Réflexions du compañero Fidel : LES BASES YANKEES ET LA SOUVERAINETÉ LATINO-AMÉRICAINE

Le concept de nation est né du concours d’éléments communs comme l’histoire, la langue, la culture, les us et coutumes, les lois, les institutions et d’autres facteurs ayant trait à la vie matérielle et spirituelle des communautés humaines.

Bolívar, pour la liberté desquels il écrivit les grands exploits qui en firent leur libérateur, avait appelé les peuples d’Amérique à créer « la plus grande nation du monde, moins par son étendue et ses richesses que par sa liberté et sa gloire ».

Antonio José de Sucre livra à Ayacucho l’ultime bataille contre l’empire qui avait converti une grande partie de ce continent en propriété royale de la couronne espagnole pendant plus de trois cents ans.

C’est cette même Amérique que, des dizaines d’années plus tard et alors que l’Empire yankee flambant neuf en avait déjà tailladé une partie, José Martí baptisa : Notre Amérique.

Il faut rappeler une fois encore qu’avant de tomber au champ d’honneur pour l’indépendance de Cuba, ce dernier bastion de la couronne espagnole en Amérique,  il avait écrit le 18 mai 1895, à peine quelques heures avant sa mort, d’une manière prophétique : « …empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »

Aux États-Unis, les Treize Colonies récemment libérées ne tardèrent pas à s’étendre en désordre vers l’Ouest en quête de terres et d’or, exterminant les autochtones, pour déboucher sur les côtes du Pacifique, les États agricoles du Sud, exploiteurs d’esclaves, qui faisaient concurrence aux États industriels du Nord, exploiteurs du travail salarié, s’efforcèrent de créer d’autres États pour défendre leurs intérêts économiques.

En 1848, ils arrachèrent  au Mexique plus de la moitié de son territoire à la suite d’une guerre de conquête contre un pays plus faible sur le plan militaire, occupant sa capitale et lui imposant des conditions de paix humiliantes. Le territoire ainsi retranché contenait de grandes réserves de pétrole et de gaz qui commenceraient plus tard à alimenter la richesse des États-Unis pendant plus d’un siècle et continuent en partie de le faire.

Le flibustier yankee William Walker, encouragé par la « destinée manifeste » que son pays avait proclamée, débarqua en 1855 au Nicaragua dont il se proclama président jusqu’à ce qu’il soit expulsé, l’année suivante, par les Nicaraguayens et d’autres patriotes centraméricains.

Notre Héros national se rendit compte que l’avenir des pays latino-américains était mis en pièce par le jeune Empire étasunien.

Après sa mort au combat, celui-ci débarqua militairement à Cuba quand l’armée espagnole était déjà vaincue.

Et le puissant voisin nous imposa l’amendement Platt, qui lui octroyait le droit d’intervenir dans notre pays.

L’occupation de Porto Rico, qui dure maintenant depuis cent onze ans,  même si l’île est devenue aujourd’hui un prétendu « Etat libre associé » - en fait, ni Etat ni libre – fut une autre des conséquences de cette intervention militaire.

Le pire pour l’Amérique latine était encore à venir, confirmant les prémonitions géniales de Martí. L’Empire en plein essor avait déjà décidé que le canal appelé à unir les deux océans ne passerait pas par le Nicaragua, mais par le Panama, si bien que cet isthme, cette Corinthe dont avait rêvé Bolívar comme la capitale du plus grande République au monde, serait une propriété yankee.

Et pourtant, il a eu des pires conséquences tout au long du XXe siècle. S’appuyant sur les oligarchies politiques locales, les États-Unis s’emparèrent peu à peu des ressources et de l’économie des pays latino-américains ; multiplièrent leurs interventions ; firent passer sous leur coupe leurs forces militaires et leurs polices ; leurs transnationales s’emparèrent des productions et des services clefs, des banques, des compagnies d’assurances, du commerce extérieur, des chemins de fer, des compagnies maritimes, des entrepôts, des services d’électricité et de téléphone et d’autres : tout passa entre les mains dans une plus ou moins grande mesure.

La profondeur des inégalités sociales fit éclater, il est vrai, la révolution au Mexique dans la seconde décennie du XXe siècle, laquelle fit une source d’inspiration pour d’autres pays. La Révolution fit avancer le Mexique dans de nombreux domaines. Mais ce même Empire, qui avait dévoré hier une grande partie de son territoire, dévore aujourd’hui d’importantes ressources naturelles encore restantes, sa force de travail bon marché, et lui fait même verser son sang.

L’Association de libre-échange d’Amérique du Nord (ALENA) constitue l’accord économique le plus brutal imposé à un pays en développement. Pour faire bref, je dirais simplement que l’administration étasunienne vient d’affirmer : « Alors que le Mexique a essuyé un double coup, non seulement à cause de la chute de son économie mais aussi sous les effets du virus A H1N1, nous souhaiterions probablement que son économie soit plus stabilisée avant d’engager de longues discussions sur de nouvelles négociations commerciales. »  Bien entendu, elle ne dit mot du fait que, par suite de la guerre déclenchée par le trafic de drogues et dans le cadre de laquelle le Mexique utilise trente-six mille soldats, presque quatre mille Mexicains ont déjà été tués en 2009. La drogue ne provoque pas seulement des problèmes de santé : elle engendre la violence qui déchire le Mexique et l’Amérique latine à cause de l’existence d’un marché insatiable : les USA, source inépuisable des devises grâce auxquelles la production de cocaïne et d’héroïne est poussée à la hausse, territoire d’où viennent les armes utilisées dans cette guerre féroce mais dont les médias parlent peu.

Ceux qui meurent, depuis le Rio Grande jusqu’aux confins d’Amérique du Sud, sont des Latino-Américains. Ainsi, la violence générale bat des records de morts, au point que les victimes en Amérique latine dépassent cent mille par an, essentiellement fruits des drogues et de la pauvreté.

Cette guerre contre les drogues, l’Empire ne la mène pas à l’intérieur de ses frontières : il la livre sur les territoires latino-américains.

On ne cultive ni la feuille de coca ni le pavot dans notre pays. Nous luttons efficacement contre ceux qui tentent d’y introduire des drogues ou de l’utiliser comme point de transit, et les indicateurs de personnes mourant pour cause de violence se réduit d’année en année. Nous n’avons pas besoin de ce fait de soldats yankees.

La lutte contre les drogues n’est qu’un prétexte pour établir des bases militaires sur tout le continent. Depuis quand les bâtiments de la IVe Flotte et les avions de combat modernes servent-ils à combattre les drogues ?

Le vrai objectif est le contrôle des ressources économiques, la domination des marchés et la lutte contre les changements sociaux. À quoi bon rétablir cette flotte, démobilisée voilà plus de soixante ans à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, alors que l’URSS ni la Guerre froide appartiennent au passé ? Les arguments avancés pour justifier l’établissement de sept bases aéronavales sont une insulte à notre intelligence !

