Message au président de la république bolivarienne du Venezuela

Cher Hugo

Ce jour-ci marque le quinzième anniversaire de notre rencontre au Grand Amphithéâtre de l’Université de La Havane, le 14 décembre 1994. La veille, je t’avais attendu au pied de l’avion qui t’avait amené à Cuba.

J’avais suivi ton soulèvement armé contre le gouvernement vénézuélien vendu aux yankees. A Cuba nous avions entendu parler de tes idées alors que tu étais en prison et que, comme nous, tu t’attachais à enrichir la pensée révolutionnaire qui t’avait conduit à lancer le soulèvement du 4 février 1992.

Dans le Grand Amphithéâtre,  tu avais, d’une manière spontanée et transparente, avancé les idées bolivariennes que tu portais en toi et qui t’avaient amené, dans les conditions spécifiques de ton pays et de notre époque, à te battre pour l’indépendance du Venezuela contre la tyrannie de l’empire. Malgré les efforts de Bolivar et des autres colosses qui, remplis de rêves, avaient lutté contre le joug colonial espagnol, l’indépendance du Venezuela ne tenait à rien d’autre que de ridicules oripeaux.

Aucun instant de l’Histoire n’est pareil à l’autre; aucune idée ni aucun événement humain ne peut être jugé hors de son époque.  Toi et moi, nous sommes partis de conceptions qui ont évolué au fil des millénaires mais restent très liées à l’histoire lointaine ou récente où la division de la société en maîtres et esclaves, en exploiteurs et exploités, en oppresseurs et opprimés, fut toujours inquiétante et odieuse. Et elle constitue de nos jours la pire honte et la principale cause des malheurs et des souffrances des êtres humains.

Alors que la productivité du travail, aiguillonnée aujourd’hui par la technologie et la science, s’est multipliée des dizaines de fois, voire, dans certains domaines, des centaines et même des milliers de fois, des clivages aussi injustes auraient dû disparaître.

Toi et moi, et avec nous des millions de Vénézuéliens et de Cubains, partageons ces idées.

Tu es parti des principes chrétiens qu’on t’a inculqués et d’un caractère rebelle; moi, des idées de Marx et d’un caractère tout aussi rebelle.

Il est des principes moraux universellement reconnus qui sont valables pour un chrétien autant que pour un marxiste.

A partir de là, les idées révolutionnaires ne cessent de s’enrichir par la voie de l’étude et de l’expérience.

Il faut dire que notre amitié sincère et révolutionnaire est née alors que tu n’étais pas encore président du Venezuela. Je ne t’ai jamais rien demandé. Quand le mouvement bolivarien a remporté les élections de 1999, le pétrole valait moins de dix dollars le baril. Je m’en souviens bien parce que tu m’as invité à la cérémonie de passation des pouvoirs.

Le soutien décidé que tu as apporté à Cuba a été spontané, tout comme l’a été notre coopération avec le peuple frère vénézuélien.

En pleine « période spéciale », quand l’URSS s’est effondrée, l’empire a durci son brutal blocus contre notre peuple. A un moment donné, les cours du combustible ont augmenté, et nos approvisionnements en ont été menacés. Tu as garanti à notre pays des livraisons commerciales sûres et stables.

On ne saurait oublier qu’après le putsch politique contre la Révolution bolivarienne en avril 2002 et ta brillante victoire sur le putsch pétrolier à la fin de cette même année, quand les cours ont dépassé soixante dollars le baril, tu nous as offert un approvisionnement assorti de facilités de paiement. Bush était alors président des Etats-Unis et l’auteur de ces actes illégaux de haute trahison contre le peuple vénézuélien n’est autre que lui.

Je me rappelle ton indignation quand il a exigé que j’abandonne le Mexique pour atterrir lui-même dans ce malheureux pays où nous assistions toi et moi à une conférence internationale des Nations unies à laquelle il devait lui aussi participer.

L’empire ne pardonnera jamais à la Révolution bolivarienne d’avoir soutenu Cuba alors qu’il s’imaginait que notre peuple, après presque un demi-siècle de résistance héroïque, retomberait dans ses mains. À Miami, la contre-révolution réclamait trois jours de permission pour tuer des révolutionnaires dès que le gouvernement de transition exigé par Bush se serait installé à Cuba.

Dix années de coopération exemplaire et fructueuse entre le Venezuela et Cuba se sont écoulées. L’Alliance bolivarienne entre les peuples de Notre Amérique (ALBA) a vu le jour. La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), promue par les Etats-Unis, a avorté, mais l’empire passe de nouveau à l’offensive.

Le coup d’État au Honduras et l’établissement de sept bases militaires en Colombie sont intervenus après l’entrée du nouveau président à la Maison-Blanche. Son prédécesseur, lui, avait rétabli la IVe Flotte, un demi-siècle après la fin de la dernière guerre mondiale, alors qu’il n’y avait plus de guerre froide ni d’Union soviétique. Les intentions réelles de l’empire sautent aux yeux derrière le sourire aimable et le visage afro-américain de Barack Obama.

Daniel Ortega a expliqué hier comment le putsch au Honduras avait affaibli le Système d’intégration centraméricain en déterminant la conduite de ses membres.

L’empire mobilise derrière lui les forces de droite latino-américaines pour frapper le Venezuela, et, partant, les États de l’ALBA. S’il s’emparait de nouveau des grandes ressources pétrolières et gazières de la patrie de Bolivar, les pays des Antilles anglophones et d’autres d’Amérique centrale y perdraient les conditions généreuses d’approvisionnement que leur offre aujourd’hui le Venezuela révolutionnaire.

Voilà quelques jours, après le discours que le président Barack Obama a prononcé à l’école militaire de West Point pour annoncer l’envoi de trente mille soldats en Afghanistan, j’ai écrit des Réflexions où je qualifiais de cynique le fait d’avoir accepté le Prix Nobel de la paix alors même qu’il avait déjà adopté cette décision.

Le 10 décembre dernier, prononçant à Oslo son discours de récipiendaire, il défendait des idées qui constituent un bel exemple de la logique et de la pensée impérialistes : « …je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Etasuniens appelés à se battre dans un pays distant. Certains tueront, d’autres seront tués », a-t-il affirmé, tentant de présenter comme une « guerre juste » la boucherie brutale perpétrée dans ce lointain pays où la majorité de ceux qui périssent sont les habitants inoffensifs des villages écrasés sous les bombes que larguent ses avions sans pilote.

Après ces phrases-là, au début de son discours, Obama a consacré plus de quatre mille cinq cents mots à présenter ses massacres de civils comme une guerre juste. « Les guerres actuelles – a-t-il affirmé – tuent bien plus de civils que de soldats. »

Les civils tués en Irak, en Afghanistan et aux frontières du Pakistan dépassent d’ores et déjà le million.

Dans son discours Obama a fait l’éloge de Nixon et de Reagan comme de personnages illustres sans même se rappeler que le premier a largué plus d’un million de bombes sur le Vietnam et que le second a fait sauter par des moyens électroniques, sous les apparence d’un accident, le gazoduc de Sibérie. L’explosion a été si forte et si destructrice que les senseurs d’essais nucléaires l’ont captée.

L’allocution d’Obama à Oslo se différencie de celle de West Point au sens que celle-ci était mieux rédigée et déclamée ; dans la capitale norvégienne, le visage de l’orateur indiquait bien qu’il était conscient de la fausseté de ses dires.

