Des nouvelles révélations des plans subversifs des Etats-Unis contre Cuba

Des nouvelles tentatives de subversion des Etats-Unis contre Cuba, ont été révélées lundi soir dans le nouveau chapitre « Vérités et Principes » de la série télévisée « Les Raisons de Cuba ». Les nouvelles révélations ont mis à nu les plans nord-américaines de constituer, à l’intérieur de l’Île, un système de réseaux destiné à la réception et à la transmission des données codées.

S’appuyant sur des informations déclassifiées, le documentaire émis par la Télévision Cubaine, a dénoncé les tentatives continues de Washington, depuis les années 80 et jusqu’à l’actualité, de déstabiliser la nation caribéenne.

Les nouveaux plans anti-cubains centrent ses efforts dans l’introduction et l’usage des nouvelles technologies dans l’Île, dont la radio, la télévision et plus récemment l’Internet et les antennes paraboliques, a révélé le matériel.

La directrice du département d’Amérique du Nord du ministère des Relations Extérieures, Josefina Vidal, a affirmé que le gouvernement étasunien s’est efforcé de donner un aspect légal au travail subversif dans l’Île après la mise en question de sa politique de Guerre sale.

Vidal a ajouté que plusieurs administrations du pays nord-américain, dont le gouvernement actuel de Barack Obama, ont destiné des grandes sommes d’argent à l’activité contre-révolutionnaire et anti-cubaine.

Elle a également souligné que le président des Etats-Unis a approuvé un budget de 40 millions de dollars pour continuer à financer les projets de subversion planifiés par son prédécesseur républicain, George W. Bush

L’ingénieur en télécommunications, Dalexis González, agent Raúl pour les organes de la Sécurité de l’État cubain, a expliqué que son travail avec les spécialistes en sécurité informatique embauchés par l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA), consistait à développer un système de réseaux digitales destinés à l’échange des données codées.

Il a précisé que sous prétexte de faciliter le flux d’information dans le pays, ils essayaient de déstabiliser le projet social cubain ainsi que de masquer les actes d’espionnage et truquer la réalité cubaine.

Le prochain chapitre, intitulé « Des mensonges bien payées », de la série « Les raison de Cuba » continuera de dénoncer les attaques que, depuis plus de cinquante années, le gouvernement des Etats-Unis organise contre La Havane.

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE VU DU DEDANS (IV)

« CHAPITRES 20 et 21

« On continue d’évaluer les options relative à la guerre en Afghanistan. On identifie trois priorités en fonction des efforts civils : l’agriculture, l’éducation et la réduction des plantations de pavot. Si on atteignait ces objectifs, il serait possible de saper l’appui aux talibans.

« La grande question reste : que peut-on faire en un an ?

« Petraeus dit avoir rédigé un manuel intitulé Leçons sur la réconciliation, au sujet de ses expériences en Iraq dont Mullen n’a pas connaissance.

« Selon les sondages publics, deux Étasuniens sur trois pensent que le président n’a pas de plan bien défini pour l’Afghanistan. Même parmi la population, les avis sont partagés quant à la façon d’agir.

« Axelrod respire profond. Le public ne fait de distinguo entre les talibans et Al Qaeda. Ça peut faire partie du problème.

« Seul 45 p. 100 de la population approuve la manière dont Obama gère la question de la guerre (il a perdu dix points en un mois, quinze points depuis août et dix-huit par rapport à son record de popularité), ce qui s’explique par la perte de l’appui des républicains.

« Axelrod n’est pas inquiet : à la fin, c’est lui ou tout le monde qui expliquera clairement quelle est la décision, afin que les gens puissent comprendre ce qu’on fait et pourquoi.

« Panetta déclare qu’aucun président démocrate ne peut s’opposer aux recommandations des militaires, surtout s’il les a réclamées. Il recommande donc de faire ce qu’ils disent. Il a affirmé à d’autres fonctionnaires de la Maison-Blanche que la décision aurait dû être adoptée en une semaine, mais qu’Obama ne lui a jamais demandé et qu’il n’a jamais exprimé de lui-même son avis au président.

« L’ancien vice-président Dick Cheney a affirmé publiquement que les USA ne doivent pas hésiter quand leurs forces armées sont en danger.

« Obama souhaite prendre une décision avant sa tournée en Asie. Il dit qu’on ne lui a pas encore présenté deux options, qui étaient les 40 000 soldats ou rien. Il veut disposer d’une nouvelle option cette semaine. Il possède un mémo de deux feuillets que lui a fait parvenir son directeur du budget, Peter Orszag, au sujet des coûts estimés de la guerre en Afghanistan. Si l’on suit la stratégie recommandée par McChrystal, le coût pour les dix prochaines années serait de 889 milliards de dollars, presque 1 billion.

«  »Ce n’est pas ce que je cherche – dit Obama. Je ne vais pas prolonger cette guerre pendant dix ans ; je ne vais pas me lancer dans la construction d’une nation à long terme. Je ne vais pas dépenser un billion de dollars. Je leur ai mis la pression à cet égard. Ça ne va pas dans le sens de l’intérêt national. Oui, il faut internationaliser cette situation. C’est une des grandes failles du plan qu’on m’a présenté. »

« Gates appuie la demande de troupes de McChrystal, mais il faut retenir pour le moment la IVe brigade.

« Obama affirme : « Peut-être n’avons-nous pas besoin de la IVe brigade, ni des 400 000 effectifs des forces de sécurité afghanes que McChrystal se propose d’entraîner. Nous pourrions aspirer à une croissance plus modérée de cette force. Nous pourrions accroître les effectifs pour contrecarrer l’essor ennemi, mais sans nous engager dans une stratégie à long terme. »

« Selon Hillary, il faut donner à McChrystal ce qu’il réclame, mais il faut attendre avant de dépêcher la IVe brigade.

« Obama demande à Gates : « Tu as vraiment besoin de 40 000 soldats pour contrecarrer l’essor des talibans ? Que se passerait-il si nous n’en dépêchions que de 15 000 à 20 000 ? Pourquoi cette quantité de troupes ne serait-elle pas suffisante ?  » Il réitère qu’il n’est pas d’accord pour dépenser un billion de dollars ni pour s’engager dans une stratégie contre-insurrectionnelle qui se prolongerait dix ans. « Je veux une stratégie de désengagement », ajoute le président.

« Tout le monde se rend compte qu’en soutenant McChrystal, Hillary fait chorus avec les  militaires et le secrétaire à la Défense, limitant ainsi la marge de manœuvre du président : elle réduit ses possibilités d’aspirer à une quantité sensiblement moindre de troupes ou à une politique plus modérée.

« C’est un moment décisif dans les relations d’Hillary avec la Maison-Blanche : peut-on lui faire confiance ? Pourra-t-elle appartenir vraiment un jour à l’équipe d’Obama ? En a-t-elle fait vraiment partie à un moment donné ? Gates pense qu’elle a exprimé ses propres convictions.

« Très vite, ceux qui ont des idées similaires se regroupent. Biden, Blinken, Donilon, Lute, Brennan et McDonough forment un puissant groupe, proche d’Obama en bien des sens, et faisant contrepoids au front uni constitué de Gates, de Mullen, de Petraeus, de  McChrystal et maintenant de Clinton.

« CHAPITRES 22 et 23

« Obama convoque les chefs de l’État-major à la Maison-Blanche. Depuis deux mois, les militaires en uniforme insistent pour qu’on dépêche 40 000 soldats, mais les chefs des services individuels n’ont pas été encore consultés. Ce sont les chefs de l’armée, de la marine, de l’infanterie de marine et des forces de l’air qui recrutent, entraînent, équipent et dotent les troupes pour des commandants comme Petraeus et leurs subordonnés sur le terrain comme McChrystal.  Ces deux derniers n’assistent pas à la réunion parce qu’ils sont en Afghanistan.

« Obama demande qu’on lui propose trois options.

« Le général James Conway, commandant des marines, affirme que les combattants sont allergiques aux missions prolongés qui s’étendent au-delà de la défaite de l’ennemi. Il recommande au président de ne pas se lancer dans une opération à long terme visant à la construction d’une nation.

« Selon le général George Casey, chef d’état-major de l’armée, le retrait programmé d’Iraq permettrait à l’armée de disposer des 40 000 soldats pour l’Afghanistan, mais il est sceptique quant à l’engagement de troupes nombreuses dans ces guerres-là. Pour lui, l’essentiel est une transition rapide, mais le plan des  40 000 est un risque général acceptable pour l’armée.

« Le chef des opérations navales et le chef des forces de l’air n’ont pas grand-chose à dire, car, quelle que soit la décision au sujet de l’Afghanistan, l’impact sur leurs forces serait minime.

« Finalement, Mullen présente trois choix au président : 1) 85 000 soldats. C’est un chiffre impossible. Tout le monde sait qu’on ne dispose pas de tant; 2) 40 000 soldats; 3) De 30 000 à 35 000 soldats.

« L’option hybride est 20 000 effectifs ou deux brigades pour disperser les talibans et entraîner les troupes afghanes.

« CHAPITRE 24 et 25

« Obama propose au président pakistanais une escalade contre les groupes terroristes opérant depuis ce pays.

« Le directeur de la CIA espère être soutenu à fond par le Pakistan, car Al Qaeda et ses partisans sont des ennemis communs. Il s’agit, ajoute-t-il, de la survie même du Pakistan.

« Obama se rend compte que le facteur clef pour maintenir l’unité de l’équipe de sécurité nationale est Gates.

« À son retour d’Asie, Obama convoque une réunion de son équipe de sécurité nationale à laquelle il promet de prendre une décision finale dans deux jours. Il se dit d’accord avec les objectifs les moins ambitieux et les plus réalistes, qui doivent être atteints dans des délais inférieurs à ceux que le Pentagone a recommandés au départ. La quantité de troupes, ajoute-t-il, commencera à diminuer à compter de juillet 2011, autrement dit le délai suggéré par Gates à la dernière séance.

«  »Inutile de chercher la perfection : nous n’atteindrons jamais le chiffre de 400 000 avant d’avoir commencé à réduire les troupes. « 

« Hillary semble presque vouloir bondir de sa chaise pour prendre la parole, mais Jones a déjà distribué le tour de parole, et la secrétaire d’État doit écouter d’abord les commentaires de Biden.

« Biden a rédigé un mémo où il appuie le président, mais où il conteste les délais et les objectifs de la stratégie. Petraeus sent l’air se raréfier dans la salle.

«  Biden n’est pas sûr que le chiffre de  40 000 soldats soit admissible du point de vue politique, et il se pose beaucoup de questions sur la viabilité des différents éléments de la stratégie de contre-insurrection.

« Clinton peut enfin prendre la parole. Elle soutient à fond la stratégie. « Nous avons passé un an à attendre des élections et un nouveau gouvernement là-bas. La communauté internationale et Karzai savent quel serait le dénouement si nous n’élevons pas nos engagements. Ce que nous faisons pour l’instant ne va pas donner de résultats. Le plan n’est pas tout à fait ce que nous aurions voulu, mais nous ne le saurons pas si nous ne nous engageons pas. J’appuie cet effort. Il a un coût énorme, mais si nous le consentons sans désirs, nous n’allons rien atteindre.  » Ses mots sont une version d’une phrase qui était très courante chez elle quand elle était la Première Dame de la Maison-Blanche et qu’elle utilise encore régulièrement : « Donne le change jusqu’à ce que tu obtiennes ce que tu veux. »

“ Gates propose d’attendre jusqu’en décembre 2010 pour évaluer l’ensemble de la situation. Selon lui, juillet est encore très tôt.

« Mullen, par vidéoconférence depuis Genève, appuie le plan et affirme qu’il faut dépêcher des troupes le plus vite possible. Il est sûr que la stratégie de contre-insurrection donnera des résultats.

« Constatant qu’un bloc se dessine en faveur de l’envoi des 40 000 soldats, le président intervient : « Je ne veux pas me retrouver dans six mois en train de discuter dans cette salle de l’envoi de 40 000 soldats supplémentaires. »

«  »Nous n’en demanderons pas 40 000 de plus », affirme Mullen.

« Petraeus appuie la décision du président, quelle qu’elle soit. Après avoir donné son appui inconditionnel, il affirme que du point de vue militaire on ne pourra pas atteindre les objectifs visés avec moins de 40 000 soldats.

« “Pour Peter Orszag, il faudra probablement demander au Congrès un financement supplémentaire.

« Holbrooke est d’accord avec Hillary.

“Pour Brennan, le programme antiterroriste se poursuivra quelle que soit la décision prise.

« Emmanuel signale qu’il sera difficile de demander un financement additionnel au Congrès.

« Cartwright est  favorable à l’option hybride des 20 000 soldats.

« Le président tente de résumer : « Au bout de deux ans, la situation est toujours ambiguë. » Il remercie chacun et annonce qu’il travaillera là-dessus durant le week-end afin de prendre une décision définitive au début de la semaine prochaine.

« Le mercredi 25 novembre, Obama se réunit dans le Salon ovale avec Jones, Donilon, McDonough et Rhodes.  Il penche pour l’envoi de 30 000 soldats, mais sa décision n’est pas définitive.

«  »Il faut que ce soit un plan permettant de céder le commandement et de partir d’Afghanistan. Tout ce que nous ferons doit être axé sur la façon dont nous allons réduire notre présence là-bas. Cela fait partie de notre intérêt de sécurité nationale. Il faut qu’il soit clair que c’est cela que nous faisons. Le peuple étasunien ne comprend rien au nombre de brigades, il parle de quantité de soldats. Et j’ai décidé que ce sera 30 000. »

« Obama semble maintenant plus sûr de la quantité d’effectifs.

«  »Nous devons faire comprendre au peuple que le cancer est au Pakistan. Si nous opérons en Afghanistan, c’est pour que le cancer ne s’y étende pas. Et nous devons aussi extirper le cancer au Pakistan. »

« Il semble que le chiffre de 30 000 soit inamovible. Obama commente que, du point de vue politique, il est plus facile pour lui de dire non aux 30 000, car il pourrait alors se consacrer à son ordre du jour national, dont il veut qu’il soit l’axe de son mandat comme président. Mais les militaires ne le comprennent pas.

«  »Politiquement, il serait plus facile pour moi de faire un discours et de dire que le peuple étasunien en a marre de la guerre, et que nous allons dépêcher seulement 10 000 conseillers, car c’est la façon dont nous allons pouvoir nous en sortir. Mais les militaires se fâcheraient. »

« Il est évident qu’une bonne partie d’Obama veut justement prononcer ce discours. Il semble qu’il est en train de le répéter.

« Donilon dit que Gates démissionnera si on n’envoie que 10 000 conseillers.

«  »Ce sera difficile – dit Obama – parce qu’il n’existe pas dans mon équipe de sécurité nationale quelqu’un d’aussi fort que lui. »

« Le président est décidé à annoncer les 30 000, pour pouvoir maintenir l’unité de la famille.

« CHAPITRES 26 et 27

« Le 27 novembre, Obama invite de nouveau Colin Powell dans son bureau pour un entretien privé. Le président dit qu’il se débat entre plusieurs points de vue différents. Les militaires font bloc pour appuyer McChrystal et sa demande de 40 000 soldats, tandis que ses conseillers politiques sont très sceptiques. Il continue de réclamer de nouvelles approches, on continue de lui fournir les mêmes options.

« Powell lui dit : « Vous n’avez pas de raison de supporter ça. Vous êtes le commandant en chef. Ces gars travaillent pour vous. Le fait qu’ils adoptent à l’unanimité  des recommandations ne veut pas dire qu’elles soient correctes. Il y a plusieurs généraux, mais un seul commandant en chef. »

« Obama considère Powell comme un ami.

« Le lendemain du Jour d’action de grâce, Jones, Donilon, Emmanuel, McDonough, Lute et le colonel John Tien, ancien combattant d’Iraq, vont voir le président dans son bureau. Obama leur demande pourquoi ils se réunissent de nouveau avec lui pour traiter du même point. « Je pensais que tout avait fini mercredi », affirme-t-il.

« Donilon et Lute lui expliquent qu’il y a encore des questions du Pentagone sans réponse et qu’ils veulent savoir s’il accepte une augmentation de 10 p. 100 des effectifs, ce qui permettrait d’inclure des facilitateurs.

« Exaspéré, le président leur répond que non, seulement les 30 000, et il demande pourquoi cette réunion après que tout le monde a été d’accord. Ils disent au président que tout n’est pas fini avec les militaires, qui veulent maintenant que les 30 000 soldats soient sur place en Afghanistan dès l’été.

« Il semble que le Pentagone rouvre de nouveau chaque point. Il conteste aussi la date de retrait des troupes (juillet 2011). Gates préfère que ce soit six mois après (fin 2011).

