Cuba défend des points clés face au changement climatique

A la veille du sommet de Copenhague sur le changement climatique, Cuba a réaffirmé devant les Nations unies la nécessité de modifier les modèles actuels de production et de consommation et de mettre en place un modèle économique réellement durable.

La survie humaine exige une révolution énergétique au niveau mondial, a affirmé le représentant permanent de notre pays devant l’ONU, Pedro Nuñez Mosquera, au cours d’une réunion informelle de l’Assemblée générale.

Le diplomate a présenté ce qu’il a appelé les «huit vérités» qui ne peuvent être ni esquivées ni occultées en matière de changement climatique. La première consiste à transformer les mécanismes de production et de consommation pour d’autres plus durables, et à mettre en oeuvre une révolution énergétique au niveau mondial.

Un autre point est de concevoir un nouveau système plus rigoureux pour contraindre les pays développés à réduire leurs émissions de gaz et à adopter des mesures énergiques en matière de financement et de transfert de technologies pour les nations en développement.

Les pays industrialisés ont aussi la responsabilité d’accomplir les engagements de la Convention sur le changement climatique; en outre, il faut repousser toutes leurs initiatives visant à échapper à leur obligation en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Plus loin le représentant cubain a souligné l’exigence d’une plus grande participation des pays en développement dans les actions globales pour ralentir le changement climatique, en vertu du principe du partage des responsabilités, mais différenciées, et les capacités respectives.

A ce sujet il a fait remarquer qu’il est actuellement impossible de prétendre imposer des engagements contraignants de réduction d’émissions à ces Etats, victimes des conséquences négatives de l’injuste et inégal ordre économique mondial et des effets du changement climatique.

Nuñez Mosquera a indiqué que les pays développés, à la veille de la réunion de Copenhague, ne font preuve d’aucune détermination pour réduire leurs émissions, en rapport avec leurs responsabilités historiques et actuelles.

Ni non plus pour fournir les ressources et les technologies nécessaires pour que les pays sous-développés puissent entreprendre des actions plus énergiques dans la lutte contre le phénomène, a-t-il souligné.

L’ambassadeur cubain a affirmé que l’obtention d’un accord juste et équilibré dans ce domaine est encore possible «si nous abordons le processus de négociation avec une autre attitude politique. Permettre la perpétuation de l’égoïsme et de l’irresponsabilité est moralement et politiquement inacceptable».

source : granma

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Livre : L’Équipe de choc de la CIA

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Le 18 Avril 2009, les autorités des États-Unis faisaient détourner un avion d’Air France qui devait survoler leur territoire pour la seule raison que l’auteur de ce livre, Hernando Calvo Ospina, était à son bord ! La publication de ce livre ayant été annoncée par la presse… Mais tout ce qui est écrit ici est vérifiable auprès des meilleures sources, notamment étasuniennes.

On aura beau chercher, on ne trouvera jamais une autre équipe ayant de tels antécédents. Il s’agit bel et bien du groupe d’agents en actions clandestines et terroristes le plus efficace et le plus loyal produit par l’Agence Centrale de Renseignements étasuniens, la CIA : une « Équipe de choc ».

Les membres de cette Équipe sont intervenus aux quatre coins du globe : cela commence en 1954 au Guatemala, puis Cuba, Vietnam, Congo, Angola, Chili, Nicaragua… Leur action destructrice a même touché leur propre pays ainsi que l’Europe, et ce n’est pas encore de l’histoire d’un passé révolu dont il s’agit ici… N’oublions pas que certains d’entre eux sont toujours aujourd’hui à des postes-clés.

L’Équipe de choc de la CIA. Parution novembre 2009, 200 pages, 14 €

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Les Réflexions de Fidel dans une nouvelle édition en russe

Le mois prochain paraîtra en Russie le livre Fidel Castro: les Etats agressifs d’Amérique du Nord, une sélection des Réflexions du leader de la Révolution cubaine publiées sur le site numérique CubaDebate et dans le quotidien Granma depuis mars 2007.

CubaDebate indique que le livre, de 422 pages, comprendra 106 réflexions, une préface et des photos fournies par le Bureau des publications du Conseil d’Etat de la République de Cuba.

Avec cette édition, trois maisons d’édition russes auront déjà publié au cours de l’année des ouvrages sur la pensée politique du commandant en chef Fidel Castro.

Les éditions Ripol Klassik avaient d’abord publié Fidel Castro: ma vie ou Biographie à deux voix, d’Ignacio Ramonet, qui est resté en tête des ventes durant cinq semaines à la fin de 2008.

Aux éditions Alpina Non-Fiction avaient ensuite paru Réflexions du commandant de chef, un autre succès d’édition auprès du monde politique et universitaire russe.

Selon l’éditeur, cette nouvelle édition répond à l’intérêt croissant que suscite en Russie la pensée de gauche en Amérique latine, notamment sa référence la plus contemporaine, la Révolution cubaine et son leader historique, Fidel Castro.

