Réflexions du compañero Fidel : LE COUP DE GRIFFE EN SUSPEND

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J’ai écrit mes Réflexions du mardi 8 juin, « Au seuil de la tragédie » en début d’après-midi. Plus tard, j’ai regardé le programme de la télévision, « Table ronde », de Randy Alonso, qui débute en général à 18 h 30.

Ce jour-là, de prestigieux intellectuels cubains qui participaient à ce programme, soumis aux questions pertinentes du directeur, répondirent avec éloquence qu’ils respectaient beaucoup mon opinion, mais qu’ils ne croyaient pas qu’il y ait des raisons pour que l’Iran rejette l’éventuelle résolution  – connue alors – que devait adopter le Conseil de sécurité de New York, le 9 juin au matin et qui avait été sans aucun doute concertée entre les dirigeants des trois puissances ayant le droit de veto, les États-Unis, l’Angleterre et la France, avec leur homologues de Russie et de Chine, qui le possèdent aussi.

À cet instant, j’ai dit aux personnes proches qui m’accompagnent d’ordinaire : « Que je regrette de n’avoir pas conclu mes Réflexions en disant que personne plus que moi ne souhaite se tromper », mais il était tard et je ne pouvais en retarder l’envoi au site web « CubaDebate » et au journal Granma.

Le lendemain, comme je savais que la réunion du Conseil de sécurité s’ouvrait à dix heures, j’ai eu l’idée de mettre CNN en espagnol qui devait sans aucun doute donner des nouvelles du débat. De fait, j’ai pu écouter le discours par lequel son président présentait un projet de résolution soumis quelques jours avant par les États-Unis et soutenu par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Des représentants des principaux États impliqués dans ce projet ont pris la parole. La représentante des USA a expliqué pourquoi son pays le votait, sous le prétexte éculé qu’il fallait punir l’Iran d’avoir violé les principes du Traité de non-prolifération nucléaire. De son côté, le représentant de la Turquie, dont l’un des navires de la flottille qui apportait des aliments au million et demi de Palestiniens assiégés dans un morceau de leur patrie avait été victime de la brutale attaque héliportée des troupes d’élites israéliennes, au petit matin du 31 mai, a fait savoir que son gouvernement s’opposait à de nouvelles sanctions contre l’Iran.

CNN, dans son créneau de nouvelles, a présenté des vues de mains levées en fonction de prise de position, dont celle du représentant du Liban, qui fit savoir que son pays s’abstiendrait.

On peut résumer l’attitude des membres du Conseil de sécurité qui ont voté contre la résolution dans la main droite sereine et ferme de la représentante du Brésil qui avait exposé d’un ton sûr les raisons pour lesquelles son pays s’y opposait.

Comme il y avait encore des tas de nouvelles sur ce point, je suis allé sur TeleSur qui a étanché pendant des heures ma soif insatiable d’informations.

Le président Lula da Silva a prononcé à Natal, dans le  Nord-Est du Brésil, deux phrases lapidaires : les sanctions étaient imposées par « ceux qui croient à la force, et non au dialogue » ; la réunion du Conseil de sécurité « aurait pu servir à discuter du désarmement des pays qui ont des armes atomiques ».

Il ne serait pas étonnant qu’Israël et les États-Unis, ainsi leurs étroits alliés ayant droit de veto au Conseil de sécurité – la France et le Royaume-Uni – veuillent profiter de l’énorme intérêt que soulève la Coupe du monde de football pour rassurer l’opinion internationale, indignée par la conduite criminelle des troupes d’élite israéliennes face à la Bande de Gaza.

Il est donc très probable que le coup de griffe soit retardé de quelques semaines, voire que la plupart des gens oublient cette question durant les chaudes journées d’été. Il ne restera plus qu’à observer le cynisme dont les dirigeants israéliens feront étalage quand la presse les mitraillera de questions dans les prochains jours. Le puissant Empire, le moment voulu,  élèvera toujours plus la barre en matière d’exigences avant d’appuyer sur la gâchette. Il rêve de répéter l’histoire de Mossadegh en 1953 ou de ramener l’Iran à l’âge de pierre, une menace dont il aime user dans ses rapports avec le Pakistan.

L’État d’Israël voue une telle haine aux Palestiniens qu’il n’hésiterait pas à envoyer le million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants de Gaza aux fours crématoires dans lesquels les nazis exterminèrent des millions de juifs de tous les âges.

Il semblerait que la croix gammée du Führer soit aujourd’hui le drapeau d’Israël. Je ne le dis pas par haine, j’exprime le sentiment d’un pays qui s’est solidarisé avec les juifs et les a accueillis quand, à la dure époque de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement de Batista, soumis à l’impérialisme, tenta de renvoyer un navire transportant des juifs de France, de Belgique et de Hollande qui avaient échappé aux persécutions nazies.

Au triomphe de la Révolution, j’ai connu de nombreux membres de la communauté juive installée à Cuba ; je leur ai rendu visite et je me suis entretenu avec eux à plusieurs reprises. Nous ne les avons jamais expulsés. Les différends sont nés des lois révolutionnaires qui touchaient des intérêts économiques ; par ailleurs, la société de consommation attirait beaucoup de juifs, alors que la Révolution impliquait des sacrifices. Beaucoup sont partis, mais d’autres sont restés dans notre patrie, prêtant des services utiles à Cuba.

Un jour ténébreux se lève sur le monde.

Hier, à 12 h 44, Obama a parlé de la résolution du Conseil de sécurité.

En voici quelques extraits, selon la version espagnole de CNN.

« Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a voté à la majorité des sanctions contre l’Iran à cause de ses violations réitérées…

« Cette résolution contient les sanctions les plus fortes contre le gouvernement iranien et adresse un message sans ambiguïté quant à la volonté de la communauté internationale de freiner l’expansion des armes atomiques.

« Pendant des années, le gouvernement iranien a violé les obligations qui sont les siennes aux termes du Traité de non-prolifération nucléaire.

« Tout en s’occultant derrière la rhétorique, les dirigeants iraniens continuent d’agir.

« Quand j’ai pris ma fonction voilà seize mois, l’intransigeance iranienne était déjà bien forte.

« Nous lui avons offert des perspectives d’un avenir meilleur s’il respectait ses obligations internationales.

« Ici, il n’y a pas deux poids deux mesures.

« L’Iran a violé ses obligations de suspendre l’enrichissement de l’uranium en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité

«Voilà pourquoi ces mesures sont si sévères.