«  »J’en ai assez », dit Obama sans lever le ton. On dirait que tous les points vont de nouveau être discutés, négociés ou éclaircis. Obama leur dit qu’il est prêt à faire marche arrière et à accepter l’envoi de 10 000 conseiller. Et ce sera le chiffre définitif.

« C’est là une controverse entre le président et le système militaire. Donilon s’étonne de voir le pouvoir politique qu’exercent les militaires, mais il se rend compte que la Maison-Blanche doit être le coureur de fond dans cette compétition.

« Obama continue de travailler avec Donilon, Lute et les autres. Il entreprend de dicter ce qu’il veut, élaborant ce que Donilon appelle une « feuille de délais et de conditions » semblable au document légal qu’on utilise dans une transaction commerciale. Il décide que le concept stratégique de l’opération sera de « dégrader » les talibans, non de les démanteler, de les détruire ou de les vaincre. Il copie au papier calque les six missions militaires requises pour contrecarrer l’essor des talibans.

« Mais les civils au Pentagone et à l’État-major tentent d’étendre la stratégie.

«  »Vous ne pouvez pas faire ça au président », leur dit Donilon. « Ce n’est pas ça que veut le président. Il veut une mission plus réduite. » Mais la pression se maintient.

«  »Mets-leur des restrictions », lui ordonne Obama. Mais quand Donilon revient du Pentagone, il arrive avec des plus, et non avec des moins. L’une des recommandations est d’adresser un message à Al Qaeda. « Pas question « , dit le président quand il l’apprend.

« Donilon a l’impression de réécrire dix fois les mêmes ordres.

« Le Pentagone continue de réclamer des missions collatérales. Obama continue de dire non.

« Certains continuent maintenant d’appuyer la demande originale de McChrystal de 40 000 effectifs. Comme si personne ne leur avait dit que non.

«  »Non », dit Obama. Le chiffre définitif est 30 000, et la date de retrait des troupes est juillet 2011, qui sera aussi la date où l’on commencera à transférer aux troupes afghanes la responsabilité de la sécurité.

« Ses ordres sont tapés à la machine sur six feuillet à un espace. Il décide non seulement de faire un discours et de parler des 30 000, mais de rédiger une directive, que tout le monde devra lire et signer. C’est là le prix qu’il va exiger, la façon dont il prétend clore la controverse, du moins pour le moment. Mais, comme nous le savons tous maintenant, la controverse, à l’instar de la guerre, ne conclura pas probablement et la lutte continuera.

« Obama consacre le 28 novembre au Conseil de sécurité nationale, une réunion à laquelle participent Donilon y Lute.  L’analyse de la stratégie devient le centre de l’univers. Le président et eux tous sont bousculés par les militaires. Peu importe maintenant les questions que pose le président ou quelqu’un d’autre. Maintenant, la seule solution viable, ce sont les 40 000 soldats.

« Donilon se demande combien de ceux qui mettent la pression en faveur de cette option seront là pour voir les effets de cette stratégie en juillet 2011.

« Sa conclusion est qu’ils seraient tous partis, et que le seul à rester serait le président avec tout ce que ces types lui avaient vendu.

« Le débat se poursuit, chez lui et dans sa tête. Obama semble hésiter quant aux 30 000 soldats. Il demande son avis à son équipe. Clinton, Gates et Jones sont absents.

« Le colonel Tien dit ne pas savoir comment le président va pouvoir défier l’échelon militaire. « Si vous dites à McChrystal : ‘J’ai étudié votre évaluation, mais j’ai décidé autre chose’, il est probable que vous devrez le substituer. Vous ne pouvez pas lui dire : ‘Fais-le à ma manière, merci pour ton boulot’. Le colonel veut dire par là que McChrystal, Petraeus, Mullen, voire Gates, sont prêts à donner leur démission, ce qui est sans précédent parmi les hauts gradés.

« Obama sait que Brennan s’oppose à l’envoi d’un grand renfort de troupes.

« Obama a hérité d’une guerre avec un début, un milieu, mais sans fin claire.

« Lute pensé que Gates a trop de déférence envers les militaires en uniforme. Le secrétaire à la Défense est la première ligne de contrôle civil du président. S’il ne garantit pas ce contrôle, le président doit le faire. Lute pense que Gates ne rend pas un bon service au président.

« Le président téléphone à Biden pour l’informer que toute l’équipe de sécurité nationale se réunira dimanche au Salon ovale. Biden demande une réunion avec lui avant, mais Obama refuse. »

À suivre demain.

Fidel Castro Ruz

Le 13 octobre 2010

17 h 14

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE VU DU DEDANS (III)

« CHAPITRE 15

« L’amiral Mullen comparaît devant la commission sénatoriale des services armées afin d’être confirmé pour un second mandat de deux ans, deux jours après la première audience consacrée à la stratégie. L’amiral se réfère à la stratégie suggérée par McChrystal, ajoutant qu’elle  “signifiera probablement plus de troupes”.

« Quand Obama apprend ce témoignage, il fait savoir à son équipe qu’il est mécontent que Mullen soutienne publiquement la stratégie de McChrystal. L’amiral a déclaré que « la quantité et la complexité des talibans ont beaucoup augmenté », raison pour laquelle il soutient les efforts de contre-insurrection dotés des ressources adéquates. L’amiral ignore-t-il donc ce qu’Obama a dit voilà à peine deux jours. N’a-t-il pas dit à tous les présents, dont Mullen, qu’aucune option ne semblait adéquate, qu’ils devaient mettre en cause nos propres présomptions et qu’ils devaient débattre de ce point durant quatre ou cinq séances ? Comment le principal conseiller militaire du président  peut-il informer le public de ces conclusions préliminaires ?

« À la réunion du Conseil de sécurité nationale, il est évident que les membres les plus importants sont furieux de constater que les généraux et les amiraux ne cessent de se mettre en travers de la route du président.

« Emmanuel commente que les différends entre l’amiral et Petraeus ne sont pas corrects, que tout le monde a appuyé publiquement l’idée de dépêcher plus de troupes. Le président n’a même pas eu une occasion.

« Morrell est d’avis que Mullen aurait pu éviter cette controverse au Sénat en disant tout simplement qu’il était le principal conseiller militaire du président et du secrétaire à la Défense, et qu’il devait leur faire connaître d’abord ses recommandations en privé avant de les annoncer publiquement, et qu’il ne jugeait pas normal d’en faire part avant à la commission.

Morrell est d’avis que tout part de la nécessité compulsive de Mullen de communiquer, de renforcer sa prééminence et sa position. Il a une page sur Facebook, un compte sur Twitter, des vidéos sur YouTube et un site web appelé : « Les voyages avec Mullen : une conversation avec le pays ».

« Mullen, en sortant dans le hall, découvre qu’il fait l’objet d’une controverse enflammée.

« Emmanuel et Donilon lui demandent : Comment sommes-nous sensés affronter cette question ? Tu as dit ceci, et que devons-nous dire, nous ?

« Emmanuel ajoute que cette nouvelle va faire la une de tous les journaux télévisés du soir.

« Mullen est surpris. La Maison-Blanche savait d’avance ce qu’il allait dire, mais il n’a avancé aucun chiffre de troupes concret dans sa déclaration. Il a été aussi amorphe que possible. Mais il devait dire la vérité à son audience de confirmation, et la vérité est qu’il est d’accord avec la nécessité d’une opération contre-insurrectionnelle. « C’est ce que je pense », dit-il. Que pouvait-il faire d’autre ?

« Donilon se demande pourquoi Mullen a dû utiliser le mot « probablement » et pourquoi il n’a pas dit : « je ne sais pas ». Ça aurait mieux valu.

« The Washington Post titre le lendemain matin à la une : « Mullen : il faudra ‘problablement’ plus de troupes ».

« Obama convoque le général à la retraite Collin Powell à une réunion privée dans le salon ovale, le 16 septembre. Bien que républicain, Powell a fortement soutenu Obama durant sa campagne.

« Au sujet de l’Afghanistan, Powell commente qu’il ne s’agit pas d’une décision qu’on prend en une seule fois, que c’est une décision qui va avoir des conséquences pour une grande partie de son administration. Il lui recommande : « Monsieur le président, ne vous laissez pas mettre la pression par la gauche qui veut que vous ne fassiez rien. Ne vous laissez mettre la pression par la droite, qui veut que vous fassiez tout. Prenez votre temps et décidez vous-même. »

« Il lui recommande aussi de ne pas se laisser mettre la pression par les médias, de prendre son temps, de collecter toute l’information requise pour être sûr de ne pas regretter ensuite sa décision.

«  »Si vous décidez de dépêcher plus de troupes, ou si vous pensez que vous devez le faire, assurez-vous de bien comprendre ce qu’elles vont faire et tâchez d’être sûr que leur envoi sera couronné par le succès. Vous ne pouvez pas garantir le succès sur un théâtre d’opérations aussi complexe que l’Afghanistan, qui se complique toujours plus à cause du problème du Pakistan à côté. « 

«  »Vous devez garantir que la base de votre engagement sera solide, parce qu’elle est un peu fragile pour l’instant », affirme Powell, parlant de Karzai et de la corruption généralisée au sein de son gouvernement.

« Le président n’est pas complètement d’accord avec une opération de contre-insurrection, parce que  ça veut dire s’engager en Afghanistan pour une longue période de temps.

« Le président dit que quand McChrystal fera parvenir son évaluation, tout le monde devra de toute évidence se réunir afin de chanter ensuite à l’unisson.

« CHAPITRE 16

« Le 29 septembre, Jones convoque les principaux membres du Conseil de sécurité nationale pour un débat de deux heures, en guise de ballon d’essai pour la réunion du lendemain, sans le président.

« Quiconque verrait un vidéo de la réunion s’alarmerait assurément : après huit ans de guerre, on discute encore pour savoir quels sont les objectifs principaux.

« Biden a rédigé un mémorandum de six pages destiné uniquement au président, où il conteste le fait que les rapports de renseignement sur les talibans les présentent comme le nouveau Al Qaeda. Comme les talibans se battent contre les Étasuniens, il est devenu habituel que les Arabes, les Ouzbèkes, les Tadjiks et les Tchétchènes se rendent jusqu’en Afghanistan pour ce qu’ils appellent « l’été du yihad« .

« Biden estime que les chiffres sont exagérés et qu’il n’y a guère plus de 50 à 75 combattants étrangers chaque fois.

« Le mercredi 30 septembre, le président tient la seconde réunion pour analyser le problème de l’Afghanistan et du Pakistan. Le groupe cette fois-ci est plus nourri. Petraeus est présent.

« Le président demande : « Qui pense que nous devons nous retirer d’Afghanistan ? » Pas de réponse. Personne ne dit rien.

«  »Bien – dit le président – maintenant que nous pouvons écarter ce point, poursuivons. « 

« Obama tient à s’écarter de la question afghane pour le reste de la réunion.

«  »Commençons par ce qui nous intéresse vraiment, qui est le Pakistan, et non l’Afghanistan. De fait, si vous voulez, vous pouvez dire aux dirigeants pakistanais que nous ne partirons pas d’Afghanistan ».

« Obama fixe les règles du jeu pour le reste de la réunion. « Je veux vraiment me centrer sur les États-Unis. J’estime qu’il y a trois objectifs clefs : 1) Protéger les USA, leurs alliés et leurs intérêts à l’étranger ; 2) S’intéresser à la stabilité du Pakistan, du fait de son armement atomique. Et si je centre mon attention sur les USA, existe-t-il donc une différence entre les dangers émanant d’Al Qaeda et ceux provenant des talibans ? « 

« Lavoy et Petraeus interviennent.  MacChrystal  présente ce qu’il appelle « la voie » vers son évaluation initiale.

« Obama affirme : « Parfait, vous avez fait votre boulot, mais il y a trois nouveaux événements : les Pakistanais se portent mieux ; la situation afghane est bien plus sérieuse que nous le pensions, et les élections n’ont pas apporté l’inflexion que nous attendions, autrement dit un gouvernement plus légitime. »

« Biden est d’avis – ce que conteste le président – que le Pakistan évoluera de la même façon que le fera l’Afghanistan.

« Robert Gates propose de tenir compte des intérêts à l’étranger et des alliés.

« Vers la fin de la réunion, Hillary demande de quelle façon on utiliserait les troupes supplémentaires, où elles iraient, si elles feraient fonction de conseillers, et comment on appliquerait les leçons apprise en Iraq.

« À ce jour, les analyses de renseignement au plus haut niveau n’ont jamais abouti à une conclusion définitive au sujet d’une action en Afghanistan. Un Afghanistan complètement déstabilisé déstabiliserait tôt ou tard le Pakistan. La question qui se pose donc au président et à son équipe est la suivante : les États-Unis peuvent-ils assumer ce risque ?

« Gates se réunit avec l’ambassadeur pakistanais, Haqqani, pour lui faire parvenir un message explicite du président : nous ne nous retirons pas d’Afghanistan. Haqqani cite une longue liste de choses dont l’armée pakistanaise a besoin.  Le Congrès a voté en mai un fonds de 400 millions de dollars pour améliorer l’arsenal contre-insurrectionnel. Haqqani aborde la question des 1,6 milliards de dollars que les USA doivent à l’armée pakistanaise pour leur avoir permis de mener des opérations militaires le long de la frontière. Après le 11 septembre, les USA ont créé un compte de dépenses en faveur du Pakistan et d’autres pays, intitulé Fonds d’appui à la coalition, qui permet de rembourser aux alliés l’aide qu’ils prêtent.

« CHAPITRE 17

« Obama se réunit avec une trentaine de leaders bipartites du Congrès pour les actualiser au sujet de la révision de la stratégie.

« Plusieurs législateurs critiquent l’approche de Biden qui défend une offensive antiterroriste, l’interprétant comme une façon de réduire la présence des USA.

« Biden précise qu’il ne défend pas une politique qui impliquerait une opération réalisée uniquement par les troupes spéciales.

« Le président doit préciser que personne ne parle de partir d’Afghanistan.

« McCain affirme qu’il espère seulement qu’aucune décision ne sera prise à la légère et qu’il respecte le fait que c’était Obama qui doit la prendre en tant que commandant en chef.

« Obama lui répond : « Je vous assure que je ne prends aucune décision à la légère. Et vous avez tout à fait raison : c’est moi qui dois la prendre en tant que commandant en chef. »

« Obama poursuit : « Personne n’est aussi pressé que moi de prendre cette décision, et de la prendre correctement. « 

« Obama se réunit à nouveau à 15 h 30 avec son équipe pour analyser la situation au Pakistan.

« Le consensus au sein de la communauté du renseignement est que la situation afghane ne se réglera pas sans des relations stables entre l’Inde et le Pakistan.

« Mullen signale que les programmes de collaboration entre les armées étasunienne et pakistanaise avaient atteint presque deux milliards par an à titre d’équipements, d’entraînement et d’autres entreprises.

« Il est suggéré d’ouvrir de nouvelles installations au Pakistan pour infiltrer des sources d’information dans les tribus et inclure des conseillers militaires étasuniens dans les unités pakistanaises.

« Obama approuve toutes les actions sur le terrain. Il est inhabituel de recevoir un ordre immédiat du président, car jusqu’ici, durant les séances de travail, on a beaucoup parlé sans prendre de décisions.

« CHAPITRE 18

« C’est le 8 octobre que McChrystal a enfin l’occasion de présenter son choix en faveur d’une augmentation des troupes, mais uniquement devant les principaux membres (Obama est absent).

« Dans son exposé, accompagné de quatorze diapos, il affirme pour l’essentiel que les conditions en Afghanistan sont pires qu’on ne pensait et que seule une offensive contre-insurrectionnelle dotée de toutes les ressources requises peut y remédier.

« Jones dit qu’on n’a pas encore répondu à toutes les questions, et note sur son bloc-notes qu’il est impossible de matérialiser aucune stratégie pour l’Afghanistan qui ne tiendrais pas compte des sanctuaires au Pakistan.

« McChrystal propose trois choix : 1) De 10 000 à 11 000 soldats pour entraîner les forces de sécurité afghanes ; 2) 40 000 soldats pour protéger la population ; 3) 85 000 soldats dans ce même but.

« McChrystal précise que l’objectif n’est pas de vaincre les talibans, mais de les dégrader, autrement dit de les empêcher de reprendre le contrôle de parties clefs du pays.

« Hillary  demande s’il est possible de réaliser cette mission de dégradation avec moins de troupes, et le général répond non, et qu’il est partisan des 40 000 soldats.

« Le lendemain, Obama apprend qu’il a reçu le Prix Nobel de la paix.

« Cette même après-midi, à 14 h 30, le Conseil de sécurité nationale se réunit avec le président, qui commence par leur demander à tous de lui dire ce qu’il faut faire de la guerre.

« Lavoy commence par parler du Pakistan et de son obsession vis-à-vis de l’Inde, et dit que les Pakistanais émettent des réserves au sujet de l’engagement des Étasuniens.

