“Qui, en comprenant, en raisonnant, en se rendant compte de ce qui se passe dans le monde entier, pourrait être honnêtement du côté de la politique de l’impérialisme ?»
Discours sur la formation du P.U.R.S
2 décembre 1961
“Le socialisme ? Lequel devions-nous appliquer ? Le socialisme utopique ? Nous devions tout simplement appliquer le socialisme scientifique»
“Qui, en comprenant, en raisonnant, en se rendant compte de ce qui se passe dans le monde entier, pourrait être honnêtement du côté de la politique de l’impérialisme ?»
Discours sur la formation du P.U.R.S
2 décembre 1961
Ces réflexions ne s’adressent pas aux gouvernements, mais aux peuples frères d’Amérique latine.
La Réunion au sommet de l’UNASUR s’ouvrira demain, 28 août, en Argentine, et nul ne peut en ignorer l’importance capitale. Elle doit analyser la concession par la Colombie de sept bases militaires à la superpuissance étasunienne, au terme de conversations restées rigoureusement secrètes entre les deux gouvernements : il fallait mettre le monde devant le fait accompli.
Le 1er mars 2008, au petit matin, les forces armées colombiennes, entraînées et équipées par les États-Unis, bombardèrent avec des bombes de précision un groupe de guérilleros qui avait pénétré dans une zone écartée du territoire équatorien ; puis des membres héliportés des troupes d’élite colombiennes occupèrent le petit camp, achevèrent les blessés et s’emparèrent du cadavre du chef guérillero, Raúl Reyes, qui avait ces jours-là, semble-t-il, un entretien avec de jeunes étrangers de diverses nationalités, désireux de connaître les expériences de la guérilla qui mène une lutte armée depuis plus de cinquante ans, à partir de l’assassinat du leader libéral Jorge Eliécer Gaitán. C’est ainsi que des étudiants mexicains et équatoriens désarmés furent tués. Méthode brutale, à la Yankee. Le gouvernement équatorien ne reçut absolument aucun avertissement avant l’attaque.
Cette action constitua une humiliation pour ce petit, mais héroïque pays sud-américain, lancé dans un processus de démocratisation politique. Il y eut alors de forts soupçons que la base aérienne étasunienne de Manta avait offert des informations et coopéré avec les attaquants. Le président Rafael Correa prit alors la décision courageuse de demander la rétrocession du territoire occupé par cette base, s’en tenant rigoureusement aux termes fixés dans l’accord militaire avec les États-Unis, et de retirer son ambassadeur à Bogota.
L’installation en territoire colombien de sept bases militaires étasuniennes menace directement la souveraineté et l’intégrité des autres peuples sud-américains et centraméricains avec lesquels nos grands hommes rêvèrent de fonder la grande patrie latino-américaine.
L’impérialisme yankee est cent fois plus puissant que les empires coloniaux espagnol et portugais, absolument étranger aux origines, aux coutumes et à la culture de nos peuples.
Il ne s’agit pas là d’un chauvinisme borné. S’il est vrai, comme l’a dit Martí, que « la patrie est l’humanité », cela ne peut jamais se faire sous les bottes d’un Empire qui a imposé au monde une tyrannie sanguinaire. Sur notre propre continent, et rien que ces cinq dernières décennies, les centaines de milliers de compatriotes latino-américains assassinés, torturés et disparus au Guatemala, en El Salvador, au Honduras, au Nicaragua, au Panama, au Chili, en Argentine, au Paraguay, en Uruguay et dans d’autres pays de Notre Amérique, à la suite de coups d’État et d’actions orchestrés et soutenus par les États-Unis, prouvent irréfutablement ce que j’affirme.
Quand j’analyse les arguments et prétextes par lesquels les États-Unis prétendent justifier la concession de bases militaires en Colombie, je ne peux que les qualifier de cyniques : ils affirment en avoir besoin pour coopérer à la lutte contre le trafic de drogues, le terrorisme, le trafic d’armes, l’émigration illégale, la détention d’armes de destruction massive, les débordements nationalistes et les catastrophes naturelles.
Ce puissant pays est le plus gros acheteur et consommateur de drogues de la planète. Une analyse des billets circulant à Washington, sa capitale, a révélé que 95 p. 100 de ceux-ci sont passés par les mains de personnes consommant des drogues. Les États-Unis sont le plus gros marché ainsi que le plus gros fournisseur d’armes destinés à la criminalité organisée en Amérique latine, ce qui entraîne la mort de dizaines de milliers de personnes tous les ans à leur frontière méridionale. Les États-Unis sont le pire État terroriste de l’Histoire : non contents d’avoir largué des bombes atomiques sur les villes civiles d’Hiroshima et de Nagasaki, ils ont mené des guerres impériales au Vietnam, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et dans d’autres pays situés à des milliers de kilomètres, y tuant des millions de personnes. Les États-Unis sont les plus gros fabricants et détenteurs d’armes de destruction massive, dont des armes nucléaires, chimiques et biologiques.
Les paramilitaires colombiens, dont beaucoup sont des démobilisés des forces armées et constituent en parties leurs réserves, sont les meilleurs alliés et protecteurs des trafiquants de drogues.
Les personnels censément civils qui accompagneraient les soldats dans les bases colombiennes sont, en règle générale, d’anciens militaires étasuniens parfaitement entraînés qui sont ensuite embauchés par des sociétés privées, telle Blackwater, fameuse par ses crimes en Iraq et ailleurs dans le monde.
Un pays qui se respecte n’a pas besoin de mercenaires, ni de soldats ni de bases militaires étasuniennes pour combattre le trafic de drogues, protéger sa population en cas de catastrophes naturelles ou offrir une coopération humanitaire à d’autres peuples.
Cuba est un pays sans problèmes de drogues et sans indices élevés de morts violentes, dont le nombre décroît chaque année.
