Le jour où Fidel a campé dans les jardins de l´ONU

Roberto Pérez Betancourt

Lorsqu´a été connue la nouvelle de l´imminente arrivée de Fidel Castro à New York, le 19 septembre 1960, des centaines de journalistes se sont lancé pour avoir la primatie de l´information mais aucun d´entre eux n´avait prévu que le leader de la Révolution Cubaine
déciderait de camper dans les jardins des édifices de l´Organisation des Nations Unies.

Ceux qui ont assisté à cet événement se rappellent encore les détails du « flash » qui a circulé sur les télétypes du monde entier et qui a même obligé les éditeurs de la grande presse à modifier leur première page.

Arrivé avec son sac à dos, Fidel conduisait la délégation cubaine qui devait assister à la quinzième session de l´Assemblée générale de l´ONU. Le secrétaire général de cette organisation, Dag Hammarskjold, a été stupéfait lorsqu´on lui a apporté dans son bureau climatisé la nouvelle de  la décision que venait de prendre le guérilléro de la Sierra Maestra.

Que se passait-il ? La délégation antillaise avait pourtant réservé ses chambres à l´hôtel Shelbourne, mais la maison Blanche avait agi dans l´ombre. Les gérants de l´hôtel avaient exigé des avances de paiements complètement inusuelles  puis avait finalement décidé de refuser ces hôtes hors du commun en alléguant « qu´ils leur faisaient une mauvaise publicité ». Ils ont même ajouté qu´ils attendraient
une décision du Département d´Etat pour rendre pas les fonds déjà versés.

Ils pensaient peut-être que ce traitement grossier pourrait intimider les barbudos.   Ils  ne se rendaient pas compte qu´il était impossible de faire reculer ceux qui avaient été capables, auparavant, de vaincre une sanglante tyrannie obéissant aux seuls intérêts du puissant voisin du nord.

C´est alors que  l´hôtel Théresa, situé dans le quartier noir de Harlem, fit connaitre à la délégation cubaine sa proposition de les accueillir dans leur modeste établissement.

L´affront que venaient de subir les représentants cubains n´était pas passé inaperçu. Les médias les plus objectifs rappelèrent qu´à partir du moment où avait été décidée l´installation des édifices de l´ONU dans la ville de New York, les autorités nord-américaines avaient l´obligation d´accueillir toutes les délégations et de leur garantir le traitement exigé par les normes habituelles.

Le fait que la proposition de l´hôtel Theresa soit acceptée donna l´occasion d´un nouveau « flash ». La nouvelle était incroyable. Là-bas, dans le ghetto noir ? C´était complètement impossible, argumentaient les fonctionnaires de la Maison Blanche au bord de la crise de nerfs. De nouvelles propositions arrivèrent à l´instant, «  qui correspondraient mieux à la qualité des diplomates ».

Mais la décision était déjà prise. « Nous resterons au Théresa », expliqua Fidel, pour être aux côtés des noirs, des latinos, des discriminés, des gens les plus humbles, des déshérités.

La police montée de New York s´est vue obligée à dissoudre la multitude qui s´était spontanément regroupée pour accompagner la délégation cubaine, pour lui manifester sa sympathie et pour effacer ainsi l´outrage qui lui avait été fait.

C´était seulement le début d´une période de confrontation ouverte, en germe depuis le premier janvier 1959, et déclenchée par les puissants groupes de pouvoir de l´extrême droite nord-américaine qui se refusaient à accepter qu´un petit pays soit capable de secouer le joug néocolonial et de lever la voix pour s´opposer aux ordres de Washington. Cette voix saurait pourtant se faire entendre le 26 septembre et le texte du discours que prononcerait ce jour-là Fidel feraient de nouveau fonctionner les télétypes du monde entier.

Cette fois encore, la presse ne pourrait pas passer l´information sous silence. Pour une fois, ce serait la voix des pauvres de ce monde que s´exprimerait à la tribune de l´ONU, grâce à l´intervention d´un guérilléro descendu des montagnes de son ile antillaise pour aller défier le monstre depuis ses propres entrailles.

source : cubainfo

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : ALMEIDA EST PLUS VIVANT QUE JAMAIS

http://www.fidelista.net/images/fidel/almeida.jpg

Voilà des heures que je suis à la télévision l’hommage que tout le pays rend au comandante de la Revolución Juan Almeida Bosque. Je pense que faire face à la mort était pour lui un devoir comme chacun de ceux qu’il a remplis au long de sa vie ; il ne savait pas, pas plus que nous, à quel point la nouvelle de son absence physique nous attristerait.