« McChrystal dit que, sauf modification de la mission, il présentera les mêmes options.

« Eikenberry résume en dix minutes ses opinions plutôt pessimistes. Il est d’avis que la situation se dégrade et qu’il faut envoyer plus de ressources, mais que l’offensive contre-insurrectionnelle est très ambitieuse.

« Gates rappelle que tout le monde s’est raccroché à trois options seulement : 1) Contre-insurrection, autrement dit construction de la nation ; 2) Antiterrorisme, que beaucoup de gens envisagent comme des missiles lancés depuis un navire dans l’océan ; 3) Antiterrorisme +, autrement dit la stratégie présentée par le vice-président. Mais il est évident qu’il existe d’autres options. Il ajoute qu’il faut redéfinir l’objectif et que les USA tentent probablement d’atteindre plus qu’ils ne peuvent.

« Petraeus conclut : « Nous n’allons pas détruire les talibans, mais, pour les contenir, nous devons les empêcher d’accéder aux zones peuplées et aux lignes de communication clefs.

« Biden demande : « Combien de temps faut-il estimer pour que les choses aillent dans le bon sens ? Si on ne constate aucun progrès tangible dans un an, que faisons-nous ? »

« Personne ne répond.

« Biden insiste : « Si le gouvernement ne s’améliore pas et si vous recevez les troupes, quel en sera l’impact ? »

« Eikenberry répond que, même si les cinq dernières années n’ont pas été très prometteuses, on a fait de petits progrès qu’on peut capitaliser, mais qu’il ne faut pas attendre des avancées significatives dans les six à douze mois prochains.

«  CHAPITRE 19

« C’est au tour d’Hillary de prendre la parole à la réunion du 9 octobre. Selon elle, le dilemme est de décider de la priorité : plus de troupes ou un meilleur gouvernement ? Il faut plus de troupes pour éviter un effondrement, mais elles ne garantissent pas le progrès.

« Elle demande s’il est possible d’atteindre les objectifs en Afghanistan et au Pakistan sans avoir à dépêcher plus de troupes. Elle se répond à elle-même que la seule façon de faire que le gouvernement change est de dépêcher davantage de troupes, mais qu’il n’y a pourtant aucune garantie que ça donne des résultats.

« Elle ajoute que tous les choix sont difficiles et insatisfaisants : « Nous avons un intérêt de sécurité nationale à garantir que les talibans ne nous infligent pas une défaite. C’est pareil avec la destruction d’Al Qaeda, qui sera difficile sans l’Afghanistan. C’est un choix extrêmement difficile, mais les choix sont limités, à moins que nous ne nous engagions et que nous obtenions un avantage psychologique. »

« Mullen se fait l’écho d’autres commentaires de ligne dure. Dennis Blair suggère que le nombre de victimes peut provoquer un problème de politique intérieure, car elles  ont atteint quarante le mois précédent, soit le double de l’année précédente. Il se demande si ça en vaut la peine. La réponse est que le peuple offrira son appui tant qu’il croira à des progrès. Selon lui, « le président aurait pour la première fois une stratégie élaborée par le cabinet de guerre en sa totalité, et nous pourrons alors dire au peuple étasunien ce que nous faisons. »

« Panetta pense : « Vous ne pouvez pas partir. Vous ne pouvez pas vaincre les talibans. Vous ne parlez pas de la possibilité d’implanter en Afghanistan une démocratie à la Jefferson. » Panetta juge que c’est là la base pour réduire la mission des USA et accepter Karzai malgré ses défauts. La mission est de lutter contre Al Qaeda et de garantir qu’il n’existe pas de sanctuaires. Il faut travailler avec Karzai.

« Susan Rice dit qu’elle n’a pas encore pris de décision, mais qu’elle pense qu’il faut renforcer la sécurité en Afghanistan pour vaincre Al Qaeda.

« Holbrooke dit qu’on a besoin de plus de troupes. Le hic est de savoir combien et comment les utiliser.

« John Brennan se demande quel est l’objectif qu’on tente d’atteindre, car les décisions sécuritaires qui seront adoptées ici seront appliquées aussi à d’autres régions. Si l’objectif est un gouvernement non corrompu qui prête des services à toute la population, alors on n’y parviendra pas de son vivant. « Voilà pourquoi les mots ‘succès’, ‘victoire’ et ‘gagner’ compliquent notre tâche. « 

« Deux heures et demie se sont écoulées. Le président affirme que ces réunions ont permis de définir utilement le problème, qu’une nouvelle définition est en train d’émerger.

«  »Nous n’allons pas régler ça aujourd’hui. Nous avons reconnu que nous ne pourrons pas vaincre définitivement les talibans. »

« Selon Obama, l’envoi de 40 000 soldats ne suffirait pas à une stratégie de contre-insurrection qui couvre tout le pays.

« Obama se demande s’il est possible de conduire les Afghans à un point qui permette aux USA de se retirer dans deux, trois ou quatre ans.

« Selon lui, « nous ne pouvons pas maintenir un engagement pour une durée indéfinie aux États-Unis. Nous ne pourrons pas conserver l’appui interne et celui de nos alliés sans donner aucune explication incluant des limites temporelles. »

« Holbrooke retourne à son bureau du département d’État où le personnel se plaint de devoir passer la nuit à rédiger des analyses que personne ne lit.

« Holbrooke répond que la personne à laquelle il sont destinés les lit. Que les nuits de veille ne sont pas inutiles et qu’il faut préparer une nouvelle série de rapports pour le président. »

Ainsi conclut la synthèse des chapitres 15-19 des Guerres d’Obama, sur un total de trente-trois.

On a annoncé hier la publication presque simultanée d’un autre livre : Conversations avec moi-même[1], préfacé par Barack Obama, qui verra le jour en vingt langues. Il contient des lettres et des documents importants de la vie de son auteur : notre cher ami Nelson Mandela.

Alors qu’il était toujours cruellement emprisonné, les USA convertirent le sinistre régime d’apartheid en une puissance nucléaire en lui fournissant plus d’une demi-douzaines de bombes atomiques destinées à frapper les troupes internationalistes cubaines et à les empêcher de progresser en Namibie, un territoire occupée par l’Afrique du Sud. La défaite écrasante essuyée par l’armée de l’apartheid dans le sud angolais mit fin à ce système infâme.

Nos représentants en Espagne ont promis d’acheter et d’envoyer aussitôt des exemplaires de ce livre, dont le lancement était annoncé pour aujourd’hui, 12 octobre. Mais on ne savait encore rien quasiment à six heures de l’après-midi, parce que c’est jour férié en Espagne et que les librairies sont fermées : c’est le cinq cent dix-huitième anniversaire du jour où l’Espagne nous « découvrit » et se transforma en empire.

À suivre demain.

Fidel Castro Ruz

Le 12 octobre 2010

19 h 12


[1] Conversations avec moi-même. Lettres de prison. Notes et carnets intimes, Editions de la Martinière, 484 p. (N.d.T.)

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE VU DU DEDANS (II)

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Un paragraphe clef tiré du livre de Woodward apparaît dans les Réflexions d’hier : « Il est un secret très important jamais mentionné par les médias ni nulle part : l’existence d’un armée secrète de trois mille hommes en Afghanistan, chargée de tuer ou de capturer les talibans, et parfois de pénétrer dans des zones tribales pour les pacifier et obtenir leur appui. »

Cette armée, créée et manipulée par l’Agence centrale de renseignement (CIA), entraînée et organisée comme « force spéciale », a été constituée sur des bases tribales, sociales, antireligieuses et antipatriotiques ; sa mission est de traquer et d’éliminer les guérilleros talibans et d’autres Afghans, taxés d’extrémistes musulmans. Elle n’a rien à voir avec Al Qaeda et Bin Laden, un Saoudite recruté et financé par la CIA pour lutter contre les Soviétiques dont les troupes avaient occupé l’Afghanistan. Quand le vice-président Biden s’est rendu à Kaboul début 2009, David McKiernan, le chef des troupes étasuniennes dans ce pays, lui affirma, à une question au sujet d’Al Qaeda, « n’avoir pas vu un seul Arabe en deux ans ».

Bien que les principaux médias internationaux n’aient consacré qu’une importance relativement brève et éphémère à Les guerres d’Obama, ils n’ont pas manqué toutefois de signaler cette nouvelle révélatrice.

L’administration étasunienne se trouvait devant un problème insoluble. Le Conseil de sécurité nationale avait approuvé à l’une de ses dernières réunions sous Bush un rapport dans lequel il était signalé : « …les USA ne pourront se maintenir en Afghanistan s’ils ne règlent pas trois gros problèmes : améliorer la gouvernance, diminuer la corruption et éliminer les sanctuaires des talibans. »

On pourrait ajouter que le problème était plus grave compte tenu des engagements politiques et militaires des États-Unis avec le Pakistan, un pays possédant des armes atomiques dont la stabilité, soumise à des tensions de nature ethnique, a été ébranlée par la guerre aventurière de Bush en Afghanistan. Ces deux pays partagent des centaines de kilomètres de frontières montagneuses, où les populations de même origine sont attaquées et massacrées par des drones. Les troupes de l’OTAN, dont le moral s’effondre de jour en jour,  ne pourront pas gagner cette guerre.

Aucune armée ne se peut se déplacer sans d’énormes quantités de carburant, d’aliments et de munitions. La lutte des Afghans et des Pakistanais d’un côté et de l’autre de la frontière a mis à jour le défaut de la cuirasse des troupes sophistiquées des USA et de l’Europe. Les longues routes d’approvisionnements deviennent des cimetières pour les camions et les citernes énormes qui s’occupent de cette tâche. Les drones, les communications les plus modernes, les armes classiques, radioélectriques, voire atomiques, les plus perfectionnées, sont de trop.

Mais le problème et bien plus grave que ce qu’en disent ces lignes.

Je continue de reproduire la synthèse de l’ouvrage spectaculaire de Woodward :

« CHAPITRE 8

« Jack Keane, général à la retraite, avertit Hillary Clinton dont il est un proche, que la stratégie suivie en Afghanistan est incorrecte, que le grand nombre de victimes ne permettra pas de mettre fin à l’insurrection, que ça a même un effet contraire, que la seule issue est une offensive contre-insurrectionnelle intense pour protéger les Afghans. McKiernan n’a pas de contact avec les gouverneurs de province. Selon Keane, on recourt beaucoup à la lutte antiterroriste, mais la stratégie contre-insurrectionnelle ne suit pas.

« Keane lui propose de remplacer McKiernan par le lieutenant-général Lloyd Austin III, le commandant en second en Iraq, et lui propose aussi McChrystal, qui est sans doute, à ses yeux, le meilleur candidat.

« McChrystal a organisé de bonnes campagnes antiterroristes en Iraq, mais ses succès tactiques ne se traduisent pas par des victoires stratégiques. D’où la nécessité de la contre-insurrection.

« CHAPITRE 9

« Quand la commission du renseignement du Sénat interroge Leon Panetta pour le confirmer comme nouveau directeur de la CIA, celui-ci affirme que l’Agence n’enverra plus les prétendus terroristes dans d’autres pays pour qu’ils y soient torturés, car les ordres exécutifs du nouveau président l’interdisaient. Il soupçonne que la CIA envoie des gens dans d’autres pays pour qu’ils y soient interrogés selon des techniques qui « violent nos normes ».

« Hayden qui suit la réunion à la télévision, se demande, furieux, si Panetta a oublié la conservation qu’il ont eue le mois précédent. Il appelle Jeff Smith, l’ancien conseiller général de la CIA, qui aide à la transition entre Panetta et lui, et le menace : « Soit il retire demain ce qu’il a témoigné en public, soit on verra le spectacle d’un directeur de la CIA disant à son successeur qu’il ne sait pas de quoi il parle. » Hayden le dira en public, et cela n’arrangera personne. Le lendemain, Kit Bond, sénateur républicain du Missouri et président de la commission du renseignement, demande à Panetta s’il se rétracte de ce qu’il a dit la veille et Panetta répond par l’affirmative.

« Hayden se réunit ensuite avec Panetta et lui dit qu’il a lu ses écrits où il affirme que l’administration Bush avait choisi la meilleure information secrète pour alléguer de l’existence d’armes de destruction massive en Iraq. Panetta en avait accusé une unité spéciale du Pentagone créé par Rumsfeld. Panetta répond que c’est faux, que ç’avait été une erreur, et il accepte que  l’agence dont il va être le directeur a cafouillé d’une manière catastrophique.

« Le 13 février, le président Obama se réunit de nouveau avec le conseil de sécurité nationale pour discuter quatre variantes pour le déploiement de troupes en Afghanistan : 1) En décider seulement après avoir défini une stratégie ; 2) Dépêcher sur-le-champ 17 000 soldats ; 3) Les dépêcher en deux fois ; 4) En dépêcher 27 000, comme le demande le général McKiernan.

« Clinton, Gates, Mullen et Petraeus soutiennent l’envoi immédiat de 17 000 soldats. C’est aussi la recommandation de Jones. Richard Holbrooke, dans un vidéo de sécurité, avertit que, quarante-quatre ans avant, le président Johnson avait débattu ce genre de question avec ses conseillers dans le cas du Vietnam : « N’oublions pas l’Histoire. » Le Vietnam nous a appris que les guérillas l’emportant dans une situation d’impasse, et qu’il était donc favorable à l’envoi des 17 000 soldats. Obama informe finalement le Pentagone qu’il a fait ce même choix.

« CHAPITRE 10

« Pour l’administration Obama, l’objectif est clair: démanteler et vaincre finalement Al Qaeda et ses alliés extrémistes, ses structures logistiques et ses sanctuaires au Pakistan, et éviter son retour au Pakistan ou en Afghanistan. Jones, Gates et Mullen se demandent si on peut faire confiance aux Pakistanais. Biden propose de renforcer les opérations antiterroristes et de se concentrer sur Al Qaeda et le Pakistan. Obama demande si l’envoi de 17 000 soldats, puis de 4 000 autres, marquera la différence ; on lui répond que oui. Obama demande combien coûtera cette opération ; on lui répond qu’on ne sait pas, que c’était seulement à l’état d’étude et qu’on n’avait pas fait de calculs budgétaires, mais que l’envoi d’un soldat étasunien en Afghanistan, dont les frais comme ancien combattant, l’assurance de santé, le coût de prise en charge de sa famille, l’alimentation et l’armement se monte à environ 25 000 dollars par an. Le coût d’un soldat afghan sur le terrain est de 12 000 dollars. Obama confirme plus tard que le Pakistan sera l’axe de toute nouvelle stratégie.

« À une réunion du Conseil de sécurité nationale, Obama espère que la population appuiera sa stratégie pendant au moins deux ans. Biden affirme que le sort est jeté, dit qu’il n’est pas d’accord, mais qu’il soutiendra la stratégie du président.

« CHAPITRE 11

« Petraeus s’inquiète de se voir converti en victime de ses succès antérieurs en Iraq. Il juge que la stratégie contre-insurrectionnelle n’est probablement pas correcte, mais il charge un groupe d’experts en opérations et activités secrètes qui pensent le contraire d’étudier la question. Le président n’a pas accepté, semble-t-il, ses arguments en faveur d’une opération contre-insurrectionnelle, puisqu’il a annoncé dans un discours sa stratégie de démanteler et de vaincre Al Qaeda. The Washington Post fait l’éloge de ce plan dans un éditorial intitulé : « Le Prix du réalisme ». Le discours, que le président a personnellement modifié, surprend certains. Obama ne s’est pas engagé totalement à dépêcher les troupes réclamées par l’armée. Il dit qu’il analysera la question de nouveau après les élections en Afghanistan.

« Gates, le secrétaire à la Défense, semble content de la décision : il déclare deux jours après qu’il ne voit pas le besoin de demander plus de troupes ou de demander au président d’accepter leur envoi tant qu’on ne verra pas comment elles s’en sortent.

« Le président pakistanais se réunit avec Obama dan son bureau. Obama lui dit qu’il ne veut pas armer le Pakistan contre l’Inde. Il reconnaît qu’ils ont fait des progrès en opération de police spéciale, mais que le cessez-le-feu a permis aux extrémistes de contester la légitimité du gouvernement pakistanais qui donne l’impression que personne ne tient les commandes. Il reconnaît que le Pakistan agit maintenant avec plus de décision, comme le prouve ses opérations de police spéciales et le fait qu’il ait autorisé la CIA à lancer une attaque de drones en moyenne tous les trois jours durant le mois précédent. Les Pakistanais ont lancé une opération de 15 000 soldats, l’une des plus importantes à ce jour, contre les talibans.

