Réflexions du compañero Fidel : Une erreur suicidaire

J’ai écrit voilà trois jours dans mes Réflexions du jeudi 25 au soir : « Nous ignorons ce qu’il se passera cette nuit ou demain au Honduras, mais la conduite courageuse de Zelaya passera à l’Histoire. »

J’avais aussi écrit deux paragraphes plus haut : « Ce qu’il se passe dans ce pays sera un test pour l’OEA et pour l’administration étasunienne. »

L’antédiluvienne institution interaméricaine, qui s’était réunie le lendemain à Washington, avait promis dans une résolution en demi-teinte et tiède de faire aussitôt les démarches pertinentes pour chercher une harmonie entre les parties en conflit. Autrement dit une négociation entre les putschistes et le président constitutionnel du Honduras.

Le haut gradé, qui restait à la tête des forces armées honduriennes, se prononçait publiquement contre les positions du président, dont il ne reconnaissait l’autorité que du bout des lèvres.

Les putschistes n’attendaient pas autre chose de l’OEA. Peu leur importait la présence d’un grand nombre d’observateurs internationaux qui étaient arrivés dans le pays pour attester d’une consultation populaire et avec lesquels le président Zelaya s’était entretenu jusque tard dans la nuit. Ce matin, au petit jour, ils ont lancé contre la résidence du président environ deux cents soldats de métier bien entraînés et armés qui, écartant rudement l’escouade de la garde d’honneur, ont séquestré Zelaya, qui dormait alors, l’ont conduit à la base aérienne, l’ont fait monter de force dans un avion et l’ont déposé sur un aéroport costaricien.

C’est à huit et demi du matin que nous avons appris par TeleSur cet assaut contre la maison présidentielle et l’enlèvement. Le président n’a pas pu assister au lancement de la consultation populaire qui devait se dérouler ce dimanche-ci. On ignorait encore son sort.

La télévision officielle a été interrompue. Les putschistes souhaitaient empêcher une divulgation prématurée de leur trahison à travers TeleSur et CubaVisión Internacional, qui informaient des faits. Aussi ont-ils suspendu les centres de retransmission et fini par couper le courant dans tout le pays. Le Congrès et les hauts tribunaux, impliqués dans la conspiration, n’avaient pas encore publié les décisions qui la justifiaient. Ils ont d’abord fait leur coup d’État inqualifiable, puis l’ont légalisé. Le peuple s’est réveillé, a constaté ce fait acquis et a commencé à réagir avec indignation. On ignorait toujours le sort de Zelaya. Trois heures après, la réaction populaire était telle qu’on a vu des femmes frapper du poing des soldats dont les fusils leur tombaient presque des mains tant ils étaient désarçonnés et nerveux. Au départ, on aurait dit qu’ils livraient un étrange combat contre des fantômes ; plus tard, ils ont tenté de bloquer de leurs mains les objectifs des caméras de TeleSur, ils visaient, tremblant, les reporters et quand les gens avançaient, ils reculaient parfois. Les putschistes ont envoyé des transports blindés armés de canons et de mitrailleuses. La population discutait sans peur avec les occupants des blindés. Étonnante réaction populaire !

Vers deux heures de l’après-midi, en coordination avec les putschistes, une majorité domestiquée du Congrès a déposé Zelaya, le président constitutionnel, et nommé un nouveau chef d’Etat, affirmant au monde, après avoir présenté une signature falsifiée, qu’il avait démissionné. Quelques minutes après, depuis un aéroport costaricien, Zelaya a informé de ce qu’il se passait et a démenti catégoriquement avoir démissionné. Les conspirateurs se couvraient de ridicule aux yeux du monde.

Bien d’autres choses se sont déroulées aujourd’hui. CubaVisión s’est consacrée presque toute entière à démasquer le putsch, informant tout le temps notre population.

Certains faits ont revêtu un caractère nettement fasciste. Bien que prévisibles, ils ne cessent d’étonner.

La cible fondamentale des putschistes a été, après Zelaya, Patricia Rodas, la ministre hondurienne des Affaires étrangères. Ils ont dépêché un autre détachement chez elle. Courageuse et résolue, elle a agi vite et n’a pas perdu une minute pour dénoncer le putsch par tous les moyens.

Notre ambassadeur, Juan Carlos Hernández, était entré en contact avec elle pour s’informer de la situation, comme l’ont fait d’autres ambassadeurs. À un moment donné, elle a demandé aux représentants diplomatiques du Venezuela, du Nicaragua et de Cuba de la rejoindre, car, férocement harcelée, elle avait besoin d’une protection diplomatique. Notre ambassadeur, qui avait été autorisé dès le premier instant à offrir le plus grand appui possible à la ministre constitutionnelle et légale, s’est alors rendu chez elle.

Alors que les ambassadeurs étaient déjà avec elle, le commandement putschiste envoie le commandant Oceguera l’arrêter. Les ambassadeurs forment un écran devant elle et informent le militaire qu’elle se trouve sous protection diplomatique et qu’elle ne se déplacera qu’en leur compagnie. Oceguera discute avec eux respectueusement. Quelques minutes après, de douze à quinze hommes en battle-dress et encagoulés pénètrent dans la résidence. Les trois ambassadeurs font alors bloc autour de Patricia ; les encagoulés agissent brutalement et parviennent à séparer les ambassadeurs vénézuélien et nicaraguayen, mais le nôtre, Hernández, est accroché si fort à son bras que les encagoulés les traînent tous les deux jusqu’à une fourgonnette, les conduisent jusqu’à la base aérienne, parviennent à les séparer et emmènent Patricia. Alors que notre ambassadeur est arrêté, Bruno Parrilla, notre ministre des Relations extérieures, qui a eu des nouvelles de l’enlèvement, parvient à l’avoir sur son portable, mais un des encagoulés tente brutalement de le lui arracher. Notre ambassadeur, qui avait déjà reçu des coups chez Patricia, lui crie : « Ne me bouscule pas, cojones ! » Je ne me rappelle pas si Cervantès a déjà utilisé ce mot, mais notre ambassadeur Juan Carlos Hernández a sûrement enrichi notre langue.

Après, les encagoulés l’ont abandonné sur une route, loin de l’ambassade, et l’ont averti avant de le libérer que s’il parlait, il risquait de lui arriver quelque chose de pire. « Rien n’est pire que la mort ! », leur a-t-il rétorqué dignement, « et pourtant vous ne me faites pas peur. » Les habitants de l’endroit l’ont aidé à regagner l’ambassade d’où il est aussitôt entré de nouveau en contact avec Bruno.

