Citations du compañero Fidel : Lettre de prison

source photo : cubadebate

“…Je suis toujours maintenu à l’écart de mes compagnons. Cela répond, sans nul doute, au dessein d’entraver la préparation intellectuelle de jeunes gens que le régime considère déjà comme les adversaires irréductibles de demain. On a même interdit la libre circulation de livres entre eux et moi.

…Les élections vont laisser derrière elles un fantastique arriéré de désaccord et de mécontentement. Le régime va se trouver obligé de proclamer une amnistie pour soulager la tension nationale. Le problème des prisonniers politiques – laissés jusqu’à ce jour dans un oubli lamentable et honteux – se met de lui-même à l’ordre du jour. Le contraste est grand entre le carnaval des élections, mis en scène par des hommes qui ont perdu dignité et décence, et l’enfer des prisons, où se trouve incarcérée la dignité. Notre heure approche. Le pourrissement du présent me répugne, et la scène que nous vivons est désolante, mais je suis plein de foi en l’avenir. Je crois aveuglément aux vertus du peuple cubain. Il va bientôt se remplir d’honneur. Je consacre de longues heures à penser à la nouvelle stratégie. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises, avec nous! Avant, nous étions une poignée, maintenant, nous devons nous fondre avec le peuple. La tactique ne sera pas la même. Ceux qui verront en nous une simple faction se tromperont misérablement. Jamais nous ne ferons nôtres la mentalité et la tactique de faction.

Maintenant, je pourrai, en outre, me vouer corps et âme à ma cause. Toute mon énergie, tout mon temps m’appartiennent, pour elle. Je commencerai une vie nouvelle. J’ai l’intention de renverser tous les obstacles et de livrer autant de batailles qu’il faudra. Par-dessous tout, je vois plus clairs que jamais notre chemin et notre but. Une autre fois, peut-être, je te ferai part d’autres aspects de ma pensée. Pour aujourd’hui, il suffit que tu saches que je n’ai pas perdu mon temps en prison : j’ai étudié, observé, analysé, fait des plans, forgé des hommes. Je sais où se trouve le meilleur de Cuba, et comment le chercher. Lorsque j’ai commencé, j’étais seul; maintenant, nous sommes nombreux. Les bons s’uniront et seront invincibles.»

Août 1954

Publiée par Robert Merle dans La Moncada premier combat

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Citations du compañero Fidel : La démocratie bourgeoise

“Dans les démocraties bourgeoises, représentatives, sans parler de leurs aspects de politicaillerie, de concussion et de corruption, seules avaient accès au pouvoir les classes dominantes, les classes riches, de là l’anarchie consubstantielle de ce système de gouvernement, comme l’a démontré par exemple l’histoire récente de la France qui a changé de gouvernement dix fois dans une année. »

Discours sur la formation du P.U.R.S
2 décembre 1961

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Sur le chemin de la caserne Moncada

L´attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, réalisée le 26 juillet 1953, a été préparée clandestinement et chaque détail a été examiné avec le plus grand soin.

Fidel Castro, Abel Santamaria et le petit groupe de leurs collaborateurs les plus proches ont travaillé en silence pour parvenir à vaincre les difficultés de l´époque, ce qui constitue un exemple d´organisation, de discipline et de conduite révolutionnaire.

Nous présentons à continuation une chronologie des activités réalisées pour préparer les actions de cette journée historique, et dont on pourra apprécier qu´elles ont été planifiées avec une notable anticipation.

1951 – Fidel a l´idée d´utiliser le parlement comme un point de départ pour forcer les moyens légaux et pour établir une plateforme qui puisse mobiliser les masses populaires et permettre la prise du pouvoir.

Sur ce sujet, il a déclaré: « C´était la première fois que je concevais une stratégie de prise du pouvoir. Une fois parvenu au parlement, je passerais par-dessus la discipline du parti et je présenterais un programme qui contiendrait pratiquement toutes ces mesures qui plus tard, après le triomphe de la révolution, ont été transformées en lois. »

16 mars 1952 – Six jours après le coup d´état perpétré par Fulgencio Batista, Fidel écrit l´article « Ce n´est pas une révolution, c´est un putsch ». Comme il était impossible d´en publier le texte, il a été reprographié et distribué lors d´une manifestation des orthodoxes au cimetière de Colon.

20 mars 1952 – Fidel fait des efforts pour convaincre les leaders du parti Orthodoxe du bien-fondé de ses positions, mais il comprend que c´est inutile. Il l´a expliqué lui-même :
« J´ai commencé à organiser les premières cellules actives avec l´espérance de pouvoir travailler avec ceux des dirigeants du parti orthodoxe qui se sentiraient prêts à accomplir leur devoir élémentaire de lutter contre Batista. La seule chose que je désirais, c´était un fusil et des ordres pour réaliser la mission qui me serait donnée. »

Vers le milieu de l´année 1952 – Fidel se réunit avec José Suarez, au 109 de l´avenue du Prado, et lui demande de contacter des jeunes de la ville d´Artemisa.
24 mars 1952 – Fidel porte plainte contre Batista devant le Tribunal d´Urgence, et l´accuse de sédition, de rébellion et d´attaque nocturne. Il demande qu´il soit condamné à 100 ans de prison pour ces faits.
1º mai 1952 – Fidel connait Abel Santamaría. C´est Jésus Montané qui les présente.

7 mai 1952 – Fidel et Abel vont à la ville de Colon, dans la province de Matanzas, pour prendre contact avec le docteur Mario Muñoz.

Mai 1952 – Fidel rédige l´article « Bilan critique du PPC (Orthodoxe) » dans lequel il explique : « Au dessus du tumulte des poltrons, des médiocres et des pauvres d´esprit, il est nécessaire de faire une critique brève mais vaillante et constructive du mouvement orthodoxe, après la disparition de son grand leader Eduardo Chibas.

» Juin 1952 – Sortie du bulletin « Ce sont les mêmes », rédigé par Abel, Raul Gomez et Jesus Montané. Il cessera ensuite d´être publié mais le premier juin, commence à circuler « L´accusateur », rédigé dans l´appartement de 25 et O, dans le quartier du Vedado, à La Havane. C´est dans ce bulletin que Fidel publie son article « J´accuse », accompagné d´une caricature montrant un soldat disant à Batista : « Général, je suis au garde-à vous, (¨yo me cuadro¨ signifie littéralement : je me cadre)…, mais vous, vous vous arrondissez… ».

16 Août 1952 – Plusieurs membres du mouvement se réunissent devant la tombe de Chibas, dans le cimetière havanais de Colon.

C´est ce jour-là que Fidel et Abel créent la direction du mouvement avec Raul Martinez Araras, Mario Muñoz Monroy, Boris Luis Santa Coloma, Oscar Alcalde, Jesús Montané, Antonio “ Ñico “ López, Renato Guitart et Pedro Miret.

D´août 1952 à janvier 1953 – Étape d´organisation du mouvement.

Décembre 1952 – Fidel réalise plusieurs voyages à Artémisa, pour préciser des détails et donner des orientations.

Décembre 1952 – Début des séances de pratique de tir à l´Université de La Havane.

