Citations du compañero Fidel : Les changements climatiques

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source photo : juventudrebelde.cu

« Au train où nous allons, bientôt nous n’aurons même plus droit à l’air que nous respirons, toujours plus empoisonné par des sociétés de consommation gaspilleuses qui polluent les éléments les plus essentiels de la vie et détruisent l’habitat humain. Des désastres naturels comme ceux qui ont eu lieu en Amérique centrale, au Venezuela, au Mozambique et dans bien d’autres pays, presque tous du tiers monde, en à peine dix-huit mois n’étaient jamais arrivés au XXe siècle. Ils ont tué des dizaines de milliers de personnes. Ce sont les conséquences des changements climatiques et de la destruction de la nature dont on ne peut nous accuser, nous, qui sommes réunis ici et qui luttons non seulement pour des normes universelles de justice, mais encore pour la préservation de la vie sur la planète.»

Allocution de Fidel Castro à la séance de clôture du Sommet du Sud
14 avril 2000

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Réflexions du compañero Fidel : CE QUI S’EST VRAIMENT PASSÉ AU SOMMET DE COPENHAGUE

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source photo : juventudrebelde.cu

Ce sont les jeunes que l’avenir concerne plus que quiconque.

Encore tout récemment, la discussion portait sur le type de société où nous vivrions. Aujourd’hui, l’on discute si la société survivra…

Il ne s’agit pas là de phrases dramatiques. Il faut s’accoutumer aux faits réels. L’espoir est la dernière chose que les êtres humains peuvent perdre. C’est la vérité en main que des hommes et des femmes de tous âges, mais surtout des jeunes, ont livré au Sommet de Copenhague une bataille exemplaire, offrant ainsi au monde une grande leçon.

Le principal, maintenant, c’est que l’on sache le plus possible à Cuba et dans le monde ce qui s’est passé à Copenhague. La vérité possède une force qui surpasse l’intelligence médiatisée et bien souvent désinformée de ceux qui ont en main les destinées du monde.

Si quelque chose d’important a été obtenu dans la capitale danoise, c’est que l’opinion mondiale a pu observer à travers les médias le chaos politique qui s’y est engendré et le traitement humiliant infligé à des chefs d’État ou de gouvernement, à des ministres et à des milliers de représentants de mouvements sociaux et d’institutions qui, pleins d’illusions et d’espoirs, se sont rendus au siège du Sommet, à Copenhague. La brutale répression contre des manifestants pacifiques par la force publique rappelait la conduite des troupes d’assaut nazies qui occupèrent le Danemark en avril 1940. Ce que personne ne pouvait imaginer, c’est que, le 18 décembre 2009, dernier jour du Sommet, celui-ci serait interrompu par le gouvernement danois – allié de l’OTAN et associé à la boucherie afghane – pour céder la salle plénière au président Obama où celui-ci et un groupe sélect d’invités, seize au total, auraient le droit exclusif de parler. Obama y a prononcé un discours trompeur et démagogique, bourré d’ambiguïtés, qui n’impliquait aucun engagement contraignant et ignorait le Protocole de Kyoto. Il a abandonné la salle peu après avoir écouté quelques autres orateurs. Parmi les pays invités à prendre la parole, on trouvait les pays les plus industrialisés, plusieurs économies émergentes et quelques-uns des plus pauvres de la planète. Les dirigeants et représentants de plus de cent soixante pays n’ont eu que le droit d’écouter.

À la fin du discours du seizième élu, Evo Morales, fort de toute l’autorité de son origine aymara, frais réélu par 65 p. 100 des votants et jouissant du soutien des deux tiers de la Chambre et du Sénat bolivien, a demandé la parole. Le président danois n’a pas eu d’autre remède que de la lui céder à la demande des autres délégations. Quand Evo a conclu sa sage et profonde intervention, le Danois a dû la concéder ensuite  à Hugo Chávez. Les deux interventions passeront à l’Histoire comme des exemples de discours brefs et opportuns. Une fois leur tâche dûment remplie, tous deux ont regagné leur pays respectif. Mais quand Obama est sorti de scène, il n’avait pas encore conclu la sienne au pays siège du Sommet.

Dans la nuit du 17 au 18, le Premier ministre danois et de hauts représentants des États-Unis s’étaient réunis avec le président de la Commission européenne et les dirigeants de vingt-sept pays pour leur proposer, au nom d’Obama, un projet d’accord à l’élaboration duquel aucun autre dirigeant du reste du monde ne devait participer. C’était là une initiative antidémocratique et virtuellement clandestine qui ignorait des milliers de représentants de mouvements sociaux, d’institutions scientifiques, religieuses et les autres invités au Sommet.

Dans la nuit du 18, alors que de nombreux chefs d’État étaient déjà partis, les représentants des pays ont attendu jusqu’à trois heures du matin du 19 la reprise des séances et la clôture de la réunion. Pendant toute la journée du 18, Obama avait soutenu des réunions et des conférences de presse. Tout comme les dirigeants européens. Puis ils sont partis.

Il s’est alors passé quelque chose d’insolite : le 19, à trois heures du matin donc, le Premier ministre danois a convoqué la clôture du Sommet. Les ministres, fonctionnaires, ambassadeur et personnels techniques étaient les seuls à représenter leur pays.

Mais un groupe de représentants de pays du Tiers-monde qui contestaient la tentative d’Obama et des plus riches de la planète de présenter comme un accord consensuel du Sommet le document imposé par les États-Unis a livré cette nuit-là une bataille étonnante.

La représentante vénézuélienne, Claudia Salerno, pleine d’une énergie impressionnante, montra le sang qui coulait de sa main droite à cause des coups qu’elle avait dû frapper sur la table pour pouvoir exercer son droit de parole. Le ton de sa voix et la dignité de ses arguments sont inoubliables.

Le ministre cubain des Relations extérieures a prononcé un discours énergique d’un millier de mots dont j’extrais plusieurs paragraphes pour les inclure dans mes Réflexions :

« Le document dont vous avez nié à plusieurs reprises l’existence, monsieur le Président, apparaît maintenant… Nous avons vu des versions qui circulent d’une manière subreptice et qui se discutent en petits conciliabules secrets.

« … je regrette profondément la façon dont vous avez conduit cette Conférence.

« …Cuba juge extrêmement insuffisant et inadmissible le texte de ce projet apocryphe. L’objectif de 2ºC est inacceptable, car il aurait des conséquences catastrophiques incalculables…

« Le document que vous nous présentez ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Je connais les versions antérieures qui se sont négociées elles aussi à travers des procédés contestables et clandestins, en coteries fermées…

« Le document que vous nous soumettez maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien maigres et insuffisantes de cette version-là.

« …pour Cuba, cet objectif est incompatible avec le critère scientifique universellement accepté selon lequel il est urgent et incontournable de réduire les émissions d’au moins 45 p. 100 d’ici à 2020 et de non moins de 80 à 90 p. 100 d’ici à 2050.

« Toute proposition de poursuite des négociations en vue d’adopter à l’avenir des accords de réduction des émissions doit inclure impérativement le concept selon lequel le Protocole de Kyoto est toujours d’actualité. […] Votre papier, monsieur le Président, est l’acte de décès du Protocole de Kyoto, et ma délégation s’y refuse.

« La délégation cubaine tient à souligner la primauté du principe des « responsabilités communes mais différenciées » en tant que concept clef des futures négociations. Votre papier n’en dit mot.

« Ce projet de déclaration omet des engagements concrets en matière de financement et de transfert de technologies vers les pays en développement dans le cadre des obligations contractées par les pays développés au titre de la Convention cadre des Nations sur les changements climatiques. […] Les pays développés qui imposent leurs intérêts par ce document interposé fuient tout engagement concret.

« …Ce que vous appelez, monsieur le Président, un « groupe de leaders représentatifs » constitue à mes yeux une violation grossière du principe de l’égalité souveraine des États que consacre le Charte des Nations Unies.

