Fidel décoré de l’Ordre honorifique du Caricom

Les gouvernements de la Communauté des Caraïbes ont décerné au commandant en chef Fidel Castro l’Ordre honorifique de cette organisation, pour son attitude humaine irréprochable et sa solidarité inconditionnelle en faveur du progrès et du bien-être de la région.

Le général d’Armée Raul Castro, président du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres, a reçu la décoration au nom du leader de la Révolution cubaine lors de la cérémonie de clôture du 3e Sommet Cuba-Caricom, qui s’est tenue dans le salon Sierra Maestra de l’hôtel Melia-Santiago, de la Ville-Héros.

Raul, qui est aussi second secrétaire du Parti, a adressé ses remerciements au nom de Fidel pour un honneur d’une si haute distinction, en déclarant : « c’est un hommage qui engage davantage notre loyauté et notre reconnaissance envers l’héritage et nos racines caribéennes ».

Baldwin Spencer, président de la Conférence des chefs de gouvernement du Caricom, a affirmé que les peuples et les dirigeants avaient décerné la plus haute décoration du bloc régional au camarade Fidel, la première personnalité hors de Caricom à la recevoir.

Baldwin, Premier ministre de Antigua et Barbuda, a ajouté que cet Ordre rend hommage à la ferveur, à la passion et au sacrifice de Fidel, qui a consacré sa vie au service de son pays, de sa région et du reste des pays en voie de développement.

L’Ordre honorifique de la Communauté des Caraïbes est décerné, à titre exceptionnel, à des personnes qui ont réalisé des contributions importantes en faveur de la région.

Le président pro tempore de l’organisation caribéenne a ajouté que Fidel n’a cessé d’entretenir et de cultiver une forte relation avec le Caricom, scellée par l’amitié, la bonne volonté, le respect mutuel et la solidarité.

Il a fait remarquer que lors du 3e Sommet de Cuba-Caricom, les conversations ont été fructueuses, avec des dirigeants conscients de leurs responsabilités, avant d’annoncer que le prochain sommet se tiendra en 2011 à Trinité et Tobago.

Patrick Manning, Premier ministre de Trinité et Tobago, a remercié pour le choix de son pays comme siège de la prochaine réunion.

A la clôture du Sommet, Raul a invité les présidents à transmettre à leurs peuples les salutations les plus chaleureuses de la part de leurs frères cubains, depuis la Ville-Héros de Santiago de Cuba, résolue comme tout le pays, à vaincre les défis économiques actuels, à atteindre le développement et à poursuivre à tout prix le droit à la justice et à la dignité pleine de l’homme.

Tiré de Granma international

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Réflexions du compañero Fidel : UNE RÉPONSE RIDICULE À UNE DÉFAITE

Hier après-midi, alors que j’analysais avec soin l’allocution qu’Obama a prononcée à l’Université musulmane du Caire, des agences de presse ont fait circuler une étrange nouvelle : deux retraités plus que septuagénaires ont été arrêtés et accusés d’avoir fait de l’espionnage pour le gouvernement cubain pendant trente ans. La quasi-totalité des importantes agences de presse occidentales, huit d’entre elles, ont divulgué l’information.

Les accusés sont Walter Kendall Myers et sa femme Gwendolyn Steingraber Myers. Le premier a travaillé comme spécialiste des questions européennes ; en 1995, voilà quatorze ans, ils ont voyagé à Cuba et je les ai reçus. Durant tout ce temps-là, je me suis réuni avec des milliers d’Étasuniens pour différentes raisons, individuellement ou en groupes, parfois avec plusieurs centaines à la fois, comme les élèves qui venaient à Cuba à bord d’un navire de plaisance dans le cadre du voyage du projet « Semestre en mer », si bien que j’aurais du mal à me souvenir des détails d’une rencontre avec deux personnes. Je me rends compte à présent de la raison pour laquelle George W. Bush a interdit aux étudiants de ce voyage de plaisance de venir à Cuba : bien qu’appartenant à des familles de la haute classe moyenne, ils conversaient avec moi pendant des heures.

