Fidel s’est entretenu avec la directrice générale de l’OMS et la directrice de l’OPS

Le leader de la Révolution cubaine Fidel Castro a reçu le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé, qui était accompagnée du Dr Mirta Roses, directrice de l’Organisation panaméricaine de la Santé. Les deux dirigeantes ont rempli un vaste programme de travail dans l’île, avec de nombreux entretiens avec des professionnels de la Santé, et des visites d’institutions scientifiques et hospitalières.

Au cours de son entretien avec Fidel, le Dr Chan a exprimé son admiration pour le système de santé cubain et a fait l’éloge du travail de Cuba dans la lutte contre la pandémie de grippe A (H1N1), ainsi que des mesures de prévention qui sont adoptées. A cet égard elle a annoncé la disposition de l’OMS à soutenir les efforts de notre pays dans ce combat.

Le dialogue vaste et constructif a porté sur différents sujets, et les deux dirigeantes ont été informées des études en cours sur le handicap en Amérique latine. La directrice générale de l’OMS a visionné, visiblement émue, une vidéo sur le Mission «Manuela Espejo» mise en œuvre en Equateur, et elle s’est félicitée du travail réalisé par Cuba avec le concours d’autres pays de la région.

Le leader de la Révolution et le Dr Chan ont partagé leurs inquiétudes sur le changement climatique, ainsi que sur les problèmes environnementaux actuels et leurs répercussions sur la santé et les dangers qu’ils représentent pour l’existence de l’humanité.

Fidel a exprimé sa gratitude pour cette visite dans notre pays et les témoignages de soutien adressés à notre pays.

L’entretien s’est déroulé en présence du Dr Lea Guido, coordinatrice d’ONU-SIDA de l’OPS-OMS, et de Fu Cong, conseiller de la directrice générale de l’OMS. Pour la partie cubaine étaient présents José Ramon Balaguer, membre du Bureau politique et ministre de la Santé publique; Rolando Alfonso Borges, responsable du Département idéologique du Comité central; Eusebio Leal Spengler, historien de la Ville de La Havane; Marcia Cobas, vice-ministre de la Santé publique, et Emelia Icart, directrice du Centre médico-psychopédagogique La Castellana.

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Lettre de Fidel à Evo: «Je suis heureux de te féliciter spécialement à l’occasion de ton 50e anniversaire»

Cher Evo,

La Révolution cubaine a triomphé le 1er janvier 1959. Tu es né le 26 octobre de cette même année.

Depuis lors, nous avons résisté durant un demi siècle aux agressions de la plus grande puissance impérialiste de l’histoire.

A cette même période, tu es venu au monde dans un foyer très pauvre, tu as fréquenté des écoles modestes, tu as cultivé ta remarquable intelligence, tu as lutté sans relâche et tu es aujourd’hui à la tête d’un pays qui a fait partie de l’admirable culture aymara-quechua de tes ancêtres.

Je suis heureux de te féliciter spécialement à l’occasion de ton 50e anniversaire. La date d’aujourd’hui est un encouragement pour tous les peuples de Notre Amérique.

Fidel Castro Ruz
Le 26 octobre 2009

(Tiré de CubaDebate)

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L’Assemblée Générale de l’ONU condamne le blocus des Etats Unis contre Cuba.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’AMBASSADE DE CUBA EN FRANCE


Par la dix-huitième année consécutive, le blocus des Etats Unis contre Cuba a reçu une nouvelle et large condamnation à l’Assemblée Générale des Nations Unies.

La résolution intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats Unis d’Amérique contre Cuba » a été adopté ce 28 octobre par la voix favorable de 187 nations, 3 contre (Les Etat Unies, Israël et Palau) et 2 abstentions (La Micronésie et Les Îles Marshall ).

Le 4 novembre 1992 lors de la 47ème session ordinaire,  l’organe principal de l’ONU a adopté par 59 voix en faveur, trois contre et 71 abstentions, une première résolution de refus de ce blocus qui cet année a été presque unanime.

Le blocus économique, commercial et financier des Etats Unis contre Cuba depuis 50 ans, constitue l’obstacle principal au développement du pays. Ses dégâts directs, jusqu’à décembre 2008, dépassent les 96 milliards de dollars, un montant qui attendrait le chiffre de 236 milliards, si les calculs étaient faits sur les prix actuels du dollar américain.

Il ne s’agit pas d’une question bilatérale entre notre pays et les Etats Unis. Il a une évidente application extraterritoriale qui gène d’une manière significative beaucoup d’autres Etats y compris la France et d’autres pays européens.

Cuba a obtenu encore un fois le soutien de la communauté internationale et il exige donc aux Etats Unis la levée immédiate du blocus.

Paris, 28 de octubre de 2009

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Cuba face aux contradictions de l’administration Obama

Le 23 septembre 2009, le président Barack Obama s’est adressé pour la première fois à l’Assemblée générale des Nations unies lors d’un discours salué par l’ensemble de la communauté internationale. Obama a reconnu que l’interventionnisme à outrance des Etats-Unis dans les affaires internes des autres pays était une grave erreur. « Aucune nation ne doit être forcée d’accepter la tyrannie d’une autre nation », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« aucune nation ne peut ni ne doit tenter de dominer une autre nation ». « La démocratie ne peut pas être imposée à une autre nation de l’extérieur. Chaque société doit trouver sa propre voie, et aucune voie n’est parfaite. Chaque pays doit poursuivre une voie ancrée dans la culture de son peuple et dans ses traditions, et je reconnais que les Etats-Unis ont, trop souvent, été sélectifs dans leur promotion de la démocratie », a-t-il conclu (1).

Le président Obama a ainsi fait preuve de lucidité et d’intelligence en déclarant que les Etats-Unis devaient « entrer dans une nouvelle ère d’engagement basée sur les intérêts et le respect mutuels ». S’adressant à ses détracteurs, il a réfuté tout double discours et a lancé un défi à ces derniers : « Je vous demande de jeter un œil aux actions concrètes que nous avons prises en à peine neuf mois (2) ».

La bonne volonté de l’ancien sénateur de l’Illinois n’est pas en cause. C’est en partie pour cela qu’il a obtenu le prix Nobel de la paix 2009. Néanmoins, il est impossible de ne pas relever les contradictions notables entre la rhétorique du locataire de la Maison-Blanche et la réalité des faits, notamment en ce qui concerne la politique de Washington vis-à-vis de Cuba.

Les avancées

En avril 2009, Obama avait fait part de sa volonté de chercher « une nouvelle approche avec Cuba (3) ». « Je crois que nous pouvons mener les relations entre les Etats-Unis et Cuba vers une nouvelle direction », avait-il souligné. « Je suis ici pour ouvrir un nouveau chapitre de rapprochement qui se poursuivra durant mon mandat », avait-il dit, en annonçant la levée des restrictions affectant les Cubains vivant aux Etats-Unis et ayant de la famille sur l’île. Néanmoins, il a fallu attendre le 3 septembre 2009 pour que cette décision entre en vigueur. Désormais, les Cubains peuvent se rendre dans leur pays d’origine autant de fois qu’ils le souhaitent (au lieu de 14 jours tous les trois ans auparavant), et effectuer des transferts de fonds illimités à leurs familles (au lieu 100 dollars par mois auparavant (4) ).

