chaque 1er Mai, des milliers d’hommes et de femmes de tous les coins de la planète partageront avec nous la Journée internationale des travailleurs que nous fêtons depuis cinquante ans. Ce n’est pas pour rien que nous avions proclamé, bien avant le 1er janvier 1959, que notre Révolution serait la Révolution des petites gens, par les petites gens et pour les petites gens. Les succès de notre patrie en éducation, en santé, en science, en culture et dans d’autres domaines, en particulier la force et l’unité du peuple, le prouvent, malgré l’impitoyable blocus.

Fidel Castro Ruz

Le 30 avril 2009

18 h18

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Powered by WordPress | Compare Best Sprint Phone Deals Online. | Thanks to Credit Card Deals, Best CD Rates and Sell cars

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.