Des prisonniers ont été maltraités à mort

Stephen C. Webster

L’UNION américaine des libertés civiques (ACLU) a publié des passages d’un rapport gouvernemental aujourd’hui déclassé sur les techniques d’interrogatoire utilisées en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo. Ces pages qui n’avaient pas été divulguées jusque là détaillent le recours réitéré à des procédés abusifs, y compris jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Des prisonniers ont été maltraités à mortLes documents obtenus par l’ACLU sur la base de la Loi sur la liberté de l’information (FOIA) contiennent un rapport du vice-amiral Albert T. Church, qui avait été chargé de mener une enquête exhaustive sur les méthodes d’interrogatoire du département de la Défense. Church qualifie spécifiquement les interrogatoires effectués à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, de « clairement abusifs, de toute évidence non conformes à aucune politique ou instruction approuvée pour les interrogatoires ».

La publication de l’ACLU est sortie le jour même où trois autres importants groupes de défense des droits de l’Homme ont pu télécharger des documents en vertu de la FOIA. Ces documents révèlent que le Pentagone a dirigé des prisons secrètes à Bagram et en Irak, qu’il a coopéré au programme de « détentions fantômes » de la CIA et que du personnel de défense à différé la libération d’un prisonnier pour éviter toute publicité négative.

« Dans les deux cas, par exemple, (les prisonniers) ont été menottés à des objets fixés au dessus de leur tête afin de les tenir en éveil », indique le document. « Dans les deux faits, la violence physique a été utilisée : coups de pieds, passage à tabac, tactiques dites « de soumission » qui impliquent que des coups sont portés aux jambes (des prisonniers) par les genoux (des interrogateurs). Dans les deux cas, la blessure aux jambes est en rapport avec le décès. Dans un cas, la blessure provoquée par un objet contondant a provoqué une embolie pulmonaire et dans l’autre, une maladie de l’artère coronaire a été compliquée par une lésion du même type. »

Dans un communiqué de presse, l’ACLU résume les documents qui font partie de : « (Une) enquête menée sur deux décès à Bagram. Il a pu être établi que les deux détenus étaient morts d’une embolie pulmonaire causée par le fait qu’ils avaient été enchaînés debout, privés de sommeil et soumis à des dizaines de passages à tabac infligés par des gardiens et peut-être même des interrogateurs. (Fait aussi état du recours à la torture dans la base illégale de Guantanamo et dans des prisons US/afghanes de Kaboul.)

« (Une) enquête sur un homicide ou un homicide involontaire perpétré sur le détenu Dilar Dababa par des forces des Etats-Unis en 2003, en Irak.

« (Une) enquête ouverte après des affirmations selon lesquelles un prisonnier irakien aurait été soumis à la torture à The Disco (situé dans les installations de la Force des opérations spéciales à l’aéroport de Mossoul, en Irak). Le supplice consistait à remplir son survêtement de glace, puis à asperger d’eau le prisonnier au tuyau d’arrosage et à le maintenir debout pendant des périodes prolongées, parfois devant un climatiseur ; l’obliger à se coucher et à boire de l’eau jusqu’à s’étrangler, vomir ou étouffer ; lui frapper la tête contre une plaque métallique chauffée alors qu’il portait une capuche et qu’on l’interrogeait ; l’obliger à lever plusieurs fois de suite les jambes, auxquelles on avait accroché des blocs de glace, et lui donner des coups de pied quand il ne pouvait plus.

« (Une) enquête sur des déclarations de cas de torture et exactions perpétrés en 2003 à Abu Ghraïb.

« (Et une) enquête ayant établi une cause probable pour croire que des forces des Etats-Unis ont commis un homicide, en 2003, sur la personne d’Abed Mowhoush, attaché dans un sac de couchage pendant un interrogatoire et décédé par asphyxie. »

