Fidel et Raul élus délégués au 6ème Congrès du Parti

Le commandant en chef Fidel Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti, et le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, ont été élus délégués au 6e Congrès du Parti communiste de Cuba ce 19 février par cette province de l’est du pays qui a été témoin de leur sens élevé du sacrifice et de leur passion révolutionnaire.

Lors d’une réunion présidée par José Ramon Machado Ventura, membre du Bureau politique et premier vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, les 385 secrétaires généraux des cellules du Parti du district José Marti de Santiago de Cuba ont approuvé à l’unanimité et à main levée le choix du leader historique de la Révolution cubaine comme un des huit délégués qui les représenteront au Congrès, en juste reconnaissance de ses mérites indiscutables.

Au cours d’une réunion similaire, avec un taux de présence de plus de 99%, les secrétaires de cellules de la municipalité  de Segundo Frente ont aussi élu, au milieu des vivats et des acclamations, le fondateur du Deuxième front de la guerrilla et deuxième secrétaire du Comité central, Raul Castro, qui fait ainsi partie des quatre représentants de cette localité au grand rendez-vous du Parti. Lire la suite »

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Fidel Castro et Raul Castro reçoivent le Président du Paraguay

source : Estudios Revolución

La Havane, 18 février, (RHC-TVC) – Le leader historique de la Révolution Cubaine, Fidel Castro et le Président Raul Castro, ont reçu le Président du Paraguay Fernando Lugo qui effectue une visite privée dans notre pays.

Au cours du dialogue qui s’est déroulé dans un climat de franche amitié, ils ont échangé des vues sur nos deux peuples et nations ainsi que sur d’autres sujets de l’actualité internationale.

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Fidel Castro anime un séminaire à La Havane

Photo : Roberto Chile / Cubadebate

Le commandant de la Révolution cubaine, Fidel Castro, a animé le 15 février 2011 un séminaire d’une journée sur les problèmes du monde contemporain, notamment le péril nucléaire, les crises environementales et les famines, et les moyens des intellectuels révolutionnaires pour y faire face.

80 personnalités sud-américaines, africaines et européenes y participaient, dont les responsables regionaux du Réseau Voltaire.

Sandro Cruz et Thierry Meyssan ont plaidé pour l’unité des mouvements révolutionnaires de La Havane a Téhéran, alors que le Proche-Orient est en ébullition et que l’Empire états-unien n’a jamais été aussi fragile.

6 heures de ces débats ont été retransmis par la télévion cubaine et repris par Telesur.

Le commandant Castro, 84 ans, dont c’était la première apparition en public depuis le début de l’année, s’est montré toujours vif et alerte, pas plus fatigué à la fin de la journée que ses invités.

L’équipe hispanophone du Réseau Voltaire tient une rencontre régionale a Cuba. Divers entretiens sont prévus avec des personnalités officielles.

source : Réseau Voltaire

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LA GRAVE CRISE ALIMENTAIRE

Voilà à peine onze jours, le 19 janvier, j’ai écrit sous le titre : « Il est temps de faire quelque chose » :

« Le pire, c’est que les solutions dépendront en grande partie des pays les plus riches et développés qui en sont arrivés au point qu’ils ne pourront les appliquer sans voir s’effondrer le monde qu’ils se sont efforcés de façonner…

« Je ne parle déjà plus de guerres, dont des gens sages et brillants, beaucoup des USA, ont su faire connaître les risques et les conséquences.

« Je veux parler de la crise alimentaire provoquée par des faits économiques et par des changements climatiques devenus apparemment irréversibles à cause de l’action de l’homme, mais avec lesquels celui-ci a le devoir, en faisant preuve d’intelligence, de se colleter  au plus vite.