L’Histoire ne pardonnera pas à ceux qui commettent cette félonie contre leurs peuples, ni à ceux qui prétextent de l’exercice de la souveraineté pour sanctionner la présence de troupes yankees ? De quelle souveraineté parlent-ils donc ? De celle que conquirent Bolívar, Sucre, San Martín, O´Higgins, Morelos, Juárez, Tiradentes, Martí ? Aucun d’eux n’aurait jamais accepté un argument si condamnable pour justifier la concession de bases militaires aux forces armées des USA, un Empire plus dominateur, plus puissant et plus universel que les couronnes de la péninsule ibérique.

Si, par suite de ces accords promus de manière illégale et inconstitutionnelle par les États-Unis, n’importe quelle administration utilisait ces bases, comme le firent Reagan avec sa sale guerre et Bush avec celle d’Iraq, pour provoquer un conflit armé entre deux peuples frères, ce serait là une grande tragédie. Le Venezuela et le Colombie ont vu le jour ensemble dans l’histoire de Notre Amérique après les batailles de Boyacá et de Carabobo livrées sous la direction de Simón Bolívar. Les forces yankees pourraient aussi promouvoir une sale guerre comme elles le firent au Nicaragua, voire employer des soldats étrangers entraînés par elles et attaquer un pays. Mais il est difficile de croire que le peuple colombien, combatif, courageux et patriote se laissera entraîner dans une guerre contre un peuple frère comme le peuple vénézuélien.

Les impérialistes se trompent s’ils sous-estiment aussi les autres peuples latino-américains. Aucun d’eux n’est d’accord avec leurs bases militaires, aucun d’eux ne manquera de se solidariser avec n’importe lequel qu’ils attaqueraient.

Martí, qui admirait extraordinairement Bolívar, ne se trompait pas quand il avait affirmé : « Ainsi donc, Bolívar est là dans les cieux d’Amérique, vigilant et imposant… les bottes de campagne encore aux pieds, car ce qu’il n’a pas fait lui-même n’est toujours pas fait à ce jour : Bolívar a encore à faire en Amérique. »

Fidel Castro Ruz

Le 9 août 2009

18 h 32

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Réflexions du compañero Fidel : SEPT POIGNARDS AU COEUR DE NOTRE AMÉRIQUE LATINE

Je lis et relis des données et des articles élaborés par des personnalités intelligentes, bien connues ou peu connues, qui s’expriment dans divers médias et tirent leurs informations de sources que nul ne conteste.

Les peuples qui habitent la planète courent partout des risques économiques, environnementaux et militaires découlant de la politique des États-Unis, mais ceux qui vivent sur ce continent-ci, au sud de ce pays hégémonique, et qui en sont donc les voisins sont menacés par de bien plus graves problèmes.

La présence d’un Empire si puissant qui a disséminé sur tous les continents et sur tous les océans des bases militaires, des porte-avions et des sous-marins nucléaires, des bâtiments de guerre modernes et des avions de combat perfectionnés emportant toutes sortes d’armes, des centaines de milliers de soldats pour lesquels leur gouvernement réclament l’impunité absolue, constitue le pire des casse-tête pour n’importe quel gouvernement, qu’il soit de gauche, du centre ou de droite, qu’il soit allié des États-Unis ou non.

Le problème pour nous qui en sommes les voisins n’est pas qu’on y parle une autre langue et que ce soit une nation différente. Il y a des Étatsuniens de toutes couleurs et de toutes origines. Ce sont des gens pareils à nous et capables de n’importe quel sentiment, dans un sens ou un autre. Le drame, c’est le système qui s’y est développé et imposé à tous. Ce système n’est pas nouveau quant au recours de la force et aux méthodes de domination, car celles-ci ont prévalu tout au long de l’Histoire. Ce qu’il y a de nouveau, c’est l’époque que nous vivons. Aborder la question à partir de points de vue traditionnels est une erreur qui n’aide personne. Lire et savoir ce que pensent les défenseurs du système est bien plus éclairant, parce qu’il permet de prendre conscience de sa nature qui se fonde sur l’appel constant à l’égoïsme et aux instincts les plus primaires des gens.

Si l’on n’était pas convaincu de la valeur de la conscience et de sa capacité à primer sur les instincts, on ne pourrait même pas exprimer l’espoir d’un changement à n’importe quelle période de la très brève histoire de l’homme. Pas plus qu’on ne pourrait comprendre les terribles obstacles qui se dressent face aux différents dirigeants politiques des nations latino-américaines ou ibéro-américaines du continent. Tout compte fait, les peuples qui vivaient dans cette partie de la planète voilà des dizaines de milliers d’années jusqu’à la fameuse « découverte » de l’Amérique, n’avaient rien de latins, d’ibériques ou d’européens ; leurs traits étaient bien plus ressemblants à ceux des Asiatiques d’où proviennent leurs ancêtres. Nous le constatons de nos jours sur les visages des autochtones du Mexique, d’Amérique centrale, du Venezuela, de Colombie, d’Équateur, du Brésil, du Pérou,  de Bolivie, du Paraguay et du Chili, un pays où les Araucans écrivirent des pages indélébiles.  Les habitants de certaines zones du Canada et de l’Alaska conservent leurs racines indigènes avec toute la pureté possible. Mais sur le principal territoire des États-Unis, une grande partie des anciens habitants furent exterminés par les conquérants blancs.

Des millions d’Africains, tout le monde le sait, ont été arrachés de leurs terres pour travailler comme esclaves sur ce continent. Leurs descendants constituent la majorité de la population dans des nations comme  Haïti et une grande partie des Antilles, et de vastes secteurs dans d’autres pays. Aux États-Unis, ils se comptent  par dizaines de millions et constituent en règle générale les citoyens les plus pauvres et les plus discriminés.

Au fil des siècles, les États-Unis ont réclamé des droits privilégiés sur notre continent. À l’époque de Martí, ils tentèrent d’imposer une monnaie unique basée sur l’or, un métal dont la valeur a été la plus constante au long de l’Histoire et sur lequel le commerce international se basait en règle générale. C’est à partir de Nixon que celui-ci s’est fondé sur le papier-monnaie imprimée aux Etats-Unis, sur le dollar, une devise qui vaut aujourd’hui vingt-sept fois moins qu’au début des années 70, ce qui est là une de leurs si nombreuses manières de dominer et d’escroquer le reste du monde. De nos  jours, toutefois, d’autres devises se substituent au dollar dans le commerce international et dans les réserves en monnaies convertibles.

Si les devises de l’Empire se dévaluent d’une part, ses réserves en forces militaires augmentent de l’autre. La superpuissance, qui a monopolisé la science et la technologie les plus modernes, les a orientées dans une mesure considérable vers la mise au point d’armements. On ne parle plus seulement, désormais, de milliers de projectiles nucléaires ou du pouvoir destructeur des armes classiques ; on parle d’avions sans pilote manœuvrés par des automates. Ce n’est pas là de la fantaisie. Certains avions de ce genre sont déjà utilisés en Afghanistan et ailleurs. Selon des rapports récents, l’Empire se propose dans un avenir relativement proche, en 2020, bien avant que la banquise antarctique n’ait fondu, d’inclure parmi ses deux mille cinq cents avions de combat mille cent F-35 et F-22 de la cinquième génération dans leurs versions chasse et bombardier. Pour avoir une idée de ce potentiel, il suffit de dire que ceux dont ils disposent sur la base de Soto Cano, au Honduras, pour l’entraînement des pilotes de ce pays sont des F-5 ; et que ceux qu’ils ont livrés aux forces aériennes du Venezuela, avant Chávez, au Chili et à d’autres pays sont de petites escadrilles de F-16.

