Fidel et Raul décorés pour leur aide aux enfants ukrainiens

Le chef d’Etat ukrainien Viktor Yanoukovitch a décoré le commandant en chef Fidel Castro et le président Raul Castro, pour l’aide apportée aux enfants victimes de l’accident nucléaire de Tchernobyl, a informé la présidence ukrainienne.

Selon un communiqué de presse, Yanoukovitch a décerné à Fidel Castro l’Ordre du mérite, première classe, et à Raul l’Ordre du mérite du Prince Yaroslav le Sage, également première classe, pour leur «importante contribution au rétablissement de la santé des enfants de Tchernobyl. ».

Le ministre cubain de la Santé publique, José Ramon Balaguer Cabrera, a été également décoré de l’Ordre Prince Yaroslav le sage, 5e classe.

Environ 23 000 enfants ont été soignés à l’hôpital cubain de Tarara des séquelles de l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire, survenu en 1986 dans l’usine nucléaire de Tchernobyl, rappelle le communiqué.

Le président a exprimé ainsi sa profonde reconnaissance aux autorités cubaines pour cette «aide immense» offerte à l’Ukraine pour faire face aux conséquences de la catastrophe nucléaire. (Cubadebate∕EFA)

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Réflexions du compañero Fidel : LA RÉFORME SANITAIRE DES ÉTATS-UNIS

Barack Obama croit fanatiquement au système capitaliste impérialiste imposé au monde par les États-Unis. « Dieu bénisse les États-Unis », conclut-il ses discours.

Certaines de ses actions ont heurté la sensibilité de l’opinion mondiale qui avait vu avec sympathie la victoire du citoyen afro-étasunien face au candidat de l’extrême-droite. Profitant de l’une des crises économiques mondiales les plus profondes enregistrées à ce jour et de la douleur causée par le fait que de jeunes Étatsuniens ont perdu la vie ou ont été blessés ou mutilés dans les guerres de conquête génocidaires de son prédécesseur, il a remporté la majorité des voix des 50 p. 100 de ses concitoyens qui daignent aller voter dans ce pays démocratique.

Par un sentiment moral élémentaire, Obama aurait dû s’abstenir d’accepter le Prix Nobel de la paix juste au moment où il avait décidé de dépêcher quarante mille soldats de plus à une guerre absurde au cœur de l’Asie.

Sa politique militariste, de pillage des ressources naturelles et d’échange inégal avec les pays pauvres du Tiers-monde ne se différencie en rien de celle que ses prédécesseurs, presque tous d’extrême droite, sauf rares exceptions, ont suivie au long du siècle dernier.

Le document antidémocratique imposé au Sommet de Copenhague à la communauté internationale – qui lui avait fait confiance pour sa promesse de coopérer à la lutte contre les changements climatiques – a été un des autres faits qui ont déçu  bien des gens dans le monde.  Les États-Unis, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, n’étaient pas disposés à faire les sacrifices nécessaires malgré les flatteries antérieures de leur président.

Il serait interminable de recenser ici les contradictions entre les idées que la nation cubaine a défendues au prix de grand sacrifices pendant un demi-siècle et la politique égoïste de son colossal voisin.

Nous n’avons pourtant aucune animadversion contre Obama, encore moins contre le peuple étasunien. Nous estimons que la réforme de santé a constitué, au terme d’une bataille importante, un succès de son administration. Il semble toutefois insolite qu’il ait fallu attendre deux cent trente-quatre ans après la Déclaration d’Indépendance de Philadelphie, en 1776, qui s’inspirait des idées des encyclopédistes français, pour que le gouvernement de ce pays fasse approuver des soins médicaux pour l’immense majorité des citoyens, quelque chose que Cuba  a implanté pour toute la population voilà un demi-siècle malgré le blocus cruel et inhumain imposé et toujours en vigueur par le pays le plus puissant qui ait jamais existé. Auparavant, c’est seulement  presqu’un siècle après l’indépendance et au terme d’une guerre sanglante qu’Abraham Lincoln put arracher l’affranchissement des esclaves.

Je ne peux, par ailleurs, m’empêcher de penser à un monde où plus du tiers de la population manque de soins médicaux et des médicaments essentiels pour garantir la santé, une situation qui s’aggravera à mesure que, compte tenu des changements climatiques, la rareté d’eau et d’aliments empirera, dans un monde globalisé où la population augmente, les forêts disparaissent, les terres agricoles diminuent, l’air devient irrespirable, et où l’espèce humaine qui l’habite – apparue voilà moins de deux cent mille ans, soit trois milliards cinq cent millions d’années après le surgissement des premières formes de vie sur la planète – court vraiment le risque de disparaître en tant que telle.

En admettant que la réforme sanitaire soit un succès pour l’administration Obama, le président des USA ne peut ignorer que les changements climatiques constituent une menace pour la santé, pis encore pour l’existence même de toutes les nations du monde, quand l’élévation de la température – au-delà des limites critiques prévues – diluera les eaux congelées des glaciers, et que les dizaines de millions de kilomètres cubiques emmagasinés dans les énormes couches de glace accumulées dans l’Antarctique, le Groenland et la Sibérie fondront en quelques dizaines d’années, laissant sous les eaux toutes les installations portuaires du monde et les terres où une grande partie de la population mondiale vit, se nourrit et travaille aujourd’hui.

Obama, les leaders des pays riches et leurs alliés, leurs scientifiques et leurs centres de recherche dernier cri le savent. Il est impossible qu’ils l’ignorent.

Je comprends la satisfaction avec laquelle le président s’exprime et reconnaît dans son discours la contribution des membres du Congrès et de l’administration qui ont permis ce miracle de la réforme sanitaire, laquelle consolide la position de son administration face aux lobbyistes et aux mercenaires de la politique qui limitent ses facultés. Le retour à la Maison-Blanche de ceux qui ont promu les tortures, les assassinats contractuels et le génocide serait pire. Obama est quelqu’un d’intelligent, incontestablement, et d’assez bien informé pour savoir que je n’exagère pas. J’espère que les sottises qu’il exprime quelquefois au sujet de Cuba n’obscurciront pas son intelligence.

Après le succès de cette bataille pour le droit de tous les Étatsuniens à la santé, douze millions d’immigrants, en leur immense majorité des Latino-américains, des Haïtiens et autres Caribéens réclament leur légalisation aux USA où ils font les travaux les plus  durs et dont ne peut se passer la société étasunienne au sein de laquelle ils sont arrêtés, séparés de leurs famille et renvoyés dans leurs pays.

L’immense majorité ont émigré aux USA à cause des tyrannies imposées par ceux-ci aux pays de la région et de la pauvreté brutale à laquelle ils ont été soumis par suite du pillage de leurs ressources et de l’échange inégal. Les envois de fonds familiaux constituent un pourcentage élevé du PIB de ces pays. Ils attendent maintenant un acte de justice élémentaire. Si on a imposé au peuple cubain une loi d’Ajustement qui encourage le vol de cerveaux et le prive des jeunes qu’il a formés, pourquoi emploie-t-on des mesures aussi brutales contre les immigrants illégaux des pays latino-américains et caribéens ?

Le séisme dévastateur qui a frappé Haïti – le pays le plus pauvre d’Amérique latine –une catastrophe naturelle sans précédent qui a entraîné la mort de plus de deux cent mille personnes, et les terribles dommages économiques qu’un autre phénomène similaire a causés au Chili sont des preuves éloquentes des dangers qui menacent ce qu’on appelle la civilisation et de la nécessité d’adopter des mesures draconiennes qui offrent à l’espèce humaine l’espoir de survivre.

La Guerre froide n’a apporté aucun bénéfice à la population mondiale. Malgré leur immense pouvoir économique, technologique et scientifique, les USA  ne pourraient pas survivre à la tragédie qui plane sur la planète. Le président Obama doit chercher sur son ordinateur les données pertinentes et converser avec ses scientifiques les plus éminents, et il verra combien son pays est loin d’être le modèle qu’il préconise pour l’humanité.

En tant qu’Afro-Étasunien, il y a souffert l’affront de la discrimination, selon ce qu’il raconte dans son livre Les rêves de mon père ; il y a connu la pauvreté où vivent des dizaines de millions d’Étasuniens ; il y a été éduqué, mais il y a aussi joui, après avoir réussi  comme profession libérale, des privilèges de la classe moyenne riche et il a fini par idéaliser le système social du pays où la crise économique, les vies inutilement sacrifiées d’Étasuniens et son incontestable talent politique lui ont donné la victoire électorale.