13 janvier 1953 – Fidel fait une intervention au Conseil National du Parti Orthodoxe et à la fin, il s´exclame : « Allons-nous en d´ici. On ne peut pas compter sur ces politiciens pour faire la révolution ».

Janvier 1953 – Fidel donne des instructions aux cellules clandestines qui sont un modèle de discrétion et d´organisation.

25 janvier 1953 – Lors d´une réunion, la Fédération Etudiante Universitaire (FEU) décide d´organiser un défilé en hommage au centenaire de José Marti. Il ira jusqu´au local de la Fragua Martiana (une ancienne carrière située dans le quartier du Vedado, et où Marti, condamné par les espagnols, avait été obligé d´accomplir de longues heures de travaux pénibles N. D, T.).

27 janvier 1953 – Défilé des torches, une des activités organisées par la FEU.

28 janvier 1953 – Défilé de l´Université à la statue de José Marti située dans le parc central, nouvelle démonstration d´organisation et de discipline de la Génération du Centenaire.

14 février 1953 – De violentes manifestations étudiantes éclatent tout le long de l´avenue 23, après l´enterrement de Ruben Batista Rubio, qui était mort des blessures infligées par la police quelques jours auparavant.

D´autres troubles se sont produit dans les lycées et d´autres écoles de La Habana, Marianao, Sagua la Grande, Camagüey, Guantánamo et Santiago de Cuba.

14 février 1953 – Fidel est accusé en justice.

Février 1953 – L´entrainement des premières cellules est organisé dans plusieurs fermes de la province de La Havane et au Club de Chasseurs du Cerro.
Début d´une campagne pour réunir l´argent nécessaire pour payer les frais de l´entrainement et l´achat des armes.

Fidel charge Florentino Fernandez, un infirmier de l´armée, d´acquérir les uniformes militaires.

Mars 1953 – Tous les membres des différentes cellules reçoivent l´orientation de ne plus participer à aucune activité politique.

Avril 1953 – L´achat d´uniformes à des membres de l´armée commence. D´autres seront fabriqués dans l´appartement des parents de Melba Hernandez.

Juin 1953 – Renato Guitart loue la petite ferme Siboney, proche de Santiago de Cuba, ainsi qu´un vieil immeuble à Bayamo et deux maisons à Santiago.

Abel voyage à Santiago pour aider Renato dans ses gestions. Il participe également à l´achat d´armes et de munitions.

22 juillet 1953 – Fidel et Raul Gomez Garcia travaillent à la rédaction du manifeste de la Moncada, qui sera connu sous le titre de Manifeste à la Nation.

23 et 24 juillet 1953 – 131 membres du mouvement arrivent à Santiago dans 15 automobiles. Le reste arrive par train ou en autobus, et entre eux Haydée Santamaria et Melba Hernandez.

23 juillet 1953 – Fidel, accompagné de Ñico Lopez, rend visite au docteur Mario Muñoz, à Colon, dans la province de Matanzas.

24 et 25 juillet 1953 – Ernesto Tizol, Abel, Gómez García y Jesús Montané travaillent à l´installation dans la petite ferme Siboney.

25 juillet 1953 – Dans son voyage vers Santiago, Fidel s´arrête à Colon pour prévenir le docteur Muñoz de l´action imminente.

À vingt deux heures, Fidel arrive à la ferme Siboney.

26 juillet 1953 – Fidel réunit les futurs attaquants et leur parle. Il divise les camarades en trois groupes. C´est lui qui ira à la tête du premier. Léster Rodriguez, à la tête du second, devra aller au palais de justice et Abel, à la tête du troisième, formé de 21 hommes et deux femmes, à l´hôpital Saturnino Lora. C´est Abel qui prend ensuite la parole et ses derniers mots sont : « Mourir pour la Patrie, c´est vivre ! » .

Ensuite, Raul Gomez Garcia lit le manifeste à la nation et tous chantent en sourdine l´Hymne National.

5h30 : Fidel déclare aux futures attaquants : « Ici, en Oriente, nous crierons pour la première fois ¨La Liberté ou la mort¨ » .

5h20 : Ils montent tous dans les automobiles. D´abord celui d´Abel, puis celui de Juan Manuel Almeijeiras, ensuite un autre que conduit Pedro Dalmau, qui allait au palais de justice. Pedro Marrero conduit un quatrième, avec le groupe d´avant-garde qui doit attaquer le poste de garde de la porte 3. Fidel, qui conduit une Buick de 1953, est le cinquième à démarrer, suivi par la voiture de Boris Luis Santa Coloma. La dernière à sortir est celle de Mario Muñoz, dans laquelle se trouvent Melba et Haydée.

source : cubainfo

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« L’Histoire m’acquittera »

« Condamnez-moi, peu importe; L’Histoire m’acquittera. »

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DISCOURS PRONONCÉ PAR RAÚL CASTRO RUZ, POUR LE CINQUANTE-SIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ATTAQUE DES CASERNES MONCADA ET CARLOS MANUEL DE CÉSPEDES, SUR LA PLACE GÉNÉRAL CALIXTO GARCÍA (HOLGUÍN)

Combattants du 26 juillet 1953 (applaudissements), de l’Armée rebelle, de la lutte clandestine et des glorieuses missions internationalistes (applaudissements) ;

Famille des combattants tués ;

Habitantes et habitants d’Holguín (applaudissements) ;

Compatriotes,

Je pourrais commencer par une question, par simple curiosité personnelle. Vous savez que je suis du coin (applaudissements) et que j’ai donc le droit de fouiner : serait-il possible de savoir quel compatriote provincial a eu l’idée de me mettre le soleil dans le dos (rires), parce que, s’il ne me gêne pas, moi, je suis convaincu qu’aucun de vous ne peut me voir. Alors, si vous voyez une ombre, eh bien, cette ombre, c’est moi ! (Applaudissements.)

Voilà donc pourquoi mon intervention à cette commémoration du cinquante-sixième anniversaire de l’attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes sera très brève, compte tenu des températures élevées qui caractérisent notre été en cours – quoique nous ayons débuté plus tôt que d’habitude, à sept heures du matin – et du fait que vous étiez déjà tous ici dès six heures du matin, que la plupart d’entre vous êtes venus à pied de chez vous et que hier soir, comme j’ai pu le constater brièvement à la télévision, vous avez fêté à ce juste titre cet anniversaire. Et, par-dessus le marché, ce soleil dont on ignore qui vous l’a mis en face.

Je serai donc bref, je le répète. Dans les tout prochains jours, nous aurons d’importantes réunions qui serviront de théâtres plus propices pour aborder à fond des questions complexes.

La première sera le Conseil des ministres, après-demain, qui sera consacré à l’analyse du second ajustement des dépenses prévues dans le plan de l’année à cause des effets de la crise économique mondiale sur notre économie, en particulier de la réduction significative de nos recettes d’exportations et des restrictions supplémentaires à notre accès à des sources de financement extérieures.

J’ai visité pendant onze jours, vous le savez, plusieurs pays de l’Afrique amie et j’ai participé comme président sortant du Mouvement des pays non alignés au Sommet d’Égypte où j’ai cédé cette responsabilité à ce pays.

Le temps m’est compté pour vous parler de ces réunions et de questions importantes.