« Une grande partie des tortures, mutilations et assassinats de détenus ont obéi à des ordres donnés selon des règles secrètes d’affrontement en usage au Pentagone », écrit Scott Horton, éditeur et collaborateur de Harper’s Magazine. « Cela se passait sous les ordres du sous-secrétaire à la Défense pour les renseignements, Stephen Cambone, un personnage qui a réussi jusque là à se soustraire à l’attention portée au scandale de la torture et qui est maintenant vice-président pour la stratégie de QinetiQ North America, une filiale de l’entreprise QinetiQ basée au Royaume uni, qui recrute sous contrat pour la défense. L’analyse du comité des services armés du Sénat ne parvient pas à atteindre le Dr Cambone, ses règles d’affrontement destinées aux unités d’opérations spéciales sous son contrôle, la mort, la défiguration et la torture infligées à des prisonniers qui leur avaient été confiés. Ceci est une raison parmi d’autres pour lesquelles il s’impose de mener de toute urgence une enquête exhaustive avec ordres de comparution. Mais la diffusion complète des enquêtes internes déjà menées par le département de la Défense est une étape prochaine et essentielle. ». (Tiré de Rebelion)

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : La réponse par retour du courrier

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La réponse ne s’est pas fait attendre : à peine quelques heures. De la bouche de Rahm Emmanuel, le chef de cabinet de la Maison-Blanche. Peu importe qu’il se soit gardé de mentionner mes modestes Réflexions, l’important est la réponse.

Il a dit aux journalistes que ce qui intéressait le président Obama, c’était la communauté cubano-étasunienne. C’est la première fois que ce point était évoqué depuis son entrée en fonction. Parmi les Cubains ayant le droit de vote du fait de leurs racines, trois contre un dans l’Etat de la Floride l’ont fait en faveur du candidat démocrate. Les presque douze millions de Cubains habitant l’île ne l’intéressent pas.

Quand on lui a demandé quel était son candidat à Cuba, la personne la plus proche du président s’est dérobée : « Je crois que moins on parle de Cuba, et mieux c’est. »

« Il autorisera les voyages à Cuba des Cubano-étasuniens et les envois de fonds familiaux. »

Du droit des Étasuniens de voyager à Cuba, pas un mot.

De la Loi d’ajustement cubain et du blocus, pas un traître mot.

Ainsi, plus tôt qu’on ne pensait, la politique d’Obama perd sa virginité.

Fidel Castro Ruz

5 février 2009

19 h 02

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Réflexiones du compañero Fidel : LES CONTRADICTIONS ENTRE LA POLITIQUE D’OBAMA ET L’ÉTHIQUE

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J’ai signalé voilà quelques jours certaines idées d’Obama qui révèlent son rôle dans le cadre d’un système qui est le déni même de tout principe juste.

Certains poussent des cris d’orfraie si vous exprimez la moindre opinion critique au sujet de cet important personnage, même si vous le faites d’une manière décente et respectueuse, le tout accompagné toujours de piques, subtiles ou non, de la part de ceux qui possèdent les moyens de les divulguer et qui les convertissent en ingrédients de la terreur médiatique qu’ils imposent aux peuples pour soutenir l’insoutenable.

Ils qualifient la moindre critique de ma part, sans exception, d’attaque, d’accusation et d’autres épithètes similaires qui traduisent un manque d’égards et de politesse envers la personne à laquelle ils s’adressent.

Il me faut donc en l’occurrence poser quelques questions, parmi bien d’autres, auxquelles le nouveau président des Etats-Unis devrait répondre.

Par exemple :

Va-t-il renoncer à la prérogative qui est la sienne comme président des États-Unis et dont tous ceux qui ont occupé ce poste avant lui ont, à de rares exceptions près, fait usage comme un droit en soi : la faculté d’ordonner l’assassinat d’un adversaire politique étranger qui est toujours, d’ordinaire, d’un pays sous-développé ?

L’un ou l’autre de ses nombreux collaborateurs l’a-t-il informé un jour des actions sinistres que ses prédécesseurs, à partir d’Eisenhower, ont engagées en 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966 et 1967 contre Cuba, dont l’invasion mercenaire de Playa Girón, les campagnes de terreur, l’introduction d’armes et d’explosifs en abondance sur notre territoire et d’autres actions similaires ?

Je ne prétends pas accuser le président actuel des États-Unis, Barack Obama, des actions que ses prédécesseurs ont réalisées quand il n’était pas encore né ou quand il n’était qu’un enfant de six ans, né en Hawaii, d’un père kenyan, musulman et noir, et d’une mère étasunienne, blanche et chrétienne, ce qui constitue au contraire dans la société des USA un mérite exceptionnel que je suis le premier à reconnaître.

