Cuba est le premier pays à nous être venu en aide

PORT-AU-PRINCE.- «La réponse de la communauté internationale face à la catastrophe qui a frappé Haïti a été très importante, et en particulier celle de Cuba, qui a été le premier pays à nous venir en aide car les coopérants cubains travaillaient déjà chez nous avant le séisme, et ils ont contribué à sauver de nombreuses vies», a déclaré Jean-Rénald Clérismé, conseiller du cabinet privé du président René Préval, lors d’un entretien avec la presse cubaine.

Il a signalé par ailleurs que son pays a également reçu le soutien immédiat de la République dominicaine, dont le président, Leonel Fernandez, s’est rendu à Port-au-Prince au lendemain du séisme, et il s’est félicité de l’aide de la République bolivarienne du Venezuela. «On peut dire que le monde hispanique de la région est très présent en Haïti», a-t-il dit.

M. Jean-Rénald Clérismé a tenu à remercier tout particulièrement Fidel, qui a lancé le programme de coopération avec René Préval, le président cubain Raul Castro, «et cet autre grand ami, le vice-président Esteban Lazo, qui a accompagné Haïti pendant de longues années».

Interrogé sur le nombre de victimes du séisme qui a dévasté Port-au-Prince, il a signalé qu’on parle de 150 000, mais que le bilan pourrait être de 200 000 morts, car beaucoup de gens sont encore ensevelis les décombres. «Cette catastrophe est pire qu’une guerre», s’est-il exclamé.

«Jusqu’à présent, notre pays reçoit le soutien du monde entier, mais nous souhaiterions une meilleure coordination de l’aide à la population haïtienne, et surtout qu’il n’y ait pas de politisation de la catastrophe et que chaque pays puisse contribuer à la santé et à la dignité du peuple haïtien», a-t-il indiqué.

Il a reconnu qu’il existe des problèmes de coordination dans la distribution des vivres. «Au niveau gouvernemental, nous avons créé des équipes de travail, mais l’ampleur de la catastrophe rend la coordination très difficile, nous ne sommes pas en outre habitués à ce genre de situation. C’est compliqué, mais jour après jour nous travaillons à améliorer l’organisation et à mieux coordonner l’aide», a-t-il dit.

Concernant la polémique autour de l’adoption des enfants haïtiens ayant perdu leurs parents dans le séisme, il a précisé qu’il existe en Haïti un ministère des Affaires sociales chargé de ces démarches. «Le gouvernement n’a rien contre l’adoption, mais tout doit être fait dans le respect des lois du pays».

Pour conclure, il a annoncé un programme pour la construction de campements en dehors de la ville et la création d’espaces pour reloger 600 000 sans abris.

source : granma

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Réflexions du compañero Fidel : DÉPÊCHONS DES MÉDECINS, NON DES SOLDATS !

Dans mes Réflexions du 14 janvier, rédigées deux jours après la catastrophe qui a détruit Haïti, pays voisin frère, j’écrivais :

« Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés. »

[…]

« La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. »

Les personnels de santé cubains ont entrepris de travailler sans trêve heure après heure, de jour et de nuit, dans les rares installations restées debout, sous des tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la population redoutait de nouveaux tremblements.

La situation était encore plus grave qu’on ne l’avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de blessés réclamaient de l’aide dans les rues de Port-au-Prince, tandis qu’une quantité incalculable de personnes gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de pisé et de torchis qui abritaient l’immense majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus solides s’étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher, au milieu des quartiers détruits, les médecins haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup avaient été touchés directement ou indirectement par la tragédie.

Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés attrapés dans plusieurs de leurs édifices, et des dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une force de l’ONU, et on ignorait le sort des centaines d’autres membres de ce personnel.

Le Palais présidentiel s’était effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs hôpitaux, avaient été converties en ruines.

La catastrophe a bouleversé le monde qui en a été témoin grâce aux images des principales chaînes de télévision internationales. Les gouvernements ont annoncé de partout l’envoi de secouristes, d’aliments, de médicaments, d’équipements et d’autres ressources.

Conformément avec la position annoncée publiquement par Cuba, des personnels médicaux d’autres nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens, ont œuvré ardûment auprès de nos médecins dans les installations que nous avions improvisées. Des organisations comme l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et d’autres ont fourni des médicaments et des moyens variés. Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve d’une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé absolument de se mettre en vedette.

En des circonstances similaires, quand le cyclone Katrina fit d’énormes ravages à la Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade médicale complète pour coopérer avec le peuple des États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d’immenses ressources, mais manque de médecins formés et équipés pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à partir, dotés des médicaments et des équipements pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville proche de Cuba par sa position géographique. Nous n’avions jamais supposé  un instant que le président de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort nombre d’Étasuniens qu’on aurait pu sauver. L’erreur de cette administration-là a été peut-être son incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas un ennemi dans le peuple étasunien ni ne l’accuse des agressions dont a souffert notre patrie.

Cette administration-là n’a pas été non plus capable de comprendre que notre pays  ne mendie pas les faveurs ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un demi-siècle durant, de le mettre à genou.

Dans le cas d’Haïti, notre pays a accepté aussitôt, à la demande des autorités étasuniennes, de permettre le survol de notre région orientale et d’offrir d’autres facilités nécessaires pour pouvoir prêter au plus vite de l’aide aux Étasuniens et aux Haïtiens touchés par le séisme.

Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son équanimité et sa fermeté, n’a cessé de sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont été nos adversaires dans l’arène internationale le savent pertinemment.

Cuba est résolument d’avis que la tragédie qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus puissants de la communauté internationale.

Haïti  est un pur produit du système colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde. C’est de l’étranger que l’esclavage y a été introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé. Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de Copenhague où les droits les plus élémentaires des cent quatre-vingt-douze États membres de l’Organisation des Nations Unies ont été bafoués.

La tragédie a déclenché en Haïti une course à l’adoption hâtive et illégale de garçons et de filles, au point que l’Unicef a dû prendre des mesures préventives pour empêcher le déracinement d’enfants qui seraient séparés de parents proches.

On compte déjà plus de cent mille morts. Nombre d’habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert des fractures,  de sorte qu’ils doivent suivre un traitement que leur permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.

Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une économie assez développée pour satisfaire les besoins de la population dans la mesure de ses capacités productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs capacités productives et du niveau technique de leur population, de relever l’Europe ou le Japon,  en comparaison des efforts à consentir en Haïti.  Là, à l’instar d’une grande partie de l’Afrique et d’autres régions du Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d’un développement durable. Dans seulement quarante ans, l’humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit faire face aux changements climatiques que les scientifiques acceptent comme une réalité inévitable.

Or, au beau  milieu de la tragédie, sans que nul ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l’infanterie de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et d’autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis encore, ni l’Organisation des Nations Unies ni l’administration étasunienne n’a offert à l’opinion publique mondiale une explication au sujet de ce déploiement de forces.

Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions qu’ils ont envoyés en Haïti n’ont pas pu y atterrir pour débarquer des ressources humaines et techniques.

Divers pays annoncent de leur côté qu’ils enverront d’autres soldats et équipements militaires. Ce qui, à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos et à compliquer la coopération internationale, déjà complexe en soi. Il faut en discuter sérieusement et assigner à l’ONU le rôle dirigeant qui lui incombe dans cette question délicate.

Notre pays remplit une mission strictement humanitaire. Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa portée. La volonté de notre peuple, fier de ses médecins et coopérants dans des activités vitales, est grande et sera à la hauteur des circonstances.

Notre pays ne refusera aucune coopération importante qu’on lui offrirait, à condition toutefois qu’elle soit en accord avec l’importance et la valeur de l’aide qu’on exigerait des ressources humaines de notre patrie.

Il est juste de signaler que nos modestes moyens aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises à la disposition du peuple haïtien n’ont eu aucun mal à arriver à destination.

Dépêchons des médecins, non des soldats !

Fidel Castro Ruz

Le 23 janvier 2010

17 h 30

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Encore des élections à Cuba ?

Beaucoup de gens dans le monde ont dû rester pantois après l’annonce par le Conseil d’État de la République de Cuba du déroulement d’élections le dimanche 25 avril prochain. Pourtant ce sera naturellement le jour des élections des délégués aux 169 Assemblées Municipales du Pouvoir Populaire.

Cela peut facilement se comprendre, puisqu’une des tâches principales de la guerre médiatique contre la Révolution cubaine a été d’ignorer, d’escamoter ou de taire la réalisation d’élections démocratiques : les partielles, tous les deux ans et demi, pour élire des délégués (conseillers), et les générales, tous les cinq ans, pour élire les députés nationaux et les membres des Assemblées de Provinces.

Cuba en est à son treizième processus électoral depuis 1976 avec la participation intéressée et responsable de tous les citoyens âgés de 16 ans et plus. Ces élections d’avril prochain seront des élections partielles.

C’est en usant de l’équivoque, la désinformation et en occultant les élections à Cuba de leur agenda informatif, que chacun des patrons des grands médias ont tenté d’instituer leur sinistre message :  » les dirigeants de Cuba, à tous les niveaux, ne sont pas élus par le peuple ». Heureusement qu’au cours de ces dernières années, grâce surtout à l’émergence du Web, les censures médiatiques ont rapidement pris de l’eau, et la vérité sur la réalité de Cuba, au sujet des élections ainsi que sur d’autres événements et d’autres questions, s’est fait connaitre au fur et à mesure.

Le fait de ne pas donner d’information du déroulement d’élections à Cuba, de même que son travail sur la santé, l’éducation, la sécurité sociale et d’autres sujets, démontre la crainte des maîtres du capital du monde si l’existence de cet exemple cubain venait à se propager, car en même temps, leur fiction de démocratie et de liberté qu’ils ont vendue au monde serait totalement mise à nue.

Cependant, nous nous apercevons que l’implacable temps qui court est l’ennemi de ceux qui érigent des murs de silence. Même s’il y a encore quelques commentateurs soudoyés ou des politiciens défenseurs des intérêts contraires ou opposés des peuples, qui continuent d’affirmer « qu’à Cuba, sous la dictature des Castro, il n’y a pas de démocratie ni de liberté ni d’élections ». Il s’agit d’une consigne qui est constamment rabâchée pour honorer la pensée d’un idéologue du nazisme qui disait qu’un mensonge répété mille fois peut se transformer en vérité.

À la lumière des élections prévues pour le 25 avril prochain, et en étant le plus bref possible je voudrais seulement vous faire remarquer à cette occasion, quatre particularités du processus électoral à Cuba, qui sont susceptibles d’être encore perfectionnées et qui marquent des différences substantielles avec les mécanismes existants pour l’organisation dans ce que l’on nomme « démocraties participatives ». Ces aspects sont :

1) Le Registre Électoral

2) Les Assemblées de Nomination de Candidats jusqu’aux Délégués

3) La Propagande Électorale

4) Le vote et le scrutin.

Le Registre Électoral est automatique, universel, gratuit et public. Dès sa naissance un(e) Cubain(e), a non seulement le droit de recevoir l’éducation et la santé gratuitement, mais également dès l’âge de 16 ans il/elle est inscrit(e) automatiquement sur le Registre Électoral. Personne n’est exclu, ni pour des raisons de sexe, de religion, de race ou de philosophie politique. Même s’il fait partie des unités de défense et de sécurité du pays. Personne ne paye un seul cent pour être inscrit, et personne n’est soumis à d’embarrassantes démarches bureaucratiques comme par exemple l’exigence de photos, de timbres ou d’empreintes digitales. Le Registre est public, il est exposé dans chaque circonscription et dans des lieux massivement fréquentés par la population.

Dès le début de la campagne électorale, l’organisation publique du procédé donne la possibilité à chaque citoyen(ne) en âge légal de pouvoir exercer son droit de vote ou de se présenter aux élections. Ce procédé élimine toute possibilité de fraude, qui est une pratique très commune dans les pays que se disent démocratiques. Partout où il y a fraude, c’est d’abord parce que la majorité des électeurs ne savent pas qui à le droit de voter. Cela n’est connu et ne peut être maîtrisé que par quelques machineries politiques. Ainsi, il peut y avoir des morts qui votent plusieurs fois, ou bien comme aux USA, nombreux sont les citoyens ayant été rayés des registres à cause d’une condamnation pénale ne sont pas réinscrits malgré qu’ils aient purgé leur peine.

Ce qui distingue ou qui différencie le plus le système électoral à Cuba en comparaison avec d’autres, ce sont les assemblées pour la nomination des candidats. Dans d’autres pays, les candidats émergent des partis politiques, cela vient de l’essence même du système démocratique, chaque parti élit son candidat. À Cuba, c’est différent. Les candidats ne viennent d’aucune institution politique. Le Parti Communiste de Cuba, qui est une force participative de la société et de l’État, n’est pas une organisation qui propose des candidats. Il ne postule pas, il n’élit pas, de même qu’il ne peut révoquer qui que ce soit des milliers d’hommes et de femmes qui ont les charges représentatives de l’État cubain. Ses buts n’ont jamais été et ne seront jamais de gagner des sièges à l’Assemblée Nationale ou dans les Assemblées de Provinces ou Municipales du Pouvoir Populaire. Certes, dans chaque élection, de nombreux militants du Parti se sont proposés et se proposent toujours et certains ont été élus, mais seulement parce que leurs concitoyens les ont reconnus comme méritants et capables, et non pas parce qu’ils sont militants du Parti Communiste.