J’ai eu le privilège de le connaître : jeune Noir, ouvrier, combatif, qui fut tour à tour chef de cellule révolutionnaire, combattant de la Moncada, compagnon de prison, capitaine de peloton au débarquement du Granma, officier de l’Armée rebelle – dont l’avancée durant le violent combat de l’Uvero fut paralysée par une balle en pleine poitrine – commandant de colonne nommé pour ouvrir le IIIe Front oriental, compagnon qui partagea la direction de nos forces lors des dernières batailles victorieuses qui renversèrent la tyrannie.

J’ai été un témoin privilégié de sa conduite exemplaire durant plus de cinquante ans de résistance héroïque et victorieuse, dans la lutte contre les bandes armées, lors de la contre-attaque de Playa Girón, au cours des missions internationalistes, durant la résistance au blocus impérialiste.

J’écoutais avec plaisir certaines de ses chansons, en particulier celle où vibre l’émotion rentrée de celui qui, quand la patrie l’appelle « à vaincre ou à mourir », fait ses adieux à des rêves humains. J’ignorais qu’il en avait écrit plus de trois cents, qui s’ajoutent à son œuvre littéraire, source de lectures agréables et de faits historiques. Il défendait des principes de justice qui seront défendus à toutes les époques tant qu’il y aura des êtres humains qui respirent sur la Terre.

Ne disons pas qu’Almeida est mort. Il est plus vivant que jamais !

Fidel Castro Ruz

Le 13 septembre 2009

15 h 12

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Hommage à Salvador Allende

http://www.fidelista.net/images/fidel/presidente20.jpg

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LA CONSCIENCE EN PAIX

Je ne tenais pas à critiquer durement une société consacrée
à la production d’équipements médicaux qui fait des profits non en
fabriquant des armes pour tuer, mais en combattant les maladies, la
souffrance et la mort. Aussi ai-je toujours traité respectueusement  les
compagnies de ce genre et j’aimais échanger avec elles au sujet de leurs
avancées scientifiques.

Je ne peux m’empêcher toutefois de penser avec amertume à des pays qui
ne disposent pas de ces équipements et avec encore plus de tristesse au
fait qu’un peuple du Tiers-monde soit bloqué dans ses efforts par la
mesure stupide qu’un pays riche et puissant impose au fabriquant :
interdire les livraisons de pièces détachées.

Entre le Venezuela et Cuba, les spécialistes cubains en
cardiologie disposent de vingt-huit échocardiographes Philips sans
lesquels aucun diagnostic précis et absolument sûr n’est possible. Pour
chaque appareil ne fonctionnant pas, cinq cents patients par mois
cessent de recevoir ce service vital.

Dans notre patrie, les cardiopathies constituent la première
cause de décès ; au Venezuela, c’est à peu près pareil. Les
défibrillateurs sont l’instrument par excellence pour intervenir
d’urgence, réanimer quelqu’un souffrant d’un arrêt du cœur et le sauver
de la mort. Des 3 553 défibrillateurs achetés à Philips, 2 000 étaient
de ce genre et ils étaient utilisés dans les polycliniques cubaines et
dans les centres de diagnostic d’Au Cœur du quartier au Venezuela.

Les douze équipements Philips différents achetés au prix de
72 762 694 dollars étaient tous indispensables pour offrir des services
de haute qualité à Cuba et dans les programmes Au Cœur du quartier 1 et
2 au Venezuela, où nos médecins et spécialistes prêtent service. Ils ont
été achetés et payés par notre pays, selon l’accord préalable.

Les équipements Siemens, sauf certains envoyés en Bolivie,
prêtaient service à Cuba et dans les deux programmes vénézuéliens. Leur
coût : 85 430 000 dollars. En plus de ces deux sociétés, d’autres
d’Europe et du Japon ont livré d’importants équipements additionnels
pour les vingt-sept centre de diagnostic de pointe d’Au Cœur du quartier
2.

Philips ne conteste pas les données que j’ai offertes. C’est
fin 2006 qu’elle a cessé totalement de livrer des pièces détachées, soit
depuis maintenant presque trois ans.

Elle reconnaît que les exigences de l’administration
étasunienne ont paralysé les livraisons, jusqu’à ce qu’elle ait accepté
de payer récemment une amende de cent mille euros, une somme dérisoire
comparée aux soixante-douze millions que valaient les équipements
achetés. Cela n’impliquait, que je sache, aucune violation des normes
imposées au monde par l’Empire : il s’agit d’appareils de médecine
destinés à sauver des vies, pas d’armes de guerre.