Le président Obama sait-il que notre pays a été, des décennies durant, victime de l’introduction de virus et de bactéries vecteurs de maladies et d’épidémies qui ont frappé des personnes, des animaux et des plantes, et que certains, comme celui de la dengue hémorragique, se sont transformés ensuite en fléaux qui ont coûté la vie à des milliers d’enfants en Amérique latine et en épidémies qui portent toujours préjudice à l’économie des peuples des Caraïbes et du reste du continent en tant que dommages collatéraux qu’on n’a pas encore pu éliminer ?

Sait-il que plusieurs pays latino-américains politiquement subordonnés ont participé à ces actions de terreur et de dégât économique, même s’ils sont maintenant honteux du mal qu’ils ont fait ?

Sait-il qu’on impose à notre peuple – cas unique au monde – une « Loi d’ajustement cubain » qui provoque, par ses visées désorganisatrices, la traite des êtres humains et engendre des épisodes qui ont coûté la vie à des personnes, surtout des femmes et des enfants ?

Estime-t-il juste qu’on applique à notre peuple un blocus économique qui dure depuis presque cinquante ans ?

Juge-t-il correct qu’on exige au monde – ce qui est arbitraire – d’accepter l’extraterritorialité de ce blocus économique qui ne peut que provoquer de la faim et des pénuries dans n’importe quel peuple ?

Les États-Unis ne peuvent satisfaire leurs besoins vitaux sans soutirer d’énormes ressources minérales dans un grand nombre de pays qui doivent se borner à les exporter dans bien des cas sans opérations de raffinage intermédiaire, une activité qui, si elle convient aux intérêts de l’Empire, est réalisée en règle générale par de grandes transnationales aux capitaux yankees.

Son pays renoncera-t-il à de tels privilèges ?

Cette mesure est-elle par hasard compatible avec le système capitaliste développé ?

Quand M. Obama promet d’investir des sommes considérables pour s’auto-approvisionner en pétrole, bien que son pays constitue aujourd’hui le plus gros marché au monde, que feront ceux dont les recettes fondamentales proviennent de l’exportation de cette énergie et dont beaucoup n’ont pas d’autres sources de revenus importantes?

Quand la concurrence et la lutte pour les marchés et les sources d’emplois se déchaîneront après chaque crise entre ceux qui monopolisent le mieux et le plus efficacement les technologies par des moyens de production sophistiqués, quelles possibilités restera-t-il aux pays non développés qui rêvent de s’industrialiser ?

Aussi économes que soient les nouvelles voitures que fabriquera l’industrie automobile, sont-ce là par hasard les solutions que réclament les écologistes pour protéger l’humanité de la dégradation croissante du climat ?

La philosophie aveugle du marché pourra-t-elle se substituer à ce que seule la rationalité pourrait promouvoir ?

Obama promet de battre monnaie en quantités énormes à la recherche de technologies qui multiplieraient la production énergétique sans laquelle les sociétés modernes se paralyseraient.

Parmi les sources d’énergie qu’il promet de développer d’une manière accélérée, il inclut les centrales nucléaires qui comptent déjà un grand nombre d’adversaires à cause des risques élevés d’accidents qu’elles impliquent avec leurs effets désastreux sur la vie, l’atmosphère et l’alimentation, d’autant qu’il est absolument impossible de garantir qu’ils ne surviendront pas.

Sans même penser à la possibilité de ces catastrophes accidentelles, l’industrie moderne a déjà pollué par ses émanations toxiques toutes les mers de la planète.

Est-il correct de promettre de concilier des intérêts si contradictoires et si antagonistes sans transgresser l’éthique ?

Pour complaire aux syndicats qui l’ont soutenu dans sa campagne, la Chambre des représentants, dominée par les démocrates, a lancé un slogan : « Achetez américain », extrêmement opportuniste, qui bafoue un principe fondamental de l’Organisation mondiale du commerce, puisque toutes les nations du monde, grandes ou petites, fondent leurs rêves de développement sur les échanges de biens et de services, même si, en règle générale, ce sont uniquement les plus importantes et les naturellement riches qui ont le privilège de survivre.

Les républicains étasuniens, frappés par le discrédit dans lequel les a fait sombrer l’administration extravagante de Bush, se sont hâtés sans crier gare de faire obstacle à l’attitude complaisante d’Obama envers ses alliés des syndicats. Voilà comment le nouveau président des Etats-Unis gaspille le capital de confiance que les électeurs lui ont octroyé.