« Ce sont les plus rigoureuses imposées à l’Iran.

« Ceci prouve qu’il existe une vision commune qu’il ne convient à personne de mettre au point ces armés au Moyen-Orient. »

Cette sélection de phrases du bref discours d’Obama est plus que suffisante pour prouver combien la politique du puissant Empire est faible, inconsistante et injustifiable.

Obama avait admis dans son allocution à l’Université islamique Al-Azhar, du Caire, qu’ « en pleine Guerre froide, les États-Unis avaient joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu », bien qu’il n’ait jamais précisé quand ni dans quel but. Il est même possible qu’il ne se rappelle pas comment les USA renversèrent Mossadegh pour pouvoir installer à sa place la dynastie de Reza Pahlévi, le shah d’Iran, qu’ils armèrent jusqu’aux dents pour en faire leur principal gendarme au Moyen-Orient et qui accumula une immense fortune grâce aux richesses pétrolières du pays.

À l’époque, l’État d’Israël ne possédait aucune arme nucléaire. L’Empire disposait, lui, d’une force de frappe atomique énorme et sans rivale. Et c’est alors qu’il eut l’idée aventurière de créer au Moyen-Orient un nouveau gendarme qui menace aujourd’hui une partie considérable de la population mondiale et qui est capable d’agir avec son indépendance et son fanatisme caractéristiques.

Fidel Castro Ruz

Le 10 juin 2010

11 h 59

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE ET LE MENSONGE

Je n’ai pas le choix : il me faut écrire deux Réflexions sur l’Iran et la Corée pour expliquer qu’il existe un danger de guerres imminent où serait employée l’arme nucléaire. J’ai dit aussi qu’il était possible de faire tourner court le premier si la Chine décidait de recourir à son droit de veto pour bloquer la résolution que les États-Unis promeuvent au Conseil de sécurité des Nations Unies. Le second dépend de facteurs qui échappent à tout contrôle, étant donné la conduite fanatique d’Israël, converti par les USA en une forte nation nucléaire qui n’accepte aucun contrôle de la part de la superpuissance.

Lors de la première intervention des USA visant à écraser la Révolution islamique en juin 1953, pour défendre leurs intérêts et ceux de leur fidèle allié, le Royaume-Uni, et pour installer Mohammed Reza Pahlevi au pouvoir, Israël était un petit État qui ne s’était pas encore emparé de la quasi-totalité du territoire palestinien, d’une partie de la Syrie et d’une bonne part de la Jordanie voisine, défendue jusqu’alors par la Légion arabe dont il ne resta même pas l’ombre.

Aujourd’hui, les centaines de missiles à ogives nucléaires d’Israël, appuyés par les avions les plus modernes qui lui fournissent les USA, menacent la sécurité de tous les États de la région, arabe ou non, musulmans ou non, à portée de leur vaste rayon d’action, parce que leur précision est de quelques mètres.

Dimanche dernier, le 30 mai, quand j’écrivais les Réflexions intitulées L’Empire et la drogue, Israël n’avait pas encore attaqué brutalement la flottille qui transportait des vivres, des médicaments et des articles destinés au million et demi de Palestinien assiégés dans un petit fragment de ce qui avait été leur patrie durant des milliers d’années.

L’immense majorité des gens occupent leur temps à résoudre les besoins que leur impose la vie, dont les aliments, le droit aux loisirs et à l’étude, et d’autres problèmes vitaux de leurs familles les plus proches, et ils ne peuvent partir en quête d’informations sur les événements de la planète. On les voit partout, pleins de noblesse, espérant que d’autres se chargeront de chercher des solutions aux problèmes qui les écrasent. Ils sont capables de se réjouir et de sourire. Ils rendent ainsi heureux les gens qui, comme nous, ont le privilège d’observer avec équanimité les réalités qui nous menacent tous.

On accuse la Corée du Nord d’avoir torpillé la corvette sud-coréenne Cheonan, conçue selon une technologie de pointe, dotée d’un vaste système de sonar et de senseurs acoustiques sous-marins, dans des eaux situées face à ses côtes, cette action atroce ayant coûté la vie à quarante marins sud-coréens et causé des dizaines de blessés.

J’avais du mal à déchiffrer le problème. D’une part, je ne parvenais pas à m’expliquer comment un gouvernement, même s’il jouit de beaucoup d’autorité, pouvait utiliser des mécanismes de commandement pour donner l’ordre de torpiller un bâtiment de ce genre ; de l’autre, je n’ai pas cru une seconde la version selon laquelle Kim Jong il avait donné cet ordre.

Je n’avais pas assez d’éléments en main pour aboutir à une conclusion, mais j’étais sûr que la Chine opposerait son veto au projet de résolution soumis au Conseil de sécurité pour sanctionner la Corée du Nord. Mais je ne doute absolument pas, par ailleurs, que les États-Unis ne peuvent éviter que le gouvernement incontrôlable d’Israël emploie l’arme nucléaire.

Le 1er juin, dans la soirée, la vérité a commencé à se faire jour au sujet de ce qui s’était vraiment passé.

J’ai écouté à 22 h 30 le journaliste Walter Medina, animateur d’un  programme phare de la télévision vénézuélienne, « Dossier », faire une analyse percutante. Sa conclusion est que les États-Unis ont fait croire aux deux parties de la Corée ce que chacune affirmait de l’autre, en vue de régler le problème du territoire occupé par la base d’Okinawa  dont le nouveau Premier ministre japonais, se faisant l’écho des aspirations de paix de la population, réclamait la rétrocession. Si son parti avait remporté un soutien électoral énorme, c’est justement parce qu’il avait promis d’obtenir le retrait de la base militaire installée là, comme un poignard planté depuis plus de soixante-cinq ans au cœur même du Japon, aujourd’hui développé et riche.

Le Global Research permet de connaître des détails absolument sidérants de ce qui est arrivé, grâce à l’article de Wayne Madsen, journaliste enquêteur de Washington, qui a diffusé des informations émanant de sources de renseignements sur le site web Wayne Madsen Report.

Ces sources, affirme-t-il

« soupçonnent que l’attaque à la corvette de guerre anti-sous-marin  de la marine sud-coréenne Cheonan, a été organisée sous un faux pavillon afin de faire croire qu’elle provenait de Corée du Nord.