Le seul objectif que poursuivent les États-Unis avec ces bases, c’est de mettre l’Amérique latine à la portée de leurs troupes en quelques heures. La haute hiérarchie militaire brésilienne a appris avec énormément de déplaisir cette nouvelle surprenante de la cession de bases militaires étasuniennes en Colombie : celle de Palanquero est très proche de la frontière. Une fois ces bases installées, et en comptant celles des îles Malvinas, du Paraguay, du Pérou, du Honduras, d’Aruba, de Curaçao et d’autres, aucun point du Brésil et du reste de l’Amérique latine ne sera plus hors de portée du Commandement Sud qui pourra en quelque heures, utilisant ses avions de transport les plus modernes, dépêcher des troupes et du matériel militaire de pointe. Les meilleurs spécialistes en la matière ont offert les données nécessaires qui prouvent la vraie portée militaire de l’accord entre les USA et la Colombie : ce programme, qui a inclus la réactivation de la IVe Flotte, a été conçu par l’administration Bush et légué à celle d’Obama, à laquelle certains dirigeants latino-américains demandent d’éclaircir dûment sa politique militaire envers le sous-continent. Les porte-avions atomiques ne servent à rien contre le problème de la drogue.
L’objectif le plus immédiat de ce plan est la liquidation de la révolution vénézuélienne et le contrôle du pétrole et des autres ressources naturelles de ce pays. De plus, l’Empire n’accepte pas la concurrence de nouvelles économies émergentes dans son arrière-cour, ni l’existence de pays vraiment indépendants en Amérique latine. Il peut compter sur l’oligarchie réactionnaire, sur la droite fasciste et sur les principaux médias intérieurs et extérieurs qu’il contrôle. Il n’appuiera jamais rien qui ressemble à la vraie équité et à la véritable justice sociale.
L’émigration des Latino-Américains aux États-Unis est la conséquence du sous-développement, et celui-ci l’est du pillage auquel ce pays nous a soumis et de l’échange inégal avec les nations industrialisées.
Le Mexique a été arraché à l’Amérique latine par le Traité de libre-échange avec les États-Unis et le Canada. La plupart des douze millions d’émigrants illégaux aux USA sont des Mexicains, tout comme l’est la majorité des centaines de personnes qui meurent tous les ans au mur érigé à la frontière avec ce pays.
Frappé par la crise économique internationale, le Mexique, avec ses 107 millions d’habitants, a vu s’élever le taux de pauvreté critique de 18 p.100, tandis que plus de la moitié de la population est pauvre.
Rien, de son vivant, ne préoccupa plus Martí, la cheville ouvrière de notre indépendance, que l’éventualité d’une annexion aux États-Unis. Il avait pris conscience dès 1889 que ceux-ci représentaient le pire danger pour l’Amérique latine. Il ne cessa de rêver de la Grande Patrie, qui irait du Rio Bravo à la Patagonie. C’est pour elle, et pour Cuba, qu’il donna sa vie.
Il écrivit le 1er janvier 1891 dans La Revista Ilustrada de Nueva York un article intitulé « Notre Amérique » où l’on trouve des phrases inoubliables : « …les arbres doivent se mettre en rang pour que le géant aux sept lieues ne passe pas ! C’est l’heure du dénombrement et de la marche unie, et nous devons aller en carré serré, comme l’argent à la racine des Andes. »
Quatre ans plus tard, après avoir débarqué à Playitas dans la province orientale de Cuba, alors qu’il marchait à travers les campagnes insurgées, il eut un entretien, le 2 mai 1895, avec George E. Bryson, journaliste du New York Herald, qui lui raconta avoir interviewé à La Havane le fameux général espagnol Arsenio Martínez Campos. Celui-ci lui affirma que la couronne préférait livrer Cuba aux États-Unis plutôt que de lui concéder l’indépendance.
Cette nouvelle bouleversa Martí si fort qu’il écrivit le 18 mai à son ami mexicain Manuel Mercado la fameuse lettre inachevée où l’on trouve ceci : « …la voie, qu’il faut obstruer et que nous obstruons par notre sang, de l’annexion des peuples de Notre Amérique au Nord convulsé et brutal qui les méprise. »
Le lendemain, ignorant l’ordre du général Máximo Gómez de rester à l’arrière-garde, il demanda un revolver à son aide, se lança à la charge contre des troupes espagnoles bien positionnées et mourut au combat.
« J’ai vécu dans le monstre et j’en connais les entrailles », avait-il déclaré dans son ultime lettre.
Fidel Castro Ruz
Le 27 août 2009
12 h 40
En Occident – en Europe et aux Etats-Unis tout particulièrement –, Cuba suscite énormément de critiques et de controverses. Ce petit pays de onze millions d’habitants dispose d’une couverture médiatique disproportionnée par rapport à sa taille et les médias sont unanimes pour stigmatiser la plus grande île des Caraïbes et diaboliser son leader historique Fidel Castro.Les attaques sont virulentes, jamais nuancées et à sens unique. Cuba serait un enfer pour ses habitants avec un système archaïque et révolu, et son plus célèbre citoyen Lucifer en personne qui martyriserait impitoyablement son peuple. Pourtant, les noms de Cuba et Fidel Castro suscitent un engouement et une admiration extraordinaires sur tous les autres continents de la planète, que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou en Asie. Comment s’explique alors un tel décalage entre l’image désastreuse véhiculée par les médias occidentaux au sujet de Cuba et le prestige dont elle jouit à travers le monde ? Est-ce à cause de la question des droits de l’homme, souvent évoquée par la presse et y compris par une grande partie de la gauche occidentale ? Dans cet ouvrage, les principales problématiques de la réalité cubaine sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux.
Message de Salim :
Chers amies et amis,
Le 1er septembre 2009 sort mon ouvrage intitulé Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais aux Editions Estrella. Il s’agit d’un livre de 300 pages. Les principales problématiques de la réalité cubaine y sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux. Cet ouvrage contient également un extraordinaire prologue de Nelson Mandela qui m’a fait l’immense honneur d’associer sa plume à mon travail.
Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les graves manquements de notre presse à son devoir d’information, ainsi que ses violations réitérées de l’éthique journalistique.
C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays, et souhaitent sortir de la pensée unique.
L’ouvrage n’est pas encore distribué en librairie mais il est disponible dès à présent auprès de l’auteur au prix de 18€. Des tarifs spéciaux sont réservés aux associations.
N’hésitez pas à me contacter pour toute information supplémentaire. Je suis, bien entendu, à la disposition de tous celles et ceux (personnes, associations, librairies…) qui souhaiteraient m’inviter pour une présentation de ce livre ou un débat.