Pourtant, Obama est pour la droite la plus obtuse un extrémiste contre lequel elle menace de continuer de batailler au Sénat afin de neutraliser les effets de la réforme sanitaire et de la saboter ouvertement dans plusieurs États en déclarant inconstitutionnelle la loi adoptée.

Les problèmes de notre époque sont encore plus graves.

Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres organismes internationaux de crédit, sous le contrôle rigoureux des USA, permettent aux gouvernements de ce pays de renflouer les grandes banques étasuniennes – créatrices de paradis fiscaux et responsables du chaos financier sur la planète – à chacune des crises fréquentes et croissantes du système.

La Réserve fédérale des États-Unis émet à sa guise les devises convertibles qui paient les guerres de conquête, les profits du complexe militaro-industriel, les bases militaires disséminées à travers le monde et les gros investissements par lesquels les transnationales contrôlent l’économie dans de nombreux pays du monde. Nixon suspendit unilatéralement la conversion du dollar en or, tandis que les caves des banques de New York abritent sept mille tonnes d’or, soit un peu plus de 25 p. 100 des réserves mondiales, contre plus de 80 p. 100 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. On argumente que la dette publique des États-Unis dépasse les dix billions de dollars, soit plus de 70 p. 100 de leur PIB, tel un fardeau transmis de génération en génération. En fait, c’est l’économie mondiale qui paie cette dette grâce aux énormes dépenses en biens et services qu’elle fait pour acheter les dollars par lesquels les grosses transnationales de ce pays se sont emparées d’une part considérable des richesses du monde et soutiennent la société de consommation dans cette nation.

N’importe qui comprend que ce système est insoutenable et pourquoi les secteurs les plus riches des États-Unis et leurs alliés dans le monde le défendent, alors qu’il ne repose que sur l’ignorance, les mensonges et les réflexes conditionnés semés dans l’opinion publique à travers le monopole des médias, dont les principaux réseaux Internet.

Aujourd’hui, l’échafaudage s’effondre devant l’avancée accélérée des changements climatiques et leurs conséquences funestes qui placent l’humanité devant un dilemme exceptionnel.

Les guerres entre puissances ne semblent plus être la solution aux grandes contradictions, comme elles le furent jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, mais elles ont influé à leur tour de telle manière sur les facteurs qui assurent la survie de l’humanité qu’elles risquent de mettre fin prématurément à l’existence de l’espèce intelligente qui habite notre planète.

Voilà quelques jours, je me suis dit convaincu que, compte tenu des connaissances scientifiques actuelles, l’être humain devra régler ses problèmes sur cette planète-ci, la Terre, car il ne pourra jamais parcourir la distance qui sépare le Soleil de l’étoile la plus proche, située à plus de quatre années-lumière, une vitesse qui, comme le savent nos collégiens, équivaut à 300 000 kilomètres par seconde, à supposer qu’il existe autour de ce Soleil une planète semblable à notre belle Terre.

Les États-Unis investissent des sommes fabuleuses pour vérifier s’il y a de l’eau sur la planète Mars et s’il y a existé ou s’il y existe une forme de vie élémentaire. Personne ne sait pourquoi, sinon par simple curiosité scientifique. Entretemps, des millions d’espèces disparaissent à un rythme croissant sur notre planète à nous et ses fabuleuses quantités d’eau sont constamment empoisonnées.

Les nouvelles lois de la science – à partir des formules d’Einstein sur l’énergie et la matière et la théorie du « Big Bang » comme origine de millions de constellations et d’étoiles infinies, et d’autres hypothèses – ont provoqué de profonds changements dans de concepts fondamentaux comme l’espace et le temps qui attirent l’attention et engendrent les analyses des théologiens. L’un d’eux, notre ami brésilien Frei Betto, aborde la question dans son livre La obra del artista : Une vision holística del Universo, qui a été présenté à la dernière Foire internationale du livre de La Havane.

Les avancées de la science ces cent dernières années ont eu des retombées sur les approches traditionnelles qui ont prévalu des milliers d’années durant dans les sciences sociales, voire en philosophie et en théologie.

Les plus honnêtes penseurs portent beaucoup d’intérêt aux nouvelles connaissances, mais nous ne savons absolument rien de ce que pense le président Obama sur la compatibilité entre les sociétés de consommation et la science.

En attendant, il vaut la peine de réfléchir de temps à autre à ces questions. L’être humain ne cessera pas pour autant de rêver et de prendre les choses avec la sérénité requise et des nerfs d’acier. C’est du moins le devoir de ceux qui ont choisi le métier de politiciens et de ceux qui se font le noble et incontournable propos d’instaurer une société humaine solidaire et juste.

Fidel Castro Ruz

Le 24 mars 2010

18 h 40

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Rencontre chaleureuse de Raul avec les habitants de Santiago

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source photo : cubadebate

«Comment va Fidel?» «Merci d’être venu nous voir si vite!» «Vive la Révolution!». C’est avec ces phrases que Raul a été accueilli dans chacune de ses rencontres avec les habitants des communes du Segundo Frente et de Santiago de Cuba, pendant sa deuxième journée de visite de cette province, où il est arrivé moins de 24 heures après le séisme survenu samedi dernier.

Pendant cette journée intense, le président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres a rendu hommage à José Marti au cimetière Santa Ifigenia, accompagné par les membres du Bureau politique, le commandant de la Révolution Ramiro Valdés Menéndez, vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, et du général de corps d’armée Ramon Espinosa Martin, vice-ministre des FAR. Etaient également présents le général de division Ramon Pardo Guerra, chef de l’Etat major national de la Défense civile, et Lazaro Exposito Canto, premier secrétaire du Comité provincial du Parti à Santiago de Cuba.

LE SEGUNDO FRENTE

Dans les premières heures de la matinée et sous une brume épaisse, Raul et sa délégation ont déposé des fleurs au mausolée situé au pied du mont Micara, en hommage aux combattants tombés sur le Second Front oriental Frank Pais. Un hommage auquel s’est associée Yolanda Pardo Rivero, première secrétaire du Parti de la commune.

Soledad de Mayari, une petite localité située à quelques kilomètres de la capitale de la province, a été la deuxième étape de la visite. Là, Raul a entamé une conversation animée avec les enseignants et les élèves de l’école primaire Orlando Carvajal Colas, de 32 élèves seulement. Mais les enfants, Hector, Yuleisdis, Dayana et Sarai, ont su s’exprimer avec une grande aisance et démontrer leurs connaissances de l’histoire de Cuba.

L’école a été construite à quelques mètres du lieu où s’est tenu le Congrès des Paysans en armes, le 21 septembre 1958, puis au mois de décembre de la même année, le Congrès ouvrier. Il accueille aujourd’hui un petit musée.

Le deuxième secrétaire du Parti a signalé une plaque commémorative placée à cet endroit par des jeunes travailleurs du Bureau de l’administration fiscale, en souvenir de l’adoption de la Loi des impôts révolutionnaires du Second Front oriental Frank Pais, le 14 juin 1958, qui fixait une taxe sur les profits des riches propriétaires terriens, destinée à soutenir les efforts de guerre. Les paysans, quant à eux, décidèrent lors de leur congrès de remettre volontairement à la guérilla 10% de leur récolte.

Dans ce lieu historique réside la famille d’Edel Macia, un paysan qui a insisté auprès de Raul pour qu’il visite sa modeste maison. Dans une ambiance très décontractée et chaleureuse, cet homme buriné par le soleil a dit sa fierté d’avoir rejoint les milices de la sierra, accomplissant beaucoup d’autres tâches de la défense du pays, tant que sa santé le lui a permis.

Ensuite, Raul s’est rendu au Conseil populaire de Tumbasiete, où se trouve l’Ecole d’instruction révolutionnaire pour les combattants de l’Armée rebelle, et qui aujourd’hui, enseigne aux enfants de la région les valeurs patriotiques et l’histoire de la guerre révolutionnaire dans ce territoire.

Dans son entretien avec les habitants de cette petite commune qui s’étaient rassemblés pour le saluer, Raul a pris connaissance d’une nouvelle secousse survenue à 9h15.

Dès son retour à Santiago de Cuba, le deuxième secrétaire du Parti s’est rendu de nouveau au Centre de recherche de sismologie, où son directeur Vladimir Moreno Toiran, l’a informé d’une réplique de magnitude 2,8 sur l’échelle de Richter, survenue à 20 km au sud de la plage Cazonal, à Baconao.

Raul a réaffirmé la consigne de maintenir rapidement la population informée, rappelant l’importance de garder son calme et d’appliquer les instructions des autorités.