« L’augmentation des tensions dans la péninsule coréenne visait surtout, entre autres objectifs, à exercer des pressions sur le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama afin qu’il modifie sa politiques relative au retrait à Okinawa de la base des marines étasuniens. Hatoyama a admis que les tensions créées par le torpillage du Cheonan avaient eu une grande influence sur sa décision de permettre aux marines étasuniens de rester à Okinawa. La décision de Hatoyama a provoqué une division dans le gouvernement de coalition de centre-gauche, ce dont Washington s’est réjoui, puisque le leader du Parti social-démocrate Mizuho Fukishima a menacé de s’en retirer à cause de cette volte-face au sujet d’Okinawa.

« Le Cheonan a été coulé près de l’île Baengnyeong, un endroit de l’extrémité occidentale éloigné de la côte sud-coréenne, mais face à la côte nord-coréenne. Cette île est fortement militarisée et à portée de l’artillerie de défense côtière nord-coréenne, située de l’autre côté d’un étroit canal.

« Le Cheonan,  une corvette de guerre contre sous-marins, était équipée de sonar de pointe, de vastes systèmes de sonar hydrophone et de senseurs acoustiques sous-marins. La Corée du Sud ne possède aucune preuve de sonar ou d’audio d’une torpille, d’un sous-marin ou d’un mini-sous-marin dans le coin. Comme il n’a quasiment aucune navigation dans le canal, la mer était silencieuse au moment du torpillage.

Or, lîle Baengnyeong abrite une base de renseignements militaires des USA et de Corée du Sud, et les forces spéciales de la marine étasunienne y opèrent. Il y avait aussi quatre bâtiments étasuniens dans le secteur, dans le cadre des manœuvres Foal Eagle entre les deux pays, durant le torpillage du Cheonan. Une investigation des traces métalliques et chimiques laissées par la torpille suspecte indique qu’il est de fabrication allemande.

« On suspecte que les forces spéciales de la marine étasunienne disposent d’une gamme de torpilles européennes afin de pouvoir recourir au « déni plausible » lors d’attaques sous de fausses couleurs. De plus, Berlin ne vend pas de torpédos à la Corée du Nord, mais maintient en revanche avec Israël un programme de coopération étroite de mise au point de sous-marins et d’armes sous-marines.

« La présence du Salvor, qui participait aux manœuvres Foal Eagle, si près de l’île Baengnyeong durant le torpillage de la corvette sud-coréenne, suscite des questions.

Le Salvor, un navire civil de sauvetage de la marine, qui a participé à des actions de pose de mines par les marins thaïlandais dans le golfe de Thaïlande en 2006, était présent au moment de l’explosion, avec un complément de douze hommes-grenouilles d’eaux profondes.

Beijing, satisfaite de l’affirmation d’innocence du Nord-Coréen Kim Jong Il qui a fait un voyage d’urgence depuis Pyongyang, suspecte que la marine étasunienne a joué un rôle dans le torpillage du Cheonan, associée à des soupçons particulier au sujet du rôle joué par le Salvor. Les soupçons sont les suivants :

« 1. Le Salvor participait à une opération de pose de mines dans le lit marin ; bref, il posait des mines anti-sous-marins tirées horizontalement au fond de la mer.

« 2. Le Salvor réalisait une inspection routinière de maintenance de mines dans le lit marin, les plaçant sur un mode électronique actif – déclenchement par gâchette sensible – dans le cadre du programme d’inspection.

« 3. Un homme-grenouille des forces spéciales a posé une mine magnétique sur le Cheonan, dans le cadre d’un programme clandestin, afin d’influencer l’opinion publique en Corée du Sud, au Japon et en Chine.

“Les tensions dans la politique coréenne ont éclipsé opportunément tous les autres points à l’ordre du jour des visites de la secrétaire d’État Hillary Clinton à Beijing et à Séoul. »

Ainsi, d’une manière étonnamment facile, les USA ont réglé un important problème : liquider le gouvernement d’unité nationale du Parti démocrate de Yukio Hatoyama, mais à un coût très élevé :

  1. Ils ont  profondément offensé leurs alliés de Corée du Sud.
  2. Ils ont souligné l’habileté et la rapidité avec lesquelles leur adversaire Kim Jong Il a agi.
  3. Ils ont mis en relief le prestige de la puissante Chine, dont le président, plein d’autorité morale, est intervenu personnellement et a dépêché les principaux dirigeants du pays converser avec l’empereur Akihito, avec le Premier ministre et d’autres personnalités éminentes au Japon.

Les leaders politiques et l’opinion mondiale ont une preuve du cynisme et de l’absence totale de scrupules qui caractérisent la politique impériale des États-Unis.

Fidel Castro Ruz

Le 3 juin 2010

11 h16

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Le cas d’Orlando Zapata: il faut que les Etats-Unis arrêtent leur guerre criminelle et absurde contre Cuba par danielle Bleitrach

Personne ne peut se réjouir de la mort d’un homme et chacun doit la déplorer, je connais assez les Cubains pour savoir que ,comme l’a dit Raoul; ils déplorent la mort de Zapata en prison. Maintenant après avoir dit cela qui est essentiel il faut également noter un certain nombre de faits incontournables. Oralando Zapata n’était pas un prisonnier politique mais un droit commun dont l’histoire personnelle est jalonnée de nombreux délits. Il faut voir et dénoncer la manière dont il a été utilisé par la contre-révolution dont « les dirigeants » sont trop amateurs de confort et de dollars nord-américains pour mettre leur vie en péril.

Il l’ont poussé à des revendications absurdes comme réclamer une cuisine personnelle et un téléphone dans sa cellule, utilisant cet homme, un maçon de 49 ans, un desesperados pour lui faire chercher un martyre dont ils ont toujours rêvé, et qu’il n’avait jamais trouvé alors que la révolution cubaine a des milliers de héros, ceux qui ont combattu mais aussi ceux comme les 5 qui sont un exemple de dignité, sans parler de tous ces médecins qui soignent leurs frères haïtiens,et de tous ces Cubains qui acceptent de vivre les pires difficultés au nom de leur dignité et liberté. Trouver un héros de la contre-révolution à Cuba est difficle en outre parce qu’il n’y existe pas (sauf à Guantanamo) de cas de torture ou d’exécution sommaire extra-judiciaire, parce que chacun vit les difficultés de la vie quotidienne et sait exactement ce que cherchent les pseudo-dissidents, épris de dollars.