Vieux politique et militant, je ne commets aucun péché en exposant modestement ces idées.

Je pourrais poser tous les jours des questions malaisées à répondre en me fondant sur les centaines de nouvelles de nature politique, scientifique et technologique qui arrivent dans n’importe quel pays

Fidel Castro Ruz

4 février 2009

17 h 14

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Réflexions du compañero Fidel PERCER À JOUR LA PENSÉE DU NOUVEAU PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS

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Ce n’est pas trop malaisé. À peine entré la Maison-Blanche, Barack Obama a déclaré qu’avant de restituer à son propriétaire légitime le territoire occupé par la base navale à Guantánamo, il fallait en premier lieu soupeser si cela porterait atteinte, si peu que ce soit, à la capacité défensive des Etats-Unis.

Et d’ajouter aussitôt que, s’agissant de la restitution à Cuba du territoire occupé par cette base, il fallait envisager quelles concessions ferait la partie cubaine pour accepter cette solution, ce qui équivaut à exiger que notre pays modifie son système politique, un prix qu’il s’est refusé à payer depuis un demi-siècle.

Maintenir une base militaire à Cuba contre la volonté de notre peuple constitue une violation des principes du droit international les plus élémentaires. Les respecter sans aucune condition constitue une faculté du président étasunien. Ne pas les respecter s’avère un acte d’arrogance et un abus de son immense pouvoir face à un petit pays.

Quiconque veut mieux comprendre la façon dont l’Empire abuse de son pouvoir doit lire les déclarations publiées sur le site officiel Internet du gouvernement des États-Unis, le 22 janvier 2009, après l’entrée à la Maison-Blanche d’Obama : celui-ci et son vice-président Biden y défendent résolument les rapports entre leur pays et Israël et jugent que l’engagement incontournable des États-Unis au Moyen-Orient concerne la sécurité d’Israël, leur principal allié dans la région.

Les États-Unis ne se distancieront jamais d’Israël. Leur président et leur vice-président « croient résolument au droit d’Israël de protéger ses citoyens », assure leur déclaration de principe qui reprend sur ces points la politique suivie par l’administration précédente, celle de George W. Bush.

Telle est la façon dont notre ami Obama finit par se solidariser avec le génocide contre les Palestiniens. Il offre des lénitifs semblables à la Russie, à la Chine, à l’Europe, à l’Amérique latine et au reste du monde, après que les États-Unis ont converti Israël en une forte puissance nucléaire qui absorbe chaque année une proportion significative de la production de leur prospère industrie militaire et qui menace avec une violence extrême la population de tous les pays de confession musulmane.

Des exemples pareils abondent. Nul besoin d’être un devin. Lisez pour votre gouverne les déclarations du nouveau chef du Pentagone, expert en questions militaires.

Fidel Castro Ruz

29 janvier 2009

18 h 17

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Réflexions du compañero Fidel : LE ONZIÈME PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS

Mardi dernier, le 20 janvier 2009, Barack Obama a été investi à la tête de l’Empire en tant que onzième président des États-Unis depuis le triomphe de la Révolution cubaine en janvier 1959.

Nul ne pourrait douter de sa sincérité quand il affirme qu’il fera de son pays un modèle de liberté, de respect des droits de l’homme dans le monde et de l’indépendance des autres peuples. Ceci dit sans vouloir offenser qui que ce soit, bien entendu, hormis les misanthropes un peu partout dans le monde. Il a déjà affirmé sans ciller que la prison et les tortures cesseraient immédiatement sur la base illégale de Guantánamo, ce qui commence à jeter le doute chez ceux qui rendent hommage à la terreur comme instrument inéluctable de la politique extérieure de leur pays.

Le visage intelligent et noble du premier président noir des États-Unis depuis leur fondation comme République indépendante voilà deux siècles et un tiers s’était transformé sous l’inspiration d’Abraham Lincoln et de Martin Luther King au point qu’il est devenu un symbole vivant du rêve américain.

Néanmoins, même s’il a surmonté bien des épreuves, Obama n’a pas encore affronté la principale de toutes : que fera-t-il très bientôt quand l’immense pouvoir qu’il vient de saisir s’avérera absolument inutile pour surmonter les contradictions insolubles, parce qu’antagonistes, du système ?