Mais il y a encore pire : l’Empire projette, d’ici à trente ans, de faire piloter tous ses avions de combat, depuis les chasseurs jusqu’aux bombardiers lourds et aux avions citernes, par des robots.

Ce pouvoir militaire n’est pas une nécessité du monde : c’en est une du système économique que l’Empire impose au monde.

N’importe qui peut comprendre que si les automates peuvent se substituer aux pilotes de combat, ils peuvent aussi se substituer aux ouvriers dans de nombreuses usines. Les accords de libre-échange que l’Empire tente d’imposer aux pays de ce continent impliquent que les travailleurs devront faire concurrence à la technologie de pointe et aux robots de l’industrie yankee.

Les robots ne font pas grève, ils sont obéissants et disciplinés. Il existe maintenant des machines pour cueillir les pommes et d’autres fruits. On pourrait poser la même question aux travailleurs étasuniens : Où passeront les postes de travail ? Quel est l’avenir que le capitalisme sans frontières, à son étape de développement avancée, assignera aux citoyens ?

À la lumière de ces réalités et d’autres, les dirigeants des pays de l’UNASUR, du MERCOSUR, du Groupe de Rio et d’autres ne peuvent manquer d’analyser la très juste question que pose le Venezuela : à quoi servent les bases militaires et navales que les États-Unis veulent établir autour du Venezuela et en plein cœur de Notre Amérique ? Je me rappelle que voilà plusieurs années, quand les relations entre la Colombie et le Venezuela, deux nations sœurs par la géographie et l’histoire, s’étaient dangereusement crispées, Cuba avait promu en silence des mesures de paix importantes entre elles. Comme Cubains, nous ne stimulerons jamais la guerre entre des pays frères. L’expérience historique, la destinée manifeste proclamée et appliquée par les États-Unis et la faiblesse des accusations lancée par la Colombie contre le Venezuela : fournir des armes aux FARC, de pair avec les négociations en cours par la première en vue de céder sept points de son territoire aux forces aériennes et navales des États-Unis, contraignent forcément le Venezuela à dépenser dans des armes des moyens qu’il pourrait utiliser pour impulser l’économie, les programmes sociaux et la coopération avec d’autres pays de la région moins développés et possédant moins de ressources. Le Venezuela ne s’arme pas contre le peuple frère colombien : il s’arme contre l’Empire qui a déjà tenté de liquider sa révolution et qui prétend aujourd’hui installer ses armes de pointe aux abords de sa frontière.

Ce serait une grave erreur de penser que la menace est braquée uniquement contre le Venezuela : elle vise tous les pays du Sud du continent. Aucun d’entre eux ne pourra éluder cette question et plusieurs d’entre eux se sont déjà déclarés dans ce sens.

Les générations présentes et futures jugeront leurs dirigeants à la conduite qu’ils adopteront aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement des États-Unis, mais des États-Unis et du système. Qu’offre-t-il ? Que cherche-t-il ?

Il offre le Traité de libre-échange des Amériques (ALCA), autrement dit la ruine anticipée de tous nos pays, le libre-transit des biens et capitaux, mais non celui des personnes. Les USA ont maintenant peur que leur société opulente et surconsommatrice ne soit inondée de Latinos pauvres, d’Indiens, de Noirs et de métis, ou de Blancs sans emploi dans leurs propres pays. Ils expulsent tous ceux qui font des fautes ou sont de trop. Ils les tuent bien souvent avant qu’ils ne puissent entrer, ou les renvoient comme des troupeaux quand ils n’en ont plus besoin. On compte douze millions d’immigrants latino-américains et caribéens illégaux aux États-Unis. Une nouvelle économie vient de voir le jour dans nos pays, surtout parmi les plus petits : les envois de fonds familiaux. Quand elle éclate, la crise frappe surtout les immigrants et leurs familles. Parents et enfants sont cruellement séparés, parfois pour toujours. Si l’immigrant a l’âge du service militaire, on lui propose de s’engager pour combattre, à des milliers de kilomètres de distance, « au nom de la liberté et de la démocratie ». Au retour, s’il ne meurt pas, on lui concède le droit de devenir citoyen des États-Unis. Comme il est maintenant bien entraîné, on lui offre la possibilité de s’enrôler non comme soldat de métier, mais bel et bien comme soldat civil des compagnies privées qui prêtent service dans les guerres de conquête impériales.

Il existe d’autres très graves périls. Les dépêches n’arrêtent pas de nous parler des émigrants mexicains et d’autres pays de la région qui meurent en tenter de franchir la frontière actuelle entre le Mexique et les États-Unis. En fait, bien plus de personnes meurent tous les ans sur ce mur-là que sur le fameux mur de Berlin en presque vingt-huit ans !

Le plus incroyable, c’est qu’on parle à peine dans le monde d’une autre guerre qui fauche des milliers de vies tous les ans : en 2009, elle a déjà tué plus de Mexicains que la guerre menée par Bush contre l’Iraq durant toute son administration n’a tué de soldats étasuniens !

Cette guerre-là au Mexique a éclaté parce que les États-Unis constituent le plus gros marché de drogues au monde. Et pourtant, il n’existe pas de guerre aux USA entre la police et l’armée, d’une part, les trafiquants de drogues, de l’autre : cette guerre a été exportée au Mexique et en Amérique centrale, mais surtout au Mexique, le plus proche des USA ! Les images de cadavres entassés que nous transmet la télévision et les nouvelles de personnes assassinées dans les salles d’opération mêmes où on tentait de leur sauver la vie sont horrifiantes. Mais aucune ne provient des États-Unis…

Cette vague de violence et de sang s’étend peu ou prou dans les pays sud-américains. D’où provient l’argent sinon de cette source infinie que constitue le marché étasunien ? Parallèlement, la consommation tend à s’étendre aux autres pays de la région, causant encore plus de victimes et de dommages, directs ou indirects, que le sida, le paludisme et d’autres maladies ensemble.

L’Empire, dans ses plans de domination, alloue d’énormes sommes aux organes dont la mission est de mentir à l’opinion publique et de l’intoxiquer. Il peut compter là-dessus sur la complicité absolue de l’oligarchie, de la bourgeoisie, de la droite intellectuelle et des médias.

Ces organes sont des experts quand il s’agit de faire connaître les erreurs et les contradictions des hommes politiques.

Le sort de l’humanité ne saurait rester aux mains de robots convertis en personnes ni de personnes converties en robots.

En 2010, l’administration étasunienne dépensera 2,2 milliards de dollars, par département d’État et US/AID interposés, pour promouvoir sa politique, soit 12 p. 100 de plus que Bush à sa dernière année à la présidence, dont 450 millions seront destinés à prouver que la tyrannie imposée au monde signifie démocratie et respect des droits de l’homme.

L’Empire ne cesse de faire appel aux instincts et à l’égoïsme des êtres humains ; ils méprisent la valeur de l’éducation et de la conscience. Le peuple cubain a fait preuve de sa capacité de résistance durant cinquante ans. La résistance est l’arme à laquelle les peuples ne peuvent jamais renoncer : les Portoricains sont parvenus à stopper les manœuvres militaires à Vieques en s’installant sur les champs de tir.