« Je vous demande formellement, monsieur le Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette honteuse Quinzième Conférence des Parties.

On n’avait concédé qu’une heure aux représentants des États pour émettre des opinions, ce qui a provoqué des situations compliquées, honteuses et désagréables.

Il s’ensuivit un long débat durant lequel les délégations des pays développés ont exercé de fortes pressions pour que la Conférence adopte ce document comme résultats final de ses délibérations.

Un nombre réduit de pays a insisté fermement sur les sérieuses carences et ambiguïtés du document impulsé par les États-Unis, en particulier sur l’absence d’engagement de la part de pays développés en matière de réduction des émissions de carbone et de financement permettant aux pays du Sud de mettre en place des mesures d’atténuation et d’adaptation.

C’est au terme de discussions longues et extrêmement tendues que la position des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et du Soudan en tant que président en exercice du Groupe des 77 a fini par prévaloir :  le document en question était inacceptable par la Conférence.

Devant le manque de consensus évident, la Conférence s’est bornée à « prendre note »  de l’existence de ce document en tant que position d’un groupe d’environ vingt-cinq pays.

Une fois cette décision adoptée à 10 h 30 (heure de Copenhague), Bruno – après avoir discuté amicalement, aux côtés d’autres représentants de l’ALBA avec le Secrétaire général de l’ONU et lui avoir confirmé leur disposition de continuer de lutter de concert avec les Nations Unies pour empêcher les terribles conséquences des changements climatiques – a regagné notre pays en compagnie du vice-président cubain, Esteban Lazo, pour assister à la session de l’Assemblée nationale. Sa mission avait pris fin. Il n’est resté à Copenhague que quelques membres de notre délégation et l’ambassadeur pour participer aux démarches finales.

Ils ont informé cet après-midi :

« …comme ceux qui ont participé à l’élaboration du document aussi bien que ceux qui, comme le président des USA, se sont empressés d’annoncer son adoption par le Sommet… ne pouvaient refuser la décision de celui-ci de seulement « prendre note » du prétendu « Accord de Copenhague », ils ont tenté de proposer un procédé par lequel d’autres pays Parties qui n’avaient pas participé à cette manigance pourraient la seconder et y adhérer, afin de donner des dehors de légalité à cet accord, ce qui aurait pu de fait préjuger du résultat des négociations à venir.

« Cuba, le Venezuela et la Bolivie se sont opposés de nouveau fermement à cette tentative tardive, avertissant que ce document non entériné par la Conférence n’avait pas de caractère légal, qu’il n’existait pas comme document des Parties et qu’on ne pouvait établir aucune règle pour le faire censément adopter…

« Voilà dans quel esprit que se sont conclues les sessions de Copenhague, sans adoption de ce document préparé subrepticement ces derniers jours, sous la conduite idéologique évidente de l’administration étasunienne… »

Demain, notre attention sera centrée sur l’Assemblée nationale.

Lazo, Bruno et le reste de la délégation arriveront vers minuit. Notre ministre des Relations extérieures pourra expliquer lundi, avec luxe de détails et avec toute la précision requise, ce qui s’est vraiment passé au Sommet.

Fidel Castro Ruz

Le 19 décembre 2009

20 h 17

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Message au président de la république bolivarienne du Venezuela

Cher Hugo

Ce jour-ci marque le quinzième anniversaire de notre rencontre au Grand Amphithéâtre de l’Université de La Havane, le 14 décembre 1994. La veille, je t’avais attendu au pied de l’avion qui t’avait amené à Cuba.

J’avais suivi ton soulèvement armé contre le gouvernement vénézuélien vendu aux yankees. A Cuba nous avions entendu parler de tes idées alors que tu étais en prison et que, comme nous, tu t’attachais à enrichir la pensée révolutionnaire qui t’avait conduit à lancer le soulèvement du 4 février 1992.

Dans le Grand Amphithéâtre,  tu avais, d’une manière spontanée et transparente, avancé les idées bolivariennes que tu portais en toi et qui t’avaient amené, dans les conditions spécifiques de ton pays et de notre époque, à te battre pour l’indépendance du Venezuela contre la tyrannie de l’empire. Malgré les efforts de Bolivar et des autres colosses qui, remplis de rêves, avaient lutté contre le joug colonial espagnol, l’indépendance du Venezuela ne tenait à rien d’autre que de ridicules oripeaux.

Aucun instant de l’Histoire n’est pareil à l’autre; aucune idée ni aucun événement humain ne peut être jugé hors de son époque.  Toi et moi, nous sommes partis de conceptions qui ont évolué au fil des millénaires mais restent très liées à l’histoire lointaine ou récente où la division de la société en maîtres et esclaves, en exploiteurs et exploités, en oppresseurs et opprimés, fut toujours inquiétante et odieuse. Et elle constitue de nos jours la pire honte et la principale cause des malheurs et des souffrances des êtres humains.

Alors que la productivité du travail, aiguillonnée aujourd’hui par la technologie et la science, s’est multipliée des dizaines de fois, voire, dans certains domaines, des centaines et même des milliers de fois, des clivages aussi injustes auraient dû disparaître.

Toi et moi, et avec nous des millions de Vénézuéliens et de Cubains, partageons ces idées.

Tu es parti des principes chrétiens qu’on t’a inculqués et d’un caractère rebelle; moi, des idées de Marx et d’un caractère tout aussi rebelle.

Il est des principes moraux universellement reconnus qui sont valables pour un chrétien autant que pour un marxiste.

A partir de là, les idées révolutionnaires ne cessent de s’enrichir par la voie de l’étude et de l’expérience.

Il faut dire que notre amitié sincère et révolutionnaire est née alors que tu n’étais pas encore président du Venezuela. Je ne t’ai jamais rien demandé. Quand le mouvement bolivarien a remporté les élections de 1999, le pétrole valait moins de dix dollars le baril. Je m’en souviens bien parce que tu m’as invité à la cérémonie de passation des pouvoirs.

Le soutien décidé que tu as apporté à Cuba a été spontané, tout comme l’a été notre coopération avec le peuple frère vénézuélien.

En pleine « période spéciale », quand l’URSS s’est effondrée, l’empire a durci son brutal blocus contre notre peuple. A un moment donné, les cours du combustible ont augmenté, et nos approvisionnements en ont été menacés. Tu as garanti à notre pays des livraisons commerciales sûres et stables.

On ne saurait oublier qu’après le putsch politique contre la Révolution bolivarienne en avril 2002 et ta brillante victoire sur le putsch pétrolier à la fin de cette même année, quand les cours ont dépassé soixante dollars le baril, tu nous as offert un approvisionnement assorti de facilités de paiement. Bush était alors président des Etats-Unis et l’auteur de ces actes illégaux de haute trahison contre le peuple vénézuélien n’est autre que lui.

Je me rappelle ton indignation quand il a exigé que j’abandonne le Mexique pour atterrir lui-même dans ce malheureux pays où nous assistions toi et moi à une conférence internationale des Nations unies à laquelle il devait lui aussi participer.

L’empire ne pardonnera jamais à la Révolution bolivarienne d’avoir soutenu Cuba alors qu’il s’imaginait que notre peuple, après presque un demi-siècle de résistance héroïque, retomberait dans ses mains. À Miami, la contre-révolution réclamait trois jours de permission pour tuer des révolutionnaires dès que le gouvernement de transition exigé par Bush se serait installé à Cuba.

Dix années de coopération exemplaire et fructueuse entre le Venezuela et Cuba se sont écoulées. L’Alliance bolivarienne entre les peuples de Notre Amérique (ALBA) a vu le jour. La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), promue par les Etats-Unis, a avorté, mais l’empire passe de nouveau à l’offensive.

Le coup d’État au Honduras et l’établissement de sept bases militaires en Colombie sont intervenus après l’entrée du nouveau président à la Maison-Blanche. Son prédécesseur, lui, avait rétabli la IVe Flotte, un demi-siècle après la fin de la dernière guerre mondiale, alors qu’il n’y avait plus de guerre froide ni d’Union soviétique. Les intentions réelles de l’empire sautent aux yeux derrière le sourire aimable et le visage afro-américain de Barack Obama.