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source photo : cubadebate

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Raul Castro s’est rendu à Santiago de Cuba

Il a présidé la réunion du Conseil provincial de Défense sur la situation sismologique


Le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, est arrivé à Santiago quelques heures après le séisme de magnitude 5,5 sur l’échelle de Richter ressenti dans toute la province orientale, et qui a été suivi de plusieurs répliques de moindre intensité, trois d’entre elles, entre 3 et 4,8 degrés.

Lors d’une réunion avec le Conseil provincial de Défense, activé après la forte secousse tellurique, Raul a pris connaissance des informations détaillées qui lui ont été communiquées par le Dr. Vladimir Moreno Toirat, directeur du Centre national de recherche sismologique, sur l’augmentation de l’activité dans les zones sismiques voisines de Cuba, notamment le long de la frange sud-orientale.

Le Dr Moreno a précisé que cette augmentation est perceptible depuis le 12 janvier dernier à la suite de l’important séisme survenu en Haïti, et que l’épicentre du séisme de samedi, situé à 62 km au sud-est de Santiago, était localisé au même endroit que celui du tremblement de terre de 1947, d’une magnitude de 6,7.

Le Dr. Vladimir Moreno a livré des détails sur le travail du réseau de surveillance sismique, formé par les stations situées à Soroa, Manicaragua, Cascorro, Holguin, Moa, Las Mercedes, Maisi et Rio Carpintero.

«Nous devons prévoir tout ce qu’il est possible de prévoir, en considérant que l’essentiel sera toujours la protection de notre population», a insisté le chef d’Etat cubain devant les membres du Conseil de défense de Santiago de Cuba et leur président Lazaro Exposito Canto.

Concernant les dommages causés, le lieutenant colonel Gustavo Alvarez Matos, chef de l’Organisme chargé de la Défense civile de la province, a souligné que plusieurs établissements publics de la santé, de l’éducation, de la culture, du commerce et de la gastronomie, entre autres, ont subi des dommages, notamment l’apparition de lézardes et de fissures dans leurs structures, de même que 316 habitations et 19 bâtiments dans les communes de Santiago de Cuba, Palma Soriano, Contramaestre, Mella, Songo La Maya, Segundo Frente et Guama.

Raul a également visité le laboratoire de géodynamique et la station sismologique, située à Rio Carpintero sur les flancs de la montagne de la Gran Piedra. Il était accompagné du général de corps d’armée Ramon Espinosa Martin, membre du Bureau politique du Parti et vice-ministre des Forces armées révolutionnaires; du général de division Ramon Pardo Guerra, chef de l’Etat major national de la Défense civile; de Lazaro Exposito Canto, membre du Comité central du Parti et premier secrétaire à Santiago de Cuba, et de Rolando Yero Garcia, président de l’Assemblée provinciale du Pouvoir populaire.

Dans ses conversations avec les dirigeants de Santiago et pendant les visites des centres de sismologie, Raul a insisté sur le fait que «tout doit être prévu dès maintenant, il n’est jamais trop top pour prévenir».

Dans ce sens, Raul a pu vérifier comment des spécialistes du Centre national de recherche sismologique, la Défense civile, et les organismes de l’administration de l’Etat, suivent de près cette importante activité sismique et ses éventuelles implications, et travaillent en étroite coordination, en prévoyant les mesures qui s’imposent pour minimiser l’impact de ces phénomènes.

A plusieurs reprises, le général d’armée Raul Castro a insisté sur la nécessité de transmettre à la population des messages pour rassurer la population et d’observer les consignes des autorités.

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Lettre ouverte de l’UNEAC et de l’AHS aux intellectuels et artistes du monde

Au moment même où la Foire du livre sillonnait notre pays d’un bout à l’autre, et où des centaines de médecins cubains sauvaient des vies en Haïti, une nouvelle campagne se préparait contre Cuba. Un délinquant de droit commun au parcours violent et subitement métamorphosé en «prisonnier politique», déclarait une grève de la faim pour exiger qu’on lui installe dans sa cellule le téléphone, une cuisinière et un poste de télévision. Encouragé par des gens dénués de tout scrupule, et malgré tous les efforts consentis pour le maintenir en vie, Orlando Zapata Tamayo est décédé et est devenu un symbole lamentable de la machine anticubaine. Le 11 mars, le Parlement européen a adopté une résolution qui «condamne énergiquement la mort évitable et cruelle du dissident prisonnier politique Orlando Zapata Tamayo», et, dans ce qui constitue une ingérence outrageante dans nos affaires intérieures, il «invite instamment les institutions de l’Union européenne à soutenir de manière inconditionnelle et à encourager sans réserve le lancement d’un processus pacifique de transition politique vers une démocratie pluripartite à Cuba».

Une pétition ayant pour titre «Orlando Zapata Tamayo: j’accuse le gouvernement cubain» vient d’être lancée pour recueillir des signatures contre Cuba. Ce document affirme que le prisonnier a été «injustement incarcéré et brutalement torturé», et qu’il est mort «en dénonçant ces crimes et l’absence de droits et de démocratie dans son pays». Ce document n’hésite pas à mentir sans aucune vergogne sur une soi-disant pratique de notre gouvernement consistant à «éliminer physiquement ses critiques et ses opposants pacifiques». Le 15 mars, un journal espagnol publiait à sa une photo du visage de Zapata Tamayo, déjà décédé, dans son cercueil, tout en annonçant l’adhésion à la pétition de plusieurs intellectuels ayant joint leur signature à d’anciens et de nouveaux professionnels de la contre-révolution interne et externe.

Nous, les écrivains et les artistes cubains, sommes pleinement conscients de la manière dont les corporations médiatiques et les intérêts hégémoniques et de la réaction internationale peuvent s’articuler pour nuire à notre image. Nous les reconnaissons à l’acharnement et à la haine qu’ils mettent à déformer notre réalité et à déverser leurs mensonges sur Cuba. Nous savons aussi le prix que doivent payer ceux qui ont tenté d’exprimer leurs propres nuances depuis la culture.

Dans l’histoire de la Révolution, jamais un prisonnier n’a été torturé. Il n’y a pas eu un seul disparu. Il n’y a pas eu une seule exécution extrajudiciaire. Nous avons fondé une démocratie propre, imparfaite certes, mais beaucoup plus participative et légitime que celle que d’autres prétendent nous imposer. Les concepteurs de cette campagne n’ont aucune autorité morale pour nous donner des leçons en matière de droits de l’Homme.

Il est indispensable de mettre fin à cette nouvelle agression contre un pays assiégé et victime d’un harcèlement impitoyable. Nous en appelons à la conscience de tous les intellectuels et artistes dépourvus d’intérêts retors quant à l’avenir d’une Révolution qui a été, est et sera toujours un modèle d’humanisme et de solidarité.

Secrétariat de l’Union nationale des écrivains et artistes cubains

Direction nationale de l’Association «Hermanos Saiz»

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Déclaration de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba

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Au terme d’une campagne orchestrée par de puissantes entreprises médiatiques, fondamentalement européennes, qui ont attaqué Cuba avec férocité, le Parlement européen vient de voter, après un débat malhonnête, une résolution de condamnation de notre pays qui manipule des sentiments, dénature les faits, profère des mensonges et occulte des réalités.

Le prétexte avancé a été le décès d’un détenu, condamné d’abord pour des délits communs, puis manipulé par des intérêts étasuniens et par la contre-révolution interne, pour avoir refusé, de sa propre volonté, toute alimentation malgré les avertissements et l’intervention des médecins spécialistes cubains.

On ne saurait utiliser ce fait regrettable pour condamner Cuba au motif qu’elle aurait pu éviter ce décès. S’il est un domaine où notre pays n’a pas à se défendre verbalement, car la réalité est irréfutable, c’est bien dans celui de la lutte pour la vie des êtres humains, qu’ils soient nés à Cuba ou à l’étranger. Un seul exemple suffit : la présence de médecins cubains en Haïti onze avant le séisme de janvier dernier, ce dont la presse hégémonique se garde bien de parler.

Cette condamnation masque un profond cynisme. Combien d’enfants sont morts dans les nations pauvres parce que les pays riches représentés au Parlement européen ne tiennent pas leurs engagements d’Aide publique au développement ? Tous savent que c’est prononcer là une sentence de mort massive, mais ils ont choisi de préserver leurs niveaux de gaspillage et de surconsommation somptuaire, suicidaires à long terme.

C’est aussi offenser les Cubains que de vouloir leur donner des leçons alors que les gouvernements européens répriment en ce moment même les immigrants et les chômeurs, tandis qu’ici, le peuple propose librement et sans intermédiaires, dans des réunions de quartiers, ses candidats aux élections municipales.