Au lendemain du conseil des ministres, le 29 juillet, nous aurons le Septième Plénum du Comité central du parti qui durera toute la journée et dont l’ordre du jour prévoit la discussion de questions vitales en rapport avec la situation nationale et internationale.

Enfin, le 1er août, l’Assemblée nationale du pouvoir populaire se réunira en session ordinaire pour débattre, entre autres, le projet de loi concernant la création de la Contraloría General de la República (Cour des comptes), un organe qui contribuera à renforcer l’exigence relative à l’application de la loi et au contrôle par toutes les structures de direction du pays.

PRIX À L’EFFORT ET AU TRAVAIL

Cette année, la sélection de la province devant accueillir le meeting central du 26 juillet ne s’est pas ajustée à strictement parler aux indicateurs fixés. En effet, il aurait été illogique de se base uniquement sur le degré d’exécution de ces indicateurs alors qu’il était évident, dès septembre dernier, après les dévastations causées par les cyclones, qu’une grande partie du pays ne serait pas en mesure de les atteindre.

N’oubliez pas, comme j’en ai informé opportunément notre parlement, que les dégâts se sont chiffrés, sans qu’on puisse dire d’ailleurs qu’ils aient tous été dûment comptabilisés, à environ dix milliards de dollars, soit l’équivalent de 20 p. 100 de notre Produit intérieur brut, autrement dit la valeur de tout le fruit de notre travail et de notre production durant l’année dernière.

Aussi, le Bureau politique, en décidant qu’Holguín accueillerait le meeting et en accordant la catégorie d’émérite à Villa Clara, à Granma et à La Havane, a évalué les acquis des premiers mois de l’année dernière, dans des circonstances à peu près normales, et surtout l’effort des provinces d’abord pour faire face aux phénomènes météorologiques aux moindres pertes en vies humaines et en ressources matérielles, et, particulièrement, pour mener les travaux de relèvement.

Sur ce point, la province d’Holguín a eu une grande responsabilité. Elle est étendue, elle compte plus d’un million d’habitants et elle a une importance appréciable dans l’économie nationale en tant que productrice de nickel, que troisième pôle touristique du pays et siège de productions importantes. C’est un prix à ses efforts et à son travail.

Aussi félicitons-nous les habitantes et habitants d’Holguín (applaudissements), le compañero Miguel Díaz-Canel Bermúdez (applaudissements), qui était le premier secrétaire du parti dans cette province à ce moment difficile et dans les années précédentes qui ont été aussi des années de travail intense. Nous félicitons aussi le compañero Jorge Cuevas Ramos (applaudissements), qui vient de Las Tunas, une province fortement touchée par le cyclone Ike, et qui, depuis son élection à la tête du parti ici, a réalisé un travail enthousiaste et actif.

Nous félicitons aussi les provinces émérites, sans manquer de reconnaître les efforts consentis par toutes les autres, les compatriotes de Pinar del Río et de l’île de la Jeunesse (applaudissements), dans l’Ouest, qui ont été sévèrement touchées, ainsi que les habitants de Camagüey et de Las Tunas, en particulier ceux de Santa Cruz del Sur et de Guayabal, deux localités qui ont souffert des dégâts considérables et parfois même des destructions totales (applaudissements).

UN PEUPLE ÉDUQUÉ DANS LA VRAIE SOLIDARITÉ

Je n’ai mentionné que certains des endroits les plus durement frappés. Ces mois-ci ont été vraiment des mois difficiles où l’on a travaillé avec ardeur d’un bout à l’autre du pays. Partout, on a pu constater la capacité de résistance, d’organisation et de solidarité de notre peuple. Les exemples de la façon dont il faut travailler ces temps-ci se multiplient.

L’immense majorité des compatriotes de cette province-ci a maintenu cette attitude durant le passage du cyclone Ike et dans les mois suivants. Comme partout ailleurs.

De nombreux compagnons sont restés mobilisés loin de leurs familles, même quand nombre d’entre elles faisaient face à de sérieuses limitations, vivaient parfois dans des refuges après la destruction totale ou partielle de leurs logements.

Ils ont fait confiance à la Révolution et rempli la tâche assignée, conscients de son importance et sûrs que leurs êtres chers ne seraient pas livrés à leur sort.

La disposition massive des gens à accueillir chez eux des voisins dont les logements n’offraient pas la sécurité suffisante parle éloquemment de la qualité humaine de notre peuple, cette attitude étant devenue monnaie courante devant les difficultés de différents types.

Notre peuple a été éduqué dans ces valeurs-là, dans la vraie solidarité ; il partage ce qu’il a avec ses frères, qu’ils soient de Cuba ou d’ailleurs, et non ce qui abonde, car ici, en général, la seule chose qui abonde, ce sont les problèmes (applaudissements).

C’est pour cette même raison que le peuple cubain sait gré de l’aide, de la générosité et de l’appui qu’il a reçus de nombreux endroits du monde. Je saisis l’occasion pour reconnaître le travail noble et digne de la fondation interconfessionnelle Pasteurs de la paix (applaudissements), de son dirigeant, le révérend Lucius Walker (applaudissements), et des membres de la Vingtième Caravane de l’amitié USA-Cuba (applaudissements), ainsi que ceux de la Brigade Venceremos qui fête son quarantième anniversaire et dont une représentation nous accompagne à ce meeting (applaudissements).

LES DÉGÂTS CAUSÉS AUX LOGEMENTS SONT UNE QUESTION TRÈS SÉRIEUSE

Les dégâts causés aux logements sont une question très sérieuse. Rien que dans cette province d’Holguín, presque 125 000 ont été endommagés, dont environ la moitié ont été restaurés.

Dans tout le pays, si on ajoute aux logements endommagés par ces trois cyclones ceux dont la restauration était encore en souffrance depuis les années précédentes, surtout au début de ce siècle, justement à cause d’autres cyclones, on comptabilisait fin 2008 un total de plus de 600 000 logements. Voilà pourquoi j’ai alerté en temps opportun que modifier cette situation prendrait du temps.

En fait, des organismes, des centres de travail et des particuliers ont réalisé des efforts dignes de reconnaissance. Ce qui explique pourquoi, au 20 juillet, 43 p. 100 des logements endommagés, soit plus de 260 000, ont été réparés.

Il reste toutefois énormément à faire et il faut aussi éviter que ces chiffres énormes s’accumulent de nouveau à l’avenir, d’autant que, compte tenu des changements climatiques, de nombreux scientifiques prévoient que les cyclones pourraient être toujours plus intenses et fréquents.

ETRE EN MESURE DE PRÉVENIR LA SÉCHÉRESSE ET DE LUI FAIRE FACE

On travaille aussi à ce que le pays soit en mesure de prévenir les effets de périodes de sécheresse toujours plus prolongées et intenses et de leur faire face par différents moyens, dont le transvasement d’eau entre provinces, le cas échéant.

Rappelez-vous les trois années difficiles de sécheresse depuis le début du siècle et jusqu’en 2005, où il a fallu apporter de l’eau même en train et dans toutes sortes de véhicules et de récipients à près de trois millions et demi de Cubains (applaudissements).

Voilà pourquoi nous construisons à différents endroits ces canaux stratégiques de transvasement d’eau qui nous permettront de faire passer ce liquide vital d’une province à l’autre.