L’accusation précise que le couple a reçu de nombreuses décorations, mais n’a jamais cherché de l’argent ou des avantages personnels.

Je peux garantir pour ma part que, par principe, nous n’avons jamais torturé ni payé qui que ce soit pour obtenir des informations. Ceux qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à protéger la vie de Cubains face aux nombreux plans terroristes et projets d’assassinat de dirigeants orchestrés par plusieurs administrations étasuniennes l’ont fait par impératif de leur conscience et méritent à mon avis tous les honneurs du monde.

Il est curieux que cette nouvelle apparaisse vingt-quatre heures après la défaite essuyée par la diplomatie étasunienne à l’Assemblée générale de l’OEA.

Si ces personnes étaient déjà sous surveillance puisque des agents du FBI les avaient découvertes en se faisant passer pour des espions cubains, pourquoi n’ont-elles pas été arrêtées avant et pourquoi l’ont-elles été maintenant ? Vraiment étrange…

La soi-disant justice commencera maintenant son jeu contre deux personnes, broyées moralement d’avance par des accusations qui prédétermineront l’attitude du jury chargé de décider de leur culpabilité ou de leur innocence. Elles ne bénéficieront

sûrement pas du traitement aimable dispensé aux terroristes que le gouvernement étasunien a recrutés pour détruire en plein vol l’avion de Cubana de Aviación et tuer la totalité des gens à bord et commettre contre notre pays des crimes horribles, et qui ont même violé les lois étasuniennes en perpétrant de nombreux actes terroristes méprisables aux USA mêmes.

La campagne contre le couple a commencé. On les présente comme des traîtres passibles de trente-cinq ans de privation de liberté, qu’ils devront purger jusqu’au-delà de leur cent ans. Les procureurs pourront orchestrer leurs manœuvres habituelles en quête d’objectifs politiques.

Toute cette manigance a été peaufinée après l’entrée d’Obama à la Maison-Blanche. Il se peut que le lourd revers essuyé à San Pedro Sula, mais aussi les nouvelles faisant état de contacts entre les gouvernements cubain et étasunien sur des questions importants d’intérêt mutuel aient influé sur cette arrestation.

Selon une dépêche d’ANSA, Walter Kendall Myers aurait déclaré avoir faire preuve « de beaucoup de prudence » en collectant et en transmettant des secrets à Cuba.

D’autres parlent d’un journal confisqué à Gwendolyn. Si tout ceci était vrai, je ne manquerai pas d’admirer leur conduite désintéressée et courageuse envers Cuba.

Notre affrontement aux États-Unis est idéologique, il n’a rien à voir avec leur sécurité.

Hier, trois autres dépêches d’agences de presse informaient toutefois sur trois points qui ont, eux, en revanche, beaucoup à voir avec la morale politique et la sécurité des États-Unis.

AFP : « Une nouvelle discussion a éclaté vendredi quand des législateurs démocrates ont accusé leurs adversaires républicains d’avoir révélé des informations secrètes sur des techniques de tortures dénoncées durant une séance du Congrès à huis-clos.

« La représentante de l’Illinois, Jan Schakowski, a signalé : « Tout le monde à la commission comprend ce qu’implique une séance à huis-clos ». »

« Elle a ajouté dans un communiqué : « C’est une irresponsabilité de la part de membres de cette commission d’avoir abandonné cette rencontre confidentielle avant la fin et de s’être adressés aussitôt à la presse. » »

Agence AP : « Des procureurs fédéraux ont accusé un homme d’avoir proféré des menaces contre le président Barack Obama après avoir dit censément à un employé de banque d’Utah que sa mission était de tuer les président. »