Les Cubains et les Cubaines ont le privilège de choisir leurs candidats sur la base de leurs mérites et de leurs aptitudes, grâce aux assemblées citoyennes de quartiers, circonscriptions ou par zone dans les villes ou dans les zones rurales. Dans ces assemblées, les votes sont réalisés à main levée, et naturellement, celui qui obtient le plus de voix est élu. Dans chaque circonscription électorale il y a plusieurs zones de nomination, et la Loi Électorale garantit qu’entre 2 et 8 candidats peuvent être désignés pour se présenter aux élections des délégués du 25 avril prochain.

L’absence de propagande coûteuse et tapageuse est une autre particularité du processus électoral à Cuba, dans d’autres pays il existe toute une marchandisation dans laquelle une course effrénée pour obtenir des fonds est engagée ou pour privilégier telle ou telle entreprise de relations publiques. À Cuba, aucun candidat postulant à une élection n’est autorisé à faire sa propagande et, évidemment, aucun n’a besoin d’être fortuné ou disposer de fonds ou d’aide financière pour se faire connaître. Aucune action n’a lieu, sur les places et dans la rue, en faveur d’un quelconque candidat, aucune manifestation, ni caravane publicitaire, ni des panneaux avec leur portrait, ni promesses électorales ; rien également à la radio et à la télévision de même que dans la presse écrite. Ce sont les autorités électorales qui s’occupent de l’unique publicité. Celle-ci consiste à exposer dans les lieux publics, dans la zone-même de résidence des électeurs, la biographie et la photo de chacun des candidats. Aucun candidat n’est plus privilégié qu’un autre. Les mérites de chacun obtenus dans la vie sociale sont inscrits sur leur biographie, de telle sorte que les électeurs peuvent avoir des éléments sur les conditions personnelles, la valeur et l’aptitude de chaque candidat à servir le peuple et ainsi choisir librement celui qu’il pense être le plus apte.

La dernière particularité que je voudrais souligner, c’est le vote et le scrutin public. À Cuba, le vote n’est pas obligatoire. Comme il est inscrit dans l’Article 3 de la Loi Électorale, le vote est libre, égalitaire et secret, chaque électeur n’a le droit qu’à une seule voix. Personne n’a, bien sur, rien à craindre s’il ne va pas voter ou s’il décide de voter blanc ou nul. Le vote n’est pas obligatoire, non pas comme dans beaucoup d’autres pays dans lesquels les gens se déplacent pour certifier de leur présence afin d’éviter une amende, ou qu’ils ne soient trainés en justice ou même pour ne pas perdre leur emploi. Au contraire dans d’autres pays, y compris les USA, l’essence-même est basée pour dégouter la majorité des électeurs, qui de fait, ne vont pas voter, à Cuba chacun fait ce qu’il veut. Depuis 1976 jusqu’aujourd’hui, dans les élections réalisées à Cuba ont a pu enregistrer un taux moyen de participation de 97%. Au cours des trois dernières, plus de 8 millions d’électeurs inscrits ont voté.

Aux élections cubaines le dépouillement et le décompte des voix sont réalisés en public, et donc, dans chaque collège, tout citoyen qui le désire peut y assister, y compris la presse nationale ou étrangère. De plus, seuls sont élus ceux qui dépassent les 50% des bulletins favorables sortis des urnes. Ce sont ces élus qui devront rendre des comptes à leurs électeurs et ils peuvent être révoqués par ces derniers à n’importe quel moment de leur mandat.

Je souhaite seulement que par ces particularités énoncées, un lecteur qui n’a pas d’information sur la réalité cubaine puisse répondre à quelques questions élémentaires :

- Dans quel endroit existe-t-il une plus grande transparence électorale, une plus grande liberté et autant de démocratie ?

- Quel sont les pays où de tels pourcentages de participation sont atteints : dans des pays avec une multitude de partis politiques, une multitude de candidats et une gigantesque propagande ou bien dans une Cuba ignorée ou déformée par les grands médias, monopolisés par une poignée d’entreprises et de magnats de l’information chaque fois plus réduits ?

Et je souhaite également, que le mur de silence élevé dans la grande presse autour des élections cubaines puisse un jour tomber, de même que celui autour d’autres sujets comme la réussite sur la santé publique et sur l’éducation, afin que cela puisse devenir une source de connaissance pour d’autres peuples qui méritent un plus grand respect et un avenir avec plus de libertés et de démocratie.

source : cubadebate.cu et tlaxcala.es

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Réflexions du compañero Fidel : HAÏTI MET À L’ÉPREUVE L’ESPRIT DE COOPÉRATION

Les nouvelles qui parviennent d’Haïti confirment le grand chaos qu’on était en droit d’attendre dans la situation exceptionnelle engendrée par la catastrophe.

Surprise, étonnement, commotion dans les premiers instants, désir dans les recoins les plus éloignés de la planète de prêter de l’aide sans retard… Qu’envoyer et comment le faire vers une petite île des Caraïbes depuis la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres endroits situés à des dizaines de milliers de kilomètres de distance ? L’ampleur du séisme et la pauvreté du pays génèrent dans les premiers instants des idées de besoins imaginaires qui donnent lieu à toutes sortes de promesses possibles qu’on s’efforce ensuite de concrétiser par tous les moyens.

Pour nous, Cubains, nous avons compris que le plus important était de sauver des vies, ce pour quoi nous sommes entraînés face non seulement à des catastrophes de ce genre, mais aussi à d’autres désastres naturels de nature sanitaire.

Des centaines de médecins cubains étaient déjà sur place, ainsi qu’un bon nombre de jeunes Haïtiens aux origines modestes, convertis en de bons professionnels de la santé, car c’est à cela que nous avons consacré notre coopération avec ce pays frère et voisin depuis de longues années. Une partie de nos compatriotes était toutefois en vacances, tandis que des Haïtiens se formaient ou étudiaient à Cuba.

Le tremblement de terre a dépassé tous les calculs : les modestes demeures de pisé et de torchis – dans une ville de presque deux millions d’habitants – ne pouvaient pas résister. De solides bâtiments publics se sont effondrés, des îlots entiers se sont écroulés sur leurs habitants qui se trouvaient chez eux alors que la nuit tombait et qui furent ensevelis sous les ruines, vivants ou morts. Les personnes blessées qui remplissaient les rues réclamaient des secours. La force des Nations Unies (MINUSTAH), le gouvernement et la police se sont retrouvés sans direction ni commandement. Ces institutions employant des milliers de personnes se sont attelées dans les premiers moments à la tâche de savoir quelles sont celles qui étaient en vie et où.

La première chose qu’on faite nos médecins dévoués en Haïti et les jeunes spécialistes de la santé formés à Cuba, c’est de communiquer entre eux afin de connaître leur sort et de savoir sur quoi ils pouvaient compter pour aider le peuple haïtien dans cette tragédie.