Le moment et les circonstances n’étaient pas non plus les mêmes. Oslo est proche de Copenhague où se tient la très importante Conférence sur les changements climatiques à laquelle, je le sais, Evo et toi pensez participer. C’est là que se livre actuellement la bataille politique la plus importante de l’histoire humaine. Là aussi que l’on constate dans toute leur ampleur les dommages que le capitalisme développé a causés à l’humanité. Celle-ci doit maintenant se battre désespérément non seulement pour la justice, mais aussi pour la survie de l’espèce.

J’ai suivi de près le Sommet de l’ALBA. Je vous félicite tous. J’ai énormément apprécié de voir tant d’amis chers définir ensemble des idées et se battre unis. Je vous félicite tous.

Jusqu’à la victoire, toujours!

Une forte accolade.

Fidel Castro Ruz

Le 14 décembre 2009

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Réflexions du compañero Fidel : FAUT-IL DONNER CARTE BLANCHE A L’HYPOCRISIE ET AU MENSONGE ?

Dans leur lutte contre la Révolution cubaine, les États-Unis eurent pour meilleur allié le gouvernement vénézuélien dirigé alors par l’insigne Rómulo Betancourt Bello. Nous ne le savions pas. Il avait été élu président le 7 décembre 1958, et il n’avait pas encore assumé son poste quand la Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Quelques semaines après, j’eus le privilège d’être invité à visiter la patrie de Bolívar, qui avait été si solidaire avec notre pays, par le gouvernement provisoire de Wolfgang Larrazábal.

J’ai rarement senti dans ma vie plus de chaleur de peuple. On conserve des films de cette visite. Je pris la vaste autoroute qui s’était substituée au chemin asphalté par où les chauffeurs de véhicules les plus téméraires que j’ai jamais vus m’avaient conduit de Maiquetía à Caracas lors de mon premier voyage dans la capitale en 1948.

Mais, cette fois-là, j’écoutai aussi les sifflets les plus bruyants, les plus prolongés et les plus embarrassants de ma longue vie quand j’osai mentionner le nom du président frais élu mais pas encore installé : les masses les plus radicalisées de Caracas, une ville héroïque et combative, avaient voté contre lui à une majorité écrasante.

Les milieux politiques des Caraïbes et d’Amérique latine mentionnaient alors avec intérêt l’illustre Rómulo Betancourt.

Pour quelle raison ? Il avait été si radical dans sa jeunesse qu’il avait été nommé à vingt-trois ans membre du Bureau politique du Parti communiste costaricien, et qu’il le resta de 1931 à 1935. C’était l’époque difficile de la IIIe Internationale. Il apprit du marxisme-léninisme la structure de classe de la société, l’exploitation de l’homme par l’homme tout au long de l’histoire, le développement de la colonisation, du capitalisme et de l’impérialisme au cours des derniers siècles.

Il fonda au Venezuela en 1941, aux côtés d’autres dirigeants de gauche, le parti Action démocratique.

Il exerça la présidence provisoire du Venezuela d’octobre 1945 à février 1948 à la suite d’un coup d’État civil et militaire. Il reprit le chemin de l’exil quand le grand écrivain et intellectuel vénézuélien Rómulo Gallegos fut élu président constitutionnel et presque aussitôt renversé.

La machine bien huilée de son parti ayant fonctionné, il fut élu président aux élections du 7 décembre 1958, après que les forces révolutionnaires conduites par l’Assemblée patriotique que dirigeait Fabricio Ojeda eurent renversé la dictature du général Pérez Jiménez.

Quand, fin janvier 1959, je pris la parole sur la place du Silence où des centaines de milliers de personnes s’étaient réunies et que je mentionnai par simple politesse le nom de Betancourt, j’écoutai les huées dont j’ai parlé. Ce fut pour moi une véritable leçon de réalisme politique, Je dus ensuite lui rendre visite en tant que président élu d’une nation amie. Je découvris quelqu’un de bourré d’amertume et de ressentiment. C’était déjà là le modèle de gouvernement « démocratique et représentatif » dont avait besoin l’Empire. Le sien collabora de son mieux avec les Yankees avant l’invasion mercenaire de Playa Girón.

Fabricio Ojeda, un ami sincère et inoubliable de la Révolution cubaine que j’eus le privilège de connaître et avec qui j’eus de longs échanges, m’expliqua ensuite bien des choses sur la vie politique de sa patrie et sur le Venezuela dont il rêvait. Ce fut l’une des nombreuses personnes que ce régime, totalement au service de l’impérialisme, assassina.

Un demi-siècle s’est écoulé depuis. Je peux témoigner du cynisme exceptionnel de l’Empire auquel les révolutionnaires cubains, dignes héritiers de Bolívar et de Martí, ont fait face sans trêve ni repos.

Le monde a changé considérablement depuis l’époque de Fabricio Ojeda. Le pouvoir militaire et technologique de cet Empire s’est renforcé considérablement, ainsi que son expérience et son absence de scrupules totale. Ses ressources médiatiques sont plus coûteuses et moins assujetties à des normes morales.

Accuser le leader de la Révolution bolivarienne, Hugo Chávez, de préparer la guerre contre le peuple colombien, de déclencher une course aux armements, de produire des drogues et de promouvoir leur trafic, de réprimer la liberté d’expression, de violer les droits de l’homme, et lancer d’autres imputations similaires contre lui, relève d’un cynisme répugnant, qui ne dépare pas l’histoire passée et présente de l’Empire, et les valeurs qu’il prône. On ne saurait jamais oublier la réalité, ni manquer de la répéter : la vérité objective et raisonnée est l’arme la plus puissante à inculquer sans répit dans la conscience des peuples.

Le gouvernement étasunien – il faut le rappeler – a promu et soutenu le coup d’État fasciste réalisé au Venezuela le 11 avril 2002. Celui-ci ayant fait fiasco, il plaça tous ses espoirs dans le coup d’État pétrolier, soutenu par des programmes et des ressources techniques capables de liquider n’importe quel gouvernement, mais il sous-estima le peuple et la direction révolutionnaire de ce pays. Depuis, il n’a cessé de conspirer contre la Révolution vénézuélienne, comme il l’a fait et continue de le faire contre notre propre Révolution depuis cinquante ans. Mais les États-Unis aspirent à contrôler le Venezuela bien plus que Cuba, du fait de ses énormes ressources énergétiques et de ses autres matières premières, obtenues à des prix dérisoires, et où les transnationales possèdent les grandes installations et les grands services.

Après avoir écrasé à feu et à sang la révolution en Amérique centrale, après avoir installé par des coups d’État des dictatures sanguinaires et répressives qui freinèrent les avancées démocratiques et progressistes en Amérique du Sud, l’Empire ne saurait se résigner à la construction du socialisme au Venezuela. C’est là un fait réel, indéniable et flagrant pour quiconque possède un minimum de culture politique en Amérique latine et dans le monde.

Il vaut la peine de rappeler que le gouvernement vénézuélien n’a même pas acheté d’armes après le coup d’État promu par les États-Unis en avril 2002. Le baril de pétrole valait alors vingt dollars – une monnaie déjà dévaluée après que Nixon eut suspendu sa conversion en or en 1971, presque trente ans avant que Chávez ne monte à la présidence. Quand il y monta, le pétrole vénézuélien n’atteignait même pas dix dollars. Quand les cours flambèrent ensuite, il consacra les ressources de son pays à des programmes sociaux, à des plans d’investissement et de développement, et à la coopération avec de nombreuses nations des Caraïbes et d’Amérique centrale et d’autres d’Amérique du Sud aux économies les plus pauvres. Aucun pays n’a offert une coopération aussi généreuse.