« Les problèmes ont pris soudainement corps à travers des phénomènes qui se répètent sur tous les continents : canicules, incendies de forêts, pertes de récoltes en Russie… changement climatiques… en Chine; pertes progressives des réserves d’eau dans l’Himalaya, qui menacent l’Inde, la Chine, le Pakistan et d’autres pays ; pluies excessives en Australie qui ont inondé presque un million de kilomètres carrés ; vagues de froid insolites et hors saison en Europe… sécheresses au Canada ; vagues de froid inhabituelles dans ce pays et aux USA… Lire la suite »

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Fidel: le survivant d’une colossale chasse à l’homme

Dans l’énorme dossier de l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA) relatif aux actions entreprises contre la Révolution cubaine, une place importante est occupée par la longue liste de tentatives d’élimination physique du Commandant en Chef Fidel Castro.

Pour y parvenir, les moyens les plus incroyables ont été imaginés. En plus de méthodes classiques et bien connues, il y en a d’autres qui paraissent dignes d’un film de science fiction.

C’est également un large éventail d’exécutants qui été mis en place, un éventail dans lequel on trouve des officiers et des agents de la CIA spécialement entraînés pour tuer, mais aussi des militants de groupes terroristes recrutés à Miami et des tueurs professionnels de la mafia nord-américaine.

On annonce pour ce dimanche le premier épisode d’une série télévisée, « Celui qui doit vivre », qui offre un résumé de tous ces faits.

C’est très peu de temps après le triomphe révolutionnaire, le 11 décembre 1959, que le colonel J. C. King, chef de la Division de la CIA pour l’Hémisphère Occidental, a présenté à Allen Dulles, le directeur de cet organisme d’intelligence, un mémorandum argumentant la nécessité d’éliminer Fidel Castro.

« Personne, parmi tous les proches de Fidel, ne possède une telle influence hypnotique sur les masses. De nombreuses personnes compétentes –affirmait l’informateur – soutiennent que l’élimination physique de Fidel accélérerait énormément la chute de l’actuel gouvernement ».
A partir de ce moment, l’Agence a commencé à étudier et a approuvé un nombre encore secret de nos jours de plans d’attentats. La commission sénatoriale nord-américaine chargée d’enquête n’en reconnaît qu’une trentaine mais la Sécurité cubaine possède les preuves de 638 de ces tentatives.
En août 1960, après plusieurs tentatives manquées, l’assassinat du leader cubain acquiert le niveau de « priorité urgente », car les membres les plus conservateurs de l’administration yankee estiment que la mort du Commandant en Chef est une condition nécessaire pour que puisse être lancée une agression armée, à cette date déjà planifiée, contre l’île antillaise.

C’est dans ces circonstances qu’ont été élaborés à toute vitesse plusieurs plans différents avec l’idée que « l’un d’entre eux devrait bien fonctionner ».

Le 16 août 1960, par exemple, un membre de la section Opérative de la Division de services médicaux de la CIA a donné à un fonctionnaire une boite de cigares de la marque que préférait Fidel, et lui a donné l’ordre
de les imprégner d’une substance mortelle. Le spécialiste a déclaré plus tard que les propriétés du poison étaient telles que le seul fait de porter le cigare à la bouche serait suffisant pour lui causer la mort.
Il est bon de rappeler que l’avocat nord-américain qui aurait dû faire cadeau de cette boite de cigares au dirigeant cubain ignorait tout de ces intentions, mais qu’au dernier moment, il a décidé de lui faire cadeau d’une boite de havanes différente.

Au même moment, le colonel Edwards, chef du Bureau de Sécurité de la CIA avait établi des contacts avec des éléments de la pègre et des membres du syndicat du jeu qui avaient opéré à Cuba avant 1959.

Dans les documents déclassifiés de la commission sénatoriale nord-américaine qui a enquêté sur ce thème, il y a des noms qui se répètent, comme celui de John Rosselli, un gangster bien connu de Chicago, celui de Robert Maheu, un ex-agent du FBI très lié à des délinquants cubains établis en Floride ou encore ceux de Salvatore Giancana et de Santos Traficante, deux capos de la Cosa Nostra, pour n’en citer que quelques uns.
Il y eut de long débats entre eux. Certains étaient favorables à l’utilisation d’un poison. D’autres soutenaient l’idée qu’il valait mieux employer des pistolets ou des mitraillettes.