Je serai présent à la Fête de l’Humanité le 11, 12 et 13 septembre 2009 pour y dédicacer mon livre. Une présentation est prévue sur les stands de Granma (le 12 septembre à 14h), de Cuba Si et de France Cuba (date et heure à définir).
Je compte sur votre soutien.
Amicalement,
Salim Lamrani.
Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais
Prologue de Nelson Mandela
Paris, Editions Estrella, 2009
300 pages
18€
J’ai lu avec étonnement ce week-end les dépêches de presse concernant la politique intérieure des États-Unis : elles reflètent de toute évidence l’usure systématique de l’influence du président Barack Obama, dont la surprenante victoire électorale n’aurait pas été possible sans la profonde crise politique et économique de son pays : les soldats morts ou blessés en Iraq, le scandale des tortures et des prisons secrètes, les pertes de logements et d’emploi, tout ceci avait ébranlé la société étasunienne. Tandis que la crise économique s’étendait dans le monde, aggravant la pauvreté et la faim dans les pays du Tiers-monde.
Ce sont ces circonstances qui ont permis la postulation, puis l’élection d’Obama dans une société aux traditions racistes : non moins de 90 p. 100 de la population noire, discriminée et pauvre, la majorité des électeurs d’origine latino-américaine et une vaste minorité des classes moyenne et ouvrière, essentiellement les jeunes, votèrent pour lui.
Il était logique que de nombreux espoirs se soient éveillés chez les Étasuniens qui l’ont appuyé. Après huit années d’aventurisme, de démagogie et de mensonges, durant lesquelles des milliers de soldats étasuniens et presque un million d’Iraquiens moururent dans le cadre d’une guerre de conquête pour le pétrole de ce pays musulman qui n’avait rien à voir avec l’atroce attentat contre les tours jumelles, le peuple étasunien était las et écœuré.
Bien des gens en Afrique et ailleurs dans le monde s’enthousiasmèrent à l’idée de voir des changements dans la politique extérieure des États-Unis.
Il suffisait néanmoins d’une connaissance élémentaire de la réalité pour ne pas se bercer d’illusions quant à un éventuel changement politique aux États-Unis à partir de l’élection du nouveau président.
Obama, certes, s’était opposé à la guerre de Bush en Iraq bien avant de nombreux autres membres du Congrès des États-Unis. Il avait connu dès l’adolescence les humiliations de la discrimination raciale et, à l’instar de nombreux Étasuniens, il admirait le grand militant des droits civils, Martin Luther King.
Obama est né, s’est formé, a fait de la politique et a réussi au sein même du système capitaliste impérial des États-Unis. Il ne souhaitait pas changer le système, ni ne pouvait le faire. Le plus curieux, c’est que l’extrême droite le hait pourtant parce qu’afro-américain et qu’elle combat ce que fait le président pour redorer l’image détériorée de son pays.
Il a été capable de comprendre que les États-Unis, tout en ne comptant que 4 p. 100 de la population mondiale, consomment environ 25 p. 100 de l’énergie fossile et sont les plus gros émetteurs de gaz polluants au monde.
Bush, dans ses extravagances, n’avait même pas signé le Protocole de Kyoto.
Obama se propose aussi d’appliquer des normes plus rigides face à l’évasion fiscale. On vient d’apprendre par exemple que les banques suisses fourniront les coordonnées d’environ 4 500 suspects d’évasion fiscale sur les 52 000 comptes de ressortissants étasuniens ouverts dans ce pays.
En Europe, voilà quelques semaines, Obama s’est engagé devant les pays du G-8, en particulier la France et l’Allemagne, à mettre fin au fait que son pays recourt à des paradis fiscaux pour injecter d’énormes quantité de dollars dans l’économie mondiale.
Il a offert des services de santé à presque 50 millions de citoyens dépourvus d’assurance-maladie.
Il a promis au peuple étasunien d’huiler l’appareil productif, de freiner le chômage croissant et de relancer la croissance.
Il a offert aux douze millions d’immigrants illégaux d’origine latino-américaine de mettre fin aux rafles cruelles et au traitement inhumain qu’ils subissent.
Il a fait d’autres promesses que je n’énumère pas, dont aucune ne remet en cause le système de domination du capitalisme impérialiste.
Mais la puissante extrême droite refuse la moindre mesure qui diminuerait un tant soit peu ses prérogatives.
Je me bornerai à citer des informations de ces derniers jours émises des États-Unis par des agences de presse et par la presse.