Serguey Vasilievich Nikolaev, directeur des éditions Algoritmo, s’est félicité de publier des auteurs cubains dont l’œuvre correspond au profil de la maison d’édition russe: essais politiques, historiques et philosophiques. (AIN)

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Le président vénézuélien souligne les récentes réflexions de Fidel

Le président vénézuélien Hugo Chavez a relevé l’importance des récentes réflexions du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, intitulées La Révolution bolivarienne et la paix. Chavez est intervenu à l’atelier préparatoire du 1er Congrès extraordinaire du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), devant les 772 délégués qui prendront part au prochain rendez-vous de cette formation politique.

Au Théâtre municipal de Caracas, avec son éloquence habituelle, le leader bolivarien a donné lecture d’un document dans lequel Fidel Castro, entre autres aspects, réfute les accusations calomnieuses des Etats-Unis, selon lesquelles Chavez préparerait une guerre contre la Colombie voisine. Fidel précise que les forces paramilitaires colombiennes sont «la première troupe de choc» des USA contre la patrie de Simon Bolivar.

Visiblement ému, le chef d’Etat bolivarien a ensuite entonné les hymnes du PSUV, de son pays et de Cuba, en témoignage de l’amitié et des liens fraternels profonds existant entre les deux processus révolutionnaires, dont les pays sont membres fondateurs de l’Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique (ALBA).

Une dépêche de l’agence Prensa Latina signale par ailleurs que Chavez a décidé de prolonger jusqu’à mars 2010 le 1er Congrès extraordinaire du PSUV, initialement prévu du 21 novembre au 13 décembre.

«Le Congrès extraordinaire siègera à partir du prochain samedi 21 à 17h, où nous commencerons les délibérations. Il y aura une pause à Noël, et nous poursuivrons les travaux en janvier, février et mars», a dit le chef d’Etat.

Le président a exhorté les délégués à descendre dans les rues, à se rendre dans les quartiers, dans les usines, où se trouvent les délégations de base du PSUV, afin d’instaurer un grand débat.

De l’avis de Hugo Chavez, le Congrès doit se pencher sur les grands et les petits événements qui se déroulent à l’instant même dans le monde et sur le continent américain. «Il doit examiner très spécialement la menace qui plane aujourd’hui sur le Venezuela», a-t-il précisé.

A cet égard, le président vénézuélien a réitéré son appel à la défense du pays dans ce nouveau contexte, marqué par l’installation de sept bases militaires US en Colombie. (SE)

source : granma

Base de données de toutes les réflexions et discours de Fidel Castro

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Réflexions du compañero Fidel : LA RÉVOLUTION BOLIVARIENNE ET LA PAIX

Je connais bien Chávez. Personne ne serait plus réticent que lui à faire couler le sang entre Vénézuéliens et Colombiens, deux peuples frères, autant que pourraient l’être les Cubains vivant à l’Est, au Centre ou à l’Ouest de notre île. Je ne trouve pas une meilleure manière d’exprimer la fraternité régnant entre les Vénézuéliens et les Colombiens.

L’accusation calomnieuse des  Yankees selon laquelle Chávez prépare la guerre contre la Colombie voisine a poussé un organe de presse colombien influent à publier dimanche dernier, 15 novembre, sous le titre de « Les tambours de la guerre », un éditorial méprisant et injurieux contre le président vénézuélien, et où l’on peut lire, entre autres, que « la Colombie doit prendre tout à fait au sérieux ce qui constitue la plus grave menace à sa sécurité en plus de soixante-dix ans, car elle provient d’un président qui a reçu en plus une formation militaire… »

« La raison en est que les possibilités d’une provocation sont de plus en plus grandes, et elles peuvent aller d’un incident frontalier à une attaque contre des installations civiles ou militaires colombiennes. »

Puis l’éditorial envisage comme « très probable qu’Hugo Chávez intensifie ses attaques contre les « émaciés » – sobriquet qu’il donne à ses opposants – et tente d’expulser du pouvoir municipal ou régional ceux qui le contredisent. Il l’a déjà fait avec le maire de Caracas… et il veut maintenant le tenter avec les gouverneurs des États frontaliers avec la Colombie qui refusent de se soumettre à sa férule… Un heurt avec des forces colombiennes ou l’accusation que des paramilitaires planifient des actions en territoire vénézuélien peut fournir l’excuse dont a besoin le régime chaviste pour suspendre les garanties constitutionnelles. »

Ces explications ne servent qu’à justifier les plans agressifs des États-Unis et la vile trahison à leur patrie de l’oligarchie et de la contre-révolution vénézuéliennes.

Alors que cet éditorial voyait le jour, le dirigeant bolivarien jugeait dans sa chronique hebdomadaire (« Les lignes de Chávez ») le fait que la Colombie,  dont les frontières avec le Venezuela s’étendent sur 2 050 kilomètres, ait impudiquement concédé sept bases militaires aux USA.

Le président de la République bolivarienne explique sa position avec courage et lucidité.