L’administration Obama a également élargi la gamme de produits qui peuvent être envoyés à Cuba aux vêtements, produits hygiéniques et au matériel de pêche (interdits auparavant). Elle a également permis aux entreprises étasuniennes de télécommunication de fournir certains services à Cuba (il convient de rappeler cependant que le cadre légal pour cela existe depuis 1992) (5).

En septembre 2009, Bisa Williams, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires interaméricaine, s’est rendue à La Havane afin de s’entretenir avec le vice ministre des Affaires étrangères Dagoberto Rodríguez. Tous deux ont entamé des discussions au sujet de la restauration du service postal entre Cuba et les Etats-Unis suspendu depuis 1963 et des questions migratoires. La visite de Williams, censée être de 24 heures, a duré six jours. Il s’agit du plus haut fonctionnaire en visite officielle à Cuba depuis 2002 (6). La sous-secrétaire d’Etat en a même profité pour assister au concert historique donné par le chanteur colombien Juanes à La Havane qui a réuni plus d’un million de personnes (7).

Les signes négatifs

Si ces initiatives positives, tout comme le langage diplomatique beaucoup moins agressif à l’égard de La Havane, sont à souligner, il convient de rappeler que les relations actuelles entre les deux nations ne sont même pas revenues au statu quo ante sous l’administration Clinton. Par ailleurs, les citoyens cubains vivant aux Etats-Unis et n’ayant pas de famille dans leur pays d’origine ne peuvent toujours pas s’y rendre.

L’administration Obama, contrairement à ses déclarations constructives, s’est évertuée à appliquer avec zèle les sanctions économiques contre Cuba. Ainsi, selon le Bureau de Contrôle des biens étrangers (Office of Foreign Assets Control, OFAC) du Département du Trésor, depuis l’intronisation au pouvoir d’Obama en janvier 2009, pas moins de sept multinationales ont été sanctionnées financièrement pour un montant total dépassant les six millions de dollars. Pourtant, toutes les infractions avaient été commises bien avant l’arrivée au pouvoir du sénateur de l’Illinois. Ainsi, en août 2009, la banque australienne ANZ s’est vue infliger une amende de 5,7 millions de dollars pour avoir réalisé des transactions avec Cuba par le biais de ses filiales étasuniennes entre 2004 et 2006. Une nouvelle fois, le caractère extraterritorial de sanctions économiques s’est appliquée avec rigueur contre une entité étrangère (8).

Par ailleurs, le 14 septembre 2009, le président étasunien a décidé de prolonger d’un an la validité de la Loi de Commerce avec l’ennemi de 1917 qui établit les sanctions économiques contre Cuba. Il a ainsi imité tous les présidents étasuniens depuis 1962, évoquant des raisons « d’urgence nationale ». Pourtant, le renouvellement annuel n’était pas nécessaire au maintien des sanctions économiques puisque depuis 1996 et l’adoption de la loi Helms-Burton, seul le Congrès est habilité à y mettre un terme. Il est regrettable que Barack Obama n’ait pas saisi l’opportunité, somme toute symbolique, d’agir différemment de ses prédécesseurs (9).

Le 21 septembre 2009, le Département d’Etat a refusé d’octroyer un visa au président de l’Assemblée nationale cubaine, Ricardo Alarcón, invité par la présidente du Black Caucus du Congrès étasunien Barbara Lee. Le lendemain, Washington a interdit à près de 30 médecins étasuniens de participer à un Congrès international d’orthopédie se déroulant à La Havane. En octobre 2009, la Philarmonique de New York, qui devait se produire dans la capitale cubaine du 30 octobre au 2 novembre, a dû suspendre son voyage après que les Départements d’Etat et du Trésor ont refusé d’accorder une licence aux 150 mécènes qui avaient financé le projet. Pourtant, en 2008, elle s’était produite en Corée du Nord et réalisera prochainement un concert au Vietnam (10).

Le sénateur démocrate Byron Dorgan a fait part de sa totale incompréhension lors d’une intervention au Sénat : « Notre politique à l’égard des voyages à Cuba est inouïe. Nous devons nous soumettre aux absurdités du gouvernement fédéral et du Département du Trésor qui décident qui peut ou non voyager. Il est à mon avis scandaleux de restreindre la liberté du peuple étasunien (11) ».

Le 1er octobre 2009, plusieurs leaders du Congrès se sont retrouvés au siège de la Chambre des représentants afin de promouvoir l’approbation d’une législation présentée en mars 2009 mettant un terme à l’interdiction faite aux citoyens des Etats-Unis de voyager à Cuba et d’exiger le changement promis par le président Obama. Les élus démocrates Charles Rangel, Bill Delahunt ainsi que le républicain Jeff Flake ont exigé l’adoption de la loi – qui dispose pour l’instant du soutien de 161 représentants et de 33 sénateurs, qui ont paraphé le document – avant la fin de l’année 2009. Pour être adoptée, la loi doit réunir 218 voix à la Chambre et 60 au Sénat. Néanmoins, Barack Obama dispose des prérogatives nécessaires pour mettre un terme à cette interdiction en signant un simple ordre exécutif (12).

Wayne S. Smith, ancien chef de la Section d’intérêts étasuniens (SINA) à La Havane entre 1979 et 1982, a déploré le manque d’initiatives du nouveau président. « Il n’a rien fait », a-t-il regretté. Il a également fustigé l’attitude de certains élus tels que Bob Menéndez et les représentants de Floride qui « bloquent la législation ». « Nous devrions établir un dialogue et lever les restrictions aux voyages » pour les citoyens étasuniens, qui peuvent se rendre en Chine, au Vietnam ou en Corée du Nord, mais pas à Cuba (13).

La diplomatie cubaine a fait part de sa déception à cet égard. Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez, qui a salué la bonne volonté d’Obama le qualifiant d’«  homme politique moderne, intelligent et animé de bonnes intentions », a néanmoins regretté qu’il n’ait pu saisir « l’opportunité historique d’user de ses facultés exécutives et d’être à l’origine de l’élimination du blocus contre Cuba (14) ».

Contradictions

Il est inévitable de mettre le président Obama face à ses propres contradictions. D’un côté, face à l’Assemblée générale de l’ONU, il a tenu les propos suivants : « Les peuples du monde veulent du changement. Ils ne toléreront plus ceux qui se trouvent du mauvais côté de l’histoire ». D’un autre côté, il a dû recourir à une loi guerrière de 1917, uniquement appliquée à Cuba, pour prolonger l’état de siège contre une petite nation du Tiers-Monde qui n’a jamais commis la moindre agression contre les Etats-Unis. D’un côté, il affirme que « les divisions traditionnelles entre les nations du Sud et du Nord n’ont aucun sens dans un monde interconnecté, et les alignements des nations enracinés dans les clivages d’une guerre froide révolue depuis longtemps non plus ». De l’autre, il persiste à appliquer une politique obsolète, cruelle et inefficace dont les premières victimes sont les catégories les plus fragiles de la population cubaine, à savoir les femmes, les personnes âgées et les enfants (15).

Malgré l’opposition unanime de la communauté internationale qui a condamné en 2008 pour la 17ème fois consécutive l’état de siège économique imposé à Cuba (185 voix contre 3), du monde des affaires étasunien qui voit ses intérêts fortement affectés car un marché naturel est entre les mains par les multinationales européennes, asiatiques et latino-américaines, la volonté d’une majorité de l’opinion publique étasunienne qui souhaite une normalisation des relations entre les deux nations, un courant favorable au Congrès étasunien au changement de politique, l’administration Obama persiste à appliquer des sanctions unilatérales anachroniques qui représentent le principal obstacle au développement économique de l’île. S’il est vrai que le président étasunien ne peut pas éliminer définitivement l’embargo (une décision du Congrès étant nécessaire), il peut considérablement l’assouplir par le biais de décisions exécutives et de licences (16).