Daniel Ortega a expliqué hier comment le putsch au Honduras avait affaibli le Système d’intégration centraméricain en déterminant la conduite de ses membres.

L’empire mobilise derrière lui les forces de droite latino-américaines pour frapper le Venezuela, et, partant, les États de l’ALBA. S’il s’emparait de nouveau des grandes ressources pétrolières et gazières de la patrie de Bolivar, les pays des Antilles anglophones et d’autres d’Amérique centrale y perdraient les conditions généreuses d’approvisionnement que leur offre aujourd’hui le Venezuela révolutionnaire.

Voilà quelques jours, après le discours que le président Barack Obama a prononcé à l’école militaire de West Point pour annoncer l’envoi de trente mille soldats en Afghanistan, j’ai écrit des Réflexions où je qualifiais de cynique le fait d’avoir accepté le Prix Nobel de la paix alors même qu’il avait déjà adopté cette décision.

Le 10 décembre dernier, prononçant à Oslo son discours de récipiendaire, il défendait des idées qui constituent un bel exemple de la logique et de la pensée impérialistes : « …je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Etasuniens appelés à se battre dans un pays distant. Certains tueront, d’autres seront tués », a-t-il affirmé, tentant de présenter comme une « guerre juste » la boucherie brutale perpétrée dans ce lointain pays où la majorité de ceux qui périssent sont les habitants inoffensifs des villages écrasés sous les bombes que larguent ses avions sans pilote.

Après ces phrases-là, au début de son discours, Obama a consacré plus de quatre mille cinq cents mots à présenter ses massacres de civils comme une guerre juste. « Les guerres actuelles – a-t-il affirmé – tuent bien plus de civils que de soldats. »

Les civils tués en Irak, en Afghanistan et aux frontières du Pakistan dépassent d’ores et déjà le million.

Dans son discours Obama a fait l’éloge de Nixon et de Reagan comme de personnages illustres sans même se rappeler que le premier a largué plus d’un million de bombes sur le Vietnam et que le second a fait sauter par des moyens électroniques, sous les apparence d’un accident, le gazoduc de Sibérie. L’explosion a été si forte et si destructrice que les senseurs d’essais nucléaires l’ont captée.

L’allocution d’Obama à Oslo se différencie de celle de West Point au sens que celle-ci était mieux rédigée et déclamée ; dans la capitale norvégienne, le visage de l’orateur indiquait bien qu’il était conscient de la fausseté de ses dires.

Le moment et les circonstances n’étaient pas non plus les mêmes. Oslo est proche de Copenhague où se tient la très importante Conférence sur les changements climatiques à laquelle, je le sais, Evo et toi pensez participer. C’est là que se livre actuellement la bataille politique la plus importante de l’histoire humaine. Là aussi que l’on constate dans toute leur ampleur les dommages que le capitalisme développé a causés à l’humanité. Celle-ci doit maintenant se battre désespérément non seulement pour la justice, mais aussi pour la survie de l’espèce.

J’ai suivi de près le Sommet de l’ALBA. Je vous félicite tous. J’ai énormément apprécié de voir tant d’amis chers définir ensemble des idées et se battre unis. Je vous félicite tous.

Jusqu’à la victoire, toujours!

Une forte accolade.

Fidel Castro Ruz

Le 14 décembre 2009

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ALBA, ce qui paraissait impossible

« Nous affirmons que le principe clef qui doit guider l’ALBA est la solidarité la plus large entre les peuples latino-américains et caribéens, fondée sur la pensée de Bolívar, de Martí, de Sucre, d’O’Higgins, de San Martín, d’Hidalgo, de Pétion, de Morazán, de Sandino et de tant d’autres hommes illustres, sans nationalisme égoïste ni politique nationale restrictive qui ferait obstacle à l’objectif de bâtir en Amérique latine la patrie grande dont rêvèrent les héros de nos luttes de libération.

À cet égard, nous sommes pleinement d’accord que l’ALBA ne pourra se concrétiser à partir de critères mercantilistes et d’intérêts égoïstes de gains commerciaux ou d’avantage national au préjudice d’autres peuples. Seule une vaste vision latino-américaniste, qui reconnaît que nos peuples ne sauraient se développer et être vraiment indépendants d’une façon dispersée, pourra leur permettre de concrétiser l’idée de Bolívar : « Voir se former en Amérique la plus grande nation du monde, non tant par son étendue et sa richesse que par sa liberté et sa gloire », ce que Martí appelait « Notre Amérique » pour la différencier de l’autre Amérique, expansionniste et aux visées impériales.

Nous affirmons de même que l’ALBA vise à transformer les sociétés latino-américaines, autrement dit à les rendre plus justes, plus cultivées, plus participatives et plus solidaires, et qu’elle est donc conçue comme un phénomène intégral qui permette d’éliminer les inégalités sociales, améliore la qualité de la vie et garantisse une participation réelle des peuples à la mise en place de leurs destinées.»

Déclaration conjointe
14 décembre 2004

Lire aussi :

DÉCLARATION CONJOINTE

ACCORD ENTRE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU VENEZUELA ET LE PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ETAT DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA CONCERNANT LA MISE EN PLACE DE L’ALTERNATIVE BOLIVARIENNE POUR LES AMÉRIQUES (ALBA)

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Réflexions du compañero Fidel : RIEN NE FORÇAIT OBAMA À AGIR CYNIQUEMENT

Dans les derniers paragraphes de mes réflexions d’il y a deux mois, le 9 octobre 2009, Le glas sonne pour le dollar, j’ai évoqué les changements climatiques que le capitalisme impérialiste a provoqués au grand dam de l’humanité. Parlant des émissions de carbone, j’avais écrit : « Les USA ne font vraiment aucun effort spécial. Ils n’acceptent qu’une réduction de 4 p. 100 par rapport à 1990. » Or, les scientifiques exigeaient une réduction minimale d’entre 25 et 40 p. 100 d’ici à 2020.

Et j’avais ajouté:

« Le monde a appris ce matin, vendredi 9, qu’ « Obama le bon », pour reprendre l’énigme posée par le président vénézuélien Hugo Chávez aux Nations Unies avait reçu le Prix Nobel de la paix. Je ne partage pas toujours les positions de cette académie, mais je dois reconnaître que c’est une mesure positive dans les circonstances actuelles. Elle compense le revers essuyé par Obama à Copenhague quand Rio de Janeiro, et non Chicago, a été désigné comme organisatrice des Jeux olympiques de 2016, ce qui a provoqué de violentes attaques de la part de ses adversaires d’extrême droite. »

« Beaucoup jugeront qu’il n’a pas gagné pour l’instant le droit de recevoir une telle distinction. Je souhaite voir dans cette décision, plutôt qu’un prix au président étasunien, une critique de la politique génocidaire suivie par nombre de présidents de ce pays qui ont conduit le monde au carrefour où il se trouve aujourd’hui, une exhortation à la paix et à la recherche de solutions qui permettrait à notre espèce de survivre. »

Il est évident que j’observais avec soin le président noir élu dans une société raciste en proie à une profonde crise économique, sans préjuger à partir de ses déclarations de la campagne électorale et de sa condition de chef du pouvoir exécutif yankee.

Presque un mois après, j’ai écrit ce qui suit dans des Réflexions intitulée : De la science-fiction :

« Le peuple étasunien n’est pas coupable, mais bel et bien victime d’un système insoutenable et, pis encore, d’ores et déjà incompatible avec la vie de l’humanité. »

« L’Obama intelligent et rebelle qui a souffert l’humiliation et le racisme durant son enfance et sa jeunesse le comprend, mais l’Obama élevé dans le sérail et compromis avec le système et les méthodes qui l’ont conduit à la présidence des États-Unis ne peut résister à la tentation d’exercer des pressions, de menacer, voire de tromper les autres. »

« Il est obsédé par son travail. Aucun autre président des USA ne serait peut-être capable de se lancer dans un programme aussi intense que celui qu’il se propose de réaliser dans les huit prochains jours. »

J’analysais dans ces Réflexions-là, comme on peut le constater, la complexité et les contradictions implicites dans sa longue tournée à travers l’Asie du Sud-est et je me demandais : « De quoi pense traiter notre illustre ami durant cette intense tournée ? » Ses conseillers avaient précisé qu’il parlerait de tout avec la Chine, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, etc.