C’est en janvier 2007 que l’administration Bush a nommé
secrétaire d’Etat adjoint John Negroponte, le bourreau du peuple
nicaraguayen dans la sale guerre déclenchée contre les sandinistes en
1982 depuis la base yankee de Palmerola au Honduras. Son état de
services dans les guerres d’agression contre le Vietnam et l’Iraq est
bien ténébreux. Il a été aussi directeur de la puissante Agence
nationale de renseignements. Il accompagnait le président étasunien en
juillet 2007 à la conférence de la Maison-Blanche où l’on parla tant
d’éducation et de santé. Tous deux savaient que nos spécialistes
utilisaient des équipements Philips à Cuba et au Venezuela. Ils ont
exercé des pressions sur la société hollandaise et sont arrivés à leurs
fins : empêcher les livraisons de pièces détachées.

Les programmes sociaux du Venezuela sont le fruit de la
Révolution bolivarienne. Je n’ai pas besoin de vanter les relations
historiques étroites entre nos deux peuples et les liens de fraternité
qui nous unissent.

J’ai déjà expliqué la décision du président Hugo Chávez qui
a donné naissance à nos programmes de coopération. C’est aussi de là
qu’est née, début 2007, l’idée d’ajouter aux deux autres déjà existants
le programme Au Cœur du quartier 3 : dans ce cas, le Venezuela devait
acheter les équipements et les médecins vénézuéliens les faire
fonctionner.

C’est parce qu’il connaissait notre longue expérience de
négociations avec les fabricants d’équipements médicaux et les
excellents prix que nous obtenions grâce aux gros volumes d’achat que
Chávez a demandé à notre pays d’acheter les équipements, les instruments
et les accessoires médicaux pour des centaines de millions de dollars.
Il s’agissait par ces investissements de permettre à un grand nombre de
centres hospitaliers de prêter les services déjà offerts au peuple
vénézuélien par Au Cœur du quartier 1 et 2. Ce qui s’ajoutait au
programme de formation à Cuba de milliers de jeunes Vénézuéliens pour en
faire des médecins capables de prêter service partout, dans leur pays et
ailleurs. Les diplômés de l’École latino-américaine de médecine sont la
preuve encourageante de leur esprit de sacrifice. Par ailleurs, Cuba
contribuait à former au Venezuela même plus de vingt mille élèves de
médecine.

Notre personnel est donc entré de nouveau en contact avec
les meilleures sociétés d’équipements, de dispositifs et de mobilier
médicaux, exception faite, en bonne logique, des sociétés étasuniennes
auxquelles il est strictement prohibé de vendre quoi que ce soit à Cuba.

Bien que les équipements médicaux étasuniens soient de bonne
qualité, ils sont bien souvent abusivement chers. Il existe sur le
marché international des sociétés spécialisées dont les équipements sont
jugés les meilleurs au monde. Il est parfaitement possible de se passer
des équipements étasuniens si l’on veut éviter les risques d’un blocus
criminel à l’instar de celui qui est appliqué à Cuba depuis cinquante
ans. Dans les hôpitaux du Japon, un pays dont la population atteint les
moyennes de vie les plus élevées, l’immense majorité des équipements
sont de fabrication nationale ; le reste est importé d’Europe ou des USA.

Dans les pays les plus industrialisés de la vieille Europe,
où les indicateurs de santé sont plus élevés qu’aux États-Unis, à peine
30 p. 100 des équipements proviennent du Japon ou des USA, car ils
préfèrent les leurs. Au  Japon comme en Europe, les normes de qualité
sont bien plus exigeantes qu’aux USA.

Je suis satisfait de constater que la ligne suivie par la
société cubaine spécialisée dans l’achat d’équipements médicaux s’est
ajustée rigoureusement aux principes vérifiés dans les achats antérieurs.

Plus de cinquante sociétés connues y sont intervenues. Je ne
signalerai que celles qui ont rivalisé en qualité et en prix. Le plus
gros volume d’achat a correspondu à la société allemande Siemens : 73
910 000 dollars ; puis venaient Drager : 37 277 000 dollars ; Toshiba :
36 123 000 dollars ; Nihon Kohden : 30 516 000 dollars. Les sociétés
Olympus, Karl Storz, Aloka, Carl Zeiss, Pressure et d’autres bien
connues par nos spécialistes ont aussi signé des contrats, toutes
reflétant l’avancée révolutionnaire de la technologie médicale ces vingt
dernières années.