L’ancien président Bill Clinton, dont l’épouse Hillary Clinton est actuellement secrétaire d’Etat, a pour sa part qualifié les sanctions économiques de politique « absurde » et d « échec total (17) ». Ainsi, depuis leur imposition en août 1960, les sanctions étasuniennes ont coûté la bagatelle de 96 milliards de dollars à l’économie cubaine.

La Havane a réitéré à maintes reprises sa disposition à résoudre tous les différends qui opposent les deux pays à condition que le dialogue ait lieu sur une base de réciprocité, de respect de la souveraineté et de non-ingérence dans les affaires internes.

Si le président Obama souhaite atteindre un modus vivendi avec le gouvernement cubain, il doit d’adopter les mesures suivantes par ordre de priorité :

- Libération des cinq prisonniers politiques cubains incarcérés aux Etats-Unis depuis 1998 et accusés à tort de « conspiration en vue de commettre des actes d’espionnage ». Aucune preuve n’a pu être présentée à leur encontre. Ils ont néanmoins été condamnés à un total de quatre peines de prison à vie, doublées de 77 ans d’emprisonnement. Obama dispose des prérogatives nécessaires pour leur accorder un pardon présidentiel (18).

- Assouplissement des sanctions économiques. Comme souligné précédemment, Obama peut considérablement réduire leur impact par de simples ordres exécutifs.

- Extradition du terroriste Luis Posada Carriles, ancien agent de la CIA responsable de plus d’une centaine d’assassinats et réfugié à Miami, et que les Etats-Unis refusent de juger (19).

- Suppression de Cuba de la liste des pays terroristes. Les Etats-Unis ont inclus arbitrairement Cuba dans la liste des pays terroristes pour justifier leur politique hostile à l’égard de La Havane. Cette inclusion n’est pas prise au sérieux par la communauté internationale qui la considère comme une simple manœuvre politique de discrédit. Il convient de rappeler que Nelson Mandela a fait partie de cette liste jusqu’en juillet 2008.

- Abrogation de la loi d’ajustement cubain qui fomente l’émigration illégale à destination des Etats-Unis. En effet, tout Cubain entrant légalement ou illégalement aux Etats-Unis obtient automatiquement au bout d’un an le statut de résident permanent et diverses aides pour obtenir un logement et un emploi. Cette législation, unique au monde, favorise la fuite des cerveaux et prive Cuba d’un capital humain considérable (20).

- Elimination de tous les programmes de subvention à destination de l’opposition interne à Cuba. Obama peut décider de mettre un terme au financement des groupuscules internes, illégal aux yeux du code pénal cubain et de la législation internationale (21).

- Suppression des émissions subversives de Radio et TV Martí, destinées à déstabiliser le gouvernement cubain.

- Dévolution de la base navale de Guantanamo occupée illégalement par les Etats-Unis depuis 1902, contre la volonté souveraine du peuple cubain.

La bonne volonté du président Obama doit se traduire rapidement par des actes concrets afin de normaliser les relations entre La Havane et Washington. Il doit prouver aux yeux du monde qu’il mérite effectivement le prix Nobel de la Paix.

Salim LAMRANI

Notes(1) Barack Obama, « Remarks By the President of the United States to the United Nations General Assembly », The White House, 23 septembre 2009. http://www.whitehouse.gov/the_press… (site consulté le 24 septembre 2009).

(2) Ibid.

(3) The Associated Press, « Obama Seeks ‘New Beginning’ With Cuba », 17 avril 2009.

(4) Macarena Vidal, « Obama ofrece ‘un nuevo comienzo’ en las relaciones con Cuba », EFE, 17 avril 2009.

(5) John Dorschner & Monica Hatcher, « Liberan a los viajes a Cuba », El Nuevo Herald, 13 avril 2009.

(6) Matthew Lee & Paul Haven, « US, Cuba Held Unannounced Talks », 30 septembre 2009.

(7) El Duende, « Una americana cantando con Juanes », 30 septembre 2009.

(8) Office of Foreign Assets Control (OFAC), « Release of Civil Penalties Information », septembre 2009, http://www.treas.gov/offices/enforc… (site consulté le 5 octobre 2009).

(9) Ginger Thomson, « U.S. Official Meets With Cuban Authorities », The New York Times, 30 septembre 2009.

(10) Oficina de Ricardo Alarcón de Quesada, 22 septembre 2009 ; Agence France Presse, « Cuba asegura que EEUU impidió viaje de 30 científicos », 23 septembre 2009 ; Agencia Cubana de Noticias, « Washington Bans Orthopedics Doctors From Attending Event in Cuba », 22 septembre 2009 ; Jim Abrams, « Senador intercede por permiso de viaje para la Filarmónica de NY », The Associated Press, 5 octobre 2009.

(11) Jim Abrams, « Senador intercede por permiso de viaje para la Filarmónica de NY », op. cit.

(12) María Pena, « Piden al Congreso eliminar restricciones de viajes de estadounidenses a Cuba », EFE, 1er octobre 2009.

(13) Ibid.

(14) Mauricio Vicent, « Cuba dice que Obama no ha tocado el embargo », El País¸ 16 septembre 2009.

(15) Barack Obama, « Remarks By the President of the United States to the United Nations General Assembly », op. cit.

(16) Salim Lamrani, Cuba : ce que les medias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009), pp. 121-133.

(17) Christopher Hitchens, « What Was Bill Thinking ? », Newsweek, 24 septembre 2009. http://www.newsweek.com/id/216052/ (site consulté le 5 octobre 2009).

(18) Salim Lamrani, Cuba : ce que les medias ne vous diront jamais, op. cit., pp. 145-154.

(19) Ibid., pp. 135-144.

(20) Ibid., pp. 107-120.

(21) Ibid., pp. 79-105.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Sorbonne-Paris IV et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009). Contact : lamranisalim@yahoo.fr

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Fidel s’entretient avec le vice-président équatorien Lenin Moreno Garcés

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Le Leader de la Révolution cubaine Fidel Castro Ruz a eu une rencontre fraternelle avec M. Lenin Moreno Garcés, vice-président de la république sœur d’Equateur.

Au cours d’un dialogue animé, Fidel et le dirigeant équatorien se sont entretenus sur l’actualité internationale, et en particulier sur la situation en Amérique latine. Ils se sont également félicités de la collaboration croissante entre nos deux pays, notamment dans le secteur de la santé.

Au nom de son gouvernement et de son peuple, Lenin Moreno a exprimé sa gratitude pour le rôle des médecins, généticiens et techniciens cubains dans son pays, notamment ceux qui participent à la Mission Manuela Espejo.