Cette dernière option rencontrait en fait une forte opposition, en raison des difficultés que présentait la recherche de personnes qui accepteraient de courir des risques aussi importants au moment de l’action. En effet, il s’agissait de mercenaires qui étaient désireux de survivre à l’opération pour pouvoir ensuite recevoir les sommes promises.

C’est la raison pour laquelle plusieurs tentatives de ce type n’ont abouti à rien.

On peut se rendre compte que l’assassinat de Fidel a été une préoccupation permanente des terroristes depuis 1959 jusqu’à nos jours.

N’oublions pas que Posada Carriles, gracié par l’ex-présidente panaméenne Mireya Moscoso et actuellement accusé seulement d’avoir menti aux officiers d’immigration sur son entrée illégale sur le territoire des États-Unis, avait été surpris au Panama alors qu’il se disposait à dynamiter l’amphithéâtre de l’Université au moment où Fidel y prendrait la parole devant un public de professeurs et d’étudiants.

Rien n’indique que les autorités des États-Unis aient renoncé au magnicide. Elles continuent à offrir leur protection aux terroristes tout en maintenant en prison ceux qui luttent contre ces criminelles conspirations.

source : cubainfo

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Rencontre fraternelle entre Fidel et Lula

Le leader de la Révolution cubaine Fidel Castro Ruz et le président de la République fédérative du Brésil, Luiz Inacio da Silva, ont eu une rencontre fraternelle dans l’après-midi de mercredi, dans le cadre de la visite de travail du président brésilien dans notre pays.

L’entretien s’est déroulé en présence du général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, et de M. Franklin Martins, ministre, secrétaire chargé de la Communication sociale.

Fidel et Lula se sont longuement entretenus sur plusieurs importantes questions d’actualité, notamment sur la 15e Conférence internationale qui s’est déroulée à Copenhague en décembre dernier, et sur les résultats positifs du récent Sommet de l’Unité de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Le commandant en chef a félicité Lula pour son action brillante à la tête de la République fédérative du Brésil, qui a fait monter sa cote de popularité à des niveaux jamais atteints par un dirigeant de son pays.

Fidel a exprimé ses remerciements pour les témoignages de solidarité et de coopération du peuple brésilien et de son président à l’égard de Cuba.

Cette rencontre émouvante a illustré pleinement l’amitié entre les deux chefs d’Etat et les liens de fraternité qui unissent nos deux peuples.

source : granma

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Message de félicitations de Fidel à la Brigade médicale internationale «Henry Reeve»

Chers compatriotes de la Brigade médicale internationale «Henry Reeve», diplômés et étudiants en 5e et 6e année de l’Ecole latino-américaine de médecine,

Vous écrivez en ce moment  l’une des plus belles pages de l’histoire de la médecine humaine.

Faire quelque chose pour sauver des vies, soigner des blessés et rééduquer des personnes en Haïti, œuvrer et contribuer au bien-être des êtres humains, sera toujours un honneur inestimable pour un homme ou une femme.

Pour vos familles et vos êtres chers, c’est un motif de satisfaction.

Nous les Cubains, sommes fiers de constater que, issus de l’ELAM, vous contribuez volontairement et avec enthousiasme à cette œuvre colossale.

Le monde suivra de près la prouesse que vous êtres en train de réaliser, et cette fierté atteindra le cœur de tous les peuples de cet hémisphère, représentés là-bas par leurs compatriotes médecins.

Merci au nom de tous les Cubains, vos frères sincères et reconnaissants de la Caraïbe.

Merci au nom de tous ceux qui avons lutté pour ces rêves d’équité et de justice.

J’adresse à toutes et à tous mes plus chaleureuses et fraternelles salutations.