« Le chef de l’état-major interarmes se rend que la solution du problème afghan crève les yeux et qu’elle déambule dans les couloirs du Pentagone. McChrystal est déjà une légende. Il a travaillé plus que quiconque et sans protester pour régler des problèmes. Il exécute sans ciller tous les ordres. Gates annonce finalement que McChrystal sera le nouveau commandant des troupes en Afghanistan. Il affirme : « Notre mission là-bas exige de nouvelles idées et de nouvelles approches de la part de nos chefs militaires. » Obama affirme par la suite avoir été d’accord parce qu’il fait confiance aux avis de Gates et de Mullen, mais qu’il n’a pas toutefois l’occasion d’en converser personnellement avec lui.

« L’un des rapports de renseignement profond les plus sensibles apparaît le 26 mai 2009 dans un mémorandum au président intitulé : « Les recrues d’Al Qaeda en Amérique du Nord pourraient faire changer les objectifs et les tactiques aux USA et au Canada.  » Selon ce rapport, une vingtaine de partisans d’Al Qaeda porteurs de passeports étasuniens, canadiens ou européens s’entraînent dans des sanctuaires afghans pour rentrer dans leurs pays d’origine et commettre des actes terroristes de profil élevé. Parmi eux, une demi-douzaine du Royaume-Uni, plusieurs Canadiens, quelques Allemands et trois Étasuniens. On ignore leurs noms. Dennis Blair pense que les rapports sont assez alarmants et crédibles pour qu’on en informe le président. Mais Rahm Emmanuel n’est pas d’accord. Blair répond qu’en tant que conseiller en renseignement du président, il se sent vraiment inquiet, et Emmanuel l’accuse de vouloir faire retomber toute la responsabilité sur le président et lui-même.

« Abandonnant la Maison-Blanche, Blair est convaincu que tous deux vivent sur des planètes différentes au sujet de ce thème. Il voit toujours plus une faille dans l’administration.

« CHAPITRE 12

« Le général Jones a l’habitude de se rendre en Afghanistan pour évaluer lui-même les choses. Il est d’avis que les USA ne peuvent pas perdre cette guerre, parce que les gens diraient que les terroristes sont les plus forts et qu’on verrait alors ce type d’actions en Afrique, en Amérique du Sud et ailleurs, et des organisations comme l’OTAN, l’Union européenne et les Nations Unies pourraient se retrouver dans les oubliettes de l’Histoire.

« Jones rend visite aux soldats blessés, se réunit avec les colonels et s’entretient avec McChrystal qui lui avoue que l’Afghanistan est pire que ce qu’il attendait. Il affirme que les raisons de s’inquiéter ne manquent pas et que si on n’inverse pas la situation, elle deviendra vite irréversible. Jones lui demande d’énumérer les problèmes, et McChrystal en cite une kyrielle : il y a beaucoup plus de talibans qu’on ne pensait (25 000), à la suite du traité signé entre le Pakistan et ses tribus, si bien que les nouvelles recrues peuvent s’y entraîner tout tranquillement. Les attaques des talibans frôlent les 550 par semaine, et elles ont presque doublé ces derniers mois. Les explosifs posés au bord des routes causent la mort d’une cinquantaine de soldats de la coalition par mois, contre seulement huit l’année précédente.

« Jones insiste que la nouvelle stratégie compte trois étapes : 1) la sécurité ; 2) le développement économique et le relèvement ; 3) la gouvernance de la part des Afghans sous une autorité de droit.

« Jones insiste : l’armée ne gagnera pas la guerre à elle seule ; la partie de la stratégie qui doit commencer à fonctionner dès l’an prochain est le développement économique ; si on ne fait pas bien les choses, il n’y aura pas assez de troupes au monde pour remporter la victoire. Jones précise qu’il s’agit d’une nouvelle époque : Obama ne va pas fournir aux commandants de l’armée toutes les troupes qu’ils demandent, comme cela se passait sous Bush durant la guerre en Iraq. Il ajoute que le président sait qu’il marche sur le fil du rasoir, autrement dit que les temps ne sont pas seulement difficiles et périlleux, mais que la situation peut s’incliner d’un côté ou de l’autre.

« Jones précise que la stratégie d’Obama pour la province d’Helmand est de réduire la participation et l’engagement des États-Unis, car cette guerre ne doit pas être seulement celle des USA, et qu’on avait eu tendance à l’américaniser.

« De retour, Jones informe Obama que la situation est déconcertante, qu’il n’y a aucun rapport entre ce qu’ils ont dit ces derniers mois et ce à quoi le général McChrystal fait face sur le terrain. Obama lui demande finalement combien il faut de soldats, et Jones lui répond que le chiffre n’est pas encore défini. Il pense qu’il faut compléter les deux premières étapes de la stratégie – développement économique et gouvernance – ou sinon l’Afghanistan engloutira toujours plus de troupes.

« Au Pentagone, la réaction est très différente. On y accuse Jones de vouloir limiter la quantité de soldats. Celui-ci rétorque qu’il n’est pas juste que le président ait dû prendre sa décision qu’il a adoptée en mars et, avant même d’avoir compléter l’envoi des 21 000 soldats, décider que, puisque la situation étais si mauvaise, il fallait dépêcher de 40 000 à 80 000 soldats de plus.

« L’abîme ne cesse de se creuser entre la Maison-Blanche et le Pentagone, et ce à peine quatre mois après que le président a fait connaître sa nouvelle stratégie.

« CHAPITRE 13

« Des fonctionnaires décrivent l’administration Obama en utilisant la terminologie afghane : elle est peuplée de « tribus », ce qui reflète ses division. La tribu Hillary vit au département d’Etat ; la tribu Chicago occupe les bureaux d’Axelrod et d’Emmanuel ; la tribu de la campagne présidentielle occupe le Conseil de sécurité nationale, dirigé par le chef de cabinet Mark Lippert et le directeur des communications stratégiques Denis McDonough, un groupe qu’on appelle les « insurgés ».

« La défaite des talibans exige plus de troupes, d’argent et de temps que leur démantèlement. La défaite veut dire une reddition inconditionnelle, une capitulation totale ; la victoire signifie gagner au sens le plus large du terme, détruire complètement les talibans.

« Richard Holbrooke est pessimiste au sujet des élections du 20 août en Afghanistan : « À supposer dix résultats possibles, neuf sont mauvais. Tout oscille entre la guerre civile et les irrégularités. »

“Dès la fermeture des bureaux de vote, on informe de fraudes. Pour des raisons de sécurité, de nombreux fonctionnaires des Nations Unies et du département d’État ne sortent pas de chez eux pour visiter les bureaux de vote.

« Le lendemain, Hoolbroke et l’ambassadeur étasunien se réunissent avec Karzai à qui ils demandent ce qu’il ferait en cas de second tour. Il répond qu’il a été réélu et qu’il n’y aura pas de second tour.

« Après cette réunion, Karzai téléphone au centre d’opérations du département d’État et demande à parler à Obama ou à Hillary. L’ambassadeur étasunien recommande au président de ne pas répondre, car Karzai s’est placé à la défensive en disant qu’un second tour était impossible. Obama est d’accord.

« Les rapports secrets décrivent Karzai comme quelqu’un de toujours plus délirant et paranoïaque. Karzai affirme : « Vous êtes contre moi. C’est un complot entre les Etasuniens et les Britanniques. »

“Un groupe est créé en août pour interviewer les membres du groupe stratégique du général McChrystal qui viennent de rentrer d’Afghanistan afin de savoir ce qu’il se passe sur le terrain, comment la guerre se déroule, ce qui marche et ce qui ne marche pas. McChrystal pose trois questions à son groupe comme une espèce de guide : est-il possible de remplir la mission ? Si oui, que faut-il modifier pour la remplir ? Faut-il de nouvelles ressources pour la remplir ?

« McChrystal demande à son groupe d’être pragmatique et de se centrer sur les choses qui fonctionnent vraiment.

« Le groupe aboutit à la conclusion que l’armée comprend assez peu la population afghane. Elle ne saisit pas à quel point les campagnes d’intimidation lancées par les talibans touchent la population. La collecte du renseignement est désastreuse. 70 p. 100 des demandes de renseignement se centrent sur l’ennemi. Des membres du groupe pensent la guerre sera totalement américanisée dans un ou deux ans. Les Étasuniens préfèrent que les alliés de l’OTAN fournissent de l’argent et des conseillers aux forces de sécurité afghanes, au lieu de se rendre dans tout le pays en demandant un appui aérien pour attaquer des Afghans à l’apparence suspecte.

« Le groupe n’a que de mauvaises nouvelles pour McChrystal.  On aurait beau mener la meilleure campagne de contre-insurrection de l’Histoire, et elle échouerait à cause de la faiblesse et de la corruption du gouvernement afghan. McChrystal en reste effondré. Mais il remercie le groupe.

« McChrystal fait savoir à Gates qu’il aura besoin de 40 000 soldats de plus. Au bout de longues discussions, Gates promet de lui en fournir autant qu’il pourra : « Vous avez un champ de bataille là-bas, et j’en ai un ici. »

« CHAPITRE 14

« Biden passe cinq heures à essayer de concevoir pour McChrystal une autre solution, qu’il appelle « antiterrorisme + ». Au lieu d’une quantité massive de soldats, le plan est axé sur ce qu’il juge la menace réelle : Al Qaeda. Cette stratégie met l’accent sur la destruction des groupes terroristes par l’assassinat ou la capture de leurs leaders. Biden pense qu’il est possible de dissuader Al Qaeda de revenir en Afghanistan, pour n’avoir pas ainsi à assumer la mission coûteuse de protéger le peuple afghan.

« Biden pense qu’Al Qaeda prendra le chemin le plus facile et qu’il ne retournera pas à ses lieux d’origine si : 1) les USA maintiennent au moins deux bases (Baram et Khandahar) afin que les forces spéciales puissent opérer partout dans le pays ; 2) les USA disposent de forces suffisantes pour contrôler l’espace aérien afghan ; 3) les réseaux de renseignement humains en Afghanistan fournissent des informations sur les objectifs qui seront attaqués par les forces spéciales ; 4) l’élite de la CIA, une force composée de 3 000 Afghans pour des opérations antiterroristes, peut se déplacer librement.

« L’Afghanistan doit se convertir en un endroit légèrement plus hostile pour Al Qaeda que le Pakistan afin qu’il décide de ne pas revenir.

« Obama, pense Biden, a besoin d’un guide. Il n’a été au Sénat que quatre ans, et lui, trente-cinq. Le président pense que les militaires ne peuvent exercer de pressions sur lui, alors qu’ils peuvent écraser un président inexpert. Biden va voir Obama qui lui dit : « C’est toi qui connais ces gens-là. En avant, met-leur la pression. »

« Obama avouera ensuite qu’il voulait que son vice-président soit un détracteur agressif et qu’il dise exactement ce qu’il pense, qu’il pose les questions les plus difficiles, parce qu’il est convaincu que c’est là la meilleure façon de servir le peuple et les troupes, en établissant un débat franc sur ces questions de vie ou de mort.

« Obama convoque un petit groupe parmi les membres les plus expérimentés de son équipe de sécurité nationale afin d’analyser le rapport secret de soixante-six pages rédigés par McChrystal, qui affirme en résumé que si on ne dépêche pas davantage d’effectifs, la guerre fera probablement fiasco dans les douze prochains mois. Le président ajoute que les options en l’occurrence ne sont pas bonnes et précise qu’il n’acceptera pas automatiquement la solution proposée par le général ou quelqu’un d’autre : « Nous devons aborder ceci en mettant en cause nos propres présomptions. »

« Peter Lavoy, vice-chef d’analyse au bureau du directeur de la DIN, juge que Bin Laden et son organisation ont été frappés et harcelés par les attaques de drones, mais non liquidés, et qu’ils sont devenus les sangsues des talibans.

« Obama veut savoir s’il est possible de vaincre Al Qaeda et comment ; s’il faut détruire les talibans pour détruire Al Qaeda ; ce qu’on peut faire dans les prochaines années ; quel type de présence il faut maintenir en Afghanistan pour pouvoir y disposer d’une plateforme antiterroriste efficace.

« Ce qu’il ne dit pas mais que tout le monde sait, c’est qu’un président ne peut perdre une guerre ni laisser voir qu’il est en train de la perdre. Obama dit qu’il faudra travailler pendant cinq ans et propose d’analyser d’autres priorités nationales. »

Fidel Castro Ruz

Le 11 octobre 2010

18 h

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE VU DU DEDANS (I)

Je m’étonne de l’ignorance généralisée qui règne au sujet de problèmes cruciaux pour l’existence de l’humanité à une époque où celle-ci dispose de moyens de communication fabuleux et inimaginables voilà à peine cent ans, dont certains aussi récents qu’Internet.

On a appris il y a juste trois semaines la prochaine publication d’un ouvrage spectaculaire de Bob Woodward, journaliste de The Washington Post, dont les articles en coproduction avec Carl Bernstein liquidèrent, voilà trente-huit ans, l’administration Nixon qui avait espionné le siège du Parti démocrate en juin 1972, un scandale connu comme le Watergate et une violation de la loi que la société étasunienne ne pouvait passer sous silence.

Je suis entré en contact avec notre « ambassadeur à Washington”, comme j’appelle Jorge Bolaños, le chef de la Section des intérêts de Cuba dans la capitale des États-Unis, en le priant de me faire parvenir au moins deux exemplaires de l’ouvrage quand il paraîtrait en librairie. Il m’en a envoyé quatre.

Le livre est bien entendu en anglais. Il passera bien du temps avant que plus de cinq cent millions de personnes capables de parler ou de comprendre l’espagnol dans le monde, y compris les immigrants latino-américains aux USA, puissent lire dans cette langue.

Je suis entré en contact avec une de nos meilleurs traductrices d’anglais, la priant de faire un effort spécial pour résumer l’ouvrage volumineux, intitulé Les guerres d’Obama, qui compte 420 pages et trente-trois chapitres.

En seulement trois jours, elle m’a remis un résumé des trente-trois chapitres sur quatre-vingt-dix-neuf feuillets en 18 pts.

Je me fais un devoir de divulguer la teneur de ce livre en reprenant littéralement le résumé clair et précis de la spécialiste de notre service de traduction anglaise, et ce sur plusieurs jours.

Il est impossible de rien comprendre à la politique actuelle des USA si on ignore la teneur de cet ouvrage de Woodward, qui a reçu plusieurs Prix Pulitzer et qui n’a pas, bien entendu, la moindre intention de liquider l’Empire.

Notre pays sera le premier au monde à connaître d’une manière articulée l’essentiel de cet ouvrage. À Cuba, on le sait, tous les citoyens possèdent une scolarité élevée, et le taux de jeunes étudiants y est le plus élevé

Notre principal effort se situe, non au niveau des armes, mais à celui des idées.

« CHAPITRE 1

« Deux jours après son élection, Obama convoque le directeur national du renseignement, Mike McConnell, à Chicago pour obtenir des détails sur les opérations les plus secrètes du vaste système d’espionnage étasunien. D’autres fonctionnaires participent à la réunion, mais McConnell précise qu’il a reçu des instructions du président Bush de ne révéler d’informations relatives aux espions, aux nouvelles techniques d’infiltration dans Al Qaeda, à la guerre en Iraq et en Afghanistan et à la protection de la nation, qu’au président-élu

“Michael J. Morell, chef du département d’analyse de la CIA, et McConnell se réunissent seuls avec Obama dans une pièce de sécurité. Ils l’informent, entre autres, que la principale menace aux USA provient du Pakistan, qui est la priorité numéro un de la DNR. Si les USA se retirent d’Afghanistan, l’Inde et le Pakistan occuperont ce vide de pouvoir. Le mieux à faire pour Obama serait de rechercher la paix entre ces deux pays. Bush avait ordonné des attaques de drones contre les camps au Pakistan et donné des instructions qu’on en avertisse ce pays au même moment, autrement dit au moment de l’attaque ou, pour plus de sécurité, quelques minutes après.

Je recommande au lecteur de bien retenir les noms des personnes mentionnées, ainsi que les théories qu’elles élaborent pour justifier les actions incroyables qu’elles réalisent.

« Al Qaeda recrute des gens dans trente-cinq pays à visa libre avec les USA, ce qui est très inquiétant. Obama est mis au courant des mots de passe concernant les attaques de drones (SYLVAN-MAGNOLIA), connus uniquement des gens ayant l’accès le plus élevée aux questions de sécurité, dont le président-élu.

« Les principaux succès proviennent des sources humaines, des espions sur le terrain, qui indiquent à la CIA où il faut regarder, partir en chasse et tuer. Les espions sont les vrais secrets qu’Obama connaît désormais. La CIA est très sourcilleuse sur ses sources.

« Chacune a un nom de code, MOONRISE, par exemple. Quand trop de gens le savent ou connaissent ses succès, on la liquide. L’officier responsable du cas informe que MOONRISE a fait le plus grand sacrifice, mais qu’elle n’est pas morte. Seul son nom de code a changé, si bien que la CIA a une autre source, SHOOTING STAR, autrement dit la même personne sous un nouveau nom.