« Daniel James Murray aurait fait part de ses intentions à un caissier de banque, le 27 mai, tout en retirant 13 000 dollars de son compte, selon la page Internet du journal local Salt Lake Tribune, de jeudi. »

« On ne sait pas où se trouve l’accusé. Un document présenté devant la justice affirme que Murray est à New York et qu’il a été voilà peu de temps en Californie, en Utah, en Géorgie, en Oklahoma et peut-être au Texas. »

« Selon le journal, les services secrets affirment que Murray possédait au moins huit armes à feu enregistrées. »

« Malcolm Wiley, porte-parole des services secrets à Washington, a déclaré à l’AP qu’il ne ferait aucun commentaire à ce sujet. »

AFP : « Il est facile d’acquérir aux États-Unis des technologies militaires sensibles nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires puis de les exporter illégalement, a averti le Government Accountability Office (GAO), un organe du Congrès. »

«  »Utilisant une société bidon et des faux papiers, le GAO a acheté des produits sensibles, tels que des lunettes à infrarouge utilisées par les troupes en Iraq et en Afghanistan pour identifier des cibles nocturnes, des électrodes permettant de faire détoner des armes nucléaires, des capteur électroniques utilisés dans la fabrication de bombes artisanales et des puces d’occasion de missiles téléguidés », écrit l’organisme dans un rapport récent. »

Cet énorme arsenal de pointe livré sur le marché ne met-il pas le monde au bord du précipice ?

Cette B.D. de l’espionnage cubain ne vous semble-t-elle absolument ridicule ?

Fidel Castro Ruz

Le 6 juin 2009

15 h 12

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Fidel et le peuple cubain ont été acquittés par l’histoire

Viva Cuba

Viva Cuba

SAN PEDRO SULA, Honduras, le 3 juin. – Le président du Honduras, Manuel Zelaya, hôte de la 39e Assemblée générale de l’OEA, a déclaré aujourd’hui que Fidel Castro,  principal leader de la Révolution cubaine, et son peuple ont été acquittés par l’histoire et qu’une «sage réparation» a été faite en révoquant l’accord qui avait entraîné l’exclusion de Cuba du Système interaméricain en 1962.

Bien que les Etats-Unis aient tenté de l’empêcher, le thème de Cuba a concentré toute l’attention des chefs d’Etat et des ministres des Affaires étrangères présents à cette réunion, et Washington n’a pas eu d’autre solution que de respecter finalement la décision adoptée sans aucune condition.

Le président du Nicaragua, Manuel Ortega, a affirmé ici que laisser sans effet l’expulsion de Cuba de l’OEA efface la tâche qui souillait cet organisme depuis 1962.

Lors de son intervention en séance plénière, Ortega a déclaré que la prochaine étape devait être la levée par les USA du blocus imposé à l’île depuis un demi siècle.

Il a souligné que si cette bataille a pu être gagnée, si cette tache a pu être effacée, c’est parce que Cuba ne s’est jamais pliée, n’a pas succombé devant les nombreuses agressions dont elle a été victime dans tous les domaines.

Le président nicaraguayen a également rappelé que Cuba est toujours debout malgré 50 ans de blocus, qu’elle continue de se développer et de promouvoir ses valeurs de solidarité.

Ortega a ajouté que les pays de l’Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) ont contribué à obtenir cette résolution, qu’il a qualifiée de nouvelle victoire du peuple cubain, du peuple de Marti, du peuple de Fidel.

Pour sa part, la ministre hondurienne des Affaires étrangères Patricia Rodas a transmis ses «salutations historiques et solidaires au peuple de Cuba», et après avoir lu l’accord abrogeant de façon inconditionnelle la résolution VI adoptée le 31 janvier 1962, elle a déclaré que cette décision a été obtenue par acclamation des délégations présentes lors de la séance plénière, qui ont qualifié d’ignominieux le document obsolète de l’OEA.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, Fander Falconi, a déclaré: «Nous avons amendé l’histoire et cela remplit satisfaction tous les Latino-américains».