« … je l’ai dit vendredi au meeting pour la paix et contre les bases militaires étasuniennes en Colombie : je suis obligé de vous appeler toutes et tous à vous préparer à défendre la patrie de Bolívar, la patrie de nos fils. Si je ne le faisais pas, je commettrais un acte de haute trahison… Notre patrie est aujourd’hui libre et nous la défendrons au prix de notre vie. Le Venezuela ne sera plus jamais la colonie de qui que ce soit ; il ne pliera plus jamais le genou devant un envahisseur ou un Empire… Les gouvernements latino-américains ne peuvent pas ne pas réagir face au problème gravissime et capital qui a lieu en Colombie. »

Il avance des idées importantes : « …tout l’arsenal de guerre gringo envisagé dans l’accord répond au concept d’opérations extraterritoriales… convertit le territoire colombien en une gigantesque enclave militaire yankee… la pire menace à la paix et à la sécurité de la région sud-américaine et de toute Notre Amérique. »

« L’accord… interdit à la Colombie d’offrir à qui que ce soit des garanties de sécurité et de respect, même pas aux Colombiennes et aux Colombiens. Car un pays qui a cessé d’être souverain et qui est un instrument du « nouveau colonialisme » qu’avait entrevu notre Libertador ne peut pas en offrir. »

Chávez est un vrai révolutionnaire, un penseur profond, sincère, courageux, un travailleur inlassable. Il n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’Etat. Il s’est soulevé contre la répression et les massacres commis par les gouvernements néolibéraux qui bradèrent les énormes ressources naturelles du pays aux États-Unis. Il a fait de la prison, il a mûri et développé ses idées. Il n’est pas arrivé au pouvoir par les armes malgré son passé militaire.

Il a le grand mérite d’avoir frayé la voie difficile à une profonde révolution sociale, dans le cadre de la démocratie dite représentative et en respectant absolument la liberté d’expression, alors pourtant que les plus puissants médias étaient et sont toujours aux mains de l’oligarchie et au service de l’Empire.

En onze ans à peine, le Venezuela a fait les plus grands progrès éducationnels et sociaux au monde, malgré le coup d’État et les plans de déstabilisation et de discrédit ourdis par les USA.

L’Empire n’a pas décrété un blocus économique contre le Venezuela – comme il l’a fait pour Cuba – après l’échec de ses attaques perfectionnées contre le peuple vénézuélien, parce qu’il se serait imposé à lui-même un blocus énergétique, compte tenu de sa dépendance envers l’étranger dans ce domaine, mais il n’a pas renoncé pour autant à son objectif de liquider la révolution bolivarienne qui aide généreusement en ressources pétrolières les pays caribéens et centraméricains, qui a de larges relations d’échanges avec l’Amérique du Sud, la Chine, la Russie et de nombreux États d’Asie, d’Afrique et d’Europe, qui jouit de sympathies dans de vastes secteurs de tous les continents. L’Empire souffre en particulier de ses relations avec Cuba à laquelle il a imposé un blocus criminel qui remonte à cinquante ans. La Venezuela de Bolívar et Cuba de Martí promeuvent à travers l’ALBA de nouvelles formes de relations et d’échanges sur des bases rationnelles et justes.

La Révolution bolivarienne a été spécialement généreuse envers les pays caribéens à des moments de crise énergétique extrêmement graves.

À cette nouvelle étape que nous traversons, la Révolution vénézuélienne se heurte à des problèmes absolument nouveaux qui n’existaient pas quand, voilà exactement cinquante ans, notre Révolution a triomphé à Cuba.

Le trafic de drogues, la criminalité organisée, la violence sociale et le paramilitarisme existaient à peine. Les États-Unis ne s’étaient pas encore convertis en cet énorme marché des drogues que le capitalisme et la société de consommation y ont créé. Combattre le transit de drogues et empêcher leur entrée, et donc leur production et leur consommation, n’a pas été un gros problème pour la Révolution cubaine.

En revanche, ces fléaux signifient pour le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud une tragédie croissante qu’ils sont loin d’avoir surmontée. A l’échange inégal, au protectionnisme et au pillage de leurs ressources naturelles, se sont ajoutés le trafic de drogues et la violence de la criminalité organisée  que le sous-développement, la pauvreté, le chômage et le gigantesque marché de drogues étasunien ont engendrés dans les sociétés latino-américaines. L’incapacité du riche Empire à empêcher le trafic et la consommation de drogues a fait surgir dans de nombreuses parties de l’Amérique latine des plantations de cette herbe dont la valeur en tant que matière première de drogues dépasse largement celle des produits agricoles, créant par là de très graves problèmes sociaux et politiques.

Les paramilitaires colombiens constituent aujourd’hui la première troupe de choc de l’impérialisme pour combattre la Révolution bolivarienne.

Militaire, Chávez sait pertinemment que la lutte contre le trafic de drogues constitue un vulgaire prétexte par lequel les USA justifient un accord militaire qui répond entièrement à leur conception stratégique de l’après-guerre froide : étendre leur domination sur le monde.