« Il est un secret très important jamais mentionné par les médias ni nulle part : l’existence d’une armée secrète de trois mille hommes en Afghanistan, chargée de tuer ou de capturer les talibans, et parfois de pénétrer dans des zones tribales pour les pacifier et obtenir leur appui.

« McConnell et Morell parlent à Obama du programme nucléaire iranien. On sait que ce pays veut se doter de l’arme atomique et qu’il possède des installations camouflées. McConnell est sûr que l’Iran se dotera d’une arme atomique type fusil, probablement primitive, mais qu’il pourrait faire exploser dans le désert avec beaucoup d’effet, ce qui devrait survenir, selon lui, entre 2010 et 2015.

« Une autre grande menace est la Corée du Nord qui a assez de matériau pour fabriquer six bombes. Les Coréens vont converser, vont mentir, vont menacer de se retirer et puis tenteraient de renégocier.

« Les Chinois ont piraté les ordinateur de la campagne d’Obama à l’été 208, ainsi que celles de McCain, et en ont extrait des fichiers et des documents à une rapidité étonnante. Selon McConnel, les USA sont vulnérables aux attaques cybernétiques.

Woodward aborde ensuite la première réaction d’Obama face à la situation extrêmement embrouillée qu’a provoquée la guerre contre le terrorisme déclenchée par Bush.

« Obama commente ensuite à l’un des conseillers les plus proches qu’il a hérité d’un monde qui peut faire explosion à tout moment sous plus de six formes différentes et qu’il a des moyens puissants, mais limités, pour l’éviter. Obama  reconnaît qu’après les élections, tous les gens estiment que tous les problèmes du monde lui incombent : « Vous êtes la personne la plus puissante au monde. Pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? »

«  CHAPITRE 2

« John Podesta, ancien chef de cabinet de Bill Clinton, est convaincu qu’il faut concevoir, organiser et superviser la politique à travers un système centralisé à la Maison-Blanche. Mais Obama a quelqu’un d’autre en tête pour ce poste : Rahm Emmanuel, qui devient le nº 3 de la Maison-Blanche. Tous deux sont de Chicago, mais ne se connaissent pas bien.

« Obama, encore candidat à la présidence, a dit à David Petraeus en Iraq de lui dire tout ce dont il a besoin s’il devient finalement comandant en chef. Obama est prêt à dire « non » là où Bush a dit « oui ».

« Petraeus a presque redéfini le concept de la guerre dans un nouveau manuel dont il est l’auteur (Counterinsurgency Field Manual) et qu’il a mis en pratique en Iraq. Son idée centrale est que les USA ne peuvent se retirer de cette guerre. Ils doivent protéger et conquérir la population, vivre parmi elle, afin qu’un gouvernement stable et compétent puisse prospérer. Le nouveau soldat, selon lui, doit être un travailleur social, un connaisseur de l’aménagement du territoire, un anthropologue et un psychologue.

« Petraeus a peu de marottes (il ne pèche as, il ne chasse pas, il ne joue pas au golf). Il peut passer pour quelqu’un de trente-cinq ans. Il peut courir huit kilomètres en une demi-heure. Il a fait son doctorat à l’Université de Princeton. Son père est décédé, et il a décidé de rester en Iraq pour superviser la guerre. Les Iraquiens l’appellent le roi David. Certains de ses collègues l’appellent La Légende d’Iraq. Mais l’administration d’Obama va changer son statut.

« CHAPITRE 3

« Le nouveau directeur de la CIA, Mike Hayden, se rend à New York pour discuter avec le président pakistanais, Asif Ali Zardari, des  attaques de drones Predator dans le pays. La grande leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale et de celle du Vietnam est que les attaques aériennes, et même les bombardements massifs ne permettent pas de gagner une guerre.

« Les médias pakistanais s’inquiètent de la quantité de victimes civiles. Mais la mort accidentelle de Pakistanais n’est qu’une partie de l’histoire.

« Lors de sa réunion avec Hayden, le président pakistanais lui dit : « Tuez les principaux. Les dommages collatéraux vous inquiètent, vous, les Étasuniens, mais pas moi. » Zardari donne ainsi le feu vert à la CIA, et Hayden lui sait gré de son appui. »

« Dans une de ses longues conversations, Obama aborde la question d’Hillary Clinton  avec David Axelrod, son principal et plus proche conseiller politique, qui lui demande comment il peut faire confiance à celle-ci. Obama répond : « Je crois bien la connaître. Si elle fait partie de l’équipe, elle sera fidèle.  » Elle était restée aux côtés de son mari durant le scandale Mónica Lewinsky et sa résistance a impressionné Obama qui a besoin de quelqu’un ayant la stature suffisante pour devenir un acteur principal sur la scène internationale.

« Clinton n’est pas convaincue que le poste lui reviendra. Il n’existe aucune réserve de confiance entre son équipe à elle et son équipe à lui.

« Viennent ensuite les problèmes avec son mari et les bâilleurs de fortes sommes à sa bibliothèque présidentielle, à sa fondation et à l’Initiative mondiale Clinton. Les avocats d’Obama lui disent que ces sociétés ne peuvent accepter de l’argent si Hillary est nommée secrétaire d’État.  Elle reconnaît que c’est un gros obstacle, mais qu’elle ne peut envoyer Bill vivre dans une grotte pendant quatre ou cinq ans. « Je ne vais pas lui dire d’annuler ses opérations dans vingt-six pays où il sauve des vies », dit-elle. « Ça n’en vaut pas la peine.  » Podesta lui promet de travailler là-dessus.

« On lui prépare un discours au cours duquel  elle remercie Obama par téléphone d’avoir penser à elle pour ce poste, mais Podesta se charge de faire en sorte que les deux appareils ne puissent pas communiquer.

« Le « non » d’Hillary  se transforme en un « peut-être ». Marke Penn, le principal stratège de sa campagne, a pensé que si elle se maintient au département d’Etat pendant huit ans, elle serait dans une meilleure position pour être de nouveau nommée candidate présidentielle, Elle n’aurait que soixante-neuf ans, l’âge qu’avait Reagan en prenant le pouvoir.

« CHAPITRE 4

« James L. Jones, un général à la retraite, estime que l’administration Bush est extraordinairement désorganisée et vraiment peu sérieuse au sujet de la paix au Moyen-Orient. Il affirme que le Conseil de sécurité de Bush manque de personnel et souffre de dysfonctionnements, et que le conseiller à la sécurité nationale doit appliquer des mesures pour garantir une avancée raisonnable vers ses objectifs.

« Un trop large secteur de la politique fonctionne en pilotage automatique, et le conseiller à la sécurité nationale doit trouver la manière d’atteindre des résultats sans avoir à contrôler par le menu ce que doivent faire les départements et les organismes. Obama demande comment y arriver. Jones lui recommande : convainquez vos subordonnées que leur vision est la vôtre. […] Obama décide alors que Jones sera son conseiller à la sécurité nationale.

« Jones s’étonne qu’Obama le nomme à ce poste si lourd et fasse confiance à quelqu’un qu’il connaît à peine. Il pense que tout repose sur les rapports personnels et qu’il n’en a pas avec Obama.

« Le 26 novembre, Bush convoque une des dernières réunions du Conseil de sécurité nationale pour analyser un rapport très secret sur la guerre en Afghanistan, rédigé par le lieutenant-colonel de l’armée, Douglas Lute, connu comme le Tsar de la guerre. Selon lui, les USA ne pourront se maintenir en Afghanistan s’ils ne règlent les trois gros problèmes : améliorer la gouvernance, diminuer la corruption et éliminer les sanctuaires des talibans.

Vient ensuite un autre épisode surprenant, derrière lequel on voit la main de l’administration étasunienne,  et qui prouve le risque dont l’auteur de la théorie de l’ « hiver nucléaire » nous a parlé à titre d’hypothèse : il suffirait, nous a-t-il dit, d’une guerre entre le Pakistan et l’Inde, les deux pays qui possèdent le moins d’armes atomiques dans les huit du « Club nucléaire ». Ce que révèle le livre Les guerres d’Obama prouve que la moindre irresponsabilité de la politique étasunienne peut aboutir à la catastrophe.

« Ce rapport ne satisfait pas Condoleezza Rice. Et Bush décide de ne pas le divulguer. Plus tard, dix personnes armées commencent à rôder dans Bombay, une ville de l’Inde, créant un spectacle de chaos et de violence transmis en direct par la TV durant soixante-heures. Six Étasuniens sont tués. L’opération a été organisée par un groupe connu sous le sigle LeT, autrement dit L’Armée des purs, financée par l’agence du renseignement pakistanaise. Bush veut éviter des tensions entre l’Inde et le Pakistan. La base de son mandat est de n’avoir aucune tolérance envers les terroristes et leurs alliés. Le FBI est horrifié de constater qu’une opération à faible coût mais à technologie de pointe a paralysé Bombay. Les villes étasuniennes sont tout aussi vulnérables. Selon un fonctionnaire du FBI : « Bombay a tout changé. « 

« CHAPITRE 5

« En devenant directeur de la CIA, Hayden a hérité d’une organisation qui, selon lui, souffre du « syndrome de l’enfant battu ».

« Obama le convoque à une réunion d’information sur les opérations secrètes. Hayden juge que c’est le moment opportun de prouver combien les menaces sont graves et  combien la CIA les prend au sérieux. Il parle de quatorze opérations top secret, dont l’objectif est de mener des opérations clandestines meurtrières contre le terrorisme, d’empêcher l’Iran de mettre au point des armes atomiques, de dissuader la Corée du Nord de continuer d’en fabriquer, de mener des opérations contre la prolifération dans d’autres pays, d’agir de façon indépendante ou pour soutenir les USA en Afghanistan, de réaliser une série d’opérations meurtrières et d’autres programmes en Iraq, de soutenir les efforts clandestins visant à stopper le génocide dans la région soudanaise du Darfour, d’offrir à la Turquie des informations secrètes pour qu’elle puisse empêcher le Parti des travailleurs kurdes d’y installer une enclave séparatiste.

« Le 5 janvier 2009, Hayden apprend par un article publié sur The Washington Post en ligne qu’il est remplacé à la tête de la CIA par Leon Panetta, un politique, ce qui est pour lui une humiliation personnelle. Panetta est habile à nouer des relations personnelles. Au cours de leur rencontre, Hayden l’avertit : 1) Vous êtes le commandant de la nation dans la guerre mondiale contre le terrorisme ; 2) Vous avez le meilleur personnel du gouvernement ; 3) J’ai lu certains de vos articles : n’utilisez plus les mots CIA et torture dans un même paragraphe ; la torture est un forfait ; ça peut ne pas te plaire, mais ne dis jamais que la torture existe. Légalement, la CIA ne torture pas. McDonnel avertit Panetta : « Tu dois comprendre la bataille que tu vas devoir livrer avec la CIA, parce qu’ils vont te considérer comme un ennemi. « 

« CHAPITRE 6

« Avant d’entrer à la Maison-Blanche, Obama demande à Biden de se rendre en Afghanistan et au Pakistan et lui demande de se faire accompagner d’un républicain. Ce sera Lindsey Graham, de Caroline du Sud.

« Biden informe officiellement le président pakistanais des vues d’Obama : l’Afghanistan sera sa guerre ; il dépêchera sous peu de nouvelles troupes, mais il a besoin pour cela de travailler de concert avec le Pakistan.

« Zardari reconnaît n’avoir pas autant d’expérience que sa défunte femme, Benazir Bhutto, mais que sa mission n’est pas différente et qu’il a besoin de l’aide des USA pour obtenir un appui suffisant sur le plan intérieur, que l’antiaméricanisme est très fort dans le pays…

« Biden avertit alors Zardari qu’il doit cesser de jouer sur les deux tableaux, car la CIA pense que de nombreuses informations secrètes sont utilisées pour alerter les camps de terroristes des attaques de drones.

« Biden et Graham partent pour Kaboul. Depuis les élections de 2004, les rapports de Karzai avec les USA sont devenus très instables. Il critique fréquemment les Étasuniens pour les victimes civiles. Les preuves de corruption dans son gouvernement et sa famille aggravent les tensions avec les USA.

« Biden avertit Karzai qu’il ne cherche pas à lui rendre la vie impossible, mais que le succès des USA dépend de lui dans une grande mesure.

« Karzai réunit plusieurs membres de son cabinet pour informer directement Biden et Graham de ce qu’ils font. On a dit à Karzai qu’Obama veut aider, mais qu’il doit renoncer à son habitude de décrocher le téléphone et de l’appeler, comme il le faisait avec Bush. Biden critique Karzai pour son incapacité à gouverner sur tout le pays, pour son refus de faire des tournées dans le pays afin de créer un consensus entre les différentes tribus, pour les somptueuses villas des fonctionnaires afghans proches du palais présidentiel, payées sans doute par les USA. « Vous n’êtes guère que le maire de Kaboul »,  lui lance Biden.

« Karzai critique les USA pour la quantité élevée de victimes civiles, et Biden s’engage à les minimiser, mais il l’avertit qu’il doit être à leurs côtés dans cette guerre, car, si elle n’était pas la leur, ils ne dépêcheraient plus de soldats. Karzai répond qu’il ne fait pas de critiques, mais qu’il se contente de signaler ce problème.

« Biden lui suggère de traiter la question en privé, non en conférence de presse, et Karzai n’est pas d’accord. Les victimes civiles sont un problème public ; Biden l’a dénigré devant les membres de son cabinet. Karzai avertit que le peuple afghan ne le tolérerait pas ; que les Afghans devaient être leurs alliés, non leurs victimes. L’ambassadeur William Word intervient pour dire que, bien qu’utile, la conversation prouve qu’il existe des frustrations de deux côtés.

« Biden s’entretient avec David McKiernan, le chef de troupes étasuniennes en Afghanistan, qui lui dit que pour gagner cette guerre, il faut dépêcher les trente mille soldats toujours en instance depuis l’administration Bush. Biden s’enquiert d’Al Qaeda, et McKiernan lui répond n’avoir pas vu un seul Arabe en deux ans. Ce qui confirme Biden dans ses soupçons : Al Qaeda, le principal motif de cette guerre, est un problème pakistanais.

« Biden recommande à Obama de prendre ses distances avec Karzai. Graham lui avoue : « Monsieur le président, nous sommes en train de perdre cette guerre. » Il est convaincu qu’il est impossible de gagner la guerre en Afghanistan si on perd la guerre en Iraq.

« CHAPITRE 7

« La cérémonie de passation d’Obama, le 20 janvier, faillit être suspendue. Selon des informations secrètes fiables, des extrémistes somalis prévoient d’attaquer Obama à l’explosif. Mais toute l’attention se centre sur le discours d’Obama et sur ce qu’il dirait.

« Le général Petraeus est de nouveau en Afghanistan.

« Obama réunit le Conseil de sécurité nationale le 21 janvier. La décision clef est de nommer Petraeus à la tête du commandement central. Obama demande qu’on lui propose trois options au sujet de la guerre en Iraq. Il ordonne de faire une étude en soixante jours pour savoir « comment arriver là où nous voulons aller ». L’une des options à prendre en considération, selon le président, est le retrait des troupes dans un délai de seize mois.

« Une équipe de quatre-vingt personnes entreprend d’étudier la situation en Afghanistan. On analyse les interrogatoires de prisonniers, les rapports du champ de bataille, les registres financiers, la propagande et les communiqués émis par les talibans.

« Quand Petraeus demande ce qu’on a trouvé, Derek Harvey, de l’Agence de renseignement de la défense, lui répond que la situation est celle d’un aveugle marchant aidé par un autre aveugle ; que les USA ignorent beaucoup de l’insurrection afghane, qui est l’ennemi et où il est, comme celui-ci voit la guerre et qu’elles sont ses motivations. On sait trop peu de l’ennemi pour pouvoir tracer une stratégie qui conduise à la victoire. Harvey tente de révolutionner la collecte d’informations secrètes et s’y consacre à fond. Il est d’avis qu’on peut gagner la guerre, mais que l’administration doit s’engager beaucoup pendant de nombreuses années ; et que ça ne serait peut-être pas très bien accepté par les électeurs. « Je crois qu’on peut faire la guerre en Afghanistan, mais qu’on ne peut pas la vendre », affirme-t-il.

« Obama dit qu’il faudrait annoncer l’envoi de nouveaux effectifs dans le cadre d’une nouvelle stratégie. Petraeus affirme qu’on n’attendra pas les objectifs prévus sans de nouvelles troupes, qu’on ne pouvait pas compter seulement sur les attaques de drones. Il insiste pour qu’on dépêche les trente mille soldats. Obama demande s’il faut les dépêcher tous à la fois et avertit qu’il faut se doter d’abord d’une stratégie et qu’il faut lui proposer des décisions à prendre. Il sembler comprendre qu’on ne gagnerait pas cette guerre en un an ou deux. Il abandonne la réunion pour répondre à d’autres engagements sans avoir pris aucune décision à cet égard. »

À suivre demain.