Ceux qui ont participé à la contrebande aérienne de détenus, à l’établissement de prisons illégales et à la pratique de la torture, ou qui les ont permis, n’ont aucun droit moral de juger un peuple agressé et en butte à un blocus brutal.

Une condamnation si discriminatoire et sélective ne peut s’expliquer que par l’échec d’une politique qui a été incapable de faire plier un peuple héroïque. Ni la loi Helms-Burton, ni la Position commune européenne, apparues la même année, dans les mêmes circonstances et dans les mêmes buts, toutes deux au mépris de notre souveraineté et de notre dignité nationales, n’ont pas le moindre avenir, car les Cubains rejettent les diktats, l’intolérance et les pressions comme normes des relations internationales.

Assemblée nationale du Pouvoir populaire de la République de Cuba

11 mars 2010

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Fidel: le survivant d’une colossale chasse à l’homme

Dans l’énorme dossier de l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA) relatif aux actions entreprises contre la Révolution cubaine, une place importante est occupée par la longue liste de tentatives d’élimination physique du Commandant en Chef Fidel Castro.

Pour y parvenir, les moyens les plus incroyables ont été imaginés. En plus de méthodes classiques et bien connues, il y en a d’autres qui paraissent dignes d’un film de science fiction.

C’est également un large éventail d’exécutants qui été mis en place, un éventail dans lequel on trouve des officiers et des agents de la CIA spécialement entraînés pour tuer, mais aussi des militants de groupes terroristes recrutés à Miami et des tueurs professionnels de la mafia nord-américaine.

On annonce pour ce dimanche le premier épisode d’une série télévisée, « Celui qui doit vivre », qui offre un résumé de tous ces faits.

C’est très peu de temps après le triomphe révolutionnaire, le 11 décembre 1959, que le colonel J. C. King, chef de la Division de la CIA pour l’Hémisphère Occidental, a présenté à Allen Dulles, le directeur de cet organisme d’intelligence, un mémorandum argumentant la nécessité d’éliminer Fidel Castro.

« Personne, parmi tous les proches de Fidel, ne possède une telle influence hypnotique sur les masses. De nombreuses personnes compétentes –affirmait l’informateur – soutiennent que l’élimination physique de Fidel accélérerait énormément la chute de l’actuel gouvernement ».
A partir de ce moment, l’Agence a commencé à étudier et a approuvé un nombre encore secret de nos jours de plans d’attentats. La commission sénatoriale nord-américaine chargée d’enquête n’en reconnaît qu’une trentaine mais la Sécurité cubaine possède les preuves de 638 de ces tentatives.
En août 1960, après plusieurs tentatives manquées, l’assassinat du leader cubain acquiert le niveau de « priorité urgente », car les membres les plus conservateurs de l’administration yankee estiment que la mort du Commandant en Chef est une condition nécessaire pour que puisse être lancée une agression armée, à cette date déjà planifiée, contre l’île antillaise.

C’est dans ces circonstances qu’ont été élaborés à toute vitesse plusieurs plans différents avec l’idée que « l’un d’entre eux devrait bien fonctionner ».

Le 16 août 1960, par exemple, un membre de la section Opérative de la Division de services médicaux de la CIA a donné à un fonctionnaire une boite de cigares de la marque que préférait Fidel, et lui a donné l’ordre
de les imprégner d’une substance mortelle. Le spécialiste a déclaré plus tard que les propriétés du poison étaient telles que le seul fait de porter le cigare à la bouche serait suffisant pour lui causer la mort.
Il est bon de rappeler que l’avocat nord-américain qui aurait dû faire cadeau de cette boite de cigares au dirigeant cubain ignorait tout de ces intentions, mais qu’au dernier moment, il a décidé de lui faire cadeau d’une boite de havanes différente.

Au même moment, le colonel Edwards, chef du Bureau de Sécurité de la CIA avait établi des contacts avec des éléments de la pègre et des membres du syndicat du jeu qui avaient opéré à Cuba avant 1959.

Dans les documents déclassifiés de la commission sénatoriale nord-américaine qui a enquêté sur ce thème, il y a des noms qui se répètent, comme celui de John Rosselli, un gangster bien connu de Chicago, celui de Robert Maheu, un ex-agent du FBI très lié à des délinquants cubains établis en Floride ou encore ceux de Salvatore Giancana et de Santos Traficante, deux capos de la Cosa Nostra, pour n’en citer que quelques uns.
Il y eut de long débats entre eux. Certains étaient favorables à l’utilisation d’un poison. D’autres soutenaient l’idée qu’il valait mieux employer des pistolets ou des mitraillettes.

Cette dernière option rencontrait en fait une forte opposition, en raison des difficultés que présentait la recherche de personnes qui accepteraient de courir des risques aussi importants au moment de l’action. En effet, il s’agissait de mercenaires qui étaient désireux de survivre à l’opération pour pouvoir ensuite recevoir les sommes promises.

C’est la raison pour laquelle plusieurs tentatives de ce type n’ont abouti à rien.

On peut se rendre compte que l’assassinat de Fidel a été une préoccupation permanente des terroristes depuis 1959 jusqu’à nos jours.

N’oublions pas que Posada Carriles, gracié par l’ex-présidente panaméenne Mireya Moscoso et actuellement accusé seulement d’avoir menti aux officiers d’immigration sur son entrée illégale sur le territoire des États-Unis, avait été surpris au Panama alors qu’il se disposait à dynamiter l’amphithéâtre de l’Université au moment où Fidel y prendrait la parole devant un public de professeurs et d’étudiants.

Rien n’indique que les autorités des États-Unis aient renoncé au magnicide. Elles continuent à offrir leur protection aux terroristes tout en maintenant en prison ceux qui luttent contre ces criminelles conspirations.

source : cubainfo

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Réflexions du compañero Fidel : LES DANGERS QUI NOUS MENACENT

Il ne s’agit pas d’une question idéologique en rapport avec l’espoir incontournable qu’un monde meilleur est et doit  être possible.

L’Homo sapiens, on le sait, existe depuis environ deux cent mille ans, soit un laps dérisoire si on le compare au temps écoulé depuis l’apparition des premières formes de vie élémentaires sur notre planète voilà à peu près trois milliards d’années.

Les réponses aux mystères  insondables de la vie et de la nature ont été essentiellement, à ce jour, de caractère religieux. Il serait insensé de prétendre qu’il en soit autrement, et je suis convaincu qu’il en sera toujours ainsi. Plus la science creusera dans l’explication de l’univers, de l’espace, du temps, de la matière et de l’énergie, des galaxies infinies, des théories sur l’origine des constellations et des étoiles, des atomes et de leurs fractions qui donnèrent naissance à la vie et à sa brièveté, et des milliards de combinaison par seconde qui la régissent, et plus l’homme se posera de questions à la recherche d’explications qui seront toujours plus complexe et plus difficiles.

Plus les humains s’attelleront à chercher des réponses aux tâches si profondes et si complexes associées à l’intelligence, et plus il vaudra la peine de s’efforcer de les tirer de leur ignorance colossale au sujet des possibilités réelles de ce que notre espèce intelligente a créée et qu’elle est capable de créer. Vivre tout en l’ignorant, c’est nier absolument notre condition humaine.

Il est toutefois quelque chose d’absolument sûr. Rares sont ceux qui s’imaginent à quel point notre espèce peut être près de disparaître. Voilà presque vingt ans, au Sommet mondial sur l’environnement, à Rio de Janeiro, j’ai abordé ce danger devant un parterre sélect de chefs d’État et de gouvernement qui m’ont écouté avec respect et intérêt, quoique absolument pas préoccupés devant ce risque qu’ils envisageaient à des siècles, voire à des millénaires de distance. À leurs yeux, il suffirait assurément de la technologie et de la science, plus un sens élémentaire des responsabilités politiques, pour y faire face. Ce Sommet s’était conclu dans le bonheur sur une grande photo officielle de personnages importants, dont les plus puissants et les plus influents. Aucun danger à l’horizon…

C’est à peine si l’on parlait des changements climatiques. George Bush père et d’autres resplendissants leaders de l’Alliance atlantique jouissaient de la victoire sur le camp socialiste européen. L’Union soviétique fut atomisée et ruinée. D’énormes sommes d’argent russe passèrent dans les banques occidentales, son économie se désintégra, et son bouclier défensif face aux bases militaires de l’OTAN fut démantelé.