A cet égard, le dirigeant équatorien a remis au commandant en chef l’Ordre de Manuela Espejo, décerné par la vice-présidence équatorienne, en reconnaissance du rôle joué par Fidel dans la réalisation de cet important programme social en Equateur.

source : granma

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Réflexions du compañero Fidel : L’ALBA ET COPENHAGUE

Lors des festivités qui ont accompagné la Septième Réunion au sommet de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), tenu dans une région historique de Bolivie, Cochabamba, on a pu observer combien est riche la culture des peuples latino-américains et que de sympathies éveillent chez les enfants, les jeunes et les adultes de tous les âges les chants, les danses, les costumes et les visages expressifs des êtres humains de toutes les ethnies, couleurs et nuances : indigènes, Noirs, Blancs et métis. Des millénaires d’histoire humaine  et de riche culture s’y révélaient, ce qui explique la détermination avec laquelle les leaders de plusieurs peuples caribéens, centraméricains et sud-américains ont convoqué ce Sommet.

Celui-ci a constitué une grande réussite. Il s’est tenu en Bolivie. J’ai écrit ces derniers jours sur les excellentes perspectives de ce pays (Voir la Réflexion : Un prix  Nobel pour Evo), héritier de la culture aymara-quechua. Un petit groupe de peuples de la région s’obstine  à prouver qu’un monde meilleur est possible. L’ALBA, créée par la République bolivarienne du Venezuela et par Cuba à partir des idées de Bolívar et de Martí, a prouvé, exemple sans précédent de solidarité révolutionnaire, combien l’on peut faire en cinq ans à peine de coopération pacifique. Cette dernière a démarré peu après la victoire politique et démocratique d’Hugo Chávez. L’impérialisme l’a sous-estimé; il a tenté maladroitement de le renverser et de l’éliminer. Le Venezuela ayant été le plus gros producteur de pétrole au monde pendant une bonne partie du XXe siècle et une propriété virtuelle des transnationales yankees, le chemin sur lequel il s’est engagé était particulièrement ardu.

Le puissant adversaire pouvait faire fond sur le néolibéralisme et sur la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), deux instruments de domination par lesquels il a toujours écrasé toute résistance dans le continent depuis la Révolution cubaine.

On s’indigne rien que de penser à la façon grossière et méprisante dont l’administration étasunienne a imposé le gouvernement du millionnaire Pedro Carmona et a tenté d’éliminer le président élu Hugo Chávez alors que l’URSS avait disparu et que la République populaire de Chine était encore à quelques années de devenir la puissance économique et commerciale qu’elle est maintenant grâce à une croissance de plus de 10 p. 100 pendant deux décennies. Le peuple vénézuélien, comme l’a fait celui de Cuba, a résisté au brutal coup de bélier. Les sandinistes se sont relevés, et la lutte pour la souveraineté, l’indépendance et le socialisme a pris de la force en Bolivie et en Equateur. Le Honduras, qui avait rejoint l’ALBA, a été victime d’un brutal coup d’Etat inspiré par l’ambassadeur yankee et impulsé depuis la base militaire étasunienne de Palmerola (Voir les Réflexions de Fidel sur le Coup d’Etat au Honduras).

Nous sommes aujourd’hui quatre pays latino-américains à avoir éliminé radicalement l’analphabétisme : Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ;  le cinquième, l’Equateur, avance d’un bon pas vers cet objectif. Les plans de santé intégrale progressent dans les cinq pays à un rythme sans précédent dans aucun peuple du Tiers-monde. Les programmes de développement économique assorti de justice sociale sont devenus des projets de ces cinq Etats qui jouissent d’ores et déjà d’un prestige reconnu dans le monde par leur position courageuse face au pouvoir économique, militaire et médiatique de l’Empire. Trois pays caribéens d’origine noire et de langue anglaise qui luttent avec décision pour leur développement ont rejoint l’ALBA.

Ceci constitue en soi un grand mérite politique, et ce le serait assurément si le développement constituait dans le monde actuel le seul grand problème.

Le système économique et politique qui, en une brève étape historique, est parvenu à créer plus d’un milliard d’êtres humains affamés et plusieurs centaines de millions d’autres dont l’espérance de vie moyenne est la moitié de celle dont jouissent les pays privilégiés et riches, était à ce jour le principal problème de l’humanité.

Le Sommet de l’ALBA a soulevé avec beaucoup de force un nouveau problème extrêmement grave : les changements climatiques. A aucun autre moment de son histoire, l’humanité n’a dû faire face à un danger d’une telle ampleur.

Alors qu’Hugo Chávez,  Evo Morales et Daniel Ortega faisaient, hier dimanche, leurs adieux à la population dans les rues de Cochabamba, Gordon Brown, selon des informations de BBC Mundo, présidait à Londres une réunion du Forum des grandes économies du monde, constitué en majorité par les pays capitalistes les plus développés, autrement dit les premiers responsables des émissions de dioxyde de carbone, ce gaz qui provoque l’effet de serre.

L’importance des affirmations de Brown, c’est qu’elles ont été avancées, non par un représentant de l’ALBA ou de l’un des cent cinquante pays émergents ou sous-développés de la planète, mais par celui  de la Grande-Bretagne, le pays qui a été le berceau du développement industriel et l’un de ceux qui ont envoyé le plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Le Premier ministre britannique a averti que si le Sommet des Nations Unies ne parvenait pas à un accord à Copenhague, les conséquences en seraient « désastreuses ».

Des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur mortelles, telles sont quelques-unes de ces conséquences  « catastrophiques », a affirmé pour sa part l’organisation écologiste Fonds mondial de la nature, au sujet des affirmations de Brown. « Les changements climatiques échapperont à tout contrôle d’ici cinq ou dix ans si les émissions de CO2 ne sont pas réduites d’une manière draconienne. Si Copenhague échoue, il n’y aura de plan B. »

Ce même agence affirme : « Selon le spécialiste de la BBC,  James Landale, les choses ne vont pas aussi bien qu’on l’escomptait. »

Selon Newsweek, « il semble de plus en plus improbable que les Etats s’engagent à quoi que ce soit à Copenhague. »

Toujours selon cet important organe de presse étasunien, le président de la Réunion, Gordon Brown a déclaré : « Si l’on ne parvient pas à un accord, les dommages causés par les émissions sans contrôle ne pourront sans doute pas être réparés par un accord futur. » Puis il a cité des problèmes comme l’ « émigration sauvage et 1,8 milliard de personnes souffrant d’une pénurie d’eau ».

En fait, comme la délégation cubaine à Bangkok l’a fait savoir, les Etats-Unis étaient à la tête des pays industrialisés qui se sont opposés le plus à cette réduction nécessaire des émissions.

Le Sommet de Cochabamba a convoqué un nouveau Sommet de l’ALBA. Le calendrier sera donc le suivant : 6 décembre, élections en Bolivie ; 13 décembre, Sommet de l’ALBA à La Havane ; 16 décembre, participation au Sommet des Nations Unies à Copenhague.  Le petit groupe des pays de l’ALBA y sera. Ce n’est plus maintenant : « La patrie ou la mort », mais bel et bien, et sans exagération, « la vie ou la mort » pour l’espèce humaine.

Le système capitaliste ne fait pas que nous opprimer et saigner à blanc. Les pays industriels les plus riches veulent imposer au reste du monde le fardeau principal de la lutte contre les changements climatiques. Qui donc pensent-ils berner de la sorte ? À Copenhague, l’ALBA et les pays du Tiers-monde se battront pour la survie de notre espèce.

Fidel Castro Ruz

Le 19 octobre 2009

18 h 05

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Réflexions du compañero Fidel : UN PRIX NOBEL POUR EVO

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Si l’on a octroyé le Prix Nobel à Obama pour avoir remporté des élections dans une société raciste bien qu’il soit Afro-américain, Evo le méritait tout autant pour les avoir gagnées dans son pays, bien qu’il soit indigène, et pour avoir en plus tenu ses promesses.