La patrie de Bolívar, dont on sait le rôle historique qu’elle a joué dans les guerres d’indépendance des peuples américains, est aujourd’hui le pays qui inquiète le plus l’Empire. Les Cubains qui y prêtent service comme spécialistes de la santé, éducateurs, professeurs d’éducation physique et de sport, informaticiens, techniciens agricoles et dans d’autres domaines, doivent tout donner dans l’exercice de leurs devoirs internationalistes pour prouver que les peuples peuvent résister et être les tenants des principes les plus sacrés de la société humaine. Sinon, l’Empire détruira la civilisation et jusqu’à notre espèce.

Fidel Castro Ruz

Le 5 août 2009

11 h 16

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Allocution prononcée par Raúl Castro Ruz, à la troisième session ordinaire de la huitième législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, au palais des Congrès

Compañeras et compañeros

Nous venons d’avoir des journées de travail intense. J’ai expliqué à Holguín, le 26 juillet, que j’allais être bref parce que j’estimais que nous aurions à discuter en profondeur des questions plus complexes à différentes réunions de la semaine.

Nous avons consacré toute la journée du 29 au Septième Plénum du Comité central du parti, en présence du Bureau politique et du Secrétariat, et avec la participation à titre d’invités des membres du Conseil d’État et du Conseil des ministres, autrement dit les principaux dirigeants du parti, de l’État, du gouvernement et des cadres des organisations de masse, en représentation du reste de la société. J’aborderai plus loin certains points abordés à ce Plénum, bien que notre presse ait publié hier là-dessus une brève information.

Le lendemain, le Conseil des ministres a tenu une réunion ordinaire qui a adopté le deuxième ajustement des dépenses de l’année courante et un train d’accords permettant de faire face à la situation financière tendue que traverse notre économie.

Parallèlement, durant toute la semaine, les commissions de l’Assemblée nationale se sont réunies, les députés ayant reçu une information détaillée, et elles ont débattu du fonctionnement de tous les domaines d’activité du pays. Aujourd’hui, nous avons analysé et décidé à cette séance plénière-ci d’autres questions importantes. Ont été adoptées les lois concernant le Système national des musées et la Cour des comptes de la République, ce qui a été précédé d’un vaste processus de divulgation, d’analyse et d’harmonisation des différentes opinions à tous les niveaux.

La première loi, celle qui concerne le Système national de musées, constitue un instrument indispensable à la conservation de notre patrimoine historique et culturel pour les générations actuelles et futures.

De son côté, la loi concernant la Cour des comptes de la République porte création d’un organe public en substitution du ministère d’Audit et de Contrôle actuel, en vue d’aider l’Assemblée nationale et le Conseil d’État dans l’exercice de leur mandat constitutionnel : contrôler tous les organismes de l’État et du gouvernement.

Cet organe jouera un rôle essentiel pour élever l’ordre, la discipline économique, le contrôle interne et l’affrontement résolu à toute manifestation de corruption, ainsi qu’aux causes et aux conditions qui peuvent favoriser la négligence et les délits de n’importe quel dirigeant ou fonctionnaire.

Il contribuera à dégager les responsabilités administratives et pénales aussi bien des fauteurs directs de délits que des fauteurs collatéraux, ces derniers étant, comme le définit la loi, les cadres, dirigeants ou fonctionnaires administratifs qui, par manque d’exigence, par conduite négligente ou par inobservance des contrôles établis, favorisent les violations de la discipline, ou ne les contrecarrent pas ou n’en informent pas aussitôt.

L’Assemblée nationale vient d’élire à la tête de cette Cour des comptes la députée Gladys Bejerano Portela, qui pourra compter sur mon appui le plus total dans l’exercice de ses fonctions, mais à qui j’exigerai qu’elle les exerce dûment. De même, nous serons attentifs, tant au parti qu’au gouvernement, à ce que les dirigeants des autres instances agissent avec autant de zèle.

Ce sont là de questions toujours essentielles, à plus forte raison aux moments que nous vivons.

En décembre 2008, à la dernière session de l’Assemblée, j’ai averti que 2009 allait constituer un défi difficile à relever pour les Cubains, après les pertes et les dommages – 10 milliards de dollars – causés par trois cyclones dévastateurs. Le premier, Gustav, a commencé à nous toucher le 30 août et le troisième, Paloma, a causé des dégâts jusqu’au 9 novembre. Autrement dit, en à peine soixante-douze jours, Cuba a perdu environ 20 p. 100 de son Produit intérieur brut, le fameux PIB. À quoi il faut ajouter l’incertitude qu’impliquent la crise économique et financière mondiale et ses retombées inévitables sur notre économie.

Nous pensions alors enregistrer une croissance de 6 p. 100. Mais, dès avril, quand nous avons été contraints de faire le premier ajustement du plan, nous avons réduit cette attente à 2,5 p. 100. Puis, après avoir constaté que la croissance du PIB a été de 0,8 p. 100 au premier semestre, nous calculons que nous conclurons l’année avec une croissance de 1,7 p. 100.

Nos exportations ont décru sensiblement à cause de la chute de leurs cours. Le nickel, par exemple, dont le cours moyen avait été l’an dernier de 21 100 dollars la tonne, s’est vendu au premier semestre de cette année-ci à 11 700 dollars. Ces cours ont même été inférieurs dans les premiers mois et nous en sommes arrivés à envisager la fermeture temporaire de certaines usines de nickel.

Le tourisme connaît une situation paradoxale : alors que nous avons accueilli 2,9 p. 100 de visiteurs de plus que pour la même période de l’an dernier, nos recettes ont diminué à cause de la détérioration de la parité du dollar face aux autres monnaies principales. Bref, plus de touristes mais moins de recettes.

D’un autre côté, le coût de nos importations a diminué dans une plus grande mesure, ce qui a permis d’équilibrer à peu près notre balance commerciale, mais l’effet cumulé d’engagements contractés auparavant et des difficultés additionnelles d’accès à des sources de financement a compliqué encore plus la situation financière du pays.

Bien que nous soyons fermement décidés à honorer chaque obligation contractée, nous avons été contraints de renégocier des dettes, des paiements et d’autres engagements avec l’étranger, ce qui est assez commun par les temps qui courent dans le monde entier. Nous avons trouvé en général la compréhension et la confiance de nos partenaires, auxquels nous ratifions aujourd’hui notre reconnaissance et notre certitude que les accords passés seront exécutés.

Nous avons mis en marche récemment de nouveaux procédés permettant de hâter les transactions avec l’étranger, ce qui implique l’élévation de la discipline et du contrôle dans ce domaine.

Nous avons été conséquents face à la nécessité d’ajuster les dépenses aux revenus. Je ne suis pas économiste, et il ne m’a pas incombé durant toutes ces années de Révolution de me consacrer en détail au développement de l’économie, mais je pars d’une logique élémentaire, comme je l’avais déjà dit à la session parlementaire précédente : personne, ni un individu ni un pays, ne peut dépenser indéfiniment plus qu’il ne perçoit. 2 + 2 fera toujours 4, jamais 5. J’ajoute aujourd’hui, comme je l’ai dit voilà trois jours au Plénum du Comité central, que, dans les conditions de notre socialisme imparfait et à cause de nos propres insuffisances, bien souvent 2 + 2 = 3.