Il ne resta plus à l’ancienne superpuissance qui avait donné la vie de plus de vingt-cinq millions de ses enfants dans la Deuxième Guerre mondiale que la capacité de riposte stratégique de la force de frappe nucléaire qu’elle avait été contrainte de créer après que les États-Unis eurent mis au point en secret l’arme atomique qu’ils larguèrent ensuite sur deux villes japonaise, alors que l’ennemi vaincu devant l’avancée irrésistible des fores alliées n’était plus en mesure de combattre.

C’est ainsi que la Guerre froide débuta, qui entraîna la fabrication de milliers d’armes thermonucléaires toujours plus destructrices et précises, capables d’annihiler plusieurs fois la population de la planète. De nos jours, l’affrontement nucléaire se poursuit toutefois, tandis que la Russie ne se résigne pas au monde unipolaire que Washington prétend imposer et que d’autres nations, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, émergent avec une force économique inhabituelle.

Notre espèce s’est dotée pour la première fois de la capacité de se détruire elle-même, dans un monde globalisé et bourré de contradictions. À quoi s’ajoutent des armes d’une cruauté sans précédent, telles les armes bactériologiques et chimiques, le napalm et le phosphore blanc utilisés contre la population civile dans l’impunité la plus totale, les armes électromagnétiques et d’autres formes d’extermination. Aucun endroit dans les profondeurs de la terre ou des mers ne serait à l’abri des engins de guerre actuels.

L’on a fabriqué ainsi des dizaines de milliers d’armes nucléaires, dont certaines sont même portables.

Le pire danger découle du fait que des dirigeants disposent de la  faculté de s’en servir, parce que l’erreur et la folie, si fréquentes dans la nature humaine, peuvent conduire à des catastrophes incroyables.

Presque soixante-cinq ans se sont écoulés depuis que les deux premiers engins nucléaires ont éclaté sur décision de l’individu médiocre que la mort de Roosevelt plaça à la  tête de la riche et forte puissance étasunienne. Huit pays disposent aujourd’hui de ces armes, la plupart avec le soutien des USA, tandis que plusieurs autres possèdent la technologie et les ressources nécessaires pour les fabriquer sans trop tarder. Des groupes terroristes, aliénés par la haine, pourraient y recourir, de même que des gouvernements terroristes et irresponsables n’hésiteraient pas à s’en servir compte tenu de leur conduite génocidaire incontrôlable.

L’industrie la plus prospère de toutes est l’industrie militaire, et les États-Unis sont les plus gros exportateurs d’armes.

À supposer que notre espèce échappe à tous les risques susmentionnés, il en existe un autre,  encore pire, ou du moins plus inévitable : les changements climatiques.

L’humanité, qui compte aujourd’hui sept milliards d’habitants, en comptera bientôt, dans à peine quarante ans, neuf milliards, soit neuf fois plus qu’il y a à peine deux cents ans. J’ose supposer qu’aux temps de la Grèce antique, nous étions environ quarante fois moins sur toute la planète.

Ce qui surprend à notre époque, c’est la contradiction entre l’idéologie bourgeoise impérialiste et la survie de notre espèce. Il ne s’agit déjà plus seulement de l’instauration de la justice entre les êtres humains, aujourd’hui plus que possible et incontournable, mais de leur droit à la survie et de leurs possibilités de l’exercer.

Alors que l’horizon des connaissances ne cesse de progresser à des limites jamais calculées, l’abîme où l’on conduit l’humanité ne cesse, lui, de se rapprocher. Toutes les souffrances connues à ce jour pâlissent en comparaison de ce que l’humanité risque de souffrir à l’avenir.

L’humanité ne saurait laisser passer comme si de rien n’était trois événements survenus en à peine soixante et onze jours.

Le 18 décembre 2009, la communauté internationale a subi le pire revers alors qu’elle tentait de chercher une solution au plus grave problème qui la menace aujourd’hui : les  émissions de gaz à effet de serre auxquelles il est urgent et nécessaire de mettre fin.   Elle avait placé tous ses espoirs dans le Sommet de Copenhague qui venait couronner des années de préparatifs en vue de donner suite au Protocole de Kyoto – que le gouvernement du pays le plus pollueur au monde – les USA – s’était donné le luxe d’ignorer.  Les cent quatre-vingt-douze nations de la communauté mondiale – les USA étant cette fois partie prenante – s’étaient engagées à promouvoir un nouvel accord. Or, s’efforçant d’imposer leurs intérêts hégémoniques, les USA violèrent sans vergogne des principes démocratiques élémentaires et voulurent fixer des conditions inacceptables au reste du monde en passant des engagements bilatéraux avec un groupe des pays parmi les plus influents aux Nations Unies.

Les États membres de l’organisation internationale furent invités à signer un document qui constitue une duperie, car il ne mentionne que des engagements purement théoriques pour freiner les changements climatiques.

Trois semaines à peine s’étaient écoulées quand, le 12 janvier dans l’après-midi, Haïti,  le pays le plus pauvre de notre continent et le premier à y avoir supprimé le système odieux de l’esclavage, a souffert la pire catastrophe naturelle connue à ce jour dans cette partie-ci du monde : un séisme de magnitude 7,3 à l’échelle de Richter, dont l’épicentre a été situé à seulement dix kilomètres de profondeur et à très courte distance de ses côtes, frappa la capitale du pays où l’immense majorité des personnes tuées ou portés disparues vivait dans des maisons de pisé peu résistantes. Il s’agit d’un pays montagneux érodé de 27 000 kilomètres carrés où le bois constitue pratiquement la seule source d’énergie pour neuf millions d’habitants.

S’il est un endroit de la planète où une catastrophe naturelle a constitué une immense tragédie, c’est bel et bien Haïti, symbole de pauvreté et de sous-développement, où vivent les descendants des Africains transportés par les colonialistes pour travailler comme esclaves des maîtres blancs.

L’évènement a ému le monde entier, bouleversé par les images frôlant l’incroyable que diffusaient les chaînes de télévision : des blessés graves, perdant leur sang, se traînaient sous les décombres au milieu des cadavres de leurs êtres chers en réclamant de l’aide. Selon des chiffres officiels, on a recensé plus de deux cent mille morts.

Le pays était déjà sous intervention des troupes (MINUSTAH) que les Nations Unies avaient dépêchées pour rétablir l’ordre troublé par des forces mercenaires nationales qui, à l’instigation de l’administration Bush, s’étaient soulevées contre le gouvernement élu par le peuple. Ce qui explique pourquoi des soldats et des chefs de cette force de paix ont péri dans l’effondrement de certains bâtiments où elle était cantonnée.

Toujours selon les chiffres officiels, en plus des victimes fatales, on estime qu’environ quatre cent mille Haïtiens ont été blessés et que plusieurs millions, soit presque la moitié de la population, ont souffert des conséquences. C’est là un véritable test pour la communauté mondiale dont les pays développés et riches ont l’obligation, après le honteux Sommet du Danemark, de prouver qu’ils sont capables de faire face aux menaces que les changements climatiques représentent pour la vie sur notre planète : Haïti doit constituer un exemple de ce que les pays riches sont obligés de faire pour les nations du Tiers-monde face aux changements climatiques.

Libre à chacun de faire fi des données, à mon avis irréfutables, fournies par les scientifiques les plus compétents de la planète et par l’immense majorité des personnes les plus instruites et les plus sérieuses du monde qui pensent qu’au rythme de réchauffement actuel, les gaz à effet de serre élèveront la température de la Terre, non de 1,5º, mais  jusqu’à 5º, et que la température moyenne est la plus élevée des six cent mille dernières années, bien avant que les humains aient fait leur apparition.

Il est absolument impensable que les neuf milliards de personnes qui peupleront la planète en 2050 survivent à une telle catastrophe. On peut espérer que la science trouvera une solution au problème de l’énergie, car nous aurons consommé d’ici à cent ans le reste des combustibles gazeux, liquides et solides que la Nature a mis quatre cent millions d’années à créer. Oui, la science trouvera peut-être une solution… Reste à savoir durant combien de temps et à quel prix les humains pourront faire face à ce problème qui n’est d’ailleurs pas le seul, puisque de nombreux autres minerais non renouvelables et de graves problèmes exigent des solutions. Compte tenu des connaissances actuelles, soyons sûrs en tout cas d’une chose : l’étoile la plus proche est à quatre années-lumière de notre Soleil, si bien qu’à 300 00 km par seconde, un engin spatial mettrait des milliers d’années à l’atteindre. Oui, les humains n’ont pas d’autres solutions qu’habiter cette planète-ci.