Il est évident qu’Obama préparait le terrain au discours qu’il allait prononcer à West Point le 1er décembre 2009. Ce jour-là, il s’est donné à fond. Il a élaboré et classé avec soin cent soixante-neuf phrases destinées à presser chacune des « touches » qui l’intéressaient pour obtenir que la société étasunienne appuie sa stratégie de guerre. Il a eu des effets de manche qui auraient fait pâlir Cicéron dans ses Catilinaires. J’ai eu l’impression ce jour-là d’écouter George W. Bush : ses arguments et sa philosophie ne se différenciaient en rien de ceux de son prédécesseur. Exception faite d’une petite feuille de vigne : il s’opposait à la torture.

Le chef de l’organisation à laquelle on attribue l’acte terroriste du 11 septembre  a été recruté et entraîné par l’Agence centrale de renseignement pour combattre les troupes soviétiques, et il n’était même pas Afghan.

Cuba a fait savoir ce même jour qu’elle condamnait cet acte et a annoncé d’autres mesures. Nous avons aussi averti que la guerre n’était pas la voie à prendre pour combattre le terrorisme.

L’organisation des Talibans – qui veut dire « étudiants » – est née au sein des forces afghanes qui se battaient contre l’URSS et n’était pas ennemie des Etats-Unis. Une analyse honnête permettrait de retracer la véritable histoire des événements qui ont engendré cette guerre-là.

Aujourd’hui, ce ne sont pas les soldats soviétiques, mais les troupes étasuniennes et celles de l’OTAN qui occupent ce pays à feu et à sang. La politique que la nouvelle administration offre au peuple étasunien est celle de Bush qui a ordonné d’envahir l’Iraq alors que ce pays n’avait rien à voir avec l’attentat des tours jumelles.

Le président des États-Unis n’a pas dit un mot des centaines de milliers de personnes innocentes, dont des enfants et des vieillards, qui sont mortes en Iraq et en Afghanistan, et des millions d’Iraquiens et d’Afghans qui souffrent des conséquences de la guerre, sans avoir la moindre responsabilité dans les faits survenus à New York. La phrase par laquelle il a conclu son allocution : « Que Dieu bénisse les États-Unis », semblait, plutôt qu’une prière, un ordre donné au Ciel.

Pourquoi donc Obama a-t-il accepté le prix Nobel de la paix alors qu’il avait déjà décidé de porter la guerre en Afghanistan jusqu’à ses dernières conséquences ? Rien ne le forçait à agir cyniquement!

Il a annoncé ensuite qu’il irait recevoir son prix dans la capitale norvégienne le 11 et qu’il se rendrait au Sommet de Copenhague le 18.

Il ne reste plus qu’à attendre à Oslo un autre discours théâtral, un nouveau compendium de phrases visant à occulter le fait réel que nous avons affaire à une superpuissance impériale qui possède des centaines de bases militaires disséminées de par le monde, dont les interventions militaires dans notre continent remontent à plus de deux siècles, et les actions génocidaires au Vietnam, au Laos et dans d’autres pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient, des Balkans, et partout dans le monde, à plus d’un siècle.

Le hic maintenant pour Obama et ses alliés les plus riches, c’est que la planète qu’ils dominent d’une poigne de fer est en train de se déliter entre leurs doigts.

Le crime commis par Bush contre l’humanité est de notoriété publique : avoir ignoré le Protocole de Kyoto et n’avoir pas fait pendant dix ans ce qu’il aurait fallu faire depuis belle lurette. Obama n’est pas un ignare ; il connaît, tout comme le connaissait Gore, le grave danger qui nous menace tous, mais il vacille et se montre faible face à l’oligarchie irresponsable et aveugle de son pays. Il n’agit pas comme l’a fait un Lincoln pour régler le problème de l’esclavage et maintenir l’intégrité du pays en 1861, ou comme un Roosevelt face à la crise économique et au fascisme. Mardi, il a lancé une pierre timide dans les eaux agitées de l’opinion internationale : Lisa Jackson, administratrice de l’Agence de protection de l’environnement, a informé que le réchauffement mondial serait considéré comme une menace à la santé publique et au bien-être du peuple étasunien, ce qui permettrait à Obama d’adopter des mesures sans passer par le Congrès.

Aucune des guerres qui ont eu lieu tout au long de l’Histoire ne représente un danger pire.

Les nations les plus riches s’efforceront de faire retomber sur les plus pauvres le fardeau des actions nécessaires au sauvetage de l’espèce humaine. Il faut au contraire exiger aux plus riches le maximum de sacrifices, le maximum de  rationalité dans l’emploi des ressources et le maximum de justice envers notre espèce.

Il est probable que ce qu’on obtiendra tout au plus à Copenhague, c’est un minimum de temps pour aboutir à un accord obligatoire qui serve vraiment à chercher des solutions. Si c’est le cas, le Sommet aura signifié au moins une modeste avancée.

On verra bien!

Fidel Castro Ruz

Le 9 décembre 2009

12 h 34

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Fidel reçoit le titre de Docteur honoris causa

A l’occasion du 45e anniversaire de sa fondation, la cité universitaire José Antonio Echeverria (CUJAE) a décerné au Commandant en chef Fidel Castro Ruz le titre de Docteur honoris causa.

José Ramon Fernandez, vice-président du Conseil des ministres, a reçu, des mains d’Alicia Alonso Becerra, rectrice de cette université, cette distinction accordée à Fidel «parce qu’il fait partie de l’histoire de cette institution universitaire».

La CUJAE a formé plusieurs générations d’étudiants, qui ont par la suite mis leur savoir au service du développement économique et social de notre pays, a affirmé Alonso Becerra.

Merci, Fidel, pour avoir permis de réaliser le rêve de José Antonio Echeverria, a-t-elle poursuivi. Merci pour nous encourager à créer cet homme nouveau, pour promouvoir, de multiples façons, la dignité et le développement de l’être humain.

Miguel Diaz-Canel, membre du Bureau politique et ministre de l’Education supérieure, a appelé les étudiants et les employés de cette université à redoubler d’efforts dans la recherche de solutions pour augmenter la productivité et diminuer les importations.

Cette institution contribue à notre développement culturel et sportif, sa vocation sociale et humanitaire la situe au cœur de ce que doit être l’université moderne à laquelle nous croyons, a affirmé Diaz-Canel.

Au cours de la même cérémonie, 19 professeurs ont reçu une plaque commémorative du 45e anniversaire de la CUJAE, pour leur contribution exceptionnelle au rayonnement de cette institution.

Assistaient également à la cérémonie le Commandant de la Révolution Ramiro Valdés, membre du Bureau politique et ministre de l’Informatique et des Communications, Jaime Crombet, vice-président de l’Assemblée nationale du Conseil populaire, Lazara Mercedez Lopez, première secrétaire du Parti à La Havane, ainsi que des représentants du corps diplomatique accrédités dans notre pays.

source : granma

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Réflexions du compañero Fidel : FAUT-IL DONNER CARTE BLANCHE A L’HYPOCRISIE ET AU MENSONGE ?

Dans leur lutte contre la Révolution cubaine, les États-Unis eurent pour meilleur allié le gouvernement vénézuélien dirigé alors par l’insigne Rómulo Betancourt Bello. Nous ne le savions pas. Il avait été élu président le 7 décembre 1958, et il n’avait pas encore assumé son poste quand la Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Quelques semaines après, j’eus le privilège d’être invité à visiter la patrie de Bolívar, qui avait été si solidaire avec notre pays, par le gouvernement provisoire de Wolfgang Larrazábal.