Chávez n’a pas acheté un seul fusil dans les premières années de son gouvernement. Il a même fait quelque chose qu’aucun autre pays n’aurait fait dans des conditions où son intégrité était menacée : suspendre l’obligation légale de chaque citoyen honnête et révolutionnaire de défendre son pays les armes à la main.

Je pense plutôt que la République bolivarienne a trop tardé à acheter de nouvelles armes. Les fusils dont disposait l’infanterie plusieurs années après que Chávez ait accédé à la présidence remontaient à plus de cinquante ans : en novembre 1958, pénultième mois de notre guerre, le gouvernement provisoire de l’amiral Larrazábal me fit parvenir un fusil automatique FAL de ce genre !

C’est l’administration étasunienne qui a décidé bien plutôt le désarmement du Venezuela en prohibant de lui livrer les pièces nécessaires aux équipements militaires yankees vendus traditionnellement à ce pays, depuis des avions de combat et des transports militaires jusqu’aux appareils de communication et aux radars. Il est extrêmement hypocrite d’accuser maintenant le Venezuela de lancer une course aux armements.

D’autant que les États-Unis ont livré pour des milliards de dollars des armements, des moyens de combat, des transports aériens aux forces armées de la Colombie voisine et ont entraîné celles-ci, sous prétexte de lutte contre la guérilla. Je peux attester des efforts qu’a consentis le président Hugo Chávez pour contribuer à la paix intérieure dans ce pays frère. Les Yankees ne se sont d’ailleurs pas contentés de fournir des armes : ils ont aussi instillé des sentiments de haine contre le Venezuela aux troupes qu’ils entraînaient, tout comme ils l’ont fait au Honduras à travers l’équipe spéciale basée à Palmerola.

Les États-Unis fournissent aux unités de combat dans les pays où ils disposent de bases militaires le même uniforme et les mêmes équipements qu’à leurs propres troupes d’intervention partout dans le monde. Ils n’ont pas besoin de soldats à eux, comme en Iraq, en Afghanistan ou dans le nord du Pakistan, pour planifier des massacres contre nos peuples.

L’extrême droite impérialiste, qui contrôle les leviers essentiels du pouvoir, recourt à des mensonges éhontés pour occulter ses plans.

Eva Golinger, avocate et observatrice vénézuelo-étasunienne, a démontré comment les arguments stratégiques avancés dans le message que l’administration a fait parvenir au Congrès en mai 2009 pour justifier des investissements sur la base de Palanquero ont été totalement modifiés dans l’accord aux termes duquel Washington a obtenu cette base, de pair avec de nombreuses autres installations civiles et militaires. Le document adressé au Congrès le 16 novembre sous le titre : Addendum destiné à refléter les termes de l’accord de coopération en matière de défense entre les États-Unis et la Colombie, signé le 30 octobre 2009, « est absolument modifié », signale Eva Golinger, toujours incisive et bien informée : « On n’y parle plus de la « mission de mobilité » qui « garantit l’accès à tout le continent sud-américain, à l’exception du cap Horn ». On y omet toute référence à des opérations de « portée générale », à des « théâtres sécurisés » et à l’accroissement des capacités des forces armées étasuniennes à mener une « guerre rapide » dans la région. »

Il est évident par ailleurs que le président de la République bolivarienne bataille dur pour surmonter les contraintes que les États-Unis ont engendrés dans les pays latino-américains, entre autres la violence sociale et le trafic de drogues : en effet, la société étasunienne a été incapable d’éviter la consommation et le trafic de stupéfiants, ce qui a des conséquences dans de nombreux pays de la région.

La violence est l’un des produits les plus largement exportés par la société capitaliste étasunienne durant ce dernier demi-siècle à travers l’emploi croissant des médias et de l’industrie dite des loisirs. Ce sont là des phénomènes que la société humaine n’avait pas connus à ce jour. Ces médias pourraient toutefois être utilisés pour créer de nouvelles valeurs dans une société plus humaine et plus juste.

Le capitalisme développé a créé les sociétés dites de consommation et engendré par contrecoup des problèmes qu’il est incapable de maîtriser.

Le Venezuela est le pays qui réalise le plus rapidement des programmes sociaux à même de permettre de contrer ces tendances extrêmement négatives. Ses gros succès aux derniers Jeux sportifs bolivariens le prouvent.

À la réunion de l’UNASUR, le ministre vénézuélien des affaires étrangères a posé très clairement la question de la paix dans la région : quelle est la position de chaque pays face à l’installation de bases yankees en Amérique du Sud ? C’est là non seulement une obligation de chaque État, mais aussi une obligation morale de chaque homme et de chaque femme conscients et honnêtes de notre continent et du monde. L’Empire doit savoir que les Latino-Américains se battront sans trêve en toute circonstance pour défendre leurs droits les plus sacrés.

Il existe des problèmes encore plus graves et plus immédiats pour tous les peuples du monde : les changements climatiques, peut-être le pire et le plus urgent de nos jours.

Chaque État devra, d’ici au 18 décembre, adopter une décision. L’illustre prix Nobel de la paix, Barack Obama, devra de nouveau se positionner sur cette question épineuse.

Puisqu’il a accepté la responsabilité de recevoir ce Prix, il devra bien faire sienne la requête morale qu’a soulevée Michael Moore quand il a appris la nouvelle : « Eh bien, maintenant, gagnez-le donc ! » Le peut-il donc ?, me demandé-je. Alors que les milieux scientifiques à l’unanimité exigent de réduire les émissions de dioxyde de carbone d’au moins 30 p. 100 par rapport à 1990, l’administration étasunienne offre de ne les réduire que de 17 p. 100 par rapport à ses niveaux de 2005, soit à peine 5 p. 100 du minimum exigé pour 2020 par tous les scientifiques à tous les habitants de la planète. Les États-Unis consomment deux fois plus par habitant que l’Europe et dépassent les émissions de la Chine, un pays qui compte pourtant 1 338 000 000 d’habitants. Un membre de la société la plus surconsommatrice au monde émet des dizaines de fois plus de CO2 par habitant que le citoyen d’un pays pauvre du Tiers-monde.

D’ici à trente ans, les non moins de neuf milliards d’êtres humains qui peupleront la planète auront besoin que les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère soient réduites d’au moins 80 p. 100 par rapport à 1990. Toujours plus de dirigeants de pays riches le comprennent avec amertume ; en revanche, les hiérarques qui dirigent le pays le plus puissant et le plus riche de la planète, les États-Unis, se consolent en affirmant que ces prévisions sont de simples inventions des scientifiques. On sait d’ores et déjà que la conférence de Copenhague décidera tout au plus de poursuivre les discussions pour mettre d’accord plus de deux cents États et institutions qui devront assumer des engagements, dont un extrêmement important : lesquels parmi les pays riches contribueront et avec combien de ressources au développement et aux économies d’énergie des pays les plus pauvres ? Faut-il donner carte blanche à l’hypocrisie et au mensonge ?