Cette œuvre monumentale a débuté, on le sait, ici en Holguín qui connaît une situation paradoxale : la région de l’île où il pleut le plus, à la frontière avec Baracoa, la province de Guantánamo, et où les sécheresses sont les plus fortes, au point que l’approvisionnement en eau de cette ville-ci a été en péril voilà quelques années.

Dans les prochains jours – nous allions le faire aujourd’hui à la fin de ce meeting, mais pour les raisons que j’ai données au début, nous le ferons en août – nous inaugurerons formellement la première étape du transvasement Est-Ouest (applaudissements) qui comprend le canal du barrage Nipe – du côté du fleuve homonyme, dans la commune de Mayarí – au barrage Gibara – non la ville du même nom, plus au nord, mais une qui est ici, plus proche d’Holguín, à l’est.

Autrement dit, barrage Nipe à Gibara, et de là, en aval du fleuve du même nom, je crois, jusqu’à la retenue Colorado, qui est plus au nord, puis retour en arrière, mais vers le nord grâce à un autre canal déjà construit, jusqu’au barrage El Naranjo, d’une capacité de onze à douze millions de mètres cubes et qui est bien souvent vide et qui alimente cette zone et le pôle touristique de Guardalavaca où il a fallu durant ces années-là de sécheresse fermer quelques hôtels.

Une fois conclu cet ouvrage coûteux – et ce n’est que le début – et en fonctionnement, il garantira une alimentation d’eau stable à la région nord d’Holguín, son chef-lieu y compris.

La poursuite de ce projet, qui a déjà bien avancé, comprend la construction du barrage Melones – que je propose, pour être plus exact, de baptiser Mayarí du nom du cours d’eau qui l’alimente (applaudissements) – dont la digue – selon une technologie unique dans son genre à Cuba – sera terminée en avril 2011, même s’il commence à emmagasiner de l’eau à partir de 2010.

Le barrage Nipe, d’environ cent trente millions de mètres cubes, était construit depuis vingt-cinq sans recevoir une vraie valeur d’usage.

À l’occasion de l’inauguration prochaine de la première étape dont j’ai parlé, autrement dit le transvasement Est-Ouest, la télévision transmettra un reportage détaillé sur cet ouvrage d’une grande ampleur et d’une importance extrême, et expliquera aussi tout le système de transvasement entre provinces en cours d’exécution.

Il s’agit d’un programme pour maintenant et surtout pour demain, quand l’eau sera une ressource de plus en plus rare, surtout sur une île aussi longue et étroite que la nôtre où ce liquide se perd rapidement en mer.

Je n’ai mentionné qu’une étape de ce programme qui couvre une grande partie du pays, depuis Sancti Spíritus, au centre de l’île, jusqu’à Guantanamo où la vallée fertile de Caujerí commencera à recevoir au premier semestre de l’année prochaine de l’eau par gravité à travers des tunnels percés dans les montagnes – œuvre en ce cas des forces armées – ce qui impliquera une économie notable de carburant par suppression du coûteux pompage.

On travaille aussi à la remise en état des réseaux d’alimentation en eau et d’égout de cette province-ci, entre autres dans les communes de Cacocum et d’Urbano Noris, avec des actions ponctuelles à Frank País, à Gibara et à Banes. À Holguín même, on travaille sur 114 km de réseaux, avec 21 620 branchements aux foyers, ce qui favorisera 86 400 habitants.

L’arrivée, dans les prochains mois, de nouveaux équipements permettra d’accroître le rythme de ces ouvrages en Holguín où trois usines produisent les tuyaux de différentes dimensions nécessaires. On travaille aussi, on le sait, sur un investissement coûteux qui réglera définitivement l’alimentation en eaux de Santiago de Cuba et qui sera conclu en 2010. Et il est prévu de conclure en 2011 les aqueducs d’El Cristo et d’El Cobre, toujours dans la commune de Santiago, tandis que celui de Palma Soriano est à l’étude.

NOUS TOURNER VERS LA TERRE, LA FAIRE PRODUIRE PLUS

Je passe à un autre point, des très peu que je pense aborder ce matin. J’ai parlé le 26 juillet 2007 à Camagüey de la nécessité impérieuse de nous tourner vers la terre, de la faire produire plus. À l’époque, quasiment la moitié des terres arabes était en friches et exploitée d’une manière déficiente. J’ai lancé alors un appel à généraliser le plus vite possible et sans improvisations chaque expérience des meilleurs producteurs des secteurs public et privé, à stimuler les durs travaux agricoles qu’ils réalisent et à régler une fois pour toutes les arriérés de paiement si nocifs de la part de l’État.

La remise de terres en usufruit avance à un rythme satisfaisant, bien que des déficiences persistent dans des communes plus que dans d’autres. Des plus de 110 000 demandes faites, près de 82 000 ont déjà été approuvées, soit 690 000 hectares, soit encore 39 p. 100 des terres en friches.

J’estime que c’est trop peu. Il ne s’agit pas bien entendu de distribuer maintenant des terres sans contrôle, il s’agit de le faire plus efficacement, de le faire d’une manière organisée, et c’est là une tâche prioritaire absolument stratégique. Un des orateurs qui m’ont précédé a signalé que produire les denrées alimentaires dans le pays, pour éviter de dépenser des centaines, voire des milliards de dollars – je n’exagère pas ! – à les importer d’ailleurs, était une question de sécurité nationale,

La terre est là, les Cubains sont là ! Voyons donc si nous travaillons ou non, si nous produisons ou non, si nous tenons parole ou non ! Suffit-il de crier : « La Patrie ou la mort !», « À bas l’impérialisme ! » (applaudissements) ! Le blocus nous frappe, mais la terre est là, attendant après notre sueur. Bien que les chaleurs soient toujours plus fortes, il ne reste pas d’autre solution que de la faire produire. Je crois que nous sommes d’accord. (Cris de Oui ! et applaudissements.)

Quand je survole, surtout en hélicoptère, le pays d’un bout à l’autre, j’ordonne parfois au pilote de faire un détour au-dessus de telle ou telle localité, de telle ou telle ville. Je peux vous assurer que presque partout la terre abonde, et de bonne qualité, toute proche de nos patios, et qui n’est pourtant pas cultivée. Et c’est justement là qu’un plan est en route pour avancer, à partir de cultures intensives, apportant l’irrigation chaque fois que c’est possible en eau et en ressources. Si le carburant venait à manquer dans ce monde si changeant et si insensé, que nous ayons du moins la nourriture proche, que nous puissions du moins la faire venir sur une charrette tirée par des chevaux, par des bœufs, ou poussée par nous-mêmes (applaudissements).

Près de la moitié des terres déjà remises a été libérée de mimosas clochettes et d’autres plantes indésirables, et le tiers a déjà été semé, soit presque 225 000 hectares.

Nous ne pourrons nous sentir satisfaits tant qu’un seul hectare de terre ne sera pas dûment utilisé et tant que quelqu’un voulant le faire produire attendra une réponse.