Les bases aériennes, les moyens, les droits d’opération et l’immunité totale octroyés par la Colombie aux militaires et aux civils yankees sur son territoire n’ont rien à voir avec le combat contre la culture, la production et le trafic de drogues, qui sont devenus un problème mondial, puisqu’ils s’étendent non seulement en Amérique du Sud, mais qu’ils commencent aussi à gagner l’Afrique et d’autres régions. La drogue règne aujourd’hui en Afghanistan, malgré la présence massive des troupes yankees.

La drogue ne saurait être un prétexte pour établir des bases, envahir des pays et apporter la violence, la guerre et le pillage aux pays du Tiers-monde. C’est le pire environnement possible pour semer des vertus citoyennes et apporter l’éducation, la santé et le développement aux peuples.

Ils se trompent, ceux qui croient qu’en divisant les Colombiens et les Vénézuéliens, ils feront triompher leurs plans contre-révolutionnaires. Nombre des meilleurs et des plus modestes travailleurs au Venezuela sont des Colombiens, et la Révolution leur a apporté à eux-mêmes et à leurs êtres chers l’éducation, la santé, l’emploi, les droits citoyens et d’autres bienfaits. Les Vénézuéliens et les Colombiens défendront ensemble la grande patrie du Libertador d’Amérique ; ils se battront ensemble pour la liberté et la paix.

Les milliers de médecins, d’éducateurs et d’autres coopérants cubains qui font leur devoir internationaliste au Venezuela seront à leurs côtés !

Fidel Castro Ruz

Le 18 novembre 2009

14 h 23

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Réflexions du compañero Fidel : DE LA SCIENCE-FICTION

Que je regrette de devoir critiquer Obama, alors que je sais qu’il y a d’autres possibles présidents de son pays pires que lui ! Je comprends qu’occuper ce poste aujourd’hui aux USA n’est pas une panacée. Rien ne l’explique mieux peut-être que l’information donnée hier dans le journal Granma : 237 législateurs du Congrès sont millionnaires, soit 44 p. 100. S’il est vrai que ça ne veut pas dire pour autant que chacun d’eux est forcément un réactionnaire invétéré, il n’en reste pas moins qu’il est bien difficile qu’il pense comme n’importe lequel des nombreux millions d’Étasuniens qui n’ont pas d’assurance-maladie, qui sont au chômage ou qui doivent travailler dur pour gagner leur vie.

Obama, bien entendu, n’est pas un indigent ; il possède des millions de dollars. Il était un professionnel distingué, et nul ne conteste sa maîtrise de la langue, son éloquence et son intelligence. Bien qu’Afro-Américain, il est le premier président noir élu dans une société raciste qui souffre une profonde crise économique qu’elle a elle-même provoquée à l’échelle internationale.

Il ne s’agit pas d’être anti-étasunien ou pas, comme le système et ses médias colossaux prétendent qualifier leurs adversaires.

Le peuple étasunien n’est pas coupable, mais bel et bien victime d’un système insoutenable et, pis encore, d’ores et déjà incompatible avec la vie de l’humanité.

L’Obama intelligent et rebelle qui a souffert l’humiliation et le racisme durant son enfance et sa jeunesse le comprend, mais l’Obama élevé dans le sérail et compromis avec le système et les méthodes qui l’ont conduit à la présidence des États-Unis ne peut résister à la tentation d’exercer des pressions, de menacer, voire de tromper les autres.

Il est obsédé par son travail. Aucun autre président des USA ne serait peut-être capable de se lancer dans un programme aussi intense que celui qu’il se propose de réaliser dans les huit prochains jours.

Selon ce programme, il se rendra en Alaska où il s’adressera aux troupes qui y sont cantonnées, au Japon, à Singapour, en République populaire de Chine et en Corée du Sud ; il participera au Forum de coopération économique Asie-Pacifique et à la réunion de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ; il soutiendra des conversations avec le Premier ministre japonais et avec l’empereur Akihito sur la Terre du soleil levant, avec les présidents indonésien, Susilo Bambang, russe, Dmitri Medvédev, et chinois, Hu Jintao ; il prononcera des allocutions et donnera des conférences de presse ;  il portera son mallette nucléaire dont j’espère qu’il n’aura pas besoin de faire usage durant sa tournée accélérée.

Son conseiller à la sécurité a fait savoir qu’il discutera avec le président russe la renégociation du traité START-1, qui vient à terme le 5 décembre 2009. Quelques réductions de leur énorme arsenal nucléaire, sans importance pour l’économie et la paix mondiale, en sortiront sans aucun doute.

De quoi pense traiter notre illustre ami durant cette intense tournée ? La Maison-Blanche l’annonce solennellement : les changements climatiques, la relance économique, le désarmement nucléaire, la guerre en Afghanistan, les risques de guerre avec l’Iran et la République populaire démocratique de Corée. De quoi écrire un roman de science-fiction !

En effet, comment donc Obama va-t-il résoudre les problèmes climatiques alors que son pays a, aux réunions préparatoire du Sommet de Copenhague sur les émissions de gaz à effet de serre, soutenu la pire position parmi tous les pays industriels et riches, aussi bien à Bangkok qu’à Barcelone, justement parce qu’il n’a pas souscrit le Protocole de Kyoto et que son oligarchie n’est pas disposée à coopérer pour de bon ?