Pour leur part, selon des informations de CNN, les USA ont du s’accommoder du ton de la rencontre, ce qui s’est reflété dans le discours du sous-secrétaire d’Etat Thomas A. Shannon. (SE)

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Réflexions du compañero Fidel : LE CHEVAL DE TROIE

Rafael Correa, le président équatorien, a affirmé en Honduras à la veille de la réunion de l’OEA : « Je crois que l’OEA a perdu sa raison d’être ; peut-être d’ailleurs n’en a-t-elle jamais eue. » La dépêche d’ANSA ajoute que Correa « a auguré « la mort » de cette organisation à cause de nombreuses erreurs qu’elle a commises. »

Selon lui, « les pays du continent, pour des conditions géographiques, ne peuvent pas être « tous mis dans le même sac », raison pour laquelle l’Équateur a proposé voilà plusieurs mois de créer l’Organisation des Etats latino-américains. »

«  »Il n’est pas possible de discuter des problèmes de la région à Washington ; construisons quelque chose à nous, sans pays étrangers à notre culture, à nos valeurs, en incluant bien entendu les pays qui ont été séparés inexplicablement du système interaméricain, et je veux parler du cas concret de Cuba… qui a été une vraie honte et qui prouve le deux poids deux mesures régnant dans les relations internationales ». A son arrivée au Honduras, aussi bien lui que le président Zelaya ont déclaré que « l’OEA doit être réformée et doit réintégrer Cuba ; sinon, elle devra disparaître ». »

Une autre dépêche de l’agence DPA affirme :

« La réintégration de Cuba à l’Organisation des États américains (OEA) a cessé d’être un point en soi à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’organisme qui se déroule à San Pedro Sula (Honduras) pour se convertir une fois de plus en prétexte d’une lutte d’intérêts qui dépasse les frontières de l’île caribéenne et pourrait remettre en cause (de nouveau) les relations continentales. »

« Le président vénézuélien Hugo Chávez l’a laissé clairement entendre quand il a qualifié la rencontre continentale qui débute ce mardi-ci au Honduras en termes quasi militaires »

« Ce sera, a-t-il dit, « une bataille intéressante » à l’issue de laquelle, s’il est prouvé que l’OEA « reste un ministère des colonies » qui ne se transforme pas pour « se subordonner à la volonté des gouvernements qui la constituent », il faudra dès lors envisager « d’en sortir » et créer une autre solution. »

«  »L’Amérique latine fait de Cuba l’épreuve clef pour tester la sincérité de l’administration Obama quant à ses intentions de se rapprocher vraiment » de la région, a soutenu Julia Sweig, experte pour Cuba au Council of Foreign Relations de Washington, au journal The Washington Post à la veille de la rencontre au Honduras. »

En résistant aux agressions de l’Empire le plus puissant qui ait jamais existé, notre peuple a lutté pour les autres peuples frères de ce continent. L’OEA a été complice de tous les crimes commis contre Cuba.

Les pays latino-américains ont tous été, à un moment ou à un autre, victimes d’interventions et d’agressions politiques et économiques. Pas un seul ne peut le nier. Il serait naïf de croire que les bonnes intentions d’un président étasunien pourraient justifier l’existence de cette institution, qui a ouvert les portes au cheval de Troie qui a appuyé les sommets des Amériques, le néolibéralisme, le trafic de drogues, les bases militaires et les crises économiques. L’ignorance, le sous-développement, la dépendance économique, la pauvreté, l’émigration de ceux qui cherchent du travail et sont expulsés de force, le vol de cerveaux et même les armes perfectionnées de la criminalité organisée ont été les conséquences des interventions et du pillage en provenance du Nord. Cuba, un petit pays, a prouvé qu’on peut résister au blocus et progresser dans de nombreux domaines, voire coopérer avec d’autres pays.