J’ai rarement senti dans ma vie plus de chaleur de peuple. On conserve des films de cette visite. Je pris la vaste autoroute qui s’était substituée au chemin asphalté par où les chauffeurs de véhicules les plus téméraires que j’ai jamais vus m’avaient conduit de Maiquetía à Caracas lors de mon premier voyage dans la capitale en 1948.

Mais, cette fois-là, j’écoutai aussi les sifflets les plus bruyants, les plus prolongés et les plus embarrassants de ma longue vie quand j’osai mentionner le nom du président frais élu mais pas encore installé : les masses les plus radicalisées de Caracas, une ville héroïque et combative, avaient voté contre lui à une majorité écrasante.

Les milieux politiques des Caraïbes et d’Amérique latine mentionnaient alors avec intérêt l’illustre Rómulo Betancourt.

Pour quelle raison ? Il avait été si radical dans sa jeunesse qu’il avait été nommé à vingt-trois ans membre du Bureau politique du Parti communiste costaricien, et qu’il le resta de 1931 à 1935. C’était l’époque difficile de la IIIe Internationale. Il apprit du marxisme-léninisme la structure de classe de la société, l’exploitation de l’homme par l’homme tout au long de l’histoire, le développement de la colonisation, du capitalisme et de l’impérialisme au cours des derniers siècles.

Il fonda au Venezuela en 1941, aux côtés d’autres dirigeants de gauche, le parti Action démocratique.

Il exerça la présidence provisoire du Venezuela d’octobre 1945 à février 1948 à la suite d’un coup d’État civil et militaire. Il reprit le chemin de l’exil quand le grand écrivain et intellectuel vénézuélien Rómulo Gallegos fut élu président constitutionnel et presque aussitôt renversé.

La machine bien huilée de son parti ayant fonctionné, il fut élu président aux élections du 7 décembre 1958, après que les forces révolutionnaires conduites par l’Assemblée patriotique que dirigeait Fabricio Ojeda eurent renversé la dictature du général Pérez Jiménez.

Quand, fin janvier 1959, je pris la parole sur la place du Silence où des centaines de milliers de personnes s’étaient réunies et que je mentionnai par simple politesse le nom de Betancourt, j’écoutai les huées dont j’ai parlé. Ce fut pour moi une véritable leçon de réalisme politique, Je dus ensuite lui rendre visite en tant que président élu d’une nation amie. Je découvris quelqu’un de bourré d’amertume et de ressentiment. C’était déjà là le modèle de gouvernement « démocratique et représentatif » dont avait besoin l’Empire. Le sien collabora de son mieux avec les Yankees avant l’invasion mercenaire de Playa Girón.

Fabricio Ojeda, un ami sincère et inoubliable de la Révolution cubaine que j’eus le privilège de connaître et avec qui j’eus de longs échanges, m’expliqua ensuite bien des choses sur la vie politique de sa patrie et sur le Venezuela dont il rêvait. Ce fut l’une des nombreuses personnes que ce régime, totalement au service de l’impérialisme, assassina.

Un demi-siècle s’est écoulé depuis. Je peux témoigner du cynisme exceptionnel de l’Empire auquel les révolutionnaires cubains, dignes héritiers de Bolívar et de Martí, ont fait face sans trêve ni repos.

Le monde a changé considérablement depuis l’époque de Fabricio Ojeda. Le pouvoir militaire et technologique de cet Empire s’est renforcé considérablement, ainsi que son expérience et son absence de scrupules totale. Ses ressources médiatiques sont plus coûteuses et moins assujetties à des normes morales.

Accuser le leader de la Révolution bolivarienne, Hugo Chávez, de préparer la guerre contre le peuple colombien, de déclencher une course aux armements, de produire des drogues et de promouvoir leur trafic, de réprimer la liberté d’expression, de violer les droits de l’homme, et lancer d’autres imputations similaires contre lui, relève d’un cynisme répugnant, qui ne dépare pas l’histoire passée et présente de l’Empire, et les valeurs qu’il prône. On ne saurait jamais oublier la réalité, ni manquer de la répéter : la vérité objective et raisonnée est l’arme la plus puissante à inculquer sans répit dans la conscience des peuples.

Le gouvernement étasunien – il faut le rappeler – a promu et soutenu le coup d’État fasciste réalisé au Venezuela le 11 avril 2002. Celui-ci ayant fait fiasco, il plaça tous ses espoirs dans le coup d’État pétrolier, soutenu par des programmes et des ressources techniques capables de liquider n’importe quel gouvernement, mais il sous-estima le peuple et la direction révolutionnaire de ce pays. Depuis, il n’a cessé de conspirer contre la Révolution vénézuélienne, comme il l’a fait et continue de le faire contre notre propre Révolution depuis cinquante ans. Mais les États-Unis aspirent à contrôler le Venezuela bien plus que Cuba, du fait de ses énormes ressources énergétiques et de ses autres matières premières, obtenues à des prix dérisoires, et où les transnationales possèdent les grandes installations et les grands services.

Après avoir écrasé à feu et à sang la révolution en Amérique centrale, après avoir installé par des coups d’État des dictatures sanguinaires et répressives qui freinèrent les avancées démocratiques et progressistes en Amérique du Sud, l’Empire ne saurait se résigner à la construction du socialisme au Venezuela. C’est là un fait réel, indéniable et flagrant pour quiconque possède un minimum de culture politique en Amérique latine et dans le monde.

Il vaut la peine de rappeler que le gouvernement vénézuélien n’a même pas acheté d’armes après le coup d’État promu par les États-Unis en avril 2002. Le baril de pétrole valait alors vingt dollars – une monnaie déjà dévaluée après que Nixon eut suspendu sa conversion en or en 1971, presque trente ans avant que Chávez ne monte à la présidence. Quand il y monta, le pétrole vénézuélien n’atteignait même pas dix dollars. Quand les cours flambèrent ensuite, il consacra les ressources de son pays à des programmes sociaux, à des plans d’investissement et de développement, et à la coopération avec de nombreuses nations des Caraïbes et d’Amérique centrale et d’autres d’Amérique du Sud aux économies les plus pauvres. Aucun pays n’a offert une coopération aussi généreuse.

Chávez n’a pas acheté un seul fusil dans les premières années de son gouvernement. Il a même fait quelque chose qu’aucun autre pays n’aurait fait dans des conditions où son intégrité était menacée : suspendre l’obligation légale de chaque citoyen honnête et révolutionnaire de défendre son pays les armes à la main.

Je pense plutôt que la République bolivarienne a trop tardé à acheter de nouvelles armes. Les fusils dont disposait l’infanterie plusieurs années après que Chávez ait accédé à la présidence remontaient à plus de cinquante ans : en novembre 1958, pénultième mois de notre guerre, le gouvernement provisoire de l’amiral Larrazábal me fit parvenir un fusil automatique FAL de ce genre !

C’est l’administration étasunienne qui a décidé bien plutôt le désarmement du Venezuela en prohibant de lui livrer les pièces nécessaires aux équipements militaires yankees vendus traditionnellement à ce pays, depuis des avions de combat et des transports militaires jusqu’aux appareils de communication et aux radars. Il est extrêmement hypocrite d’accuser maintenant le Venezuela de lancer une course aux armements.

D’autant que les États-Unis ont livré pour des milliards de dollars des armements, des moyens de combat, des transports aériens aux forces armées de la Colombie voisine et ont entraîné celles-ci, sous prétexte de lutte contre la guérilla. Je peux attester des efforts qu’a consentis le président Hugo Chávez pour contribuer à la paix intérieure dans ce pays frère. Les Yankees ne se sont d’ailleurs pas contentés de fournir des armes : ils ont aussi instillé des sentiments de haine contre le Venezuela aux troupes qu’ils entraînaient, tout comme ils l’ont fait au Honduras à travers l’équipe spéciale basée à Palmerola.