La société néerlandaise Philips, qui avait été envisagée et
incluse dans les principales compte tenu de ses normes de qualité et de
ses prix, devait vendre des équipements pour 63 065 000 dollars, mais
ceci a coïncidé avec le moment où elle a arrêté de livrer des pièces
détachées pour ses équipements installés à Cuba et au Venezuela, si bien
qu’il a fallu bien entendu interrompre l’élaboration du contrat
correspondant.

Bien que tous les équipements, instruments et dispositifs
contractés pour le Venezuela ne soient pas arrivés, le total se chiffre
pour l’instant à 271 millions de dollars. Ceci implique un effort
spécial de la part des Cubains et des Vénézuéliens pour développer à
fond l’important programme Au Cœur du quartier 3, qui complète et
articule l’un des plans sociaux les plus importants et les plus humains
de la Révolution bolivarienne. Nos deux pays sont conscients de cette
obligation.

Nous nous sommes proposé de consentir les efforts requis
pour porter Au Cœur du quartier 1 et 2 à des niveaux sans précédent, en
y incorporant plus de deux mille cinq cents étudiants des dernières
années de médecine en formation à Cuba, lesquels y travailleront auprès
des spécialistes de médecine générale intégrale qui leur donneront en
même temps des cours.

Le traitement optimal des patients a toujours été la raison
d’être des centres de consultation, des centres de diagnostic et des
autres services auxquels participe Cuba. La réponse des coopérants de la
santé cubains à mes Réflexions antérieures a été excellente : ils
affirment à juste titre que l’impérialisme ne gagnera pas la bataille
contre Au Cœur du quartier.

Question production et commerce d’armes destinées à la
guerre et à la destruction, aucun pays ne rivalise aujourd’hui avec les
USA qui monopolisent, fruits du complexe militaro-industriel, les deux
tiers du commerce mondial d’armements. Cette puissance impériale, non
contente de consommer le quart de l’énergie fossile tout en ne
représentant même pas 5 p. 100 de la population mondiale,  pollue
l’atmosphère, détruit l’environnement, menace le monde de ses armes
d’extermination et s’avère le plus gros producteur et vendeur d’armes.
Mais elle est pourtant incapable de garantir la santé de quasiment le
quart de sa population !

Nous ne fermerons les portes à aucune société qui souhaite
produire et vendre des technologies médicales. Nous accepterons avec
joie toute rectification. L’humanité a de très gros problèmes à régler.
Qu’aucun désastre, donc, ne détruise notre espèce et que nous soyons
beaucoup à avoir la conscience en paix pour avoir fait le maximum afin
de l’éviter !

Fidel Castro Ruz

Le 10 septembre 2009

15 h 11
Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Citations du compañero Fidel : Notre peuple a gagné et gagnera toujours

“Notre peuple a gagné et gagnera toujours davantage, le droit à une paix digne, à une paix juste. Qu’on nous laisse travailler en paix. A l’emploi des armes nous préférons celui des instruments de travail. A tuer et détruire nous préférons créer. On ne laisse pas notre peuple créer, on l’oblige constamment à se mobiliser. Car on l’y oblige : nous ne désirons pas cette politique, c’est une politique imposée par les agresseurs de notre pays. Notre pays, ce qu’il veut, c’est travailler, développer ses ressources, développer son peuple, progresser dans son travail pacifique »

Cuba n’accepte pas de contrôles
1 novembre 1962

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LA DOUBLE TRAHISON DE PHILIPS

Les États-Unis sont les plus gros propriétaires de brevets au monde. Ayant volé des cerveaux dans tous les pays, développés ou en développement, ils font des recherches dans de nombreux domaines depuis les armes d’extermination massive jusqu’aux médicaments et aux appareils de médecine. Aussi, le blocus économique et technologique qu’ils nous imposent n’est-il pas qu’un simple prétexte pour accuser l’Empire de nos difficultés.

La santé publique constitue l’un des domaines dans lesquels notre pays a plus avancé, bien que les États-Unis nous aient privés dans les premières années de quasiment la moitié des plus de cinq mille médecins diplômés de la seule université du pays, dont beaucoup étaient d’ailleurs au chômage.

C’est sur ce terrain que la Révolution cubaine a écrit l’une des plus belles pages de coopération internationale, qui a débuté voilà presque un demi-siècle quand elle dépêcha un groupe de médecins en Algérie, à peine indépendante.

Que nul ne suppose que la tâche a été facile. Les États-Unis ont fait l’impossible pour l’empêcher en la sabotant. Ils ont appliqué contre Cuba toutes les variantes possibles de leur criminel blocus économique auquel l’administration Clinton a fini par octroyer, aux termes de la loi Helms-Burton, un caractère extraterritorial.

