Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba

Vendredi 29 mai 2009

Le 20 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une déclaration sur Cuba dans laquelle elle affirme que « n’importe qui peut naviguer sur Internet… sauf s’il est Cubain ». Pour étayer son propos, RSF présente une vidéo filmée en caméra cachée d’une scène où un Cubain se voit interdire l’accès à Internet dans un hôtel. L’organisation ajoute qu’un « internaute risque jusqu’à 20 ans de prison s’il publie un article ‘contre-révolutionnaire’ (article 91) sur des sites Internet et cinq ans s’il se connecte illégalement a Internet ». Enfin, RSF rappelle que « Cuba reste la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine » en soulignant que « 24 professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des Etats-Unis1’ ».

Il est aisé de mettre RSF face à ses contradictions. En effet, alors que l’organisation parisienne affirme qu’aucun Cubain ne peut se connecter à Internet, elle met en lien… « le texte de la bloggeuse Yoani Sanchez », qui vit à Cuba et qui se prononce ouvertement contre le gouvernement de La Havane à travers Internet. Comment Sanchez fait-elle pour s’exprimer si elle n’a pas accès à Internet ? Sa dernière intervention date du 27 mai 2009. Elle s’est également exprimée le 25 mai, le 23 mai, le 22 mai, le 19 mai, le 18 mai, le 16 mai, le 15 mai, le 13 mai, le 10 mai, le 9 mai, le 7 mai, le 6 mai, le 4 mai, le 2 mai, le 29 avril, 28 avril, 27 avril, 26 avril, 25 avril, 23 avril et 21 avril 2009. Ainsi, dans le mois précédant la publication de la déclaration de RSF sur Internet à Cuba, Yoani Sanchez a pu se connecter, depuis Cuba, au moins 18 fois à Internet2.

RSF n’hésite pas à se contredire d’une publication à l’autre. Ainsi, dans un rapport de mars 2008 au sujet des journalistes indépendants à Cuba, l’entité parisienne souligne que « le blog de Yoani Sánchez s’inscrit dans un portail plus vaste, Consenso/Desdecuba.com, animé par cinq blogueurs et un conseil de rédaction de six personnes. Son objectif est essentiellement de commenter l’actualité politique du pays. Le site peut se targuer d’avoir franchi la barre de 1,5 million de clics en février dernier après un an d’existence, dont 800 000 vont au blog Generacion Y. Plus impressionnant encore, 26% des visiteurs sont domiciliés à Cuba, en troisième position derrière les États-Unis et l’Espagne3 ». Une simple question : Comment « 26% de ses lecteurs qui sont Cubains » peuvent-ils consulter le blog de Sanchez si Internet leur est interdit4 ?

RSF a utilisé ainsi un cas isolé d’un seul hôtel cubain par le biais d’une caméra cachée pour généraliser l’interdiction d’Internet à l’île tout entière et stigmatiser les autorités cubaines. Ironie de l’histoire, dans son intervention du 23 mai 2009, Yoani Sánchez affirme « que nous avons mené une enquête avec une douzaine de blogueurs dans plus de quarante hôtels de la ville. A l’exception de l’Occidental Miramar, tous ont affirmé ne pas avoir connaissance de la régulation qui interdisait l’accès des Cubains à Internet ». La bloggeuse favorite des médias occidentaux contredit ainsi de manière flagrante les allégations de RSF5.

RSF affirme ensuite que toute personne publiant un article critique à l’égard du gouvernement cubain est passible de 20 ans de réclusion et cite en guise de support à ses propos l’article 91, sans fournir davantage de précisions. Que dit l’article 91 du Code pénal cubain ? Le voici dans son intégralité : « celui qui, au nom d’un Etat étranger, réalise un acte dans le but de porter atteinte à l’indépendance de l’Etat cubain ou à l’intégrité de son territoire, sera passible d’une privation de liberté de dix à vingt ans ou de la peine capitale ». Comme cela est aisément constatable, RSF n’hésite aucunement à mentir de manière éhontée. L’article en question n’interdit nullement la publication d’analyses au caractère hétérodoxe sur Internet. Il ne limite aucunement la liberté d’expression. Il sanctionne les actes de trahison à la patrie 6.

