Le Commandant en Chef Fidel Castro Ruz a discuté de thèmes importants avec un groupe de journalistes vénézuéliens. L´entrevue, qui s´est produite dimanche dernier, a été retransmise par l´émission cubaine de télévision La table ronde, par Telesur et par la Venezolana de Télévision.
Les journalistes Vanesa Davis, Andrés Izarra, Walter Martínez y Mario Silva ont abordé certains thèmes comme les menaces d´une guerre contre l´Iran et le danger nucléaire qu´elles renferment, le rôle des grandes puissances, la situation existante entre la Colombie et le Venezuela et les défis de la défense de l´environnement. Ils ont également touché d´autres thèmes comme celui de la situation des cinq Héros antiterroristes injustement emprisonnés aux États-Unis, celui de la bataille dans le domaine des idées et des leçons de l´histoire et celui du monde nouveau qui doit se construire.
« Auparavant, j´étais plus pessimiste. J´ai réfléchi et j´ai vu qu´il était possible que la paix soit sauvée et la guerre nucléaire évitée », a répondu Fidel à une question de Vanesa Davies.
Il a ajouté : « Je me suis demandé quels sont les mécanismes qui peuvent déclencher cette guerre nucléaire. C´est alors que j´ai compris que tout passait par la décision d´Obama, dont le pouvoir est très relatif ».
Se référant au président nord-américain, il l´a décrit comme « un cas exceptionnel, un noir qui est parvenu à la présidence des États-Unis, une chose ni vue, ni prévue auparavant. Il est chrétien, mais d´origine africaine et son père est né dans un pays musulman. Il est indiscutable que ce n´est pas un assassin. Ce n´est pas une personne qui veut du mal aux autres. C´est un homme politique. Il a fait des études. Il a une culture ».
Après avoir expliqué qu´il a lu son livre ¨Les rêves de mon père¨, il a ajouté qu´il a bien étudié le président nord-américain afin de connaitre l´adversaire, et qu´il estime qu´il est possible de le convaincre de ne pas agir contre l´Iran.
En réponse à une remarque de Silva, qui disait que tout dépend de l´occupant du bureau ovale, il a répondu que cela dépendait ¨de nous, de notre persuasion¨.
Fidel a ajouté que la Russie désire plus que personne que règne la paix. Il a lamenté le désastre causé par les énormes incendies de forêt dans ce pays.
À une question posée par le conducteur du programme La Hojilla, de Venezolana de Televisión (VTV) sur la possibilité que le conflit s´étende vers l´Amérique Latine, le leader cubain a répondu qu´il ne pensait pas qu´il y ait une autre zone du monde qui présente aussi peu de possibilités de se convertir en agresseur que celle-là.
Se référant à l´actuelle crise entre la Colombie et le Venezuela, il a considéré comme impossible une agression militaire de Bogota contre Caracas, premièrement parce que la Colombie n´en voit pas l´intérêt, ensuite parce qu´elle ne peut pas, troisièmement parce qu´elle ne veut pas, et quatrièmement parce qu´elle se rend bien compte que les conséquences en seraient catastrophiques.
Le leader cubain a insisté sur le fait que l´impérialisme fera tous ses efforts pour éliminer la révolution Bolivarienne en utilisant ses autres armes : la propagande et le mensonge. C´est de cette façon qu´ils ont envahi l´Irak et de nombreux autres pays du monde, a-t-il ajouté.
Vanesa Davies a repris une affirmation de Fidel selon laquelle ni l´empire, ni la révolution ne pourront parvenir à prendre le pouvoir par la voie des armes et elle a demandé quelles sont les armes qui permettent de faire les révolutions.
« Dire la vérité », a répondu le Commandant en Chef. « Vous avez des armes qui ont la force des armes nucléaires, ce sont les armes idéologiques, et si vous savez les utiliser, elles peuvent faire tomber n´importe quel régime. La divulgation d´une idée peut éviter qu´un homme se trompe ».
Le président de Telesur, Andrés Izarra, a demandé à Fidel quelle était son opinion sur le processus électoral actuellement en cours au Venezuela. Ce qu´ils font est très bien, a-t-il répondu, les campagnes qu´ils organisent pour expliquer ce qu´est le socialisme, ce que fait le président Chavez tous les jours. C´est ce qu´ils doivent faire et ce qu´ils doivent continuer à faire jusqu´au bout.
Sur la situation des cinq héros cubains antiterroristes injustement emprisonnés aux États-Unis, il a rappelé qu´il avait déjà parlé du thème lors de la session extraordinaire de l´Assemblée nationale du Pouvoir Populaire de samedi dernier.
« J´ai dit à une députée qu´une semaine me paraissait trop peu (pour le retour des Cinq), mais que décembre me paraissait beaucoup de temps. Bon, presque trois fois le temps nécessaire. Déduisez-en ce que ça veut dire ».
À une question de Silva sur le fait que le capitalisme, comme système, est inviable, Fidel a répondu : « Il appartient à la préhistoire. Il se trouve que Marx avait tout à fait raison. »
Le conducteur du programme Dossier, Martinez, a de nouveau demandé à Fidel si il croyait que la guerre se déclencherait si se produisaient des tentatives d´inspections des bateaux iraniens, et Fidel a affirmé : « Oui, et ils ne peuvent pas changer la date, car sinon, ce serait tourner le dos et se retirer. S´ils le font, c´est la guerre. S´ils ne le font pas, c´est battre en retraite ».
Vanessa a voulu savoir quelles leçons avait retiré Cuba de son expérience de l´époque de la guerre froide. Fidel a répondu que ¨Cuba avait dû supporter le blocus et toutes ses conséquences, mais il a également démontré qu´il est possible de résister. C´est ce que doivent également penser tous les latino-américains.¨
En nom des assidus de Twitter qui suivaient les incidences de l´entrevue, Izarra a posé la question de savoir si les faucons de Washington ne pourraient pas essayer de tuer Obama, comme ils avaient fait auparavant avec Kennedy, et Fidel a répondu que c´était une possibilité. Mais il a ajouté : « Je ne cois pas qu´ils le fassent maintenant, mais, de toutes façons, il vaut mieux qu´il y fasse attention, car il peut arriver des choses absurdes, irrationnelles ».
source : cubainfo




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