Ceux qui étaient en congés à Cuba et les médecins haïtiens qui suivaient une spécialisation dans notre pays se sont aussitôt préparés à partir. D’autres experts cubains en chirurgie qui avaient rempli des missions difficiles se sont offerts à les accompagner. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, nos médecins avaient déjà soigné des centaines de patients. Aujourd’hui, 16 janvier, à peine trois jours et demi après la tragédie, ils avaient traité plusieurs milliers de victimes.

Ce samedi midi, la direction de notre brigade a informé entre autres :

« Ce que font les compagnons est vraiment digne d’éloge. Ils sont tous d’avis que ce qui s’est passé au Pakistan pâlit en comparaison [il y a eu là-bas un grave séisme où certains ont travaillé]. Là-bas, ils avaient dû soigner bien des personnes ayant souffert de fractures, parfois mal consolidées, ou l’écrasement de membres, mais ici ça dépasse tout ce qu’ont peut imaginer : de nombreuses amputations ; il faut pratiquement amputer en plein air : c’est l’image de ce qu’ils avaient supposé se passer pendant une guerre.

« … l’hôpital Delmas 33 fonctionne déjà ; il compte trois blocs opératoires dotés de groupes électrogènes, des secteurs de consultation, etc., mais il est absolument bondé.

« …douze médecins chiliens nous ont rejoints, dont un anesthésiste, ainsi que huit médecins vénézuéliens, et neuf religieuses espagnoles ; on attend d’un moment à l’autre dix-huit Espagnols auxquels l’ONU et le ministère haïtien de la Santé publique avaient confié l’hôpital, mais qui n’avaient pas les ressources d’urgence qui n’avaient pas pu arriver, si bien qu’ils ont décidé de se joindre à nous et de commencer à travailler sans retard.

« …trente-deux médecins haïtiens résidents ont été envoyés ici, dont six allaient partir directement à Carrefour, un endroit totalement dévasté. Les trois équipes de chirurgiens cubains qui sont arrivées hier ont aussi fait le voyage.

« …nous opérons dans les installations médicales suivantes à Port-au-Prince : l’hôpital La Renaissance, l’hôpital de la Sécurité sociale et l’hôpital de la Paix.

« …quatre centres de diagnostic intégral fonctionnent aussi. »

Cette information donne une petite idée de ce que font en Haïti les personnels médicaux de Cuba et ceux d’autres pays qui travaillent avec eux, parmi les premiers à être arrivés dans ce pays. Notre personnel est disposé à coopérer et à joindre ses forces avec tous les spécialistes de la santé envoyés de partout pour sauver des vies dans ce peuple frère. Haïti pourrait se convertir en un exemple de ce que l’humanité peut faire pour soi. La possibilité et les moyens existent ; c’est la volonté, toutefois, qui fait défaut.

Plus l’on mettra de temps à enterrer ou à incinérer les morts, à distribuer des aliments et d’autres produits vitaux, et plus les risques d’épidémies et de violences sociales s’aggraveront.

Haïti permettra de prouver combien de temps l’esprit de coopération durera avant que ne l’emportent l’égoïsme, le chauvinisme, les intérêts mesquins et le mépris d’autres nations.

Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Le séisme de Port-au-Prince nous rappelle à tous, à peine trois semaines après, à quel point nous avons été égoïstes et suffisants à Copenhague !

Les pays observent de près tout ce qu’il se passe en Haïti. L’opinion publique mondiale et les peuples seront de plus sévères et implacables dans leurs critiques.

Fidel Castro Ruz

Le 16 janvier 2010

19 h 46

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Réflexions du compañero Fidel : La leçon d’Haiti

http://www.fidelista.net/images/fidel/haiti/terremoto-haiti-earthquake-17.jpg

source photo : cubadebate.cu

Voilà deux jours, à partir de six heures de l’après-midi à Cuba, mais déjà de nuit en Haïti du fait de sa position géographique, les chaînes de télévision ont commencé à informer qu’un violent séisme de catégorie 7,3 à l’échelle Richter, avait frappé sévèrement Port-au-Prince, l’épicentre ayant été repéré dans une faille tectonique située en mer à seulement quinze kilomètres de la capitale haïtienne où 80 p. 100 de la population vit dans des maisons de pisé et de torchis.

Les nouvelles ont continué d’arriver presque sans interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on disait que de nombreux bâtiments publics, des hôpitaux, des écoles et des installations plus solides s’étaient effondrés. J’ai lu qu’un séisme force 7,3 équivalait à l’énergie libérée par une explosion de quatre cent mille tonnes de TNT.

Les descriptions étaient tragiques. Les blessés en pleine rue réclamaient en criant des secours médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des familles étaient ensevelies. Personne n’a pu toutefois, durant bien des heures, transmettre la moindre image.

La nouvelle a surpris tout le monde. Nous étions nombreux à écouter de fréquentes informations sur des cyclones et de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que notre voisin courait des risques de fort tremblement de terre. C’est alors qu’on a appris que le dernier grand séisme survenu dans cette ville remontait à deux cents ans en arrière, quand elle ne comptait sans doute que quelques milliers d’habitants.

À minuit, le chiffre de victime était encore approximatif. De hauts fonctionnaires des Nations Unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces événements bouleversants et annonçaient l’envoi de secouristes. Comme des troupes des Nations Unies de divers pays étaient déployées en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, des ministres de la défense évoquaient des pertes éventuelles parmi leurs personnels.

C’est réellement hier matin, mercredi, que des nouvelles attristantes ont commencé à arriver au sujet d’énormes pertes humaines dans la population, et des organisations comme les Nations Unies signalaient que certains de leurs bâtiments s’étaient effondrés, une expression qui ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier beaucoup.

Des nouvelles toujours plus bouleversantes au sujet de la situation dans ce pays frère ont continué d’arriver pendant des heures. Les chiffres de victimes mortelles variaient selon les sources de trente à cent mille. Les images sont désolantes. Cette catastrophe a reçu une large divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements sincèrement émus s’efforcent de coopérer dans la mesure de leurs moyens.

Toute tragédie bouleverse de bonne foi un grand nombre de personnes, surtout quand il s’agit de désastre naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se demandent : pourquoi Haïti est-elle un pays si pauvre ? Pourquoi sa population dépend-elle à presque 50 p.100 des envois de fonds familiaux en provenance de l’étranger ? Pourquoi n’analysent-elles pas aussi les réalités qui ont conduit à la situation actuelle en Haïti et à ses énormes souffrances ?

Le plus curieux de cette histoire, c’est que personne ne rappelle à aucun moment qu’Haïti a été le premier pays où quatre cent milles Africains victimes de la traite et de l’esclavage des Européens se soulevèrent contre trente mille Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la plus première grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d’une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le général de Napoléon le plus éminent.

Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu’Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l’immense majorité des habitants de la planète continue d’être exploitée et mise à sac.

Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être dans des proportions aussi élevées qu’en Haïti.

De situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l’ordre économique et politique international injuste qu’on a imposé au monde. La population mondiale n’est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d’Haïti, qui est un pâle reflet de ce que les changements climatiques peuvent provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d’Haïti : nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d’y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu’on a suivie vis-à-vis d’Haïti.

Je ne peux m’empêcher de le dire : il est temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère !

Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés.

De nombreux autres jeunes Haïtiens font actuellement des études de médecine à Cuba.

Nous coopérons aussi avec le peuple haïtien dans d’autres domaines à notre portée. Aucune autre forme de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce nom que celle de la bataille dans le monde des idées et dans l’action politique pour qu’on mette fin à la tragédie sans borne que souffrent de nombreuses nations comme Haïti.

La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. » Tel était le message laconique qu’elle a pu envoyer quelques heures après son arrivée, hier, à Port-au-Prince à la tête de renforts médicaux.

Elle a fait savoir tard dans la nuit que les médecins cubains et les Haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane étaient en train de se déployer dans le pays. Ils avaient déjà soigné à Port-au-Prince plus de mille blessés, après avoir refait fonctionner d’urgence un hôpital qui ne s’était pas effondré et en recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se préparaient à installer sans retard d’autres centres de soins d’urgence.

Nous somme fiers à juste titre de la coopération que les médecins cubains et les jeunes médecins haïtiens formés à Cuba prêtent à leurs frères d’Haïti en ces moments tragiques !

Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010

A lire aussi :

Réflexions du compañero Fidel : ON NE PEUT RIEN IMPROVISER EN HAÏTI

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Message de Raul à René Préval

La Havane, le 12 janvier 2010

V.E. M. René Garcia Préval
Président de la République d’Haïti

Cher ami:

C’est avec une profonde douleur et consternation que nous avons appris la nouvelle du tremblement de terre qui a secoué la République sœur d’Haïti ces dernières heures.

Je tiens à vous adresser, au nom du gouvernement et du peuple cubains, nos plus sincères condoléances, et je vous rappelle que vous pouvez compter sur l’aide solidaire de notre pays en ces moments difficiles.

Veuillez accepter le témoignage de ma plus haute considération et de ma plus profonde estime.

Raul Castro Ruz
Président du Conseil d’Etat et du Conseil
des ministres de la République de Cuba

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Les Cubains remémorent le 51e anniversaire de l’entrée de Fidel Castro à La Havane

http://www.fidelista.net/images/fidel/cuba_entrada-de-fidel-a-la-habana_efe.jpg

source photo : cubadebate.cu

Des centaines de Cubains ont célébré aujourd’hui le 51ème anniversaire de l’entrée de Fidel Castro à La Havane le 8 Janvier 1959, accompagnée par la guérilla qui a dirigé l’armée rebelle de la Sierra Maestra, pour commémorer le triomphe de la révolution.

Les participants à l’événement, enfants et jeunes en uniformes scolaires, ont attendu à El Cotorro banlieue de La Havane, le passage de la caravane qui a réédité le tour des huit jours de Fidel à l’est de l’île.

Haydee Moya, 75, a déclaré à Efe que la mise en scène lui a causé « nostalgie » de cette journée qui a eu lieu en 1959 « pour voir l’arrivée triomphale de Fidel et les jeunes hommes avec des barbes et des perles« .

source : cubadebate.cu

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Réflexions du compañero Fidel : LE MONDE, UN DEMI-SIÈCLE APRÈS

Le cinquante et unième anniversaire du triomphe de la Révolution, célébré voilà maintenant deux jours, a fait remonter à ma mémoire des souvenirs de ce 1er janvier 1959. Je n’aurais jamais pensé me le rappeler un demi-siècle après – qui s’est écoulé à toute allure – comme si c’était hier.

Quand, le 28 décembre 1958, je me réunis à la sucrerie Oriente avec lui, le chef des forces ennemies dont les unités d’élite étaient cernées sans aucune échappatoire reconnut sa déroute et fit appel à notre générosité afin de trouver une issue digne pour le reste de ses troupes. Il savait que nous traitions humainement, sans la moindre exception, les prisonniers et les blessés. Il accepta l’accord que je lui proposai, bien que je l’eusse averti que les opérations se poursuivraient. Mais, à l’instigation de l’ambassade étasunienne, il gagna la capitale où il fomenta un coup d’Etat.

Nous nous préparions aux combats du 1er janvier quand la nouvelle que le tyran avait pris la fuite nous parvint au petit matin. Je donnai des ordres à l’Armée rebelle de ne pas admettre de cessez-le-feu et de poursuivre les actions sur tous les fronts. Aux micros de Radio-Rebelde, j’appelai les travailleurs à déclarer une grève générale révolutionnaire qui serait secondée aussitôt par toute la nation. La tentative de coup d’Etat avorta de ce fait et nos troupes entrèrent victorieuses à Santiago de Cuba cette même après-midi.

Le Che et Camilo, à la tête de leurs forces aguerries, reçurent des instructions d’avancer rapidement sur la Nationale à bord de véhicules et de s’emparer de la Cabaña et du camp militaire de Columbia.  L’armée ennemie, frappée sur tous les fronts, n’était plus en mesure de résister. Le peuple soulevé se chargea d’occuper les centres de répression et les stations de police. Le 2 janvier dans l’après-midi, accompagné d’une petite escorte, je me réunis dans un stade de Bayamo avec plus de deux mille soldats –  blindés, artillerie et infanterie motorisée – contre lesquels nous avions combattu jusqu’au jour antérieur. Ils portaient encore leurs armes. Nous avions forcé le respect de l’adversaire par nos méthodes audacieuses, mais humanitaires, de guerre irrégulière. Ainsi, en quatre jours seulement – alors que nous avions lancé la guerre, vingt-cinq mois avant, avec à peine quelques fusils – plus de cent mille armes des armées de terre, de mer et de l’air et tout le pouvoir de l’État passèrent aux mains de la Révolution. J’ai raconté en quelques lignes ce qu’il s’est passé à cette même date, voilà cinquante et un ans.

Commença alors la bataille principale : préserver l’indépendance de Cuba face au plus puissant Empire de l’Histoire, et notre peuple l’a livrée avec une dignité immense. Je me réjouis avec ceux qui, par-delà des obstacles, des sacrifices et des risques incroyables, ont su défendre notre patrie et qui profitent ces jours-ci, en compagnie de leurs enfants, de leurs parents et de leurs êtres les plus chers, de l’allégresse et des gloires de chaque nouvel an.

Mais les jours actuels ne ressemblent en rien, toutefois, à ceux d’hier. Nous vivons une époque nouvelle, sans commune mesure avec aucune autre de l’Histoire. Avant, les peuples se battaient  avec honneur – et ils continuent de se faire – pour un monde meilleur et plus juste ; aujourd’hui, ils doivent le faire en plus – et sans échappatoire – pour la survie de notre espèce. L’ignorer, ce n’est rien savoir du tout !