Cela reviendrait à utiliser l’article 411-2 du Code pénal français (« Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents soit des troupes appartenant aux forces armées françaises, soit tout ou partie du territoire national est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750000 euros d’amende ») ou l’article 411-4 (« Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450000 euros d’amende. Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France ») pour accuser le gouvernement de Nicolas Sarkozy de répression contre les internautes7.

Par ailleurs, il suffit de consulter le blog de Yoani Sánchez, extrêmement critique à l’égard des autorités cubaines ou de lire les écrits des opposants pour se rendre compte du manque de fondement de l’accusation portée par l’organisation parisienne.

RSF certifie également que tout Cubain est passible de « cinq ans s’il se connecte illégalement à Internet ». Ici, l’entité française se borne à émettre une affirmation péremptoire sans même prendre la peine de citer un texte de loi qui, bien évidemment, n’existe pas. Une nouvelle fois, RSF assène une contre-vérité.

Enfin, RSF réitère la même rengaine en assurant que « 24 professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des Etats-Unis1’ ». L’organisation est incapable de faire preuve de cohérence et de rigueur dans ses propres documents. En effet, dans la version espagnole de l’article, elle ne parle plus que de « 19 détenus8 ». Mais les chiffres importent peu, la mystification est une nouvelle fois double. D’une part, sur les « 24 professionnels des médias » cités par l’organisation, un seul dispose d’une véritable formation de journaliste : Oscar Elias Biscet. Les autres n’avaient jamais exercé le métier avant d’intégrer l’univers de la dissidence. D’autre part, ces individus n’ont pas été condamnés pour avoir émis une production intellectuelle subversive mais pour avoir accepté les émoluments financiers offerts par Washington, passant ainsi du statut d’opposant à celui d’agent stipendié par une puissance étrangère, commettant par la même occasion un grave délit sanctionné non seulement par la loi cubaine, mais par le code pénal de n’importe quel pays du monde. Les preuves à cet égard sont multiples : les Etats-Unis reconnaissent financer l’opposition interne cubaine et leurs propres documents officiels l’attestent, les dissidents confessent recevoir une aide pécuniaire de la part de Washington et même Amnesty International avoue que les personnes emprisonnées ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba9 ».

RSF n’est pas une organisation digne de crédit car son agenda est avant tout politique et idéologique. Comme cela est constatable, il est aisé de mettre l’organisation parisienne face à ses contradictions et de dévoiler ses manipulations. Par ailleurs, RSF ne peut jouir d’aucune légitimité car elle reconnaît être financée par la National Endowment for Democracy (NED) qui n’est rien d’autre que l’officine écran de la CIA selon le New York Times qui notait en mars 1997 que la NED « a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies10 ».

Notes

1 Reporters sans frontières, « ‘N’importe qui peut naviguer sur Internet… sauf s’il est cubain’ », 20 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31379 (site consulté le 20 mai 2009).

2 Yoani Sánchez, Generación Y. http://www.desdecuba.com/generaciony/ (site consulté le 24 mai 2009).

3 Claire Vœux, Cuba. Cinq ans après le « Printemps noir », les journalistes indépendants font de la résistance, Reporters sans frontières, mars 2008. http://www.rsf.org/IMG/pdf/Rapport_Cuba.pdf (site consulté le 20 mai 2009).

4 Reporters sans frontières, « Cuba : rapport 2008 », http://www.rsf.org/article.php3?id_article=26080 (site consulté le 20 mai 2009).

5 Yoani Sánchez, « ‘Sentada’ blogger », Generación Y, 23 mai 2009. http://www.desdecuba.com/generaciony/ (site consulté le 27 mai 2009).

6 Ley n°62, Código Penal de Cuba, Libro II, Artículo 91, 29 décembre 1987. http://www.acnur.org/biblioteca/pdf/4417.pdf (site consulté le 24 mai 2009).

7 Code Pénal Français, Partie législative, Livre IV, Titre 1er, Chapitre 1er, Sections 1 & 2.

8 Reporters sans frontières, « “Cualquiera puede navegar por Internet…salvo los cubanos”, 20 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31383 (site consulté le 26 avril 2009).

9 Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-cinq-ann%C3%A9es-de-trop-le-nouveau-gouvernement-doit-lib%C3%A9rer-les-dissid(site consulté le 23 avril 2008).