Pour la première fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent à la présidence.

J’ai dit à plusieurs reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent, élevé dans le système social et politique auquel il croit. Il aspire à étendre les services de santé à presque cinquante millions d’Etasuniens, à sortir l’économie de la profonde crise qu’elle souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par des guerres génocidaires et par les tortures. Il ne conçoit pas qu’il faille changer le système politique et économique de son pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas.

Le Prix Nobel de la paix avait été concédé avant à trois présidents des USA, à un ex-président et à un candidat à la présidence.

Le premier fut Theodore Roosevelt,  élu en 1901, celui des Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention réalisée en 1898 pour empêcher l’indépendance de notre pays.

Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer  les USA dans la Première guerre pour le partage du monde. Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de l’apparition du nazisme et de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale.

Le troisième est Barack Obama.

L’ex-président,  c’est Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares présidents de ce pays à avoir été incapable d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement à d’autres ; il rendit le Canal de Panama, créa la Section des intérêts des USA à La Havane, évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel, contrairement à Reagan.

Le candidat a été Al Gore, quand il était déjà vice-président, le politique étasunien meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements climatiques. Il fut victime de la fraude électorale quand il était candidat à la présidence et privé de la victoire par W. Bush.

Les avis ont été très divisés au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions évidentes dans cette décision surprenante.

Ils auraient préféré que ce prix récompense une œuvre réalisée. Le Prix Nobel de la paix n’est pas toujours allé à des gens qui le méritaient. Il a parfois été décerné à des gens pleins de ressentiment, suffisants, ou pis encore. Apprenant la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris : « Qui ? Obama ? C’est trop tôt. Il n’a encore rien fait. »

Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons honnêtes et révolutionnaires se sont montrés critiques. L’un d’eux a affirmé : « La semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix, le Sénat étasunien a voté le budget militaire le plus élevé de l’histoire : 626 milliards de dollars. » Au journal télévisé, un autre journaliste a commenté : « Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle distinction ? » D’autres se sont demandés : « Et la guerre d’Afghanistan  et la recrudescence des bombardements ? » Ce sont là des vues basées sur des réalités.

De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu une phrase lapidaire : « Mes félicitation, président Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous plaît, gagne-le donc ! »

Je suis sûr qu’Obama est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré dans la matinée : « Je n’ai pas l’impression de mériter d’être en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui l’ont reçu. »

On dit que les membres du fameux comité qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq. Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes. On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama ? Peut-on prendre une décision de ce genre sans avertir auparavant la personne récompensée ?  Obama ne peut être jugé de la même manière sur le plan moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision.

Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix Nobel de la transparence.

La Bolivie compte d’importants gisements de gaz et de pétrole, et possède aussi les plus grandes réserves connues de lithium, un minerai extrêmement utile à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.

Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de llamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il « descendait dans un hôtel 1000  étoiles », une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.

Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière.

Quand le Che, blessé et désarmé, fut assassiné à La Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26 de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de distance de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.

Durant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.

Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin afin de travailler comme boulanger, bâtisseur ou dans d’autres métiers exigeant des efforts physiques. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.

Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de son communauté, dont il était le capitaine.

L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre.

Une fois conclues ses études secondaires, il fit son service militaire et rentra dans sa  communauté,  sur les hauteurs de la cordillère.  La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région sous tropicale d’El Chapare où elle obtint un petit lopin de terre. Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’Etat ne faisait rien.

Les conditions d’une révolution sociale s’étaient peu à peu créées en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle éclata le 9 avril 1952, avant même le début de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Víctor Paz Estenssoro : les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces répressives et le MNR prit le pouvoir.

Les objectifs révolutionnaires étaient loin de s’accomplir en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés, le processus commença à s’étioler. La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs relations avec nous.

Les scissions du mouvement révolutionnaire international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y changent,  il allait falloir plus de quarante ans de blocus à Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences désastreuses, la révolution bolivarienne au Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme (MAS).

Il est malaisé de résumer cette riche histoire en quelques pages.

Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes. « La coca n’est pas de la cocaïne », a-t-il lâché au plus gros producteur de marihuana et au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché nourrit la criminalité organisée qui coûte des milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires sont les plus gros producteurs de drogues de la planète.

La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur,  pays révolutionnaires qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA, ne tombent pas dans le piège mortel du commerce de drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas besoin de troupes étrangères pour combattre le narcotrafic.

La Bolivie mène de l’avant un programme étonnant sous la direction d’un président aymara qui jouit de l’appui de son peuple.

En moins de trois ans, l’analphabétisme a été éliminé : 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire ; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La  Bolivie est le troisième pays délivré de l’analphabétisme, après Cuba et le Venezuela.

Des millions de personnes reçoivent maintenant, pour la première fois de leur vie, des soins médiaux gratuits : la Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces cinq dernières années, réduit la mortalité infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015, ainsi que diminué les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454 161 personnes y ont été opérées de la vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens et Paraguayens.

La Bolivie a engagé un programme social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques, de la première à la huitième année de classe – soit presque deux millions d’élèves – reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les articles scolaires.

Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent un bon équivalent à 342 dollars par an.

Toutes les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une aide d’environ 257 dollars.

La Bolivie, l’un des trois pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle de l’Etat ses principales ressources énergétiques et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts touchés. Elle avance précautionneusement pour ne pas avoir à reculer d’un pas. Ses réserves en devises ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis le début du gouvernement d’Evo. La Bolivie fait partie des pays qui utilisent le mieux la coopération étrangère et défendent fermement l’environnement.

Elle est parvenue à établir en très peu de temps le Recensement électoral biométrique, enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs, presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit 3,8 millions.

Les élections auront lieu le 6 décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus son président. Rien ni personne n’a pu freiner son prestige et sa popularité qui ne cessent de croître.

Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix à Evo ?

Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis.

Fidel Castro Ruz

Le 15 octobre 2009

16 h 25

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Citations du compañero Fidel : le trotskysme

« Parce que si, à une certaine époque, le trotskysme a représenté un position, erronée certes, mais tout de même une position rentrant dans le domaine des idées politiques, le trotskysme est devenu plus tard un vulgaire instrument de l’impérialisme et de la réaction. »

Discours de clôture de la Conférence Tricontinentale
15 janvier 196

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Réflexions du compañero Fidel : LE GLAS SONNE POUR LE DOLLAR

L’Empire a dominé le monde plus à travers l’économie et le mensonge que par la force. Il avait obtenu le privilège d’imprimer les devises convertibles à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il monopolisait l’arme atomique, il disposait de la quasi-totalité de l’or du monde et il était le seul producteur à grande échelle mondiale d’équipements de production, de biens de consommation, de denrées alimentaires et de services. Il se heurtait toutefois à une limite quand il voulait faire fonctionner la planche à billets : leur garantie en or aux prix constants de 35 dollars l’once Troy. Il en fut ainsi pendant vingt-cinq ans, jusqu’au 15 août 1971 où, par décret présidentiel de Richard Nixon, les États-Unis rompirent unilatéralement leur engagement international et escroquèrent le monde. Je ne me lasserai pas de le répéter. C’est de la sorte qu’ils firent retomber sur l’économie mondiale les frais de leur réarmement et de leurs équipées bellicistes, en particulier la guerre du Vietnam qui, selon des calculs au plus bas, a coûté non moins de 200 milliards de dollars et la vie de plus de 45 000 Étasuniens. Ils larguèrent sur ce petit pays du Tiers-monde plus de bombes que toutes celles qui furent utilisées durant la dernière guerre mondiale, tuant et mutilant des millions de personnes.