Quand le camp socialiste s’est effondré, puis, quelques mois après, son bastion principal, l’Union soviétique, s’est désintégrée, Cuba a décidé de continuer de se battre. Notre peuple avait alors acquis beaucoup de conscience et de culture politiques.

En 1992, Hugo Chávez conduisit un soulèvement militaire contre le gouvernement oligarque et bourgeois issu du pacte de Punto Fijo qui, depuis plus de trente ans, saignait à blanc la patrie de Bolívar. Ce qui lui valut, comme ça m’a valu à moi, la prison. Il visita Cuba en 1994 et quelques années après, soutenu à fond par le peuple, il accéda à la présidence et engagea la Révolution bolivarienne.

À l’instar du peuple cubain, le peuple vénézuélien fut très tôt en butte à l’hostilité des États-Unis qui préparèrent le coup d’État fasciste de 2002, liquidé par le peuple et les militaires révolutionnaires. Quelques mois plus tard, ce fut le putsch pétrolier, le moment le plus difficile au cours duquel brillèrent de nouveau le leader, le peuple et les militaires vénézuéliens. Chávez et le Venezuela nous offrirent toute leur solidarité en pleine Période spéciale, et nous, la nôtre.

Notre pays comptait alors non moins de soixante mille médecins spécialisés, plus de cent cinquante mille enseignants expérimentés et un peuple qui avait écrit de brillantes pages internationalistes. C’est après le putsch pétrolier que nos coopérants commencèrent à participer en masse aux programmes d’éducation et de santé de la Révolution bolivarienne, l’un des programmes sociaux les plus profonds et les plus rapides qu’ait jamais réalisé aucun pays du Tiers-monde.

Si je rappelle ces antécédents, c’est parce qu’ils sont indispensables pour jauger la perfidie de l’impérialisme et comprendre le point que j’aborde aujourd’hui : la valse-hésitation puis la trahison envers Cuba et le Venezuela d’une transnationale européenne bien connue et relativement prestigieuse : la société hollandaise Philips, dont l’une des branches est spécialisée dans la fabrication d’équipements de médecine.

J’ai écrit sur ce point, voilà deux ans, le 14 juillet 2007, des Réflexions, mais sans la mentionner nommément, parce que j’avais encore l’espoir d’une rectification de sa part.

Nous coopérions alors avec le peuple vénézuélien à la création d’un des meilleurs systèmes de santé auquel des dizaines de milliers de médecins spécialisés et d’autres spécialistes de la santé cubains prêtaient service. Le président Hugo Chávez, satisfait du travail des premiers coopérants au programme Au Cœur du quartier (Barrio adentro) qui vise à apporter les services de santé aux zones urbaines et agricoles les plus pauvres du pays, nous demanda, en visite à Cuba, de mettre au point un programme qui pourrait bénéficier à tous les secteurs de la population vénézuélienne des classes pauvre, moyenne et riche. C’est ainsi que surgirent les Centres de diagnostic de pointe, chargés de compléter les fonctions des six cents Centres de diagnostic intégral qui, en tant que polycliniques à services élargis, appuieraient par leur laboratoires et leurs équipements les salons de consultation d’Au Cœur du quartier ; nombre de ces centres de physiothérapie prendraient en charge une mission très humaine : traiter toutes sortes de handicap physique ou moteur.

C’est à la demande du président Chávez que nous avons acquis les équipements dont avaient besoin vingt-sept Centres de diagnostic de pointe, disséminés dans les vingt-quatre Etats vénézuéliens, dont trois, à forte population, en comptent deux.

Nous avons pour norme de toujours passer des contrats d’équipements médicaux avec les sociétés les plus prestigieuses et de pointe au monde. Nous faisons même en sorte qu’au moins deux sociétés parmi les plus spécialisées participent aux livraisons des équipements les plus complexes.

C’est ainsi que nous nous sommes procurés les équipements d’imagerie les plus de pointe et les plus coûteux, par exemple de tomographie informatisée multicoupes, de résonance magnétique nucléaire, d’échographie diagnostique, et d’autres semblables auprès de la société allemande Siemens et de la société hollandaise Philips. Ni l’une ni l’autre ne produit bien entendu tous les appareils, mais certains, en tout cas, des plus complexes et des plus sophistiqués. Toutes deux devaient rivaliser en qualité et en prix. Nous avons acquis des moyens diagnostiques de ces deux sociétés pour le Venezuela, mais aussi pour Cuba où nous avions mis en place un plan de services médicaux similaires, dans un secteur qui avait reçu très peu de ressources durant les années de la Période spéciale.