On ne peut négocier avec les hauts gradés putschistes. Il faut exiger leur démission, et que des officiers plus jeunes et non compromis avec l’oligarchie se substituent à eux. Sinon, il n’y aura jamais de gouvernement « du peuple, par le peuple et pour le peuple » au Honduras.

Les putschistes, acculés et isolés, n’ont aucune échappatoire possible si on leur fait face avec fermeté.

Jusqu’à Mme Clinton a déclaré dans l’après-midi que Zelaya était le seul président hondurien. Et les putschistes, sans l’appui des États-Unis, n’osent même pas respirer.

Encore en pyjama voilà quelques heures, Zelaya sera reconnu par le monde entier comme le seul président constitutionnel du Honduras.

Fidel Castro Ruz
28 juin 2009
18 h 14

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

La guayabera de Fidel au musée de la ville de Sancti Spiritus

Yainerys Avila Santos

Sancti Spiritus (AIN).— La guayabera que Fidel avait portée durant le 4e Sommet ibéroaméricain a été remise à la ville de Sancti Spiritus, là même où le leader cubain s’était adressé aux résidants de cette ville, le 6 janvier 1959.

Ce don a été fait lors d’une cérémonie organisée à la Bibliothèque provinciale Ruben Martinez Villena. Le journaliste Ciro Bianchi et une animatrice du projet socioculturel La Guayabera, Silvia Mayra Gomez, ont procédé au don. Il s’agit d’une guayabera blanche en lin, à manches longues, et quatre poches et deux rangées de trois plis sur le devant ainsi que dans le dos.

Carlo Figueroa, le directeur du projet La Guayabera, raconte que c’est à la suggestion de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature et son hôte en Colombie, que Fidel Castro accepta de troquer son uniforme militaire pour une guayabera.

On peut lire, dans l’ouvrage Biographie à deux voix, du journaliste Ignacio Ramonet, qu’à partir de ce moment le leader de la Révolution décida de revêtir un habit civil lors de réunions internationales, mais également à l’occasion d’événements spéciaux à Cuba même.

Les promoteurs de ce projet travaillent depuis près de deux ans à donner un nouveau souffle culturel à cette région centrale du pays. Ils ont envoyé à Fidel une guayabera miniature, confectionnée sur place, de même qu’une sculpture en terre cuite.

Le photographe Liborio Noval, pour sa part, a fait don au patrimoine de la ville d’une photographie de Fidel, prise le 14 juin 1994 dans la ville de Cartagena de Indias, en Colombie.

La guayabera portée par le Commandant sera dorénavant exposée au Musée provincial général de Sancti Spiritus, aux côtés de celles du général d’armée Raul Castro Ruz, de Vilma Espin, de Faustino Pérez, de Juan Almeida Bosque et de Miguel Companioni, le seul qui est originaire de cette ville.

Etaient également présents à la cérémonie, Miguel Acebo Cortiñas, membre du Comité central du Parti communiste de Cuba et premier secrétaire du Parti dans cette région, Fidel Pérez Luzbert, président de l’Assemblée provinciale du Pouvoir populaire, ainsi que des représentants des organisations de masses.

source : granma

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : UN GESTE QUI NE SERA PAS OUBLIÉ

Je fais une pause dans le travail que je suis en train d’élaborer depuis deux semaines au sujet d’un épisode historique pour me solidariser avec le président constitutionnel du Honduras, José Manuel Zelaya.

Le voir, sur Telesur, haranguer le peuple hondurien était impressionnant. Il dénonçait avec énergie le grossier refus de la réaction d’accepter une importante consultation populaire. Telle est la « démocratie » que défend l’impérialisme. Zelaya n’a absolument pas violé la loi, il n’a fait aucun coup de force. En tant que président, il est le commandant des forces armées honduriennes. Ce qu’il se passe dans ce pays sera un test pour l’OEA et pour l’administration étasunienne.

L’ALBA s’est réunie hier à Maracay, dans l’état vénézuélien d’Aragua. Les dirigeants latino-américains et caribéens qui y ont pris la parole ont brillé tant par leur éloquence que par leur dignité.

J’écoutais les solides arguments du président Hugo Chávez pour dénoncer l’action putschiste sur Venezolana de Televisión.

Nous ignorons ce qu’il se passera cette nuit ou demain au Honduras, mais la conduite courageuse de Zelaya passera à l’Histoire.

Ce qu’il a dit m’a rappelé le discours du président Salvador Allende tandis que les avions de guerre bombardaient le palais de la Monnaie où il mourut héroïquement le 11 septembre 1973. Cette fois-ci, nous voyions un autre président latino-américain entrer avec le peuple dans une base aérienne pour réclamer les bulletins d’une consultation populaire confisqués crapuleusement.

Voilà comment agit un président et un commandant.

Le peuple hondurien n’oubliera jamais ce geste !

Fidel Castro Ruz

25 juin 2009

20 h 15

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Province de l’Est cubain construira quatrième parc éolien

Le quatrième parc éolien de Cuba est en construction à Punta Rasa, un cap situé à environ trois kilomètres de la ville côtière de Gibara, à Holguín.

Luis San Juan, directeur du Groupe National Pour l’Energie Renouvelable, déclara à l’ACN que six Golwind S-50 machines à technologie chinoise d’une puissance de 4,5 mégawatts y seront installées.

Lorsque le parc éolien sera terminé, le potentiel de l’énergie renouvelable devrait atteindre les 9,6 mégawatts, devenant ainsi le plus grand générateur d’électricité à Cuba.

Il a expliqué que le matériel nécessaire à la construction du nouveau parc éolien est déjà stocké dans ce territoire-là.

Gibara II devrait entrer en service au cours de cette année, grâce à l’expérience des constructeurs et des investisseurs lors de l’installation du parc éolien Gibara I qui a démarré en 2008.

L’utilisation de l’énergie éolienne dans la production d’électricité est une alternative en développement à Cuba, en tant que source de l’électricité non polluante à bas coût.

Des études menées dans le pays sur l’utilisation potentielle de l’énergie éolienne, ont confirmé plus de 30 zones possibles, dont huit se trouvent dans la région orientale.

Des détails sur cette question ont été présentés lors de la Sixième Conférence Internationale des Energies Renouvelables, l’Epargne d’énergie et l’Education, tenue à La Havane, Cuba.

A lire : Cuba, un Pays Écologique

source : ahora.cu

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Merci Fidel, merci Cuba !

Oscar Sanchez Serra

TYLER MacNiven s’est envolé le 7 juin de Californie pour les Bahamas, et de là à La Havane, sa condition de citoyen des Etats-Unis lui empêchant de se rendre directement de son pays vers la capitale cubaine. Il lui est même interdit de se rendre à Cuba en passant par un pays tiers. Tyler est passible d’une sanction prévue par les lois de son gouvernement. C’est un rêve qu’il a été sur le point de réaliser un jour qui l’a poussé une nouvelle fois à braver les interdits.