Fidel Castro Ruz

Le 29 novembre 2009

19 h 15

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Réflexions du compañero Fidel : LA RÉVOLUTION BOLIVARIENNE ET LA PAIX

Je connais bien Chávez. Personne ne serait plus réticent que lui à faire couler le sang entre Vénézuéliens et Colombiens, deux peuples frères, autant que pourraient l’être les Cubains vivant à l’Est, au Centre ou à l’Ouest de notre île. Je ne trouve pas une meilleure manière d’exprimer la fraternité régnant entre les Vénézuéliens et les Colombiens.

L’accusation calomnieuse des  Yankees selon laquelle Chávez prépare la guerre contre la Colombie voisine a poussé un organe de presse colombien influent à publier dimanche dernier, 15 novembre, sous le titre de « Les tambours de la guerre », un éditorial méprisant et injurieux contre le président vénézuélien, et où l’on peut lire, entre autres, que « la Colombie doit prendre tout à fait au sérieux ce qui constitue la plus grave menace à sa sécurité en plus de soixante-dix ans, car elle provient d’un président qui a reçu en plus une formation militaire… »

« La raison en est que les possibilités d’une provocation sont de plus en plus grandes, et elles peuvent aller d’un incident frontalier à une attaque contre des installations civiles ou militaires colombiennes. »

Puis l’éditorial envisage comme « très probable qu’Hugo Chávez intensifie ses attaques contre les « émaciés » – sobriquet qu’il donne à ses opposants – et tente d’expulser du pouvoir municipal ou régional ceux qui le contredisent. Il l’a déjà fait avec le maire de Caracas… et il veut maintenant le tenter avec les gouverneurs des États frontaliers avec la Colombie qui refusent de se soumettre à sa férule… Un heurt avec des forces colombiennes ou l’accusation que des paramilitaires planifient des actions en territoire vénézuélien peut fournir l’excuse dont a besoin le régime chaviste pour suspendre les garanties constitutionnelles. »

Ces explications ne servent qu’à justifier les plans agressifs des États-Unis et la vile trahison à leur patrie de l’oligarchie et de la contre-révolution vénézuéliennes.

Alors que cet éditorial voyait le jour, le dirigeant bolivarien jugeait dans sa chronique hebdomadaire (« Les lignes de Chávez ») le fait que la Colombie,  dont les frontières avec le Venezuela s’étendent sur 2 050 kilomètres, ait impudiquement concédé sept bases militaires aux USA.

Le président de la République bolivarienne explique sa position avec courage et lucidité.

« … je l’ai dit vendredi au meeting pour la paix et contre les bases militaires étasuniennes en Colombie : je suis obligé de vous appeler toutes et tous à vous préparer à défendre la patrie de Bolívar, la patrie de nos fils. Si je ne le faisais pas, je commettrais un acte de haute trahison… Notre patrie est aujourd’hui libre et nous la défendrons au prix de notre vie. Le Venezuela ne sera plus jamais la colonie de qui que ce soit ; il ne pliera plus jamais le genou devant un envahisseur ou un Empire… Les gouvernements latino-américains ne peuvent pas ne pas réagir face au problème gravissime et capital qui a lieu en Colombie. »

Il avance des idées importantes : « …tout l’arsenal de guerre gringo envisagé dans l’accord répond au concept d’opérations extraterritoriales… convertit le territoire colombien en une gigantesque enclave militaire yankee… la pire menace à la paix et à la sécurité de la région sud-américaine et de toute Notre Amérique. »

« L’accord… interdit à la Colombie d’offrir à qui que ce soit des garanties de sécurité et de respect, même pas aux Colombiennes et aux Colombiens. Car un pays qui a cessé d’être souverain et qui est un instrument du « nouveau colonialisme » qu’avait entrevu notre Libertador ne peut pas en offrir. »

Chávez est un vrai révolutionnaire, un penseur profond, sincère, courageux, un travailleur inlassable. Il n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’Etat. Il s’est soulevé contre la répression et les massacres commis par les gouvernements néolibéraux qui bradèrent les énormes ressources naturelles du pays aux États-Unis. Il a fait de la prison, il a mûri et développé ses idées. Il n’est pas arrivé au pouvoir par les armes malgré son passé militaire.

Il a le grand mérite d’avoir frayé la voie difficile à une profonde révolution sociale, dans le cadre de la démocratie dite représentative et en respectant absolument la liberté d’expression, alors pourtant que les plus puissants médias étaient et sont toujours aux mains de l’oligarchie et au service de l’Empire.

En onze ans à peine, le Venezuela a fait les plus grands progrès éducationnels et sociaux au monde, malgré le coup d’État et les plans de déstabilisation et de discrédit ourdis par les USA.

L’Empire n’a pas décrété un blocus économique contre le Venezuela – comme il l’a fait pour Cuba – après l’échec de ses attaques perfectionnées contre le peuple vénézuélien, parce qu’il se serait imposé à lui-même un blocus énergétique, compte tenu de sa dépendance envers l’étranger dans ce domaine, mais il n’a pas renoncé pour autant à son objectif de liquider la révolution bolivarienne qui aide généreusement en ressources pétrolières les pays caribéens et centraméricains, qui a de larges relations d’échanges avec l’Amérique du Sud, la Chine, la Russie et de nombreux États d’Asie, d’Afrique et d’Europe, qui jouit de sympathies dans de vastes secteurs de tous les continents. L’Empire souffre en particulier de ses relations avec Cuba à laquelle il a imposé un blocus criminel qui remonte à cinquante ans. La Venezuela de Bolívar et Cuba de Martí promeuvent à travers l’ALBA de nouvelles formes de relations et d’échanges sur des bases rationnelles et justes.

La Révolution bolivarienne a été spécialement généreuse envers les pays caribéens à des moments de crise énergétique extrêmement graves.

À cette nouvelle étape que nous traversons, la Révolution vénézuélienne se heurte à des problèmes absolument nouveaux qui n’existaient pas quand, voilà exactement cinquante ans, notre Révolution a triomphé à Cuba.

Le trafic de drogues, la criminalité organisée, la violence sociale et le paramilitarisme existaient à peine. Les États-Unis ne s’étaient pas encore convertis en cet énorme marché des drogues que le capitalisme et la société de consommation y ont créé. Combattre le transit de drogues et empêcher leur entrée, et donc leur production et leur consommation, n’a pas été un gros problème pour la Révolution cubaine.

En revanche, ces fléaux signifient pour le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud une tragédie croissante qu’ils sont loin d’avoir surmontée. A l’échange inégal, au protectionnisme et au pillage de leurs ressources naturelles, se sont ajoutés le trafic de drogues et la violence de la criminalité organisée  que le sous-développement, la pauvreté, le chômage et le gigantesque marché de drogues étasunien ont engendrés dans les sociétés latino-américaines. L’incapacité du riche Empire à empêcher le trafic et la consommation de drogues a fait surgir dans de nombreuses parties de l’Amérique latine des plantations de cette herbe dont la valeur en tant que matière première de drogues dépasse largement celle des produits agricoles, créant par là de très graves problèmes sociaux et politiques.

Les paramilitaires colombiens constituent aujourd’hui la première troupe de choc de l’impérialisme pour combattre la Révolution bolivarienne.

Militaire, Chávez sait pertinemment que la lutte contre le trafic de drogues constitue un vulgaire prétexte par lequel les USA justifient un accord militaire qui répond entièrement à leur conception stratégique de l’après-guerre froide : étendre leur domination sur le monde.