21 août :
« La confiance des Étasuniens dans le leadership du président Barack Obama a chuté sensiblement, selon un sondage publié aujourd’hui dans The Washington Post. »
« Alors que l’opposition à la réforme du système de santé s’accroît, le sondage téléphonique, réalisé de concert avec la chaîne de télévision ABC du 13 au 17 août auprès de 1 001 adultes, indique que …49 p. 100 des personnes interrogées sont d’avis qu’Obama sera capable d’introduire des améliorations significatives dans le système d’assistance médicale des États-Unis, soit 20 p. 100 de moins qu’avant son entrée à la Maison-Blanche. »
« 55 p. 100 des interviewés croient que la situation générale des États-Unis va mal, contre 48 p. 100 en avril. »
« Le débat acharné sur la réforme de santé traduit un extrémisme qui inquiète les experts, alarmés par la présence d’hommes armés aux réunions populaires, par l’apparition de croix gammées et par les photos d’Hitler. »
« Les experts en crimes motivés par la haine recommandent de surveiller de près ces extrémistes et, même si de nombreux démocrates ont été écrasés par les protestations, d’autres ont décidé de faire face directement à leurs concitoyens. »
« Une jeune femme qui portait un photo retouchée d’Obama arborant une moustache à la Hitler alimente la théorie que le président créera des « tribunaux de mort » favorables à l’euthanasie de vieillards sans soutien… »
« …certains font la sourde oreille et ont décidé d’adresser des messages de haine et extrémistes, ce que Brad Garrett, ex-agent du FBI, observe avec alarme. »
« »Nous vivons assurément des temps qui font peur », a affirmé Garrett la semaine dernière à la chaîne ABC, tout en ajoutant que les services secrets « redoutaient qu’il arrive quelque chose à Obama ». »
« Lundi, sans remonter plus loin, une douzaine de personne brandissaient des armes à l’extérieur du centre de congrès de Phoenix (Arizona), où le président prononçait devant des anciens combattants un discours où il a défendu, entre autres, sa réforme médicale. »
« Un autre homme portait un pistolet portant l’inscription : « Il est temps d’arroser l’arbre de la liberté », allusion à la phrase du président Thomas Jefferson (1801‑1809) selon qui « le sang des patriotes et des tyrans » devrait arroser l’arbre de la liberté. »
Certains messages ont été encore plus explicites, puisque leurs auteurs souhaitaient « la mort d’Obama, de Michelle et de leurs deux fillettes ». »
« Ces incidents prouvent que la haine a fait irruption dans la politique étasunienne avec plus de force que jamais. »
« »Nous parlons de gens qui vocifèrent, qui portent des photos d’Obama en nazi… et qui utilisent avec mépris le mot socialiste », a dit à EFE Larry Berman (de l’Université de Californie, auteur de douze ouvrages sur la présidence des États-Unis), qui attribue en partie ce qu’il se passe à l’héritage latent du racisme. »
« Après avoir informé hier que la CIA avait engagé Blackwater en 2004 pour des tâches de planification, d’entraînement et de vigilance, le New York Times apporte aujourd’hui plus de détails sur les activités confiées à cette société de sécurité privée si controversée, dont le nom actuel est Xe. »
« Le journal signale que la CIA a recruté des agents de Blackwater pour poser des bombes dans des avions téléguidés en vue de tuer des dirigeants d’Al Qaeda. »
« Selon une information fournie par des fonctionnaires du gouvernement au New York Times, les opérations se sont déroulées dans des bases du Pakistan et d’Afghanistan, où la société privée montait et plaçait dans les avions des missiles Hellfire et des bombes guidées par laser. »
« Leon Panetta, le directeur de la CIA, a décidé à un moment donné de suspendre le programme et de révéler au Congrès cette coopération de Blackwater. »
« La collaboration de Blackwater a pris fin des années avant que Panetta ne devienne chef de la CIA, quand les fonctionnaires de celle-ci contestèrent que des agents extérieurs participent à un programme d’assassinats sélectifs. »
« Blackwater a été la seule société de sécurité privée chargée de protéger le personnel étasunien en Iraq sous l’administration George W. Bush. »
« Ses tactiques agressives ont fait de critiques à diverses reprises. Le cas le plus grave est survenu en septembre 2007 quand des agents de cette société tuèrent dix-sept civils iraquiens. »
« Devant les chiffres de suicides record et la vague de dépression parmi les soldats, l’armée étasunienne met peu à peu au point des formations spécialisées afin de rendre ses militaires plus résistants » au stress émotionnel causé par des situations de guerre. »
22 août :
« Le président des États-Unis, Barack Obama, a durement critiqué aujourd’hui ceux qui s’opposent à son plan de réforme du système de santé du pays et les a accusés de divulguer des vues erronées et dénaturées. »
« Comme il l’a signalé dans ses discours, l’objectif de la réforme du système de soins médicaux est d’en freiner les coûts vertigineux et de garantir une couverture médicale à presque cinquante millions d’Étasuniens sans assurance-maladie. »
« »…il devrait y avoir un débat honnête, non dominé par les vues sciemment erronées et dénaturées de ceux qui tireraient le plus de profit si les choses restaient en l’état ». »
« Le département d’Etat continue de financer Blackwater, la société privée de mercenaires impliquée dans l’assassinat de dirigeants d’Al Qaeda, qui s’appelle maintenant Xe Services, a écrit aujourd’hui The New York Times. »
« Le gouverneur de New York, David Paterson, a affirmé vendredi que les médias avaient utilisé des stéréotypes raciaux en parlant de fonctionnaires noirs comme lui-même, le président Barack Obama et le gouverneur du Massachussets, Deval Patrick. »
« La Maison-Blanche calcule que le déficit budgétaire sera, tout au long de la prochaine décennie, supérieur de deux billions de dollars aux prévisions les plus récentes, un coup dévastateur pour le président Barack Obama et pour son projet de créer un système de santé publique financé en grande partie par l’Etat. »
« Les prévisions pour la décennie sont très incertaines et peuvent varier au fil du temps. Néanmoins, les nouveaux chiffres en rouge des finances publiques poseront de lourds problèmes à Obama au Congrès, et soulèveront une énorme anxiété chez les pays étrangers qui financent la dette publique des USA, surtout la Chine. Presque tous les économistes les jugent insoutenables, même après une dévaluation massive du dollar. »
23 août :
« Le chef de l’armée étasunienne a exprimé dimanche son inquiétude devant la perte d’appui populaire aux USA à la guerre en Afghanistan, tout en indiquant que son pays restait vulnérable aux attaques d’extrémistes. »
« »Je crois que la situation en Afghanistan est grave et qu’elle se dégrade; ces deux dernières années, l’insurrection talibane s’est améliorée, s’est davantage spécialisée », a affirmé Mike Mullen, chef de l’état-major interarmes. »
« Dans une interview à la chaîne NBC, Mullen n’a pas voulu spécifier s’il faudrait dépêcher de nouveaux soldats. »
« Un peu plus de la moitié des personnes sondées par le Washington Post et la chaîne ABC, sondage publié tout récemment, ont dit que la guerre en Afghanistan ne valait pas le coup. »
« Fin 2009, les États-Unis auront trois fois plus de soldats en Afghanistan que voilà trois ans, quand ils n’étaient que 20 000. »
La confusion règne dans la société étasunienne.
Le 11 septembre prochain marquera le huitième anniversaire de l’attentat fatidique. Ce même jour, j’avais averti à un meeting à la Cité des sports que la guerre ne permettrait pas de mettre fin au terrorisme.
La stratégie consistant à retirer des troupes d’Iraq pour les envoyer se battre en Afghanistan contre les talibans est une erreur. L’Union soviétique s’y était enlisée. Les alliés européens des USA renâcleront toujours plus à l’idée d’y verser le sang de leurs soldats.