Nous nous sommes attelés à la mise au point des plans économiques de l’année prochaine dont les grandes lignes ont déjà été approuvées par le Conseil des ministres. J’en mentionnerai deux : planifier la balance des paiements sans déficit, et même avec une réserve qui permettrait de faire face à des imprévus, et donner la priorité absolue à la croissance des productions et des services apportant des revenus en devises.

Telle est la ligne que nous avons adoptée au Septième Plénum et que toutes les institutions doivent exécuter, sous la conduite du ministère de l’Économie et de la Planification, un important organisme de l’Administration centrale de l’État que nous avons tous l’obligation d’aider, de soutenir et surtout de suivre.

Nous continuerons cette année-ci d’adopter des mesures pour renforcer nos institutions et le fonctionnement du gouvernement et de l’État. Quatre nouveaux vice-présidents du Conseil des ministres ont été nommés qui, aux côtés des deux déjà existants, ont la mission de superviser des ministères, des institutions nationales et d’importants programmes de développement. Nous avons continué de restructurer l’appareil d’État en fusionnant plusieurs organismes de l’Administration centrale et d’autres organes, ce qui a permis de réduire les dépenses, le transport et les effectifs, sans parler de la paperasserie inutile. Ce processus se poursuivra graduellement afin d’élever l’efficacité de la gestion gouvernementale. La cohésion et le travail harmonieux et intégré des organes de direction collectifs du parti, de l’État et du gouvernement se renforcent.

Malgré les tensions existant dans notre économie, on constate de modestes progrès. L’équilibre monétaire interne est l’un des plus favorables de vingt dernières années. Les prix, bien qu’élevés, restent stables. Par ailleurs, l’incorporation des gens au travail a augmenté. Sauf exceptions, les productions agropastorales et industrielles, le transport vu dans son ensemble s’accroissent, et les services sociaux à notre population, en particulier la santé, l’éducation et les activités culturelles et artistiques, sont garantis à notre population.

En matière de santé, indépendamment des déficiences que nous connaissons tous, nous avons prouvé sans conteste notre capacité à faire face à des épidémies de toutes sortes.

Nous sommes l’un des rares pays au monde à pouvoir affirmer qu’il a contrôlé la pandémie du virus A H1N1. Ainsi, jusqu’à hier soir, alors que cette maladie croît indéfectiblement dans plus de cent soixante et onze nations et que, selon les chiffres fournis par les États à l’Organisation mondiale de la santé, l’on comptait plus de 177 000 malades et plus de 1 100 décès, Cuba n’a confirmé que 242 cas, dont 135, plus de la moitié, ont été importés (autrement dit, il s’agit de personnes déjà infectées à leur entrée dans l’île), 50 ont été introduits (des personnes infectées par des malades en provenance de l’étranger) et seuls 57 sont qualifiés d’autochtones (infectés sur place par des cas introduits). De ces 242 cas, 232 ont été jugés guéris et les dix restants évoluent favorablement. Nous n’avons pas eu à lamenter à ce jour de complications ni de décès. C’est là un succès du système de santé mis en place par la Révolution, ainsi qu’un exemple des résultats qu’on peut atteindre quand on fournit les arguments nécessaires, qu’on adopte les mesures organisationnelles requises avec la participation de tout le peuple et qu’on fait preuve d’exigence.

Je pourrais mentionner d’autres exemples, comme le fait qu’à ce jour nous avons pu éviter les coupures de courant si gênantes pour la population pour déficit de production, hormis les coupures motivées par la maintenance des réseaux de distribution d’électricité ou pour d’autres causes.

Ceci aurait été impossible sans la stratégie tracée par le companero Fidel et les mesures suivantes adoptées en matière de production et d’économie d’énergie électrique.

Dans les premiers mois de l’année, on le sait, la demande avait fini par dépasser largement la consommation planifiée dans des circonstances où il s’avérait impossible d’importer davantage de pétrole. Les décisions adoptées ont permis d’invertir cette situation en juin, même si les résultats n’ont pas été aussi favorables en juillet. Il semblerait que l’élan initial soit en train de céder, comme cela arrive d’ordinaire, ce qui est un défaut qui caractérise pas mal nos cadres et fonctionnaires. Il faut être encore plus rigoureux pour le reste de l’année et à l’avenir sur ce point crucial. C’est très simple : il n’existe pas d’autre solution que de s’ajuster strictement au plan.

On a appliqué des mesures exceptionnelles, comme le retrait du service à des organes donnés pour avoir dépassé la consommation planifiée, avec tous les inconvénients que cela entraîne, et on a infligé des amendes à bon nombre de petits malins pour avoir trafiqué les compteurs d’électricité de leurs domiciles. J’avertis ces derniers que nous agirons encore plus sévèrement, y compris en coupant l’électricité aux récidivistes pour des périodes prolongées, voire, le cas échéant, de manière définitive.

Bien que l’on soit parvenu à freiner la hausse de la consommation électrique dans le secteur public, elle continue d’augmenter dans le secteur résidentiel. Sans vouloir ignorer les températures élevées de ces mois-ci, le fait que nous soyons en période de vacances et d’autres raisons objectives, mais conscient qu’il existe encore des possibilités de réduction, j’appelle notre peuple à économiser le plus possible. Il incombe aux organisations de masse dans les îlots de jouer un plus grand rôle dans ce sens, sous la direction du parti, par des actions rationnelles et dûment coordonnées visant à convaincre la population.

Il existe de nombreux besoins, et il faut savoir sérier les priorités. Leur satisfaction dépendra de notre capacité à travailler plus et mieux. Ce qu’il faut bannir définitivement, en tout cas, c’est l’attitude irresponsable de consommer sans que personne ou presque personne ne s’inquiète de savoir ce qu’il coûte au pays de garantir cette consommation et surtout s’il est vraiment en condition de le faire.

Nous savons combien il est douloureux, par exemple, de n’avoir pas de logement, mais, comme je l’ai dit à plus d’une reprise, régler cette situation ne dépend pas de simples vœux : il y faut du temps, des ressources et surtout du travail, et tout ceci est encore plus difficile si, comme cela arrive généralement, les bâtisseurs font défaut.

Dans certaines provinces, il n’y a même pas assez de gens disposés à être enseignants ou agents de police, ou à faire des travaux qui exigent qu’on s’y consacre à fond ou un effort physique. J’en ai parlé à la session de l’Assemblée nationale précédente, et j’ai été au courant et je continuerai de l’être de la façon dont marche l’incorporation de la population à ces tâches.

C’est une question où il s’impose de chercher des solutions ajustées à la réalité, en plus des appels à l’honneur des gens, qui sont eux aussi importants.