10 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009), à paraître.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : RIEN NE PEUT JAMAIS JUSTIFIER LA TORTURE

Dimanche dernier, tout en mettant la dernière main à mes Réflexions sur Haïti, j’écoutais à la télévision la commémoration de la bataille de Pichincha qui se déroula en Équateur, voilà cent quatre-vingt-sept ans, le 24 mai 1822. La musique d’ambiance était belle et attirante.

Je me suis arrêté un instant pour observer les brillants uniformes de l’époque et d’autres détails de la commémoration.

Que de souvenirs émouvants au sujet de la bataille héroïque qui décida de l’indépendance de l’Équateur ! Les idéaux et les rêves de l’époque étaient présents à cette cérémonie. Aux côtés du président équatorien, Rafael Correa, deux invités d’honneur : Hugo Chávez et Evo Morales qui font revivre aujourd’hui les aspirations à l’indépendance et à la justice pour lesquelles les patriotes latino-américains luttèrent et moururent. Sucre fut le protagoniste principal de cette prouesse immortelle inspirée par les rêves de Bolívar.

Cette lutte-là n’est pas finie. Elle repart de nouveau dans des conditions très différentes, que personne ne pouvait supposer sans doute à l’époque.

J’ai repensé à un discours sur la sécurité nationale que Dick Cheney a prononcé jeudi dernier à 11 h 20 à l’Institut des sociétés étasuniennes et qui a été transmis par CNN en espagnol et en anglais. J’en ai lu la version samedi. Il s’agissait d’une réponse au discours que le président des USA, Barack Obama, avait prononcé ce même jour, à 10 h 27, sur le même thème et auquel il avait ajouté une explication sur la fermeture de la prison de Guantánamo. Je l’avais écouté aussi ce jour-là.

La mention de ce morceau de territoire national occupé de force m’a interpellé, en plus de mon intérêt logique pour ce thème. Je ne savais même pas que Cheney parlerait aussitôt après, ce qui n’est pas courant.

J’ai pensé au départ qu’il pouvait s’agir d’un défi déclaré au nouveau président, mais, après avoir lu la version officielle, j’ai compris que la réponse rapide avait été concertée au préalable.

L’ancien vice-président avait élaboré son discours avec soin sur un ton respectueux et parfois doucereux.

Mais ce qui a caractérisé son discours, c’est la défense de la torture comme méthode valable pour obtenir des informations en des circonstances données.

Notre voisin du Nord est un centre de pouvoir planétaire, la nation la plus riche et la plus puissante, détentrice de cinq à dix mille ogives nucléaires, qu’elle peut faire exploser à n’importe quel endroit du monde avec une précision millimétrique. À quoi il faudrait ajouter le reste de son équipement militaire : armes chimiques, armes biologiques, armes électromagnétiques, un immense arsenal de moyens de combat terrestres, navals et aériens. Des armes aux mains de ceux qui réclament le droit de recourir à la torture !

Notre peuple possède une culture politique suffisante pour analyser des arguments de ce genre. Beaucoup par le monde comprennent aussi ce que signifient les paroles de Cheney. J’en ferai une rapide synthèse en utilisant ses propres mots, que j’accompagnerai de brefs commentaires et opinions.

Il a commencé par critiquer le discours d’Obama : « Il est évident que le Président serait sanctionné par notre Chambre de représentants, où la prise de parole dure normalement quelques minutes. » Ça se voulait une plaisanterie. Il n’empêche que lui aussi a longuement pris la parole : la traduction de la version officielle fait trente et une pages de vingt-deux lignes chacune.

« …j’ai été le premier vice-président à avoir aussi occupé le poste de secrétaire à la Défense… logiquement, mon devoir était de m’occuper de la défense nationale, et ce sont ces défis-là que je me suis attaché à relever en majorité… Je suis maintenant quelqu’un de plus libre. Je n’ai aucune élection à gagner ou à perdre, et je ne cherche aucune faveur. »

« Je ne parle pas ici au nom de George W. Bush. Personne plus que nous ne souhaite le succès de l’administration actuelle. »

« Je veux parler aujourd’hui de la philosophie stratégique qui a sous-tendu nos politiques. Je parle comme quelqu’un qui a été au gouvernement Bush tous les jours, qui a soutenu ces politiques quand les décisions ont été prises et qui le referait sans aucun doute dans les mêmes circonstances. »

« Le président Obama mérite que nous l’appuyions quand il prend des décisions sages, comme je le crois qu’il l’a fait sur certains points relatifs à l’Afghanistan ou quand il renonce à publier des photos incendiaires. Quand il nous accuse pour les décisions de sécurité nationale que nous avons prises ou quand il les dénature, il mérite que nous lui répondions. »