Nous n’avions donc pas affaire à un prisonnier politique mais à un pauvre homme manipulé par la contre-révolution qui a succombé après une grêve de la faim de 85 jours après avoir mis plusieurs fois sa vie en péril de la même manière.

Dire qu’oralando Zapata n’était pas un prisonnier politique, ce n’est pas nier que des contre-révolutionnaires sont en prison. Quand on parle de prisonniers politiques à Cuba, il faut savoir de quoi il est question. Le contexte est celui d’une guerre livrée par les Etats-Unis et par exemple quand a été édictée la loi Helms burton au nom de laquelle en violation de toutes les lois internationales on asphyxie le pays, en attaquant en priorité la population civile, il y a eu une loi qui en réponse interdisait aux citoyens cubains sous peine de prison de recevoir de l’argent de l’ennemi. Ainsi les Dames en Blanc et Yoani peuvent être détenues et jugées selon les lois en vigueur – dans aucun pays les lois ne peuvent être violées: recevoir de l’argent et collaborer avec l’ambassade d’Iran (un pays ennemi) aux Etats-Unis, par exemple, peut entraîner la perte de tous les droits citoyens dans ce pays -, mais elles savent qu’à Cuba personne ne disparaît, ni est assassiné.

Parce que Cuba est un état de droit où on est jugé et où celui qui va en prison le fait soit pour des délits de droit commun, soit parce qu’il collabore avec l’ennemi étasunien qui a causé des milliers de morts cubains.

J’ajouterai que le bruit volontiers fait autour des « dissidents » cubains n’a d’égal que le silence fait par la même presse autour du cas des 5 cubains retenus dans les prisons des Etats-Unis depuis plus de 10 ans, privés du droit de voir leur famille, après une parodie de procès, parce qu’ils ont voulu protéger leur patrie du terrorisme étasunien. cela est dû au fait que 90% des « nouvelles » mondiales est sous contrôle étroit du système de propagande des Etats-Unis et de leurs alliés européens. Il est donc plus que jamais indispensable que nous dégagions notre information de ces grandes orgues médiatiques et tout est fait pour rendre le combat pour la justice et la vérité impossible…

Je voudrais reprendre les mots plein d’émotion qU’Enrique Ubieta écrit à propos du cas d’Oralando Zapata dans Cubadebate(1), il explique que les pseudo-dissidents et vrais stipendiés de l’empire nord-américain, n’ont ,jamais eu le courage d’aller jusqu’au bout de leur propres grèves de la faim et que ce n’est pas la première fois qu’ils utilisent des hommes dont « ils peuvent se passer », parce qu’encombrants et peu « décoratifs ». ce groupe qui vit en symbiose avec les représentants de Etats-Unis dont la section des intérêts à la Havane est l’organisateur de leurs actions.

« Chaque grève antérieure des instigateurs avait été annoncée comme aboutissant à une mort probable, mais les grévistes renonçaient toujours en étant en bon état de santé. Harcelé et poussé à continuer jusqu’à la mort – ces mercenaires se frottaient les mains avec l’espoir qu’il meurt malgré les efforts soutenus des médecins -, le cadavre de Zapata est maintenant exposé avec cynisme comme étant un trophée collectif.

En maraudant autour du moribond, les médias – les mercenaires locaux et la droite internationale – étaient comme des vautours. Son décès est un festin. Le spectacle dégoute. Parce que ceux qui écrivent ne s’apitoient pas de la mort d’un être humain – dans un pays sans mort extrajudiciaire –;ils la brandissent presque avec joie, et l’utilisent à des fins politiques préméditées. Le cas de Zapata me rappelle celui de Pánfilo: les deux furent manipulés et d’une certaine manière poussés à l’autodestruction de façon préméditée afin de satisfaire des besoins politiques d’autrui : l’un, poussé à maintenir une grève de la faim de 85 jours (il en avait déjà fait d’autres qui malmenèrent sa santé) ; l’autre, au milieu d’un processus de désintoxication alcoolique, invité à boire pour qu’il dise face aux caméras ce qu’elles voulaient entendre.

Je me demande si cela n’est pas une accusation contre ceux qui maintenant s’approprient de sa “cause”. Ils ont raison de dire que ce fut un assassinat, mais les médias cachent le vrai assassin: les groupuscules cubains et leurs mentors internationaux. Zapata fut assassiné par la contre-révolution. »

Un homme est mort et nul ne peut s’en réjouir car ce pauvre homme était une marionnette, c’est d’ailleurs pour cela qu’il est mort, les autres l’ont utilisé. Il était bien plus utile mort que vivant. C’est une victime dans la guerre absurde et criminelle que les Etats-Unis mènent contre Cuba. Il faudra bien un jour que cela s’arrête et c’est cela que la conscience universelle doit imposer, l’arrêt d’un crime perpétré depuis tant d’années dans une totale impunité.

Danielle Bleitrach

(1)http://www.cubadebate.cu/opinion/2010/02/24/zapata-un-muerto-util/

Traduction : R. Muller

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Déclaration du Ministère des Relations Extérieures

Comme cela avait été annoncé en temps utile, le 19 février 2010, de nouvelles conversations migratoires ont eu lieu à  La Havane avec le gouvernement des Etats-Unis.

De la même manière que lors des séances qui ont eu lieu à New York, les conversations ont aussi porté sur d’autres sujets. A cette occasion la délégation de Cuba a réitéré les propositions faites en juillet à la partie nord-américaine, propositions ayant trait à la coopération dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, le terrorisme et le trafic de personnes, à la protection de l’environnement et à l’éffrontement des désastres naturels. Nous avons en particulier exprimé notre disposition à signer avec le gouvernement des Etats-Unis un accord pour la lutte contre le trafic de stupéfiants, sur la base du projet présenté récemment par Cuba, en janvier 2010, par les voies diplomatiques.
De surcroît, la délégation de  Cuba a rappelé les sujets essentiels qui devraient être abordés dans un processus éventuel de dialogue destiné à améliorer les relations : la levée du blocus économique, commercial et financier; l’exclusion de Cuba de la liste bâtarde de pays terroristes; l’abrogation de la Loi d’Ajustement cubain et la «politique de pieds secs / pieds mouillés»; le dédommagement pour les dommages économiques et humains, la restitution du territoire occupé par la Base navale de Guantanamo; la fin des agressions radiales et télévisuelles des Etats-Unis contre  Cuba, et la fin du financement de la subversion intérieure.