La terre qui ne sert pas à produire des aliments, il faut y planter des arbres. Et celui qui vous parle a expérimenté pendant bien des années, et surtout ces dernières années, semant des boqueteaux. Et j’ai eu le plaisir et la satisfaction de les voir pousser. Selon le type d’arbres, parfois en cinq ans, j’ai constitué un bosquet de plusieurs centaines de variétés. Mais chaque fois qu’on parle de ce point, apparaissent les fonctionnaires du ministère de l’Agriculture – de l’actuel et de tous les précédents – réclamant un liste interminable de millions de pesos ou en devises pour la tâche assignée. Et si le petit sac en plastique n’apparaît pas, on ne peut pas planter ! Diable ! Avec quoi nos ancêtres plantaient-ils ? (Rires et applaudissements.) Et pourtant les arbres existent, et on mangeait les mangues qu’ils avaient semés (applaudissements).

Nous n’éduquons pas un enfant dans l’amour des arbres et à en semer certains – où la terre existe, bien entendu – durant son passage par le primaire, par les deux cycles du secondaire. Certains dirigeants des Jeunesses communistes m’écoutent. Mais même des jeunes du troisième âge comme moi peuvent planter des arbres. Ce n’est donc pas seulement une tâche de la jeunesse (applaudissements).

Les résultats du ramassage de lait sont stimulants : on a augmenté ces deux dernières années de plus de cent millions de litres par an, car on est passé de 272 millions de litres en 2006 à 403 millions en 2008, et tout indique que l’augmentation sera supérieure cette année. J’ai parlé de cette question voilà exactement deux ans, à Camagüey.

J’ai abordé très sommairement deux points décisifs de la production alimentaire qui ont une grande importance dans la substitution des importations et la réduction des dépenses de notre pays en devises.

NOTRE PEUPLE EST CAPABLE DE VAINCRE TOUTES LES DIFFICULTÉS

Les progrès enregistrés, malgré le déficit de ressources matérielles et financières, quoiqu’encore insuffisants, confirment les énormes potentialités encore exploitables dans l’agriculture et dans toutes les branches de l’économie.

Les modestes résultats nous confortent une fois de plus dans notre optimisme et notre confiance que « oui, nous pouvons ! » et que notre peuple héroïque est capable de vaincre toutes les difficultés, si grandes qu’elles soient (applaudissements).

C’est là sans aucun doute un défi énorme à relever au milieu du blocus économique et de bien d’autres agressions conçues justement pour entraver le développement de la nation.

Notre peuple n’a jamais failli à un appel de la patrie. Il a invariablement répondu dès l’époque où les troupes mambis du Calixto García, le général des trois guerres d’indépendance, le général à l’étoile au front puisque capable de se suicider plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi, le fils de la mère héroïque, celui qui a affronté sur ces terres-ci bien des milliers de soldats dotés d’un armement largement supérieur, de loin la plus grande armée jamais dépêchée en Amérique par la métropole espagnole.

Et, aux côtés de l’Armée libératrice, la population a supporté stoïquement et sans renoncer à la lutte les innombrables pénuries causées par la guerre et par la répression cruelle des autorités coloniales. Voilà notre lignée, et nous resterons fidèles à son héritage ! (Applaudissements.)

Grâce à l’unité monolithique de notre peuple, son arme la plus puissante forgée dans le creuset de la lutte sous la conduite du chef de la Révolution, Fidel Castro Ruz (applaudissements), et si grandes que soient les difficultés, nous irons de l’avant ! (Applaudissements.)

Gloire aux martyrs de la patrie ! (Vivats.)

Vive Fidel ! (Vivats.)

Vive Cuba libre ! (Vivats et ovation.)

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Citations du compañero Fidel : L’Histoire m’acquittera

Dessin de René Mederos

Dessin de René Mederos

« …Il est nécessaire maintenant d’analyser un peu les faits. Le gouvernement a eu à dire lui-même que la précision et la perfection avec lesquelles l’attaque dut menée laissaient supposer que des experts en avaient élaboré le plan. Rien de plus absurde. Le plan fut tracé par un groupe de jeunes gens dont aucun ne possédait d’expérience militaire. Je vais révéler leurs noms (à l’exception de deux d’entre eux qui ne sont ni morts, ni emprisonnés) : Abel Santamaria, José Luis Tasende, Renato Guitar Rosell, Pedro Miret, Jesus Montané et celui qui vous parle. La moitié sont morts, et en juste hommage à leur mémoire je dois dire qu’ils n’étaient nullement des experts militaires, mais qu’ils avaient suffisamment de patriotisme pour, à armes égales, administrer une majestueuse volée à tous les généraux du 10 mars réunis, lesquels ne sont ni des militaires ni des patriotes. »

« La tâche la plus difficile fut d’organiser et de mobiliser les hommes, de se procurer les armes, sous un régime de répression qui affecte des millions de pesos à l’espionnage, à la délation et à la corruption; pourtant ces jeunes gens avec un sérieux, une discrétion et une constance vraiment incroyables; il sera toujours plus méritoire encore de tout sacrifier à un idéal, y compris la vis. »

« Tout le monde avait reçu des instructions de se montrer avant tout humains dans le combat. Jamais aucun groupe d’hommes armés ne fit preuve de tant de générosité à l’égard de l’adversaire. »

« Du coté de l’armée, la discipline laissa beaucoup à désirer. Elle nous a finalement vaincus à cause de sa supériorité numérique, 15 contre 1, et du fait de la protection que lui apportèrent les défenses de la forteresse. »

« C’est ainsi que luttent les peuples lorsqu’ils veulent conquérir leur liberté; ils attaquent les avions à coups de pierre et renversent les tanks! »

« Me voici au terme de ma défense. Je ne finirai pas en demandant l’acquittement de l’accusé, comme le font toujours les avocats. Je ne puis le faire, alors que mes compagnons souffrent dans la prison ignominieuse de l’île des Pins. Envoyez-moi aurpès d’eux partager leur sort; c’est normal que des gens honnêtes soient tués ou emprisonnés dans une République dont le Président est un voleur et un criminel. »

« Condamnez-moi, peu importe; L’Histoire m’acquittera. »

L’Histoire m’acquittera
16 octobre 1953

Voir les autres citations de Fidel Castro

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Réflexions du compañero Fidel : UN PRIX NOBEL POUR Mme CLINTON:

L’interminable document lu hier par le Nobel Oscar Arias est bien pire que les sept points de l’édit de reddition qu’il avait proposé le 18 juillet.

Il ne communiquait pas avec l’opinion internationale en morse. Il parlait devant les caméras de télévision qui transmettaient son image et tous les détails du visage humain qui a d’ordinaire autant de variables qu’une personne a d’empreintes digitales. On peut découvrir aisément la moindre intention mensongère.  Je l’observais avec soin.

Parmi les téléspectateurs, l’immense majorité savait qu’un coup d’État a eu lieu au Honduras, avait suivi à la télévision les discours prononcés à l’OEA, à l’ONU, au SICA, au Sommet des pays non alignés et dans d’autres instances,  avait vu les sévices, les abus et la répression dont a été victime le peuple qui s’est réuni par centaines de milliers pour protester contre le putsch.

Le plus curieux c’est que, quand il exposait sa nouvelle proposition de paix, Arias ne délirait pas : il croyait ce qu’il disait.