Une fois éliminé l’aval de l’étalon-or, le gouvernement étasunien put imprimer à sa guise autant de dollars qu’il voulait, sans rapport avec une valeur constante.

Les bons et billets du Trésor continuèrent de circuler comme devises convertibles ; les autres États continuèrent de nourrir leurs réserves de ces billets qui servaient pour une part à acheter des matières premières, des propriétés, des biens et des services n’importe où dans le monde et, de l’autre, privilégiaient les exportations étasuniennes face à toutes les autres économies de la planète. Les politiques et les universitaires ne cessent de mentionner le coût réel de cette guerre réel de cette guerre génocide, admirablement décrite dans le film d’Oliver Stone. Les gens ont l’habitude de faire des calculs comme les millions étaient égaux, sans se rendre compte que les millions de dollars de 1971 ne sont pas l’équivalent des millions de 2009.

Un million de dollars, aujourd’hui que l’or – un métal dont la valeur a été la plus stable au fils des siècles – dépasse mille dollars l’once Troy, vaut environ trente fois plus que quand Nixon supprima l’étalon-or. Deux cent milliards de 1971 représentent 6 billions en 2009. Sans en tenir compte, les nouvelles générations n’auront pas idée de la barbarie impérialiste.

De même, quand on parle des 20 milliards de dollars investis en Europe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale – au titre du Plan Marshall qui visait à relever et à contrôler les économies des principales puissances européennes qui possédaient la force de travail et la culture technique requises pour développer rapidement la production et les services – les personnes ignorent d’ordinaire que cela représenterait de nos jours 600 milliards de dollars et ne se rendent pas compte que 20 milliards permettraient à peine maintenant de construire trois grandes raffineries de pétrole capable de fournir 800 000 barils d’essence par jour, en plus d’autres dérivés du pétrole.

On ne saurait expliquer l’apparition en une si brève période historique des sociétés de consommation, avec leur gaspillage absurde et capricieux d’énergie et de ressources naturelles qui menace de nos jours la survie de notre espèce, si l’on ne connaît pas la façon irresponsable dont le capitalisme développé à son stade suprême a régi les destinées du monde.

C’est un gaspillage si effarant qui explique pourquoi les deux pays les plus industrialisés au monde, les USA et le Japon, ont des dettes d’à peu près 20 billions de dollars.

Le Produit intérieur brut de l’économie étasunienne, il est vrai, frôle les 15 billions de dollars par an. Les crises du capitalisme sont cycliques, comme le prouve irréfutablement l’histoire de ce système, mais il s’agit maintenant de quelque chose de plus : une crise structurelle, comme l’expliquait le professeur Jorge Giordani, ministre vénézuélien de la Planification et du Développement, à Walter Martínez à son programme de TeleSur hier soir.

Les dépêches de presse d’aujourd’hui, vendredi 9 octobre, apportent des données qui sont indéniables. Une dépêche de l’AFP en provenance de Washington précise que le déficit budgétaire des USA pour l’exercice fiscal 2009 se monte à 1,4 billion de dollars, soit 9,9 p. 100 du PIB, « ce qui est sans précédent depuis 1945, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ».

Le déficit de 2007 avait été le tiers de ce chiffre-ci. On s’attend à de forts déficits en 2010, 2011 et 2012. Cet énorme déficit s’explique essentiellement par les sommes que le Congrès et le gouvernement ont dégagées pour sauver les grandes banques, empêcher le chômage de passer la barre des 10 p. 100 et sortir le pays de la récession. Si vous inondez votre nation de dollars, les grandes chaînes commerciales, logiquement, vendront plus de marchandises, les industries augmenteront leur production, moins de citoyens perdront leur logement, la marée du chômage refluera, et les actions de Wall Street repartiront à la hausse. Ce fut la forme classique de résoudre la crise. Mais le monde ne sera plus le même. Paul Krugman, prestigieux Prix Nobel d’économie, vient d’affirmer que le commerce international a subi sa pire chute, plus grave encore que celle de la Grande Dépression, et il doute d’une prompte relance.

On ne peut inonder le monde de dollars et penser que ces papiers sans aval en or conserveront leur valeur. D’autres économies ont vu le jour, plus soldes. Le dollar a cessé d’être la réserve en devises de tous les États, et ses détenteurs préfèrent plutôt s’en débarrasser, tout en évitant dans la mesure du possible qu’il se dévalue avant qu’ils puissent s’en libérer.

L’euro de l’Union européenne, le yuan chinois, le franc suisse, le yen japonais – malgré les dettes de ce pays – et même la livre sterling ont fini, aux côtés d’autres devises, par occuper la place du dollar dans le commerce international. L’or métallique redevient une importante monnaie de réserve internationale.

Il ne s’agit pas d’une opinion personnelle capricieuse, et je ne tiens pas à calomnier cette monnaie.

Un autre Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, a affirmé selon une dépêche de presse : «  »Il est probable que le billet vert continuera sa chute. Les hommes politiques, pas plus que les discours, ne décident pas des taux de change.  » Il l’a affirmé le 6 octobre à l’Assemblée mixte annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui s’est tenue à Istanbul. » Une ville où l’on a pu constater une violente répression, la réunion ayant été saluée par des bris de vitrines de magasins et des incendies provoqués par des cocktails Molotov.

Selon d’autres dépêches, les pays européens redoutent l’effet négatif du dollar faible face à l’euro et ses retombées sur les exportations européennes. Le secrétaire étasunien du Trésor ayant déclaré que son pays « était intéressé par un dollar fort », Stiglitz s’est moqué de cette déclaration officielle, selon EFE : « Les USA ont gaspillé leur argent en sauvant les banques à coups de centaines millions et en poursuivant la guerre en Afghanistan », et « il a insisté sur le fait qu’au lieu de dépenser 700 milliards de dollars pour aider les banquiers, les USA auraient pu en destiner une partie pour aider les pays en développement, ce qui aurait à son tour donné un coup de fouet à la demande globale ».

Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, avait tiré la sonnette d’alarme quelques jours avant : le dollar ne pourrait pas conserver indéfiniment son statut de devise de réserve.

Un éminent professeur d’économie de l’Université d’Harvard, Kenneth Rogoff,  a affirmé que la prochaine grande crise financière concernera « les déficits publics ».

Selon la Banque mondiale, « le Fonds monétaire international (FMI) a montré que les banques centrales du monde ont accumulé moins de dollars au second semestre de 2009 qu’à aucun autre moment des dix dernières années et ont augmenté leur possession d’euros ».

Le 6 octobre, selon l’AFP, l’or a battu le record de 1 045 dollars l’once, à cause de l’affaiblissement du dollar et de la peur de l’inflation.

Selon le journal londonien The Independent, un groupe de pays pétroliers envisage de remplacer le dollar dans leurs transactions commerciales pour un panier de devises qui inclurait le yen, le yuan, l’euro, l’or et une future monnaie commune.

Cette nouvelle, résultat d’une fuite ou d’une déduction logique, a été démentie par certains des pays censément intéressés par cette mesure de protection, qui ne souhaitent pas l’effondrement du dollar, mais qui ne tiennent pas non plus à continuer d’accumuler une monnaie qui a perdu trente fois sa valeur en moins de trente ans.