Le discours prononcé aujourd’hui par le président hondurien, Manuel Zelaya, à l’Assemblée générale de l’OEA contient des principes qui pourraient passer à l’histoire. Il a dit des choses admirables de son pays. Je me bornerai à ce qu’il a dit de Cuba :

« A cet assemblée de l’Organisation des États américains qui s’ouvre aujourd’hui à San Pedro Sula (Honduras), nous devons commencer à rectifier sagement de vieilles erreurs. »

« Nous, Latino-Américains qui sommes ici, nous avons eu, voilà peu, voilà deux semaines ou deux mois, un grand sommet du Groupe de Rio, à Salvador de Bahia (Brésil). Là, nous avons pris un engagement. L’engagement que nous avons pris par écrit et à l’unanimité de toute l’Amérique latine, est que cette assemblée de San Pedro Sula devait, à la majorité ou par consensus, amender la vieille erreur faite en 1962 d’expulser le peuple cubain de cette organisation. »

«  Nous ne devons pas clore cette Assemblée, chers présidents, sans avoir dérogé le décret de la Huitième Réunion qui avait puni tout un peuple pour avoir proclamé des idées et des principes socialistes, précisément des principes appliqués aujourd’hui partout dans le monde, y compris aux États-Unis et en Europe (applaudissements). Les principes de chercher de solutions de développement différentes sont aujourd’hui évidents dans le changement qu’il y a eu justement aux États-Unis qui ont élu le président Barack Obama… »

« Nous ne pouvons pas nous retirer de cette Assemblée sans avoir réparé cette erreur et cette infamie, parce que c’est en se fondant sur cette résolution de l’Organisation des États américains, qui remonte à plus de quatre décennies, qu’on a maintenu contre le peuple frère cubain un blocus injuste et inutile, justement parce qu’il n’a atteint aucun objectif. Tout ce qu’il a prouvé, c’est qu’à quelques kilomètres de notre pays, dans une petite île, il y a un peuple prêt à résister et à faire tous les sacrifices pour son indépendance et sa souveraineté. »

« … ne pas le faire nous rendrait complices, nous, d’une résolution de 1962 en vertu de laquelle un pays a été expulsé de l’Organisation des États américains, simplement pour avoir d’autres idées, d’autres pensées, et avoir proclamé des principes d’une démocratie différente. Et nous n’allons pas en être complices. »

« Nous ne pouvons pas partir de cette Assemblée sans avoir dérogé ce qui a été fait à cette époque. »

« Un Hondurien exceptionnel, un de nos grands hommes, José Cecilio del Valle, nommé dans notre pays Valle le Sage, affirmait le 17 avril 1826, dans un article fameux : « Souveraineté et non-intervention », alors que nous venions de proclamer notre indépendance de la couronne espagnole : « Les nations du monde sont indépendantes et souveraines. Quelle que se soit son étendue territoriale ou sa quantité d’habitants, une nation doit traiter les autres comme elle voudrait être traitée par elles. Une nation n’a pas le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’une autre nation. » »

C’est sur ces paroles de Cecilio del Valle et après avoir mentionné le Mahatma Gandhi, Jésus-Christ, Martin Luther King, Abraham Lincoln, Morazán, Martí, Sandino et Bolívar, qu’il a conclu son discours.

Quelques minutes après, à la conférence de presse ayant suivi l’ouverture de l’Assemblée, il a répondu à des questions et réitéré des principes. Il a ensuite cédé la parole à Daniel Ortega, qui a présenté l’une des communications les plus profondes et les mieux argumentés à l’Assemblée de l’OEA. Invités par Zelaya à prendre la parole à la conférence, Fernando Lugo, le président paraguayen, et Rigoberta Menchú se sont prononcés dans le même sens que le président hondurien et Daniel.

