Peu avant 10 heures, le mercredi 7 décembre, le général d’armée Raul Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, est arrivée à Trinité-et-Tobago pour sa première visite officielle dans ce pays frère de la Caraïbe.
Port-of-Spain a accueilli Raul sous une pluie battante, et lui a témoigné une solidarité exceptionnelle. À la descente de l’avion, la pluie redouble d’intensité, ce qui n’a pas empêché la cérémonie d’accueil de se dérouler comme prévu.
Sur le tarmac de l’aéroport, les troupes sont prêtes à être passées en revue. Au pied de l’escalier, un cortège composé de George Maxwell Richards président de la République de Trinité-et-Tobago, Kamla Persard-Bissessar, Première ministre, et Surujrattan Rambachan, ministre des Affaires étrangères et des Communications.
En serrant la main du président cubain, la Première ministre se plaint de la pluie persistante. Avec un grand sourire, Raul répond : « La pluie est la bienvenue, c’est la sécheresse qu’il faut craindre ». Après l’avoir salué à son tour, le président Maxwell Richards lui a présenté le chef de l’État-major de la Défense, et le cortège a emprunté le tapis rouge jusqu’à l’estrade prévue pour les salutations officielles. Tandis que les caméras et les appareils photo captaient chaque geste, chaque détail de la cérémonie.
De nombreux parapluies sont déployés pour éviter que les membres du cortège n’aient à souffrir des affres du temps capricieux. Le moment solennel se poursuit. La fanfare exécute les hymnes nationaux des deux pays, et le cortège présidentiel est ensuite salué par une salve de 21 coups d’artillerie.
Le commandant de la Garde d’honneur et le chef de l’État-major invitent le président Raul Castro à passer les troupes en revue. Ils se dirigent ensuite vers le salon de l’aéroport international Piarco, où le président George Maxwell Richard présente à son homologue cubain les membres de son Cabinet, ainsi que d’autres invités, et salue la délégation cubaine composée de Ricardo Cabrisas Ruiz, vice-président du Conseil des ministres ; du ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla, et du ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Rodrigo Malmierca Diaz.
Trinité-et-Tobago est composé de deux îles aux histoires différentes. Trinité fut découverte par Christophe Colomb au cours de son troisième voyage en Amérique en 1498, tandis que Tobago resta isolée et habitée par les Indiens caraïbes jusqu’à l’arrivée des Hollandais en 1632.
À l’instar d’autres colonies de la région, ces deux îles ont été le théâtre de nombreuses invasions : Néerlandais, Français et Anglais se disputèrent ces territoires, jusqu’à ce qu’ils furent cédés à l’Angleterre en 1802. Elles reçurent le statut officiel de colonie britannique en 1814. Après un processus graduel d’autonomie, le pays obtint son indépendance le 31 août 1962.
Au début, la culture de la canne à sucre était l’économie principale du pays, avant d’être progressivement remplacée par la production de pétrole, qui en 1940 devint la principale activité économique du pays.
Située dans le sud de la mer des Caraïbes, la République de Trinité-et-Tobago occupe une superficie de 5 128 km2. Sa population est estimée à quelque 330 000 habitants. La langue officielle est l’anglais, même si les gens parlent diverses langues créoles, l’hindoustani caribéen, le français, l’espagnol, l’hindi et le chinois.
Port-of-Spain est une ville très propre, qui a revêtu ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d’année. C’est aussi le cas de l’hôtel Kapok, où est accueillie la délégation cubaine présidée par le premier secrétaire du Comité central du Parti.
Dans l’après-midi, le président Raul Castro et sa délégation se dirigent vers la résidence Knowsley, située à quelques minutes de l’hôtel, où ils sont reçus par le président George Maxwell Richards. Avant d’entamer les conversations officielles, Raul signe le Livre d’or pour marquer cette visite historique dans cet pays frère : « J’apporte à Trinité-et-Tobago la gratitude éternelle de notre peuple pour les relations pleines que, comme la Jamaïque, la Barbade et le Guyana, elle a établies avec nous il y a 39 ans ».
Raul évoquait ainsi la journée historique du 8 décembre 1972, lorsque quatre États décidèrent d’établir des liens diplomatiques avec notre pays qui depuis 1962 avait été maintenu isolé du reste des nations de la région sous l’ordre des États-Unis et de l’Organisation des États américains (OEA).
Après cet entretien, le président cubain, accompagné de son homologue trinidadien, a déposé une couronne de fleurs au pied du monument du Parc mémorial pour rendre hommage aux héros et aux victimes de la Première et la Deuxième guerres mondiales.
Une pluie fine continue de tomber lorsque le général d’armée se rend au Centre diplomatique, où sont prévues les conversations officielles avec la Première ministre Kamla Persard-Bissessar, qui est la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire de son pays.
Ici également, Raul a signé le Livre d’or pour exprimer sa satisfaction sur l’état des relations avec cette nation caribéenne, ainsi que la volonté de son pays de continuer d’œuvrer au renforcement des liens avec Trinité-et-Tobago et l’ensemble des pays de la Communauté de la Caraïbe.
Une fois de plus, le président cubain a remercié la Première ministre pour la position adoptée par son pays, la Jamaïque, le Guyana et la Barbade lorsqu’ils décidèrent, en 1972, d’établir des relations avec Cuba, une décision qu’il a qualifiée de « geste de soutien d’une valeur incalculable ».
Il a rappelé que la Journée Caricom-Cuba a été instituée au 1er Sommet Caricom-Cuba, tenu en 2002 à La Havane, en reconnaissance du courage de ces quatre nations de la Caraïbe. Et que c’est cette détermination qui a amené le reste des pays caribéens à établir et développer des liens d’amitié et de coopération avec Cuba.
À la tombée du jour, le général d’armée et la délégation cubaine ont été conviés à un dîner officiel par le président trinidadien à la Résidence Knowsley. Avant de conclure, les deux chefs d’État ont prononcé des discours pour relever l’importance historique de la décision adoptée par les quatre pays caribéens, le 8 décembre 1972.
Dans son allocution, Raul a souligné que Cuba continuera d’œuvrer avec tous les pays de la Caraïbe au renforcement de l’amitié et de l’intégralité de nos relations. Le président cubain a ensuite porté un toast en l’honneur de la Communauté de la Caraïbe, de Trinité-et-Tobago, et de Cuba.
Malgré l’épais manteau noir qui l’enveloppe, Port-of-Spain grouille d’activité. À l’Académie nationale des arts scéniques, qui accueillera ce 8 décembre le 4e Sommet Caricom-Cuba, la dernière main est mise aux préparatifs. L’intégration sera une nouvelle fois à l’honneur dans l’agenda des pays caribéens. De nouveau, nos pays se rencontreront pour échanger leurs inquiétudes communes et resserrer leurs liens au milieu d’une crise économique mondiale aux conséquences imprévisibles.
Comme l’avait fait remarquer le président Raul Castro à la cérémonie inaugurale du 3e Sommet Cuba-Caricom de 2008, à Santiago de Cuba : « En de telles circonstances, les engagements que nous avons contractés ces dernières années acquièrent une plus grande importance là où la coopération et la solidarité constituent les piliers de nos relations ».




Catégorie de l'article : 







Dans le même sujet :