Les États-Unis fournissent aux unités de combat dans les pays où ils disposent de bases militaires le même uniforme et les mêmes équipements qu’à leurs propres troupes d’intervention partout dans le monde. Ils n’ont pas besoin de soldats à eux, comme en Iraq, en Afghanistan ou dans le nord du Pakistan, pour planifier des massacres contre nos peuples.

L’extrême droite impérialiste, qui contrôle les leviers essentiels du pouvoir, recourt à des mensonges éhontés pour occulter ses plans.

Eva Golinger, avocate et observatrice vénézuelo-étasunienne, a démontré comment les arguments stratégiques avancés dans le message que l’administration a fait parvenir au Congrès en mai 2009 pour justifier des investissements sur la base de Palanquero ont été totalement modifiés dans l’accord aux termes duquel Washington a obtenu cette base, de pair avec de nombreuses autres installations civiles et militaires. Le document adressé au Congrès le 16 novembre sous le titre : Addendum destiné à refléter les termes de l’accord de coopération en matière de défense entre les États-Unis et la Colombie, signé le 30 octobre 2009, « est absolument modifié », signale Eva Golinger, toujours incisive et bien informée : « On n’y parle plus de la « mission de mobilité » qui « garantit l’accès à tout le continent sud-américain, à l’exception du cap Horn ». On y omet toute référence à des opérations de « portée générale », à des « théâtres sécurisés » et à l’accroissement des capacités des forces armées étasuniennes à mener une « guerre rapide » dans la région. »

Il est évident par ailleurs que le président de la République bolivarienne bataille dur pour surmonter les contraintes que les États-Unis ont engendrés dans les pays latino-américains, entre autres la violence sociale et le trafic de drogues : en effet, la société étasunienne a été incapable d’éviter la consommation et le trafic de stupéfiants, ce qui a des conséquences dans de nombreux pays de la région.

La violence est l’un des produits les plus largement exportés par la société capitaliste étasunienne durant ce dernier demi-siècle à travers l’emploi croissant des médias et de l’industrie dite des loisirs. Ce sont là des phénomènes que la société humaine n’avait pas connus à ce jour. Ces médias pourraient toutefois être utilisés pour créer de nouvelles valeurs dans une société plus humaine et plus juste.

Le capitalisme développé a créé les sociétés dites de consommation et engendré par contrecoup des problèmes qu’il est incapable de maîtriser.

Le Venezuela est le pays qui réalise le plus rapidement des programmes sociaux à même de permettre de contrer ces tendances extrêmement négatives. Ses gros succès aux derniers Jeux sportifs bolivariens le prouvent.

À la réunion de l’UNASUR, le ministre vénézuélien des affaires étrangères a posé très clairement la question de la paix dans la région : quelle est la position de chaque pays face à l’installation de bases yankees en Amérique du Sud ? C’est là non seulement une obligation de chaque État, mais aussi une obligation morale de chaque homme et de chaque femme conscients et honnêtes de notre continent et du monde. L’Empire doit savoir que les Latino-Américains se battront sans trêve en toute circonstance pour défendre leurs droits les plus sacrés.

Il existe des problèmes encore plus graves et plus immédiats pour tous les peuples du monde : les changements climatiques, peut-être le pire et le plus urgent de nos jours.

Chaque État devra, d’ici au 18 décembre, adopter une décision. L’illustre prix Nobel de la paix, Barack Obama, devra de nouveau se positionner sur cette question épineuse.

Puisqu’il a accepté la responsabilité de recevoir ce Prix, il devra bien faire sienne la requête morale qu’a soulevée Michael Moore quand il a appris la nouvelle : « Eh bien, maintenant, gagnez-le donc ! » Le peut-il donc ?, me demandé-je. Alors que les milieux scientifiques à l’unanimité exigent de réduire les émissions de dioxyde de carbone d’au moins 30 p. 100 par rapport à 1990, l’administration étasunienne offre de ne les réduire que de 17 p. 100 par rapport à ses niveaux de 2005, soit à peine 5 p. 100 du minimum exigé pour 2020 par tous les scientifiques à tous les habitants de la planète. Les États-Unis consomment deux fois plus par habitant que l’Europe et dépassent les émissions de la Chine, un pays qui compte pourtant 1 338 000 000 d’habitants. Un membre de la société la plus surconsommatrice au monde émet des dizaines de fois plus de CO2 par habitant que le citoyen d’un pays pauvre du Tiers-monde.

D’ici à trente ans, les non moins de neuf milliards d’êtres humains qui peupleront la planète auront besoin que les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère soient réduites d’au moins 80 p. 100 par rapport à 1990. Toujours plus de dirigeants de pays riches le comprennent avec amertume ; en revanche, les hiérarques qui dirigent le pays le plus puissant et le plus riche de la planète, les États-Unis, se consolent en affirmant que ces prévisions sont de simples inventions des scientifiques. On sait d’ores et déjà que la conférence de Copenhague décidera tout au plus de poursuivre les discussions pour mettre d’accord plus de deux cents États et institutions qui devront assumer des engagements, dont un extrêmement important : lesquels parmi les pays riches contribueront et avec combien de ressources au développement et aux économies d’énergie des pays les plus pauvres ? Faut-il donner carte blanche à l’hypocrisie et au mensonge ?

Fidel Castro Ruz

Le 29 novembre 2009

19 h 15

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Le président vénézuélien souligne les récentes réflexions de Fidel

Le président vénézuélien Hugo Chavez a relevé l’importance des récentes réflexions du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, intitulées La Révolution bolivarienne et la paix. Chavez est intervenu à l’atelier préparatoire du 1er Congrès extraordinaire du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), devant les 772 délégués qui prendront part au prochain rendez-vous de cette formation politique.

Au Théâtre municipal de Caracas, avec son éloquence habituelle, le leader bolivarien a donné lecture d’un document dans lequel Fidel Castro, entre autres aspects, réfute les accusations calomnieuses des Etats-Unis, selon lesquelles Chavez préparerait une guerre contre la Colombie voisine. Fidel précise que les forces paramilitaires colombiennes sont «la première troupe de choc» des USA contre la patrie de Simon Bolivar.

Visiblement ému, le chef d’Etat bolivarien a ensuite entonné les hymnes du PSUV, de son pays et de Cuba, en témoignage de l’amitié et des liens fraternels profonds existant entre les deux processus révolutionnaires, dont les pays sont membres fondateurs de l’Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique (ALBA).

Une dépêche de l’agence Prensa Latina signale par ailleurs que Chavez a décidé de prolonger jusqu’à mars 2010 le 1er Congrès extraordinaire du PSUV, initialement prévu du 21 novembre au 13 décembre.

«Le Congrès extraordinaire siègera à partir du prochain samedi 21 à 17h, où nous commencerons les délibérations. Il y aura une pause à Noël, et nous poursuivrons les travaux en janvier, février et mars», a dit le chef d’Etat.

Le président a exhorté les délégués à descendre dans les rues, à se rendre dans les quartiers, dans les usines, où se trouvent les délégations de base du PSUV, afin d’instaurer un grand débat.

De l’avis de Hugo Chavez, le Congrès doit se pencher sur les grands et les petits événements qui se déroulent à l’instant même dans le monde et sur le continent américain. «Il doit examiner très spécialement la menace qui plane aujourd’hui sur le Venezuela», a-t-il précisé.

A cet égard, le président vénézuélien a réitéré son appel à la défense du pays dans ce nouveau contexte, marqué par l’installation de sept bases militaires US en Colombie. (SE)

source : granma

Base de données de toutes les réflexions et discours de Fidel Castro

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Réflexions du compañero Fidel : LA RÉVOLUTION BOLIVARIENNE ET LA PAIX

Je connais bien Chávez. Personne ne serait plus réticent que lui à faire couler le sang entre Vénézuéliens et Colombiens, deux peuples frères, autant que pourraient l’être les Cubains vivant à l’Est, au Centre ou à l’Ouest de notre île. Je ne trouve pas une meilleure manière d’exprimer la fraternité régnant entre les Vénézuéliens et les Colombiens.