« Notre administration a toujours dû faire face aux critiques qui ont été toujours fortes dans certains milieux, surtout durant les dernières années de mandat, quand les dangers étaient aussi graves ou plus graves que jamais, mais quand le sens de l’alarme ayant suivi le 11 septembre était en train de s’évanouir dans les mémoires. »

Cheney a passé ensuite en revue les attaques terroristes perpétrées contre les États-Unis ces seize dernières années, dans le pays ou à l’étranger, et il en a énumérées une demi-douzaine.

Le hic pour Cheney était d’entrer dans le vif du sujet, la question épineuse des tortures, que les États-Unis ont tant de fois condamnées officiellement comme politique.

« Le 11 septembre nous a contraints forcément de modifier notre politique, pour faire face à une menace stratégique que le Congrès a qualifiée de menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale des USA… Nous avons décidé dès le premier moment d’éviter des attaques », a-t-il assuré.

Il a signalé la quantité de personnes ayant perdu la vie le 11 septembre. Il l’a comparé à l’attaque de Pearl Harbour. Il n’a pas expliqué pourquoi cette action complexe a pu s’organiser d’une manière relativement facile, il n’a pas dit quels renseignements Bush possédait au préalable, ce qu’on aurait pu faire pour l’éviter. Bush était à la présidence depuis presque huit mois. On savait qu’il travaillait peu et prenait beaucoup de congés. Il partait constamment dans son ranch texan.

« Al Qaeda cherchait à se doter de la technologique nucléaire – affirma-t-il – et A.Q.Khan la vendait au marché noir », exclama-t-il. Et d’ajouter : « Nous avions les attaques à l’anthrax provenant de source inconnue, les camps d’entraînement en Afghanistan et des dictateurs comme Saddam Hussein dont les liens avec des terroristes au Moyen-Orient étaient notoires. »

« Comme vous vous en souvenez, j’était dans mon bureau à ces premières heures, quand le radar a repéré un avion qui se dirigeait vers la Maison-Blanche à 800 km/h, le vol 77, qui a fini par se précipiter sur le Pentagone. Alors que l’avion était encore en vol, les agents des services secrets sont entrés dans mon bureau pour me dire que je devais partir aussitôt. Quelques moments après, j’étais dans un poste de commandement fortifié quelque part sous la Maison-Blanche. »

Le récit de Cheney, qui prouve que personne n’avait prévu une situation de ce genre, écorne fortement la fierté des Étasuniens en laissant supposer que quelqu’un d’enfermé dans une caverne à quinze ou vingt mille kilomètres de distance pouvait obliger le président des États-Unis à occuper son poste de commandement dans les sous-sols de la Maison-Blanche !

« Depuis – a raconté Cheney – j’ai entendu dire à l’occasion que j’avais changé après le 11 septembre. Je ne dirai pas ça, mais je dois admettre qu’observer une attaque coordonnée et dévastatrice contre notre pays depuis un bunker souterrain à la Maison-Blanche peut modifier la vision que vous avez de vos responsabilités. »

« Comme vous ne pouvez pas gagner les guerres en restant à la défensive, nous avons opéré directement contre les terroristes, leurs tanières et leurs sanctuaires. »

« Nous avons appliqué nos politiques avec l’appui des deux partis. »

« Ce n’est pas nous qui avons inventé l’autorité. Elle apparaît à l’article 2 de notre Constitution. »

« Après le 11 septembre, le Congrès et une résolution conjointe ont autorisé à faire tout le nécessaire pour protéger les USA. »

« Cette initiative nous a permis d’intercepter des appels et de suivre des contacts entre des opérateurs d’Al Qaeda et des gens aux USA. »

« Le programme est resté top secret et avec force raison, jusqu’à ce que les rédacteurs en chef du New York Times l’aient obtenu et publié en manchette. Après le 11 septembre, ce journal avait publié pendant des mois des photos de morts causés ce jour-là par Al Qaeda. »

« Ça a impressionné le comité qui décerne le Prix Pulitzer, mais bien entendu, ça n’a pas servi les intérêts du pays ni sauvegardé la population. »

« Des années après, notre administration a compris que la sécurité du pays exigeait de réunir des informations qui ne pouvaient être obtenues dans certains cas que par des interrogatoires musclés. »

« J’ai été fortement partisan et je le reste du programme d’interrogatoires »

Il veut parler des interrogatoires assortis de tortures.