Fidel Castro Ruz

Le 7 février 2010

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Réflexions du compañero Fidel : La Révolution bolivarienne et les Antilles

A l’école, l’histoire me plaisait, comme elle plaît à quasiment tous les jeunes. Mais aussi les guerres, selon la culture que la société inculquait aux enfants de sexe masculin – tous les jouets qu’on nous offrait étaient des armes…

Quand j’étais enfant, on m’envoya dans une ville où personne ne m’emmena jamais au cinéma. La télévision n’existait pas encore, et au domicile où j’habitais, il n’y avait pas de radio. Je devais recourir à mon imagination.

Au premier collège où je fus mis en internat, je lisais avec étonnement les histoires du déluge universel et de l’arche de Noé. Je finis par penser plus tard que c’était peut-être là un des vestiges que l’Humanité conservait des derniers changements climatiques survenus dans l’histoire de notre espèce : peut-être la fin de la dernière période glaciaire qui eut lieu, présume-t-on, voilà bien des milliers d’années.

Plus tard, on peut le supposer, je lus avec avidité les vies d’Alexandre, de César, d’Annibal, de Bonaparte et, bien entendu, tous les livres qui me tombaient entre les mains sur Maceo, Gomez, Agramonte et les autres grands soldats qui luttèrent pour notre indépendance. Je n’avais pas encore ce qu’il fallait de culture pour bien comprendre ce qui se cachait derrière ces histoires.

Mon intérêt se centra ensuite sur Marti. C’est à lui que je dois en fait mes sentiments patriotiques et cette conviction profonde selon laquelle «la patrie est l’humanité.» L’audace, la beauté, le courage et l’éthique de sa pensée m’aidèrent à devenir ce que je crois être: un révolutionnaire. Sans être martiste, on ne peut être bolivarien; sans être martiste et bolivarien, on ne peut être marxiste; sans être martiste, bolivarien et marxiste, on ne peut être anti-impérialiste; sans être ces trois choses, on ne pouvait concevoir une révolution à Cuba à notre époque.

Voilà presque deux siècles, dans les années 1820, Bolivar voulut dépêcher une expédition aux ordres de Sucre pour libérer Cuba qui en avait bien besoin en tant que colonie sucrière et caféière espagnole où 300 000 esclaves travaillaient pour leurs maîtres blancs.

Une fois que Cuba se vit frustrée de son indépendance en devenant une néo-colonie, elle ne pouvait en aucun cas instaurer la dignité pleine de l’homme sans une révolution qui en finisse avec l’exploitation de l’homme par l’homme.

«… je veux que la première loi de notre République soit le culte des Cubains à la dignité pleine de l’homme. »

Par cette pensée, Marti infusa le courage et les convictions qui poussèrent notre Mouvement à l’assaut de la caserne Moncada, ce qui ne nous serait jamais venu à l’esprit sans les idées d’autres grands penseurs comme Marx et Lénine qui nous firent voir et comprendre les réalités si différentes de la nouvelle époque que nous vivions.

C’est au nom du progrès et du développement que l’on justifia à Cuba des siècles durant l’odieux latifundium et la force de travail servile, précédée par l’extermination des premiers habitants de ces îles.

Marti a dit de Bolivar quelque chose de merveilleux et de digne de sa vie glorieuse:

« … ce qu’il n’a pas fait n’a toujours pas été fait à ce jour: Bolivar a encore beaucoup à faire en Amérique.»

«Que le Venezuela me donne en quoi le servir: il a en moi un fils.»

Au Venezuela, la puissance coloniale – comme d’autres le firent dans les Antilles – sema de la canne à sucre, des caféiers, des cacaoyers, et fit aussi venir en esclavage des hommes et des femmes d’Afrique. Résistant héroïquement en s’appuyant sur la nature du sol vénézuélien et sur l’étendue du territoire, les habitants originaires évitèrent l’anéantissement.

A l’exception d’une partie au Nord du continent, l’immense territoire de Notre Amérique resta aux mains des deux rois de la péninsule ibérique.

On peut affirmer sans crainte que, des siècles durant, nos pays et les fruits du travail de leurs peuples furent mis à sac et qu’ils continuent de l’être par les grandes sociétés transnationales et les oligarchies à leur service.