Bien que très peu de Honduriens aient pu voir ces images, bien d’autres personnes dans le monde les ont vues, tout comme elles avaient vu Arias proposer le 18 juillet ses fameux Sept Points dont le premier parlait textuellement de « la restitution légitime de José Manuel Zelaya Rosales à la présidence de la République jusqu’à la fin du mandat constitutionnel pour lequel il a été élu. »

Tout le monde souhaitait savoir ce que dirait M. Bons Offices hier après-midi. La reconnaissance des droits du président constitutionnel hondurien, dont les facultés avaient été réduits à presque rien dans la première proposition, a été reléguée au sixième rang dans ce second projet d’Arias qui n’utilise même pas la phrase : « légitimer la restitution ».

Bien des gens honnêtes s’étonnent et attribuent peut-être à d’obscures manœuvres de sa part ce qu’il a affirmé hier. Peut-être suis-je l’un des rares personnes au monde à comprendre qu’il y avait de l’autosuggestion, plutôt qu’une intention délibérée, dans les paroles du Prix Nobel de la paix. Je m’en suis rendu compte en particulier quand Arias, le ton entrecoupé par l’émotion, insista sur la foule de message que lui avaient adressé de nombreux présidents et dirigeants du monde émus par son initiative. C’est ce qu’il lui passe par la tête ; il ne se rend même pas compte que d’autres Prix Nobel de la paix, honnêtes et modestes comme Rigoberta Menchú et Adolfo Pérez Esquivel, sont indignés devant ce qu’il se passe au Honduras.

Il ne fait pas de doute qu’une grande partie des gouvernements civils d’Amérique latine, qui savait que Zelaya avait approuvé le premier projet d’Arias et faisait confiance au bon sens des putschistes et de leurs alliés yankees, ont poussé un soupir de soulagement. Mais pour seulement soixante-douze heures.

Vu sous un autre angle, et pour en revenir au monde réel où l’Empire dominant continue d’exister et où presque deux cents États souverains doivent se coltiner avec toutes sortes de conflits et d’intérêts politiques, économiques, environnementaux, religieux et autres, il ne reste plus qu’à inventer quelque chose pour primer l’idée géniale des Yankees de penser à Oscar Arias pour tâcher de gagner du temps, de consolider le putsch et de discréditer les organismes internationaux qui ont appuyé Zelaya.

Au meeting pour le trentième anniversaire de la victoire de la Révolution sandiniste, Daniel Ortega, rappelant avec amertume le rôle d’Arias dans le premier accord d’Esquipulas, déclara devant une énorme foule de patriotes nicaraguayens : « Les Yankees le connaissent bien, et c’est pour ça qu’ils l’ont choisi comme M. Bons Offices au Honduras. » À ce même meeting, Rigoberta Menchu d’origine indigène, a condamné le putsch (Voir la Réflexions du compañero Fidel : Le trentième anniversaire sandiniste et la proposition de san josé).

Si on avait tout simplement appliqué les mesures décidées par les ministres des Affaires étrangères à la réunion de Washington, les putschistes n’auraient pas pu survivre à la résistance pacifique du peuple hondurien.

À présent, les putschistes manœuvrent dans les milieux oligarchiques latino-américains, dont certains, depuis le gouvernement, n’ont pas honte d’évoquer leurs sympathies pour le putsch, tandis que l’impérialisme pêche en eau trouble. Exactement ce que les États-Unis souhaitaient avec leur initiative de paix, tout en accélérant les négociations pour cerner la patrie de Bolívar de bases militaires.

Soyons justes : tout en attendant le dernier mot que dira le peuple  hondurien, demandons donc un prix Nobel pour Mme Clinton.

Fidel Castro Ruz

Le 23 juillet 2009

14 h 30

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Il y a cinquante ans, le peuple l´exigeait : c’est Fidel qui devait occuper le poste de premier ministre

Discours Fidel Castro

Discours Fidel Castro

Le peuple cubain ne pouvait pas se résigner à ce que Fidel Castro, le Commandant en chef des Forces Armées Révolutionnaires, renonce à la fonction de Premier Ministre. Après avoir exigé et obtenu le départ du président récalcitrant,  Manuel Urrutia Lleó, il a continué à réclamer le retour de son véritable leader aux rênes du gouvernement.

Fidel avait annoncé que la question serait débattue quelques jours plus tard, à l´occasion du grand rassemblement qui devait avoir lieu sur une vaste place de la capitale, celle qui devait, ce jour là, recevoir le nom de Place de la Révolution José Marti. Un grand nombre d´ouvriers et de paysans y étaient attendu pour commémorer le sixième anniversaire de l´attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes.

La date allait de nouveau correspondre à une page d´une grande importance pour l´histoire de Cuba et de sa révolution. L´effervescence populaire grandissait et le peuple réclamait que Fidel réoccupe immédiatement son poste de premier ministre.

A l´ambassade des États-Unis, après le départ d´Urrutia et d´autres fonctionnaires réactionnaires, une question restait sans réponse : pourquoi le leader révolutionnaire ne reprenait-il pas aussitôt ses fonctions ?

Certaines agences de presse étrangères se lançaient dans la spéculation (Voir la citation du compañero Fidel : Les médias « libres »). La contre-révolution interne et externe augmentait ses attaques imprégnées d´un violent anticommunisme. L´extrême droite nord-américaine appuyée par l´Agence Centrale d´Intelligence (CIA) et les groupes annexionnistes récemment installés à Miami préparaient leurs plans terroristes.

C´est le 17 mai qu´avait été promulguée la loi de réforme agraire qui avait donné gratuitement la propriété de la terre à plus de cent mille paysans. Le caractère anti-impérialiste et antiféodal de la révolution lui avait attiré la haine des monopoles nord-américains. Fidel affirmera peu après que « c´est cette loi qui a été le point de départ de l´opposition directe de l´impérialisme à Cuba ».

Peu de temps après, le gouvernement des États-Unis avait supprimé le quota de sucre assigné à l´ile sur le marché nord-américain, ainsi que son approvisionnement en pétrole.

Toutes les conditions étaient créées pour donner le feu vert à l´invasion de Playa Giron qui aurait lieu en avril 1961, ainsi que pour le durcissement du blocus commercial et financier qui dure maintenant depuis presque un demi-siècle.

L´intuition populaire était évidemment sensible à ce climat de plus en plus lourd. Les ouvriers et les paysans exigeaient que le retour de Fidel à la tête du gouvernement se produise sans retard.

Le 22 juillet, il y a cinquante ans, lorsqu´il a pris la parole en clôture du dixième congrès textile, Fidel a déclaré : « Il a fallu livrer un combat difficile et bien peser chacun des pas réalisés pour couper court à toutes les manœuvres et à toutes les intrigues et pour barrer la route aux ennemis déclarés et aux ennemis cachés. »

A un autre moment, il a précisé : « Pour moi, la Révolution n´est pas un poste gouvernemental. La fonction peut faciliter les choses, elle peut aider à une meilleur coordination, mais la Révolution n´est pas la fonction. »

Le lendemain, la Confédération de travailleurs de Cuba (CTC) a décidé une grève générale d´une heure, de dix heures à onze heures du matin, pour manifester son appui à la demande populaire. Sur tout le territoire de l´archipel cubain, toutes les activités des secteurs de la production et des services ont cessé, y compris le transport public et les classes.