Les bases aériennes, les moyens, les droits d’opération et l’immunité totale octroyés par la Colombie aux militaires et aux civils yankees sur son territoire n’ont rien à voir avec le combat contre la culture, la production et le trafic de drogues, qui sont devenus un problème mondial, puisqu’ils s’étendent non seulement en Amérique du Sud, mais qu’ils commencent aussi à gagner l’Afrique et d’autres régions. La drogue règne aujourd’hui en Afghanistan, malgré la présence massive des troupes yankees.

La drogue ne saurait être un prétexte pour établir des bases, envahir des pays et apporter la violence, la guerre et le pillage aux pays du Tiers-monde. C’est le pire environnement possible pour semer des vertus citoyennes et apporter l’éducation, la santé et le développement aux peuples.

Ils se trompent, ceux qui croient qu’en divisant les Colombiens et les Vénézuéliens, ils feront triompher leurs plans contre-révolutionnaires. Nombre des meilleurs et des plus modestes travailleurs au Venezuela sont des Colombiens, et la Révolution leur a apporté à eux-mêmes et à leurs êtres chers l’éducation, la santé, l’emploi, les droits citoyens et d’autres bienfaits. Les Vénézuéliens et les Colombiens défendront ensemble la grande patrie du Libertador d’Amérique ; ils se battront ensemble pour la liberté et la paix.

Les milliers de médecins, d’éducateurs et d’autres coopérants cubains qui font leur devoir internationaliste au Venezuela seront à leurs côtés !

Fidel Castro Ruz

Le 18 novembre 2009

14 h 23

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Réflexions du compañero Fidel : L’ALBA ET COPENHAGUE

Lors des festivités qui ont accompagné la Septième Réunion au sommet de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), tenu dans une région historique de Bolivie, Cochabamba, on a pu observer combien est riche la culture des peuples latino-américains et que de sympathies éveillent chez les enfants, les jeunes et les adultes de tous les âges les chants, les danses, les costumes et les visages expressifs des êtres humains de toutes les ethnies, couleurs et nuances : indigènes, Noirs, Blancs et métis. Des millénaires d’histoire humaine  et de riche culture s’y révélaient, ce qui explique la détermination avec laquelle les leaders de plusieurs peuples caribéens, centraméricains et sud-américains ont convoqué ce Sommet.

Celui-ci a constitué une grande réussite. Il s’est tenu en Bolivie. J’ai écrit ces derniers jours sur les excellentes perspectives de ce pays (Voir la Réflexion : Un prix  Nobel pour Evo), héritier de la culture aymara-quechua. Un petit groupe de peuples de la région s’obstine  à prouver qu’un monde meilleur est possible. L’ALBA, créée par la République bolivarienne du Venezuela et par Cuba à partir des idées de Bolívar et de Martí, a prouvé, exemple sans précédent de solidarité révolutionnaire, combien l’on peut faire en cinq ans à peine de coopération pacifique. Cette dernière a démarré peu après la victoire politique et démocratique d’Hugo Chávez. L’impérialisme l’a sous-estimé; il a tenté maladroitement de le renverser et de l’éliminer. Le Venezuela ayant été le plus gros producteur de pétrole au monde pendant une bonne partie du XXe siècle et une propriété virtuelle des transnationales yankees, le chemin sur lequel il s’est engagé était particulièrement ardu.

Le puissant adversaire pouvait faire fond sur le néolibéralisme et sur la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), deux instruments de domination par lesquels il a toujours écrasé toute résistance dans le continent depuis la Révolution cubaine.

On s’indigne rien que de penser à la façon grossière et méprisante dont l’administration étasunienne a imposé le gouvernement du millionnaire Pedro Carmona et a tenté d’éliminer le président élu Hugo Chávez alors que l’URSS avait disparu et que la République populaire de Chine était encore à quelques années de devenir la puissance économique et commerciale qu’elle est maintenant grâce à une croissance de plus de 10 p. 100 pendant deux décennies. Le peuple vénézuélien, comme l’a fait celui de Cuba, a résisté au brutal coup de bélier. Les sandinistes se sont relevés, et la lutte pour la souveraineté, l’indépendance et le socialisme a pris de la force en Bolivie et en Equateur. Le Honduras, qui avait rejoint l’ALBA, a été victime d’un brutal coup d’Etat inspiré par l’ambassadeur yankee et impulsé depuis la base militaire étasunienne de Palmerola (Voir les Réflexions de Fidel sur le Coup d’Etat au Honduras).

Nous sommes aujourd’hui quatre pays latino-américains à avoir éliminé radicalement l’analphabétisme : Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ;  le cinquième, l’Equateur, avance d’un bon pas vers cet objectif. Les plans de santé intégrale progressent dans les cinq pays à un rythme sans précédent dans aucun peuple du Tiers-monde. Les programmes de développement économique assorti de justice sociale sont devenus des projets de ces cinq Etats qui jouissent d’ores et déjà d’un prestige reconnu dans le monde par leur position courageuse face au pouvoir économique, militaire et médiatique de l’Empire. Trois pays caribéens d’origine noire et de langue anglaise qui luttent avec décision pour leur développement ont rejoint l’ALBA.

Ceci constitue en soi un grand mérite politique, et ce le serait assurément si le développement constituait dans le monde actuel le seul grand problème.

Le système économique et politique qui, en une brève étape historique, est parvenu à créer plus d’un milliard d’êtres humains affamés et plusieurs centaines de millions d’autres dont l’espérance de vie moyenne est la moitié de celle dont jouissent les pays privilégiés et riches, était à ce jour le principal problème de l’humanité.

Le Sommet de l’ALBA a soulevé avec beaucoup de force un nouveau problème extrêmement grave : les changements climatiques. A aucun autre moment de son histoire, l’humanité n’a dû faire face à un danger d’une telle ampleur.

Alors qu’Hugo Chávez,  Evo Morales et Daniel Ortega faisaient, hier dimanche, leurs adieux à la population dans les rues de Cochabamba, Gordon Brown, selon des informations de BBC Mundo, présidait à Londres une réunion du Forum des grandes économies du monde, constitué en majorité par les pays capitalistes les plus développés, autrement dit les premiers responsables des émissions de dioxyde de carbone, ce gaz qui provoque l’effet de serre.

L’importance des affirmations de Brown, c’est qu’elles ont été avancées, non par un représentant de l’ALBA ou de l’un des cent cinquante pays émergents ou sous-développés de la planète, mais par celui  de la Grande-Bretagne, le pays qui a été le berceau du développement industriel et l’un de ceux qui ont envoyé le plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Le Premier ministre britannique a averti que si le Sommet des Nations Unies ne parvenait pas à un accord à Copenhague, les conséquences en seraient « désastreuses ».

Des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur mortelles, telles sont quelques-unes de ces conséquences  « catastrophiques », a affirmé pour sa part l’organisation écologiste Fonds mondial de la nature, au sujet des affirmations de Brown. « Les changements climatiques échapperont à tout contrôle d’ici cinq ou dix ans si les émissions de CO2 ne sont pas réduites d’une manière draconienne. Si Copenhague échoue, il n’y aura de plan B. »

Ce même agence affirme : « Selon le spécialiste de la BBC,  James Landale, les choses ne vont pas aussi bien qu’on l’escomptait. »

Selon Newsweek, « il semble de plus en plus improbable que les Etats s’engagent à quoi que ce soit à Copenhague. »

Toujours selon cet important organe de presse étasunien, le président de la Réunion, Gordon Brown a déclaré : « Si l’on ne parvient pas à un accord, les dommages causés par les émissions sans contrôle ne pourront sans doute pas être réparés par un accord futur. » Puis il a cité des problèmes comme l’ « émigration sauvage et 1,8 milliard de personnes souffrant d’une pénurie d’eau ».