Le peuple cubain est sans aucun doute l’un des plus avertis du monde sur le plan politique. Il est pourtant parti d’un profond analphabétisme. Pis encore, nos maîtres yankees et la bourgeoisie associée aux patrons étrangers possédaient les terres, les sucreries, les usine de biens de consommation, les entrepôts, les commerces, l’électricité, les téléphones, les banques, les mines, les assurances, les quais, les bars, les hôtels, les bureaux, les maisons de rapport, les cinémas, les imprimeries, les revues, les journaux, la radio, la télévision naissante et tout ce qui valait quelque chose.

Une fois éteintes les flammes brûlantes de nos batailles pour la liberté, les Yankees s’arrogèrent le droit de penser pour un peuple qui avait tant lutté pour être maître de son indépendance, de ses richesses et de ses destinées. Rien, absolument rien ne nous appartenait, même pas la pensée politique. Combien d’entre nous savaient lire et écrire ? Combien avaient même le certificat d’études ? Je m’en souviens particulièrement en un jour pareil, parce que le pays appartenait censément aux Cubains. Je ne cite rien d’autre, parce que je devrais inclure bien d’autres choses, dont les meilleurs établissements d’enseignement, les meilleurs hôpitaux, les meilleurs logements, les meilleurs médecins, les meilleurs avocats… Combien étions-nous à avoir droit à tout ça ? Qui possédait, sauf rares exceptions, le droit naturel et divin d’être un gérant et un chef ?

N’importe quel millionnaire ou richard était, sans exception, chef de parti, sénateur, représentant ou haut fonctionnaire. Telle était la démocratie représentative et pure qui régnait dans notre patrie, à moins que les Yankees n’imposassent à leur guise des tyranneaux impitoyables et cruels quand cela convenait davantage à leurs intérêts, afin de mieux défendre leurs biens face à des paysans sans terre et à des ouvriers avec ou sans travail. Comme plus personne n’en parle, je m’aventure à le rappeler.

Notre pays fait aujourd’hui partie des plus de cent cinquante qui constituent le Tiers-monde et qui seront les premiers, mais non les seuls, à souffrir d’incroyables dommages si l’humanité ne prend pas conscience d’une manière claire, sûre et plus rapide que jusqu’à présent de ce que seront la réalité et les conséquences des changements climatiques provoqués par l’homme, si l’on ne parvient à l’empêcher à temps.

Nos médias ont décrit les effets des changements climatiques. Les cyclones toujours plus violents, les sécheresses et d’autres calamités naturelles ont aussi contribué à l’éducation de notre peuple en la matière. Un fait singulier – la bataille autour du climat qui s’est déroulée au Sommet de Copenhague – a contribué à faire connaître le danger imminent. Il s’agit là d’un risque réservé non au lointain XXIIe siècle, mais au XXIe, non à la seconde moitié de celui-ci, mais aux prochaines décennies où nous commencerions à en souffrir déjà les tristes conséquences.

Il ne s’agit pas non plus d’une simple action contre l’Empire et ses acolytes qui, dans ce domaine comme dans tous les autres, tentent de faire primer leurs intérêts stupides et égoïstes, mais d’une bataille d’opinion mondiale qu’on ne saurait laisser à la spontanéité ni aux caprices de la plupart de leurs médias. C’est une situation que connaissent heureusement des millions de personnes honnêtes et courageuses dans le monde, d’une bataille à livrer avec le concours des masses et au sein des organisations sociales et des institutions scientifiques, culturelles, humanitaires et d’autres de caractère international, tout particulièrement aux Nations Unies où l’administration étasunienne, ses alliés de l’OTAN et les pays les plus riches ont tenté d’assener en fraude, au  Danemark, un coup antidémocratique au reste des pays émergents et pauvres du Tiers-monde.

La délégation cubaine, qui a assisté au Sommet de Copenhague aux côtés des membres de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et des autres pays du Tiers-monde, a dû y livrer une bataille frontale après les incroyables événements enclenchés par le discours du président yankee, Barack Obama, et du groupe des États les plus riches de la planète, bien décidés à démanteler les engagements contraignants de Kyoto – où ce problème épineux avait été débattu voilà plus de douze ans – et à faire retomber le fardeau des sacrifices sur les pays émergents et sur les pays sous-développés qui sont, non seulement les plus pauvres, mais aussi les principaux fournisseurs de matières premières et de ressources non renouvelables de la planète aux plus développés et aux plus opulents.

Obama s’est pointé à Copenhague le dernier jour de la Conférence, qui avait démarré le 7 décembre. Le pire, c’est  – alors qu’il avait déjà décidé d’expédier trente mille soldats de plus à la boucherie en Afghanistan, un pays aux fortes traditions d’indépendance que même les Anglais, à leur meilleure et plus cruelle époque, ne purent soumettre – d’avoir accepté le Prix Nobel de la paix et de s’être rendu à Oslo pour le recevoir ! Il est donc apparu le 10 décembre dans la capitale norvégienne où il a prononcé un discours vide, démagogique et justificateur.  Puis le 18, autrement dit le dernier jour du Sommet, à Copenhague, où il ne pensait rester au départ que huit heures. Sa secrétaire d’État et un groupe sélect de ses meilleurs stratèges y avaient débarqué la veille.

Obama commença  par choisir un groupe d’invités qui eurent l’honneur de l’accompagner pour l’entendre prononcer son discours au Sommet. Le Premier ministre danois, qui présidait la Conférence, complaisant et flagorneur, céda la parole au groupe qui ne comptait guère plus d’une quinzaine de personnes. Le chef impérial méritait des égards spéciaux. Son discours fut un brassage de paroles mielleuses assorties de gestes théâtraux qui commencent déjà à ennuyer ceux qui, comme moi, se sont assignés la tâche de l’écouter pour tenter d’apprécier objectivement ses caractéristiques et ses visées politiques. Obama imposa à son docile hôte danois une condition : seuls ses invités pourraient prendre la parole, ce qui ne l’empêcha pas, à peine son intervention conclue, de disparaître en coulisses par une porte dérobée, tel un acteur fuyant l’auditoire qui lui a pourtant fait l’honneur de l’écouter avec intérêt.

Une fois terminée la liste des orateurs autorisés, un indigène de pure souche aymara, Evo Morales, le président bolivien, qui venait d’être réélu par 65 p. 100 des voix, exigea de pouvoir prendre la parole, laquelle lui fut cédée sous les applaudissements majoritaires des personnes présentes dans la salle. En à peine neuf minutes, il exprima des concepts profonds et dignes qui répondaient à ce qu’avait dit le président, désormais absent, des États-Unis. Aussitôt, Hugo Chávez se leva à son tour pour réclamer la parole au nom de la République bolivarienne du Venezuela, et celui qui présidait la séance n’eut pas d’autre solution que de la lui céder : Chávez en profita pour improviser un des plus brillants discours que je lui ai entendu prononcer. Quand il eut terminé, un coup de maillet mit fin à cette séance insolite.