L’accusation calomnieuse des  Yankees selon laquelle Chávez prépare la guerre contre la Colombie voisine a poussé un organe de presse colombien influent à publier dimanche dernier, 15 novembre, sous le titre de « Les tambours de la guerre », un éditorial méprisant et injurieux contre le président vénézuélien, et où l’on peut lire, entre autres, que « la Colombie doit prendre tout à fait au sérieux ce qui constitue la plus grave menace à sa sécurité en plus de soixante-dix ans, car elle provient d’un président qui a reçu en plus une formation militaire… »

« La raison en est que les possibilités d’une provocation sont de plus en plus grandes, et elles peuvent aller d’un incident frontalier à une attaque contre des installations civiles ou militaires colombiennes. »

Puis l’éditorial envisage comme « très probable qu’Hugo Chávez intensifie ses attaques contre les « émaciés » – sobriquet qu’il donne à ses opposants – et tente d’expulser du pouvoir municipal ou régional ceux qui le contredisent. Il l’a déjà fait avec le maire de Caracas… et il veut maintenant le tenter avec les gouverneurs des États frontaliers avec la Colombie qui refusent de se soumettre à sa férule… Un heurt avec des forces colombiennes ou l’accusation que des paramilitaires planifient des actions en territoire vénézuélien peut fournir l’excuse dont a besoin le régime chaviste pour suspendre les garanties constitutionnelles. »

Ces explications ne servent qu’à justifier les plans agressifs des États-Unis et la vile trahison à leur patrie de l’oligarchie et de la contre-révolution vénézuéliennes.

Alors que cet éditorial voyait le jour, le dirigeant bolivarien jugeait dans sa chronique hebdomadaire (« Les lignes de Chávez ») le fait que la Colombie,  dont les frontières avec le Venezuela s’étendent sur 2 050 kilomètres, ait impudiquement concédé sept bases militaires aux USA.

Le président de la République bolivarienne explique sa position avec courage et lucidité.

« … je l’ai dit vendredi au meeting pour la paix et contre les bases militaires étasuniennes en Colombie : je suis obligé de vous appeler toutes et tous à vous préparer à défendre la patrie de Bolívar, la patrie de nos fils. Si je ne le faisais pas, je commettrais un acte de haute trahison… Notre patrie est aujourd’hui libre et nous la défendrons au prix de notre vie. Le Venezuela ne sera plus jamais la colonie de qui que ce soit ; il ne pliera plus jamais le genou devant un envahisseur ou un Empire… Les gouvernements latino-américains ne peuvent pas ne pas réagir face au problème gravissime et capital qui a lieu en Colombie. »

Il avance des idées importantes : « …tout l’arsenal de guerre gringo envisagé dans l’accord répond au concept d’opérations extraterritoriales… convertit le territoire colombien en une gigantesque enclave militaire yankee… la pire menace à la paix et à la sécurité de la région sud-américaine et de toute Notre Amérique. »

« L’accord… interdit à la Colombie d’offrir à qui que ce soit des garanties de sécurité et de respect, même pas aux Colombiennes et aux Colombiens. Car un pays qui a cessé d’être souverain et qui est un instrument du « nouveau colonialisme » qu’avait entrevu notre Libertador ne peut pas en offrir. »

Chávez est un vrai révolutionnaire, un penseur profond, sincère, courageux, un travailleur inlassable. Il n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’Etat. Il s’est soulevé contre la répression et les massacres commis par les gouvernements néolibéraux qui bradèrent les énormes ressources naturelles du pays aux États-Unis. Il a fait de la prison, il a mûri et développé ses idées. Il n’est pas arrivé au pouvoir par les armes malgré son passé militaire.

Il a le grand mérite d’avoir frayé la voie difficile à une profonde révolution sociale, dans le cadre de la démocratie dite représentative et en respectant absolument la liberté d’expression, alors pourtant que les plus puissants médias étaient et sont toujours aux mains de l’oligarchie et au service de l’Empire.

En onze ans à peine, le Venezuela a fait les plus grands progrès éducationnels et sociaux au monde, malgré le coup d’État et les plans de déstabilisation et de discrédit ourdis par les USA.

L’Empire n’a pas décrété un blocus économique contre le Venezuela – comme il l’a fait pour Cuba – après l’échec de ses attaques perfectionnées contre le peuple vénézuélien, parce qu’il se serait imposé à lui-même un blocus énergétique, compte tenu de sa dépendance envers l’étranger dans ce domaine, mais il n’a pas renoncé pour autant à son objectif de liquider la révolution bolivarienne qui aide généreusement en ressources pétrolières les pays caribéens et centraméricains, qui a de larges relations d’échanges avec l’Amérique du Sud, la Chine, la Russie et de nombreux États d’Asie, d’Afrique et d’Europe, qui jouit de sympathies dans de vastes secteurs de tous les continents. L’Empire souffre en particulier de ses relations avec Cuba à laquelle il a imposé un blocus criminel qui remonte à cinquante ans. La Venezuela de Bolívar et Cuba de Martí promeuvent à travers l’ALBA de nouvelles formes de relations et d’échanges sur des bases rationnelles et justes.

La Révolution bolivarienne a été spécialement généreuse envers les pays caribéens à des moments de crise énergétique extrêmement graves.

À cette nouvelle étape que nous traversons, la Révolution vénézuélienne se heurte à des problèmes absolument nouveaux qui n’existaient pas quand, voilà exactement cinquante ans, notre Révolution a triomphé à Cuba.

Le trafic de drogues, la criminalité organisée, la violence sociale et le paramilitarisme existaient à peine. Les États-Unis ne s’étaient pas encore convertis en cet énorme marché des drogues que le capitalisme et la société de consommation y ont créé. Combattre le transit de drogues et empêcher leur entrée, et donc leur production et leur consommation, n’a pas été un gros problème pour la Révolution cubaine.

En revanche, ces fléaux signifient pour le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud une tragédie croissante qu’ils sont loin d’avoir surmontée. A l’échange inégal, au protectionnisme et au pillage de leurs ressources naturelles, se sont ajoutés le trafic de drogues et la violence de la criminalité organisée  que le sous-développement, la pauvreté, le chômage et le gigantesque marché de drogues étasunien ont engendrés dans les sociétés latino-américaines. L’incapacité du riche Empire à empêcher le trafic et la consommation de drogues a fait surgir dans de nombreuses parties de l’Amérique latine des plantations de cette herbe dont la valeur en tant que matière première de drogues dépasse largement celle des produits agricoles, créant par là de très graves problèmes sociaux et politiques.

Les paramilitaires colombiens constituent aujourd’hui la première troupe de choc de l’impérialisme pour combattre la Révolution bolivarienne.

Militaire, Chávez sait pertinemment que la lutte contre le trafic de drogues constitue un vulgaire prétexte par lequel les USA justifient un accord militaire qui répond entièrement à leur conception stratégique de l’après-guerre froide : étendre leur domination sur le monde.

Les bases aériennes, les moyens, les droits d’opération et l’immunité totale octroyés par la Colombie aux militaires et aux civils yankees sur son territoire n’ont rien à voir avec le combat contre la culture, la production et le trafic de drogues, qui sont devenus un problème mondial, puisqu’ils s’étendent non seulement en Amérique du Sud, mais qu’ils commencent aussi à gagner l’Afrique et d’autres régions. La drogue règne aujourd’hui en Afghanistan, malgré la présence massive des troupes yankees.

La drogue ne saurait être un prétexte pour établir des bases, envahir des pays et apporter la violence, la guerre et le pillage aux pays du Tiers-monde. C’est le pire environnement possible pour semer des vertus citoyennes et apporter l’éducation, la santé et le développement aux peuples.