Je ne peux m’empêcher de rapporter une dépêche d’EFE, une agence que nul ne saurait accuser d’anti-impérialiste, mais qui transmet dans les circonstances actuelles des opinions particulièrement intéressantes :

“Des experts de l’économie et des finances ont affirmé aujourd’hui à New York que la pire crise depuis la Grande Dépression avait conduit les USA à jouer un rôle moins significatif dans l’économie mondiale.

«  »Du fait de la récession, le monde a modifié son regard sur les USA. Notre pays pèse moins qu’avant, et nous devons le reconnaître », a affirmé David Rubenstein, président-fondateur de Carlyle Group, la plus grosse société de capital à risque au monde, dans son intervention au World Business Forum.

«  »Le monde financier va être moins centré sur les USA. […] New York ne sera jamais plus la capitale financière du monde, ce rôle devant être distribué entre Londres, Shanghai, Dubaï, Sao Paulo et d’autres villes », a-t-il affirmé.

« …il a passé en revue les problèmes auxquels les USA se heurteront quand ils sortiront d’ « une grande récession » qui « va encore durer au moins deux mois ».

«  »…l’énorme endettement » public, l’inflation, le chômage, la dévaluation du dollar comme devise de réserve, les cours de l’énergie…

« L’administration doit réduire les dépenses publiques pour se colleter avec le problème de la dette et prendre une mesure généralement guère appréciée : la hausse des impôts.

« Jeffrey Sachs, économiste de l’Université de Columbia et conseiller spécial de l’ONU, est d’accord avec Rubenstein que la prédominance économique et financière des USA « s’amenuise ».

«  »Nous avons laissé un système centré sur les USA pour un système multilatéral… »

« … » vingt ans d’irresponsabilité, d’abord de l’administration Clinton puis de l’administration Bush », ont cédé aux pressions de Wall Street…

« … »les banques négociaient avec des actifs toxiques pour obtenir de l’argent facile », a expliqué Sachs.

«  »Ce qui est important maintenant, c’est de relever le défi sans précédent qu’implique un développement économique durable et en accord avec les règles physiques et biologiques de base de cette planète ». »

Par ailleurs, les nouvelles provenant directement de notre délégation à Bangkok, la capitale thaïlandaise, n’étaient absolument pas encourageantes.

Notre ministre des Relations extérieures a informé ce qui suit :

« Le point essentiel en discussion, c’est la ratification ou non du concept de responsabilités communes mais différenciées entre les pays industriels et les économies dites émergentes, essentiellement la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du sud, et les pays sous-développés.

« La Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Bangladesh, le Pakistan et l’ALBA sont les plus actifs. Les pays du Groupe des 77 maintiennent dans leur majorité des positions solides et correctes.

« Les chiffres de réduction des émissions de carbone en cours de négociation ne correspondent pas à ceux que calculent les scientifiques si l’on veut maintenir la hausse des températures à mois de 2ºC : 25-40 p. 100. En ce moment, la négociation tourne autour d’une réduction de 11-18 p. 100.

« Les USA ne font vraiment aucun effort spécial. Ils n’acceptent qu’une réduction de 4 p. 100 par rapport à 1990. »

Le monde a appris ce matin, vendredi 9, qu’ « Obama le bon », pour reprendre l’énigme posée par le président vénézuélien Hugo Chávez aux Nations Unies avait reçu le Prix Nobel de la paix. Je ne partage pas toujours les positions de cette académie, mais je  dois reconnaître que c’est une mesure positive dans les circonstances actuelles. Elle compense le revers essuyé par Obama à Copenhague quand Rio de Janeiro, et non Chicago, a été désigné comme organisatrice des Jeux olympiques de 2016, ce qui a provoqué de violentes attaques de la part de ses adversaires d’extrême droite.

Beaucoup jugeront qu’il n’a pas gagné pour l’instant le droit de recevoir une telle distinction. Je souhaite voir dans cette décision, plutôt qu’un prix au président étasunien, une critique de la politique génocidaire suivie par nombre de présidents de ce pays qui ont conduit le monde au carrefour où il se trouve aujourd’hui, une exhortation à la paix et à la recherche de solutions qui permettrait à notre espèce de survivre.

Fidel Castro Ruz

Le 9 octobre 2009

18 h 11

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Réflexions du compañero Fidel : ON NE SAURAIT OUBLIER L’HISTOIRE

http://www.fidelista.net/images/chine/aniversario-60-republica-popular-china-13.jpg

La République populaire de Chine a fêté son soixantième anniversaire le 1er octobre dernier.

En ce jour historique de 1949, Mao Zedong, dirigeant du Parti communiste chinois, présida sur la place Tiananmen le premier défilé de l’Armée populaire et du peuple chinois. Les soldats victorieux portaient les armes enlevées durant les combats aux envahisseurs, aux oligarques et aux traîtres à leur patrie.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis, l’une des puissances qui avait essuyé le moins de pertes matérielles durant le conflit, monopolisait l’arme nucléaire, détenait plus de 80 p. 100 de l’or du monde et jouissait d’un développement industriel et agricole considérable.

La révolution victorieuse dans un pays aussi immense que la Chine en 1949 nourrit les espoirs de bon nombre de pays colonisés, dont beaucoup ne tarderaient pas à secouer le joug qu’on leur avait imposé.

Lénine avait prévu l’étape impérialiste du capitalisme développé et le rôle qui reviendrait dans l’histoire du monde à la lutte des pays colonisés. Le triomphe de la Révolution chinoise confirmait cette prévision.

La République populaire et démocratique de Corée avait été créée en 1948. Les représentants de l’URSS, qui avait apporté plus de vingt millions de vies à la victoire contre le fascisme, ceux de la  RPDC qui avait été occupée par le Japon et les combattants vietnamiens qui, après s’être battus contre les Japonais, faisaient alors face héroïquement aux tentatives françaises de recoloniser leur pays avec l’appui des États-Unis, assistèrent à la première commémoration du triomphe chinois.

Personne n’aurait imaginé alors que, moins de quatre ans après cette date mémorable, et sans autre lien que celui des idées, l’attaque de la caserne Moncada aurait lieu dans la lointaine Cuba et que neuf ans à peine après la libération de la Chine, la Révolution y triompherait à cent cinquante kilomètres de la métropole impérialiste.

C’est à la lumière de ces événements que j’ai suivi avec un intérêt particulier les festivités du soixantième anniversaire de la Révolution chinoise. On connaît notre amitié avec ce pays à la culture millénaire, le plus vieille des civilisations humaines.

Au XIXe siècle, des dizaines de milliers de Chinois, bernés par des commerçants anglais, furent envoyés dans notre pays comme semi-esclaves. Beaucoup d’entre eux rejoignirent les rangs de l’Armée libératrice et luttèrent pour notre indépendance. Nos liens avec la Chine partent toutefois des idées marxistes qui ont inspiré la Révolution cubaine et qui ont été capables de traverser les difficiles épreuves du schisme entre les deux grands États socialistes qui a fait tant de tort au mouvement révolutionnaire mondial.

Dans les jours difficiles qui suivirent la disparition de l’URSS, aussi bien la Chine que le Vietnam, le Laos et la Corée conservèrent leurs relations fraternelles et solidaires avec Cuba. C’étaient les quatre pays qui, aux côtés de Cuba, continuèrent de brandir les drapeaux du socialisme durant les temps obscurs où les États-Unis, l’OTAN, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale imposèrent le néolibéralisme et le pillage du monde.