Le très affairé Obama et son cortège n’avaient toutefois pas une minute à perdre ! Son groupe avait mis au point un projet de déclaration, bourré de choses vagues, qui était le déni même du Protocole de Kyoto. Après son exit précipité de la salle des séances plénières, il se réunit avec d’autres invités, qui ne dépassaient pas la trentaine, négocia en privé et en groupe, insista, parla de millions de billets verts qui, faute d’aval en or, ne cessent de se dévaluer, et menaça même d’abandonner la réunion si on n’accédait pas à ses demandes. Le pire, c’est qu’il s’agissait d’une rencontre de pays hyper-riches à laquelle il avait invité plusieurs des principales nations émergentes et deux ou trois pays pauvres, et auxquels il soumit le document sur un ton de : C’est ça ou rien !

Le Premier ministre danois s’évertua à présenter cette déclaration confuse, ambiguë et contradictoire, à la discussion de laquelle l’Organisation des Nations Unies n’avait participé en rien, comme un Accord du Sommet ! La session avait déjà pris fin officiellement,  presque tous les chefs d’État ou de gouvernement et ministres des Affaires étrangères avaient regagné leurs pays. Et c’est à trois heures du matin que l’honorable Premier ministre danois soumit, en séance plénière, le fatidique document à des centaines de malheureux fonctionnaires, qui avaient à peine fermé l’œil pendant trois jours, leur offrant juste une heure pour l’analyser et l’adopter.

Et la chaudière explosa ! Les délégués n’avaient même pas eu le temps de le lire. Plusieurs réclamèrent la parole. Le premier fut celui de Tuvalu,  dont les îles seraient englouties par les eaux si ce qui était proposé là était adopté ; vinrent ensuite ceux de la Bolivie, du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua. Cet affrontement dialectique du 19 décembre à trois heures du matin est digne de passer à l’Histoire, si tant est que celle-ci dure très longtemps après les changements climatiques…

Comme l’on connaît à Cuba une bonne partie des faits, et qu’on les trouve sur des sites d’Internet, je me bornerai à reproduire des extraits des deux interventions de notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, parce qu’il vaut la peine de connaître les épisodes finals de la série de Copenhague et les péripéties du dernier chapitre qui n’ont pas encore été publiées dans notre pays. Il s’adresse au Premier ministre danois, qui préside la séance :

« Le document dont vous avez nié à plusieurs reprises l’existence, monsieur le Président, apparaît maintenant. Nous avons tous vu des versions qui circulent d’une manière subreptice et qui se discutent en petits conciliabules secrets, hors des salles où la communauté internationale négocie d’une manière transparente à travers ses représentants.

« Je me joins aux représentants de Tuvalu, du Venezuela et de la Bolivie. Cuba juge extrêmement insuffisant et inadmissible le texte de ce projet apocryphe…

« Le document que vous nous présentez ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Je connais les versions antérieures qui se sont négociées elles aussi à travers des procédés contestables et clandestins, en coteries fermées, mais qui mentionnaient du moins une réduction de 50 p. 100 d’ici à l’an 2050.

[…]

« Le document que vous nous soumettez maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien maigres et insuffisantes de cette version-là. Ce document-ci ne garantit absolument pas l’adoption de mesures minimales qui permettraient d’éviter une très grave catastrophe à la planète et à l’espèce humaine.

« L’ignoble document que vous nous soumettez est tout aussi muet et ambigu au sujet de l’engagement concret de réduction des émissions de la part des pays développés, responsables du réchauffement global du fait des niveaux historiques et actuels de leurs émissions et devant donc procéder sans retard à des réductions substantielles. Votre document ne dit pas un traître mot concernant cet engagement des pays développés !

[…]

« Votre papier, monsieur le Président, est l’acte de décès du Protocole de Kyoto, et ma délégation s’y refuse.

« La délégation cubaine tient à souligner la primauté du principe des « responsabilités communes mais différenciées » en tant que concept clef des futures négociations. Votre papier n’en dit mot.

[…]

« La délégation cubaine proteste une fois de plus devant le fait que cette Conférence a été conduite d’une manière antidémocratique, soumise à de graves violations de procédure, en particulier à travers des formes de débats et de négociations arbitraires, non inclusives et discriminatoires.  […]

« Je vous demande formellement, monsieur le Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette honteuse Quinzième Conférence des Parties. »

Ce que personne ne pouvait imaginer, c’est que, au terme d’une autre longue pause et alors que tout le monde pensait que le Sommet conclurait sur les formalités habituelles, le Premier ministre du pays siège allait, à l’instigation des Yankees, faire une nouvelle tentative pour que ce document soit adopté comme consensus du Sommet, alors qu’il ne restait même plus aucun ministre des affaires étrangères dans la salle ! Des délégués du Venezuela, de la Bolivie, du Nicaragua et de Cuba, restés vigilants et l’œil ouvert  jusqu’à la dernière minute, frustrèrent à nouveau cette ultime manœuvre de Copenhague.

Mais l’affaire n’était pas conclue pour autant. Les puissants ne sont pas habitués à ce qu’on leur résiste, et ils ne l’admettent d’ailleurs pas. Le 30 décembre, la mission permanente du Danemark auprès des Nations Unies à New York informait aimablement la nôtre avoir pris note de l’ « accord » de Copenhague du 18 décembre 2009 et joignait une copie préalable de cette décision. Elle écrivait textuellement : « …le Gouvernement danois, en sa qualité de président de la Quinzième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, invite les Parties à informer par écrit le secrétariat de ladite Convention, dans les meilleurs délais, de leur volonté de s’associer à l’Accord de Copenhague. »

Cette communication surprenante a entraîné une réponse de notre Mission permanente, qui affirme,  entre autres : « Aussi le Gouvernement de la République de Cuba rejette-t-il catégoriquement la tentative de faire adopter indirectement un texte qui a été refusé par plusieurs délégations, non seulement du fait de ses carences face aux graves effets des changements climatiques, mais aussi parce qu’il répond exclusivement aux intérêts d’un groupe d’États réduit. »

Elle a aussi provoqué une lettre de Fernando González Bermúdez, notre vice-premier ministre de la Science, de la Technologie et de l’Environnement, à M. Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dont je transcris quelques paragraphes :

«Nous avons reçu avec surpris et inquiétude la Note que le Gouvernement danois a distribué aux Missions permanentes des États membres des Nations Unies à New York, que vous connaissez sûrement et qui invite les États Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à informer par écrit le Secrétariat exécutif, dans les meilleurs délais possibles, de leur souhait de s’associer audit Accord de Copenhague.