Quelques heures plus tard, des dizaines de milliers de travailleurs, d´étudiants et des personnes de tous les secteurs de la population se dirigèrent vers le palais présidentiel pour y scander le mot d´ordre : « Fidel, Premier ministre ! ».

Le président qui venait d´être désigné, Osvaldo Dorticos Torrado, y prit la parole pour réaffirmer que le Docteur Fidel Castro devait écouter la clameur populaire.

Il manquait moins de 72 heures pour parvenir à l´heure fatidique à laquelle, au pied du monument de José Marti, la liesse populaire allait se déchainer.

source : cubainfo

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Citations du compañero Fidel : La dictature du prolétariat

“Le fait de s’appeler dictature du prolétariat ne signifie pas qu’il ne soit que tortures, assassinats et crimes. Non, ceci, c’était la dictature de la bourgeoisie. Elle était torture, assassinat, vol, injustice, arbitraire. Le gouvernement du prolétariat, c’est tout simplement la classe ouvrière qui prend le pouvoir pour ouvrir un cycle historique, et qui, avec ce même pouvoir, fait pression sur les autres classes contre lesquelles elle doit lutter, pendant toute l’étape de l’édification du socialisme.”

« Aussi, le chemin n’a pas les couleurs de la rose, les ennemis de la classe ouvrière, des paysans, des étudiants, trouveront pas un lit de roses dans cette lutte. Les ennemis vont trouver en face d’eux la réplique; ils vont trouver la main dure de la révolution, la main dure du prolétariat, la main dure du peuple.

Discours sur la formation du P.U.R.S
2 décembre 1961


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Réflexions du compañero Fidel : LE TRENTIÈME ANNIVERSAIRE SANDINISTE ET LA PROPOSITION DE SAN JOSÉ

Le putsch du Honduras, fomenté par l’extrême droite étasunienne – qui a maintenu en Amérique centrale la structure créée par Bush – et appuyé par le département d’État, évoluait mal à cause de la résistance énergique du peuple.

L’aventure criminelle, condamné à l’unanimité par l’opinion publique mondiale et par les organismes internationaux, ne pouvait durer.

L’écho des atrocités commises dans des décennies récentes par les tyrannies que les États-Unis avaient fomentées, instruites et armées sur notre continent était encore proche.

Sous l’administration Clinton et dans les années suivantes, l’Empire s’efforça d’imposer son Traité de libre-échange à tous les pays latino-américains à travers ce qu’on a appelé les Sommets des Amériques.

La tentative de compromettre le continent dans un accord de libre-échange fit fiasco. Les économies d’autres régions du monde enregistrèrent un bon rythme de croissance et le dollar perdait peu à peu son hégémonie exclusive comme devise privilégiée. La brutale crise financière mondiale compliqua la situation. C’est dans ces circonstances qu’eut lieu le putsch militaire au Honduras, l’un des pays les plus pauvres de notre continent.

Au bout de deux semaines de lutte populaire croissante, les États-Unis ont manœuvré pour gagner du temps. Le département d’État assignait alors à Oscar Arias, le président du Costa Rica, la tâche de prêter main forte aux putschistes, cernés par une pression populaire vigoureuse, mais pacifique. Jamais un fait similaire en Amérique latine n’avait reçu une pareille réponse.

Le fait qu’Oscar Arias était prix Nobel de la paix pesait dans les calculs de l’administration étasunienne.

Quand on retrace la carrière réelle d’Oscar Arias, on constate qu’il s’agit d’un politicien néolibéral, talentueux et à la parole facile, extrêmement calculateur et fidèle allié des États-Unis.

En fait, dès les premières années de la Révolution cubaine, le gouvernement étasunien utilisa le Costa Rica et lui alloua des ressources pour en faire la vitrine de progrès sociaux qu’on peut obtenir sous le capitalisme.

L’impérialisme utilisa ce pays centraméricain comme base de ses attaques pirates contre Cuba. Des milliers de techniciens et de diplômés universitaires cubains furent soustraits à notre peuple, déjà en butte au blocus cruel, pour prêter service au Costa Rica. Ce n’est que tout récemment que les relations entre les deux pays ont été rétablies ; et le Costa Rica a été l’un des deux derniers gouvernements du continent à le faire. Tout en m’en réjouissant, je ne peux manquer toutefois de dire ce que je pense à ce moment historique de Notre Amérique.

Arias, issu du secteur riche et dominant de la société costaricienne, a fait des études de droits et d’économie dans une université de son pays, puis a fait d’abord une maîtrise ensuite un doctorat de sciences politiques en Angleterre, à l’Université d’Essex. C’est ceint de ces lauriers académiques qu’il fut nommé conseiller par le président José Figueres Ferrer, du parti Libération nationale, en 1970 – il avait alors trente ans – puis, peu après, ministre de la Planification, poste où il fut ratifié par le président suivant, Daniel Oduber. En 1978, Arias fut élu député de ce parti, dont il devint secrétaire général en 1979 et président pour la première fois en 1986.

Quelques années avant la victoire de la Révolution cubaine, un mouvement armé de la bourgeoisie nationale, conduit par José Figueres Ferres, père du président Figueres Olsen, avait liquidé la petite armée pustchiste, et sa lutte fut accueillie avec sympathie par les Cubains. Quand nous nous battions dans la Sierra Maestra contre la tyrannie de Batista, nous reçûmes du Parti de la libération créé par Figueres Ferres quelques armes et munitions, mais, trop ami des Yankees, il rompit vite avec nous. Il ne faut pas oublier que c’est la réunion de l’OEA tenue à San José du Costa Rica qui entraîna la rédaction de la Première Déclaration de La Havane en 1960.

Toute l’Amérique centrale souffrit pendant cent cinquante ans, depuis l’époque du flibustier William Walker, qui se nomma président du Nicaragua en 1856, de l’interventionnisme des États-Unis et elle continue d’en souffrir de nos jours, bien que le peuple nicaraguayen héroïque ait accédé à une indépendance qu’il est disposé à défendre jusqu’à son dernier souffle. On ne sache pas que le Costa Rica l’ait jamais soutenu depuis qu’il l’a atteinte, bien qu’un gouvernement ait eu le mérite, à la veille de la victoire de 1979, de se solidariser avec le Front sandiniste de libération nationale.

Quand le Nicaragua était saigné à blanc par la sale guerre de Reagan, les peuples guatémaltèque et salvadorien avaient aussi payé très cher en vies la politique interventionniste des États-Unis qui fournissaient de l’argent et des armes aux troupes répressives, les formaient et les endoctrinaient dans leurs écoles. Daniel Ortega nous a raconté que les Yankees avaient finalement promu des formules visant à mettre fin à la résistance révolutionnaire au Guatemala et en El Salvador.

Il m’a commenté plus d’une fois avec amertume qu’Arias, suivant des instructions des États-Unis, avait exclu le Nicaragua des négociations de paix, se réunissant uniquement avec les gouvernements salvadorien, hondurien et guatémaltèque, afin de lui imposer des accords. Aussi avait-il une énorme gratitude envers Vinicio Cerezo. Il m’a aussi raconté que le premier accord fut signé dans un couvent d’Esquipulas (Guatemala), le 7 août 1987, au terme de deux jours de conversations intenses entre les cinq présidents centraméricains. C’est la première fois que j’en parle publiquement.