Dans l’enseignement, plus de 7 800 retraités ont repris le chemin des classes et 7 000 autres ont ajourné leur retraite, ce qui, de pair avec les professeurs qui ont renoncé à partir et à ceux qui se sont réincorporés, nous permet de pouvoir compter à la prochaine rentrée scolaire sur presque 19 000 enseignants de plus. Je suis sûr que l’exemple de ces compañeras et compañeros poussera ceux qui ne l’ont pas encore fait à adopter cette même conduite et que, par ailleurs, ceux qui atteignent l’âge de la retraite resteront si possible à leur poste un temps de plus, un petit temps de plus, touchant la pension correspondante en plus de leur salaire. Ce sont là des chiffres considérables.

Une modeste hausse des salaires dans ce secteur, on le sait, a été adoptée récemment. Nous aurions voulu qu’elle soit supérieure et – c’est du moins ce que nous avions tenté – que l’effort de nos instituteurs et professeurs soit rétribué plus justement, mais, en étudiant cette question plus en profondeur, nous n’avons pu adopter que cette hausse-là dans la conjoncture actuelle, et c’est bien ainsi que ces travailleurs dévoués l’ont compris.

Les dépenses sociales doivent être en accord avec les possibilités réelles, ce qui impose de supprimer celles dont il possible de se passer. Il peut s’agir d’activités bénéfiques, voire louables, mais qui ne sont tout simplement plus en conformité avec notre économie.

À cet égard, on étudie les moyens de réduire les chiffres d’élèves en internat et semi-internat dans les établissements d’enseignement de tous les niveaux. Ainsi, il existe des écoles du premier et du deuxième cycle du second degré à la campagne, à des endroits où leur participation à des travaux agricoles n’est plus requise et dont les élèves proviennent en majorité de zones urbaines. Ces institutions seront transférées en ville à mesure que les conditions matérielles et organisationnelles seront assurées.

Cette décision vise à diminuer davantage les grosses dépenses dans l’éducation sans porter atteinte à sa qualité, ce qui évitera par ailleurs à environ cinq mille professeurs de longs trajets quotidiens aller-retour et rehaussera le rôle de la famille dans la formation des enfants. Il faudra toutefois continuer de disposer de quelques internats en zones rurales.

Il est un autre domaine où l’on avance solidement : l’harmonisation des places offertes par les établissements d’enseignement avec les exigences actuelles et prospectives du développement socio-économique de chaque territoire.

Toujours au profit de la rationalité, on adoptera d’autres décisions dans l’enseignement, la santé publique et le reste des secteurs budgétisés afin d’éliminer des dépenses qui sont tout simplement insoutenables, qui ont augmenté au fil des années, qui sont par ailleurs peu efficaces ou, pis encore, qui font que certains ne sentent même pas le besoin de travailler.

C’est dans le cadre de cette conception qu’on a réglementé le multi-emploi comme solution de rechange pour mieux tirer profit des potentialités des travailleurs et comme moyen d’élever les salaires. Elle touche les étudiants en âge de travailler, une pratique répandue dans le monde qui, non contente de satisfaire des besoins personnels, contribue à mieux les préparer à la vie professionnelle et surtout à la vie tout court.

Il nous faut connaître nos limitations, non pour en prendre peur ou pour les brandir comme prétexte à ne rien faire, mais pour décider de la meilleure alternative et s’attacher à la mettre en pratique.

Le 26 juillet dernier, j’ai parlé des résultats obtenus dans la production de lait et dans la distribution des terres en friches, et j’ai signalé qu’il était urgent de tirer profit, de la manière la plus intensive possible, des terrains existant aux alentours de la quasi-totalité des villes et villages.

La première expérience a démarré à Camagüey. Y participent tous les organes et organismes, sous la direction de l’administration de la province, à partir de leurs propres ressources et en recourant largement à la traction animale. Il est prévu de commencer à étendre cette expérience en janvier prochain à une commune principale de chaque province.

« Agriculture suburbaine », tel est le nom de ce programme qui se déroulera sur les terres entourant les villes et localités jusqu’à une distance qui permette à leurs habitants d’y travailler en dépensant le moins de carburant possible.

Cette nouvelle tâche a été confiée au ministère de l’Agriculture, spécifiquement au député Adolfo Rodríguez Nodal et à son équipe de travail réduite qui ont obtenu des résultats saillants en agriculture urbaine, fruit de leur exigence et de leur action systématique, comme le prouvent les quatre contrôles annuels qu’ils réalisent dans tous les provinces et communes du pays.

Foin, donc, de tracteurs et de carburants, même à supposer que nous en ayons assez. L’idée de ce programme est de travailler essentiellement avec des bœufs, car il s’agit de petites exploitations, exactement comme un nombre croissant de producteurs sont en train de le faire avec d’excellents résultats. J’en ai visité certaines, et j’ai pu constater qu’ils ont converti les terres qu’ils travaillent en vrais jardins où chaque pouce de terrain est mis à profit.

On travaille aussi à perfectionner le système de collecte des produits agricoles selon une conception intégrale. Comme la presse en a informé, il s’applique déjà dans les provinces havanaises, bien qu’il se heurte à de nombreux et vieux problèmes qui se sont éternisés, tout autant que la bureaucratie qui a géré cette activité pendant si longtemps. On y apportera les ajustements nécessaires en fonction des résultats et on le généralisera au reste du pays. On est en train de conclure la remotorisation de cent quarante-cinq vieux camions qui sortiront rajeunis des ateliers et qui seront consacrés à l’approvisionnement de la capitale. On fera sans retard la même opération sur cinquante-cinq autres camions pour porter le total à deux cents.

C’est dans cet esprit qu’il faut travailler, non seulement dans l’agriculture, mais dans chaque activité de la production et des services qui apporte des revenus à la nation et se substitue à des importations.

Nous devons continuer d’incorporer le plus grand nombre possible de personnes à des tâches stratégiques, telle la production d’aliments que nous avons déjà signalée comme une question de sécurité nationale, en recourant à toutes les formes de propriété existantes et dans l’ordre requis.

Nous pouvons compter sur de nombreux diplômés universitaires, qui dépassent largement les besoins dans certaines spécialités, mais si nous ne parvenons pas à changer les mentalités et à créer les conditions objectives et subjectives qui garantissent que l’on puisse disposer opportunément de la force de travail qualifiée, qui travaillera la terre ? Qui travaillera dans les usines et les ateliers ? Qui créera en définitive les richesses matérielles dont notre peuple a besoin ? On a parfois l’impression que nous sommes en train d’avaler le socialisme avant de le bâtir et que nous aspirons à dépenser comme si nous étions dans le communisme.

Je passe à un autre point. Les sept premiers mois de l’année ont été témoins d’une activité marquante de Cuba dans l’arène internationale. Même nos ennemis les plus jurés ne peuvent nier que le prestige de cette petite île grandit.

Nous venons de céder à l’Égypte la présidence du Mouvement des pays non alignés qui, de l’avis des pays membres, s’est revitalisé ces trois dernières années sous la conduite de Cuba et qui fait preuve d’une cohésion et d’une influence supérieures dans les instances mondiales les plus variées.

Les peuples et gouvernements latino-américains et caribéens, donnant une preuve supplémentaire des profonds changements survenus ces cinquante dernières années à partir de la victoire de la Révolution cubaine et du fait que les prétentions de nous isoler sur ce continent ont échoué, ont réclamé unanimement et toujours plus fortement la levée du blocus étasunien au Sommet des Amériques tenu à Port-of-Spain.