La délégation cubaine a abordé à fond un point de ce programme qu’elle tient pour essentiel : la demande de libération des Cinq Cubains qui subissent, depuis onze ans, une incarcération injuste aux Etats-Unis pour avoir lutté contre le terrorisme.

Contrairement à l’esprit de coopération et de volonté d’entente affiché par la partie cubaine, une fois les conversations migratoires terminées, la délégation nord-américaine a convoqué quelques dizaines de ses mercenaires qu’elle a elle-même transportés à la résidence du Chef de la SINA, démontrant une nouvelle fois qu’elle se soucie davantage de soutenir la contre-révolution et de promouvoir la subversion pour détruire la Révolution cubaine que d’instaurer un climat conduisant à la solution réelle des problèmes bilatéraux. Ces éléments contre-révolutionnaires bénéficient d’une partie des plus de 20 millions de dollars qui ne restent pas à Miami et que le gouvernement des Etats-Unis consacre annuellement au travail de déstabilisation et de subversion contre Cuba.

Dès le  jour même de son arrivée au pays, le chef de la délégation nord-américaine avait été averti par le Ministère des Affaires étrangères de notre refus de le voir profiter de son bref séjour pour organiser un évènement provocateur, éloigné de l’esprit des conversations migratoires.

Par cette conduite offensante envers les autorités et le peuple cubain, le gouvernement nord-américain confirme qu’il maintient les instruments de la politique subversive contre Cuba et il manifeste son manque de volonté réelle pour améliorer les relations avec notre pays et pour abandonner les actes d’ingérence grossière qui ont constitué, historiquement, le plus grand obstacle à la normalisation des relations entre les deux pays.

Le ministère des Relations extérieures réitère la disposition déjà exprimée par le gouvernement cubain de soutenir un dialogue respectueux sur n’importe quel sujet avec le gouvernement des Etats-Unis, sur un pied d’égalité, sans aucune atteinte à son indépendance, à sa souveraineté et à son autodétermination.

20 février 2010

(Cubaminrex)

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Réflexions du compañero Fidel : DÉPÊCHONS DES MÉDECINS, NON DES SOLDATS !

Dans mes Réflexions du 14 janvier, rédigées deux jours après la catastrophe qui a détruit Haïti, pays voisin frère, j’écrivais :

« Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés. »

[…]

« La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. »

Les personnels de santé cubains ont entrepris de travailler sans trêve heure après heure, de jour et de nuit, dans les rares installations restées debout, sous des tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la population redoutait de nouveaux tremblements.

La situation était encore plus grave qu’on ne l’avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de blessés réclamaient de l’aide dans les rues de Port-au-Prince, tandis qu’une quantité incalculable de personnes gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de pisé et de torchis qui abritaient l’immense majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus solides s’étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher, au milieu des quartiers détruits, les médecins haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup avaient été touchés directement ou indirectement par la tragédie.

Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés attrapés dans plusieurs de leurs édifices, et des dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une force de l’ONU, et on ignorait le sort des centaines d’autres membres de ce personnel.

Le Palais présidentiel s’était effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs hôpitaux, avaient été converties en ruines.

La catastrophe a bouleversé le monde qui en a été témoin grâce aux images des principales chaînes de télévision internationales. Les gouvernements ont annoncé de partout l’envoi de secouristes, d’aliments, de médicaments, d’équipements et d’autres ressources.

Conformément avec la position annoncée publiquement par Cuba, des personnels médicaux d’autres nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens, ont œuvré ardûment auprès de nos médecins dans les installations que nous avions improvisées. Des organisations comme l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et d’autres ont fourni des médicaments et des moyens variés. Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve d’une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé absolument de se mettre en vedette.

En des circonstances similaires, quand le cyclone Katrina fit d’énormes ravages à la Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade médicale complète pour coopérer avec le peuple des États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d’immenses ressources, mais manque de médecins formés et équipés pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à partir, dotés des médicaments et des équipements pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville proche de Cuba par sa position géographique. Nous n’avions jamais supposé  un instant que le président de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort nombre d’Étasuniens qu’on aurait pu sauver. L’erreur de cette administration-là a été peut-être son incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas un ennemi dans le peuple étasunien ni ne l’accuse des agressions dont a souffert notre patrie.

Cette administration-là n’a pas été non plus capable de comprendre que notre pays  ne mendie pas les faveurs ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un demi-siècle durant, de le mettre à genou.

Dans le cas d’Haïti, notre pays a accepté aussitôt, à la demande des autorités étasuniennes, de permettre le survol de notre région orientale et d’offrir d’autres facilités nécessaires pour pouvoir prêter au plus vite de l’aide aux Étasuniens et aux Haïtiens touchés par le séisme.

Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son équanimité et sa fermeté, n’a cessé de sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont été nos adversaires dans l’arène internationale le savent pertinemment.

Cuba est résolument d’avis que la tragédie qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus puissants de la communauté internationale.

Haïti  est un pur produit du système colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde. C’est de l’étranger que l’esclavage y a été introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé. Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de Copenhague où les droits les plus élémentaires des cent quatre-vingt-douze États membres de l’Organisation des Nations Unies ont été bafoués.

La tragédie a déclenché en Haïti une course à l’adoption hâtive et illégale de garçons et de filles, au point que l’Unicef a dû prendre des mesures préventives pour empêcher le déracinement d’enfants qui seraient séparés de parents proches.

On compte déjà plus de cent mille morts. Nombre d’habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert des fractures,  de sorte qu’ils doivent suivre un traitement que leur permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.

Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une économie assez développée pour satisfaire les besoins de la population dans la mesure de ses capacités productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs capacités productives et du niveau technique de leur population, de relever l’Europe ou le Japon,  en comparaison des efforts à consentir en Haïti.  Là, à l’instar d’une grande partie de l’Afrique et d’autres régions du Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d’un développement durable. Dans seulement quarante ans, l’humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit faire face aux changements climatiques que les scientifiques acceptent comme une réalité inévitable.

Or, au beau  milieu de la tragédie, sans que nul ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l’infanterie de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et d’autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis encore, ni l’Organisation des Nations Unies ni l’administration étasunienne n’a offert à l’opinion publique mondiale une explication au sujet de ce déploiement de forces.

Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions qu’ils ont envoyés en Haïti n’ont pas pu y atterrir pour débarquer des ressources humaines et techniques.