« Nous avons constaté avec tout autant d’inquiétude que le Gouvernement danois faisait savoir que le Secrétariat exécutif de la Convention-cadre inclura dans le rapport de la Conférence des Parties tenue à Copenhague la liste des États parties qui auraient manifesté leur volonté de s’associer audit Accord.

« Cette façon d’agir constitue, de l’avis de la République de Cuba, une violation grossière et condamnable de ce qui a été décidé à Copenhague où les États parties, devant le manque évident de consensus, se sont bornés à prendre note de l’existence de ce document.

« Rien de ce qui a été accordé à la Quinzième Conférence des Parties n’autorise le Gouvernement danois à décider de cette action ni, à plus forte raison, le Secrétariat exécutif à inclure dans le Rapport final une liste des États parties, ce pour quoi il n’a pas mandat. […]

« Je tiens à vous faire savoir que le Gouvernement de la République de Cuba rejette avec la plus grande fermeté cette nouvelle tentative de légitimer indirectement un document frappé de nullité et à réitérer que cette façon d’agir compromet le résultat des futures négociations, pose un précédent dangereux pour les travaux de la Convention-cadre et heurte en particulier la bonne foi dans laquelle les délégations devront poursuivre les négociations l’an prochain. »

Beaucoup savent, en particulier les mouvements sociaux et les personnes les mieux informées des institutions humanitaires, culturelles et scientifiques, que le document promu par les USA constitue un recul par rapport aux positions atteintes par ceux qui s’efforcent d’éviter à notre espèce un désastre colossal. Il serait oiseux de répéter ici les chiffres et les données qui le prouvent mathématiquement. Les faits apparaissent sur les pages d’Internet et sont à la portée d’un nombre croissant de personnes intéressées par cette question.

La théorie que défendent ceux qui souhaitent la signature du document est débile et marque un recul. On invoque l’idée trompeuse que les pays riches fourniront 30 milliards de dollars en trois ans aux pays pauvres pour leur permettre d’assumer les dépenses qu’implique l’affrontement aux changements climatiques, cette somme pouvant s’élever à 100 milliards par an en 2020, ce qui revient à renvoyer les choses aux calendes grecques, compte tenu de la très grande gravité de ce problème. Les spécialistes savant que ces sommes sont misérables, ridicules et inacceptables face aux volumes d’investissements exigés. D’autant que leur origine est vague et confuse, et n’engage personne à rien.

Que vaut un dollar ? Que signifient trente milliards ? Nous savons tous que de Bretton Woods (1944) au décret présidentiel de Nixon (1971) – promulgué pour faire retomber sur l’économie mondiale les dépenses de la guerre génocidaire lancée contre le Vietnam – la valeur du dollar, mesurée en or, n’a cessé de se réduire pour être aujourd’hui trente-deux fois inférieure : autrement dit, 30 milliards de dollars signifient moins d’un milliard, et 100 milliards en valent à peine 3,125, ce qui ne permet même pas de fabriquer aujourd’hui une raffinerie de pétrole de moyenne capacité !

Si les pays industrialisés tenaient un jour leur promesse d’apporter aux pays encore à développer  0,7 p. 100 de leur PIB – ce qu’ils n’ont jamais fait, sauf rares exceptions – cela représenterait plus de 250 milliards de dollars par an.

Pour sauver les banques, l’administration étasunienne a dépensé 800 milliards de dollars. Combien serait-elle disposée à verser pour sauver les 9 milliards de personnes qui peupleront notre planète en 2050, à supposer que ne se produisent pas avant les grandes sécheresses et inondations que provoquera la mer à cause de la fonte des glaciers et des grandes masses d’eau congelées du Groenland et de l’Antarctique ?

Ne nous abusons pas. Ce que les États-Unis ont prétendu faire par leurs manœuvres à Copenhague, c’est diviser le Tiers-monde, séparer les plus de cent cinquante pays sous-développés de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud et d’autres avec lesquels nous devons lutter unis pour défendre, à Bonn, à Mexico et à toute autre conférence internationale, aux côtés des organisations sociales, scientifiques et humanitaires, de vrais accords qui soient favorables à tous les pays et préservent l’humanité d’un désastre qui peut entraîner l’extinction de notre espèce.

Le monde possède toujours plus d’informations, mais les hommes politiques ont de moins en moins de temps pour penser.

Les nations riches et leurs dirigeants, le Congrès des Etats-Unis compris, semblent discuter à qui sera le dernier à disparaître.

Obama s’est proposé de faire vingt-huit fêtes pour célébrer la fin de l’année et le début de celle-ci. J’espère qu’il aura inclus celle des Rois mages et que Gaspar, Melchior et Balthazar lui seront de bon conseil.

Qu’on m’excuse la longueur de ces Réflexions que je n’ai pas voulu diviser en deux. J’en demande pardon à mes patients lecteurs.

Fidel Castro Ruz

Le 3 janvier 2010

15 h 16

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Daniel Ortega et Fidel

http://www.fidelista.net/images/fidel/fidel-castro-daniel-ortega-raul-castro-2009-18.jpg

Le site www.el19digital.com publie 13 photos de Daniel Ortega (président du Nicaragua) et de Fidel Castro. Ces photos ont été prises durant l’année 2009, où les deux Commandants se sont entretenus sur l’île de Cuba.

La première de ces réunions a eu lieu à La Havane, en avril, lors d’une visite de Daniel sur l’île après le cinquième Sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago. La deuxième a eu lieu en décembre, à son retour du huitième Sommet de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)

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Citations du compañero Fidel : Le 1er janvier 1959

« Honneur et gloire éternels, respect infini et affection pour ceux qui sont tombés à l’époque pour assurer l’indépendance définitive de la patrie; pour tous ceux qui ont écrit cette épopée dans les montagnes, les campagnes et les villes, guérilleros ou militants clandestins; pour ceux qui, après la victoire de la Révolution,  sont morts dans d’autres missions glorieuses ou ont consacré loyalement leur jeunesse et leurs énergies à la cause de la justice, de la souveraineté et de la rédemption de leur peuple; pour ceux qui sont déjà décédés et pour ceux qui vivent encore, car, si on pouvait parler en ce 1er janvier-là d’une victoire remportée en cinq ans, cinq mois et cinq jours après le 26 juillet 1953,  il faut parler à cet anniversaire-ci, en prenant le même point de référence, d’une lutte héroïque et admirable de quarante-cinq ans, cinq mois et cinq jours. »

Discours de Fidel Castro pour le quarantième anniversaire de la Révolution
1er janvier 1999

Discours prononcé par Fidel Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, pour le quarantième anniversaire de la Révolution, place Céspedes (Santiago de Cuba), le 1er janvier 1999, Année du quarantième anniversaire de la Révolution.


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