L’inquiétude de Mullen au sujet de la popularité de cette guerre est tout à fait fondée. Ceux qui ont peaufiné l’attentat du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles ont été entraînés par les États-Unis.
Les talibans sont un mouvement nationaliste afghan qui n’a rien eu à voir avec cet attentat. C’est l’organisation Al Qaeda, financée par la CIA depuis 1979 et utilisée contre l’URSS pendant la Guerre froide, qui a ourdi cette attaque vingt-deux ans après.
Il existe des faits obscurs qui n’ont pas encore été suffisamment éclaircis devant l’opinion publique internationale.
Obama a hérité ces problèmes de Bush.
La droite raciste des USA fera l’impossible – je n’en ai pas le moindre doute – pour l’user en entravant son programme, et pour le mettre hors-jeu d’une manière ou d’une autre, au moindre coût possible.
Puissé-je me tromper !
Fidel Castro Ruz
Le 24 août 2009
17 h 15
DIX jeunes avocats qui viennent tout juste de recevoir leur diplôme de l’Université de Carabobo et qui faisaient partie de la deuxième promotion «Fidel Castro» ont eu une rencontre émouvante avec Fidel Castro, ce samedi 22 août.
Au nom du peuple cubain, Fidel Castro les a remerciés, affirmant qu’il voyait dans leur geste une marque de reconnaissance envers l’œuvre de la Révolution.
L’occasion était belle de rappeler une rencontre similaire qui s’était produite il y a 14 ans, en 1995, alors que de jeunes avocats récemment diplômés s’étaient également rendus à Cuba. Ils avaient pu évoquer avec Fidel les progrès réalisés par les Révolutions bolivarienne et cubaines, ainsi que des sujets d’actualité.
Cette fois, les jeunes avocats ont abordé avec Fidel les questions de la détérioration de l’environnement, des changements climatiques et des missions sociales au Venezuela. Tous y allaient d’anecdotes personnelles et les échanges étaient des plus cordiaux.
A la fin de la rencontre, Fidel a remis à chacun des jeunes avocats un exemplaire autographié de ses réflexions intitulées L’empire et le robots, et les visiteurs n’ont pas caché leur émotion et leur joie de se trouver aux côtés du leader la Révolution.
source : granma
J’ai évoqué récemment les plans que trament les Etats-Unis pour imposer la supériorité absolue de leurs forces aériennes comme instrument de domination sur le reste du monde. J’ai mentionné le projet de doter celles-ci, d’ici à 2020, de plus de mille bombardiers et chasseurs F-22 et F-35 de dernière génération dans le cadre de leur flotte de plus de 2 500 avions militaires, et de faire en sorte que, d’ici à 2 040, tous leurs avions de guerre soient pilotés par des robots.
Les budgets militaires peuvent toujours compter sur l’aval de l’immense majorité des législateurs étasuniens. C’est à peine s’il existe un Etat de l’Union où l’emploi ne dépend pas en partie de l’industrie de guerre.
A l’échelle mondiale et à valeur constante, les dépenses militaires ont doublé dans les dix dernières années, comme si le danger de crise n’existait pas. C’est actuellement l’industrie la plus prospère de la planète.
En 2008, les budgets de la défense ont absorbé environ 1,5 billion de dollars. Ceux des Etats-Unis se sont montés à eux seuls à 607 milliards, soit 42% des dépenses militaires du monde, sans compter les dépenses de guerre, tandis que le monde compte aujourd’hui un milliard d’affamés.
Une dépêche de presse occidentale informait voilà deux jours qu’à la mi-août, l’armée étasunienne avait présenté un hélicoptère téléguidé ainsi que des robots capables de faire des travaux de sapeurs, dont 2 500 avaient été expédiés dans des zones de combat.
Une société de vente de robots a soutenu que les nouvelles technologies révolutionneraient la manière de conduire la guerre. En 2003, selon des publications, c’est à peine si les Etats-Unis possédaient des robots dans leur arsenal, et aujourd’hui, selon l’AFP, « ils comptaient 10 000 véhicules terrestres, ainsi que 7 000 dispositifs aériens, depuis le petit Raven qui peut être lancé à la main, jusqu’au géant Global Hawk, un avion-espion de treize mètres de long et de trente-cinq mètres d’envergure, capable de voler à grande altitude pendant trente-cinq heures ». La dépêche cite d’autres armes.
Tandis que les Etats-Unis font ces dépenses colossales en technologies de la mort, leur président sue sang et eau pour apporter des services de santé à cinquante millions d’Etasuniens qui en manquent. La confusion est telle que le nouveau président a affirmé :
« La réforme du système de santé est plus proche que jamais, mais la lutte devient féroce. »
« L’histoire est claire : chaque fois qu’une réforme de santé se profile à l’horizon, les intérêts particuliers luttent avec tout ce qu’ils ont à leur portée, font jouer leurs influences, orchestrent des campagnes publicitaires et recourent à leurs alliés politiques pour effrayer le peuple étasunien. »
Le fait est que huit mille personnes – la plupart au chômage, selon la presse – se sont réunies dans un stade de Los Angeles pour recevoir les soins gratuits d’une clinique itinérante qui prête service dans le Tiers-monde. La foule a passé la nuit là, certains provenant de centaines de kilomètres à la ronde.
« »Que m’importe si c’est du socialisme ou non ! Nous sommes le seul pays au monde où nous n’avons rien, nous, les plus vulnérables », a dit une universitaire d’un quartier noir. »
Selon les informations, une « prise de sang peut coûter 500 dollars et un traitement dentaire de routine, plus de 1 000 ».
Quelle espérance une société pareille peut-elle offrir au monde ?
Les lobbyistes du Congrès ratissent fort contre une simple loi qui prétend offrir des soins médicaux à des dizaines de millions de personnes pauvres, des Noirs et des Latinos dans leur immense majorité, qui en sont privés. Même un pays en butte à un blocus comme Cuba a pu le faire, voire coopérer avec des dizaines de pays du Tiers-monde.
Si les robots peuvent se substituer aux soldats impériaux dans leurs guerres de conquête, qui stoppera les sociétés transnationales dans leur quête de marchés où écouler leurs engins ? De même qu’elles ont inondé le monde de voitures qui font aujourd’hui concurrence à l’homme dans la consommation d’énergie non renouvelable, voire d’aliments convertis en carburants, elles peuvent tout aussi bien l’inonder de robots qui remplaceraient des millions de personnes à leurs postes de travail.