Divers pays annoncent de leur côté qu’ils enverront d’autres soldats et équipements militaires. Ce qui, à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos et à compliquer la coopération internationale, déjà complexe en soi. Il faut en discuter sérieusement et assigner à l’ONU le rôle dirigeant qui lui incombe dans cette question délicate.

Notre pays remplit une mission strictement humanitaire. Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa portée. La volonté de notre peuple, fier de ses médecins et coopérants dans des activités vitales, est grande et sera à la hauteur des circonstances.

Notre pays ne refusera aucune coopération importante qu’on lui offrirait, à condition toutefois qu’elle soit en accord avec l’importance et la valeur de l’aide qu’on exigerait des ressources humaines de notre patrie.

Il est juste de signaler que nos modestes moyens aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises à la disposition du peuple haïtien n’ont eu aucun mal à arriver à destination.

Dépêchons des médecins, non des soldats !

Fidel Castro Ruz

Le 23 janvier 2010

17 h 30

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Citations du compañero Fidel : Le mur

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Source photo : cubadebate.cu

« L’Empire a besoin de Latinos, d’émigrants, et ceux-ci, pour tenter d’échapper à la faim, franchissent la frontière mexicaine. Plus de cinq cents meurent chaque année en tentant de franchir la frontière, autrement dit bien plus en douze mois que ceux qui sont morts en vingt-huit ans au fameux mur de Berlin.

L’Empire parlait tous les jours du mur de Berlin. Mais pas un mot de celui qui se dresse entre le Mexique et les USA, où plus de cinq cents personnes meurent tous les ans en tentant de le franchir pour échapper à la pauvreté et au sous-développement. Voilà le monde où nous vivons.»

Discours pour soixantième anniversaire de son entrée à l’université
17 novembre 2005

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Réflexions du compañero Fidel : UN PRIX NOBEL POUR EVO

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Si l’on a octroyé le Prix Nobel à Obama pour avoir remporté des élections dans une société raciste bien qu’il soit Afro-américain, Evo le méritait tout autant pour les avoir gagnées dans son pays, bien qu’il soit indigène, et pour avoir en plus tenu ses promesses.

Pour la première fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent à la présidence.

J’ai dit à plusieurs reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent, élevé dans le système social et politique auquel il croit. Il aspire à étendre les services de santé à presque cinquante millions d’Etasuniens, à sortir l’économie de la profonde crise qu’elle souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par des guerres génocidaires et par les tortures. Il ne conçoit pas qu’il faille changer le système politique et économique de son pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas.

Le Prix Nobel de la paix avait été concédé avant à trois présidents des USA, à un ex-président et à un candidat à la présidence.

Le premier fut Theodore Roosevelt,  élu en 1901, celui des Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention réalisée en 1898 pour empêcher l’indépendance de notre pays.

Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer  les USA dans la Première guerre pour le partage du monde. Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de l’apparition du nazisme et de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale.

Le troisième est Barack Obama.

L’ex-président,  c’est Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares présidents de ce pays à avoir été incapable d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement à d’autres ; il rendit le Canal de Panama, créa la Section des intérêts des USA à La Havane, évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel, contrairement à Reagan.

Le candidat a été Al Gore, quand il était déjà vice-président, le politique étasunien meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements climatiques. Il fut victime de la fraude électorale quand il était candidat à la présidence et privé de la victoire par W. Bush.

Les avis ont été très divisés au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions évidentes dans cette décision surprenante.

Ils auraient préféré que ce prix récompense une œuvre réalisée. Le Prix Nobel de la paix n’est pas toujours allé à des gens qui le méritaient. Il a parfois été décerné à des gens pleins de ressentiment, suffisants, ou pis encore. Apprenant la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris : « Qui ? Obama ? C’est trop tôt. Il n’a encore rien fait. »

Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons honnêtes et révolutionnaires se sont montrés critiques. L’un d’eux a affirmé : « La semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix, le Sénat étasunien a voté le budget militaire le plus élevé de l’histoire : 626 milliards de dollars. » Au journal télévisé, un autre journaliste a commenté : « Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle distinction ? » D’autres se sont demandés : « Et la guerre d’Afghanistan  et la recrudescence des bombardements ? » Ce sont là des vues basées sur des réalités.

De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu une phrase lapidaire : « Mes félicitation, président Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous plaît, gagne-le donc ! »

Je suis sûr qu’Obama est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré dans la matinée : « Je n’ai pas l’impression de mériter d’être en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui l’ont reçu. »

On dit que les membres du fameux comité qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq. Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes. On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama ? Peut-on prendre une décision de ce genre sans avertir auparavant la personne récompensée ?  Obama ne peut être jugé de la même manière sur le plan moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision.

Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix Nobel de la transparence.

La Bolivie compte d’importants gisements de gaz et de pétrole, et possède aussi les plus grandes réserves connues de lithium, un minerai extrêmement utile à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.

Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de llamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il « descendait dans un hôtel 1000  étoiles », une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.

Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière.

Quand le Che, blessé et désarmé, fut assassiné à La Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26 de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de distance de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.

Durant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.

Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin afin de travailler comme boulanger, bâtisseur ou dans d’autres métiers exigeant des efforts physiques. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.

Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de son communauté, dont il était le capitaine.

L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre.

Une fois conclues ses études secondaires, il fit son service militaire et rentra dans sa  communauté,  sur les hauteurs de la cordillère.  La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région sous tropicale d’El Chapare où elle obtint un petit lopin de terre. Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’Etat ne faisait rien.

Les conditions d’une révolution sociale s’étaient peu à peu créées en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle éclata le 9 avril 1952, avant même le début de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Víctor Paz Estenssoro : les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces répressives et le MNR prit le pouvoir.

Les objectifs révolutionnaires étaient loin de s’accomplir en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés, le processus commença à s’étioler. La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs relations avec nous.

Les scissions du mouvement révolutionnaire international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y changent,  il allait falloir plus de quarante ans de blocus à Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences désastreuses, la révolution bolivarienne au Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme (MAS).

Il est malaisé de résumer cette riche histoire en quelques pages.

Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes. « La coca n’est pas de la cocaïne », a-t-il lâché au plus gros producteur de marihuana et au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché nourrit la criminalité organisée qui coûte des milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires sont les plus gros producteurs de drogues de la planète.

La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur,  pays révolutionnaires qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA, ne tombent pas dans le piège mortel du commerce de drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas besoin de troupes étrangères pour combattre le narcotrafic.