J’ai réduit la fréquence de mes Réflexions comme je me l’étais proposé pour l’année en cours, afin de ne pas embarrasser ni de contrarier les compañeros du parti et de l’État compte tenu des décisions qu’ils doivent prendre constamment face aux difficultés objectives découlant de la crise économique mondiale. Je vais bien, mais – j’insiste – aucun d’eux ne doit se sentir engagé par mes Réflexions éventuelles, ni par la gravité de mon état ni par ma mort.

Je révise les discours et les documents que j’ai élaborés tout au long de plus d’un demi-siècle.

J’ai eu le rare privilège d’observer les événements pendant très longtemps. Je reçois des informations et je réfléchis sereinement sur les faits. J’espère ne pas jouir de ce genre de privilège dans quatre ans, quand la première période présidentielle d’Obama aura conclu.

Fidel Castro Ruz

22 janvier 2009

18 h 30

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Cuba, un demi siècle d’agressions et de victoires

Par Roberto Pérez Betancourt

C’est pratiquement à partir des premiers jours de la victoire gagnée par les armes sur les forces qui soutenaient les intérêts oligarchiques et étrangers, que la nation antillaise s’est vue frappée par l’hostilité de dix administrations nord-américaines successives qui ont mis en place toutes sortes de mesures illégales pour tenter de faire plier la volonté des cubains sans parvenir à leur fin.

Les groupes contre-révolutionnaires, financés et dirigés par l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA) nord-américaine, ont réalisé de nombreux actes terroristes qui ont coûté la vie à un grand nombre de personnes et causé des dommages importants à l’économie du pays.

Il existe des preuves indiscutables du fait que pendant les 42 premières années après le triomphe révolutionnaire, 3 478 cubains ont perdu la vie à la suite d’actions terroristes incubées aux États-Unis, y compris l’invasion mercenaire de Playa Giron. Lire la suite »

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Réflexions du compañero Fidel : LA GRANDE CRISE DES ANNÉES 30

C’est un thème malaisé à expliquer, même s’il paraît très simple. La Réserve fédérale des États-Unis (FED), fruit du capitalisme en plein essor, remonte à 1913. Salvador Allende, que nous évoquons tous comme homme de notre époque, avait déjà quinze ans.

La première guerre mondiale éclata en 1914 après que le prince héritier de l’Empire austro-hongrois, situé en plein cœur de l’Europe centrale et méridionale, fut assassiné à Sarajevo. Le Canada était encore une colonie de la Grande-Bretagne. La livre sterling anglaise jouissait du privilège d’être la monnaie de paiement international. Elle était fondée sur l’or, qui avait déjà été la base métallique, plus de mille ans auparavant, dans la capitale de l’Empire romain d’Orient, Constantinople. Les chevaliers féodaux des royaumes chrétiens d’Occident qui déclenchèrent des guerres sanglantes contre les croyants musulmans au Proche-Orient, arguant de prétextes religieux, visaient en fait à contrôler les routes commerciales et se proposaient des fins terrestres bien moins avouables que je pourrais aborder à une autre occasion. Lire la suite »

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Réflexions du compañero Fidel : DMITRI A. MEDVEDEV

Je l’avais observé durant les nombreuses activités qu’il avait menées ces dernières semaines en sa qualité de président de la Fédération de Russie, à partir de l’aggravation de la crise financière qui frappe le monde. La Fédération de Russie est l’un des États les plus puissants de la communauté internationale, malgré la désintégration de l’URSS.

Quand il intervient, le président russe est précis, clair et concis. Il n’élude aucun thème, il ne laisse aucune question sans réponse. Il possède de vastes connaissances. Il persuade ses auditeurs. Ceux qui sont en désaccord le respectent.

Il avait fait part de son désir de converser avec moi durant sa visite. C’était un honneur pour moi, et j’étais convaincu que ce serait une rencontre agréable.

Les derniers mois ont été marqués par des changements surprenants et des situations nouvelles. Les Yankees ont lancé leurs actions illégales contre l’Ossétie du Sud et l’Abasie, deux pays qui n’ont rien à voir avec la Géorgie, armée jusqu’aux dents par les États-Unis qui ont stimulé et préparé les hommes et fourni les armes en vue d’attaquer les forces russes cantonnées là en toute légalité pour éviter les effusions de sang qui se produisaient, un fait reconnu par la communauté internationale et en attente de solution. Deux mille mercenaires géorgiens au service de la guerre infâme et aventurière de conquête yankee à la recherche de pétrole avaient été déplacés de ce théâtre pour renforcer les attaquants.