L’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et toute la région ont remporté une victoire éclatante à San Pedro Sula (Honduras) lorsque, surmontant l’opposition des États-Unis, décision a été prise d’éliminer sans aucune condition l’exclusion anachronique de Cuba de l’Organisation des États américains, bien que nous ayons réitéré une fois de plus que nous n’avions pas la moindre intention d’y retourner, pour des raisons évidentes que vous connaissez tous.

Cuba participe activement aux différents mécanismes d’intégration de la région. Son entrée au Groupe de Rio comme membre à part entière, en décembre dernier, a été un fait d’une grande importance.

Nos relations politiques et économiques avec le Venezuela et les autres nations de l’ALBA, et avec d’autres pays de la région et du monde progressent d’une manière soutenue et ferme. L’ALBA, forum d’intégration et de solidarité, se consolide, tout en commençant à être en butte aux actions de l’impérialisme.

Cette Assemblée nationale vient d’adopter une Déclaration sur le Honduras. Cuba a condamné catégoriquement le coup d’État dans ce pays, soutenu résolument le retour immédiat et inconditionnel du président légitime à son poste et exprimé sa solidarité avec cette nation sœur. Ce qu’il advient au Honduras sera décisif pour l’avenir de Notre Amérique. Le peuple hondurien dira le dernier mot.

Malgré les difficultés économiques et financières, nous avons honoré nos engagements moraux en matière de coopération et de solidarité.

Les deux nations centraméricaines avec lesquelles nous n’avions pas de relations diplomatiques les ont rétablies ces derniers mois.

On pourrait se demander : quel est le pays isolé sur ce continent ? Pas Cuba, à ce qu’il semble…

Nous avons observé avec attention l’attitude de la nouvelle administration étasunienne envers notre nation. Si nous nous en tenons strictement aux faits, il faut dire alors que le blocus économique, commercial et financier reste intact et fonctionne dans toute sa rigueur, comme le prouvent la traque dont font l’objet nos transactions avec des pays tiers et les amendes infligées toujours plus à des sociétés étasuniennes et à leurs filiales étrangères. De même, Cuba constitue d’être inscrite sans la moindre justification sur la liste des États promoteurs du terrorisme international que dresse tous les ans le département d’État.

Les mesures positives, quoique minimales, annoncées le 13 avril dernier à la veille du Sommet des Amériques, compte tenu de l’opposition de tout le continent au blocus, et selon lesquelles les restrictions aux voyages des Cubains vivant dans ce pays et aux envois de fonds familiaux seraient levées et certaines opérations de télécommunications permises n’ont pas encore été appliquées à ce jour. Il est important que cela se sache, parce qu’il existe pas mal de confusion et de manipulation dans la presse internationale à cet égard.

Il est vrai que l’agressivité et la rhétorique anticubaines ont cédé dans l’administration étasunienne et qu’après six années de suspension sur décision de Bush, les conversations entre les deux gouvernements sur le thème migratoire ont repris le 14 juillet dernier et qu’elles se sont déroulées d’une manière sérieuse et constructive. Cuba a répété qu’elle continuera d’appliquer scrupuleusement, comme jusqu’à présent, les accords migratoires et elle a dénoncé que la Loi d’ajustement cubain et la politique « pieds secs/pieds mouillés » toujours appliquées par l’administration étasunienne stimulaient les départs illégaux et la contrebande de personne

Voilà quelques semaines, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré : « …nous nous ouvrons au dialogue avec Cuba, mais qu’il soit très clair que nous voulons des changements fondamentaux dans le régime cubain. »

Je me vois donc dans l’obligation, avec tout le respect que je lui dois, de répondre à Mme Clinton et, au passage, à ceux qui dans l’Union européenne nous réclament des gestes unilatéraux en vue de démonter notre régime politique et social.

On ne m’a pas élu président pour restaurer le capitalisme à Cuba ni pour brader la Révolution. J’ai été élu pour défendre, pour maintenir et pour continuer de perfectionner le socialisme, pas pour le détruire ! (Applaudissements prolongés.)

C’est là quelque chose qui doit être absolument clair, parce qu’il représente la ferme volonté du peuple cubain qui a adopté en février 1976 par référendum, au vote direct et secret de 97,7 p. 100 des électeurs, la Constitution de la République dont l’article premier stipule : « Cuba est un Etat socialiste de travailleurs, indépendant et souverain, organisé avec tout et pour le bien de tous, en tant que république unitaire et démocratique, en vue de la jouissance de la liberté politique, de la justice sociale, du bien-être individuel et collectif et de la solidarité humaine. »

Et, plus récemment, en 2002, concrètement du 15 au 18 juin, un total de 8 198 237 citoyens, soit la quasi-totalité de la population en âge de voter, ont signé une demande réclamant à cette Assemblée nationale de promouvoir une réforme de la Constitution qui a ratifié celle-ci dans toutes ses parties et a déclaré irrévocables le caractère socialiste et le système politique et social entérinés dans notre loi fondamentale, ce que les députés ont adoptée à l’unanimité en séance extraordinaire les 24, 25 et 26 juin.

Je saisis l’occasion pour réitérer que Cuba est disposée à soutenir avec les États-Unis un dialogue respectueux, entre égaux, sans la moindre offense à notre indépendance, à notre souveraineté et à notre autodétermination. Nous sommes prêts à parler de tout, je le répète : de tout, mais des choses d’ici, de Cuba, et des choses de là-bas, des États-Unis, non à négocier notre système politique et social. Nous ne leur demandons pas, nous, ce genre de choses. Alors, respectons mutuellement nos différences.

Nous ne reconnaissons pas au gouvernement de ce pays, ni à aucun autre ni à aucun groupe d’État, la moindre juridiction sur nos affaires souveraines.

À Cuba, depuis le triomphe de la Révolution, il n’y a jamais eu d’exécutions extrajudiciaires, de personnes disparues, de personnes torturées… Permettez-moi de rectifier : à Cuba, oui, il y a eu des tortures, mais sur la base navale de Guantánamo imposée à notre patrie voilà plus de cent ans à la suite de l’infâme amendement Platt votée par le Congrès des Etats-Unis comme condition à la fin de l’occupation militaire de ce pays. Là oui, on a torturé, et cette base fait partie du territoire cubain, même si nous ne l’avons pas installée, nous. Je dis donc à Mme Hillary Clinton, la secrétaire d’État, avec tout le respect que je lui dois : si vous voulez discuter de tout, eh bien, nous discuterons de tout, de nos choses à nous, mais aussi de vos choses à vous !

L’administration a annoncé la fermeture de sa prison de Guantánamo, en écho à une juste réclamation de l’opinion publique mondiale, mais les choses ne terminent pas là : nous ne renonçons pas ni ne renoncerons jamais à la rétrocession inconditionnelle de ce pan de territoire cubain.

Puisque je viens de redire que nous sommes disposés à régler le contentieux avec les États-Unis, je tiens à préciser que nous abordons cette question avec la plus grande sérénité et sans la moindre hâte. Voilà cinquante ans que nous marchons sur le fil du rasoir : nous sommes bien entraînés à ça et nous sommes capables de résister cinquante autres années d’agressions et de blocus (applaudissements).