Nous avons acquis des équipements de ces deux sociétés dans plus de dix spécialités pour les services cubains et vénézuéliens. Je ne parlerai pas de Siemens, l’allemande, qui a tenu ses engagements. Je me bornerai à Philips, qui nous a fourni des équipements dans douze spécialités pour lesquelles elle a partagé avec son homologue allemande les plus importants et les plus coûteux : quinze tomographes 40 coupes ; vingt-huit d’IRM de 0,23 tesla ; huit tables d’urologie télécommandées ; trente-sept d’échographie diagnostique en 3D ; deux angiographies de neurologie ; deux angiographies de cardiologie ; deux polygraphes ; une caméra gamma double tête ; trois caméras gamma simple tête; deux cent cinquante appareils de rayons X mobiles ; mille deux écrans d’appareils non invasifs et deux mille écrans de défibrillateurs.

Ces 3 553 appareils valaient au total 72 762 694 dollars.

J’ai participé personnellement aux négociations avec ces deux sociétés.

Les prix, discutés pour chaque appareil, bénéficiaient d’importantes remises, car il s’agissait de quantités élevées – en cumulant Cuba et le Venezuela – payées comptant. Il aurait été impossible autrement d’en disposer avec l’urgence requise, surtout au Venezuela où les besoins des secteurs les plus pauvres d’une population totale de plus de vingt-sept millions d’habitants n’avaient cessé de s’accumuler.

Les appareils les plus complexes étaient destinés aux centres de diagnostic de pointe ; les moins complexes et les plus nombreux aux centres de diagnostic d’Au Cœur du quartier, qui en utilisaient toutefois d’autres. La quasi-totalité fut acquise début 2006.

Je suis tombé gravement malade à la fin juillet de cette année-là. Philips a livré des pièces jusqu’à la fin de l’année. En 2007, elle a cessé de le faire et n’a plus rien livré.

En mars 2007, une représentation cubaine s’est rendue au Brésil, où se trouve le bureau central de Philips pour l’Amérique latine qui avait négocié avec nous et dont le personnel nous a alors expliqué ses difficultés : l’administration Bush avait exigé une information détaillée des équipements livrés à Cuba au motif que certains contenaient des logiciels, voire des composants sous brevet yankee. Philips avait fourni l’information demandée au sujet de ses ventes à Cuba et au Venezuela. Jamais le moindre problème n’avait surgi à ce jour avec cette société.

Le président de Philips au Brésil affirma textuellement à la représentation cubaine : « L’administration étasunienne fait preuve d’une intransigeance absolue en ce qui concerne les réglementations relatives aux équipements et aux demandes d’autorisation de Cuba. Je sais que le problème porte préjudice au plan de Castro. Notre société est touchée et menacée. Tous nos services ont très peur. » Et il répéta : « Ont très peur. »

Il ajouta finalement que sa société souhaitait coopérer et qu’elle chercherait des formules.

À la mi-juillet 2007, à une prétendue conférence de la Maison-Blanche sur les Amériques, Bush, sa secrétaire d’État et d’autres membres de l’administration, « jasèrent comme des pies », selon l’expression d’AP, sur l’éducation et la santé. Ça semblait irréel : ils promettaient de prodiguer de la santé à travers toute l’Amérique latine…

Ils insistèrent sur le Comfort, un vieux porte-avions converti, selon Bush, en « le plus grand bateau-hôpital au monde », qui visiterait pendant dix jours chaque pays du sous-continent au sud des USA. Tel était son programme de santé ! Il se garda bien de dire qu’il était en train de saboter au Venezuela le programme de santé le plus sérieux que se soit jamais proposé aucun pays du Tiers-monde.

Malgré la coïncidence de dates, je n’ai pas voulu aborder alors directement nos ennuis avec Philips. Elle avait promis en mars de régler le problème et j’avais encore l’espoir qu’elle rectifierait.

Je me suis contenté d’écrire dans mes Réflexions : « Le hic, c’est que les États-Unis ne peuvent pas faire ce que fait Cuba. Ils exercent en revanche des pressions brutales sur des sociétés qui fabriquent d’excellents équipements médicaux vendus à notre pays pour les empêcher de nous livrer tel ou tel logiciel ou telle ou telle pièce de rechange enregistrée chez eux. Je pourrais citer des exemples concrets et les noms des sociétés. C’est répugnant… »

Malgré sa promesse solennelle à Cuba, Philips n’a plus livré la moindre pièce durant tout le reste de 2007, pendant les douze mois de 2008 et presque la moitié de 2009.