Rien ne changea pour l’essentiel durant les XIXe et XXe siècles, autrement dit pendant presque 200 ans après l’indépendance formelle de l’Amérique ibérique. Les Etats-Unis, à partir des treize colonies anglaises qui se soulevèrent, s’étendirent vers l’Ouest et vers le Sud. Ils achetèrent la Louisiane et la Floride, arrachèrent au Mexique plus de la moitié de son territoire, intervinrent en Amérique centrale et s’emparèrent de l’espace où serait construit le canal de Panama qui unirait les deux grands océans à l’est et à l’ouest du continent, juste là où Bolivar avait souhaité fonder la capitale de la plus grande des Républiques qui naîtrait de l’indépendance des nations d’Amérique.

A cette époque, le pétrole et l’éthanol ne se vendaient pas dans le monde, l’OMC n’existait pas.  La canne à sucre, le coton et le maïs étaient cultivés par les esclaves. Les machines n’avaient pas encore été inventées. C’est à partir du charbon que l’industrialisation progressait en force.

Si les guerres impulsèrent la civilisation, la civilisation impulsa les guerres. Elles changèrent de caractère et se firent plus terribles, pour se transformer finalement en conflits mondiaux.

Nous étions enfin un monde civilisé. Nous en avons même fait une affaire de principes.

Mais nous ne savons que faire de cette civilisation-là. D’une part, l’être humain s’est doté d’armes nucléaires d’une précision inconcevable et d’une puissance annihilatrice, de l’autre, il a opéré un recul honteux en matière de morale et de politique. Politiquement et socialement parlant, nous sommes plus sous-développés que jamais. Les automates se substituent aux soldats, les médias aux éducateurs, tandis que les gouvernements commencent à être dépassés par les événements sans savoir quoi faire. A en juger par le désespoir de nombreux dirigeants politiques internationaux,  on constate leur impuissance devant les problèmes qui s’accumulent sur leurs bureaux de travail et dans les réunions internationales de plus en plus fréquentes.

C’est dans ces circonstances qu’une catastrophe sans précédent est survenue en Haïti, tandis qu’à l’autre bout de la planète, au milieu de la crise économique et de conflits croissants, continuent de se dérouler trois guerres et une course aux armements qui engloutit plus de 2,5 % du PIB mondial, ce qui suffirait au développement, en peu de temps, de tous les pays du Tiers-monde et éviterait peut-être les changements climatiques, si on y consacrait les ressources économiques et scientifiques indispensables à ces fins.

La crédibilité de la communauté mondiale vient de recevoir un coup très dur à Copenhague, et notre espèce ne fait pas la preuve de sa capacité à survivre.

La tragédie d’Haïti me donne l’occasion d’exposer ce point de vue à partir que ce que le Venezuela a fait avec les pays caribéens. Alors que les grandes institutions financières hésitent à Montréal sur ce qu’il faut faire en Haïti, le Venezuela n’hésite pas une minute à annuler la dette économique de ce pays qui se monte 167 millions de dollars.

Pendant presque un siècle, les plus importantes transnationales ont exploité et vendu le pétrole vénézuélien à des prix dérisoires. Le Venezuela devint pendant des décennies le plus gros exportateur de pétrole au monde.

L’on sait que, lorsque les USA dépensèrent des centaines de milliards de dollars dans leur guerre génocidaire contre le Vietnam, tuant et mutilant des millions de fils de ce peuple héroïque, ils rompirent aussi, de manière unilatérale, l’accord de Bretton Woods qui stipulait la conversion du dollar par rapport à l’or, et ils firent payer à l’économie mondiale le coût de cette sale guerre. La monnaie étasunienne se dévalua, si bien que les recettes en devises des pays caribéens ne leur permettaient plus de payer le pétrole. Leurs économies reposent sur le tourisme et sur les exportations de sucre, de café, de cacao et d’autres produits agricoles. Les économies des Etats caribéens étaient menacées de dévastation, exception faite de deux d’entre eux qui sont exportateurs d’énergie.