En fait, comme la délégation cubaine à Bangkok l’a fait savoir, les Etats-Unis étaient à la tête des pays industrialisés qui se sont opposés le plus à cette réduction nécessaire des émissions.

Le Sommet de Cochabamba a convoqué un nouveau Sommet de l’ALBA. Le calendrier sera donc le suivant : 6 décembre, élections en Bolivie ; 13 décembre, Sommet de l’ALBA à La Havane ; 16 décembre, participation au Sommet des Nations Unies à Copenhague.  Le petit groupe des pays de l’ALBA y sera. Ce n’est plus maintenant : « La patrie ou la mort », mais bel et bien, et sans exagération, « la vie ou la mort » pour l’espèce humaine.

Le système capitaliste ne fait pas que nous opprimer et saigner à blanc. Les pays industriels les plus riches veulent imposer au reste du monde le fardeau principal de la lutte contre les changements climatiques. Qui donc pensent-ils berner de la sorte ? À Copenhague, l’ALBA et les pays du Tiers-monde se battront pour la survie de notre espèce.

Fidel Castro Ruz

Le 19 octobre 2009

18 h 05

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Rencontre inoubliable avec Fidel

DIX jeunes avocats qui viennent tout juste de recevoir leur diplôme de l’Université de Carabobo et qui faisaient partie de la deuxième promotion «Fidel Castro» ont eu une rencontre émouvante avec Fidel Castro, ce samedi 22 août.

Au nom du peuple cubain, Fidel Castro les a remerciés, affirmant qu’il voyait dans leur geste une marque de reconnaissance envers l’œuvre de la Révolution.

L’occasion était belle de rappeler une rencontre similaire qui s’était produite il y a 14 ans, en 1995, alors que de jeunes avocats récemment diplômés s’étaient également rendus à Cuba. Ils avaient pu évoquer avec Fidel les progrès réalisés par les Révolutions bolivarienne et cubaines, ainsi que des sujets d’actualité.

Cette fois, les jeunes avocats ont abordé avec Fidel les questions de la détérioration de l’environnement, des changements climatiques et des missions sociales au Venezuela. Tous y allaient d’anecdotes personnelles et les échanges étaient des plus cordiaux.

A la fin de la rencontre, Fidel a remis à chacun des jeunes avocats un exemplaire autographié de ses réflexions intitulées L’empire et le robots, et les visiteurs n’ont pas caché leur émotion et leur joie de se trouver aux côtés du leader la Révolution.

source : granma

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Réflexions du compañero Fidel : LES BASES YANKEES ET LA SOUVERAINETÉ LATINO-AMÉRICAINE

Le concept de nation est né du concours d’éléments communs comme l’histoire, la langue, la culture, les us et coutumes, les lois, les institutions et d’autres facteurs ayant trait à la vie matérielle et spirituelle des communautés humaines.

Bolívar, pour la liberté desquels il écrivit les grands exploits qui en firent leur libérateur, avait appelé les peuples d’Amérique à créer « la plus grande nation du monde, moins par son étendue et ses richesses que par sa liberté et sa gloire ».

Antonio José de Sucre livra à Ayacucho l’ultime bataille contre l’empire qui avait converti une grande partie de ce continent en propriété royale de la couronne espagnole pendant plus de trois cents ans.

C’est cette même Amérique que, des dizaines d’années plus tard et alors que l’Empire yankee flambant neuf en avait déjà tailladé une partie, José Martí baptisa : Notre Amérique.

Il faut rappeler une fois encore qu’avant de tomber au champ d’honneur pour l’indépendance de Cuba, ce dernier bastion de la couronne espagnole en Amérique,  il avait écrit le 18 mai 1895, à peine quelques heures avant sa mort, d’une manière prophétique : « …empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »

Aux États-Unis, les Treize Colonies récemment libérées ne tardèrent pas à s’étendre en désordre vers l’Ouest en quête de terres et d’or, exterminant les autochtones, pour déboucher sur les côtes du Pacifique, les États agricoles du Sud, exploiteurs d’esclaves, qui faisaient concurrence aux États industriels du Nord, exploiteurs du travail salarié, s’efforcèrent de créer d’autres États pour défendre leurs intérêts économiques.

En 1848, ils arrachèrent  au Mexique plus de la moitié de son territoire à la suite d’une guerre de conquête contre un pays plus faible sur le plan militaire, occupant sa capitale et lui imposant des conditions de paix humiliantes. Le territoire ainsi retranché contenait de grandes réserves de pétrole et de gaz qui commenceraient plus tard à alimenter la richesse des États-Unis pendant plus d’un siècle et continuent en partie de le faire.

Le flibustier yankee William Walker, encouragé par la « destinée manifeste » que son pays avait proclamée, débarqua en 1855 au Nicaragua dont il se proclama président jusqu’à ce qu’il soit expulsé, l’année suivante, par les Nicaraguayens et d’autres patriotes centraméricains.

Notre Héros national se rendit compte que l’avenir des pays latino-américains était mis en pièce par le jeune Empire étasunien.

Après sa mort au combat, celui-ci débarqua militairement à Cuba quand l’armée espagnole était déjà vaincue.

Et le puissant voisin nous imposa l’amendement Platt, qui lui octroyait le droit d’intervenir dans notre pays.

L’occupation de Porto Rico, qui dure maintenant depuis cent onze ans,  même si l’île est devenue aujourd’hui un prétendu « Etat libre associé » - en fait, ni Etat ni libre – fut une autre des conséquences de cette intervention militaire.

Le pire pour l’Amérique latine était encore à venir, confirmant les prémonitions géniales de Martí. L’Empire en plein essor avait déjà décidé que le canal appelé à unir les deux océans ne passerait pas par le Nicaragua, mais par le Panama, si bien que cet isthme, cette Corinthe dont avait rêvé Bolívar comme la capitale du plus grande République au monde, serait une propriété yankee.

Et pourtant, il a eu des pires conséquences tout au long du XXe siècle. S’appuyant sur les oligarchies politiques locales, les États-Unis s’emparèrent peu à peu des ressources et de l’économie des pays latino-américains ; multiplièrent leurs interventions ; firent passer sous leur coupe leurs forces militaires et leurs polices ; leurs transnationales s’emparèrent des productions et des services clefs, des banques, des compagnies d’assurances, du commerce extérieur, des chemins de fer, des compagnies maritimes, des entrepôts, des services d’électricité et de téléphone et d’autres : tout passa entre les mains dans une plus ou moins grande mesure.

La profondeur des inégalités sociales fit éclater, il est vrai, la révolution au Mexique dans la seconde décennie du XXe siècle, laquelle fit une source d’inspiration pour d’autres pays. La Révolution fit avancer le Mexique dans de nombreux domaines. Mais ce même Empire, qui avait dévoré hier une grande partie de son territoire, dévore aujourd’hui d’importantes ressources naturelles encore restantes, sa force de travail bon marché, et lui fait même verser son sang.