Fidel Castro Ruz

Le 10 octobre 2010

18 h

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ALLOCUTION PRONONCÉE PAR LE GÉNÉRAL RAÚL CASTRO RUZ, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ÉTAT ET DU CONSEIL DES MINISTRES, À LA CÉRÉMONIE EFFECTUÉE POUR LE « JOUR DES VICTIMES DU TERRORISME D’ÉTAT », À LA SALLE POLYVALENTE DES FORCES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES (FAR)

Proches des victimes du terrorisme d’État visant Cuba ;

Compañeras et compañeros,

Comme l’indique le décret-loi promulgué aujourd’hui par le Conseil d’État, le 6 octobre sera considéré désormais comme le « Jour des victimes du terrorisme d’État ».

Voilà exactement trente-quatre ans, soixante-treize innocents, à savoir onze Guyanais, cinq citoyens de la République populaire et démocratique de Corée et cinquante-sept Cubains étaient assassinés en plein vol quand l’avion de Cubana de Aviación qui les transportait a fait explosion sous l’effet de bombes peu de temps après avoir décollé de la Barbade. Parmi eux, vingt-quatre jeunes gens de l’équipe d’escrime junior qui avaient glané toutes les médailles d’or du Quatrième Championnat centraméricain et caribéen tenu au Venezuela.

Pour le peuple cubain indigné, cible du terrorisme d’État depuis le début même de la Révolution, les douloureuses pertes essuyées ce jour-là venaient s’ajouter à une longue liste de victimes pour lesquels nous réclamons toujours que justice soit faite.

Ce phénomène remonte à 1959, à peine la jeune Révolution adopta-t-elle les premières mesures en faveur du peuple.

C’est dès mars 1960 que le président Eisenhower entérina un programme d’actions secrètes contre l’île, dont les documents ont été déclassifiés voilà quelques années. L’Agence centrale de renseignement fut chargée, sous les auspices de l’administration étasunienne, de planifier des actions terroristes, de fournir la logistique requise, de recruter et d’entraîner des mercenaires qui les perpétreraient.

Cette politique s’est traduite par des incendies, des bombardements, des sabotages de toutes sortes, des détournements d’avions et de bateaux, des enlèvements de Cubains, des attentats contre nos ambassades et des assassinats de diplomates, des mitraillages de dizaines d’installations, de nombreuses tentatives de tuer les principaux leaders de la Révolution, en particulier des centaines de plans et d’actions contre Fidel Castro.

Nous avons rappelé cette année-ci le cinquantième anniversaire du brutal sabotage, à La Havane, du vapeur français La Coubre, conçu pour que deux charges d’explosifs détonnent l’une après l’autre et causent plus de victimes, si bien qu’il fallut déplorer cent une personnes tuées et des centaines de blessés, dont des membres de l’équipage français.

Mais chaque agression renforçait et radicalisait la Révolution dans tous les domaines.  Cette consolidation poussa les terroristes de la CIA et leur patrons, dont les actes avaient pour but de provoquer la panique dans la population et de la démoraliser, à dresser un plan d’invasion de Cuba et à créer en Floride la plus grande station de renseignement en-dehors du siège principal de Langley.

L’agression de Playa Girón causa la mort de cent soixante-seize compagnons et l’invalidité de cinquante autres, dont le sacrifice permit à nos combattants enhardis de la repousser en moins de soixante-douze heures et d’empêcher partant le gouvernement fantoche installé par la CIA dans une base militaire de la Floride de gagner notre territoire et, fort de la complicité de l’OEA, de réclamer de là l’intervention de Washington.

Le président Kennedy, qui venait d’entrer à la Maison-Blanche et qui avait hérité du plan d’invasion de l’administration antérieure, ne se résigna pas à ce fiasco retentissant et demanda la mise en œuvre de l’Opération Mangouste, laquelle comprenait trente-trois tâches qui allaient depuis l’assassinat de dirigeants de la Révolution jusqu’à des actions terroristes contre des cibles économiques, en passant par l’introduction d’agents et d’armes à des fins de subversion et d’espionnage.

Cette Opération Mangouste se traduisit jusqu’à janvier 1963 par 5 780 actions terroristes, dont 716 furent d’importants sabotages d’installations industrielles.

C’est dans ce contexte que des organisations terroristes basées aux USA, financées et protégées par la CIA, furent les précurseurs des détournements d’avions et de l’utilisation d’avions civils à des fins militaires contre Cuba.

Ces pratiques ne tardèrent pas à avoir un effet de boomerang contre leurs auteurs, provoquant une pandémie mondiale de piratage d’avions qui encouragea des terroristes internationaux à y recourir. Seule la décision unilatérale du gouvernement cubain de renvoyer les pirates de l’air aux USA permit de mettre fin à cette pratique entre les deux pays.

Le successeur du président Kennedy assassiné, Lyndon Johnson, poursuivit ces plans terroristes contre l’île. De 1959 à 1965, la CIA organisa, finança et équipa matériellement dans tout le pays, depuis les USA, un total de 229 bandes armées composées de 3 995 mercenaires qui causèrent la mort de 549 combattants, paysans et alphabétiseurs, sans parler de milliers de blessés et de centaines d’invalides.

Dès lors, les actions terroristes contre nos sièges diplomatiques, des bureaux et des fonctionnaires cubains à l’étranger se multiplièrent, causant la mort de compagnons utiles et de lourdes pertes matérielles.

Un 11 septembre, mais de 1980, Félix García Rodríguez, fonctionnaire de la mission cubaine auprès de l’ONU, fut assassiné par le terroriste d’origine cubaine, Eduardo Arocena, membre de l’organisation terroriste Oméga-7.

Le 5 mai de cette même année, 570 enfants et 156 employés de la garderie Le Van Tan furent coincés dans leur édifice par un incendie terroriste et ne purent en réchapper sains et saufs que grâce à l’intervention rapide et héroïque des forces spécialisées et à la solidarité de la population.

Mais le terrorisme d’État contre Cuba a recouru aussi à la guerre biologique, utilisée par les différentes administrations étasuniennes sous forme d’introduction sur notre territoire de vecteurs qui portèrent un grand préjudice à la santé de notre peuple. Ainsi, en  1981, des agents au service de Washington propagèrent le vecteur de la dengue hémorragique qui tua 158 personnes, dont 101 enfants.

D’autres vecteurs furent aussi introduits pour porter préjudice à l’agriculture et à l’élevage, causant des pertes incalculables en denrées alimentaires et en postes d’exportations importantes.

Les services de renseignement étasuniens, en particulier la CIA, participèrent, directement ou indirectement, à la plupart de ces actes, presque toujours sous couvert d’organisations contre-révolutionnaires cubaines. Il serait impossible de mentionner en une seule intervention la chaîne interminable de plans, d’actions et d’attaques terroristes tramés contre notre pays. En revanche, la liste des responsables de ces crimes est très courte, parce que ce sont toujours les mêmes.

Nous sommes réunis justement aujourd’hui pour rendre hommage aux 3 478 Cubains qui sont morts et aux 2 099 qui sont restés invalides à jamais à la suite des actions terroristes exécutés pendant un demi-siècle contre notre patrie, soit un total de 5 577 victimes. Les martyrs de la Barbade font partie de cette longue liste des victimes que nous n’oublions pas et que nous n’oublierons jamais.

Les auteurs du crime de la Barbade et de tant d’autres contre Cuba, Orlando Bosch et Luis Posada Carriles, ont vécu et continuent de vivre en toute impunité à Miami. Le premier, après avoir été gracié par le président George Bush père, qui était le directeur de la CIA quand ses agents ont saboté l’avion ; le second, protégé par Bush (fils), attend en liberté un procès instruit pour des causes mineures, et non, comme il se devrait, pour les nombreuses accusations de terrorisme international qui pèsent sur lui.

Encore tout récemment, ces groupes revendiquaient publiquement leurs crimes et annonçaient avec le plus grand cynisme de nouveaux actes de terreur.

Si l’impunité n’avait pas régné, Cuba n’aurait pas dû souffrir soixante-huit actions terroristes dans les années 90 et le jeune Italien, Fabio di Celmo, ne serait pas mort durant la vague d’attentats terroristes perpétrés contre des installations touristiques de La Havane en 1997.

Les aveux révélateurs du terroriste Chávez Abarca, arrêté par les autorités vénézuéliennes quand il se disposait à attenter contre la stabilité de ce pays frère et d’autres nations latino-américaines, diffusés par la télévision cubaine le 27 et 28 septembre dernier, confirment en détail de nouvelles routes du terrorisme international et apportent des preuves irréfutables sur la culpabilité de Posada Carriles et de ses parrains aux USA.

Malgré tous ces crimes, Cuba a toujours lutté d’une manière exemplaire contre le terrorisme et a constamment condamné tous les actes de cette nature, sous toutes leurs formes et manifestations.

Notre pays a souscrit les treize conventions internationales existant en la matière et remplit strictement les engagements et les obligations qui découlent des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il ne possède pas d’armes d’extermination massive, de quelque nature qu’elles soient, et il n’a pas l’intention de s’en doter, et il tient les obligations qui sont les siennes aux termes des instruments internationaux en vigueur au sujet des armes atomiques, chimiques et bactériologiques.

Le territoire cubain n’a jamais été utilisé – et ne le sera jamais – pour y organiser, financer ou exécuter des actes terroristes contre aucun pays, y compris les USA.

Les autorités cubaines ont fait savoir à différentes reprises aux administrations étasuniennes qu’elles étaient prêtes à échanger des informations au sujet de plans d’attentat et d’actions terroristes visant des cibles des deux pays.

Nous avons offert à l’administration étasunienne, en temps opportun, des informations abondantes sur des actes terroristes commis contre Cuba. Le cas le plus connu remonte à 1997-1998, quand nous avons remis au FBI de très nombreuses preuves concernant les attentats à la bombe perpétrés dans plusieurs centres touristiques cubains, en lui donnant même accès aux auteurs, en prison ici, et à des témoins.

Or, en guise de réponse, le FBI de Miami, qui a noué des liens étroits avec l’extrême droite cubano-étasunienne, parraine du terrorisme contre notre île, n’a pas eu de cesse qu’il ne poursuive et n’arrête nos compatriotes Antonio, Fernando, Gerardo, Ramón et René, que l’administration étasunienne n’aurait jamais dû arrêter.

Aujourd’hui, grâce à la solidarité internationale, le monde entier connaît le traitement injuste infligé aux Cinq Héros qui luttaient pour protéger du terrorisme le peuple cubain et même le peuple étasunien.

Jusqu’à quand le président Obama fera-t-il la sourde oreille à la clameur internationale et permettra-t-il la poursuite de cette injustice qu’il a toute faculté d’éliminer ? Jusqu’à quand nos Cinq Héros moisiront-ils en prison ?

L’administration étasunienne, en inscrivant de nouveau arbitrairement notre pays sur l’infâme liste annuelle du département d’État concernant les « États parrains du terrorisme », a fait fi une fois de plus de l’attitude exemplaire de Cuba dans ce domaine.

Elle a aussi dédaigné la coopération que notre pays a offerte à trois reprises – novembre et décembre 2001, et mars 2002 – à ses prédécesseurs, quand nos représentants ont proposé un projet de programme de coopération bilatéral pour combattre le terrorisme, une proposition qu’elle a réitérée en juillet 2009, sans avoir reçu la moindre réponse à ce jour.

Le gouvernement cubain presse le président Obama d’être conséquent avec son engagement dans la lutte antiterroriste et d’agir fermement, sans deux poids deux mesures, contre ceux qui, depuis les USA, ont perpétré et s’entêtent à perpétrer des actes terroristes contre Cuba.  Ce serait une digne réponse à la lettre ouverte que lui a adressée le Comité des familles des victimes du sabotage de l’avion cubain à La Barbade, et qui a été publiée aujourd’hui.

Il ne devrait pas oublier, fût-ce un instant, que la quantité de Cubains morts et disparus à cause de ce terrorisme d’État est supérieure à celle des victimes des attentats aux Tours jumelles et à Oklahoma ensemble !

Je voudrais conclure notre hommage en évoquant l’inoubliable veillée funèbre organisée, le 15 octobre 1976, pour les victimes du crime de la Barbade, quand nous avons tous juré de rappeler à jamais cet ignoble assassinat et de le condamner dans une indignation inextinguible.

Répétons donc la phrase que le compañero Fidel a prononcée ce jour-là : « Quand un peuple énergique et viril pleure, l’injustice pleure ! »

Nous serons fidèles à jamais à notre engagement envers nos morts !

Gloire à nos héros et martyrs !

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Réflexions du compañero Fidel : LES ARMES ATOMIQUES ET LA SURVIE DE L’HOMO SAPIENS

Au meeting pour le cinquantième anniversaire des Comités de défense de la Révolution, j’ai affirmé : « La Révolution cubaine, dans notre petite île ignorée, venait de voir le jour, mais comme elle l’a fait à seulement cent cinquante kilomètres du puissant Empire, elle est devenue quelque chose qui mettait à l’épreuve l’orgueil de la superpuissance dominant notre continent et une grande partie du monde. » J’ai promis de revenir sur ce que j’avais dit deux jours plus tôt à l’ONU.  J’avais averti que notre lutte serait « prolongée et dure ». Je dois ajourner cette tâche pour le moment. Un autre thème, en effet, est plus important.

Il fallait informer amplement notre peuple qui, comme beaucoup le savent dans le monde, se caractérise par les niveaux de connaissances élevés qu’il a atteints en cinq décennies après avoir vécu dans un pays semi-colonisé et monoproducteur comptant une quantité considérable d’analphabètes et de semi-analphabètes, une scolarité général faible et des connaissances scientifiques réduites, de ce que l’énergie nucléaire peut signifier pour le sort de l’espèce humaine.

J’ai affirmé le 28 septembre : « Il serait peut-être bon, me semble-t-il, qu’on connaisse en gros ce qu’est l’arme atomique. J’ai vu des images concernant la masse critique, ce que signifie son emploi comme arme : autrement dit, prendre l’énergie qui meut l’univers pour faire la guerre. » À partir de 3000º, pratiquement tous les métaux et matériaux » fondent. « Qu’en sera-t-il à 10 000º ? […] Or, l’explosion atomique produite par la masse critique peut provoquer une chaleur de millions de degrés… »

Je tiens à ajouter à ces Réflexion, afin que le lecteur ait une idée du pouvoir destructeur de cette énergie, ce qu’Harry S. Truman écrivit le 25 juillet 1945, dans son journal, au sujet d’un essai réalisé dans l’État du Nouveau Mexique : « Un expérimentation faite dans le désert du Nouveau Mexique a été surprenante, pour ne pas dire plus. 5,9 kilos d’explosif ont totalement désintégré un pylône d’acier de 15,24 m, ouvert un cratère de 1,82 m de profondeur et de 365 m de diamètre, ont renversé un tour d’acier à 800 m de distance et jeté à terre des hommes qui se trouvaient à neuf kilomètres de distance. L’explosion a été vue à plus de  320 km et écoutée à plus de 64 km. »

À l’étape que vit le monde, alors qu’environ deux cents pays ont été reconnus comme des États indépendants ayant le droit d’être membres de l’Organisation des Nations Unies – une ridicule fiction juridique – la seule possibilité d’instiller de l’espoir consiste  à faire savoir aux masses, d’une manière sereine et raisonnée, que tout les habitants de la planète courent bel et bien un risque énorme.

Dans le cadre limité de nos relations, nous avons eu la possibilité d’accueillir en moins de trois semaines deux personnalités éminentes. La première, Alan Robock, est chercheur et professeur émérite à l’Université Rutgers, dans le New Jersey. Ce scientifique étasunien, travaillant de concert avec un groupe de brillants collègues, a prouvé et porté à son niveau actuel la théorie de l’ « hiver nucléaire » : il suffirait, nous a-t-il expliqué, de l’explosion de seulement 100 des 25 000 armes atomiques existant aujourd’hui pour causer la tragédie.

La théorie de l’ « hiver nucléaire » l’a prouvé : « “Si ces armes n’existaient pas, on ne pourrait pas les employer. Et il n’existe absolument aucun argument rationnel pour le moment qui puissent justifier leur emploi. Si on ne peut les employer, alors il faut les détruire, ce qui nous protégerait des accidents, des erreurs de calcul et de toute attitude démentielle. »

« …n’importe quel pays qui envisagerait de s’engager sur la voie nucléaire devrait reconnaître qu’il met en danger, non seulement sa population, mais aussi le reste du monde.