Les scientifiques feraient bien mieux de concevoir des robots capables de gouverner : ils épargneraient ainsi cette besogne horrible, contradictoire et confuse à l’administration et au Congrès des Etats-Unis.
Les robots le feraient sans aucun doute mieux et meilleur marché…
Fidel Castro Ruz
Le 19 août 2009
15 h 15

Même s’il devra patienter jusqu’au 20 pour participer à la finale du 110m haies des Championnats du monde, le champion olympique et recordman du monde Dayron Robles a déclaré qu’«une médaille serait un beau cadeau pour fêter l’anniversaire du leader de la Révolution».
Contactés par téléphone, Robles, 23 ans et originaire de la ville de Guantanamo, et son entraîneur Santiago Antunes, ont expliqué que c’est le 13 août, lorsqu’ils ont fêté l’anniversaire de Fidel, que l’idée leur est venue de lui dédier une médaille.
Dayron a signalé que son rêve le plus cher en tant que personne et sportif était de connaître personnellement Fidel. «Enfant, lorsque je voyais les sportifs cubains remettre leur médaille à Fidel à leur retour, je rêvais de pouvoir faire un jour la même chose. C’est pourquoi Fidel est présent dans toutes mes victoires».
En ce qui concerne la forme de Dayron à cette compétition au sommet, son entraîneur Antunes a indiqué: «Il est calme, serein dans l’attente de la course. Les championnats du monde sont un meeting de plus, et il doit tout bien faire comme il a su le faire tout le long de la saison». Santiago Antunes a également été l’entraîneur d’Anier Garcia, qui a obtenu deux médailles olympiques (or en l’an 2000 et bronze en 2004), et c’est sous sa houlette que Dayron a signé son record du monde de 12,87 et s’est sacré champion olympique à Pékin.
source : granma
Article de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de Littérature, écrit à l’occasion du 80 ème anniversaire de Fidel Castro
Son amour du verbe. Son pouvoir de séduction. Il va chercher les problèmes où ils se trouvent. Les élans de l’inspiration sont typiques de son style. Les livres reflètent très bien l’étendue de ses goûts. Il a arrêté de fumer pour avoir l’autorité morale qui lui permettrait de combattre le tabagisme. Il aime préparer des recettes de cuisine avec une espèce de ferveur scientifique. Il se maintient dans d’excellentes conditions physiques grâce à plusieurs heures de gymnastique quotidienne et une pratique assidue de la natation. Invincible patience. Discipline de fer. La force de l’imagination lui permet de vaincre l’imprévu. Tout aussi important qu’apprendre à travailler, est apprendre à se reposer.
Quand il est fatigué de parler, il arrête de parler. Il écrit bien et il aime ça. Le plus grand stimulant de sa vie, c’est le goût du risque. La tribune d’improvisateur paraît être son environnement idéal. Il commence toujours avec une voix presque inaudible, sans donner l’impression de savoir où il va, mais il profite de la moindre lueur pour gagner du terrain, pas à pas, jusqu’à ce que, par une espèce de coup de patte, il s’approprie l’audience. C’est l’inspiration; l’état de grâce irrésistible et éblouissant, que peuvent nier seuls ceux qui n’ont pas connu le bonheur de le vivre. Il est l’anti-dogmatique par excellence.
José Marti est son auteur de chevet et il a eu le talent d’injecter son idéologie dans le sang d’une révolution marxiste. L’essence de sa pensée pourrait résider dans la certitude que faire un travail de masse, c’est fondamentalement s’occuper des individus.
Cela pourrait expliquer sa confiance absolue dans le contact direct. Il a un langage pour chaque occasion et un moyen différent de persuasion selon ses interlocuteurs. Il sait se situer au niveau de chacun et dispose d’une culture vaste et variée qui lui permet de se mouvoir avec facilité dans n’importe quel milieu. On sait une chose avec certitude: où qu’il soit, quelque soit son état et avec qui qu’il puisse être, Fidel Castro est là pour gagner. Son attitude face à la défaite, même dans les plus petits actes de la vie quotidienne, paraît obéir à une logique particulière: il ne l’admet même pas, et il ne s’accorde pas à une minute de répit jusqu’à ce qu’il parvienne à renverser la situation et à transformer la défaite en victoire. Personne ne peut être plus obsessionnel que lui quand il a décidé d’aller au fond de quelque chose. Il n’y a pas de projet colossal ou millimétrique dans lequel il ne s’investisse pas avec une passion acharnée. Et en particulier s’il doit faire face à l’adversité. Jamais ne parait-il, comme dans ces moments-là, avoir plus de talent et d’humour. Quelqu’un qui croit bien le connaître lui a dit un jour: « Les choses doivent aller bien mal, puisque vous êtes fringuant ».
La répétition est une de ses manières de travailler. Ex: La question de la dette extérieure de l’Amérique Latine, est apparue pour la première fois dans ses conversations il y a quelques années, et il a fait évoluer ses analyses, les a détaillées, approfondies. La première chose qu’il a dite, comme une simple conclusion arithmétique, c’était que la dette était impossible à payer. Ensuite sont apparues des découvertes progressives: les répercussion de la dette sur l’économie de ces pays, ses conséquences politiques et sociales, son influence décisive dans les relations internationales, son importance providentielle pour une politique d’unité de l’Amérique Latine… jusqu’à parvenir à une vision totalisante, qu’il a exposé lors d’une réunion internationale convoquée à cet effet et que le temps s’est chargée de démontrer.
Sa vertu, plus rare, en tant que politicien, est cette faculté à apercevoir l’évolution d’un fait jusqu’à ses conséquences les plus lointaines… mais cette faculté, il ne l’exerce pas par illumination, mais comme le résultat d’un raisonnement ardu et tenace. Son aide suprême est sa mémoire et il en use et en abuse pour appuyer ses discours ou ses conversations privées sur des raisonnements implacables et des opérations arithmétiques d’une rapidité incroyable.