Comment va-t-il contribuer à la solution des graves problèmes économiques qui touchent une grande partie de l’humanité alors que la dette totale de son pays – à savoir celle du gouvernement, des États, des administrations locales, des entreprises et des familles – se montait fin 2008 à 57 billions de dollars, soit plus de 400 p. 100 de son PIB et que le déficit fiscal s’est élevé à presque 13 p. 100 du PIB durant l’exercice fiscal 2009, un chiffre qu’Obama connaît forcément.

Que peut-il donc offrir à Hu Jintao alors qu’il a mené un politique carrément protectionniste pour frapper les exportations chinoises, qu’il exige sans cesse que le gouvernement chinois réévalue le yuan, ce qui léserait les importations croissantes de produits chinois par le Tiers-monde ?

Le théologien brésilien Leonardo Boff ― qui n’est pas un disciple de Karl Marx, mais un catholique honnête, de ceux qui ne sont pas disposés à coopérer avec l’impérialisme en Amérique latine – vient d’affirmer : « …nous risquons de nous détruire et de dévaster la diversité de la vie » ; « …quasiment la moitié de l’humanité vit en-dessous du seuil de pauvreté. Les 20 p. 100 les plus riches consomment 82,49 p. 100 de toutes les richesses de la Terre, tandis que les 20 p. 100 les plus pauvres ne se soutiennent qu’avec un minuscule 1.6 p. 100. » Il cite la FAO qui avertit : « De 150 à 200 millions de personnes seront des réfugiés climatiques dans les prochaines années. » Et Boff ajoute de son côté : « L’humanité consomme aujourd’hui 30 p. 100 de plus que les capacités de remplacement… La Terre est en train de donner de signes sans équivoque qu’elle n’en peut plus. »

Ce qu’affirme Boff est vrai, mais Obama et le Congrès étasunien font la sourde oreille.

Qu’est-il en train de nous laisser sur le continent ? Le problème honteux de Honduras et l’annexion de la Colombie, où il installera sept bases militaires. Les USA ont établi une base militaire à Cuba voilà plus de cent ans et ils l’occupent toujours de force, et ils ont même ouvert un centre de tortures horrible connu dans le monde entier qu’Obama n’a toujours pas pu fermer.

Je suis d’avis qu’avant la fin du mandat d’Obama, il y aura en Amérique latine de six à huit gouvernements de droite qui seront des alliés de l’Empire. Le secteur le plus de droite aux USA s’efforcera bientôt de limiter le mandat d’Obama à seulement quatre ans. Un Nixon, un Bush ou quelqu’un de l’acabit de Cheney sera de nouveau président. On se rendra compte alors très clairement de la signification de ces bases militaires absolument injustifiables qui menacent aujourd’hui tous les peuples sud-américains sous prétexte de combattre le trafic de drogues, un problème qui découle justement du fait que des dizaines de milliards de dollars sont injectés depuis les USA au profit de la criminalité organisée et de la production de drogues en Amérique latine.

Cuba a prouvé que pour combattre les drogues, la justice et le développement suffisaient. Dans notre pays, le taux de crime pour cent mille habitants est l’un des plus bas au monde. Aucun autre pays du continent ne peut faire état de taux de violence aussi faibles. Et l’on sait que, malgré le blocus, aucun autre ne possède des niveaux d’éducation aussi élevés.

Les peuples latino-américains sauront résister aux coups de boutoir de l’Empire !

Le voyage d’Obama ressemble à de la science-fiction.

Fidel Castro Ruz

Le 11 novembre 2009

19 h 16

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Citations du compañero Fidel : La République Démocratique Allemande

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« Ce à quoi nous avons assisté voilà dix ans, c’est la destruction naïve et inconsciente d’un grand processus social et historique qu’il aurait fallu perfectionner, mais, en aucun cas, détruire. Quelque chose que les hordes de Hitler n’avaient pas pu consommer, même pas après avoir tué vingt millions de Soviétiques et rasé la moitié du pays. Maintenant, le monde se retrouve sous l’égide d’une seule superpuissance qui n’a même pas fait cinq pour cent des sacrifices qu’ont consentis les Soviétiques dans la lutte contre le fascisme.»

Réponses au questionnaire de Federico Mayor
29 juin 2000

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Citations du compañero Fidel : Le mur

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Source photo : cubadebate.cu

« L’Empire a besoin de Latinos, d’émigrants, et ceux-ci, pour tenter d’échapper à la faim, franchissent la frontière mexicaine. Plus de cinq cents meurent chaque année en tentant de franchir la frontière, autrement dit bien plus en douze mois que ceux qui sont morts en vingt-huit ans au fameux mur de Berlin.

L’Empire parlait tous les jours du mur de Berlin. Mais pas un mot de celui qui se dresse entre le Mexique et les USA, où plus de cinq cents personnes meurent tous les ans en tentant de le franchir pour échapper à la pauvreté et au sous-développement. Voilà le monde où nous vivons.»