D’autres pays développés éliminèrent les préférences tarifaires dont bénéficiaient les exportations agricoles des Caraïbes, telle la banane. Le Venezuela eut alors un geste sans précédent: garantir à la plupart de ces pays des livraisons de pétrole sûres et des facilités de paiement spéciales.

Aucun autre pays ne s’était inquiété du sort de ces peuples. N’était la République bolivarienne du Venezuela, une terrible crise aurait frappé les Etats indépendants des Caraïbes, hormis Trinité-et-Tobago et la Barbade.

En ce qui concerne Cuba, après l’effondrement de l’URSS, le gouvernement bolivarien donna une impulsion extraordinaire au commerce entre nos deux pays, dont des échanges de biens et services, ce qui nous permit de faire face à l’une des périodes les plus dures de notre glorieuse histoire révolutionnaire.

Curieusement, l’un des meilleurs alliés des USA, mais aussi le plus bas et le plus vil ennemi du peuple, avait été, dès le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, le président du Venezuela, Romulo Betancourt, un charlatan et un simulateur, qui fut le principal complice des attaques pirates, des actes terroristes, des agressions et du blocus économique contre notre patrie.

C’est justement quand Notre Amérique en avait le plus besoin que la Révolution bolivarienne éclata finalement au Venezuela.

Les membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA), réunis à Caracas à l’invitation d’Hugo Chavez, se sont engagés à prêter le maximum d’appui, au moment le plus triste de son histoire, au peuple haïtien, qui a réalisé la première Révolution sociale victorieuse dans l’histoire du monde, quand des centaines de milliers d’Africains se soulevèrent et créèrent une République à des milliers de kilomètres de leurs terres natales, ce qui constitue l’une des actions révolutionnaires les plus glorieuses de ce continent-ci. En Haïti, il y a du sang noir, aborigène et blanc; la République y est née des concepts d’équité, de justice et de liberté pour tous les êtres humains.

Voilà maintenant dix ans, alors que le cyclone Mitch avait fait des dizaines de milliers de victimes dans les Caraïbes et en Amérique centrale, Cuba créa l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) pour former les médecins latino-américains et caribéens qui sauveraient un jour des millions de vies, mais qui serviraient avant tout d’exemples dans le noble exercice de la profession médicale.

Voilà pourquoi des dizaines de jeunes du Venezuela et d’autres pays latino-américains diplômés de l’ELAM se retrouveront en Haïti aux côtés des Cubains, car beaucoup nous ont fait savoir de tous les recoins du continent leur désir de collaborer à la noble tâche de sauver des vies d’enfants, de femmes et d’hommes, de jeunes et de personnes âgées.

Il y aura des dizaines d’hôpitaux de campagne, des centres de physiothérapie et des hôpitaux où prêteront service plus de mille médecins et étudiants des dernières années de médecine, provenant d’Haïti, du Venezuela, de Saint-Domingue, de la Bolivie, du Nicaragua, de l’Equateur, du Brésil, du Chili et des autres pays frères. Nous avons même l’honneur de pouvoir compter sur des médecins étasuniens eux aussi diplômés de l’ELAM. Nous sommes prêts à coopérer avec les pays et les institutions qui souhaiteraient participer à ces efforts visant à prêter des services médicaux en Haïti.

Le  Venezuela a déjà fourni des tentes, des équipements médicaux, des médicaments et des aliments. Le gouvernement haïtien offre toute sa coopération et tout son soutien à cet effort qui vise à apporter des services de santé gratuits au plus grand nombre possible d’Haïtiens, pour lesquels ce sera une consolation au milieu de la pire tragédie survenue sur notre continent.