« …le recours aux armes nucléaires en cas d’une attaque totale contre une ennemi serait suicidaire, à cause du froid et de l’obscurité anormaux que provoquerait la fumée des incendies causés par la bombe. »

En réalité, la preuve est faite que plus un pays possède de bombes atomiques et moins il est en sûreté. »

Robock a cité la phrase d’Einstein : « Le pouvoir libéré de l’atome a tout changé, hormis notre façon de penser, et c’est pourquoi nous avançons sans cap vers une catastrophe sans précédent. »

J’ai répondu à ce noble scientifique : « « Ça ne sert à rien de les connaître nous-mêmes, il faut que le monde les connaisse. »

Le 2 octobre, nous avons reçu une autre personnalité dotée d’autorité et de prestige, l’économiste Michel Chossudovsky, directeur du Centre de recherche sur la mondialisation, et rédacteur en chef de site web Global Research, toujours plus connu et influent, professeur émérite à l’Université d’Ottawa, et consultant de nombreuses institutions internationales, telles que le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque africaine de développement, le Fonds des Nations Unies pour la population, et ayant de nombreux autres mérites qu’il serait trop d’énumérer.

L’une des premières activités de cet économiste et écrivain canadien a été de prononcer une conférence au théâtre Manuel Sanguily de l’Université de La Havane devant des étudiants, des professeurs et de chercheurs en sciences économiques. Il l’a faite et il a répondu aux questions en excellent espagnol. Il s’agit là d’un effort méritoire, dont je reprends ci-dessous les idées essentielles, surtout celles qui ont à voir avec les risques d’une guerre  avec recours aux armes atomiques.

« …l’économie néolibérale présente dans les universités d’Amérique du Nord des réalités qui sont absolument factices : les économistes ont beaucoup de mal… à analyser la réalité économique… la notion d’acteur économique n’existe pas.

« …la manipulation financière, les opérations secrètes des groupes de pouvoir, la duperie que génère ce système économique… c’est quelque chose qui échappe aux individus…

« Je voudrais me centrer bien plus, aujourd’hui, sur l’équipée militaire en cours. C’est une alliance des USA, de l’OTAN et d’Israël, c’est un projet militaire, mais c’est aussi un projet économique, parce que c’est un projet de conquête économique.

« …ces opérations militaires répondent… à des objectifs de nature économique… l’objectif économique le plus essentiel, ce sont les ressources de pétrole et de gaz naturel… de l’Est de la Méditerranée jusqu’aux frontières chinoises, et de la Mer caspienne au sud de l’Arabie saoudite […] Le Moyen-Orient et l’Asie centrale contiennent plus ou moins, selon les données, 60 p. 100 des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel.

« Si nous comparons ça aux réserves des USA, c’est trente fois plus. Les USA possèdent moins de 2 p. 100 des réserves mondiales… et ils mènent une guerre… pour contrôler ces ressources au nom de leurs sociétés pétrolières… la configuration du pouvoir économique, derrière cette guerre, ce sont des sociétés pétrolières comme British Petroleum, Chevron, Exxon […] les grandes sociétés pétrolières anglo-étasuniennes qui sont là et qui ont des intérêts dans ces régions.

« British Petroleum […] jadis Anglo Persian Oil Company qui était déjà un projet de conquête de l’Iran aussi bien que de l’Iraq après la seconde guerre mondiale…

« Si vous prenez l’ensemble des pays musulmans,  auxquels vous ajoutez le Nigeria, la Libye, l’Algérie, la Malaisie, l’Indonésie, Brunei, vous arrivez à presque 70 p. 100 des réserves mondiales de pétrole […] Les USA mènent une guerre de religions contre les habitants de ces pays qui ont du pétrole… une sainte croisade contre le monde musulman ; mais l’objectif religieux est le prétexte, la justification pour mener cette guerre. […] Les discours d’Obama, d’Hillary Clinton… veulent nous faire croire que les USA, avec tout leur pouvoir militaire et des dépenses militaires de presque un billion de dollars par an, font la guerre à Bin Laden et à Al Qaeda.

« …la contradiction du discours vient toujours de sources officielles […] la CIA a publié récemment un document selon lequel il ne reste plus qu’une cinquantaine de membres d’Al Qaeda en Afghanistan. […] cette guerre ne se fait pas contre les terroristes musulmans, mais son prétexte est de combattre en faveur de la démocratie et d’extirper le mal.

« Les documents militaires disent des choses intéressantes : « Si tu sais ce que tu veux, allons les chercher, parce qu’ils sont mauvais. » Il existe toute une rhétorique… c’est un discours que personne ne va contester, parce que l’autorité, le président Obama affirme : « Nous devons chercher Bin Laden, nous ne savons pas où il est ; s’il le faut… nous le dénicherons avec notre arme atomique « . »

« Après le 11 septembre, les USA ont formulé la doctrine de la guerre préventive et de la guerre atomique préventive […] compte tenu des objectifs de la lutte contre le terrorisme, il était juste d’utiliser notre arme nucléaire contre eux, et les médias, qui dénaturent tout, ont même présenté Bin Laden comme une puissance nucléaire […] ce sont là les pouvoirs nucléaires non étatiques… qui font alliance avec l’Iran qui est selon eux une puissance nucléaire, bien qu’il n’existe aucune preuve qu’il possède l’arme atomique.

« …les USA et leurs alliés menacent l’Iran de l’arme atomique, et la justification, ce sont les armes nucléaires inexistantes en Iran, et le prétexte est que ce pays est une menace à la sécurité mondiale.

« Voilà donc le discours, qui est appuyé, hélas, par un certain nombre de gouvernements… tous les gouvernements de l’OTAN et Israël sont partisans d’une guerre nucléaire préventive contre l’Iran […] censément l’Iran appuie Bin Laden et il faut lui imposer la « démocratie » à coups d’armes nucléaires.

« …nous sommes vraiment dans une conjoncture où l’avenir de l’humanité est en jeu, parce que si l’Iran est attaqué à l’arme atomique – comme on l’a déjà annoncé, et comme l’indiquent les préparatifs de guerre depuis 2004 –cette guerre au Moyen-Orient, en Asie centrale, qui est bornée pour l’instant à trois théâtres – l’Afghanistan, l’Iraq et la Palestine – connaîtra une escalade militaire avec préparation du scénario pour une troisième guerre mondiale.

« La deuxième guerre mondiale avait été un ensemble de guerres régionales… en Europe… dans le Pacifique… en Afrique… plusieurs théâtres… aujourd’hui il existe une intégration par systèmes de communication et par centralisation du commandement militaire à un endroit, l’US Strategic Command, au Nebraska. […] avec la militarisation de l’espace par le système de satellites, avec les systèmes de missiles dits intelligents, il y a régionalisation des opérations militaires… planification militaire des USA, mais en coordination. US Central Command […] Asie centrale et Moyen-Orient. […]  SOUTHCOM basé à Miami. […] Africa Command […]  qui et basé en Europe, pas en Afrique […] il y a toute une série de commandements régionaux, mais la dynamique de la guerre mondiale est bien différente de celle des guerres antérieures […] une coordination en temps réel, paisible, un commandement unique ; le système de défense antiaérienne de tous les pays de l’OTAN, des USA et maintenant d’Israël est intégré […] nous sommes dans un monde terriblement différent, avec des armes terriblement perfectionnées ; en plus de l’arme atomique, nous avons l’arme électromagnétique , avec la coordination de toutes ces opérations. […] l’OTAN a maintenant un commandement militaire lui aussi intégré, ce qui en fait une Alliance terriblement cohérente, qui peut lancer des opérations partout dans le monde. Ils ont une capacité d’armes de destruction massive, qui est terriblement perfectionnée.

« Tout ceci représente des contrats pour à peine quelques entreprises productrices d’armes – aux USA, on appelle ça Defense Contract – les entreprises qui ont des accords avec le département de la Défense. […] les dépenses militaires des USA sont 75 p. 100 des revenus provenant des impôts sur les familles, pas tout le revenu de l’État fédéral, mais les revenus que les individus et les familles paient tous les ans […] environ 1,1 billion de dollars, et les dépenses militaires sont de l’ordre de 750 milliards de dollars […] en gros 75 p. 100. […] Ce sont des chiffres officiels, mais les dépenses militaires sont bien plus importantes en réalité.

« …les dépenses militaires des USA représentent aujourd’hui un peu plus de la moitié des celles de tous les autres pays. […] leur économie est aussi terriblement biaisée en faveur d’une économie de guerre, avec toutes les conséquences : effondrement des services sociaux, des soins médicaux.

« L’appauvrissement que l’on constate aux USA, aussi bien à cause de la crise économique que de l’économie militaire, est terriblement grave, et il ne découle pas d’une pénurie de ressources, mais d’un transfert des richesse en peu de mains, de la stagnation qu’implique la compression du niveau de vie et aussi du fait que l’État assigne presque tous ses revenus au soutien de l’économie de guerre d’une part et au sauvetage des banques, de l’autre.

« …dans le conflit entre l’URSS et les USA, il y avait une espèce d’entente… Autrement dit, ils n’allaient pas utiliser l’arme atomique parce qu’ils savaient que c’était une arme qui annihilerait la société entière.

« On a d’abord présenté cette doctrine de la guerre nucléaire préventive, en reclassant l’arme atomique comme une arme classique… dans la Guerre froide, il existait le téléphone rouge, il fallait appeler Moscou… il y avait donc reconnaissance que c’était quelque chose de dangereux.

« …en  2002, la situation a été la suivante : il y a eu une campagne de propagande dans les forces armées pour faire croire que l’arme nucléaire tactique était sans danger pour la population civile […] safe for the surround civilian population, autour de l’endroit de l’explosion. Ils ont appelé cette bombe nucléaire mini-niuk – qui veut dire petite bombe atomique. […] dans l’idéologie, dans la falsification scientifique on a présenté cette nouvelle génération de bombes atomiques comme quelque chose de très différents de la bombe stratégique. […] J’ai ici un paquet de cigarettes qui dit : « Fumer peut vous faire du mal ». C’est ce qu’a fait le Pentagone : il a changé l’étiquette de la bombe atomique  avec l’aval de scientifiques vendus, cooptés. « Cette bombe nucléaire est sans danger pour la population civile, c’est une bombe humanitaire. » Je n’exagère pas, vous pouvez consulter les documents pertinents. […] C’est de la propagande interne, dans les forces armées mêmes : safe for the surround civilian population […] C’est comme si vous utilisiez une caméra de vidéo, il y a un manuel pour cette bombe.

« Autre point : d’abord, ce n’est pas le commandant en chef, autrement dit le président des USA, qui décide de l’utilisation de la bombe nucléaire. Celle-ci, que le Sénat a reclassée en 2002 comme petite bombe, qui équivaut à six fois celle d’Hiroshima,  fait maintenant partie de l’ensemble des armes classiques…  il existe aussi dans la terminologie militaire la boîte à outils, the tool box. […] C’est la boîte à outils, et je suis le commandant général à trois étoiles […] le  type dit : « Voilà donc la mini-niuk, il lit le manuel […] Et là il est écrit qu’on peut utiliser cette bombe nucléaire.

« Je n’exagère pas. Une fois que la propagande est dans les manuels militaires, cela devient une ligne de conduite, et le problème est le suivant : ce discours inquisitorial est si perfectionné, si avancé, qu’il pourrait conduire à des décisions qui sont terribles pour l’avenir de l’humanité, et il faut donc que nous soyons tous ensemble contre ce projet militaire, ce projet de guerre.

« J’ai parlé de 750 milliards de dollars en dépenses militaires, et de 1,5 billion de dollars pour sauver les banques, tout ça en 2008-2009 […] si vous additionnez ces deux chiffres, vous avez un total qui dépasse toutes les recettes de l’État, qui sont pour une année de l’ordre de 2,3 billions, dont une grande partie sert à financer la guerre et à financer les fraudes, produit de la crise économique […] si nous voyons le programme mis en place sous Bush… il était de 750 milliards, et un autre plan similaire a été lancé par Obama au début de son mandat, en gros un billion de dollars… le total de ces opérations de sauvetage par différents moyens est estimé de 6 à 8 billions de dollars, soit de trois à quatre fois les recettes annuelles de l’État fédéral des USA.

« …l’État va s’endetter, et ce sont les banques qui le supervisent. […] les bénéficiaires du sauvetage sont en même temps les créanciers de l’État, et on appelle cette boucle financer son endettement […] les banques disent : « Bon, vous nous devez de l’argent,  parce que nous devons financer la dette qui découle du déficit fiscal, à cause tant des dépenses militaires que des opérations de sauvetage ».

«La structure fiscale des USA est dans une situation terriblement grave, ce qui conduit à une conjoncture de privatisation de fait de l’État, parce qu’il n’y a pas d’argent pour financer la sante, l’éducation, les travaux publics et tout le reste. On assiste donc peu à peu à une privatisation de l’État et une privatisation de la guerre. C’est d’ailleurs déjà en route : une bonne partie de cette guerre est faite par des sociétés privées, des mercenaires, liées au complexe militaire ou industriel. »

A suivre demain.

Fidel Castro Ruz

Le 7 octobre 2010

20 h 47

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Réflexions du compañero Fidel : LE COUP DE GRIFFE EN SUSPEND

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J’ai écrit mes Réflexions du mardi 8 juin, « Au seuil de la tragédie » en début d’après-midi. Plus tard, j’ai regardé le programme de la télévision, « Table ronde », de Randy Alonso, qui débute en général à 18 h 30.

Ce jour-là, de prestigieux intellectuels cubains qui participaient à ce programme, soumis aux questions pertinentes du directeur, répondirent avec éloquence qu’ils respectaient beaucoup mon opinion, mais qu’ils ne croyaient pas qu’il y ait des raisons pour que l’Iran rejette l’éventuelle résolution  – connue alors – que devait adopter le Conseil de sécurité de New York, le 9 juin au matin et qui avait été sans aucun doute concertée entre les dirigeants des trois puissances ayant le droit de veto, les États-Unis, l’Angleterre et la France, avec leur homologues de Russie et de Chine, qui le possèdent aussi.

À cet instant, j’ai dit aux personnes proches qui m’accompagnent d’ordinaire : « Que je regrette de n’avoir pas conclu mes Réflexions en disant que personne plus que moi ne souhaite se tromper », mais il était tard et je ne pouvais en retarder l’envoi au site web « CubaDebate » et au journal Granma.

Le lendemain, comme je savais que la réunion du Conseil de sécurité s’ouvrait à dix heures, j’ai eu l’idée de mettre CNN en espagnol qui devait sans aucun doute donner des nouvelles du débat. De fait, j’ai pu écouter le discours par lequel son président présentait un projet de résolution soumis quelques jours avant par les États-Unis et soutenu par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Des représentants des principaux États impliqués dans ce projet ont pris la parole. La représentante des USA a expliqué pourquoi son pays le votait, sous le prétexte éculé qu’il fallait punir l’Iran d’avoir violé les principes du Traité de non-prolifération nucléaire. De son côté, le représentant de la Turquie, dont l’un des navires de la flottille qui apportait des aliments au million et demi de Palestiniens assiégés dans un morceau de leur patrie avait été victime de la brutale attaque héliportée des troupes d’élites israéliennes, au petit matin du 31 mai, a fait savoir que son gouvernement s’opposait à de nouvelles sanctions contre l’Iran.

CNN, dans son créneau de nouvelles, a présenté des vues de mains levées en fonction de prise de position, dont celle du représentant du Liban, qui fit savoir que son pays s’abstiendrait.

On peut résumer l’attitude des membres du Conseil de sécurité qui ont voté contre la résolution dans la main droite sereine et ferme de la représentante du Brésil qui avait exposé d’un ton sûr les raisons pour lesquelles son pays s’y opposait.

Comme il y avait encore des tas de nouvelles sur ce point, je suis allé sur TeleSur qui a étanché pendant des heures ma soif insatiable d’informations.

Le président Lula da Silva a prononcé à Natal, dans le  Nord-Est du Brésil, deux phrases lapidaires : les sanctions étaient imposées par « ceux qui croient à la force, et non au dialogue » ; la réunion du Conseil de sécurité « aurait pu servir à discuter du désarmement des pays qui ont des armes atomiques ».

Il ne serait pas étonnant qu’Israël et les États-Unis, ainsi leurs étroits alliés ayant droit de veto au Conseil de sécurité – la France et le Royaume-Uni – veuillent profiter de l’énorme intérêt que soulève la Coupe du monde de football pour rassurer l’opinion internationale, indignée par la conduite criminelle des troupes d’élite israéliennes face à la Bande de Gaza.

Il est donc très probable que le coup de griffe soit retardé de quelques semaines, voire que la plupart des gens oublient cette question durant les chaudes journées d’été. Il ne restera plus qu’à observer le cynisme dont les dirigeants israéliens feront étalage quand la presse les mitraillera de questions dans les prochains jours. Le puissant Empire, le moment voulu,  élèvera toujours plus la barre en matière d’exigences avant d’appuyer sur la gâchette. Il rêve de répéter l’histoire de Mossadegh en 1953 ou de ramener l’Iran à l’âge de pierre, une menace dont il aime user dans ses rapports avec le Pakistan.