Discours pour soixantième anniversaire de son entrée à l’université
17 novembre 2005

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Réflexions du compañero Fidel : L’ANNEXION DE LA COLOMBIE AUX Etats-Unis

Toute personne moyennement informée comprend aussitôt que l’Accord complémentaire pour la coopération et l’aide technique en matière de défense et de sécurité, signé entre les gouvernements de la Colombie et des Etats-Unis le 30 octobre et publié le 2 novembre dans l’après-midi, équivaut à l’annexion de la Colombie aux États-Unis.

L’accord gêne théoriciens et politiciens. Il n’est pas honnête de se taire maintenant et de parler ensuite de souveraineté, de démocratie, des droits de l’homme, de liberté d’opinion et d’autres merveilles, quand un pays est dévoré par l’Empire aussi aisément qu’un lézard capture une mouche. C’est le peuple colombien qui est en jeu, dévoué, travailleur, batailleur. J’ai cherché dans ce gros document une justification digestible, et je n’en ai vu aucune.

Des quarante-huit feuillets de vingt et une lignes chacun, cinq philosophent sur les antécédents de cette absorption honteuse qui convertit la Colombie en territoire d’outre-mer. Tout part des accords souscrits avec les USA à la suite de l’assassinat du prestigieux leader progressiste Jorge Eliécer Gaitán, le 9 avril 1948, et de la création de l’Organisation des États américains, le 30 avril 1948, discutée par les ministres des Affaires étrangères du continent qui étaient réunis à Bogota sous la baguette des États-Unis durant les journées tragiques au cours desquelles l’oligarchie colombienne faucha la vie de ce dirigeant et déclencha la lutte armée dans ce pays.

L’Accord d’aide militaire entre la République colombienne et les États-Unis en avril 1952 ; celui ayant à voir avec « une mission terrestre, une mission navale et une mission aérienne des forces militaires des États-Unis », souscrit le 7 octobre 1974 ; la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, de 1988 ; la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, de 2000 ; la Résolution 1373 du Conseil de sécurité de 2001, et la Charte démocratique interaméricaine ; la Politique de défense et de sécurité démocratique, et d’autres sont invoqués dans le document précité. Rien ne justifie la conversion d’un pays de 1 141 748 kilomètres carrés, situé au cœur de l’Amérique du Sud, en une base militaire des États-Unis. La Colombie fait 1,6 fois le Texas, le second État le plus étendu de l’Union, qui fut arraché au Mexique et qui servit ensuite de base pour conquérir à feu et à sang plus de la moitié de ce pays frère.

Par ailleurs, cinquante-neuf ans se sont écoulés depuis que les soldats colombiens furent dépêchés dans la lointaine Asie pour combattre aux côtés des troupes yankees contre les Chinois et les Coréens en octobre 1950. Ce que l’Empire souhaite maintenant, c’est les envoyer se battre contre leurs frères vénézuéliens, équatoriens et contre d’autres peuples bolivariens et de l’ALBA pour écraser la Révolution vénézuélienne, comme ils ont tenté de le faire avec la Révolution cubaine en avril 1961.

Pendant plus d’un mois et demi avant l’invasion de Cuba, le gouvernement yankee promut, arma et utilisa des bandes contre-révolutionnaires de l’Escambray, comme il utilise aujourd’hui les paramilitaires colombiens contre le Venezuela.

Lors de l’attaque de Playa Girón, les B-26 yankees pilotés par des mercenaires opérèrent depuis le Nicaragua, leurs appareils de combat furent transportés vers la zone d’opérations à bord d’un porte-avions, et les envahisseurs d’origine cubaine qui débarquèrent à cet endroit étaient escortés par des navires de guerre et les marines des USA. Aujourd’hui, leurs moyens de guerre et leurs troupes seront cantonnés en Colombie, menaçant non seulement le Venezuela, mais aussi tous les États centraméricains et sud-américains.

Il est vraiment cynique d’affirmer que cet accord infâme est une nécessité de la lutte contre le trafic de drogues et le terrorisme international. Cuba a prouvé qu’il n’y a pas besoin de troupes étrangères pour éviter la culture de plantes et le trafic de drogues et pour maintenir l’ordre interne, bien que les États-Unis, le pays le plus puissant du monde, aient promu, financé et armé durant des dizaines d’années les actions terroristes contre la Révolution cubaine.

La paix intérieure est une prérogative élémentaire de chaque État ; la présence de troupes yankees dans n’importe quel pays latino-américain dans ce but est une ingérence étrangère éhontée dans ses affaires intérieures qui provoquera forcément le refus de la population.

La lecture du document prouve que ce ne sont pas seulement les bases aériennes colombiennes qui passeront aux mains des Yankees, mais encore les aéroports civils et en fin de compte toute installation qui leur sera utile. L’espace radioélectrique sera aussi mis à la disposition de ce pays dont la culture est différente et dont les intérêts n’ont rien à voir avec ceux de la population colombienne.