Fidel Castro Ruz

Le 7 février 2010

20 h 46

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Cuba est le premier pays à nous être venu en aide

PORT-AU-PRINCE.- «La réponse de la communauté internationale face à la catastrophe qui a frappé Haïti a été très importante, et en particulier celle de Cuba, qui a été le premier pays à nous venir en aide car les coopérants cubains travaillaient déjà chez nous avant le séisme, et ils ont contribué à sauver de nombreuses vies», a déclaré Jean-Rénald Clérismé, conseiller du cabinet privé du président René Préval, lors d’un entretien avec la presse cubaine.

Il a signalé par ailleurs que son pays a également reçu le soutien immédiat de la République dominicaine, dont le président, Leonel Fernandez, s’est rendu à Port-au-Prince au lendemain du séisme, et il s’est félicité de l’aide de la République bolivarienne du Venezuela. «On peut dire que le monde hispanique de la région est très présent en Haïti», a-t-il dit.

M. Jean-Rénald Clérismé a tenu à remercier tout particulièrement Fidel, qui a lancé le programme de coopération avec René Préval, le président cubain Raul Castro, «et cet autre grand ami, le vice-président Esteban Lazo, qui a accompagné Haïti pendant de longues années».

Interrogé sur le nombre de victimes du séisme qui a dévasté Port-au-Prince, il a signalé qu’on parle de 150 000, mais que le bilan pourrait être de 200 000 morts, car beaucoup de gens sont encore ensevelis les décombres. «Cette catastrophe est pire qu’une guerre», s’est-il exclamé.

«Jusqu’à présent, notre pays reçoit le soutien du monde entier, mais nous souhaiterions une meilleure coordination de l’aide à la population haïtienne, et surtout qu’il n’y ait pas de politisation de la catastrophe et que chaque pays puisse contribuer à la santé et à la dignité du peuple haïtien», a-t-il indiqué.

Il a reconnu qu’il existe des problèmes de coordination dans la distribution des vivres. «Au niveau gouvernemental, nous avons créé des équipes de travail, mais l’ampleur de la catastrophe rend la coordination très difficile, nous ne sommes pas en outre habitués à ce genre de situation. C’est compliqué, mais jour après jour nous travaillons à améliorer l’organisation et à mieux coordonner l’aide», a-t-il dit.

Concernant la polémique autour de l’adoption des enfants haïtiens ayant perdu leurs parents dans le séisme, il a précisé qu’il existe en Haïti un ministère des Affaires sociales chargé de ces démarches. «Le gouvernement n’a rien contre l’adoption, mais tout doit être fait dans le respect des lois du pays».

Pour conclure, il a annoncé un programme pour la construction de campements en dehors de la ville et la création d’espaces pour reloger 600 000 sans abris.

source : granma

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Réflexions du compañero Fidel : DÉPÊCHONS DES MÉDECINS, NON DES SOLDATS !

Dans mes Réflexions du 14 janvier, rédigées deux jours après la catastrophe qui a détruit Haïti, pays voisin frère, j’écrivais :

« Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés. »

[…]

« La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. »

Les personnels de santé cubains ont entrepris de travailler sans trêve heure après heure, de jour et de nuit, dans les rares installations restées debout, sous des tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la population redoutait de nouveaux tremblements.

La situation était encore plus grave qu’on ne l’avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de blessés réclamaient de l’aide dans les rues de Port-au-Prince, tandis qu’une quantité incalculable de personnes gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de pisé et de torchis qui abritaient l’immense majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus solides s’étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher, au milieu des quartiers détruits, les médecins haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup avaient été touchés directement ou indirectement par la tragédie.

Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés attrapés dans plusieurs de leurs édifices, et des dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une force de l’ONU, et on ignorait le sort des centaines d’autres membres de ce personnel.

Le Palais présidentiel s’était effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs hôpitaux, avaient été converties en ruines.

La catastrophe a bouleversé le monde qui en a été témoin grâce aux images des principales chaînes de télévision internationales. Les gouvernements ont annoncé de partout l’envoi de secouristes, d’aliments, de médicaments, d’équipements et d’autres ressources.