L’État d’Israël voue une telle haine aux Palestiniens qu’il n’hésiterait pas à envoyer le million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants de Gaza aux fours crématoires dans lesquels les nazis exterminèrent des millions de juifs de tous les âges.

Il semblerait que la croix gammée du Führer soit aujourd’hui le drapeau d’Israël. Je ne le dis pas par haine, j’exprime le sentiment d’un pays qui s’est solidarisé avec les juifs et les a accueillis quand, à la dure époque de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement de Batista, soumis à l’impérialisme, tenta de renvoyer un navire transportant des juifs de France, de Belgique et de Hollande qui avaient échappé aux persécutions nazies.

Au triomphe de la Révolution, j’ai connu de nombreux membres de la communauté juive installée à Cuba ; je leur ai rendu visite et je me suis entretenu avec eux à plusieurs reprises. Nous ne les avons jamais expulsés. Les différends sont nés des lois révolutionnaires qui touchaient des intérêts économiques ; par ailleurs, la société de consommation attirait beaucoup de juifs, alors que la Révolution impliquait des sacrifices. Beaucoup sont partis, mais d’autres sont restés dans notre patrie, prêtant des services utiles à Cuba.

Un jour ténébreux se lève sur le monde.

Hier, à 12 h 44, Obama a parlé de la résolution du Conseil de sécurité.

En voici quelques extraits, selon la version espagnole de CNN.

« Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a voté à la majorité des sanctions contre l’Iran à cause de ses violations réitérées…

« Cette résolution contient les sanctions les plus fortes contre le gouvernement iranien et adresse un message sans ambiguïté quant à la volonté de la communauté internationale de freiner l’expansion des armes atomiques.

« Pendant des années, le gouvernement iranien a violé les obligations qui sont les siennes aux termes du Traité de non-prolifération nucléaire.

« Tout en s’occultant derrière la rhétorique, les dirigeants iraniens continuent d’agir.

« Quand j’ai pris ma fonction voilà seize mois, l’intransigeance iranienne était déjà bien forte.

« Nous lui avons offert des perspectives d’un avenir meilleur s’il respectait ses obligations internationales.

« Ici, il n’y a pas deux poids deux mesures.

« L’Iran a violé ses obligations de suspendre l’enrichissement de l’uranium en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité

«Voilà pourquoi ces mesures sont si sévères.

« Ce sont les plus rigoureuses imposées à l’Iran.

« Ceci prouve qu’il existe une vision commune qu’il ne convient à personne de mettre au point ces armés au Moyen-Orient. »

Cette sélection de phrases du bref discours d’Obama est plus que suffisante pour prouver combien la politique du puissant Empire est faible, inconsistante et injustifiable.

Obama avait admis dans son allocution à l’Université islamique Al-Azhar, du Caire, qu’ « en pleine Guerre froide, les États-Unis avaient joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu », bien qu’il n’ait jamais précisé quand ni dans quel but. Il est même possible qu’il ne se rappelle pas comment les USA renversèrent Mossadegh pour pouvoir installer à sa place la dynastie de Reza Pahlévi, le shah d’Iran, qu’ils armèrent jusqu’aux dents pour en faire leur principal gendarme au Moyen-Orient et qui accumula une immense fortune grâce aux richesses pétrolières du pays.

À l’époque, l’État d’Israël ne possédait aucune arme nucléaire. L’Empire disposait, lui, d’une force de frappe atomique énorme et sans rivale. Et c’est alors qu’il eut l’idée aventurière de créer au Moyen-Orient un nouveau gendarme qui menace aujourd’hui une partie considérable de la population mondiale et qui est capable d’agir avec son indépendance et son fanatisme caractéristiques.

Fidel Castro Ruz

Le 10 juin 2010

11 h 59

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Réflexions du compañero Fidel : L’EMPIRE ET LE MENSONGE

Je n’ai pas le choix : il me faut écrire deux Réflexions sur l’Iran et la Corée pour expliquer qu’il existe un danger de guerres imminent où serait employée l’arme nucléaire. J’ai dit aussi qu’il était possible de faire tourner court le premier si la Chine décidait de recourir à son droit de veto pour bloquer la résolution que les États-Unis promeuvent au Conseil de sécurité des Nations Unies. Le second dépend de facteurs qui échappent à tout contrôle, étant donné la conduite fanatique d’Israël, converti par les USA en une forte nation nucléaire qui n’accepte aucun contrôle de la part de la superpuissance.

Lors de la première intervention des USA visant à écraser la Révolution islamique en juin 1953, pour défendre leurs intérêts et ceux de leur fidèle allié, le Royaume-Uni, et pour installer Mohammed Reza Pahlevi au pouvoir, Israël était un petit État qui ne s’était pas encore emparé de la quasi-totalité du territoire palestinien, d’une partie de la Syrie et d’une bonne part de la Jordanie voisine, défendue jusqu’alors par la Légion arabe dont il ne resta même pas l’ombre.

Aujourd’hui, les centaines de missiles à ogives nucléaires d’Israël, appuyés par les avions les plus modernes qui lui fournissent les USA, menacent la sécurité de tous les États de la région, arabe ou non, musulmans ou non, à portée de leur vaste rayon d’action, parce que leur précision est de quelques mètres.

Dimanche dernier, le 30 mai, quand j’écrivais les Réflexions intitulées L’Empire et la drogue, Israël n’avait pas encore attaqué brutalement la flottille qui transportait des vivres, des médicaments et des articles destinés au million et demi de Palestinien assiégés dans un petit fragment de ce qui avait été leur patrie durant des milliers d’années.

L’immense majorité des gens occupent leur temps à résoudre les besoins que leur impose la vie, dont les aliments, le droit aux loisirs et à l’étude, et d’autres problèmes vitaux de leurs familles les plus proches, et ils ne peuvent partir en quête d’informations sur les événements de la planète. On les voit partout, pleins de noblesse, espérant que d’autres se chargeront de chercher des solutions aux problèmes qui les écrasent. Ils sont capables de se réjouir et de sourire. Ils rendent ainsi heureux les gens qui, comme nous, ont le privilège d’observer avec équanimité les réalités qui nous menacent tous.

On accuse la Corée du Nord d’avoir torpillé la corvette sud-coréenne Cheonan, conçue selon une technologie de pointe, dotée d’un vaste système de sonar et de senseurs acoustiques sous-marins, dans des eaux situées face à ses côtes, cette action atroce ayant coûté la vie à quarante marins sud-coréens et causé des dizaines de blessés.

J’avais du mal à déchiffrer le problème. D’une part, je ne parvenais pas à m’expliquer comment un gouvernement, même s’il jouit de beaucoup d’autorité, pouvait utiliser des mécanismes de commandement pour donner l’ordre de torpiller un bâtiment de ce genre ; de l’autre, je n’ai pas cru une seconde la version selon laquelle Kim Jong il avait donné cet ordre.

Je n’avais pas assez d’éléments en main pour aboutir à une conclusion, mais j’étais sûr que la Chine opposerait son veto au projet de résolution soumis au Conseil de sécurité pour sanctionner la Corée du Nord. Mais je ne doute absolument pas, par ailleurs, que les États-Unis ne peuvent éviter que le gouvernement incontrôlable d’Israël emploie l’arme nucléaire.

Le 1er juin, dans la soirée, la vérité a commencé à se faire jour au sujet de ce qui s’était vraiment passé.

J’ai écouté à 22 h 30 le journaliste Walter Medina, animateur d’un  programme phare de la télévision vénézuélienne, « Dossier », faire une analyse percutante. Sa conclusion est que les États-Unis ont fait croire aux deux parties de la Corée ce que chacune affirmait de l’autre, en vue de régler le problème du territoire occupé par la base d’Okinawa  dont le nouveau Premier ministre japonais, se faisant l’écho des aspirations de paix de la population, réclamait la rétrocession. Si son parti avait remporté un soutien électoral énorme, c’est justement parce qu’il avait promis d’obtenir le retrait de la base militaire installée là, comme un poignard planté depuis plus de soixante-cinq ans au cœur même du Japon, aujourd’hui développé et riche.

Le Global Research permet de connaître des détails absolument sidérants de ce qui est arrivé, grâce à l’article de Wayne Madsen, journaliste enquêteur de Washington, qui a diffusé des informations émanant de sources de renseignements sur le site web Wayne Madsen Report.

Ces sources, affirme-t-il

« soupçonnent que l’attaque à la corvette de guerre anti-sous-marin  de la marine sud-coréenne Cheonan, a été organisée sous un faux pavillon afin de faire croire qu’elle provenait de Corée du Nord.

« L’augmentation des tensions dans la péninsule coréenne visait surtout, entre autres objectifs, à exercer des pressions sur le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama afin qu’il modifie sa politiques relative au retrait à Okinawa de la base des marines étasuniens. Hatoyama a admis que les tensions créées par le torpillage du Cheonan avaient eu une grande influence sur sa décision de permettre aux marines étasuniens de rester à Okinawa. La décision de Hatoyama a provoqué une division dans le gouvernement de coalition de centre-gauche, ce dont Washington s’est réjoui, puisque le leader du Parti social-démocrate Mizuho Fukishima a menacé de s’en retirer à cause de cette volte-face au sujet d’Okinawa.

« Le Cheonan a été coulé près de l’île Baengnyeong, un endroit de l’extrémité occidentale éloigné de la côte sud-coréenne, mais face à la côte nord-coréenne. Cette île est fortement militarisée et à portée de l’artillerie de défense côtière nord-coréenne, située de l’autre côté d’un étroit canal.

« Le Cheonan,  une corvette de guerre contre sous-marins, était équipée de sonar de pointe, de vastes systèmes de sonar hydrophone et de senseurs acoustiques sous-marins. La Corée du Sud ne possède aucune preuve de sonar ou d’audio d’une torpille, d’un sous-marin ou d’un mini-sous-marin dans le coin. Comme il n’a quasiment aucune navigation dans le canal, la mer était silencieuse au moment du torpillage.

Or, lîle Baengnyeong abrite une base de renseignements militaires des USA et de Corée du Sud, et les forces spéciales de la marine étasunienne y opèrent. Il y avait aussi quatre bâtiments étasuniens dans le secteur, dans le cadre des manœuvres Foal Eagle entre les deux pays, durant le torpillage du Cheonan. Une investigation des traces métalliques et chimiques laissées par la torpille suspecte indique qu’il est de fabrication allemande.

« On suspecte que les forces spéciales de la marine étasunienne disposent d’une gamme de torpilles européennes afin de pouvoir recourir au « déni plausible » lors d’attaques sous de fausses couleurs. De plus, Berlin ne vend pas de torpédos à la Corée du Nord, mais maintient en revanche avec Israël un programme de coopération étroite de mise au point de sous-marins et d’armes sous-marines.

« La présence du Salvor, qui participait aux manœuvres Foal Eagle, si près de l’île Baengnyeong durant le torpillage de la corvette sud-coréenne, suscite des questions.

Le Salvor, un navire civil de sauvetage de la marine, qui a participé à des actions de pose de mines par les marins thaïlandais dans le golfe de Thaïlande en 2006, était présent au moment de l’explosion, avec un complément de douze hommes-grenouilles d’eaux profondes.

Beijing, satisfaite de l’affirmation d’innocence du Nord-Coréen Kim Jong Il qui a fait un voyage d’urgence depuis Pyongyang, suspecte que la marine étasunienne a joué un rôle dans le torpillage du Cheonan, associée à des soupçons particulier au sujet du rôle joué par le Salvor. Les soupçons sont les suivants :

« 1. Le Salvor participait à une opération de pose de mines dans le lit marin ; bref, il posait des mines anti-sous-marins tirées horizontalement au fond de la mer.

« 2. Le Salvor réalisait une inspection routinière de maintenance de mines dans le lit marin, les plaçant sur un mode électronique actif – déclenchement par gâchette sensible – dans le cadre du programme d’inspection.

« 3. Un homme-grenouille des forces spéciales a posé une mine magnétique sur le Cheonan, dans le cadre d’un programme clandestin, afin d’influencer l’opinion publique en Corée du Sud, au Japon et en Chine.

“Les tensions dans la politique coréenne ont éclipsé opportunément tous les autres points à l’ordre du jour des visites de la secrétaire d’État Hillary Clinton à Beijing et à Séoul. »

Ainsi, d’une manière étonnamment facile, les USA ont réglé un important problème : liquider le gouvernement d’unité nationale du Parti démocrate de Yukio Hatoyama, mais à un coût très élevé :

  1. Ils ont  profondément offensé leurs alliés de Corée du Sud.
  2. Ils ont souligné l’habileté et la rapidité avec lesquelles leur adversaire Kim Jong Il a agi.
  3. Ils ont mis en relief le prestige de la puissante Chine, dont le président, plein d’autorité morale, est intervenu personnellement et a dépêché les principaux dirigeants du pays converser avec l’empereur Akihito, avec le Premier ministre et d’autres personnalités éminentes au Japon.

Les leaders politiques et l’opinion mondiale ont une preuve du cynisme et de l’absence totale de scrupules qui caractérisent la politique impériale des États-Unis.

Fidel Castro Ruz

Le 3 juin 2010

11 h16

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Un blocus économique sans équivalent dans l’histoire

Le blocus économique que les États Unis imposent à Cuba depuis déjà presque un demi siècle est condamné chaque année par l’immense majorité des 192 pays membres de l’ONU. Le gouvernement de cette nation, > la plus puissante du monde, devrait donc se demander sérieusement pourquoi tous ces pays prennent, une année après l’autre, le risque de  manifester ainsi leur opposition à sa politique. En 2008, ce sont 185 pays qui ont voté contre le maintient du blocus, et seulement 3 ont voté en sa faveur, en comptant les propres États-Unis.

Cuba a de nouveau informé cette année des raisons socio- économiques, morales et éthiques qui l’obligent à exiger, une fois de plus, que soit mis fin au blocus économique, commercial et financier.

Tout le monde peut avoir accès à ce rapport s’il veut connaître la  vérité.

Il y est indiqué que les dommages directs causés par ce blocus depuis le début de son application représentent plus de 96 milliards de dollars de pertes économiques, mais qu’en fait, en ajustant les prix à la valeur actuelle du dollar nord-américain, ces pertes peuvent être évaluées à plus de 236 milliards de dollars.

Il s’agit là de froides données numériques, mais en réalité, il faut tenir compte d’autres conséquences comme la perte de nombreuses vies qui auraient pu être sauvées et l’impossibilité d’acquérir de nombreuses ressources matérielles.

Cette guerre criminelle frappe également les citoyens nord-américains car il leur est refusé de commercer avec Cuba, ou de profiter de produits ou de services cubains peu onéreux, d’avoir accès à certaines thérapeutiques cubaines exclusives ou de passer des vacances saines dans l’un des pays les plus chaleureux, tranquilles et paisibles du monde entier.

Il est clair que cette politique anti-cubaine est le pilier de l’ « industrie » de la contre-révolution, dont le blocus n’est qu’un des aspects. Il fournit l’occasion de payer grassement certains personnages de la mafia annexionniste installée à Miami en utilisant pour cela des fonds versés par les contribuables nord-américains.

Obama a éliminé quelques unes des restrictions les plus impopulaires imposées aux cubains résidant aux États-Unis, décidées par son antécesseur Bush, en relation avec la possibilité de voyager à Cuba ou d’y envoyer des aides monétaires aux membres de leurs familles qui y résident.  Mais les restrictions se maintiennent pour les cubains résidant aux États-Unis qui n’ont plus aucune famille dans l’île antillaise.

Rien non plus n’a été fait pour rétablir le droit, pourtant garanti par la constitution, des citoyens nord-américains de voyager librement à Cuba.

A l’heure actuelle, l’essence de la structure réelle du blocus se maintient inchangée, y compris son illégale extraterritorialité qui empêche des entreprises d’autres pays qui dépendent d’entreprises nord-américaines de maintenir des relations commerciales normales avec Cuba,  à moins de s’exposer au risque de graves sanctions. Pour ce motif, entre janvier et septembre de cette année, 23 entreprises ou personnes se sont ainsi vues imposer de fortes amendes.

Le rapport remis cette année par Cuba à l’ONU sur ce thème est très détaillé. Il indique, entre autres, les noms et prénoms des enfants en attente d’opérations complexes du cœur, qui n’ont pas pu être réalisées car il a été interdit à Cuba d’acheter les produits essentiels pour les mener à bien.

Nous n’avons ici présenté que certaines des raisons pour lesquelles les États-Unis devraient terminer cette guerre économique contre la petite île antillaise. La solidarité active des peuples qui admirent l’esprit de résistance des cubains et l’appui croissant de ceux qui connaissent la vérité seront toujours des facteurs essentiels pour que la raison puisse vaincre la malveillance.

source : cubainfo

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