« Cette méthode a été utilisée contre des terroristes une fois constaté l’échec d’autres techniques. »

« Cette méthode était légale, essentielle, bien justifiée, elle réussissait, c’était la manière d’agir correcte. »

« Mais nos successeurs ont leur propre vision des choses. »

« Nous avons vu, le mois dernier, comment des documents en rapport avec cette pratique d’interrogatoires ont été divulgués sur décision présidentielle. L’administration l’a fait de son plein gré pour respecter le droit du peuple de connaître la vérité. »

« Le public a connu moins de la moitié de la vérité. »

« On a du mal à imaginer un précédent pire que celui d’une administration entrante critiquant les décisions politiques de ses prédécesseurs. »

« Le directeur de l’Agence centrale de renseignements, Leon Panetta, a fait partie des gens qui se sont opposés à la divulgation des mémos sur les techniques d’interrogatoire. »

Cheney, arrivé à ce point, se devait d’expliquer toutefois ce qu’il s’était passé dans la prison d’Abu Ghraib, qui a horrifié le monde :

« Là, régnait le sadisme. Ça n’avait rien à voir avec les interrogatoires à la recherche de renseignements. »

«  À Abu Ghraib, des gardiens sadiques ont abusé des prisonniers, violant les lois des USA, les règlements militaires et la décence. »

« Nous connaissons la différence entre justice et vengeance. Nous ne tentions pas de nous venger des auteurs du 11 septembre. »

« Depuis le début du programme, nous étions axés uniquement sur la priorité la plus importante : obtenir des informations concernant des plans terroristes. »

« Pour le mal qu’ils ont causés aux prisonniers iraquiens et à la cause des États-Unis, ils méritaient d’être punis par la justice. »

Indépendamment des milliers de jeunes Étasuniens morts, mutilés ou blessés dans la guerre d’Iraq et des sommes fabuleuses dépensées là, des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de vieux, d’hommes et de femmes n’ayant absolument rien à voir avec l’attaque des tours jumelles sont morts depuis l’invasion ordonnée par Bush. Cette énorme quantité de victimes innocentes n’a pas fait l’objet de la moindre mention de la part de Cheney dans son discours.

Les ayant oubliées, il a poursuivi :

« Si les libéraux ne sont pas d’accord avec certaines décisions et les conservateurs avec d’autres, il semblerait que le président s’engage sur la voie d’une solution sensée.

« Mais dans la lutte contre le terrorisme, il n’y a pas de points intermédiaires, et des demi-mesures vous exposent à moitié. »

« Quand vous laissez une seule piste inexplorée, ça peut vous conduire à la catastrophe. »

« Au deuxième jour de son administration, le président Obama a annoncé la fermeture de la prison de Guantánamo, une mesure prise sans beaucoup de réflexions et sans plan. »

« Il a été facile à cette administration de recevoir des applaudissements en Europe pour la fermeture de Guantánamo, mais il lui est difficile de trouver une autre solution qui serve les intérêts de la justice et de la sécurité nationale des USA. »

« En matière d’euphémisme, le prix revient à un éditorial récent d’un journal connu qui qualifie de « séquestrés » les terroristes que nous avons capturés. »

« Ainsi donc, un journal qualifie les ennemis de notre pays comme des victimes d’une séquestration.

« Les interrogatoires et les Programme de surveillance ont rendu sans aucun doute notre pays plus sûr.

“Quand Obama et son administration parlent d’interrogatoires, ils le font comme s’il avaient réglé le dilemme moral concernant la façon de soutirer des informations vitales de la bouche des terroristes. »

« En fait, ils renoncent à prendre des décisions tout en présumant d’une supériorité morale.

« Déclassifier ces mémorandums est contraire aux intérêts de la sécurité nationale.