L’Association de libre-échange d’Amérique du Nord (ALENA) constitue l’accord économique le plus brutal imposé à un pays en développement. Pour faire bref, je dirais simplement que l’administration étasunienne vient d’affirmer : « Alors que le Mexique a essuyé un double coup, non seulement à cause de la chute de son économie mais aussi sous les effets du virus A H1N1, nous souhaiterions probablement que son économie soit plus stabilisée avant d’engager de longues discussions sur de nouvelles négociations commerciales. »  Bien entendu, elle ne dit mot du fait que, par suite de la guerre déclenchée par le trafic de drogues et dans le cadre de laquelle le Mexique utilise trente-six mille soldats, presque quatre mille Mexicains ont déjà été tués en 2009. La drogue ne provoque pas seulement des problèmes de santé : elle engendre la violence qui déchire le Mexique et l’Amérique latine à cause de l’existence d’un marché insatiable : les USA, source inépuisable des devises grâce auxquelles la production de cocaïne et d’héroïne est poussée à la hausse, territoire d’où viennent les armes utilisées dans cette guerre féroce mais dont les médias parlent peu.

Ceux qui meurent, depuis le Rio Grande jusqu’aux confins d’Amérique du Sud, sont des Latino-Américains. Ainsi, la violence générale bat des records de morts, au point que les victimes en Amérique latine dépassent cent mille par an, essentiellement fruits des drogues et de la pauvreté.

Cette guerre contre les drogues, l’Empire ne la mène pas à l’intérieur de ses frontières : il la livre sur les territoires latino-américains.

On ne cultive ni la feuille de coca ni le pavot dans notre pays. Nous luttons efficacement contre ceux qui tentent d’y introduire des drogues ou de l’utiliser comme point de transit, et les indicateurs de personnes mourant pour cause de violence se réduit d’année en année. Nous n’avons pas besoin de ce fait de soldats yankees.

La lutte contre les drogues n’est qu’un prétexte pour établir des bases militaires sur tout le continent. Depuis quand les bâtiments de la IVe Flotte et les avions de combat modernes servent-ils à combattre les drogues ?

Le vrai objectif est le contrôle des ressources économiques, la domination des marchés et la lutte contre les changements sociaux. À quoi bon rétablir cette flotte, démobilisée voilà plus de soixante ans à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, alors que l’URSS ni la Guerre froide appartiennent au passé ? Les arguments avancés pour justifier l’établissement de sept bases aéronavales sont une insulte à notre intelligence !

L’Histoire ne pardonnera pas à ceux qui commettent cette félonie contre leurs peuples, ni à ceux qui prétextent de l’exercice de la souveraineté pour sanctionner la présence de troupes yankees ? De quelle souveraineté parlent-ils donc ? De celle que conquirent Bolívar, Sucre, San Martín, O´Higgins, Morelos, Juárez, Tiradentes, Martí ? Aucun d’eux n’aurait jamais accepté un argument si condamnable pour justifier la concession de bases militaires aux forces armées des USA, un Empire plus dominateur, plus puissant et plus universel que les couronnes de la péninsule ibérique.

Si, par suite de ces accords promus de manière illégale et inconstitutionnelle par les États-Unis, n’importe quelle administration utilisait ces bases, comme le firent Reagan avec sa sale guerre et Bush avec celle d’Iraq, pour provoquer un conflit armé entre deux peuples frères, ce serait là une grande tragédie. Le Venezuela et le Colombie ont vu le jour ensemble dans l’histoire de Notre Amérique après les batailles de Boyacá et de Carabobo livrées sous la direction de Simón Bolívar. Les forces yankees pourraient aussi promouvoir une sale guerre comme elles le firent au Nicaragua, voire employer des soldats étrangers entraînés par elles et attaquer un pays. Mais il est difficile de croire que le peuple colombien, combatif, courageux et patriote se laissera entraîner dans une guerre contre un peuple frère comme le peuple vénézuélien.

Les impérialistes se trompent s’ils sous-estiment aussi les autres peuples latino-américains. Aucun d’eux n’est d’accord avec leurs bases militaires, aucun d’eux ne manquera de se solidariser avec n’importe lequel qu’ils attaqueraient.

Martí, qui admirait extraordinairement Bolívar, ne se trompait pas quand il avait affirmé : « Ainsi donc, Bolívar est là dans les cieux d’Amérique, vigilant et imposant… les bottes de campagne encore aux pieds, car ce qu’il n’a pas fait lui-même n’est toujours pas fait à ce jour : Bolívar a encore à faire en Amérique. »

Fidel Castro Ruz

Le 9 août 2009

18 h 32

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Réflexions du compañero Fidel : Un éducateur inlassable

Chávez est un éducateur inlassable. Il n’hésite pas à décrire ce que signifie le capitalisme. Il démonte ses mensonges l’un après l’autre. Il est implacable.

Il décrit le sens de chacune des mesures que le socialisme apporte au peuple.

Il sait combien vous souffrez quand vous-même, votre femme, vos enfants, vos parents, vos voisins n’ont rien, tandis que quelques-uns ont de tout.

Il démontre l’égoïsme des riches qui subordonnent tout aux lois aveugles et inexorables du marché, opposées à toute rationalité dans l’emploi des forces productives. Il le démontre constamment par l’œuvre en cours au Venezuela.

Il inonde le pays de livres. Il avait fait en sorte, auparavant, que tous les citoyens sachent lire et écrire. Il a ouvert des écoles pour tous les enfants ; des établissements secondaires et techniques pour tous les adolescents et les jeunes, des possibilités d’enseignement supérieur pour eux tous.

La crème de la pensée oligarchique et contre-révolutionnaire est réunie à Caracas pour déclarer par tous les moyens que la presse n’est pas libre au Venezuela. Chávez l’a défiée de participer à Allô Presidente, dont c’est le dixième anniversaire, pour en discuter avec les intellectuels vénézuéliens ; il serait assis dans le public, écoutant le débat. Au moment où j’écris ces Réflexions, il n’y a toujours pas de réponse.

Allô Presidente a repris à 18 h 40. On écoute de nouveau le verbe enflammé de Chávez au second jour de cet anniversaire. Y assistent aussi les ministres de la Culture des pays de l’ALBA, qui participent à une réunion internationale.

On écoute de brillants discours qui enrichissent la pensée politique.

Chavez lance de nouveau son défi, invitant les lumières de l’oligarchie internationale à discuter, mais aucune n’a encore répondu. Il est sept heures du soir passées.

Je me concentrerai sur les discours brillants et sincères. Qu’on m’en excuse.

Fidel Castro Ruz

Le 29 mai 2009

19 h 23

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Réflexions du compañero Fidel : DIX ANNÉES À ENSEIGNER ET À APPRENDRE

Aló Presidente a été inauguré le 23 mai 1999. Ce jour-là, Chávez était en Equateur pour le cent quatre-vingt-septième anniversaire de la bataille de Pichincha. Demain marque le dixième anniversaire du programme.

Hugo Chávez est un cas exceptionnel dans l’histoire de la politique. D’autres ont atteint le renom et la célébrité à travers la presse, la radio ou la télévision, mais jamais une idée révolutionnaire n’a été utilisée si efficacement sur un média. Alors que la Révolution bolivarienne livre une lutte épique, l’impérialisme et l’oligarchie qui contrôlent quasi absolument les médias l’auraient détruite, sans ce programme, par leurs calomnies et leurs mensonges.

J’ai calculé que, durant ces dix années, le président Hugo Chávez a consacré au bas mot 1 536 heures nettes, soit soixante-quatre jours entiers, à ce programme fait pour informer et éduquer la nation.