La Bolivie mène de l’avant un programme étonnant sous la direction d’un président aymara qui jouit de l’appui de son peuple.

En moins de trois ans, l’analphabétisme a été éliminé : 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire ; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La  Bolivie est le troisième pays délivré de l’analphabétisme, après Cuba et le Venezuela.

Des millions de personnes reçoivent maintenant, pour la première fois de leur vie, des soins médiaux gratuits : la Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces cinq dernières années, réduit la mortalité infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015, ainsi que diminué les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454 161 personnes y ont été opérées de la vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens et Paraguayens.

La Bolivie a engagé un programme social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques, de la première à la huitième année de classe – soit presque deux millions d’élèves – reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les articles scolaires.

Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent un bon équivalent à 342 dollars par an.

Toutes les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une aide d’environ 257 dollars.

La Bolivie, l’un des trois pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle de l’Etat ses principales ressources énergétiques et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts touchés. Elle avance précautionneusement pour ne pas avoir à reculer d’un pas. Ses réserves en devises ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis le début du gouvernement d’Evo. La Bolivie fait partie des pays qui utilisent le mieux la coopération étrangère et défendent fermement l’environnement.

Elle est parvenue à établir en très peu de temps le Recensement électoral biométrique, enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs, presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit 3,8 millions.

Les élections auront lieu le 6 décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus son président. Rien ni personne n’a pu freiner son prestige et sa popularité qui ne cessent de croître.

Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix à Evo ?

Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis.

Fidel Castro Ruz

Le 15 octobre 2009

16 h 25

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Réflexions du compañero Fidel : OBAMA LE SÉRIEUX

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Dessin de Cartel bienal 2008

Le président vénézuélien Hugo Chávez a été tout à fait original quand il a parlé de « l’énigme des deux  Obama ».

Aujourd’hui, c’est Obama le sérieux qui a parlé. J’ai reconnu récemment deux aspects positifs de sa conduite : sa tentative d’apporter la santé à quarante-sept millions d’Étasuniens qui en sont privés et son inquiétude pour les changements climatiques.

Ce que j’ai affirmé hier sur la menace imminente qui pèse sur l’espèce humaine pourrait sembler pessimiste, mais n’est guère éloigné de la réalité. Reste à connaître maintenant les vues de nombreux chefs d’État sur la question ignorée et oubliée des changements climatiques.

Obama a été le premier à donner son avis comme président du pays siège de la Réunion de haut niveau des Nations Unis sur cette question.

Qu’a-t-il dit ? Je transcris l’essentiel de ses prises de position :

« Le fait que beaucoup de vous soient présents ici aujourd’hui constitue une reconnaissance que la menace émanant des changements climatiques est sérieuse, urgente et croissante.

« La réponse de notre génération à ce défi environnemental sera jugée par l’Histoire.

« Aucune nation, qu’elle soit grande ou petite, qu’elle soit fortunée ou pauvre, ne peut échapper aux effets des changements climatiques.

« L’élévation du niveau de la mer menace chaque littoral. Des tempêtes et des inondations toujours plus puissantes menacent chaque continent.

« La sécurité et la stabilité de chaque nation et de tous les peuples… sont menacées.

« Et nous avons mis le climat au sommet de notre ordre du jour diplomatique dans le cadre de nos relations avec des pays aussi variés que la Chine et le Brésil, l’Inde et le Mexique, du continent africain au continent européen.

« Pris ensemble, ces pas représentent une reconnaissance historique au nom du peuple étasunien et de son gouvernement. Nous saisissons la gravité de la menace climatique. Nous sommes décidés à agir.

« …nous ne venons pas ici pour célébrer des progrès aujourd’hui. […] Nous sommes venus ici parce qu’il y a encore beaucoup plus à faire.

« C’est un travail qui ne sera pas facile.

« …nous ne devons pas nous bercer d’illusions : la partie la plus difficile de notre voyage nous attend.

« Nous cherchons ce changement radical mais nécessaire en pleine récession mondiale, alors que la priorité la plus immédiate de chaque nation est de relancer son économie. Ainsi, nous nous heurtons tous à des doutes et à des difficultés dans nos propres capitales tout en cherchant à atteindre une solution durable aux défis climatiques.

« Mais je suis venu dire ici que les difficultés ne sont pas une excuse au contentement de soi. Que le malaise n’est pas une excuse à l’inaction.

« Chacun de nous doit faire ce qu’il peut quand il peut pour que nos économies croissent sans mettre en danger notre planète… Nous devons saisir l’occasion pour faire de Copenhague un pas en avant significatif dans la bataille mondiale contre les changements climatiques.

« Nous ne devons pas non plus permettre que les vieilles divisions qui ont caractérisé le débat sur le climat pendant tant d’années bloquent nos progrès. Oui, les nations développées qui ont causé beaucoup des dommages infligés à notre climat au siècle dernier ont encore une responsabilité à exercer.

« Nous ne pourrons relever ce défi à moins que tous les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre n’agissent ensemble.

« Nous devons redoubler d’effort pour mettre d’autres nations en développement – en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables – sur la voie de la croissance durable. Ces nations n’ont pas les mêmes ressources pour combattre les changements climatiques

« Leur avenir n’est plus désormais un choix entre croissance économique et planète plus propre, parce que leur survie dépend de l’une et l’autre.

« Et voilà pourquoi nous sommes responsables de fournir l’aide financière et technique requise à ces nations…

« Nous cherchons un arrangement qui permettra à toutes les nations de croître et d’atteindre des niveaux de vie sans mettre en danger la planète.

« Nous savons que l’avenir de notre planète dépend d’un engagement global…

« Mais le trajet est long et le trajet est dur. Et nous n’avons plus trop de temps pour le faire. »

Le problème, toutefois, c’est que tout ce qu’affirme Obama entre en contradiction avec ce que les États-Unis font depuis cent cinquante ans, en particulier depuis qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ils imposèrent au monde l’accord de Bretton Woods et se convertirent en patron de l’économie mondiale.