Conformément avec la position annoncée publiquement par Cuba, des personnels médicaux d’autres nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens, ont œuvré ardûment auprès de nos médecins dans les installations que nous avions improvisées. Des organisations comme l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et d’autres ont fourni des médicaments et des moyens variés. Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve d’une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé absolument de se mettre en vedette.

En des circonstances similaires, quand le cyclone Katrina fit d’énormes ravages à la Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade médicale complète pour coopérer avec le peuple des États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d’immenses ressources, mais manque de médecins formés et équipés pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à partir, dotés des médicaments et des équipements pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville proche de Cuba par sa position géographique. Nous n’avions jamais supposé  un instant que le président de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort nombre d’Étasuniens qu’on aurait pu sauver. L’erreur de cette administration-là a été peut-être son incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas un ennemi dans le peuple étasunien ni ne l’accuse des agressions dont a souffert notre patrie.

Cette administration-là n’a pas été non plus capable de comprendre que notre pays  ne mendie pas les faveurs ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un demi-siècle durant, de le mettre à genou.

Dans le cas d’Haïti, notre pays a accepté aussitôt, à la demande des autorités étasuniennes, de permettre le survol de notre région orientale et d’offrir d’autres facilités nécessaires pour pouvoir prêter au plus vite de l’aide aux Étasuniens et aux Haïtiens touchés par le séisme.

Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son équanimité et sa fermeté, n’a cessé de sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont été nos adversaires dans l’arène internationale le savent pertinemment.

Cuba est résolument d’avis que la tragédie qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus puissants de la communauté internationale.

Haïti  est un pur produit du système colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde. C’est de l’étranger que l’esclavage y a été introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé. Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de Copenhague où les droits les plus élémentaires des cent quatre-vingt-douze États membres de l’Organisation des Nations Unies ont été bafoués.

La tragédie a déclenché en Haïti une course à l’adoption hâtive et illégale de garçons et de filles, au point que l’Unicef a dû prendre des mesures préventives pour empêcher le déracinement d’enfants qui seraient séparés de parents proches.

On compte déjà plus de cent mille morts. Nombre d’habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert des fractures,  de sorte qu’ils doivent suivre un traitement que leur permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.

Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une économie assez développée pour satisfaire les besoins de la population dans la mesure de ses capacités productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs capacités productives et du niveau technique de leur population, de relever l’Europe ou le Japon,  en comparaison des efforts à consentir en Haïti.  Là, à l’instar d’une grande partie de l’Afrique et d’autres régions du Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d’un développement durable. Dans seulement quarante ans, l’humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit faire face aux changements climatiques que les scientifiques acceptent comme une réalité inévitable.

Or, au beau  milieu de la tragédie, sans que nul ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l’infanterie de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et d’autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis encore, ni l’Organisation des Nations Unies ni l’administration étasunienne n’a offert à l’opinion publique mondiale une explication au sujet de ce déploiement de forces.

Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions qu’ils ont envoyés en Haïti n’ont pas pu y atterrir pour débarquer des ressources humaines et techniques.

Divers pays annoncent de leur côté qu’ils enverront d’autres soldats et équipements militaires. Ce qui, à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos et à compliquer la coopération internationale, déjà complexe en soi. Il faut en discuter sérieusement et assigner à l’ONU le rôle dirigeant qui lui incombe dans cette question délicate.

Notre pays remplit une mission strictement humanitaire. Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa portée. La volonté de notre peuple, fier de ses médecins et coopérants dans des activités vitales, est grande et sera à la hauteur des circonstances.

Notre pays ne refusera aucune coopération importante qu’on lui offrirait, à condition toutefois qu’elle soit en accord avec l’importance et la valeur de l’aide qu’on exigerait des ressources humaines de notre patrie.

Il est juste de signaler que nos modestes moyens aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises à la disposition du peuple haïtien n’ont eu aucun mal à arriver à destination.

Dépêchons des médecins, non des soldats !

Fidel Castro Ruz

Le 23 janvier 2010

17 h 30

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