« Le dommage commence quand des terroristes ont en mains des informations top secret. »

« Des gouvernements du monde qui nous ont appuyés dans des manœuvres conjointes redoutent maintenant, car ils voient d’autres opérations compromises. »

« Le président Obama a utilisé son pouvoir pour révéler ce qu’il se passe dans les interrogatoires. »

« Le directeur des renseignements national en personne du président Obama, Denis C. Blair, l’a dit à sa manière : « L’information de grande valeur est provenue des interrogatoires durant lesquels ces méthodes ont été utilisés et elle nous a permis de mieux comprendre l’organisation d’Al Qaeda qui attaquait notre pays. » »

« L’amiral Blair a donné cette conclusion par écrit, mais elle a disparu dans une version postérieure divulguée par le gouvernement. »

« Ces vingt-six mots manquants disaient une vérité qui ne convenait pas, mais on n’a pas pu modifier les mots du directeur de la CIA sous les administrations Clinton et Bush, George Tenet, qui a dit clairement : « Je sais que ce programme a sauvé des vies. Je sais que nous avons démantelé des plans. Je sais que ce programme vaut à lui seul plus que ce que le FBI, la CIA et l’Agence de sécurité nationale ensemble ont pu nous donner ». »

« Si les Étasuniens ont l’occasion de savoir ce qui a été évité au pays, ils verront l’urgence et la justification des interrogatoires menés dans les années postérieures au 11 septembre. »

« Nous nous sommes attachés à leur soutirer des secrets au lieu de partager les nôtres avec eux. »

« C’est quelque chose qui doit se continuer jusqu’à que ce le danger soit passé. En route, il a fallu prendre des décisions difficiles. »

« Aucune décision de sécurité nationale n’a été prise à la légère ni à la hâte. »

« Comme dans n’importe quel conflit, il y a un coût à payer. Aucun n’a été plus lourd que les sacrifices de ceux qui sont morts ou ont été blessés au service de leur pays. »

« Comme beaucoup d’autres qui prêtent service aux États-Unis, ils ne demandent pas de remerciements. Mais moi, je les en remercie. »

Cheney a attaqué très durement l’administration Obama, mais je ne tiens pas à me prononcer à ce sujet.

Je tiens en revanche à rappeler que le terrorisme n’est pas tombé des nues : ce sont les États-Unis qui ont inventé cette méthode pour combattre la Révolution cubaine.

Le général Dwight Eisenhower, alors président des États-Unis, – rien moins que lui – a été le premier à recourir au terrorisme contre notre patrie. Et il ne s’est pas agi d’un groupe d’actions meurtrières contre notre peuple, mais de dizaines de faits qui, initiés dès 1959, se sont multipliés ensuite pour totaliser des centaines d’actes terroristes tous les ans : substances inflammables ; explosifs à forte puissance ; armements perfectionnés de précision à rayons infrarouges ; poisons comme le cyanure ; parasites ; dengue hémorragique ; fièvre porcine ; anthrax ; virus et bactéries attaquant des cultures, des plantes, des animaux et des êtres humains.

Ce ne furent pas seulement les actions contre l’économie et le peuple, mais les tentatives d’élimination des dirigeants de la Révolution.

Des milliers de personnes ont été touchés, et notre économie, dont l’objectif est de soutenir l’alimentation, la santé et les services les plus élémentaires du peuple, a été soumise à un blocus implacable à portée extraterritoriale.

Je n’invente pas ces faits. Ils apparaissent dans les documents déclassifiés par le gouvernement des États-Unis. Dans notre pays, malgré les périls gravissimes qui nous ont menacés des dizaines d’années durant, on n’a jamais torturé qui que ce soit pour lui soutirer des informations.

Si douloureuses qu’aient été les actions commises contre le peuple étasunien le 11 septembre 2001, que le monde entier a condamnées énergiquement, la torture est quelque chose de lâche et d’ignoble que rien ne peut jamais justifier.

Fidel Castro Ruz

Le 27 may 2009

12 h 54

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Réflexions du compañero Fidel : DE NOUVEAU LA PUTRIDE OEA

L’agence de presse allemande DPA a fait savoir hier que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) de l’Organisation des États américains (OEA) avait adopté un rapport dans laquelle elle signalait que Cuba « a continué de transgresser » les droits fondamentaux en maintenant ses « restrictions » aux droits politiques et civils de la population, et qu’elle restait le « seul » pays de la région où il n’existait aucune liberté d’expression.