Au cours de cet échange incessant avec le peuple, il enseigne et il apprend, il éduque et il est éduqué par lui. Il lit, il acquiert et il transmet des connaissances. Il étudie et recommande des livres ; il rappelle la riche histoire de son pays, les luttes et les rêves prophétiques de Bolívar, dont il connaît par cœur de nombreux écrits.

Aló Presidente est devenu un programme pour le Venezuela et pour ceux qui souhaitent sur cette planète savoir ce qu’il se passe et peut arriver. Je consacre un certain temps à Aló Presidente parmi mes activités de la semaine.

Le plus encourageant, c’est que le peuple humble et combatif du Venezuela soutient toujours plus Chávez. Le nombre de travailleurs et de jeunes qui rejoignent les rangs révolutionnaires augmente. La bataille d’idées est en train de se gagner.

Des membres de la famille me disent qu’il est en très bonne santé, qu’ils ne l’avaient jamais vu si enthousiaste et si vital ; il court tous les jours quarante minutes et il a perdu en un mois plusieurs kilos de trop. Je m’en réjouis. Il a été un grand ami dans les jours difficiles de la Révolution. Nous avons résisté et nous continuerons de résister de pied ferme. Nous n’avons aujourd’hui plus de raisons que jamais de le faire.

Fidel Castro Ruz

Le 27 mai 2009

20 h 37

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Oui à Chavez et à la continuité de la Révolution

http://www.propagando.org/wp2/wp-content/uploads/2008/09/hugo_chavez.jpg

CARACAS, 15 février.- Avec une écrasante victoire du OUI, une large majorité des Vénézuéliens s’est prononcée pour l’amendement de la Constitution qui permet aux élus, y compris au président, de se représenter indéfiniment et d’assurer ainsi la continuité de la Révolution bolivarienne.

Après le dépouillement de 94,2% des bulletins, le OUI en faveur de la réforme constitutionnel a recueilli 54,36% des suffrages, soit une avance de 8,2% sur le NON (45,63%), selon un rapport de Tibisay Lucena, présidente du Conseil national électoral sur le résultat du référendum constitutionnel qui s’est déroulé dimanche.

Vive la Révolution vénézuélienne! Vive le socialisme!, s’est exclamé le président Chavez devant l’immense foule qui s’était rassemblée devant le balcon du Palais de Miraflores dans l’attente des résultats officiels.

«Cette victoire est aussi ta victoire, Fidel, celle du peuple cubain et de tous les peuples d’Amérique latine», a-t-il ajouté après avoir donné lecture du message du leader de la Révolution cubaine félicitant Chavez et son peuple «pour une victoire qu’il est impossible de mesurer vu sa portée».

Avec ces résultats, le peuple vénézuélien a voté le regard rivé sur 2012, année des prochaines échéances présidentielles, auxquelles les citoyens et les citoyennes exerçant un mandat électif, y compris le chef d’Etat, n’auraient pu se présenter sans la victoire électorale à l’amendement de la Constitution.

Message de Fidel à Chavez

Cher Hugo Chavez:

Toutes mes félicitations à toi et à ton peuple pour une victoire dont on ne saurait mesurer la portée.

Fidel Castro Ruz
15 février 2009•

source : granma.cu

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RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL : L’article de Chávez

http://www.france24.com/france24Public/fr/dossiers/20071129-chavez-venezuela-referendum-reforme-revolution-socialiste-president/f24ReportHeaderParagraph/imageBig/chavez%20speech%20main_m.jpg

Mi-septembre 2006. J’étais vraiment dans un état très grave, mais aussi tout à fait conscient de ce qu’il se passait. Le Quatorzième Sommet du Mouvement des pays non alignés, au cours duquel Cuba avait été présidente, avait pris fin ces jours-là. J’avais beaucoup de difficulté à me lever et à m’asseoir à une table. C’est ainsi que j’ai reçu d’importants chefs d’État ou de gouvernement. Entre eux, le Premier ministre de l’Inde. Le visiteur au rang le plus élevé que j’avais reçu dans cette chambre d’urgence du Palais présidentiel avait été le Ghanéen Kofi Anan, Secrétaire général des Nations Unies, dont le mandat devait conclure quelques semaines après.

Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, l’une des personnalités que j’avais rencontrées, m’avait dit en me regardant droit dans les yeux : « Fidel, si tu as besoin de mon sang, tu l’auras. »

Je l’appréciais beaucoup. Il avait été ministre des Affaires étrangères de notre ami Houari Boumediene.

Bouteflika venait de son côté de souffrir une grave crise de santé qui l’avait mis au bord de la mort. On peut dire que son rétablissement a été étonnant.

Son exclamation constitua un soutien noble et désintéressé à notre cause, même si je ne m’y attendais pas parce que nous avons toujours pratiqué notre solidarité sans rien attendre en échange.

C’était là un noble geste. Quelques années avant, à Monterrey (Mexique), un méprisable traître à l’histoire de son peuple désintéressé et combatif m’avait expulsé d’un Sommet qui se déroulait dans cette ville après que je me fus adressé à mes collègues, exception faite de Bush, tout simplement parce que le chef de l’Empire l’avait averti qu’il ne foulerait pas le sol mexicain tant que j’y serais.

Juste avant mon départ, Hugo Chávez m’avait rendu visite en hâte et, indigné devant la fourberie du chef d’Etat du pays hôte, s’était écrié : « Fidel, dis-moi de combien de pétrole a besoin Cuba pour surmonter le blocus yankee ! »

Le dialogue semblait irréel. J’ai du mal à me rappeler à travers la brume de l’émotion ce que j’ai répondu exactement. Sans doute ai-je refusé son offre.

De toute façon, le destin de Cuba avait suivi son cours. Le sort de notre peuple était lié au souvenir légendaire du Che et à la pensée de Martí et de Bolívar.

Notre avenir est inséparable de ce qu’il se passera dimanche prochain quand débutera le vote pour l’adoption de l’amendement constitutionnel. Il n’existe pas d’autre solution que la victoire.

La destinée des peuples de « Notre Amérique » dépendra beaucoup de cette victoire, laquelle exercera une influence sur le reste de la planète.

Je ne saurais toutefois manquer de reconnaître l’apport d’Hugo Chávez à la littérature espagnole : l’article qu’il a publié hier, 12 février, dans sa colonne intitulée : « Las líneas de Chávez » est un document inspiré d’une qualité exceptionnelle que seuls les grands écrivains peuvent rédiger. C’est Chávez reflété corps et âme en caractères d’imprimerie, et bien peu y parviennent.

La manifestation débordante et enthousiaste d’hier est un spectacle que seule la télévision est capable de retransmettre à un nombre de personnes incalculable à travers le monde.

L’autoprovocation orchestrée contre la synagogue juive, mais finalement démasquée, est l’antithèse de l’attitude des troupes soviétiques qui prirent d’assaut en 1945 le camp de concentration d’Auschwitz et qui permirent de faire connaître au monde le sort bouleversant qu’avaient connu des millions de juifs et d’habitants des pays occupés, dont des enfants, des personnes âgées et des femmes, réduits en captivité par les nazis. Ce ne sont pas les soldats d’Eisenhower qui se battirent et versent leur sang pour les libérer.

Les injustices monstrueuses que l’impérialisme a semées sur la planète marquent la fin inexorable d’un système et d’une ère auxquels il ne peut rester beaucoup de temps. Celui-ci aussi presse. Remercions notre compatriote vénézuélien de son avertissement claironnant.

Fidel Castro Ruz

13 février 2009

23 h 30

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