En juin 2009, après avoir payé une amende de cent mille euros à l’administration Barack Obama, qui ne se démarque guère en la matière de son illustre prédécesseur, Philips a daigné informer qu’elle fournirait promptement les pièces nécessaires aux équipements installés à Cuba.

Personne en revanche n’a indemnisé les Cubains, ni les patients vénézuéliens de nos médecins d’Au Cœur du quartier ni de ceux qui se rendent aux centres de diagnostic de pointe, pour les dommages humains qui leur ont été infligés.

Bien entendu, depuis nos derniers achats de début 2006, Cuba n’a plus acquis aucun appareil Philips.

Par ailleurs, nous avons coopéré avec le Venezuela à l’achat – pour des centaines de millions de dollars – d’équipements médicaux destinés à son réseau de santé national : il s’agit de toute une gamme d’appareils de pointe vendus par d’autres sociétés européennes prestigieuses et par des japonaises. Je voulais croire que Philips ferait un effort pour tenir ses engagements.

Le Venezuela possède ainsi dans son réseau hospitalier public des équipements résolument modernes, tandis que les plus riches cliniques privées doivent se contenter de certains. Tout le reste dépendra maintenant de l’efficacité que ce pays peut imprimer à ces services. Le président vénézuélien est vivement attaché à cet objectif. J’estime toutefois qu’il ferait bien de réduire l’habitude de son pays de se fournir en équipements médicaux étasuniens, non pour leur qualité, qui est bonne – bien que les normes soient moins exigeantes qu’en Europe – mais à cause des visées politiques de son gouvernement, capable de bloquer les livraisons de pièces, comme il l’a fait pour Cuba.

Bien entendu, nous avons envoyé aux centres de diagnostic vénézuéliens, aux centres de diagnostic de pointe et aux services assurés par nos médecins des équipements de marques reconnues dans le monde comme les meilleures, telles que Siemens, Carl Zeiss, Drager, SMS, Schwind, Topcon, Nihon Kohden, Olympus et d’autres européennes et japonaises, dont certaines fondées voilà plus de cent ans.

Maintenant que la patrie de Bolívar, que Martí nous a demandé de servir, est plus menacée que jamais par l’impérialisme, nous devons redoubler d’effort en organisation, en travail et en efficacité, non seulement en santé, mais aussi dans tous les domaines de notre coopération.

Fidel Castro Ruz

Le 6 septembre 2009

19 h 17

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Fidel reçoit le camarade Wu Bangguo

http://www.fidelista.net/images/fidel/fidelenforme.jpg

DANS une atmosphère cordiale et fraternelle s’est déroulée hier matin une rencontre entre le camarade Fidel et Wu Bangguo, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Chine et président du Comité permanent de la 11e Assemblée populaire nationale de la RPC, qui présidait la délégation qui a voyagé dans notre pays pour une visite officielle et amicale.

Lors de la rencontre les deux hommes ont abordé des thèmes d’intérêt mutuel comme les relations fraternelles entre Cuba et la Chine, la crise économique et financière internationale, le changement climatique, et autres aspects importants pour les deux peuples.

Le camarade Wu Bangguo a rappelé l’excellent état des relations entre les deux nations, et les efforts de son pays pour poursuivre le développement économique et le renforcement des échanges avec les peuples d’Amérique latine et d’Afrique.

Juste avant le départ de son hôte le camarade Fidel lui a demandé de transmettre les salutations chaleureuses au président chinois, Hu Jintao, aux autres amis de ce pays frère et à son peuple.

Lors de la rencontre étaient présents Li Jianguo, vice-président et secrétaire général du Comité permanent de la 11e Assemblée populaire nationale ; Rolando Alfonso Borges, chef du département idéologique du Comité central du PCC ; Zhao Rongxian, ambassadeur de Chine à Cuba et Liu Bo, troisième secrétaire de la Direction générale d’Amérique latine et des Caraïbes au ministère des Relations extérieures et interprète de la délégation.

source : granma

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : LA FIN NE JUSTIFIE PAS LES MOYENS

Les nouvelles en provenance des États-Unis tantôt indignent, tantôt répugnent.

Bien entendu, ces derniers temps, nombre d’entre elles ont à voir avec les problèmes associés à la grave crise économique internationale et à ses retombées sur l’Empire. Ce ne sont, cela va de soi, les seules en rapport avec ce puissant pays. La moindre page du gros volume de nouvelles provenant de n’importe quel continent, de n’importe quelle région ou de n’importe quel pays du monde est généralement en rapport avec la politique des États-Unis, car il n’est aucun point de la planète qui ne ressente la présence suffocante de l’Empire.