Mais cette fois-ci, pour le trentième anniversaire de la victoire sandiniste du 19 juillet 1979, Daniel a tout expliqué avec une clarté impressionnante, tout comme il l’a fait pour tous les autres points qu’il a abordés dans son discours écouté par des centaines de milliers de personnes et transmis par radio et télévision. Je le reprends textuellement :

« Les Yankees l’avaient nommé médiateur. Nous avons une profonde sympathie pour le peuple costaricien, mais je ne saurais oublier que dans ces dures années, le président de ce pays avait convoqué les autres présidents centraméricains, mais pas nous…

« Mais les autres présidents centraméricains ont été plus sensés et lui ont dit : Il ne peut pas y avoir de plan de paix si le Nicaragua n’est pas présent. Mais, au nom de la vérité historique, il faut dire que le président qui a eu le courage de briser l’isolement que les Yankees avaient imposé à l’Amérique centrale – où ils avaient interdit aux présidents de converser avec le Nicaragua et voulaient une solution militaire, où ils voulaient liquider par la guerre le Nicaragua et sa révolution, que le président qui a eu le courage de faire ce pas courageux, c’est le président guatémaltèque d’alors, Vinicio Cerezo. Voilà l’histoire vraie.

« Les Yankees ont couru maintenant chercher le président Oscar Arias, parce qu’ils le connaissent ! Et ils sont allés le chercher pour gagner du temps, afin que les putschistes commencent à poser des demandes inacceptables. Depuis quand un putschiste va-t-il négocier avec la personne à laquelle il a arraché ses droits constitutionnels ? Ces droits ne peuvent faire l’objet de négociations : il faut tout simplement restituer à son poste le président Manuel Zelaya, en conformité avec les décisions de l’ALBA, du Groupe de Rio, du SICA, de l’OEA et des Nations Unies.

« Dans nos pays, nous voulons des règlements pacifiques. La bataille que livre le peuple hondurien actuellement est une bataille pacifique, pour lui éviter plus de douleur qu’il n’en a déjà. »

La sale guerre ordonnée par Reagan et financée en partie – m’a dit Daniel – par de la drogue expédiée depuis les États-Unis aboutit au bilan  suivant : plus de 60 000 personnes tuées, 5 800 invalides ; destruction et abandon de 300 écoles et de 25 centres de santé ; assassinat de 150 enseignants ; des pertes matérielles se montant à des dizaines de milliards de dollars. Or, le Nicaragua ne comptait que 3,5 millions d’habitants. L’URSS ayant cessé de lui livrer du pétrole, l’économie ne put se soutenir. Le Front sandiniste convoqua des élections et les avança même, et respecta le vote du peuple qui avait perdu tout espoir de préserver les conquêtes de la Révolution. Presque dix-sept ans après, les sandinistes occupaient de nouveau le gouvernement. Ils ont fêté voilà juste deux jours le trentième anniversaire de la première victoire.

Le samedi 18 juillet dernier, le prix Nobel Arias a proposé sept points d’une initiative personnelle de paix qui ôtait toute autorité aux décisions de l’ONU et de l’OEA et imposait une sorte de reddition à Manuel Zelaya, ce qui devait forcément lui retirer la sympathie populaire et affaiblir le soutien dont il jouissait. Le président constitutionnel du Honduras a adressé ce qu’il a qualifié d’ultimatum aux putschistes, que ses représentants devaient leur présenter, et a annoncé en même temps son retour au Honduras pour le dimanche 19 juillet par n’importe quel département de son pays.

Ce dimanche-ci, en début d’après-midi, des dénonciations historiques de la politique étasunienne ont été présentées au cours du meeting sandiniste gigantesque tenu à Managua. C’étaient là des vérités qui ne pouvaient que transcender.

Le pire pour les Etats-Unis, c’est que les putschistes résistaient à leur manigance lénitive. Il faudrait préciser à quel moment le département d’Etat adresse un message fort à Micheletti et si les chefs militaires ont été mis au courant des positions de l’administration Obama.

En tout cas, quiconque suivait de près les événements pouvait constater que Micheletti refusait la paix, lundi. Son représentant à San José, Carlos López Contreras, avait déclaré que la proposition d’Arias ne pouvait être discutée car son premier point, autrement dit le rétablissement de Zelaya, n’était pas négociable. Le gouvernement civil putschiste jouait son rôle au sérieux, sans même se rendre compte que Zelaya, privé de toute autorité, ne constituait aucun risque pour l’oligarchie et qu’il souffrirait un dur coup politique s’il acceptait la proposition du président costaricien.

Dimanche 19, quand Arias a demandé soixante-douze heures de plus pour expliquer sa position, Mme Clinton téléphonait à Micheletti avec qui elle avait, selon le porte-parole Philip Crowley, une « dure conversation ». On saura un jour ce qu’elle lui a dit, mais il suffisait de voir la tête de Micheletti quand il a pris la parole le lundi 20 à une réunion de son gouvernement putschiste : on aurait vraiment dit un gosse de la maternelle grondé par sa maîtresse. J’ai pu, grâce à TeleSur, suivre les discours de cette réunion, ainsi que les interventions des représentants des membres de l’OEA qui se sont engagés à attendre le dernier mot du prix Nobel de la paix. Savaient-ils, oui ou non, ce que Mme Clinton avait dit à Micheletti ? Peut-être que oui, peut-être que non. Certains, peut-être, mais pas tous.  Des hommes, des institutions et de concepts se sont convertis en instrument de la politique altière et arrogante de Washington. En tout cas, jamais un discours à l’OEA n’a brillé avec plus de dignité que les mots brefs, mais courageux et exacts, de Roy Chaderton, l’ambassadeur vénézuélien, à cette séance.

On verra apparaître de nouveau l’image de commandeur d’Oscar Arias expliquant qu’il a mis au point telle ou telle proposition de règlement pour éviter la violence. Je pense que même lui est tombé dans le grand traquenard tendu par le département d’Etat. On verra bien demain.

Mais c’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot. Les représentants des organisations sociales et des nouvelles forces ne sont des instruments de personne dans le pays et à l’étranger ; ils connaissent les besoins et les souffrances de leur peuple ; leur conscientisation et leur trempe se sont renforcées ; de nombreux citoyens, jusqu’ici indolents, les ont rejoints ; les membres honnêtes des partis traditionnels qui croient à la liberté, à la justice et à la dignité humaine jugeront leurs leaders en fonction de la position qu’ils adopteront à cette minute historique.

On ignore encore quelle sera l’attitude des militaires face aux ultimatums yankees et quels sont les messages qui parviennent aux officiers. Il n’existe qu’un seul point de référence patriotique et honorable : la loyauté au peuple, qui a supporté avec héroïsme les bombes lacrymogènes, les coups et les balles.

Quoique nul ne puisse assurer quel sera le dernier caprice de l’Empire, si, compte tenu des dernières décisions adoptées, Zelaya rentre, légalement ou illégalement, les Honduriens l’accueilleront sans aucun doute en grand, car ce sera une mesure de la victoire qu’ils ont d’ores et déjà remportée par leurs luttes.

Que nul ne doute que seul le peuple hondurien sera capable de bâtir sa propre Histoire !

Fidel Castro Ruz

Le 21 juillet 2009

20 h 55

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