Il aurait semblé inutile d’aborder ce point si, à peine cinquante-quatre jours après le tremblement de terre d’Haïti, un autre séisme incroyable – magnitude 8,8 à l’échelle de Richter – dont l’épicentre s’est situé à cent cinquante kilomètres de distance et à 47,4 kilomètres de profondeur au nord-ouest de  Concepción, n’avait provoqué une autre catastrophe humaine, au Chili cette fois-ci. Même s’il ne s’agit pourtant pas d’un record dans ce pays frère – on dit qu’il en a subi un de magnitude 9 – le séisme a été accompagné d’un autre événement naturel : alors qu’on a attendu pendant des heures en Haïti un raz-de-marée qui ne s’est jamais produit, au Chili le tremblement de terre a été suivi d’un énorme tsunami qui est apparu sur ses côtes entre une demi-heure et une heure après, selon la distance et les données actuelles encore imprécises, et qui a même atteint le Japon.  Sans l’expérience des Chiliens en matière de tremblement de terre, sans ses constructions plus solides et sans ses plus grandes ressources, le phénomène naturel aurait coûté la vie à des dizaines, voire à des centaines de milliers de personnes. Il n’en a pas moins causé environ mille morts, selon des chiffres officiels, des milliers de blessés et peut-être plus de deux millions de sinistrés. La quasi-totalité de ses 17 094 275 habitants a terriblement souffert et continue de subir les conséquences du séisme qui a duré plus de deux minutes, et de ses  nombreuses répliques, ainsi que du tsunami qui a frappé des milliers de kilomètres de côtes, y provoquant des scènes terribles. Notre pays se solidarise à fond avec le Chili et soutient moralement les efforts matériels que la communauté internationale a le devoir de consentir pour lui. Si quelque chose était à sa  portée du point de vue humain pour aider le peuple frère chilien, le peuple cubain n’hésiterait pas à le faire

Je pense que la communauté internationale a le devoir d’informer avec objectivité de la tragédie qui a frappé ces deux peuples. Il serait cruel, injuste et irresponsable de ne pas éduquer les peuples du monde au sujet des dangers qui nous menacent.

Que la vérité prime sur la bassesse de l’impérialisme et sur les mensonges par lesquels il berne et dupe les peuples !

Fidel Castro Ruz

Le 7 mars 2010

21 h 27

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Une nouvelle escalade subversive, accompagnée d’une large couverture médiatique, a été lancée contre Cuba

Discours prononcé par le ministre des Affaires étrangères de la République de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parrilla, devant le Segment de haut niveau de la treizième session du Conseil des Droits de l’Homme. Genève, le 3 mars 2010.

Monsieur le Président,

Il a fallu les 60 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale pour que le monde réfléchisse sur le concept des droits de l’Homme, notamment du droit à la vie et à la dignité humaine.

On a beaucoup progressé dans la conception des droits de l’Homme, mais très peu pour en assurer l’exercice. Nous avons fait de ce thème l’un des piliers fondamentaux des Nations unies, avec le développement, la paix et la sécurité internationales. Cependant, c’est le domaine dans lequel la manipulation idéologique, l’hypocrisie politique et les deux poids,  deux mesures des pays industrialisés ont fait les plus grands ravages.

Ceux qui prétendent s’ériger en gardiens des droits de l’Homme et s’efforcent de semer le doute sur la politique des autres sont précisément les responsables directs des violations les plus graves, les plus systématiques et les plus flagrantes des droits de l’Homme, notamment du droit à la vie.

Ce sont eux qui ont conçu le système colonial qui a servi à spolier les pays du Sud et à les condamner au sous-développement. Ils portent l’entière responsabilité de l’actuel ordre économique international qui assassine silencieusement des dizaines de millions d’êtres humains, victimes de la faim, de la pauvreté et de maladies pouvant être prévenues et soignées. Ce sont eux qui imposent les guerres de conquête modernes qui ont coûté des millions de morts, des civils pour la plupart. C’est ce qu’on appelle, curieusement, les « dommages collatéraux ».

Ils sont également les bénéficiaires de la pensée unique, des modèles exclusifs, des valeurs basées sur l’exclusion, de la guerre médiatique, de la construction de vérités immanentes, de la sous-culture de la publicité commerciale, de l’imposition de réflexes conditionnés, de la presse bâillonnée, mensongère, docile et abrutissante qui justifie ou occulte le massacre.

La manipulation du terrorisme a servi aux Etats-Unis et à leurs alliés européens à lancer les guerres de domination et de conquête des ressources énergétiques en Iraq et Afghanistan, qui ont coûté deux millions de vies humaines. Elle a également servi à justifier les disparitions forcées, les tortures, les prisons secrètes et les centres de détention où ne sont reconnus ni le Droit international humanitaire ni la condition d’êtres humains. Elle a été le prétexte de l’adoption des fameuses « lois patriotiques » qui viennent d’être prorogées par le gouvernement étasunien et qui rognent sur les libertés et les garanties conquises par le mouvement en faveur des droits civiques au prix de plusieurs siècles de luttes.

Qui répondra un jour des brutalités commises à Abu Ghraib, à Bagram, à Guantanamo et dans d’autres centres de torture et de mort ? Quand les responsables seront-ils jugés, quand sera-t-il mis fin à l’impunité ?

Le vice-ministre suédois des Affaires étrangères a prononcé ce matin un discours curieux et arrogant dans lequel il a porté des jugements critiques sur neuf autres pays. Cependant, il n’a pas soufflé mot de la complicité du gouvernement suédois avec les vols secrets qui ont fait escale sur son territoire et à bord desquels se trouvaient des personnes séquestrées. Nous espérons que l’enquête prolongée sur cette affaire aboutira un jour et qu’on daignera en communiquer le résultat à ce Conseil.

Dans les pays européens, qui assumera la responsabilité des vols secrets, des prisons clandestines dans leurs territoires et de la participation à des actes de torture ?

Ce qui a eu lieu en Palestine pendant des années constitue un véritable génocide. Des milliers de Palestiniens ont perdu la vie à cause d’attaques militaires lancées sans discrimination, de sièges et de blocus de fer qui privent la population des moyens de subsistance les plus élémentaires.

Les dictatures militaires en Amérique latine, imposées et soutenues par les Etats-Unis des décennies durant, ont assassiné quatre cent mille personnes. Seulement à Cuba elles ont fait 20 000 morts.

Le droit à la vie est systématiquement violé dans le monde. L’existence même de l’espèce humaine est sérieusement menacée par le changement climatique dont les responsables historiques et actuels sont ceux-là même qui déclenchent et conduisent les guerres de conquête. La réunion scandaleuse de Copenhague, avec ses pratiques frauduleuses et excluantes, a constitué un acte contre le droit de l’humanité à la vie et la survie.

Monsieur le Président,

Pendant un demi-siècle, Cuba a été victime d’agressions étasuniennes et d’actes de terrorisme. Cinq mille cinq cents soixante-dix-sept Cubains y ont perdu leur vie ou souffrent aujourd’hui d’un handicap.

Les auteurs de la destruction en plein vol d’un avion de Cubana de Aviación, en 1976, jouissent de l’impunité, sous la protection du gouvernement des Etats-Unis. Une épidémie de dengue résultant d’une attaque bactériologique a causé la mort de 101 enfants cubains. Une des nombreuses bombes posées à La Havane en 1997 a tué un jeune Italien.

La Loi dite d’Ajustement cubain et la politique des « pieds secs et pieds mouillés » encouragent l’immigration illégale et provoquent des décès.

Le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba constitue un acte de génocide, défini aux alinéas b) et c) de l’article II de la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi qu’une violation massive, flagrante et systématique des droits de l’homme.

La politique des Etats-Unis contre Cuba, que le gouvernement du Président Obama n’a pas changée, coûte des vies au peuple cubain.

Une nouvelle escalade subversive, accompagnée d’une large couverture médiatique, a été lancée contre Cuba au mépris de tout principe éthique. L’on prétend faire passer des mercenaires pour des patriotes, des agents payés par les Etats-Unis en territoire cubain pour des dissidents.

La puissante machine de l’empire n’hésite pas à utiliser un prisonnier récidiviste, sanctionné au terme d’une procédure régulière pour des délits de droit commun et ultérieurement recruté en prison, pour le présenter comme un combattant des droits de l’homme. Dans le but d’obtenir de faux dividendes politiques, il a été livré à la mort malgré des soins médicaux méticuleusement prodigués. Comme l’a dit le Président Raul Castro Ruz, c’est un fait regrettable. Cet homme est une autre victime de la politique subversive des Etats-Unis contre Cuba.