Les forces armées étasuniennes jouiront de prérogatives exceptionnelles.

Les occupants pourront commettre des crimes partout en Colombie, contre les familles, les biens et les lois colombiennes, sans avoir à répondre devant les autorités du pays ; ils ont causé des scandales et des maladies à bien des endroits, comme ils l’ont fait depuis la base militaire de Palmerola au Honduras. À Cuba, à l’époque où ils visitaient la néo-colonie, ils montèrent à califourchon sur le cou de José Martí, en plein Parque Central de la capitale. Les limites imposées à la quantité de soldats peuvent être modifiées à la demande des USA, sans la moindre restriction. Les porte-avions et les bâtiments de guerre qui visiteront les bases navales concédées pourront emporter autant d’hommes qu’ils voudront, et un seul de ces grands porte-avions en emporte des milliers.

L’accord sera prorogé pour des périodes successives de dix ans, et personne ne pourra le modifier jusqu’à la fin de chaque période, avec un préavis d’une année. Que feront les USA si un gouvernement comme celui de Johnson, de Nixon, de Reagan, de Bush père ou de Bush fils et d’autres du même acabit est sommé d’abandonner la Colombie ? Les Yankees ont été capables de renverser des dizaines de gouvernements sur notre continent. Combien de temps un gouvernement colombien durerait s’il annonçait une telle décision ?

Les politiciens d’Amérique latine se trouvent maintenant devant un problème délicat : le devoir élémentaire d’expliquer leurs points de vue sur le document annexionniste. Je comprends que ce qui se passe à ce moment décisif au Honduras occupe l’attention des médias et des ministres des affaires étrangères de ce continent, mais le problème très grave et capital qui a lieu en Colombie ne peut passer inaperçu aux yeux des gouvernements latino-américains.

Je n’ai pas le moindre doute au sujet de la réaction des peuples ; ils sentiront le poignard qui s’enfonce au plus profond de ses sentiments, en particulier le peuple colombien : ils s’y opposeront, ils ne se résigneront à une telle infamie !

Le monde se heurte aujourd’hui à des problèmes graves et urgents. Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Des dirigeants européens implorent presque à genoux qu’il y ait à Copenhague un accord qui évite la catastrophe. Ils présentent comme une réalité que le Sommet n’atteindra pas son objectif d’un accord qui réduira drastiquement l’émission de gaz à effet de serre. Ils promettent de poursuivre la lutte pour l’atteindre d’ici à 2012 ; il existe un risque réel qu’on ne puisse l’atteindre avant qu’il ne soit trop tard.

Les pays du Tiers-monde réclament à juste titre aux plus développés et aux plus riches des milliards de dollars annuels pour faire face aux dépenses de la bataille climatique.

Est-il sensé que l’administration étasunienne dépense du temps et de l’argent à construire des bases militaires en Colombie pour imposer à nos peuples son odieuse tyrannie ? À ce train, s’il est vrai qu’une catastrophe menace le monde, une catastrophe plus grande et plus rapide menace l’Empire, et tout ceci sera la conséquence d’un même système d’exploitation et de pillage de la planète.

Fidel Castro Ruz
Le 6 novembre 2009

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Réflexions du compañero Fidel : LE MEILLEUR HOMMAGE À LA MÈRE D’UN HÉROS

Carmen Nordelo Tejero, la douloureuse mère du Héros de la République de Cuba, Gerardo Hernández Nordelo, injustement condamné à deux prisons à vie plus quinze ans d’incarcération, est décédée hier.

Le plus insolite, c’est que, voilà à peine douze jours, la justice yankee a libéré Santiago Álvarez Fernández-Magriñá, condamné pour détention de plus de mille cinq cent armes de guerre, grenades à main et autres moyens destinés aux plans terroristes contre notre peuple.

Il s’agissait du second lot d’arme saisi à l’agent de la CIA qui a consacré, au service de l’administration étasunienne, une bonne partie de sa vie au terrorisme contre Cuba.

Il vaudrait la peine que les conseillers de Barack Obama, qui diffusent tant ses discours à la télévision, réclament pour  lui montrer une copie de la vidéo de la Table ronde télévisée de CubaVisión qui a abordé la question de la peine ridicule infligée à Santiago Álvarez pour la détention de ces quinze cents armes et pour le lot antérieur d’environ trois cents : à peine quatre ans de privation de liberté dans une prison de sécurité minima, le pire étant la réduction de peine dont il a bénéficié après avoir révélé au parquet étasunien l’existence d’un autre lot d’armes encore plus grand ! Cet individu avait par ailleurs dépêché un groupe qui s’est infiltré à Cuba et auquel il avait confié la mission, entre autres, de placer une charge d’explosifs dans le cabaret Tropicana, toujours bourré de spectateurs. Nous possédons des preuves documentaires irréfutables de ces instructions.

Un autre terroriste d’origine cubaine, Roberto Ferro, allié de la mafia terroriste de Posada Carriles et de Santiago Álvarez, avait été arrêté en juillet 1991 en possession de trois cents armes à feu, détonateurs et explosifs plastic, et condamné à deux ans de prison. En avril 2006, il a de nouveau été arrêté en possession de 1 751 armes et grenades, camouflées chez lui. Il a été condamné à cinq ans de prison.