Il est arrivé à Cuba le 8 juin, le jour même où notre quotidien reproduisait les Réflexions de Fidel intitulées Réponse ridicule à une défaite où le leader de la Révolution cubaine démasque une nouvelle manœuvre crapuleuse / déloyale de l’empire en faisant valoir des arguments irréfutables sur la ridicule historiette d’espionnage cubain qui intervient, comme le fait remarquer Fidel, juste au moment «où avaient lieu des contacts entre les gouvernements des Etats-Unis et Cuba sur des questions importantes d’intérêt commun». Ou – comme c’est curieux! – «24 heures après la défaite essuyée par la diplomatie des Etats-Unis à l’Assemblée générale de l’OEA».

Tyler n’a pas été surpris par cette nouvelle Réflexion. Il lit attentivement chacun des articles du leader cubain, dont il se dit «un lecteur fidèle et discipliné». «Chaque jour, je vais sur Internet pour voir s’il y en a une nouvelle.» Par contre, il a été tout particulièrement étonné par l’un des paragraphes, qui a un rapport étroit avec son retour à Cuba. «Je suis revenu sept ans plus tard pour réaliser mon rêve: embrasser Fidel. Car cette accolade me permettra d’embrasser le cœur même de Cuba. Je veux apporter ma contribution à l’amitié entre nos deux peuples», nous confie Tyler, visiblement ému.

Dans la Réponse ridicule à une défaite, Fidel signale: «Les accusés sont Walter Kendall Myers et sa femme Gwendolyn Steingraber Myers. Le premier a travaillé comme spécialiste des questions européennes; en 1995, voilà quatorze ans, ils ont voyagé à Cuba et je les ai reçus. Durant tout ce temps-là, je me suis réuni avec des milliers d’Étasuniens pour différentes raisons, individuellement ou en groupes, parfois avec plusieurs centaines à la fois, comme les élèves qui venaient à Cuba à bord d’un navire de plaisance dans le cadre du voyage du projet «Semestre en mer», si bien que j’aurais du mal à me souvenir des détails d’une rencontre avec deux personnes. Je me rends compte à présent de la raison pour laquelle George W. Bush a interdit aux étudiants de ce voyage de plaisance de venir à Cuba: bien qu’appartenant à des familles de la haute classe moyenne, ils conversaient avec moi pendant des heures.»

«J’étais l’un des membres de ce projet, en 2002. Nous nous sommes réunis avec Fidel au Palais des Congrès pendant plus de quatre heures. A la fin de son discours, j’ai levé la main, on m’a donné la parole et j’ai pu lui parler. Je voulais exprimer – je l’ai fait – ma gratitude et au peuple cubain et à Fidel lui-même. Je me souviens que quelques jours avant cette rencontre avec Fidel, nous avions mangé des sandwichs à l’Université de La Havane et que plusieurs d’entre nous avions eu mal au ventre. J’étais assis quelque part dans La Havane pour me reposer un moment et tout à coup, je suis tombé raide au sol. Un petit attroupement de Cubains m’a entouré. Les gens m’ont encouragé, mais en en me voyant si mal en point, ils m’ont fait monter dans une voiture privée, conduite par un inconnu, qui m’a emmené à l’hôpital le plus proche.

«J’ai été soigné par trois docteurs hautement qualifiés, et quelques instants plus tard, j’étais guéri. Je tenais exprimer à Fidel non seulement ma reconnaissance pour la qualité professionnelle des médecins qui m’avaient soigné ou pour la gratuité des services, mais pour les nombreux témoignages d’hospitalité, d’amitié et d’affection qui m’ont été rendus par ce peuple qui a conquis mon cœur pour toujours. Moi, citoyen des Etats-Unis, j’ai été traité comme l’un des vôtres, comme un Cubain. C’était impressionnant!»

Mais Tyler avoue avoir ressenti à cette occasion un sentiment de honte et de timidité qui l’a empêché de demander au Commandant en chef l’accolade dont il avait tant rêvé. «Vers la fin de la soirée, au Palais des Congrès, un grand ami à moi, Dominic, lui a dit: « M. le président, étant donné que nous pouvons vous demander n’importe quoi, j’aimerais vous demander quelque chose: puis-je vous donner l’accolade? »»

En entendant la question de son camarade, Tyler a senti des frissons lui parcourir le corps, et… «Fidel a répondu à Dominic: « Sans te faire payer un seul centime. Allez, viens, je t’attends! »» Et tandis que mon ami se précipitait vers la tribune, je me suis fait tout petit dans mon siège. Lorsque Fidel l’a serré dans ses bras sous nos applaudissements, j’ai compris que j’avais laissé passer une chance incroyable! Mais ce petit instant a aussitôt été effacé par le grand bonheur que j’ai ressenti en voyant l’humanisme de cet homme qui serrait Dominic dans ses bras. J’ai compris que ce n’était pas seulement Dominic qu’il embrassait, mais nous tous.»

Nous étions, mon collègue Alberto Nuñez et moi, assis aux côtés de Tyler. Nous ne nous lassions pas de l’écouter. Il nous a demandé de l’aider à réaliser son rêve. Nous lui avons répondu que ce que nous pouvions faire, c’était de raconter son histoire. Il nous a remis la vidéo de sa rencontre avec le Commandant en chef et nous l’avons remercié en lui remettant l’ouvrage 236 Réflexions de Fidel. Ses yeux se sont mis à briller lorsqu’il a su qu’il pourrait se plonger dans chacune de ces réflexions.

Il nous a alors dit que depuis qu’il se trouve parmi nous, soit depuis presque 6 jours, il avait, en plus du rêve d’embrasser Fidel, eu un autre rêve très particulier. «Il s’agit de cette chaleur humaine, en ce début d’été. Partout, le sourire des hommes, des femmes et des enfants. Partout cette franchise, cette musique chez ces gens croisés dans la rue. C’est vraiment quelque chose d’exceptionnel que je vis. J’arrive des Etats-Unis et je découvre que je suis le bienvenu ici, plus, que je suis aimé. Je regrette que mon espagnol ne soit pas meilleur pour me permettre de me plonger encore davantage dans cette réalité que je découvre autour de moi. Je me rappelle que Fidel m’avait dit sur un ton un peu badin, lors de cette fameuse rencontre au Palais des Conventions, que j’aurais dû gronder les médecins qui n’ont pas su me soigner dans ma langue… C’est moi maintenant qui me reproche de ne pas mieux parler l’espagnol. Mais je le ferai, soyez-en certain.»