Depuis le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, il n’y a jamais eu à Cuba un seul cas d’assassinat, de torture ou d’exécution extrajudiciaire ; on n’y a jamais vu « d’escadron de la mort » ni « d’Opération Condor ». Cuba a toujours agit de manière louable et irréprochable dans la protection du droit à la vie, y compris par la coopération altruiste hors de ses frontières.

Monsieur le Président,

J’aurais souhaité aborder des aspects plus concrets du travail sérieux mené à bien par ce Conseil ; aborder le thème de la révision de cet organe qui doit avoir lieu l’année prochaine pour dénoncer la tentative de le soumettre, d’en modifier la composition et les procédures afin de lui imposer des intérêts politiques. J’aurais voulu parler du mécanisme de l’Examen périodique universel qui a démontré son utilité en dépit de ses imperfections et du manque d’autocritique des puissants ayant été mis en évidence. J’aurais voulu défendre le Conseil et souligner l’importance de le préserver de la politisation, de la discrimination, de tout caractère sélectif et des deux poids, deux mesures.

Je peux vous assurer que Cuba continuera à mettre ses efforts et sa persévérance au service du Conseil des Droits de l’Homme pour que celui-ci demeure indépendant et que se consolide la coopération, unique voie véritable pour la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde.

Je dois proclamer, au nom du peuple héroïque et noble de Cuba, qu’aucune campagne ne nous éloignera de nos idéaux d’indépendance et de liberté.

Je vous remercie.

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Réflexions du compañero Fidel : MA DERNIERE RENCONTRE AVEC LULA

J’ai fait sa connaissance voilà trente ans, en juillet 1980, à Managua, à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution sandiniste, grâce aux contacts que j’avais noués avec les tenants de la théologie de la Libération dès 1971, au Chili, lors de ma visite au président Allende.

C’est par l’intermédiaire de Frei Betto que j’ai appris qui était Lula, un leader ouvrier en qui les chrétiens de gauche avaient très tôt déposé leurs espoirs.

C’était un modeste métallo qui se distinguait par son intelligence et son prestige au sein des syndicats, alors que la grande nation émergeait des ténèbres de la dictature militaire que l’Empire yankee y avait imposée dans les années 60.

Les rapports entre le Brésil et Cuba avaient été excellents jusqu’au jour où le pouvoir dominant sur le continent les fit capoter. Il a fallu des décennies pour qu’ils redeviennent lentement ce qu’ils sont aujourd’hui.

Chaque pays a vécu son histoire. Quand on s’en remet aux étapes incroyables que nous avons traversées depuis 1959, on constate que notre patrie a supporté des pressions inusitées dans sa lutte contre les agressions du plus puissant Empire de l’Histoire.

Voilà pourquoi la réunion qui vient de se tenir à Cancún et la décision de créer une Communauté des États latino-américains et caribéens ont une importance capitale pour nous. Aucun autre fait institutionnel survenu sur notre continent au siècle dernier n’a autant de transcendance.

L’accord a été obtenu au milieu de la pire crise économique que vit le monde globalisé, en coïncidence avec le plus gros danger de catastrophe écologique qui menace notre espèce et avec le séisme qui a détruit Port-au-Prince, la capitale haïtienne, la catastrophe humaine la plus douloureuse dans l’histoire de notre continent ayant frappé le pays le plus pauvre et où l’esclavage ait été aboli en premier

Quand j’écrivais ces Réflexions, seulement six semaines après le décès de plus de deux cent mille personnes, selon les chiffres officiels, dans ce pays, des nouvelles dramatiques parvenaient au sujet des dommages causés au Chili par un séisme qui a provoqué la mort d’approximativement un millier de personnes, selon les chiffres donnés par les autorités, et d’énormes dégâts matériels. Particulièrement émouvantes, les images des souffrances endurées par des millions de Chiliens frappés matériellement ou émotionnellement par ce coup cruel de la Nature. Heureusement, le Chili est un pays qui a plus d’expérience face à ce genre de phénomène, qui est bien plus développé sur le plan économique et qui a plus de ressources. S’il n’avait pas disposé d’infrastructures et de bâtiments aussi solides, une quantité incalculable de personnes, peut-être des dizaines, voire des centaines de milliers, auraient péri.  On parle de deux millions de sinistrés et de pertes pouvant s’élever entre quinze et trente milliards de dollars. Le Chili peut aussi compter, face à cette tragédie, sur la solidarité et les sympathies des peuples, dont le nôtre, bien que, compte tenu du type de coopération dont il a besoin, Cuba ne peut pas faire grand-chose, même si notre gouvernement a été l’un des premiers à exprimer à son homologue chilien ses sentiments de solidarité quand les communications n’avaient pas encore été rétablies.

Le pays qui met aujourd’hui à l’épreuve la capacité du monde à faire face aux changements climatiques et à garantir la survie de l’espèce humaine est sans aucun doute Haïti, parce qu’il constitue un symbole de la pauvreté dont souffrent des milliards de personnes dans le monde, y compris dans nombre des peuples de notre continent.

Ce qui est survenu au Chili – un tremblement de terre d’une intensité incroyable, 8,8 à l’échelle de Richter, dont l’épicentre s’est situé à une plus grande profondeur que celui qui a détruit Port-au-Prince – m’oblige à insister sur l’importance de l’unité que nous avons atteinte à Cancún et sur le devoir qui est le nôtre de consolider les pas qui y ont été faits, bien que je ne fasse aucune illusion : notre lutte d’idées sera difficile et complexe face aux efforts que déploient l’Empire et ses alliés dans nos pays et au dehors pour entraver la marche de nos peuples vers l’unité et l’indépendance.

Je tiens à témoigner par écrit de l’importance et du symbolisme qu’ont eus pour moi la visite de Lula et notre dernière rencontre, sur les plans à la fois personnel et révolutionnaire. Il a dit que, sur le point de conclure son mandat, il tenait à visiter son « ami » Fidel, un qualificatif qui m’honore. Je crois bien le connaître. Nous avons causé fraternellement bien des fois à Cuba et ailleurs.

J’ai eu une fois l’honneur de lui rendre visite chez lui dans un modeste quartier de Sao Paulo où il vivait avec sa famille. Cette rencontre avec lui-même, avec sa femme et ses enfants fut émouvante. Je n’oublierai jamais l’ambiance familiale et saine de ce foyer, et l’affection sincère avec laquelle les voisins abordaient Lula quand il était déjà un prestigieux leader ouvrier et politique. Nul ne savait encore s’il parviendrait ou non à la présidence de Brésil, car les intérêts et les forces qui s’opposaient à lui étaient très grandes, mais je me plaisais à bavarder avec lui. La position importait peu, d’ailleurs, à Lula ; il aimait surtout pouvoir lutter, et il le faisait avec une modestie sans faute, ce dont il donna largement la preuve quand, après avoir été battu à trois reprises par ses puissants adversaires, il n’accéda à se présenter pour la quatrième fois au nom du Parti des travailleurs qu’à la suite de fortes pressions de ses amis les plus sincères.

Je ne tenterai pas de rappeler toutes les occasions où nous avons bavardé avant qu’il ne soit élu président. L’une d’elle, et parmi les premières, eut lieu au milieu des années 80 quand nous nous battions à La Havane contre la dette extérieure de l’Amérique latine qui se chiffrait alors à trois cent milliards de dollars et qui avait été payée plus d’une fois. C’est un militant né.

Ses adversaires, je l’ai dit, le battirent à trois reprises, appuyés sur d’énormes ressources économiques et médiatiques. Mais ses collaborateurs et ses amis les plus proches, dont j’étais, savaient toutefois qu’il était temps que ce modeste ouvrier soit le candidat du Parti des travailleurs et des forces de gauche.

Ses adversaires le sous-estimèrent assurément et pensèrent qu’il ne pourrait pas disposer de la moindre majorité au sein de l’organe législatif. L’URSS avait alors disparu. Que pouvait représenter Lula à la tête du Brésil, une nation aux grandes richesses mais au développement réduit et aux mains d’une bourgeoisie riche et influente ?

Toutefois, le néolibéralisme était entré en crise, la Révolution bolivarienne avait triomphé au Venezuela, Menem descendait en chute libre, Pinochet avait disparu de la circulation et Cuba résistait. Mais Lula fut élu quand Bush triompha par la fraude aux USA, privant son rival, Al Gore, de la victoire.

Une étape difficile débutait. Les premières mesures du nouveau président étasunien fut de relancer la course aux armements et, partant, le rôle du complexe militaro-industriel et de baisser les impôts au bénéfice des secteurs aisés.