Medvedev, juste élu président de la Fédération de Russie, fit entendre avec force sa voix sereine mais ferme.

Un autre changement important a été l’élection du nouveau président des États-Unis, Barack Obama, un Noir las de la boucherie de Bush en Iraq et surtout mécontent de la façon erronée dont celui-ci, en voulant contrer la crise financière, l’aggravait et la rendait potentiellement encore plus dangereuse pour l’économie nationale et mondiale.

Ceci intervenait presque en même moment que les élections générales au Paraguay et le référendum en Équateur, tous deux très importants ; les élections générales au Nicaragua, et tout particulièrement au Venezuela, tout ceci constituant un panorama d’irrespect croissant à l’hégémonisme étouffant de l’Empire. Parallèlement, les membres du G-20 et du G-21 se réunissaient à Washington et à Lima. Les présidents de Russie et de Chine, deux bastions incontournables de l’arène mondiale, assistaient aux deux réunions, y côtoyant les dirigeants de dizaines de pays des cinq continents et échangeant avec beaucoup d’entre eux.

Abandonnant le Pérou après sa visite au Brésil, Medvedev s’est rendu au Venezuela, où se tenait un sommet de l’ALBA, et il a échangé avec les dirigeants réunis là à la grande satisfaction de tous.

Un détachement naval arrivait en même temps dans ce pays frère. Il n’est pas difficile de comprendre l’importance que revêt la participation à ces activités de l’illustre visiteur avec lequel je me suis réuni ce vendredi matin.

Je souhaitais vivement connaître ses impressions au sujet des événements dont je viens de parler.

Notre rencontre a duré juste une heure un quart. Medvedev était accompagné de Ricardo Cabrisas, vice-président du gouvernement cubain chargé des négociations avec la Russie, la Chine et le Venezuela, les trois piliers les plus importants de nos échanges commerciaux actuels que le puissant Empire n’a pu bloquer.

Je n’ai pas manqué d’aborder avec lui un seul point essentiel de nos positions vis-à-vis des États-Unis – il n’est pas question que nous acceptions la politique de la carotte et du bâton, ni que nous renoncions à la restitution du dernier mètre carré du territoire de Guantánamo occupé de force.

Je lui ai réitéré que notre politique était patiente et pacifique, mais que nous ne négligerions jamais nos capacités défensives face à un agresseur potentiel. Aucun pays ne peut mieux le comprendre que la Russie, constamment menacée par ce même ennemi de la paix.

Je lui aussi exprimé mes idées sur un point tout aussi important, sinon plus : les graves problèmes immédiats auxquels doivent faire face les peuples – en quête d’un monde multipolaire qui garantisse le développement durable et pacifique – dans des domaines cruciaux.

L’ordre du jour paraît chargé. Toujours est-il que nous avons échangé sur ces questions, ce qui est une bonne preuve que l’on peut encore aborder les problèmes du monde, malgré leur complexité, avant qu’ils ne deviennent ingérables.

Cette rencontre m’a beaucoup stimulé. Je m’étais déjà fait une très haute idée des capacités intellectuelles de Medvedev, et je n’ai pas été déçu. C’est le plus jeune parmi les plus importants chefs d’État du monde, et celui qui préside le territoire le plus étendu.

Quelle émotion d’écouter partout l’hymne russe, aux accents duquel tant de millions d’hommes et de femmes de l’héroïque peuple russe ont versé leur sang et ont assuré, par leur sacrifice, la victoire sur le nazi-fascisme !

Fidel Castro Ruz
Le 28 novembre 2008
19 h 23

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Réflexions du compañero Fidel : TRANSPARENCE TOTALE

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Qui en doute ? Des observateurs de toutes parts et de tous acabits ont assisté aux élections vénézuéliennes du 23 novembre. Les journalistes ont transmis leurs dépêches dans une liberté absolue. L’oligarchie, elle, a calomnié grossièrement sur tous les toits et aux quatre vents: le fait d’avoir retardé l’heure de fermeture des bureaux, afin de permettre aux citoyens de voter, ne visait censément qu’à garantir les fraudes, bien que le Conseil électoral national l’ait décidé et annoncé au préalable. Lire la suite »

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