Cela nécessite de s’appuyer sur une information incessante, bien mastiquée et digérée. Sa tâche d’accumulation d’informations commence dès son réveil. Il déjeune avec pas moins de 200 pages de nouvelles du monde entier. Pendant la journée, on lui fait parvenir des informations urgentes où qu’il soit, il considère que chaque jour il doit lire plus de 50 documents, à cela il faut ajouter les documents des services officiels et des visiteurs, et tout ce qui peut intéresser sa curiosité infinie.
Les réponses ont intérêt à être exactes, car il est capable de découvrir la plus infime contradiction cachée dans une phrase banale. Une autre source d’information vitale, ce sont les livres. Il est un lecteur vorace. Personne ne peut expliquer comment il trouve le temps, et quelle méthode il utilise, pour lire autant et avec autant de rapidité, bien que lui insiste sur le fait qu’il n’a aucun don particulier. Souvent, au petit matin, il emporte un livre avec lui et le matin suivant il le commente. Il lit en anglais mais ne le parle pas. Il préfère lire en espagnol et à n’importe quelle heure il est prêt à lire le moindre journal qui lui tombe entre les mains. C’est un lecteur habituel des essais économiques et historiques. C’est un bon lecteur de littérature et il suit son évolution avec attention.
Il a l’habitude des interrogatoires rapides. Des questions successives qu’il lance par rafales subites jusqu’à découvrir le pourquoi de la chose. Quand un visiteur Latino-Américain lui a donné un chiffre approximatif sur la consommation de riz de ses compatriotes, lui a fait le calcul dans sa tête et a dit: « C’est vraiment étrange, que chaque personne mange quatre livres de riz par jour ». Sa tactique maîtresse, c’est de poser des questions sur des choses qu’il sait, pour confirmer ses données. Et dans certains cas pour mesurer le calibre de son interlocuteur, et le traiter en conséquence.
Il ne perd pas une occasion de s’informer. Pendant la guerre d’Angola, il a décrit une bataille avec une telle minutie lors d’une réception officielle, qu’il a été très difficile de convaincre un diplomate européen que Fidel Castro n’y avait pas participé. Le récit qu’il a fait de la capture et de l’assassinat du Che, celui qu’il a fait de l’assaut dee la Moneda et de la mort de Salvador Allende ou celui qu’il fait des ravages du cyclone Flora, étaient des grands reportages oraux.
Sa vision d’avenir pour l’Amérique Latine est la même que celle de Bolivar et Marti, une communauté intégrée et autonome, capable de changer la destinée du monde. Le pays qu’il connaît le mieux après Cuba, ce sont les États-Unis. Il connaît à fond le caractère de son peuple, ses structures de pouvoir, les intentions cachées de ses gouvernements, et cela l’a aidé à éviter la tempête incessante du blocus.
Dans une interview de plusieurs heures, il s’attarde sur chaque thème, il se risque à emprunter les chemins les plus tortueux de la pensée sans jamais sacrifier la précision, conscient qu’une seule parole mal employée peut causer des dégâts irréparables. Il n’a jamais refusé de répondre à la moindre question, aussi provocatrice soit-elle, et n’a jamais perdu son calme. Quand certains essaient de lui dissimuler la vérité pour ne pas lui causer plus de sujets d’inquiétude: il le sait. A un fonctionnaire qui a agit ainsi, il a dit: « ils me cachent des vérités pour ne pas m’inquiéter, mais quand à la fin je les finis par les découvrir, je mourrai de sentir que je dois faire face à tant de vérités qu’ils ont omis de me dire ». Les plus graves, toutefois, sont les vérités qu’on lui cache pour dissimuler des déficiences, car à côté des succès énormes de la Révolution, les succès politiques, scientifiques, culturels, il y a une incompétence bureaucratique colossale qui touche quasiment tous les domaines de la vie quotidienne, et en particulier le bien-être national.
Quand il parle avec les gens de la rue, la conversation retrouve la chaleur et la franchise des rapports affectifs sincères. Ils l’appellent Fidel. Ils le serrent dans leurs bras, le tutoient, discutent avec lui, le contredisent, l’interpellent, par un canal de transmission immédiat par lequel la vérité coule à flots. C’est alors que l’on découvre un être humain méconnu, que l’éclat de sa propre image ne laisse pas transparaître. Voilà le Fidel Castro que je crois connaître: un homme aux habitudes austères et aux illusions insatiables, avec une éducation formelle à l’ancienne, des mots fins et des manières simples, incapable de concevoir une idée qui ne soit pas démesurée.
Il rêve que ses scientifiques trouvent le remède ultime contre le cancer et il a créé la politique extérieure d’une puissance mondiale, dans une île 84 fois plus petite que son ennemi principal. Il a la conviction qu’un être humain n’est accompli que quand sa conscience est bien formée, et que les stimulants moraux, plus que matériels, sont capables de changer le monde ainsi que le cours de l’histoire.
Je l’ai entendu dans ses rares heures où il émettait des regrets sur sa vie, évoquer ce qu’il aurait pu faire autrement pour économiser du temps dans sa vie. A le voir accablé par le poids de tant de destinées étrangères, je lui ai demandé ce qu’il désirerait le plus faire dans ce monde, et il m’a répondu immédiatement: « rester dans un coin ».
source : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net
Le président des États-Unis s’efforce, ces dernières semaines, de prouver que la grave crise que son pays et le reste du monde ont héritée de son prédécesseur est en train de céder.
Presque tous les économistes se réfèrent à la crise économique qui éclata en octobre 1929, après que la précédente fut survenue à la fin du XIXe siècle. La plupart des hommes politiques étasuniens d’aujourd’hui ont tendance à croire que, dès que les banques disposeront d’assez de dollars pour lubrifier la machine productive, tout marchera comme sur des roulettes vers un monde idyllique et jamais songé auparavant.
Il y a de nombreuses différences entre la crise économique des années 30 et la crise actuelle, mais je me bornerai à signaler l’une des plus importantes.
Dès la fin de la Première guerre mondiale, le dollar, basé sur l’étalon-or, remplaça la livre sterling anglaise à cause des immenses quantités d’or que la Grande-Bretagne avait dépensées dans ce conflit. La grande crise économique éclata aux États-Unis à peine douze ans après.