Voilà des heures que l’Assemblée discute. Alors que je conclus ces Réflexions, il fait presque nuit et nous n’avons aucune nouvelle de la décision. On sait que le discours de Zelaya a exercé une influence. Chávez converse avec Maduro et l’exhorte à maintenir fermement sa position : aucune résolution qui poserait des conditions à la dérogation de la sanction injuste contre Cuba n’est admissible. On n’a jamais vu une telle contestation. La bataille est rude, sans aucun doute. De nombreux pays dépendent de l’index du gouvernement étasunien pointé vers le Fonds monétaire, la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement ou vers toute autre direction pour châtier des rébellions. L’avoir livrée est déjà un soi un exploit des plus rebelles. Le 2 juin 2009 sera rappelé par les générations futures.

Cuba n’est pas ennemie de la paix, ni rétive aux échanges ou à la coopération entre pays à systèmes politiques différents. Mais elle a défendu et elle défendra ses principes d’une manière intransigeante.

Fidel Castro Ruz

Le 2 juin 2009

18 h 56

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Réflexions du compañero Fidel : LES APPLAUDISSEMENTS ET LES SILENCES

Une dépêche de l’AFP informait hier, 31 mai :

« Cuba a accepté de rouvrir les négociations avec les États-Unis sur la migration et sur l’envoi direct de courrier, nouveau signe du dégel qui intervient à la veille d’un sommet de l’Organisation des États américains (OEA) où le cas Cuba dominera les débats.

« Selon un haut fonctionnaire du département d’État qui a demandé à conserver l’anonymat, le chef de la Section des intérêts de Cuba à Washington, Jorge Bolaños, a fait savoir samedi que Cuba “espérait reprendre les négociations sur l’émigration et le service de courrier direct”.

« Depuis El Salvador où elle assiste à une réunion ministérielle sur le commerce régional, la secrétaire d’État Hillary Clinton a dit que Washington se félicitait de reprendre les conversations avec La Havane sur ces points. »

Et aussitôt une pique en rien diplomatique :

« “Il y aura un dialogue ouvert dès qu’il y aura des changements sur les droits de l’homme et une avancée vers la démocratie à Cuba”, a-t-elle dit selon l’agence EFE. »

Quels sont donc la « démocratie » et les « droits de l’homme » que défendent les États-Unis ? Était-il vraiment nécessaire de lancer cet avertissement humiliant et arrogant ?

J’ai suivi aujourd’hui à la télévision la passation des pouvoirs présidentiels en El Salvador à Mauricio Funes. Quand il a parlé de rétablir les relations avec Cuba, des applaudissements assourdissants et des cris de joie ont éclaté dans cette salle comme à aucun autre moment antérieur de son allocution. Hillary Clinton était là, parmi les invités. L’orateur, qui s’écartait bien des fois de son texte écrit, avait commis auparavant l’impair de saluer Clinton, secrétaire d’État, avant même Lula da Silva, président du géant sud-américain, présent au milieu d’un groupe de présidents de notre région.

L’orateur, alors que les applaudissements prolongés envers Cuba ne s’étaient pas encore éteints – auront-ils blessé Mme Clinton ? – a repris la parole et a mentionné de nouveau les États-Unis dans les meilleures intentions du monde. Bien peu pourtant dans cette grande salle ont applaudi.

Un moment culminant et très applaudi du discours de Mauricio avait eu lieu avant, quand il avait évoqué l’illustre archevêque Oscar Arnulfo Romero sur la tombe duquel il s’était rendu dans la matinée. Ce défenseur des pauvres fut assassiné impunément, quand il disait la messe, par la tyrannie sanglante du parti ARENA que l’impérialisme a imposée en El Salvador. Il y avait aussi dans cette salle les législateurs et les hauts fonctionnaires représentant le parti qui l’assassina, dont plusieurs des rares personnes ayant applaudi les États-Unis.

Dans des circonstances données, ce ne sont pas seulement les paroles qui sont éloquentes, mais aussi les applaudissements et les silences.