Ils se trompent, ceux qui croient qu’en divisant les Colombiens et les Vénézuéliens, ils feront triompher leurs plans contre-révolutionnaires. Nombre des meilleurs et des plus modestes travailleurs au Venezuela sont des Colombiens, et la Révolution leur a apporté à eux-mêmes et à leurs êtres chers l’éducation, la santé, l’emploi, les droits citoyens et d’autres bienfaits. Les Vénézuéliens et les Colombiens défendront ensemble la grande patrie du Libertador d’Amérique ; ils se battront ensemble pour la liberté et la paix.

Les milliers de médecins, d’éducateurs et d’autres coopérants cubains qui font leur devoir internationaliste au Venezuela seront à leurs côtés !

Fidel Castro Ruz

Le 18 novembre 2009

14 h 23

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Réflexions du compañero Fidel : DE LA SCIENCE-FICTION

Que je regrette de devoir critiquer Obama, alors que je sais qu’il y a d’autres possibles présidents de son pays pires que lui ! Je comprends qu’occuper ce poste aujourd’hui aux USA n’est pas une panacée. Rien ne l’explique mieux peut-être que l’information donnée hier dans le journal Granma : 237 législateurs du Congrès sont millionnaires, soit 44 p. 100. S’il est vrai que ça ne veut pas dire pour autant que chacun d’eux est forcément un réactionnaire invétéré, il n’en reste pas moins qu’il est bien difficile qu’il pense comme n’importe lequel des nombreux millions d’Étasuniens qui n’ont pas d’assurance-maladie, qui sont au chômage ou qui doivent travailler dur pour gagner leur vie.

Obama, bien entendu, n’est pas un indigent ; il possède des millions de dollars. Il était un professionnel distingué, et nul ne conteste sa maîtrise de la langue, son éloquence et son intelligence. Bien qu’Afro-Américain, il est le premier président noir élu dans une société raciste qui souffre une profonde crise économique qu’elle a elle-même provoquée à l’échelle internationale.

Il ne s’agit pas d’être anti-étasunien ou pas, comme le système et ses médias colossaux prétendent qualifier leurs adversaires.

Le peuple étasunien n’est pas coupable, mais bel et bien victime d’un système insoutenable et, pis encore, d’ores et déjà incompatible avec la vie de l’humanité.

L’Obama intelligent et rebelle qui a souffert l’humiliation et le racisme durant son enfance et sa jeunesse le comprend, mais l’Obama élevé dans le sérail et compromis avec le système et les méthodes qui l’ont conduit à la présidence des États-Unis ne peut résister à la tentation d’exercer des pressions, de menacer, voire de tromper les autres.

Il est obsédé par son travail. Aucun autre président des USA ne serait peut-être capable de se lancer dans un programme aussi intense que celui qu’il se propose de réaliser dans les huit prochains jours.

Selon ce programme, il se rendra en Alaska où il s’adressera aux troupes qui y sont cantonnées, au Japon, à Singapour, en République populaire de Chine et en Corée du Sud ; il participera au Forum de coopération économique Asie-Pacifique et à la réunion de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ; il soutiendra des conversations avec le Premier ministre japonais et avec l’empereur Akihito sur la Terre du soleil levant, avec les présidents indonésien, Susilo Bambang, russe, Dmitri Medvédev, et chinois, Hu Jintao ; il prononcera des allocutions et donnera des conférences de presse ;  il portera son mallette nucléaire dont j’espère qu’il n’aura pas besoin de faire usage durant sa tournée accélérée.

Son conseiller à la sécurité a fait savoir qu’il discutera avec le président russe la renégociation du traité START-1, qui vient à terme le 5 décembre 2009. Quelques réductions de leur énorme arsenal nucléaire, sans importance pour l’économie et la paix mondiale, en sortiront sans aucun doute.

De quoi pense traiter notre illustre ami durant cette intense tournée ? La Maison-Blanche l’annonce solennellement : les changements climatiques, la relance économique, le désarmement nucléaire, la guerre en Afghanistan, les risques de guerre avec l’Iran et la République populaire démocratique de Corée. De quoi écrire un roman de science-fiction !

En effet, comment donc Obama va-t-il résoudre les problèmes climatiques alors que son pays a, aux réunions préparatoire du Sommet de Copenhague sur les émissions de gaz à effet de serre, soutenu la pire position parmi tous les pays industriels et riches, aussi bien à Bangkok qu’à Barcelone, justement parce qu’il n’a pas souscrit le Protocole de Kyoto et que son oligarchie n’est pas disposée à coopérer pour de bon ?

Comment va-t-il contribuer à la solution des graves problèmes économiques qui touchent une grande partie de l’humanité alors que la dette totale de son pays – à savoir celle du gouvernement, des États, des administrations locales, des entreprises et des familles – se montait fin 2008 à 57 billions de dollars, soit plus de 400 p. 100 de son PIB et que le déficit fiscal s’est élevé à presque 13 p. 100 du PIB durant l’exercice fiscal 2009, un chiffre qu’Obama connaît forcément.

Que peut-il donc offrir à Hu Jintao alors qu’il a mené un politique carrément protectionniste pour frapper les exportations chinoises, qu’il exige sans cesse que le gouvernement chinois réévalue le yuan, ce qui léserait les importations croissantes de produits chinois par le Tiers-monde ?

Le théologien brésilien Leonardo Boff ― qui n’est pas un disciple de Karl Marx, mais un catholique honnête, de ceux qui ne sont pas disposés à coopérer avec l’impérialisme en Amérique latine – vient d’affirmer : « …nous risquons de nous détruire et de dévaster la diversité de la vie » ; « …quasiment la moitié de l’humanité vit en-dessous du seuil de pauvreté. Les 20 p. 100 les plus riches consomment 82,49 p. 100 de toutes les richesses de la Terre, tandis que les 20 p. 100 les plus pauvres ne se soutiennent qu’avec un minuscule 1.6 p. 100. » Il cite la FAO qui avertit : « De 150 à 200 millions de personnes seront des réfugiés climatiques dans les prochaines années. » Et Boff ajoute de son côté : « L’humanité consomme aujourd’hui 30 p. 100 de plus que les capacités de remplacement… La Terre est en train de donner de signes sans équivoque qu’elle n’en peut plus. »

Ce qu’affirme Boff est vrai, mais Obama et le Congrès étasunien font la sourde oreille.

Qu’est-il en train de nous laisser sur le continent ? Le problème honteux de Honduras et l’annexion de la Colombie, où il installera sept bases militaires. Les USA ont établi une base militaire à Cuba voilà plus de cent ans et ils l’occupent toujours de force, et ils ont même ouvert un centre de tortures horrible connu dans le monde entier qu’Obama n’a toujours pas pu fermer.

Je suis d’avis qu’avant la fin du mandat d’Obama, il y aura en Amérique latine de six à huit gouvernements de droite qui seront des alliés de l’Empire. Le secteur le plus de droite aux USA s’efforcera bientôt de limiter le mandat d’Obama à seulement quatre ans. Un Nixon, un Bush ou quelqu’un de l’acabit de Cheney sera de nouveau président. On se rendra compte alors très clairement de la signification de ces bases militaires absolument injustifiables qui menacent aujourd’hui tous les peuples sud-américains sous prétexte de combattre le trafic de drogues, un problème qui découle justement du fait que des dizaines de milliards de dollars sont injectés depuis les USA au profit de la criminalité organisée et de la production de drogues en Amérique latine.

Cuba a prouvé que pour combattre les drogues, la justice et le développement suffisaient. Dans notre pays, le taux de crime pour cent mille habitants est l’un des plus bas au monde. Aucun autre pays du continent ne peut faire état de taux de violence aussi faibles. Et l’on sait que, malgré le blocus, aucun autre ne possède des niveaux d’éducation aussi élevés.

Les peuples latino-américains sauront résister aux coups de boutoir de l’Empire !

Le voyage d’Obama ressemble à de la science-fiction.

Fidel Castro Ruz

Le 11 novembre 2009

19 h 16

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