Si Franklin D. Roosevelt, du Parti démocrate, remporta les élections, c’est en bonne partie grâce à cette crise, tout comme Obama dans le cadre de celle-ci. Roosevelt, suivant les théories de Keynes, injecta de l’argent dans la circulation, lança de gros travaux publics, tels que routes, barrages et d’autres assurément utiles, ce qui accrut pendant des années les dépenses, la demande de produits, les emplois et le PIB. Ces fonds, toutefois, il ne les obtint pas en faisant fonctionner la planche à billets, mais à travers des impôts et grâce à une partie de l’argent en dépôt dans les banques, et en vendant des bons du Trésor à un taux d’intérêt garanti, ce qui les rendait attrayants pour les acheteurs.
Il éleva le cours de l’or de vingt dollars l’once Troy en 1929 à trente-cinq à titre de garantie interne des billets étasuniens.
C’est en fonction de cette garantie basée sur l’or physique que surgit en juillet 1944 l’accord de Bretton Woods qui octroya au puissant pays le privilège d’imprimer les devises convertibles, alors que le reste du monde était ruiné : les USA possédaient plus de 80 p. 100 de l’or du monde.
Il me semble inutile de rappeler ce qui survint après, depuis les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki – un génocide dont on rappelle ces jours-ci le soixante-quatrième anniversaire – jusqu’au coup d’État au Honduras et aux sept bases militaires que l’administration étasunienne se propose d’installer en Colombie. Le fait est que l’administration Nixon supprima en 1971 la connexion du dollar avec l’étalon-or et décida d’imprimer des billets sans la moindre limite, réalisant là la plus grosse escroquerie dont l’humanité a été victime. Compte tenu de leur privilège de Bretton Woods, les États-Unis, une fois supprimée unilatéralement la convertibilité du dollar, paient en papier-monnaie les biens et services qu’ils achètent dans le monde. On me dira qu’ils en offrent aussi en échange de dollars. Oui, mais, depuis la suppression de l’étalon-or, ce dollar, qui était coté à trente-cinq dollars l’once Troy, a perdu depuis presque trente fois sa valeur et quarante-huit fois celle qu’il avait en 1929. Le reste du monde a essuyé les pertes afférentes ; ses ressources naturelles et son argent ont servi à financer le réarmement de l’Empire et, en grande partie, ses guerres. Qu’il suffise de signaler que la valeur des bons fournis à d’autres pays dépasse, selon des calculs au plus bas, trois billions de dollars, et que la dette extérieure de ce pays, qui ne cesse de gonfler, dépasse d’ores et déjà onze billions de dollars.
L’Empire et ses alliés capitaliste, tout en se faisant concurrence, veulent nous faire croire que leurs mesures anticrises sont le salut. Mais l’Europe, la Russie, le Japon, la Corée, la Chine et l’Inde ne collectent pas de fonds en vendant des bons du Trésor ni en faisant fonctionner la planche à billet, mais en appliquant d’autres formules pour défendre leurs monnaies et leurs marchés, parfois au prix d’une grande austérité pour leurs populations. C’est l’immense majorité des pays en développement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui paie les pots cassés en fournissant des ressources naturelles non renouvelables, du travail et des vies.
L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est le plus clair exemple de ce qu’il peut arriver à un pays en développement quand il se met dans la gueule du fauve : au dernier Sommet, le Mexique n’a pu obtenir aucune solution favorable à ses immigrés aux USA ni aucune exemption de visa pour entrer au Canada.
Néanmoins, le plus grand Traité de libre-échange à l’échelle du monde fonctionne à fond : l’Organisation mondiale du commerce, qui a vu le jour aux accents triomphants du néolibéralisme, en pleine apogée des finances mondiales et des rêves idylliques.
Dans un autre domaine, selon une dépêche de BBC Mundo d’hier, 11 août, mille fonctionnaires des Nations Unies réunis à Bonn (Allemagne) ont affirmé qu’ils cherchaient la voie pour aboutir à un accord sur les changements climatiques d’ici décembre, mais que le temps pressait de plus en plus.
Ivo de Boer, le responsable des Nations Unies pour les changements climatiques, a affirmé qu’il ne restait que cent dix-neuf jours d’ici au Sommet :
« Nous avons un tas énorme d’intérêts divergents, un temps de discussion compté, un document complexe sur la table (deux cents pages) et des problèmes de financement.
Les nations en développement insistent sur le fait que le gros des gaz à effet de serrer provient du monde industrialisé. »
Le monde en développement argue qu’il a besoin d’une aide financière pour se colleter avec les effets climatiques.
Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies a affirmé :
Si l’on n’adopte pas des mesures urgentes pour combattre les changements climatiques, cela pourrait déclencher de la violence et des troubles massifs dans le monde entier.
Les changements climatiques intensifieront les sécheresses, les inondations et d’autres catastrophes naturelles.
La rareté d’eau touchera des centaines de millions de personnes. La malnutrition va frapper une grande partie des pays en développement.
The New York Times expliquait dans un article du 9 août dernier :
« Les spécialistes voient dans les changements climatiques une menace pour la sécurité nationale.
« De telles crises provoquées par le climat pourraient renverser des gouvernements, stimuler des mouvements terroristes ou déstabiliser des régions entières, affirment des experts du Pentagone et des agences de renseignements qui étudient pour la première fois les effets des changements climatiques sur la sécurité nationale.
« »Tout devient très vite compliqué », affirme Amanda J. Dory, sous-secrétaire à la Défense responsable de la stratégie, qui travaille avec un groupe du Pentagone chargé d’inscrire les changements climatiques dans la planification de la stratégie de sécurité nationale. »
On déduit de l’article du New York Times que les sénateurs ne sont pas tous convaincus qu’il s’agit là d’un problème réel, d’autant que le gouvernement étasunien l’a ignoré complètement à ce jour, bien que le protocole de Kyoto ait été adopté voilà dix ans.
Certains affirment que la crise économique est la fin de l’impérialisme ; peut-être faudrait-il se demander si elle ne signifie pas pire pour notre espèce.
À mon avis, le mieux sera toujours d’avoir une cause juste à défendre et l’espoir d’aller de l’avant.
Fidel Castro Ruz
Le 12 août 2009
21 h 12
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