Prétextant de la lutte contre le terrorisme, il reprit les guerres de conquête et institutionnalisa l’assassinat et la torture comme instrument de domination impérialiste. Les faits en rapport avec les prisons secrètes qui prouvent la complicité des alliés des USA avec cette politique sont impubliables. C’est ainsi qu’il hâta la pire crise économique de toutes celles qui accompagnent le capitalisme développé d’une manière cyclique et croissante, mais cette fois-ci avec les privilèges de Bretton Woods et sans aucune de ses contraintes.

De son côté, le Brésil a, tout au long des huit années sous la conduite de Lula, accroissait son développement technologique et consolidait le poids de son économie. La période la plus difficile fut la première, mais Lula réussit et gagna de l’expérience. Il ne cessa pas de se battre, fit preuve de sérénité, de sang-froid, se consacra toujours plus à sa tache, et le Brésil, dans des conditions internationales si difficiles, atteignit un PIB qui frôle les deux billions de dollars. Les chiffres varient selon les sources, mais tous situent le Brésil parmi les dix plus grandes économies du monde. Il n’empêche que, avec une superficie de 8 524 000 kilomètres carrés, le Brésil, face aux USA qui sont à peine un peu plus étendus, ne représente qu’environ 12 p. 100 du PIB de ce pays impérialiste qui pille le monde et déploie ses forces armées sur plus de mille bases militaires d’un bout à l’autre de la planète.

J’ai eu le privilège d’assister à l’investiture de Lula fin 2002. Hugo Chávez était là aussi, qui venait de faire face au coup d’Etat félon du 11 avril, puis au putsch pétrolier organisé par Washington. Bush était président. Les relations entre le Brésil, la République bolivarienne et Cuba ont toujours été bonnes et mutuellement respectueuses.

En octobre 2004, je souffris un pénible accident qui limita sérieusement mes activités pendant des mois, puis je tombai gravement malade fin juillet 2006, raison pour laquelle je n’hésitais pas, dans ma Proclamation du 31 juillet de cette année-là, à déléguer mes fonctions à la tête du parti et de l’État d’abord à titre provisoire, puis d’une manière définitive quand je compris que je ne serais plus en mesure de les assumer à nouveau.

Dès que mon état de santé me permit d’étudier et de réfléchir, je m’y consacrai et je commençai à réviser des documents de notre Révolution et à publier des Réflexions de temps à autre.

Une fois tombé malade, j’ai eu le privilège de recevoir la visite de Lula chaque fois qu’il est venu dans notre patrie et de converser longuement avec lui. Je ne dirais pas que j’ai toujours été d’accord avec sa politique. Je suis par principe opposé à la production de biocarburants à partir de produits qui peuvent être utilisés comme aliments, car je suis conscient que la faim est et pourra devenir chaque fois plus une grande tragédie pour l’humanité.

Ce problème – je le dis en toute franchise – n’a pas été engendré par le Brésil, encore moins par Lula. Il fait partie intégrante de l’économie mondiale imposée par l’Empire et ses riches alliés qui, en subventionnant leurs productions agricoles, protègent leurs marchés intérieurs et rivalisent sur le marché mondial avec les exportations alimentaires des pays du Tiers-monde qui sont contraints, pour avoir hérité la pauvreté générée par des siècles de colonialisme, d’importer en échange les produits finis fabriqués à partir de leurs propres matières premières et ressources énergétiques. Je comprends parfaitement que le Brésil n’avait pas d’autres solutions, face à la concurrence déloyale et aux subventions des États-Unis et de l’Europe, que d’accroître sa production d’éthanol.

Le taux de mortalité infantile au Brésil est encore de 23,3 pour 1 000 naissances vivantes et celui de mortalité maternelle est de 110 pour 100 000 accouchements, alors qu’il est de moins de 5 et 15 respectivement dans les pays industriels et riches. On pourrait citer bien d’autres chiffres semblables.

Le sucre de betterave, subventionné par l’Europe, enleva à notre pays le marché sucrier découlant de la canne à sucre, un travail agricole et industriel précaire et saisonnier qui maintenait les travailleurs sucriers au chômage une bonne partie de l’année. Les USA s’étaient emparés de leur côté de nos meilleures terres et leurs entreprises possédaient l’industrie. Un beau jour, sans crier gare, leur administration nous priva de nos contingents d’exportation sucriers et bloquèrent notre pays pour écraser la Révolution et empêcher l’indépendance de Cuba.

Le Brésil a développé les cultures de la canne à sucre, du soja et du maïs en employant des machines à fort rendement qui assurent une productivité très élevée. Regardant un jour un film portant sur 40 000 hectares de terre consacrés en Ciego de Ávila à la culture du soja en rotation avec le maïs et où il s’agira de travailler durant toute l’année, je me suis écrié : c’est l’idéal d’une entreprise agricole socialiste, hautement mécanisée et à productivité élevée à l’homme et à l’hectare.

Les problèmes de l’agriculture et de ses installations dans les Caraïbes, ce sont les cyclones toujours plus fréquents qui les frappent.

Notre pays a aussi mis au point et signé avec le Brésil le financement et la construction d’un port très moderne au Mariel, qui aura une importance énorme pour notre économie.

Le Venezuela utilise la technologie agricole et industrielle brésilienne pour produire du sucre et employer la bagasse comme source d’énergie thermique. Ce sont des équipements de pointe qui opèrent dans une entreprise elle aussi socialiste. En République bolivarienne, on recourt à l’éthanol pour améliorer l’impact nocif de l’essence sur l’environnement.

Le capitalisme a développé les sociétés de consommation en même temps que le gaspillage de carburants qui a provoqué le risque de changements climatiques dramatiques. La nature a mis quatre cent millions d’années à créer ce que notre espèce est en train de consommer en à peine deux siècles. La science n’a pas encore résolu le problème de l’énergie qui se substituera à celle qu’engendre aujourd’hui le pétrole ; nul ne sait combien de temps ça prendra et combien ça coûtera de le régler au mieux. En disposera-t-elle ? C’est cela dont on a discuté à Copenhague, et le Sommet a été un fiasco total.

Lula m’a dit que lorsque l’éthanol coûte 70 p. 100 de la valeur de l’essence, sa production n’est plus rentable. Le Brésil dispose de la plus grande forêt de la planète, et, selon Lula, il réduira peu à peu l’abattage d’environ 80 p. 100.

Le Brésil possède aujourd’hui la plus importante technologie au monde pour faire des forages en mer et il peut tirer du combustible à une profondeur de sept mille mètres d’eau et de fonds marins. Voilà trente ans, ç’aurait été de la science-fiction.

Lula m’a expliqué les programmes d’éducation de haut niveau que le Brésil se propose de développer. Il apprécie hautement le rôle de la Chine dans l’arène internationale. Il déclare avec fierté que les échanges commerciaux avec ce pays se montent à quarante milliards de dollars.

Le métallo, c’est indiscutable, est devenu un homme d’État distingué et prestigieux que l’on écoute avec respect dans toutes les réunions internationales.

Il est fier que son pays ait été élu pour accueillir les Jeux olympiques de 2016 grâce à l’excellent programme qu’il a présenté au Danemark. Le Brésil sera aussi le siège du Mondial de football en 2014. Tout ceci est le fruit des projets présentés par le Brésil et qui ont dépassé ceux des autres concurrents.

Si l’on veut une grande preuve de son désintéressement, c’est qu’il a renoncé à se faire réélire, mais il a confiance que le Parti des travailleurs continuera de gouverner au Brésil.

D’aucuns, jaloux de son prestige et de sa gloire, et ceux qui, pis encore, sont au service de l’Empire, l’ont critiqué pour être venu en visite à Cuba. Ils ont recouru pour cela aux basses calomnies qu’on emploie contre notre île depuis un demi-siècle.

Lula sait depuis bien des années qu’on n’a jamais torturé personne dans notre pays, ni ordonné l’assassinat d’un adversaire, ni menti au peuple. Il est sûr que la vérité est la compagne inséparable de ses amis cubains.

Il est parti de Cuba pour se rendre chez notre voisine, Haïti. Nous l’avons informé de nos idées au sujet du programme durable, efficace, spécialement important et très économique que nous proposons pour Haïti. Il sait que, depuis le tremblement de terre, plus de cent mille Haïtiens ont été soignés par nos médecins et par les diplômés de l’École latino-américaine de médecine. Nous avons parlé de choses sérieuses, je sais qu’il brûle d’envie d’aider ce peuple noble et malheureux.

Je conserverai un souvenir indélébile de ma dernière rencontre avec le président brésilien, et je n’hésite pas à le dire.

Fidel Castro Ruz

Le 1er mars 2010

12 h 15

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