On entend dire dans les milieux de pouvoir étasuniens qu’il faudra attendre la disparition de la génération historique de la Révolution, un pari sinistre sur ce qu’on appelle le « facteur biologique », ou, ce qui revient au même, sur la mort de Fidel et celle de nous tous.

Ceux qui pensent ainsi courent à l’échec, parce que les générations de patriotes révolutionnaires qui nous succéderont, en premier lieu notre magnifique jeunesse, ne se désarmeront jamais sur le terrain idéologique ; et, à leur côté et aux côté du Parti, en toute première ligne il y aura à jamais les mambis du XXIe siècle, nos glorieuses Forces armées révolutionnaires qui ont été capables, cette fois-ci, d’entrer victorieuses dans Santiago de Cuba le 1er janvier 1959, avec leur commandant-en-chef à la tête (applaudissements).

Je n’ai pas mentionné le ministère de l’Intérieur parce qu’il n’existait pas encore quand nous sommes entrés dans Santiago et que je le considère en fait comme un membre de la même famille qui poursuit les mêmes objectifs.

Nos cinq Héros, incarcérés depuis onze ans dans des prisons étasuniennes pour avoir combattu les plans terroristes contre Cuba, sont un exemple éloquent de cette attitude. Le mouvement mondial en faveur de leur libération ne cesse de s’étendre, et cette Assemblée a adopté aujourd’hui un appel aux parlements et peuples du monde pour dénoncer cette injustice. D’ici, nous adressons à Gerardo, à Ramón, à Antonio, à Fernando et à René une forte accolade et leur disons notre admiration pour leur fermeté inébranlable, qui est d’ores et déjà un symbole de la Révolution cubaine (applaudissements).

Il me reste une autre question importante à aborder et dont notre presse a parlé hier : le Septième Plénum du Comité central a décidé d’ajourner le Sixième Congrès du parti prévu pour la fin de l’année.

La tâche qui attend les communistes et tout notre peuple est grande : définir avec la plus vaste participation populaire possible la société socialiste à laquelle nous aspirons et que nous sommes en mesure de construire dans les conditions actuelles et futures de Cuba, fixer le modèle économique qui régira la vie de la nation au profit de nos compatriotes et assurer l’irréversibilité du régime sociopolitique du pays, seule garantie de sa véritable indépendance.

On peut donc comprendre l’ampleur des études en cours qui concernent les principaux aspects de l’activité nationale, au milieu des urgences et tensions associées à la situation économique.

Ce qui comprend, entre autres points, l’unification monétaire en vue de supprimer la double monnaie – qu’il a fallu établir à un moment donné – l’élimination de gratuités, à l’exception de celles que stipule la Constitution, et de subventions indues, le système de rétribution salariale selon le principe socialiste : « De chacun selon ses capacités ; à chacun selon son travail. »

Un congrès formel qui n’approfondirait pas ces questions stratégiques et ne dicterait pas des lignes directrices vers l’avenir serait dénué de sens et de contenu. Bref, il s’agit, compañeros, de prendre le taureau par les cornes et d’identifier nos principaux problèmes, ce qui prendra forcément un petit peu de temps.

Conformément à ce qu’a adopté le Septième Plénum du Comité central – la note a été publiée hier dans la presse – il s’impose d’abord de conclure la préparation de tout le parti, puis de procéder à une analyse avec l’ensemble de la population et, enfin, de ne tenir le Congrès lorsque ce grand processus aura pris fin. Tel sera le vrai Congrès où tous les problèmes seront discutés par les communistes et par tout le peuple.

Si nous voulons réaliser un Congrès pour de bon, dans une situation comme la nôtre, chercher des solutions aux problèmes et regarder vers l’avenir, il faut qu’il en soit ainsi. C’est le peuple, avec son parti à l’avant-garde, qui doit en décider.

En cinquante ans de Révolution, nous avons acquis l’expérience suffisante dans la consultation du peuple. La plus récente à l’échelle nationale a été l’analyse de mon discours du 26 juillet 2007 à Camagüey : les mois de septembre-octobre ont été consacrés à sa discussion à la base, bien que les thèmes ne se soient pas bornés à ceux du discours, et la population a été encouragée à se prononcer sur n’importe point l’intéressant, ces vues s’étant avérées très utiles à la direction du pays dans son travail postérieur ; le mois de novembre de cette année-là a été consacrée à la collecte des informations et à la préparation du résumé correspondant, et le rapport final a été analysé par le parti en décembre. Plus de 5 100 000 personnes ont participé aux réunions d’étude, pour un total de 3 255 000 interventions, dont 1 301 203 étaient des prises de position concrètes et 48,8 p. 100 des vues critiques. On a pris bonne note des résultats de cette activité.

Les prises de position les plus réitérées concernaient la production d’aliments, la décision irrévocable de construire le socialisme, la substitution d’importations, l’élévation de la production, la situation économique et sociale, le concept selon lequel on ne peut dépenser plus que ce que l’on perçoit, les manifestations de corruption et la délinquance, la préparation à la défense et le rôle des cadres politiques et administratifs. Comme vous pouvez le constater, ce sont là des thèmes très en rapport avec la teneur du Congrès et l’avenir du pays. Je tiens à préciser que ce processus a été conçu comme un ballon d’essai en prévision de ce Congrès du parti.

Son ajournement ne veut absolument pas dire, tant s’en faut, que sa préparation se paralyse : cette décision implique qu’il faut prendre des mesures irrévocables, comme la rénovation des organes de direction supérieurs du parti.

Le Comité central est formé de magnifiques compañeros, mais beaucoup n’occupent plus les responsabilités qu’ils avaient lors de leur élection voilà douze ans, alors que cette période, qui aurait dû être de cinq ans, s’est prolongée à cause du retard accumulé dans la tenue du Congrès.

L’article 46 des Statuts du parti stipule : « Entre deux Congrès, le Comité central peut convoquer une Conférence nationale pour aborder des points importants de la politique du parti. La Conférence nationale sera habilitée à incorporer de nouveaux membres à l’organisme et à en séparer ou libérer ceux qu’elle jugerait utiles. Le nombre de participants et la modalité de leur élection, ainsi que les normes devant régir la préparation et le déroulement de la Conférence nationale sont fixés par le Bureau politique. »

C’est en accord avec cet article que le Septième Congrès a décidé de convoquer une Conférence nationale, essentiellement pour élire les nouveaux organismes de direction, à savoir le Comité central, le Bureau politique et le Secrétariat, qui sont responsables de poursuivre et de conclure les préparatifs du Congrès. Nous n’avons jamais réalisé auparavant une réunion de ce genre et nous pouvons l’organiser dans des délais relativement brefs, ce que nous ferons.

Dès le 1er janvier 1959, notre ligne invariable a été d’analyser avec le peuple chaque problème important, aussi difficile qu’il soit. Si nous avons survécu un demi-siècle à toutes les difficultés et agressions, c’est parce que la Révolution est l’œuvre de l’immense majorité des Cubains.

Solidement unis, nous serons conséquents avec la longue histoire de lutte de notre peuple, avec les enseignements de Fidel et avec notre engagement éternel envers ceux qui sont tombés.

Je vous remercie. (Ovation.)

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