On ne saurait ignorer l’histoire. Malgré l’énorme contribution du peuple chinois et la stratégie politique et militaire de Mao dans la lutte contre le fascisme japonais, les États-Unis ignorèrent et isolèrent le gouvernement du pays le plus peuplé de la planète et le privèrent du droit de participer au Conseil de sécurité des Nations Unies ; ils interposèrent leur escadre pour empêcher la libération de Taïwan, une île qui appartient à la Chine ; ils appuyèrent et équipèrent les restes d’une armée dont le chef avait trahi tous les accords signés pendant la lutte contre les envahisseurs japonais durant la Deuxième Guerre mondiale. Taïwan reçut et continue de recevoir les armes les plus modernes de l’industrie militaire étasunienne.

Les États-Unis, non contents de priver la Chine de ses droits légitimes, intervinrent dans le conflit interne coréen, dépêchèrent leurs forces qui, à la tête d’une coalition militaire, avancèrent, défiantes, jusqu’aux abords des points vitaux de ce grand pays et menacèrent d’employer les armes nucléaires contre lui, dont le peuple avait tant contribué à la défaite du Japon.

Le parti et le peuple chinois n’hésitèrent pas devant ces grossières menaces. Des centaines de milliers de volontaires chinois, lançant une contre-attaque énergique, firent reculer les forces yankees jusqu’aux limites actuelles de deux Corée. Des centaines de milliers de courageux combattants internationalistes chinois et autant de patriotes coréens moururent et furent blessés durant cette guerre sanglante. L’Empire yankee tuerait un peu plus tard des millions de Vietnamiens.

Quand la République populaire de Chine fut proclamée le 1er octobre 1949, elle ne possédait pas d’armes atomiques ni sa technologie militaire de pointe actuelle. Les détenant aujourd’hui, elle ne menace toutefois aucun pays.

Qu’a dit l’Occident ? La grande presse étasunienne a été en général hostile à cet anniversaire. Les éditoriaux des principaux organes ont porté des titres comme « …peu d’intérêt pour l’idéologie », « un étalage de puissance », « la Chine communiste fête ses soixante ans par un spectacle militaire »..,

Mais les médias étasuniens n’ont pu ignorer le fait. Ils ont tous insisté sur l’idée qu’il s’agissait d’un étalage de force et toutes les nouvelles étaient centrées sur le défilé militaire.

Ils n’ont pas caché leur admiration devant la vaste diffusion du défilé que la télévision chinoise a offerte à l’opinion publique internationale.

Que la Chine ait présenté cinquante-deux nouveaux types d’armements, dont la dernière génération de chars, de véhicules amphibies, de radars, d’avions d’exploration et des équipements de communication dernier cri, n’est pas passé inaperçu et a fait plutôt l’objet d’admiration.

Les médias ont insisté sur les missiles intercontinentaux DF-31 à têtes nucléaires, capables de frapper des cibles situées à dix mille kilomètres de distance, les missiles de moyenne portée et les défenses antimissile.

Les cent cinquante et un avions de chasse, les bombardiers lourds, les moyens d’observation aérienne modernes et les hélicoptères ont surpris les avides chercheurs de nouvelles et les techniciens militaires. « L’armée chinoise possède maintenant la plupart des armes sophistiquées qui font partie des arsenaux des pays occidentaux », a déclaré le ministre chinois de la Défense, ce que la presse occidentale a mis en exergue.

Les cinq cents véhicules blindés et les soixante carrosses civils qui ont défilé devant le mausolée ont causé un profond impact.

Cette technologie de pointe est une preuve irréfutable de la capacité militaire d’un pays qui est parti de zéro voilà quelques décennies. Mais ce qui a été insurpassable, c’est le facteur humain. Aucun pays occidental développé ne pourrait atteindre la précision et l’organisation dont la Chine a fait preuve ce jour-là. On a parlé avec quelque dédain d’officiers et de soldats marchant à cent quinze pas de l’oie par minute.

Les différentes forces qui ont défilé, hommes ou femmes, l’ont fait avec un port et une élégance insurpassables. On a du mal à croire que des milliers de personnes soient capables d’atteindre une organisation aussi parfaite. Ceux qui marchaient à pied aussi bien que ceux qui défilaient sur leurs véhicules sont passés devant la tribune et ont salué avec une précision, un ordre et une martialité difficiles à atteindre.

Si ces qualités pouvaient sembler le fruit de la discipline militaire et de la rigueur des exercices, plus de cent cinquante mille civils, des hommes et des femmes jeunes dans leur majorité, ont surpris par leur capacité à atteindre massivement le niveau d’organisation et de perfection dont ont fait preuve leurs compatriotes armés.

L’ouverture des festivités et le salut des troupes par le chef d’État et secrétaire général du Parti communiste, ont constitué une cérémonie impressionnante. On a pu constater la grande identification entre les dirigeants et le peuple.

L’allocution de Hu Jintao a été brève et précise. En moins de dix minutes, il a exprimé de nombreuses idées. Ce jour-là, il a dépassé Barack Obama en capacité de synthèse, surtout qu’il s’adresse à quasiment cinq fois plus de population que le président étasunien. Il n’a pas à fermer des centres de tortures, il n’est en guerre avec aucun État, il ne dépêche pas ses soldats à plus de dix mille kilomètres de distance pour intervenir et tuer à coups de moyens de guerre de pointe, il ne possède pas des centaines de bases militaires dans d’autres pays ni de puissantes flottes qui écument tous les océans ; il ne doit pas des billions de dollars et, au milieu d’une colossale crise financière internationale, il offre au monde la coopération de son pays dont l’économie ne connaît pas la récession et croît à des rythmes élevés.

Les idées essentielles transmises par le président chinois :

En un jour pareil, voilà soixante ans, au terme de plus de cent ans de batailles sanglantes depuis le début de l’histoire contemporaine, le peuple chinois put enfin faire triompher sa grande révolution et le président Mao Zedong proclamer ici même devant le monde la fondation de la République populaire de Chine, ce qui a permis depuis au peuple chinois de se dresser et à la nation chinoise, dont la civilisation remonte à plus de cinq mille ans, d’entrer dans une nouvelle ère de développement et de progrès.

Le développement et le progrès atteints durant les soixante ans de la nouvelle Chine ont montré pleinement que seul le socialisme peut sauver la Chine et que seules la réforme et l’ouverture peuvent lui permettre de se développer, en même temps que le socialisme et le marxisme. Le peuple chinois a confiance dans sa capacité à bien construire son pays et à contribuer dûment au sort du monde.

Nous adhérons résolument aux principes de la réunification pacifique.

Nous continuerons de  travailler, aux côtés des différents peuples du monde, à la noble cause de la paix et du développement de l’humanité et à la construction d’un monde harmonieux basé sur la paix durable et sur la prospérité commune.

L’histoire nous dit que le chemin du progrès n’est jamais plat, mais qu’un peuple uni qui prend ses destinées en main surmontera sans aucun doute toutes les difficultés, écrivant continuellement de grandes épopées historiques.

Ce sont là des réponses lapidaires à la politique belliciste et menaçante de l’Empire.

Fidel Castro Ruz

Le 6 octobre 2009

17 h 35

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