Au moment de nous séparer, alors qu’il va entreprendre un voyage à travers l’île, d’Ouest en Est, jusqu’au 8 juillet prochain, Tyler nous dit: «Je veux vous répéter ce que j’ai dit à Fidel, lors de l’échange que nous avons eu au Palais des Conventions en 2002. J’avais tout simplement dit: Merci, Fidel. Et aujourd’hui, je vous dit: Merci, Fidel, merci, Cuba!»

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Prensa Latina incarne la Révolution

Fidel et Raul transmettent leurs félicitations à l’agence de presse pour son 50e anniversaire

Yaima Puig Meneses

A l’occasion d’une journée aussi significative, je vous transmets les salutations et les félicitations de notre leader, le camarade Fidel, a déclaré Esteban Lazo, membre du Bureau politique du Parti communiste de Cuba, lors de la célébration du 50e anniversaire de l’agence Prensa Latina, avant d’ajouter : Je vous remets, en outre, une distinction signée par Raul Castro, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, pour votre travail méritoire au service de la vérité.

Lazo, qui est aussi vice-président du Conseil d’Etat, a reconnu que l’agence, durant ses 50 ans d’existence, avait préservé sa mission de diffuser une perspective émancipatrice du monde, anti-hégémonique, différente de la vision manipulée transmise par les monopoles médiatiques. Notre grande responsabilité, c’est de stimuler la conscience morale, politique et révolutionnaire, la vertu de notre peuple et de ses valeurs morales.

Les participants à la commémoration ont vécu un moment d’émotion avec la présentation, en avant-première, du documentaire Che Masetti, réalisé par une équipe de PL elle-même, qui rend hommage à Jorge Ricardo Masetti, journaliste, guérillero et révolutionnaire argentin, fondateur de ce média important, en 1959, conjointement avec Fidel Castro et Ernesto Guevara.

Frank Gonzalez Garcia, président de Prensa Latina, a déclaré que l’agence était le résultat d’un processus historique et il a rappelé la participation de celle-ci dans des événements importants de la Révolution cubaine et d’autres peuples à travers le monde.

source : granma

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

De Réflexions du compañero Fidel : ELLE N’EST PAS AISÉE, LA TÂCHE D’OBAMA

http://francecuba-lillemetropole.org/images/fidel/khaldei_reichstag.jpg

Quand j’ai visité la République populaire de Pologne à l’époque de Gierek, je me rappelle qu’on m’a emmené voir Auschwitz, le plus fameux des camps de concentration. J’ai pu constater les crimes horribles que les nazis avaient commis contre des juifs, enfants, femmes et vieux. C’étaient les idées du Mein Kampf d’Adolf Hitler mises en pratique là. Mais mises aussi en pratique auparavant quand les nazis envahirent l’Union soviétique en quête d’espace vital. Les gouvernements de Londres et de Paris excitaient le chef nazi contre l’URSS depuis des années.

L’Armée soviétique libera Auschwitz et presque tous les camps de concentration nazis, dénonça les faits, prit des photos et fit des films qui parcourent le monde.

Obama a prononcé un discours au camp de concentration de Buchenwald, en territoire allemand, à la libération duquel participa un de ses grands-oncles qui vit encore et qui l’a accompagné durant la cérémonie,

Son activité la plus importante en Europe a été sa participation au soixante-cinquième anniversaire du débarquement de Normandie, où il a prononcé un second discours. Il s’est répandu en éloges au sujet d’Eisenhower qui dirigea le débarquement. Il a souligné à juste titre le rôle courageux que jouèrent les soldats étasuniens qui se battirent sur quelques kilomètres de côte, appuyés par les marines anglaise et étasunienne et des milliers d’avions sortis fondamentalement des usines étasuniennes. Les divisions de paras ne furent pas larguées sur les positions les plus correctes, ce qui explique pourquoi la bataille se prolongea sans raison.

Le gros des armées hitlériennes et de leurs divisions d’élite avait été liquidé par les soldats soviétiques sur le front russe après que l’URSS se fut récupérée des dommages de la frappe initiale. La résistance de Leningrad au siège prolongé, les combats des divisions sibériennes à quelques kilomètres de Moscou, les batailles de Stalingrad et du saillant de Koursk passeront à l’histoire des guerres parmi les événements les plus grands et les plus décisifs.

Si l’on en croit le discours d’Obama, c’est grâce au débarquement de Normandie que l’Europe fut libérée. Il n’a consacré que quinze mots au rôle de l’URSS, à peine 1,2 mot pour chaque deux millions de citoyens soviétiques morts durant cette guerre. Il n’a pas été juste.

À la fin de ce conflit sanglant, les Etats-Unis firent de l’Iran qui y avait joué un rôle important par ses ressources naturelles et sa situation géographique, leur gendarme le plus fort et le mieux armée dans cette région stratégique de l’Asie.

Les masses iraniennes désarmées mais prêtes à tous les sacrifices, dirigées par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, renversèrent le puissant shah dans les deux dernières années de l’administration Jimmy Carter, qui souffrit les premières conséquences de la politique extérieure malavisée des États-Unis, ce qui favorisa l’élection de Ronald Reagan.

Le shah décéda le 27 juillet 1980 au Caire, où Obama a prononcé un autre discours le 4 juin dernier.

La guerre absurde entre l’Iraq et l’Iran, qui éclata en 1980, dura huit années et ne fut pas provoquée par Khomeiny. Reagan en tira tout le profit possible. D’abord en vendant des armes à l’Iran, cet argent plus celui du trafic de drogues lui ayant permis de payer sa sale guerre contre le Nicaragua et de tourner les dispositions du Congrès qui lui avait refusé les fonds pour poursuivre une aventure si cruelle qui coûta tant de vies de jeunes sandinistes. Reagan appuya l’Iraq dans sa guerre contre l’Iran.

L’administration étasunienne autorisa les livraisons à l’Iraq de matières premières, de technologie et de gaz pour la guerre chimique qui tua des dizaines de milliers de soldats iraniens ; la population civile fut sévèrement touchée, des sociétés étasuniennes coopérèrent à la production d’armes chimiques. Les satellites fournirent par ailleurs à l’Iraq les informations nécessaires aux opérations terrestres. 600 000 Iraniens et 400 000 Iraquiens moururent dans cette guerre ; les deux grands producteurs de pétrole dépensèrent des centaines de milliards de dollars avant d’accepter le projet de paix élaboré par les Nations Unies.

Ce n’est pas une tâche aisée pour un président des États-Unis que de prononcer un discours à l’Université musulmane Al- Azhar du Caire. Qu’il ne s’attende pas non plus à ce qu’il soulève beaucoup d’enthousiasme chez les Iraniens et les Arabes.