Leurs centaines de bases militaires installées dans des dizaines de pays de tous les continents, leurs porte-avions et leurs flottes navales, leurs milliers d’armes nucléaires, leurs guerres de conquête, leur complexe militaro-industriel et leur commerce d’armes, sont incompatibles avec la survie de notre espèce. Les sociétés de consommation  sont tout aussi incompatibles avec l’idée de croissance économique et de planète propre. Le gaspillage illimité de ressources naturelles non renouvelables, surtout le pétrole et le gaz accumulés durant des centaines de millions d’années et qui seront épuisés en deux siècles à peine au rythme de consommation actuel, a été la cause fondamentale des changements climatiques. Même si les pays industrialisés réduisaient leurs émissions de gaz polluants, ce qui serait louable, il n’en reste pas moins que 5,2 milliards d’habitants de la planète Terre, soit les trois quarts de la population mondiale,  vivent dans les pays qui, dans une plus ou moins grande mesure, ont encore à se développer et qui devront donc utiliser d’énormes quantités de charbon, de pétrole, de gaz naturel et d’autres ressources non renouvelables, ce qui, selon les modèles de consommations créés par la société capitaliste, est incompatible avec l’objectif de sauver l’espèce humaine.

Il ne serait pas juste d’accuser Obama le sérieux – selon l’énigme susmentionnée – de ce qu’il s’est passé à ce jour, mais il est encore moins juste que l’autre Obama  nous fasse croire que l’Humanité pourra être préservée si l’on suit les normes en vigueur aujourd’hui dans l’économie mondiale.

Le président des États-Unis a admis que les nations développées avaient causé l’essentiel des dommages et qu’ils devaient en assumer la responsabilité. C’est là sans doute une prise de position courageuse.

Il serait juste aussi de reconnaître qu’aucun autre président des États-Unis n’aurait eu le courage de dire ce qu’il a dit.

Fidel Castro Ruz

Le 22 septiembre 2009

18 h 14

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Réflexions du compañero Fidel : LA FIN NE JUSTIFIE PAS LES MOYENS

Les nouvelles en provenance des États-Unis tantôt indignent, tantôt répugnent.

Bien entendu, ces derniers temps, nombre d’entre elles ont à voir avec les problèmes associés à la grave crise économique internationale et à ses retombées sur l’Empire. Ce ne sont, cela va de soi, les seules en rapport avec ce puissant pays. La moindre page du gros volume de nouvelles provenant de n’importe quel continent, de n’importe quelle région ou de n’importe quel pays du monde est généralement en rapport avec la politique des États-Unis, car il n’est aucun point de la planète qui ne ressente la présence suffocante de l’Empire.

Logiquement, durant presque dix années, les nouvelles concernant ses brutales guerres ont occupé d’importants espaces dans les  médias, à plus forte raison en cas d’élections présidentielles.

Nul n’aurait toutefois imaginé qu’au beau milieu du drame des guerres de conquête, l’on verrait apparaître des nouvelles au sujet de prisons clandestines et de centre de tortures, un secret honteux, mais bien gardé, de l’administration étasunienne.

L’auteur de la sinistre politique qui a conduit à ces extrêmes avait,  aux élections de novembre 2000, usurpé la présidence des États-Unis grâce à la fraude électorale en Floride où elles se jouaient.

Une fois le pouvoir usurpé, George W. Bush, non content d’entraîner le pays dans une politique de guerre, se refusa à signer le Protocole de Kyoto, niant ainsi pendant dix ans à la lutte mondiale pour préserver l’environnement le concours de la nation qui consomme le quart des combustibles fossiles, ce qui peut provoquer des dommages irréversibles à l’espèce humaine. Les changements climatiques se constatent d’ores et déjà dans les hausses de chaleur qu’enregistrent notre planète, comme les pilotes d’avions de fonction peuvent s’en rendre compte en essuyant les tornades toujours plus fortes qui se forment dès les premières heures de l’après-midi sur les itinéraires tropicaux et qui mettent leurs modernes jets en péril. On ignore encore les causes de l’accident souffert par l’avion d’Air France qui s’est désintégré en vol.

Rien ne serait toutefois comparable aux conséquences du dégel de l’énorme masse d’eau qui s’accumule dans le continent antarctique, à quoi il faut ajouter celle du Groenland. J’ai récemment exposé mes vues sur la responsabilité de Bush dans ce domaine lors d’une rencontre avec le cinéaste étasunien Oliver Stone, en commentant son film W. qui porte sur l’avant-dernier président de ce pays.

Je me borne à signaler qu’après les erreurs et les horreurs politiques de George W. Bush, son vice-président, Cheney, son conseiller, défend l’idée que les tortures ordonnées à la CIA pour soutirer des informations étaient justifiées puisqu’elles ont permis ainsi de sauver des vies étasuniennes.

Il n’a pas sauvé, bien entendu, les vies des milliers d’Étasuniens tués en Iraq, ni les vies de presque un million d’Iraquiens, ni les vies de ceux qui meurent en toujours plus grand nombre en Afghanistan. Nul ne sait non plus quelles seront les conséquences de la haine accumulée à la suite des massacres commis ou à commettre par ces moyens.

Il s’agit, qu’on me comprenne bien, d’une question d’éthique politique élémentaire : « la fin ne justifie pas les moyens ». La torture ne justifie pas la torture. Le crime ne justifie pas le crime.

Ce principe a fait l’objet de débats au fil des siècles. C’est à ce titre que l’humanité a condamné toutes les guerres de conquête et tous les crimes perpétrés. Il est extrêmement grave que l’Empire le plus puissant et la superpuissance la plus colossale de l’Histoire proclament une telle politique. Il est encore plus inquiétant que, non seulement l’ancien vice-président et principal inspirateur d’une politique aussi perfide la proclame ouvertement, mais qu’un grand nombre de citoyens de ce pays, peut-être plus de la moitié, l’appuie. Ce serait en l’occurrence la preuve de l’abîme moral où peuvent conduire le capitalisme développé, la soif de consommation et l’impérialisme. S’il en est ainsi, il faut le proclamer ouvertement et demander l’avis du reste du monde.

Je pense néanmoins que les Étasuniens les plus conscients seront capables de livrer cette bataille morale et de la gagner à mesure qu’ils comprendront cette douloureuse réalité. Aucune personne honnête au monde ne leur souhaite ni à eux ni à aucun autre pays que des innocents meurent victimes de n’importe quelle forme de terreur, d’où qu’elle vienne.

Fidel Castro Ruz

Le 2 septembre 2009

19 h 34

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Citations du compañero Fidel : Du côté de l’impérialisme

“Qui, en comprenant, en raisonnant, en se rendant compte de ce qui se passe dans le monde entier, pourrait être honnêtement du côté de la politique de l’impérialisme ?»

Discours sur la formation du P.U.R.S
2 décembre 1961

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