Logiquement, durant presque dix années, les nouvelles concernant ses brutales guerres ont occupé d’importants espaces dans les  médias, à plus forte raison en cas d’élections présidentielles.

Nul n’aurait toutefois imaginé qu’au beau milieu du drame des guerres de conquête, l’on verrait apparaître des nouvelles au sujet de prisons clandestines et de centre de tortures, un secret honteux, mais bien gardé, de l’administration étasunienne.

L’auteur de la sinistre politique qui a conduit à ces extrêmes avait,  aux élections de novembre 2000, usurpé la présidence des États-Unis grâce à la fraude électorale en Floride où elles se jouaient.

Une fois le pouvoir usurpé, George W. Bush, non content d’entraîner le pays dans une politique de guerre, se refusa à signer le Protocole de Kyoto, niant ainsi pendant dix ans à la lutte mondiale pour préserver l’environnement le concours de la nation qui consomme le quart des combustibles fossiles, ce qui peut provoquer des dommages irréversibles à l’espèce humaine. Les changements climatiques se constatent d’ores et déjà dans les hausses de chaleur qu’enregistrent notre planète, comme les pilotes d’avions de fonction peuvent s’en rendre compte en essuyant les tornades toujours plus fortes qui se forment dès les premières heures de l’après-midi sur les itinéraires tropicaux et qui mettent leurs modernes jets en péril. On ignore encore les causes de l’accident souffert par l’avion d’Air France qui s’est désintégré en vol.

Rien ne serait toutefois comparable aux conséquences du dégel de l’énorme masse d’eau qui s’accumule dans le continent antarctique, à quoi il faut ajouter celle du Groenland. J’ai récemment exposé mes vues sur la responsabilité de Bush dans ce domaine lors d’une rencontre avec le cinéaste étasunien Oliver Stone, en commentant son film W. qui porte sur l’avant-dernier président de ce pays.

Je me borne à signaler qu’après les erreurs et les horreurs politiques de George W. Bush, son vice-président, Cheney, son conseiller, défend l’idée que les tortures ordonnées à la CIA pour soutirer des informations étaient justifiées puisqu’elles ont permis ainsi de sauver des vies étasuniennes.

Il n’a pas sauvé, bien entendu, les vies des milliers d’Étasuniens tués en Iraq, ni les vies de presque un million d’Iraquiens, ni les vies de ceux qui meurent en toujours plus grand nombre en Afghanistan. Nul ne sait non plus quelles seront les conséquences de la haine accumulée à la suite des massacres commis ou à commettre par ces moyens.

Il s’agit, qu’on me comprenne bien, d’une question d’éthique politique élémentaire : « la fin ne justifie pas les moyens ». La torture ne justifie pas la torture. Le crime ne justifie pas le crime.

Ce principe a fait l’objet de débats au fil des siècles. C’est à ce titre que l’humanité a condamné toutes les guerres de conquête et tous les crimes perpétrés. Il est extrêmement grave que l’Empire le plus puissant et la superpuissance la plus colossale de l’Histoire proclament une telle politique. Il est encore plus inquiétant que, non seulement l’ancien vice-président et principal inspirateur d’une politique aussi perfide la proclame ouvertement, mais qu’un grand nombre de citoyens de ce pays, peut-être plus de la moitié, l’appuie. Ce serait en l’occurrence la preuve de l’abîme moral où peuvent conduire le capitalisme développé, la soif de consommation et l’impérialisme. S’il en est ainsi, il faut le proclamer ouvertement et demander l’avis du reste du monde.

Je pense néanmoins que les Étasuniens les plus conscients seront capables de livrer cette bataille morale et de la gagner à mesure qu’ils comprendront cette douloureuse réalité. Aucune personne honnête au monde ne leur souhaite ni à eux ni à aucun autre pays que des innocents meurent victimes de n’importe quelle forme de terreur, d’où qu’elle vienne.

Fidel Castro Ruz

Le 2 septembre 2009

19 h 34

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Citations du compañero Fidel : Détruire mais pas vaincre !

“Si un jour les impérialistes yankees, utilisant toutes leurs forces et toutes leurs ressources, s’avisaient de détruire ce pays, le plus qu’ils pourraient dire serait :  » Nous l’avons détruit mais nous ne l’avons pas vaincu! »»

Discours au Congrès des Femmes de toute l’Amérique
15 janvier 1963

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Powered by WordPress | Compare Best Sprint Phone Deals Online. | Thanks to Credit Card Deals, Best CD Rates and Sell cars

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.