Fidel Castro Ruz

Le 14 juin 2009

16 h 36

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : À faire pâlir Goebbels

J’ai suivi hier la Table ronde télévisée qui a analysé, entre autres thèmes, l’Opération Peter Pan, l’un des actes d’agression morale les plus répugnants jamais commis contre notre pays. La question de la puissance paternelle est extrêmement sensible. Ce fut un coup bas répugnant. Dans un roman que j’ai lu bien des années après, Mikhaïl Cholokhov évoque un épisode semblable contre la révolution d’Octobre.

L’architecte de cette opération contre Cuba fut monseigneur Walsh, de l’Eglise catholique étasunienne, qui dépendait de l’évêque de Miami.

L’opération se déroula en 1960. Notre Révolution n’avait mis aucun obstacle au départ de ceux qui voulaient partir, car il s’agissait de l’œuvre volontaire d’un peuple libre. La riposte de l’impérialisme, parmi de nombreuses autres agressions graves, fut l’Opération Peter Pan.

Quand Taladrid commentait ce fait, il a mentionné un professeur d’économie, Ángel Fernández Varela. Je me suis rappelé qu’en terminale, au lycée de Belén, un professeur laïc donnait des classes d’économie politique. Il ne s’agissait pas, bien entendu, d’un cours de marxisme-léninisme – le fameux point idéologique évoqué dix-huit ans plus tard par l’OEA pour nous expulser – mais de classes simples et relativement élémentaires sur l’économie politique bourgeoise. Qu’étions-nous d’ailleurs, nous les élèves blancs de cette école ? En tout cas, ce professeur ne manquait jamais de nous faire classe deux ou trois fois par semaine.

Ce que j’ai entendu à la Table ronde m’a surpris. Serait-ce donc ce professeur-là ? me demandais-je. J’ai téléphoné à Taladrid en quête de données. Luis Báez assure également que j’ai rencontré ce professeur quelque part à La Havane en 1959 et que j’avais critiqué son attitude, mais je ne me souvenais pas de ce détail.

Walsh fut décorée voilà quelques jours à titre posthume pour sa « prouesse » dans l’Opération Peter Pan. Il avait affirmé voilà des années avoir reçu des appels téléphonique pour le démarrage de l’Opération et qu’il l’avait coordonnée avec la CIA.

Álvaro F. Fernández, fils de Fernández Varela, a raconté fin mai dans la revue électronique Progreso Semanal : « … Quelques années avant de mourir à Miami, mon père nous a réunis, ma mère, ma sœur María, son mari et moi-même, et nous a dit qu’il avait été l’un des rédacteurs de la fausse loi qui déclencha l’hystérie de la « suppression de la puissance paternelle ». C’est pour ça que je sais sans le moindre doute que l’Opération Peter Pan a été une action immorale et sinistre conçu et rêvée par la CIA avant l’invasion de la baie des Cochons… »

Un agent de la CIA apporta le faux projet de loi de Miami à La Havane. Ángel Fernández Varela en personne a raconté à la revue Contrapunto qu’il avait travaillé pour la CIA de 1959 à 1968.

Chacun des quatorze mille enfants impliqués dans ce drame a été marqué par le traumatisme. Ils étaient issues fondamentalement des couches moyennes ; ils n’étaient pas fils de propriétaires terriens ni de grands bourgeois. À quoi bon les entraîner dans ce drame ? L’ambassade yankee de La Havane, encore ouverte à l’époque, délivrait les visas d’entrée aux États-Unis ; ceux qui correspondaient aux enfants Peter Pan arrivaient par paquets entiers à La Havane et étaient ensuite remplis à leurs noms. Aucun de ces enfants n’avait besoin d’être « sauvé ». Durant de nombreuses années, la Révolution a facilité le départ d’environ un million de personnes à destination, dans leur grande majorité, des États-Unis, le pays le plus riche, celui qui encourage le vol de cerveaux et le pillage des personnes instruites et de la force de travail qualifiée.

Les États-Unis ne seraient en mesure de le faire avec aucun autre pays latino-américain. À qui cette diabolique opération clandestine pouvait-elle profiter ?

María de los Ángeles Torres, professeure associée de sciences politiques à l’Université DePaul, de Chicago, qui fut enfant Peter Pan mais n’est pas révolutionnaire, a demandé à la CIA de déclassifier près de mille cinq cents documents relatifs à l’Opération, mais celle-ci a refusé au motif de la sécurité nationale. L’affaire pue tant que l’Agence ne veut pas la remuer.

Malgré ce refus, la professeure Torres a obtenu que la bibliothèque présidentielle Lyndon B. Johnson lui donne accès à un document où l’administration étasunienne repoussait une proposition du Haut Commissaire des Nations Unies aux réfugiés de prendre en charge le voyage des parents dont les enfants avaient été envoyés seuls aux États-Unis. Ce document a été publié dans la presse de ce pays il y a plus de quinze ans.

Peter Pan fut une manœuvre cynique qui aurait fait pâlir Goebbels en personne, le ministre de la propagande nazi.

Fidel Castro Ruz

Le 11 juin 2009

16 h 40

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Evo Morales juge Fidel Castro « très lucide » et en forme

La Havane – Le président bolivien Evo Morales a qualifié de « très lucide » le leader cubain Fidel Castro qui l’a reçu pendant deux heures jeudi lors de sa courte visite de moins de 24 heures à La Havane.
« Je l’ai trouvé très lucide, très sage, très raffermi, car lors de ma dernière visite il y a plusieurs mois, il m’avait préoccupé. Mais maintenant Fidel se sent très bien », a déclaré à la presse M. Morales avant son départ de La Havane pour le Paraguay.
M. Morales, dont la dernière visite à Cuba remontait à mai 2008, a également déclaré s’être entretenu avec son homologue Raul Castro, frère et successeur de Fidel, lors d’un dîner.

source AngolaPress

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LE DISCOURS D’OBAMA AU CAIRE

Jeudi dernier, 4 juin, Obama a prononcé à l’Université islamique al-Azhar du Caire un discours qui présentait un intérêt spécial pour ceux qui, comme moi, suivent de près ses actions politique, compte tenu de l’énorme pouvoir de la superpuissance qu’il dirige. Je reprends ses propres mots pour signaler ce qui a constitué de mon point de vue les idées essentielles qu’il a présentées, de façon à les résumer pour gagner du temps. Nous ne devons pas savoir seulement qu’il a pris la parole, nous devons savoir aussi ce qu’il a dit.