Fidel Castro Ruz

Le 1er juin 2009

14 h 36

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Réflexions du compañero Fidel : LA JUSTICE AUX ÉTATS-UNIS

Si j’affirmais que le chaos règne aux Etats-Unis, on me dirait que j’exagère, que ce pays est une démocratie où priment la justice, le respect des droits de l’homme et la division des pouvoirs, érigés sur les principes de Montesquieu et sur la Déclaration de Philadelphie.

Je ne veux pas parler, bien entendu, de la fougueuse défense de Cheney du droit à la torture ni du discours prononcé par Bush à Toronto tandis que des centaines de manifestants réclamaient qu’il soit jugé comme criminel de guerre.

Je veux parler d’autre chose. Si vous consultez les dépêches de presse, vous avez de quoi tomber de haut. Celle-ci, par exemple :

« Un juge a concédé une indemnisation de plus d’un milliard de dollars pour dommages et préjudices de la part du gouvernement cubain à cause du suicide, en 1959, du père d’un Cubano-Américain impliqué dans la capture et la mort du révolutionnaire Ernesto « Che » Guevara. »

« Le juge Peter Adrien, du circuit de Miami-Dade, a affirmé ce vendredi, qu’il souhaitait par là adresser un message au peuple cubain. »

« Le magistrat s’est prononcé sur une requête interjetée par Gustavo Villoldo, qui a accusé Guevara, l’ancien leader cubain Fidel Castro et d’autres du suicide de son père en 1959 à Cuba. La famille s’était enfuie aux États-Unis, puis Villoldo participa à l’invasion de la baie des Cochons et fut impliqué dans la capture de Guevara en Bolivie. »

« Le père de Villoldo se suicida par surdose de somnifère en février 1959, peu après que Fidel Castro, Guevara et d’autres guérilleros eurent pris le pouvoir à Cuba. Il s’agissait d’un homme d’affaires cubain éminent, détenteur de la nationalité étasunienne et propriétaire d’une importante agence concessionnaire de General Motors, d’un domaine de 13 000 hectares et d’autres biens. »

« Le jeune Villoldo entra plus tard dans les forces armées étasuniennes et dans la CIA. Quelques années plus tard, il faisait partie du groupe qui captura le Che en Bolivie en 1967. Guevara fut ensuite exécuté et enterré dans ce pays sud-américain. »

Une autre dépêche précise:

« Cette indemnisation est la plus importante jamais accordée à ce jour pour demande contre le gouvernement cubain, après celle de 253 millions octroyée aux fils du Cubain Rafael del Pino Siero, décédé en prison après s’être séparé du régime castriste. »

La dépêche se garde bien de signaler que ce traître avait été condamné à la prison pour avoir vendu le secret du Granma pour 35 000 dollars, soit l’équivalent de presque un million de dollars actuels, et risqué la vie des quatre-vingt-deux expéditionnaires.

« La troisième plus importante indemnisation avait bénéficié à la famille des trois pilotes du groupe de l’exil « Frères à la rescousse » abattus en eaux internationales par des avions cubains en 1996 : 187 millions de dollars. »

Je précise qu’il s’agissait de véritables pirates qui utilisaient de petits avions à usage militaire, achetés après la guerre du Vietnam, pour violer notre espace aérien et voler à faible altitude au-dessus de notre capitale.

On a appris voilà à peine trois jours que le maire de New York, cédant aux pressions de Dan Burton et d’autres législateurs ennemis de Cuba, a fait retirer du Central Park la statue en bronze du Che – œuvre de l’Allemand Christian Jankowski ― qui faisait partie d’une exposition temporaire intitulée « Sculpture vivantes ». Faire retirer la statue de l’homme dont le gouvernement de ce pays a ordonné l’assassinat… Voilà bien la justice qui règne aux États-Unis !

Fidel Castro Ruz

Le 30 mai 2009

16 h 15

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