On ne dira jamais assez le cynisme de la politique étasunienne qui inscrit Cuba sur sa liste des pays terroristes, lui applique exclusivement une loi assassine, dite d’Ajustement cubain, et lui impose un blocus économique qui interdit de nous vendre des équipements médicaux et des médicaments.

Hier, la Table ronde télévisée, tout en énumérant les crimes de Santiago Álvarez, a montré des programmes de télévision de Miami au cours desquels un agent patenté des États-Unis, Antonio Veciana, racontait les plans qu’il avait tramés pour assassiner à l’arme à feu et aux explosifs des dirigeants cubains, dont Camilo Cienfuegos et el Che, qui étaient à mes côtés à un meeting réunissant des centaines de milliers de personnes devant l’ancien Palais présidentiel, ou pour m’assassiner à l’occasion d’une conférence de presse que je donnais au Chili pendant ma visite au président Salvador Allende. En fin de compte, comme l’avoue ce mercenaire, les assassins au service de la CIA prirent peur dans les deux cas au moment d’agir. Et il ne s’agit là que de deux des si nombreux plans d’assassinats du gouvernement étasunien.

On peut se souvenir de ces méfaits en conservant son sang froid, à moins que, comme c’est le cas, le récit ne coïncide avec la nouvelle du décès, au terme d’une longue maladie, d’une maman aussi honnête et courageuse que Carmen Nordelo Tejera, dont le fils a été injustement et cruellement condamné à deux perpétuités plus quinze ans, isolé dans une prison de sécurité maximale. Quelle douleur plus sévère pouvait-elle souffrir que la prison injuste de son fils pour des crimes qu’il n’a jamais commis ?

On ne saurait déposer une fleur sur son cercueil sans dénoncer une fois de plus le cynisme répugnant de l’Empire !

À quoi s’ajoute une autre nouvelle sinistre, connue cette même après-midi : la signature officielle de l’accord aux termes duquel les États-Unis imposent sept base militaires en plein cœur de Notre Amérique, menaçant par là non seulement le Venezuela, mais tous les peuples du Centre et du Sud de notre continent. Et ce n’est pas Bush qui a signé cet accord, mais bel et bien Barack Obama, violant des normes légales, constitutionnelles et morales, alors que le monde connaît parfaitement les fruits de la funeste base yankee de Palmerola au Honduras ; et c’est encore sous son administration qu’a eu lieu le putsch militaire contre le gouvernement  de ce pays centraméricain.

On n’a jamais traité les peuples latino-américains avec plus de mépris.

Cuba sait pertinemment qu’une fois que les États-Unis imposent une de leurs bases militaires, ils repartent si ça leur chante ou ils restent par la force, comme ils le font à Guantánamo depuis plus de cent ans maintenant. Et où ils ont installé un centre de tortures odieux dans les geôles duquel souffrent toujours de nombreux détenus et que le Prix Nobel flambant neuf n’a toujours pas pu éliminer. La rétrocession de la base de Manta en Équateur a été suivie aussitôt de l’officialisation des sept bases militaires imposées au peuple colombien, sous prétexte de lutte contre le commerce de drogues qui, terrible séquelle du paramilitarisme,  est né du gigantesque marché de la cocaïne et d’autres substances que constituent les États-Unis. Les Yankees ont installé des bases militaires en Amérique latine bien avant l’apparition des drogues, à des fins interventionnistes.

Cuba a prouvé durant un demi-siècle qu’il est possible de lutter et de résister. Le président des États-Unis se leurre, et ses conseillers avec lui, s’il poursuit sur cette route du mépris sordide envers les peuples latino-américains. Nos sentiments penchent sans hésitation pour le peuple bolivarien du Venezuela, pour son président Hugo Chávez et son ministre des Affaires étrangères, qui ont dénoncé le pacte militaire infâme imposé au peuple colombien et dont les auteurs n’ont même pas encore eu le courage de révéler les clauses expansionnistes.

Cuba continuera de coopérer avec les programmes de santé, d’éducation et de développement social des pays frère qui, malgré les obstacles, les avancées et les reculs, seront toujours plus irréductiblement libres.

Comme le disait Lincoln : « …vous ne pouvez pas leurrer tout un peuple tout le temps. »

Nous ne ferons pas que déposer des fleurs sur la tombe de Carmen Nordelo. Nous poursuivrons notre lutte inlassable pour la liberté de Gerardo, d’Antonio, de Fernando, de Ramón et de René, en démasquant l’hypocrisie et le cynisme infinis de l’Empire, en défendant la vérité !

Ce n’est qu’ainsi que nous honorerons la mémoire de la légion de mères et d’épouses qui, comme elle, ont sacrifié le meilleur et le plus précieux de leurs vies pour la Révolution et le Socialisme.

Fidel Castro Ruz

Le 3 novembre 2009

12 h 35

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