« Nous nous rencontrons en une période de tension entre les États-Unis et les musulmans partout dans le monde…

« Dans la relation entre l’islam et l’Occident, il y a eu des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi un conflit et des guerres religieuses. »

« …le colonialisme …a privé de nombreux musulmans de leurs droits et de leurs chances… une guerre froide où des pays à majorité musulmane ont été trop souvent considérés comme des sous-traitants, sans égard pour leurs propres aspirations. »

« De violents extrémistes ont exploité ces tensions…

« …ont conduit certains, dans mon pays, à percevoir l’islam comme irrémédiablement hostile, non seulement à l’Amérique et aux pays de l’Occident, mais aussi aux droits de l’homme.

« Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les États-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels…

… [L’Amérique et l’islam] se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains.

« Un discours seul ne peut éradiquer des années de méfiance. Et je n’ai pas non plus de réponse immédiate à toutes les questions complexes qui nous ont amenés au point où nous sommes.

« Comme le dit le saint Coran : « Sois conscient de Dieu et dis toujours la vérité. » »

« Je suis chrétien, mais mon père venait d’une famille kenyane qui comprend plusieurs générations de musulmans. Enfant, j’ai vécu plusieurs années en Indonésie et j’entendais l’appel du muezzin à l’aube et à la tombée du jour. Jeune homme, j’ai travaillé dans des communautés de Chicago où beaucoup ont trouvé dignité et paix dans leur foi musulmane.

« Ce fut l’islam – dans des endroits comme l’Université al-Azhar – qui a porté la flamme de l’étude pendant plusieurs siècles, montrant la voie en Europe à la Renaissance et aux Lumières.

« Et depuis notre fondation, les musulmans américains ont enrichi les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, ils ont servi au gouvernement, lutté pour les droits civiques…

« En tant que président des États-Unis, je considère qu’il est de ma responsabilité de lutter contre les stéréotypes sur l’Islam, où qu’ils apparaissent.

« …l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier de l’empire mû par ses seuls intérêts.

« …le rêve des occasions pour chacun ne s’est pas réalisé pour tous en Amérique…

«  Les mots seuls ne peuvent répondre aux besoins de nos peuples.

« Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, tous sont en danger. Quand une nation cherche à obtenir l’arme nucléaire, le risque d’une attaque nucléaire augmente pour toutes les nations.

« Compte tenu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élèverait une nation ou un groupe au-dessus des autres échouera inévitablement.

« A Ankara, j’ai dit clairement que l’Amérique n’est pas et ne sera jamais en guerre contre l’Islam.

« … nous rejetons ce que les hommes de toutes les fois rejettent : le meurtre d’innocents, hommes, femmes et enfants.

« Je sais que certains mettent en doute ou justifient les événements du 11 septembre.

« Les victimes étaient des innocents, hommes, femmes, enfants, d’Amérique ou d’autres nations…

« Ne vous y trompez pas : nous ne souhaitons pas que nos troupes restent en Afghanistan. Nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il est très douloureux pour l’Amérique de perdre nos jeunes femmes et nos jeunes hommes. Il est coûteux et difficile politiquement de poursuivre ce conflit. Nous ramènerions avec plaisir chacun de nos soldats à la maison si nous pouvions avoir la certitude qu’il n’y aura pas d’extrémistes violents en Afghanistan et au Pakistan, déterminés à tuer le plus d’Américains possible.

« Le Coran enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, et que quiconque sauve une vie sauve toute l’humanité.

« A la différence de l’Afghanistan, l’Irak a été une guerre par choix qui a suscité de fortes oppositions dans mon pays et dans le monde.

« … je pense aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de la démocratie et du consensus international pour résoudre nos problèmes, chaque fois que cela est possible.

« Aujourd’hui, l’Amérique a une double responsabilité : aider les Irakiens à bâtir un avenir meilleur – et laisser l’Irak aux Irakiens. J’ai dit clairement au peuple irakien que nous ne voulions aucune base, ne revendiquons aucun territoire ou ressource. La souveraineté de l’Irak lui appartient. C’est pourquoi j’ai ordonné le départ de nos brigades combattantes en août prochain.

« [nous] retirerons les troupes de combat des villes irakiennes dès juillet, et toutes nos troupes d’Irak en 2012.

« Le 11 septembre a été un immense traumatisme pour notre pays.

« … dans certains cas, il nous a conduits à agir en contradiction avec nos idéaux.

« J’ai interdit sans équivoque l’usage de la torture par les États-Unis, et j’ai ordonné la fermeture de la prison de Guantanamo Bay au début de l’année prochaine.

« Ainsi, l’Amérique se défendra dans le respect de la souveraineté des nations et de l’Etat de droit.

« La deuxième source de tension dont il nous faut parler est la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe. Les liens solides entre l’Amérique et Israël sont bien connus. Cette relation est indestructible.

« D’un autre côté, il est aussi indéniable que le peuple palestinien – musulmans et chrétiens – a souffert dans sa quête d’une patrie. Pendant plus de 60 ans, il a enduré les douleurs du déracinement. Beaucoup attendent, dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et aux alentours, une vie de paix et de sécurité qu’ils n’ont jamais pu mener.

« Alors, qu’il n’y ait aucun doute : la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à un Etat à eux.

« …deux peuples aux aspirations légitimes, chacun avec son histoire douloureuse qui fait fuir tout compromis. Il est facile de pointer du doigt les responsabilités – pour les Palestiniens, pointer les migrations provoquées par la fondation d’Israël, pour les Israéliens de pointer la constante hostilité et les attaques qu’ils ont subies dans leur histoire, depuis l’intérieur de leurs frontières aussi bien que du dehors. Mais si nous ne considérons ce conflit que d’un côté, nous ne verrons pas la vérité : la seule solution pour répondre aux aspirations des deux côtés passe par deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun en paix et en sécurité.

« Pendant des siècles, les Noirs d’Amérique ont subi le fouet pour les esclaves et l’humiliation de la ségrégation. Mais ce n’est pas la violence qui a conquis l’égalité et la plénitude de leurs droits.

« …le Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit d’Israël à l’existence.

« Dans le même temps, les Israéliens doivent reconnaître que, tout comme le droit d’Israël à exister ne peut pas être nié, celui de la Palestine ne peut pas l’être non plus. Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent.

« Israël doit aussi respecter ses engagements et assurer aux Palestiniens la possibilité de vivre, travailler et développer leur société. […] Le progrès de la vie quotidienne des Palestiniens doit faire partie du chemin vers la paix ; et Israël doit prendre des mesures concrètes pour permettre ce progrès.

« Le conflit israélo-arabe ne doit plus être utilisé pour détourner les peuples des nations arabes d’autres problèmes.

« La troisième source de tension relève de notre intérêt commun dans les droits et les devoirs des nations au sujet des armes nucléaires.