Existe-t-il donc une CIDH dans cette putride institution ? Oui, elle existe. Et quelle est sa mission? Juger de la situation des droits de l’homme dans les pays membres de l’OEA. Les États-Unis sont-ils membres de cette organisation ? Oui, ils en sont même l’un des membres les plus honorables. La CIDH a-t-elle condamné une seule fois le gouvernement étasunien ? Non, jamais. Même pas les crimes génocidaires perpétrés par Bush qui ont coûté la vie à des millions de personnes ? Non, jamais, comment pourrait-elle commettre une telle injustice ! Même pas les tortures sur la base de Guantánamo ? Que je sache, pas un mot.

J’ai obtenu sur Internet le texte de l’accord contre Cuba. De l’ordure pure et simple ! Du commérage contre-révolutionnaire. Un long document, dans le style de ceux que concocte le département d’État, modèle politique et chef de l’OEA. Qu’il avait raison Raúl Roa, notre ancien ministre des Relations extérieures, de la taxer de ministère yankee des Colonies !

Je demande à cette institution indélicate : puisque vous nous avez expulsés pour avoir proclamé nos convictions et que nous ne sommes donc plus membres, de quel droit nous jugez-vous ? Feriez-vous pareil avec la République populaire de Chine, le Vietnam et d’autres pays qui ont affirmé comme nous leur adhésion aux principes marxistes-léninistes ?

Vous devriez savoir qu’il y a belle lurette que nous ne faisons plus partie de votre Église et que nous ne communions plus avec votre catéchisme. Nous partons de positions différentes. Au sujet de la liberté d’expression, je tiens à vous rappeler que notre pays ne reconnaît pas la propriété privée des moyens de communication. Ce sont toujours les patrons de ces médias qui décidaient de ce qui s’écrivait et par qui, de ce qui se transmettait ou ne se transmettait pas, de ce qui se projetait ou ne se projetait pas. Les analphabètes et les semi-analphabètes ne peuvent pas le faire. Pendant des centaines d’années, tout le temps que régna le colonialisme et que se développa le système capitaliste depuis l’invention de l’imprimerie, les quatre cinquièmes de la population ne savaient ni lire ni écrire, et l’éducation publique et gratuite n’existait pas.

Les médias modernes ont changé la donne. Aujourd’hui, seuls d’énormes investissements permettent de disposer des centres qui diffusent les nouvelles à travers toute la planète et seuls ceux qui les manipulent décident de ce qui se divulgue et comment, de ce qui se publie et comment.

Les efforts que déploie le Pentagone pour monopoliser l’information et les réseaux d’Internet sautent aux yeux. On bloque l’accès de notre pays à ces sources. Il vaudrait mieux que la CIDH, au lieu que sa bureaucratie perde son temps et son argent à de telles sottises, analyse ces réalités et informe les pays latino-américains de dangers gravissimes qui menacent la liberté d’expression de tous les peuples de la planète.

Pour contester le rôle de Cuba sur ce terrain, vous devriez commencer par reconnaître sans ambages que notre nation a été celle qui a fait le plus pour l’éducation, la science et la culture au profit de tous les peuples de la planète et que son exemple est suivi aujourd’hui par d’autres gouvernements révolutionnaires et progressistes. Si vous en doutez, renseignez-vous donc auprès des Nations Unies.

Sur ce continent-ci, les pauvres n’ont jamais eu la moindre liberté d’expression, parce qu’ils n’ont jamais reçu une éducation de bonne qualité et que les connaissances étaient réservées aux élites privilégiées et bourgeoises. N’accusez pas maintenant le Venezuela, qui a tant fait pour l’éducation à partir de la Révolution bolivarienne, ni la République d’Haïti, abattue par la pauvreté, les maladies et les catastrophes naturelles, comme si c’étaient là les conditions idéales pour la jouissance de la liberté d’expression que vous proclamez. Faites donc ce que fait Cuba : aidez d’abord à former massivement des personnels de santé de qualité, dépêchez des médecins révolutionnaires dans les endroits les plus reculés du pays de façon à ce qu’ils contribuent avant tout à préserver la vie ; transmettez-leur des programmes et des expériences en éducation ; exigez que les institutions financières du monde développé et riche allouent des ressources pour bâtir des écoles, former des enseignants, produire des médicaments, développer l’agriculture et l’industrie, et après vous pourrez parler des droits de l’homme !

Fidel Castro Ruz

Le 8 mai 2009

12 h 14

Et si cet article vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner au blog

Powered by WordPress | Compare Best Sprint Phone Deals Online. | Thanks to Credit Card Deals, Best CD Rates and Sell cars

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.