« Au milieu de la Guerre Froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences contre des Américains, militaires et civils. […] Plutôt que de demeurer piégé dans le passé, j’ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l’avant. La question, aujourd’hui, n’est pas de savoir contre quoi est l’Iran, mais quel avenir il veut bâtir.

« Il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous agirons avec courage, rectitude et résolution. Il y aura de nombreuses questions à discuter entre nos deux pays, et nous sommes prêts à aller de l’avant sans conditions préalables, sur la base d’un respect mutuel.

« Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays disposent d’armes que d’autres n’ont pas. Aucune nation ne doit choisir quelles nations possèdent l’arme nucléaire. C’est pourquoi j’ai réaffirmé fortement l’engagement des Etats-Unis dans la recherche d’un monde sans armes nucléaires. Et toute nation – y compris l’Iran – doit avoir le droit d’accéder à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques si elle respecte ses obligations dans le cadre du traité de non-prolifération. »

Dans ces trois premiers points de son allocution, on trouve la raison d’être essentielle de son voyage à l’Université islamique d’Égypte. On ne saurait rendre le nouveau président des États-Unis responsable de la situation créée au Moyen-Orient. Il est évident qu’il souhaite trouver une issue à l’énorme imbroglio provoqué là par ses prédécesseurs et par le cours même des événements dans les cent dernières années.

Obama ne pouvait même pas imaginer, quand il travaillait dans les communautés noires de Chicago, que les effets terribles d’une crise financière viendraient se joindre aux facteurs qui avaient rendu possible son élection comme président dans une société fortement raciste.

Il a occupé son poste à un moment exceptionnellement complexe de son pays et du monde. Il s’efforce de régler des problèmes qu’il juge peut-être plus simples qu’ils ne sont. Des siècles d’exploitation coloniale et capitaliste ont donné naissance à un monde où une poignée de pays surdéveloppés et riches coexiste avec une autre partie immensément pauvre qui fournit des matières premières et de la force de travail. Si on ajoute au tableau la Chine et l’inde, deux nations vraiment émergentes, la lutte pour les ressources naturelles et les marchés provoque une situation tout à fait nouvelle sur la planète où la survie humaine reste encore à résoudre.

Par ses racines africaines, son origine modeste et son étonnante ascension, Obama éveille des espoirs chez bien des gens qui, tels de naufragés, cherchent une planche de salut en pleine tempête.

Il a tout à fait raison de dire que « tout ordre mondial qui élèverait une nation ou un groupe au-dessus des autres échouera inévitablement » ou que « les hommes de toutes les fois rejettent le meurtre d’innocents, hommes, femmes et enfants », ou encore de ratifier aux yeux du monde son opposition à la torture. Plusieurs des prises de positions susmentionnées sont en général correctes en théorie ; il perçoit clairement qu’il faut que tous les pays, sans aucune exception bien entendu, renoncent aux armes nucléaires. Des personnalités étasuniennes connues et influentes voient là un grand danger à mesure que la technologie et les sciences généralisent l’accès au matériau radioactif et aux formes de l’utiliser, même en petites quantités.

Il est trop tôt encore pour émettre des jugements sur son niveau d’engagement avec les idées qu’il avance et jusqu’à quel point il est décidé à soutenir, par exemple, l’objectif d’un accord de paix fondé sur des bases justes et offrant des garanties à tous les États au Moyen-Orient.

La plus grande difficulté du président étasunien est que les principes qu’il prêche sont en contradiction avec la politique que la superpuissance a suivie dans les soixante-dix dernières années, depuis les derniers combats de la Deuxième Guerre mondiale en août 1945. J’omets pour le moment la politique agressive et expansionniste qu’elle appliqua envers les peuples latino-américains et en particulier avec le peuple cubain quand elle était loin d’être encore la plus puissante nation du monde.

Chacune des normes qu’Obama a prônées au Caire est en contradiction avec les interventions et les guerres fomentées par les États-Unis. La première fut la fameuse Guerre froide qu’il mentionne dans son discours et qui a été déclenchée par le gouvernement de son pays. Les différends idéologiques avec l’’RSS ne justifiaient pas l’hostilité avec cet État qui sacrifia plus de vingt-cinq millions de vie dans la lutte contre le nazisme. Obama n’aurait pas pu commémorer ces jours-ci le soixante-cinquième anniversaire du débarquement en Normandie et la libération de l’Europe si des millions de soldats soviétiques n’avaient pas versé leur sang et péri en combattant les troupes d’élite hitlériennes. Ce sont des soldats de l’armée soviétique qui ont libéré les survivants du fameux camp de concentration d’Auschwitz. Le monde ignorait ce qu’il se passait, bien que nombreux fussent ceux qui connaissaient les faits dans les milieux officiels d’Europe. De même que des millions d’enfants, de femmes et de vieux juifs furent atrocement assassinés, des millions d’enfants, de femmes et de vieux russes perdirent la vie à la suite de la brutale invasion des nazis en quête d’espace vital. L’Occident fit des concessions à Hitler et complota pour le lancer finalement sur le territoire slave afin de l’occuper et de le coloniser. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Soviétiques étaient les alliés des États-Unis et non leurs ennemis.

Les États-Unis larguèrent deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, deux villes non militaires, pour en tester les effets. Ceux qui y périrent étaient aussi dans leur grande majorité des enfants, des femmes et des vieux japonais.

Quand on analyse les guerres fomentées, appuyées ou menées par les États-Unis en Chine, en Corée, au Vietnam, au Laos, au Kampuchéa, on constate que, des millions de personnes qui y périrent, beaucoup étaient des enfants, des femmes et des vieux.

Les guerres coloniales de la France et du Portugal après la Deuxième Guerre mondiale furent soutenues par les États-Unis ; les coups d’État et les interventions en Amérique centrale, au Panama, en République dominicaine, en Grenade, au Chili, au Paraguay, en Uruguay, au Pérou et en Argentine furent tous fomentés et appuyés par les États-Unis.

Israël n’était pas une puissance nucléaire. La création d’un État sur le territoire d’où les juifs avaient été expulsés et conduits à l’exode par l’Empire romain voilà deux mille ans fut appuyée de bonne foi par l’URSS et de nombreux autres pays du monde. Au triomphe de la Révolution, Cuba maintint des relations avec Israël durant plus d’une décennie jusqu’à ce que ses guerres de conquête contre les Palestiniens et d’autres peuples arabes nous poussent à les rompre. Nous avons continué de respecter totalement le judaïsme et son culte.

Les États-Unis ne se sont jamais opposés à la conquête de territoires arabes par Israël et n’ont jamais protesté contre les méthodes terroristes qu’il utilise contre les Palestiniens. Au contraire, ils en ont fait une puissance nucléaire, parmi les plus de pointe au monde, en plein cœur du territoire arabe et musulman, transformant le Moyen-Orient à l’un des points les plus dangereux de la planète.

La superpuissance a aussi utilisé Israël pour fournir des armes atomiques à l’armée sud-africaine de l’apartheid pour les employer contre les troupes cubaines qui, aux côtés des forces angolaises et namibiennes, défendaient la République populaire d’Angola. Ce sont des faits encore assez récents que le président étasunien connaît sûrement. Nous ne sommes donc pas ignorants de l’agressivité et du danger que le potentiel nucléaire israélien représente pour la paix.

Une fois conclus les trois points initiaux de son discours du Caire, Obama s’est attaché à philosopher et à pontifier au sujet de la politique étrangère des États-Unis :

« Quatrième question que j’aborderai : la démocratie.

« Mais je serai très clair : aucune nation ne peut imposer à une autre un système de gouvernement.

« L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est bon pour tout le monde. Mais je pense, sans aucune concession possible, que les gens souhaitent certaines choses : la possibilité de donner son avis sur la façon dont on est gouverné ; la confiance en l’Etat de droit et une administration de la justice égale pour tous… Ce ne sont pas seulement des idées américaines mais des droits de l’homme, et c’est pourquoi nous les soutiendrons partout.

« Cinquième question dont je parlerai : la liberté religieuse.

« L’islam a une tradition de tolérance fière d’elle-même. […] Je l’ai vu moi-même enfant en Indonésie, où des prêtres chrétiens pratiquaient leur religion librement dans un pays dont l’immense majorité est musulmane.

« Chez certains musulmans, il existe une tendance inquiétante à mesurer sa foi par le rejet de celle d’autrui. […]Les lignes de fracture doivent être fermées aussi chez les musulmans, car les divisions entre sunnites et chiites ont provoqué des violences tragiques, en particulier en Irak.

« …il est important que les pays occidentaux évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils l’entendent – par exemple en dictant la manière dont une musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard d’une religion sous le couvert du libéralisme.

« Je rejette l’opinion de certains occidentaux pour qui une femme qui choisit de couvrir sa chevelure est d’une certaine façon moins égale, mais je crois aussi qu’une femme à qui l’on refuse l’éducation se voit dénier ses droits. Et ce n’est pas par hasard si les pays où les femmes ont accès à une éducation de haut niveau ont de bien plus grandes chances de prospérer.

« …la lutte pour l’égalité des femmes continue dans de nombreux aspects de la société américaine, et un peu partout dans le monde.

« Nos filles peuvent contribuer à la société autant que nos fils, et notre prospérité commune progressera et permettant à toute l’humanité – hommes et femmes – d’atteindre leur potentiel.

« … L’Internet et la télévision peuvent convoyer connaissances et information, mais sexualité offensante et violence illimitée. Le commerce peut apporter de nouvelles richesses et de nouvelles perspectives, mais aussi d’énormes bouleversements.

« Nous […] investirons dans l’enseignement en ligne pour les enseignants et les enfants partout dans le monde, et créerons un nouveau réseau en ligne, de sorte qu’un adolescent du Kansas pourra communiquer instantanément avec un adolescent du Caire.

« …Mais il est de notre responsabilité de joindre nos efforts au nom du monde que nous voulons – un monde où les extrémistes ne menacent plus nos peuples, où les soldats américains sont rentrés chez eux ; un monde où Israéliens et Palestiniens sont chacun en sécurité dans leur État, où l’énergie nucléaire n’est utilisée qu’à des fins pacifiques…

«  C’est le monde que nous voulons. Mais nous ne pourrons y arriver qu’ensemble.

« Il est plus facile de commencer des guerres que d’y mettre fin. […] Il y aussi au cœur de chaque religion une règle : nous agissons envers autrui comme nous souhaitons qu’il agisse envers nous.

« Nous avons le pouvoir de faire le monde que nus voulons, mais seulement si nous avons le courage d’un nouveau commencement, en gardant à l‘esprit ce qui a été écrit.

« Le Coran nous dit : « Oh, humanité ! Nous t’avons créée mâle et femelle, et nous t’avons dispersée en nations et tribus afin que vous puissiez vous connaître. »

« Le Talmud nous dit : « Toute la Torah n’a pour but que de promouvoir la paix. »

« La Bible nous dit : « Bénis soient les bâtisseurs de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

« Les peuples du monde peuvent vivre ensemble en paix. »

Comme on peut le constater, Obama tombe dans une contradiction en abordant le quatrième point de son discours à l’Université Al-Azhar. Après avoir démarré sur une maxime, à son accoutumée : « Aucune nation ne peut imposer à une autre un système de gouvernement », un principe consacrée dans la Charte des Nations Unies comme facteur clef du droit international, il se contredit aussitôt en faisant une profession de foi qui convertit les États-Unis en juge suprême des valeurs démocratiques et des droits de l’homme.

Il fait ensuite allusion à des points en rapport avec le développement économique et l’égalité des chances. Il fait des promesses au monde arabe, signale des avantages et des inconvénients. Ça ressemble fort à une campagne de relations publiques des États-Unis envers les pays musulmans, ce qui est somme toute préférable à des menaces de bombardement et de destruction.

En fin de discours, Obama mêle pas mal de thèmes.

Si l’on tient compte de la longueur de son discours, sans employer un texte écrit, il a commis très peu d’impairs en comparaison de son prédécesseur qui se trompait à chaque paragraphe. Il a une grande capacité de communication.

J’observe d’ordinaire avec intérêt les cérémonies historiques, politiques et religieuses.

Ce que j’ai vu à l’université Al-Azhar m’a paru irréel. Même le pape Benoît XVI n’aurait pas pu prononcer des phrases plus œcuméniques qu’Obama. J’ai imaginé un instant un pieux croyant musulman, chrétien, juif, ou de toute autre religion, en train d’écouter le président étasunien dans la vaste salle de l’université Al-Azhar. À un moment donné, il ne saurait plus s’il se trouvait dans une cathédrale, une mosquée ou une synagogue.

Obama est parti pour l’Allemagne. Pendant trois jours, il a parcouru des points d’importance politique. Il a participé et parlé à toutes les commémorations. Il a visité des musées, reçu la famille et dîné dans de restaurants renommés. Il possède une capacité de travail impressionnante. Du temps devra s’écouler avant qu’on ne revoie un cas pareil.

Fidel Castro Ruz

Le 8 juin 2009

19 h12

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Powered by WordPress | Compare Best Sprint Phone Deals Online. | Thanks to Credit Card Deals, Best CD Rates and Sell cars

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.